Titre: Mystère et boule de poils

Rating: K+ pour l"instant, à voir pour un M

Pairing: Byakuya Kuchiki x Ichigo Kurosaki

Disclaimer: L'univers et les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo. Ne m'appartiennent que cette histoire et Shinohara-san, une petite vieille sans importance.

Résumé: La Soul Society est en ébullition : le glacial capitaine Kuchiki a un nouvel animal de compagnie. Animal qui serait en fait un certain shinigami remplaçant un peu trop curieux. Et bien sûr, personne n'est au courant, surtout pas son maître bien aimé.

Bêta-lectrice: fyekawai

Note : Dix jours entre chaque chapitre... Voilà mon deal. Pas sûr que j'y arrive par contre. On verra ! Merci encore à fyekawai de m'avoir corrigée et aux six personnes qui m'ont reviewée, ainsi qu'à tous ceux et celles qui ont ajouté cette histoire dans leur favoris ou en alerte.

Soit dit en passant, je tiens à dire que je suis contre les auteurs qui ne veulent pas d'ajout en favori / alerte sans avoir de reviews. Je trouve ça vraiment prétentieux. Pour moi, c'est déjà génial qu'on mette mes fics en favoris ou en alerte, ça montre qu'on les aime suffisamment pour vouloir continuer à les lire. D'autant plus qu'on ne sait pas toujours quoi dire dans une review. Voilà, c'était mon petit message du jour ^^

Juste une dernière chose : on m'a demandé des chapitres plus longs. Je sais qu'ils sont un peu trop courts (moi-même je préfère quand ils font le double ^^') mais c'est plus facile pour moi de poster plus souvent s'ils sont courts. Et puis j'essaie de couper au bon moment, d'ailleurs là, vous n'allez pas être déçues ^^. Voilà, place au chapitre (enfin xD !)

Chapitre 2

Shinohara-san, affectueusement surnommée "la vieille furie" par les gens du coin, était une retraitée tout ce qu'il y a de plus banal. Elle vivait seule avec son énorme chat blanc qui répondait au nom de Tono-san, elle faisait ses courses tous les samedi au marché du coin, elle lisait le journal, y faisait des mots croisés, elle regardait des émissions dites intellectuelles et de vieux feuilletons à l'eau de rose à la télévision.

Rien de bien excitant, comme vous pouvez le constater, hormis une petite chose. En effet, Shinohara-san n'avait pas écopé d'un sobriquet aussi sympathique pour rien ; la délicieuse petite vieille était toujours en train de râler contre quelqu'un. Une bonne façon de passer le temps me direz-vous. Il faut dire qu'il y avait toujours quelqu'un pour la contrarier : les jeunes qui piétinaient ses fleurs, les enfants qui jouaient au ballon, les gens qui tondaient leur gazon, ceux qui ne le faisaient pas, les politiques, les journalistes, la miss météo, ou encore les voisins trop bruyants. Oh oui, s'il y avait bien quelque chose qu'elle haïssait par dessus tout, c'était bien les voisins bruyants. Comme ceux qui habitaient la maison à côté de la sienne. Une horrible famille, ça, elle en était sûre.

Déjà, à commencer par le père, le plus bruyant de la smala. Le bonhomme gueulait à toute heure et se conduisait comme un enfant de trois ans. Enfin, elle le supposait, car elle n'aimait pas les marmots, et les fuyait comme la peste, alors elle ne pouvait que deviner la façon de se comporter d'un enfant de cet âge. Bref.

Donc en plus d'être d'une telle exubérance que c'en était vulgaire, le quadra s'était mit en concubinage avec un homme. Un homme. Vous rendez-vous compte ? Pas bon pour les enfants, ça. Mais, non content d'être lui aussi un mâle, le personnage était également un excentrique de première. Comme quoi, c'était bien la marque de fabrique de cette famille de malheur.

Ensuite venait le fils, un véritable petit délinquant celui-là, avec ses horribles cheveux oranges (sachez que la SALR, Société d'Aide à la Libération des Roux a déjà porté plainte contre cette personne qui a, en ce moment même, à faire à la justice). Et le garçon était gravement atteint ; elle l'avait vu plus d'une fois parler à des gens invisibles ou encore à des animaux en peluche. Puis venaient les jumelles. La brune était un véritable garçon manqué, et l'autre, et bien... C'était juste la fille de son père et la soeur de son frère et de sa jumelle.

