Je vois que mon histoire vous plait bien, je suis contente. J'espère que vous aimerez la suite tout autant ! Et n'oubliez pas de m'adresser vos commentaires !
Chapitre 3
Cela faisait maintenant quatre jours qu'ils étaient cloitrés ensemble dans cette minuscule cabane. Au fin fond d'une forêt, perdus au milieu de nulle part, ils passaient le temps comme ils pouvaient. En fouillant bien le peu de pièces que composait la maison, Hermione avait déniché un vieux jeu de cartes. Elle jouait donc beaucoup au solitaire et osait demander parfois s'il voulait faire une bataille. Mais elle eut à chaque fois un grognement agressif de son colocataire comme réponse. Ce dernier avait fini par effacer le contenu du livre pour utiliser les pages maintenant blanches. Il écrivait donc tout ce qui lui passait à l'esprit; des notes sur des potions, des listes d'ingrédients, mais aussi ces pensées bien torturées malgré lui. Et la cause de ses tourments se trouvait allongée sur le ventre devant la cheminée et les pieds repliés vers le haut. Elle était avec son débardeur mauve. Sa jupe d'écolière descendait jusqu'à la naissance de ces cuisses de par sa posture décontractée. Elle jouait encore avec ce jeu moldu. Elle était si attirante. Et ce bout de tissu qui couvrait à peine ses fesses… C'en fut trop. Il ferma violemment son livre, le posa sur la table et alla se coucher, le crépuscule passé.
Elle l'observa se lever et rejoindre le lit sans dire un mot. Elle soupira d'exaspération discrètement. La vie ici était déjà longue et ennuyeuse. Mais en plus, il n'était pas très bavard avec elle surtout depuis l'incident de la vodka. Ses souvenirs sur cette soirée demeuraient floues mais elle se remémorait légèrement le baiser. Hélas, elle ne savait plus si cet échange lui avait été plaisant ou non. Il ferma la porte de la chambre. Son regard se posa alors sur le livre. Elle l'avait vu écrire dessus toute la journée. Curieuse de savoir quoi, elle hésita quelques secondes avant d'aller lire ses notes. Le cœur battant à tout rompre, elle lut les premières lignes mais fut déçue de voir l'énoncé de potions qu'elles connaissaient déjà. Soudain, un texte l'interpella.
« Pourquoi elle ? Je ne peux pas. Elle ne le sait pas mais elle représente un plus grand danger que ces chiens à l'extérieur. Si elle savait, elle préférait affronter la meute que le trouble qu'elle suscite en moi. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle éveille en moi ce sentiment que je ne pourrai bientôt plus retenir. »
Ebahie, elle referma aussitôt le bouquin et chercha à comprendre. Quel genre de sentiment nourrissait-il pour elle ?
-Je lui plais ? murmura-t-elle tout bas encore sous le choc d'avoir lu ces lignes.
Elle reposa le livre au même endroit et alla rejoindre le professeur qu'elle tourmentait sans le vouloir. Il dormait paisiblement. Elle s'allongea à côté sans faire de bruit pour ne pas le réveiller. Mais le souci, c'est qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. L'éclat de la pleine lune éclairait la chambre. Son voisin se mit soudain sur le dos dévoilant à la griffondor son visage endormi. Elle s'approcha doucement de lui et l'observa. Ses traits qui, en journée, étaient durs et contractés laissaient place durant la nuit à un visage détendu et sans rides. Il faisait nettement plus jeune. Elle fixa ses lèvres qu'elle avait réussi à embrasser et repensa aux mots inscrits. Elle passa un doigt délicatement sur son front et déplaça légèrement une mèche noire. Elle s'était approchée de lui de sorte que leurs visages ne soient qu'à quelques centimètres de distance. Elle sentit le souffle chaud de son enseignant sur sa peau et cette sensation l'attira à lui encore plus. Brusquement, une paire d'yeux onyx la fixèrent. En une fraction de seconde, il la fit basculer sur le dos et se plaça au-dessus d'elle, la baguette en main dirigée sur le cou de la jeune femme.
-Que faisiez-vous Granger ? demanda Snape, furax alors qu'il la menaçait d'un sinistre regard.
Elle déglutit difficilement avant de lui répondre avec franchise :
-Je… je n'arrivais pas à dormir… professeur…
-Et vous avez eu l'insolence de me regarder dormir.
