Chapitre 3

Son regard remonta le long de ce qui était autrefois un bras et qui ressemblait désormais à une patte orange. Il observa ensuite le reste de son corps, toujours aussi orange et... strié de fines rayures noires. Et au bout de son corps il y avait... Oh My God. Une queue ! Une putain de queue rayée ! Mais merde, quoi, il avait une queue ! Enfin, il en avait deux, mais... Raaah, pas le moment de penser à ça ! Il baissa les yeux et vit que le tissu qui le retenait prisonnier il y avait pas deux minutes était en fait son uniforme de shinigami.

_Oui, remarque, on aurait pu s'en douter, fit Yoruichi en le contemplant. C'est pas très discret, mais bon, on peut pas vraiment dire que la discrétion soit une de tes qualités premières alors...

_Je t'emmerde, Yoruichi !

Mais la vraie question était de savoir comment est-ce qu'il avait réussi ça alors qu'il n'avait même pas prévu de le faire au départ. C'était bien de la chance Kurosakienne, ça ! Cette question existentielle ne trouva malheureusement pas de réponse puisque le cours de ses pensées fut interrompu par l'arrivée d'Isshin et de son amant.

_Eh ! Tout va bien, on a entendu un cri et...

Oh non. Tout mais pas ça. Il était vraiment maudit. Ou alors c'était un rêve. Oui, un rêve ! Et dans pas longtemps, y'aurait des pitis zozios bleus qui viendraient chanter, avec des papillons, des fleufleurs et tout l'bordel. Et puis Byakuya courrait vers lui au ralenti, comme dans les films, les cheveux dans le vent, lui murmurant des « mon amour ». Oh, ce serait tellement bien ! Bah oui, mais non (la phrase qui tue). Pas de Byakuya, pas de cheveux dans le vent, pas de fleufleurs, ni de papillons et encore moins de putains de zozios bleus (1) ! Par contre, son père et sa moitié étaient bien là, eux !

_Euh... Yoruichi ? J'peux savoir c'que c'est qu'cette boule de poils ?

_La boule de poils t'emmerde ! grogna la susnommée.

Graaaaaaaand silence.

_Ok, je reformule. Je peux savoir ce que c'est qu'cette boule de poils qui parle ?

_Ton fils, répondit Yoruichi en enlevant la saleté qu'elle avait sous les ongles.

_Ouais, c'est bien ce que je me disais, mais j'voulais juste vérifier, pour être sûr.

_T'as ta réponse.

_Yep.

Ce petit moment de flottement dura malheureusement encore un peu.

_Moi j'ai une question... lança Kisuke en levant la main. Comment ça se fait qu'Ichigo soit devenu une boule de poils ?

_J'suis pas une b...

_Ouais, ouais, on sait, le coupa Yoruichi. En fait, hier soir, il m'a demandé comment je faisais pour me changer en chat. Je lui ai répondu, et il semble qu'il soit passé à la pratique pendant qu'on se lavait.

_Je vois, je vois...

Son instinct de scientifique refit surface, et il s'avança jusqu'à Ichigo qui l'observait un peu méfiant, avant de le saisir par la peau du cou pour le regarder sous toutes les coutures.

_Intéressant.

"J't'en fouterais d'l'intéressant, moi !" pensa Ichigo.

_Mais pourquoi il est tout p'tit ? interrogea Isshin qui s'était rapproché des deux hommes, enfin, de l'homme et de la boule poils.

Yoruichi réfléchit quelques instants puis répondit:

_Il a que seize ans. Pour un shinigami, ça correspond à l'âge d'un bambin. Du coup, il prend l'apparence d'un bébé tigre.

Comment-ça, un "bébé" tigre ? Ah, c'est vrai qu'il était vachement petit comparé aux deux hommes qui l'observaient. Tch, dommage, un mini fauve, c'est tout de suite moins impressionnant (mais tellement plus craquant !).

_Oui, c'est vrai qu'il y a cent ans, tu étais moins grosse sous ta forme de chat que main- Aïeuuuh ! ! gémit-il après s'être prit un coup sur la tête.

_Héhé, il faut faire attention, maintenant, on a un fauve très dangereux parmi nous, ricana Isshin.