De plus, il y avait toujours des gens bizarre qui tournaient autour de cette maison de fous. Du coup, Shinohara-san se voyait souvent contrainte d'abandonner son grand fauteuil couleur taupe et de prendre une paire de jumelles pour observer cette bande de sinistres personnages. Oui, ils étaient dangereux, elle en était sûre.

Et ce matin là vieille furie fulminait. La cause ? La bande de sinistre personnages sus-nommée. Jumelles à la main, elle passa à la phase d'observation. Il est vrai qu'une agitation inhabituelle - enfin, comparée à l'habitude - régnait dans le foyer Kurosaki. De la où elle était, la p'tite vieille pouvait voir les deux morveuses courir partout (pour faire leurs valises, semblait-il). À ces mots, la mégère ne se sentit pas de joie, et se dandina dans son horrible robe à pois (Bon, ok, j'vais m'faire pendre -'). Et leur débauché de père leur courait également après pour leur faire des câlins sous l'oeil blasé du fils qui, à en juger par sa tête encore plus ébouriffée que d'habitude, venait tout juste de se lever (toujours à la masse, celui-là).

Bon, laissons là la vieille furie (on a qu'à dire qu'elle s'est fait bouffer par son chat blanc), et revenons en à la casa Kurosaki. Notre rouquin d'amour préféré avait donc fini par sortir de son terrier et regardait tout ce petit monde s'agiter. Si on observait son visage avec un peu plus d'attention, on pouvait remarquer deux énormes valises noires qui avaient élu domicile sous les yeux d'ambre du gamin. Il faut en effet préciser que ledit gamin n'avait pas dormi de la nuit, angoissé à l'idée des deux mois à venir qu'il pressentait éreintants à souhait, surtout avec la bande de joyeux lurons qui était sensée venir avec lui. D'autant plus que le but principal du voyage n'était rien de moins que de faire tomber sa seigneurie Kuchiki dans ses filets, ce qui, en soit, n'était pas chose aisée. Pour finir, ajoutez à ça la possibilité de se faire écharper, trucider voir même trancher menu par le super-bankai-avec-des-pitis-pétales-roses-de-la-mort-qui-tue. Ah oui, là, on ne peut que s'incliner, n'importe qui ferait nuit blanche.

C'est donc pourquoi on pouvait voir Ichigo afficher l'expression particulière qu'a le zombie moyen à tendances dépressives tout en louchant dangereusement sur sa tasse de café, se demandant si essayer de se noyer dedans était une bonne idée. Bof, ses chances de survie étaient trop importantes. Il avisa ensuite l'escalier qui menait à l'étage. Connaissant Yoruichi, elle serait capable de le traîner à la Soul Society même avec trois jambes dans le plâtre. Et c'était également potentiellement très douloureux. Mieux valait pour lui qu'il ne tente pas l'expérience. En cruel manque d'inspiration pour son suicide qui devrait normalement lui permettre d'échapper au destin qui semblait s'acharner sur lui, il jeta un regard semblable à celui des vaches qui regardent les voitures sur l'autoroute à ses soeurs. Il fut soudain pris par une extrême jalousie en songeant au fait que les deux pré-adolescentes allaient être débarrassées des trois malades mentaux, que lui par contre allait devoir se coltiner. Finalement l'option tasse de café était assez tentante. C'est ce moment que choisit Yoruichi pour surgir et encastrer le crâne du lycéen dans le mur à l'aide de son coude.

"Debout, gamin !"

Il y avait vraiment des jours où Ichigo se demandait pourquoi il préférait les hommes aux êtres doux et délicats qu'étaient les femmes.

"Maaah, maah, ne le tue pas maintenant, on en a encore besoin, glissa Kisuke en remarquant l'adolescent à la touffe orange qui gisait contre le mur.

_Pffff, c'est pas ma faute si vous les mecs vous êtes tous des larves !

_Aïe ! T'aurais pu y aller mollo Yoruichi, grogna Ichigo en se redressant difficilement.

_Qu'est-ce que je disais !