Il la sentit sous lui avec la respiration s'accélérant rapidement. Il sentit aisément le contact de son torse contre la poitrine de la brune. Leurs lèvres étaient encore plus proches que l'instant précédent. Hermione avait été effrayée par ce retournement de situation. Mais à présent, le corps masculin contre le sien la chamboula et fit bouillonner ses sens. La tentation fut trop forte. Elle déposa sa bouche avide de sensations contre celle du sorcier. Elle s'attendait à être tuée sur le champ pour avoir osé l'embrasser encore. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle sentit les lèvres du serpentard accompagnées les siennes. Ce baiser volé se transforma en un baiser passionnel. Il quémanda pour gouter sa langue en forçant doucement l'entrée de sa bouche avec la sienne. Ce délicieux contact charnel la fit gémir de plaisir. Elle ouvrit les jambes pour le laisser s'installer entre. Ce qu'il fit immédiatement en intensifiant la cadence du baiser. Elle sentit alors l'excitation de son professeur entre ses cuisses et une nouvelle vague de bien être la submergea. Hélas, le bateau du désir sombra soudain quand il se leva brusquement dans un juron. Il partit s'enfermer dans la minuscule salle de bain. D'emblée, le froid de la pièce assaillit la sorcière déconfite. Elle l'entendit crier une autre insulte suivi d'un « mais bon sang, tu ne peux pas Sévérus ! »
Que c'était bon, pensa-t-elle en se mordant la lèvre inférieure. Une minute fut nécessaire pour qu'elle reprenne ses esprits. Puis, elle se colla à la porte la séparant de lui.
-Professeur ?
Elle toqua à la porte et l'appela de nouveau.
-Je vous en prie. Sortez de là pour que l'on puisse enfin discuter.
Il ouvrit finalement avec fracas et apparut sur le pas de la porte. Et pour la première fois, elle vit son professeur bouleversé. Un homme qui pouvait être vulnérable. L'énorme carapace du maitre des cachots froid, dominateur et cruel s'était écroulée.
-Nous n'aurions jamais dû, Miss Granger.
Le brutal changement d'attitude et de ton dans sa voix parut étrange à la brune. Elle avait eu tellement l'habitude d'entendre cet homme s'exprimer avec hostilité et haine. Mais cette nuit, l'homme qu'elle avait toujours connu s'était brièvement évanoui.
-Je sais. Mais après tout, nous vivons sûrement nos derniers jours. Alors pourquoi se prendre la tête avec des conventions et la morale. Je préfère mourir aux côtés d'un ami plutôt que du sinistre professeur que j'ai côtoyé toutes ces années.
-Je n'aurais pas utilisé le terme « ami » Miss. Surtout après ce que nous faisions auparavant, répliqua naturellement le serpentard en haussant les sourcils.
En un éclair, la scène s'imposa dans l'esprit de la rouge et or qui s'empourpra légèrement, confuse.
-Et puis, je ne vous laisserai jamais mourir Miss Granger.
La sincérité de ces propos apaisa la Griffondor qui s'approcha lentement de lui.
-Hermione. Appelez-moi Hermione. Après tout, on peut s'appeler par nos prénoms aux vues de ce qu'il s'est passé à l'instant.
Il lui adressa pour la première fois un léger sourire. Ce n'était pas un de ces rictus effroyables mais une réponse sincère, venant enfin d'une partie de son âme qu'elle espérait connaitre enfin. Il s'approcha lentement d'elle. Il voulait et il allait l'embrasser de nouveau. Soudainement, la horde de chiens à l'extérieur aboyèrent bruyamment, les interrompant en sursaut dans leur rapprochement. La porte d'entrée fut secouée par l'attaque violente d'une de ces créatures. Ils avaient décidé d'attaquer leurs proies. Les gonds de la porte tremblèrent de nouveau par une nouvelle tentative. Sévérus se plaça devant son élève apeurée. Il avait gardé à la main sa baguette et d'un accio, il fit appeler celle de la brune puis lui donna.
-Nous n'avons plus le choix à présent. Il faut les affronter et les tuer.