Ichigo, sentant l'ironie à peine voilée dans les propos de son père, laissa parler son instinct : résultat, une belle marque de griffure sur le nez de cette espèce d'abruti. Et un point pour la boule de poils !

_Ouinnnn, Kisuke ! Ichigo est méchant, il a griffé son papaaaaaa !

Urahara lui jeta un regard, suivi d'un sourire entendu, avant de le poser au sol pour aller faire un câlin à son crétin d'amour et le réconforter. Ichigo quant à lui se tourna vers Yoruichi pour lui poser une question à son tour.

_Et je fais comment pour redevenir normal ?

_Je ne peux pas te le dire.

_Quoi ? s'écria Ichigo, estomaqué.

_Si je te le dis, ça ne marchera pas. Il faut que tu trouves par toi même, lui répondit-elle avec un regard mystérieux

Elle plaisantait, pas vrai... Elle allait quand même pas le laisser agoniser sous forme de boule de poils, si ?

_Et je fais comment si je trouve pas comment faire ? l'interrogea l'adolescent.

_Et bien tu seras dans la mouise.

_C'est bon à savoir, alors, soupira-t-il.

Cela dit il était déjà dans la mouise. Il allait demander à la femme-chat si elle ne pouvait pas lui donner un indice lorsqu'il eut l'impression d'être observé. Il tourna alors la tête vers la droite et aperçu... un buisson. Mais attention, hein, pas n'importe quel buisson ! Un buisson avec des yeux ! Oui madame, des yeux. Ca vous la coupe hein ? Donc ledit buisson l'observait. Bon. C'est pas un pauvre tas de branches et de feuilles qui va l'impressionner, quand même. Et là, miracle parmi les miracles, le cerveau de notre cher Berry-chan tilta. La raison pour laquelle ce buisson avait des yeux, c'était pitêtre parce qu'il y avait quelque chose dans le buisson qui avait des yeux. Mais oui, c'est évident ! Voilà comment on démontre par A plus B qu'un buisson peut avoir des globes oculaires.

C'est à ce moment là que la mystérieuse créature qui se cachait dans le dit tas de branches et de feuilles décida de se montrer au grand jour. Un... sanglier. Avec un nœud rose. Ichigo eut l'impression de l'avoir déjà vu... La question étant : où ça ? Après quelques minutes de réflexion, la réponse s'imposa d'elle même. Mais oui, sous le postérieur de Ganju ! Tiens, étrange, la bestiole grattait le sol à l'aide de son sabot. Comme si elle allait le charger, en fait. Naaaaan, pas possible, elle oserait pas.

Ah, en fait si.

_AAAAAAAAAAAAAH !

Les trois autres, qui eux n'avaient vu ni buisson à yeux ni sanglier, sursautèrent lorsqu'ils entendirent un hurlement de terreur. Ils se tournèrent d'un seul homme vers la source du bruit.

Ils se statufièrent face au spectacle pour le moins... particulier qui se jouait devant eux. C'est sûr que voir Ichigo changé en un tigre à peine plus gros qu'un chat, se faire courser par un sanglier avec un noeud rose dont le sommet de la tête devait atteindre la poitrine d'un homme de taille respectable pourrait en ébranler plus d'un.

_OSKOUUUUUR !

Et ainsi commença une folle course poursuite à travers la forêt. Ouvrant la marche, le fauve miniature courait aussi vite que lui permettaient ses petites pattes, suivi par un énorme sanglier qui avait décidé de le prendre en chasse, allez savoir pourquoi. Pour le manger, peut-être ? Hmmm, une bonne petite fraise bien juteuse... Sauf que celle-ci s'avérait être actuellement poilue. Moins appétissant, pas vrai ? Ou alors, c'était le orange. Bah quoi, les taureaux chargeaient quand ils voyaient du rouge, alors pourquoi pas ? Enfin. Ensuite venait les trois autres qui avaient oublié qu'ils pouvaient, contrairement aux deux animaux, utiliser le shumpo. Tu parles de capitaines !