_Hmm, excusez-moi Yoruichi-san, mais vous êtes dans le passage, signala Yuzu, un gros sac de voyage dans les bras."

L'ancienne capitaine de la deuxième division se décala pour laisser le passage à la jeune fille et à sa soeur.

"Déjà prêtes ?

_On serait allé plus vite sans l'autre décérébré dans nos jambes ! pesta Karin en désignant son père qui venait d'entrer à son tour dans la cuisine.

_T'es méchante, protesta Yuzu.

_C'est la pure vérité !

_Bref, de toute façon, on est à l'heure, donc il n'y a pas de problème, lança Yoruichi.

_Grmmmblbm !

_Oui, tu as quelque chose à dire Isshin ? l'interrogea Kisuke avec un grand sourire qu'il n'avait même pas prit la peine de cacher avec son éventail.

_Karin est méchante avec son papa !"

Aïe, Ichigo sentait déjà une migraine pointer le bout de son nez. Faut dire aussi qu'on a pas idée de brailler de bon matin.

"Bon, moi je vais déposer les filles au lieu du rendez-vous, et vous trois vous allez au magasin, je vous rejoins après, dit Isshin après quelques jérémiades"

Ichigo et les deux autres allèrent donc dire au revoir aux jumelles accompagnés de diverses recommandations de la part du grand frère et de quelques conseils sur la manière de séduire les garçons de la part de la femme chat. Elles suivirent ensuite leur père et s'engouffrèrent dans la voiture en faisant de grands signes aux trois autres.

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Ichigo avait beau avoir l'habitude de s'écraser sur le sol de la Soul Society comme une mouche sur un pare-brise, tout ça parce que l'autre crétin chapeauté était pas fichu de viser correctement, ça n'en était pas plus agréable. Il se redressa péniblement et épousseta son uniforme avant de lever les yeux vers les trois "adultes" (en effet, on est en droit de se poser des questions). Evidemment, eux avaient réussi à atterrir sur leurs deux jambes, sans s'étaler lamentablement comme une certaine personne. Il eut à peine le temps de pousser un soupir résigné qu'il se reçut un gigantesque coup de poing dans le ventre. Le souffle coupé, il se plia en deux en retenant un juron. Il se releva brusquement avec l'intention de rendre la pareille à son mystérieux agresseur et se retrouva nez à nez avec deux grands yeux semblables à des saphirs.

"BAKA ! cria la jeune shinigami après l'avoir gratifié d'un nouveau coup de poing, sur le crâne cette fois-ci.

_Fais gaffe à pas l'tuer, Rukia, ricana Renji qui s'était joint au groupe.

_Il le mériterait bien, tiens. Pas vrai, Monsieur-le-paysan-qui-ne-prend-même-pas-la-peine-de-donner-de-ses-nouvelles-et-qui-débarque-à-l'improviste-sans-prévenir !"

_Je veux pas dire, mais quand on débarque à l'improviste, c'est généralement sans prévenir, remarqua le lieutenant aux cheveux rouges.

_T'en veux toi aussi ? répondit l'autre en brandissant le poing.

_Euh... Nan merci, ça ira.

_Si j'vous dérange, dites-le, souffla Ichigo en se massant le crâne."

Mais qu'est-ce qu'elles avaient toutes à le frapper aujourd'hui ? Le sexe faible, mon cul, ouais ! Il jeta ensuite un regard assassin à Kisuke et à son père qui étiraient tous deux un grand sourire narquois. Alors qu'il se demandait comment ses deux amis avaient réussi à les trouver aussi vite s'ils n'étaient pas au courant, la réponse s'afficha devant ses yeux. En effet, il est dur de passer à côté de quatre shinigamis qui tombent du ciel pour se crasher sur le sol de la sixième division. Soudain, il se figea. Qui dit sixième division dit aussi...

"Puis-je savoir ce que font Kurosaki Ichigo, Kurosaki Isshin, Urahara Kisuke et Shihoin Yoruichi dans la cour de ma division ?"