Hermione acquiesça avec angoisse comprenant que la fin serait plus proche qu'elle ne le pensait. Elle s'agrippa contre lui et attendit que la première créature défonce la porte et franchisse le seuil. Il lui lança aussitôt un avada lorsque se fut fait. Mais un autre animal déboula aussitôt derrière le cadavre du premier et bondit sur lui. Heureusement, Hermione n'avait pas perdu ses réflexes et lui jeta derechef le même sort. Devant eux se tenait une pile de bêtes mortes et puis plus rien. Ils restèrent immobiles aux aguets. Cela avait été trop simple. L'intuition sans faille de Snape le persuada que ce n'était pas la fin. Ils attendirent en fixant l'entrée avec concentration.
Le danger vint d'ailleurs. Un des chiens passa à travers la fenêtre de la chambre et sauta sur Hermione. A terre, il l'attaqua en essayant de la mordre. Elle hurla de terreur et tenta tant bien que mal de se protéger de la gueule putride et gluante du monstre. Une douleur fulgurante la saisit au bras, il venait de la blesser profondément. Snape qui assistait à la scène fut assaillit par un autre qui avait suivi son congénère. Il le tua après avoir été légèrement blessé au torse. Il se retourna aussitôt pour aider son élève. En très mauvaise posture, le chien n'allait pas tarder à la dévorer. Le court espace qui séparait son visage des crocs de l'animal diminuait à mesure que ces forces l'abandonnaient. Elle vit brusquement le chien faire un bond phénoménal jusqu'à l'autre bout de la pièce. Sévérus l'avait balancé aussi loin qu'il pouvait, une rage folle l'emportant à l'instant où il avait vu sa protégée en danger. Il lui lança un avada sans hésiter. Le dernier.
Il se précipita ensuite sur Hermione. Une profonde entaille se logeait du bras à l'épaule.
-Hermione ? Tu m'entends ? Accroche-toi !
-Sévérus ? fit-elle avant de s'évanouir.
Il récita un bon nombre d'incantations avant de voir la plaie se refermer à temps. Elle avait perdu tellement de sang. Il aurait tout donné pour avoir une potion de régénération sanguine. Mais il ne pouvait qu'attendre. Il la posa délicatement sur le lit. Il alla ensuite installer une barrière de protection tout autour de la maison. Il se débarrassa des corps et répara la porte ainsi que la fenêtre brisée.
Epuisé, il s'installa contre elle. Il la prit dans ses bras et espérait revoir sur pied au plus vite cette Miss je sais tout qu'il appréciait tant à présent.
Un rayon de soleil lécha le visage de la jeune femme. Elle fronça ses yeux fermés et se réveilla peu à peu. Elle se redressa de son lit et observa avec soulagement son bras indemne. Elle remercia intérieurement d'avoir un excellent professeur à ses côtés. D'ailleurs, où était-il ? Elle alla dans la pièce principale ou il n'y avait plus aucune trace du combat de la veille et remarqua avec effroi la porte grande ouverte. Elle sursauta et un cri strident lui échappa quand elle sentit une présence derrière elle.
-Je suis désolé. Je ne voulais pas vous effrayer.
Elle se retourna pour faire face à son sauveur et se jeta sur lui, rassurée et heureuse de le voir en vie. Il la serra dans ses bras après un temps d'adaptation. Que c'était bon de la sentir contre lui en bonne santé. Elle était tenace cette Granger.
-On peut sortir en toute sécurité maintenant. Et j'ai découvert quelque chose d'intéressant derrière la maison, lui murmura-t-il à l'oreille alors qu'elle ne voulait se séparer de lui.
Ils sortirent enfin dehors quand elle consentit à aller voir de plus près cette trouvaille. A peine le seuil passé qu'elle s'exclama après une grande bouffée d'air :
-Ça fait du bien de sentir enfin l'air pur.
-Dites plutôt que je ne sens pas bon, taquina Sévérus en lui caressant doucement les cheveux.
Elle rit de bon cœur appréciant son humour, perle rare et indétectable quand on côtoie d'ordinaire le directeur des serpentard. Elle renifla le vêtement qu'elle portait et annonça dans une grimace :
-Vous savez, moi aussi je ne sens pas la rose. Si seulement votre découverte était une douche, soupira-t-elle en regrettant profondément la luxueuse salle de bain des préfets en chef.
-Mieux. Un moyen de partir d'ici.
A SUIVRE
Je suis curieuse de savoir à quoi vous pensez sur leur moyen de partir d'ici…. J'attends vos reviews…