Et merde. Pourquoi ? Nan mais, sérieux, pourquoi ? Pourquoi, sur les dizaines et les dizaines de kilomètres carrés sur lesquels s'étalaient le Seireitei, avait-il fallut qu'ils atterrissent ici précisément, sur les terres du capitaine Kuchiki ? À ce moment là, il enviait Kurotsuchi, lui qui avait la chance inouïe de pouvoir se liquéfier sur commande pour échapper à ses ennemis. Et pour Ichigo, son ennemi actuel n'était autre que le charme irrésistible du noble capitaine. Il n'osait quasiment plus respirer, complètement hypnotisé par le regard polaire que l'homme leur lançait. Heureusement pour lui, Urahara crut bon d'intervenir.

"Une simple petite erreur de trajectoire, rit-il en passant un bras autour du cou de son protégé. Et puis nous partons, pas vrai, Ichigo ?

_Ha... Haï."

Voilà la seule parole qu'il réussit à articuler. Pas très glorieux tout ça. Il suffit que Berry-chan tombe amoureux pour qu'il passe de "Mr. Grande gueule" à "Petit frère de Hanataro". Lamentable (voilà un petit remix de ma prof de maths lorsqu'elle nous rend les copies -_-').

"Bien. Dans ce cas je ne vois rien à redire, dit le noble en leur tournant le dos"

Ichigo, trop occupé à lorgner le dos de Kuchiki-tellement-sexy-Byakuya, ne vit pas les sourires affligés des trois anciens capitaines. Ils saluèrent Rukia et Renji puis quittèrent les lieux à l'aide du Shumpo, emportant avec eux le rouquin toujours réduit à l'état de mollusque flageolant.

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"Tu leur laisses trop d'ouvertures, Ichigo !"

Il esquiva de peu le coup de pied de Yoruichi et para le sabre d'Isshin.

"T'es marrant, Kisuke ! C'est pas si simple !

_Tes ennemis n'auront pas toujours l'élégance de se battre en un contre un ! Il faut que tu apprenne à gérer plusieurs adversaires à la fois ! lui cria le commerçant."

L'adolescent n'en menait vraiment pas large. Cela faisait maintenant quatre jours qu'il s'entraînait sans relâche, et ses trois maîtres ne se retenaient pas. Il était exténué et couvert d'ecchymoses et de blessures en tout genre. Le décors lui même témoignait de l'acharnement dont ils faisaient preuve. Yoruichi avait choisi la forêt en contrebas de la colline du Sôkyoku, dans laquelle, à force de se battre, ils avaient formé une véritable clairière, jonchée d'arbres déracinés et de morceaux de rochers brisés à coup de zanpakuto.

"Bon ça suffit, soupira l'ancien capitaine de la douzième division.

_Quoi ? Mais... commença Yoruichi les sourcils froncés.

_Il est crevé, il n'y a plus rien de bon à en tirer aujourd'hui. Si on continue comme ça, vous allez finir par le tuer."

S'il n'avait pas eu peur de se faire dilapider par son père après, Ichigo l'aurait embrassé de suite.

"Bon, c'est toi le patron, fit le médecin en s'étirant et en faisant craquer sa nuque. Fils, amène-toi, faut que j'te soigne, sinon tu vas tomber en morceaux."

Le jeune homme s'exécuta, et poussa un soupir de soulagement en sentant le kidô d'Isshin refermer ses plaies.

"J'viens d'y penser, mais en fait on a pas du tout avancé avec le cas Kuchiki, remarqua Yoruichi qui observait le ciel, allongée sur une branche d'un des rares arbres ayant survécu à la tornade qui s'était abattu là.

_Raaaah ! Vous allez pas recommencer avec ça ! s'écria Ichigo, les joues colorées de rouge.

_C'est vrai, mais entre la visite chez Yama-ji, les entraînements et la moitié du Gotei qui vient dire bonjour à Ichigo, faut pas s'étonner aussi ! répondit Isshin en ignorant la dernière réplique de son fils.

_J'vous emmerde ! C'est pas ma faute si j'suis sociable ! Et vous m'avez promis de ne pas vous en mêler !

_Arrête de t'agiter, j'vais finir par te faire mal."

Il se tint donc tranquille, tout en défiant du regard ses interlocuteurs de s'étendre davantage sur le sujet. Pour une fois, ils restèrent calmes et n'insistèrent pas. Le silence s'était installé dans la clairière pas vraiment naturelle, apaisant Ichigo, qui, toujours immobile à cause des soins que lui prodiguait son père, observait ses maîtres.

Il laissa tout d'abord son regard se poser sur un Urahara allongé sur le ventre à même le sol (j'espère que je ne suis pas la seule à étirer un sourire de perverse à cause des quatre derniers mots), les yeux dans le vague. D'une certaine manière, il comprenait l'attirance de son père pour cet homme ; il avait un corps très bien fait, un beau visage, bien que n'arrivant pas au niveau de celui de Byakuya, et un charme particulier, assez mystérieux et envoûtant, que l'on pouvait apercevoir de temps à autres sous ses airs de crétin fini. Comme s'il sentait qu'on l'observait, le shinigami au bob rayé tourna la tête vers lui, puis lui adressa un de ses sourires si particuliers avant de reposer son menton sur ses bras croisés. (Il faut croire que je ne peux pas m'empêcher de faire l'éloge de mon personnage préféré).

Il porta ensuite son attention sur Yoruichi, perchée sur sa branche. Même s'il préférait les hommes, il devait avoué qu'elle était vraiment très belle. Son visage fin, sa peau hâlée, ses beaux yeux dorés et ses formes bien dessinées avaient dû faire tourner la tête à bien des hommes. Sans doute qu'une femme comme elle correspondrait beaucoup mieux à Byakuya que lui. Après tout le noble avait été marié, et il avait aimé, et aimait sûrement toujours profondément sa femme. Un pur hétéro comme on dit. Remarque, quand on regardait son père... Lui aussi avait épousé une femme, l'avait aimé et lui avait même fait trois enfants, et aujourd'hui il filait le parfait amour avec un homme, qui n'était d'ailleurs pas vraiment ce que l'on peut appeler efféminé. Comme quoi... Mais ça ne voulait pas non plus forcément dire que l'héritier du clan Kuchiki allait virer de bord (mix de changer de bord et de virer sa cutie ^^) du jour au lendemain. Et même si c'était le cas, qu'est-ce qui lui disait que lui, parmi tant d'autres, serait choisi par le capitaine de la sixième division ? Rien.

Il leva les yeux vers la colline du Sôkyoku, qu'il pouvait apercevoir entre les arbres, et repensa au combat qu'il avait mené là-bas contre ce même capitaine. Il sourit. Au final, Byakuya aurait facilement pu le tuer après qu'il ait brisé l'une de ses nombreuses lames. Mais il ne l'avait pas fait, il l'avait laissé vivre, lui avait laissé croire qu'il avait gagné. Il était fort. Très fort. Tout comme Kisuke, son père et Yoruichi. Il regarda à nouveau la femme aux cheveux violets. Oui, elle était vraiment très forte. Il n'avait jamais réussi à la battre, alors qu'elle n'utilisait même pas son zanpakuto. C'était également "la déesse du déplacement éclair" et elle avait la capacité de se transformer en chat. Bien pratique, tiens. Il ne put s'empêcher de rompre le silence pour la questionner.

"Yoruichi, comment tu fais pour te transformer en chat ?

_Intéressé ?

_Non, je suis juste curieux."

La jeune femme lui jeta un regard puis sourit avant de descendre d'un bond de son perchoir et d'atterrir souplement juste devant le shinigami remplaçant.

"Kisuke, Isshin, dégagez.

_Pardon ?

_Je ne veux pas que vous entendiez ce que je vais lui dire, alors partez.

_Mais... commença Isshin.

_Raaaah, d'habitude vous avez pas besoin qu'on vous le demande pour vous barrer suffisamment loin pour qu'on vous entende pas quand vous vous envoyez en l'air, pesta Yoruichi."

Ichigo rougit en repensant à la nuit dernière, et marmonna quelque chose qui ressemblait à "Suffisamment loin, c'est toi qui l'dit". Urahara échangea un regard avec son amant, puis un sourire pervers qui fit rougir le rouquin davantage.

"Et bien puisque c'est si gentiment demandé, commença le scientifique en se relevant.

_Je ne vois pas de raison pour qu'on ne s'exécute pas, termina Isshin en s'approchant de l'autre."

Toujours les yeux dans les yeux, avec les mêmes sourires pervers, il s'éloignèrent, au grand soulagement de l'adolescent qui était mal à l'aise quand ce genre d'électricité se produisait entre eux.

"Bon, alors il faut savoir que l'on ne peut pas décider à l'avance de l'animal en lequel on se transformera. Il varie avec le physique et le caractère de la personne. Alors viens pas pleurer si tu finis en hamster nain, compris ?

_Mais c'est pas que je veux me transformer, je veux juste savoir comment tu...

_Ouais, ouais, le coupa la femme-chat. En fait, le principe est simple : il faut que tu cherches au fond de toi tes instincts sauvages, que tu les laisses t'envahir complètement et que tu fasses abstraction de tout le reste. À ce moment là, ton reiatsu se met à vibrer un très court instant et ton corps laisse place à ce que l'on peut appeler "ta représentation animale". La théorie a beau être simple, la pratique n'est pas aussi facile que ça. Peu de personnes y arrivent.

_Je vois.

_Ah, encore une chose, évite d'ébruiter cela, c'est un secret gardé dans le clan Shihoin depuis près de dix mille ans, lui glissa Yoruichi avec un clin d'oeil.

_Mais... pourquoi tu me le révèles alors ?

_Parce que je suis curieuse. Je me demande en quel animal tu pourrais te transformer, enfin, si tu y arrives, bien sûr, fit-elle avec un sourire. Bon, on a plus qu'à dresser le campement, en attendant que les deux chauds lapins reviennent."

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Lorsqu'Ichigo se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. Il s'étira comme un félin et se redressa, pour une fois frais et dispo. C'était étrange qu'il dorme mieux à la belle étoile, enroulé dans un sac de couchage, que chez lui, dans son lit. Il observa ensuite ce qui l'entourait et remarqua les deux autres sacs vides. Ils devaient être partis se laver dans la rivière qui se trouvait pas loin de là. Yoruichi avait insisté pour qu'ils dorment dans cette forêt plutôt que chez d'autres shinigamis ou au manoir Shihoin, ce qui, au final, se révélait être une plutôt bonne idée. Ichigo préféra attendre qu'ils reviennent pour aller se laver à son tour, tirant expérience de ce qui était arrivé deux jours plus tôt. Il était tout d'abord tombé là ou la femme-chat, cette fois là bel et bien en tant que femme, qui faisait ses ablutions. Il avait rapidement fait demi-tour, mais était cette fois tombé sur les deux amants qui s'embrassaient tendrement dans l'eau. Parfois, il avait vraiment l'impression d'être un voyeur.

Bon, c'est pas tout ça, mais il commençait à trouver le temps long ! Qu'est-ce qu'ils foutaient, encore ? Il s'ennuyait, lui. Il laissa son regard vagabonder sur les bords saillants de la colline puis les paroles de Yoruichi lui revinrent à l'esprit. Il ferma les yeux et se laissa aller. Peu à peu, ses sens disparurent. Il ne sentait plus rien, n'entendait plus rien, ne voyait plus rien. Pourtant il avait l'impression de n'avoir jamais été aussi lucide qu'il l'était à présent. Tout à coup, il sentit tout son corps vibrer puis il eut l'impression que ses entrailles se compactaient. Petit à petit il retrouva ses sens et ouvrit les yeux. Il était prisonnier un grand tissu blanc et chaud. Il avança vers ce qui ressemblait à une sortie et atteignit l'air libre. Il entendit soudain ce qui ressemblait à une exclamation de surprise. Il tourna la tête et vit Yoruichi, revenue du bain, le regarder avec des yeux ronds.

"Et bien, je ne pensais pas que tu y parviendrais si vite, dit-elle en se ressaisissant.

_De quoi tu parles ?"

Il ne savait pas pourquoi, mais le grand sourire qu'elle affichait était loin de lui plaire.

"Regarde ta main droite, Ichigo.

-Hein ?

_Fais moi confiance."

Le jeune homme s'exécuta et leva sa main droite. Bah, c'est une main, quoi. Une seconde. Pourquoi elle était orange et ses doigts blancs ? Pourquoi est-ce que ses doigts étaient aussi courts ? Comment cela se faisait-il qu'ils étaient munis de griffes ? Et pourquoi sa putain de main était poilue ?

"GAAAAAAAAAAH !"

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