Ichigo fatiguait, il allait plus pouvoir tenir longtemps. Pourtant, il reprit espoir lorsqu'il aperçut de la lumière quelques mètres plus loin. Ce devait sûrement être la lisière de la forêt. Bien que sortir du tas d'arbres ne lui assurait pas vraiment d'échapper au sanglier enragé, il reprit espoir et nous fit une accélération digne de Sena dans Eyeshield 21. D'un bond, il sortit du bois avant d'atterrir dans une rue pavée. Malheureusement pour lui, cet atterrissage rata puisqu'il glissa sur les dalles de pierre. Sentant sa dernière heure arriver, il ferma les yeux. Cependant, contrairement au piétinement auquel il s'attendait, il sentit deux grandes mains chaudes l'envelopper et le soulever de terre. Il rouvrit ses jolies mirettes ambrées et devint aussi immobile qu'une statue.

Il le savait. Il le savait qu'il aurait dû se noyer dans cette putain de tasse de café ! Il était maudit ! Tout simplement maudit. Sur le nombre de shinigamis qui étaient passés par cette rue aujourd'hui, il avait fallu qu'il tombe sur lui. Un sentiment de déjà vu, peut-être ? Gyaaah, rien que l'idée que c'étaient ses longues mains fines et pâles qui le tenaient lui donnait des frissons. Alors évidemment, je ne parle pas des sensations qui parcouraient son corps devant ses deux grands yeux anthracite qui l'observaient. S'il avait pu, le rouquin aurait rougit jusqu'aux oreilles. Il n'avait vu le noble d'aussi près que pendant leurs combats et ce n'était pas vraiment le moment pour le détailler. En tout cas, il confirmait le fait qu'il était beau. Très beau même.

Il reprit sa respiration, qu'il ne se souvenait pas avoir retenue, lorsque le regard de Byakuya se posa sur Bonnie-chan qui l'avait rattrapé. Après quelques secondes pendant lesquelles Capitaine et sanglier s'affrontèrent du regard, l'animal abandonna et repartit dans la forêt l'échine courbée, déçu. Wow. Faudrait vraiment qu'il lui dise comment il s'y prenait pour qu'il soumette n'importe qui (et n'importe quoi) simplement à l'aide de son regard. Mais il n'eut pas le temps d'admirer le capitaine plus longtemps puisque celui-ci le redressa pour l'installer au creux de ses bras, contre son torse. Gaaaaaaah, alerte rouge, le torse de Byakuya ! Alors qu'Ichigo remerciait tous les kamis qu'il connaissait d'avoir fait en sorte que le proverbe "garçon émoustillé saigne du nez" ne s'applique pas aux garçons transformés en tigre, il aperçut les trois anciens capitaines cachés derrières les arbres. Il essaya de leur faire comprendre qu'il fallait qu'ils viennent le sortir de là à l'aide de grands signes plus ou moins discrets. Soudain, il se figea en voyant l'immense sourire qui couvrait le visage d'Urahara. Ses peurs se confirmèrent lorsqu'il vit se former sur ses lèvres le mot "promesse". Oui. La promesse de ne pas intervenir sur le cas Byakuya. Fuck.

Un cauchemar. Forcément un cauchemar. Avoir la poisse à ce point, c'était quand même pas permis, si ? La panique s'empara de son petit corps rayé, et il n'eut plus qu'une seule pensée à l'esprit : se sauver, se tirer fissa, se faire la malle, se carapater vite fait bien fait, se tailler le plus loin possible, prendre les jambes à son cou, bref, vous voyez le topo. Le problème, c'est que le noble ne semblait apparemment pas d'accord, considérant sûrement, et à juste titre, que l'animal avait suffisamment couru pour le reste de la journée. Toujours aveuglé par son instinct qui lui hurlait de prendre la fuite, le fauve fut sans pitié et lacéra les mains pâles de Kuchiki de ses griffes dans l'espoir que, sous la douleur ou la surprise, il le lâche. C'était sans compter sur le légendaire self-control du shinigami qui tint bon face aux assauts de l'anguille poilue qui se tortillait dans ses bras. Il jeta son regard de tueur n°3 à ladite anguille qui se tassa légèrement sur elle-même.

Profitant du mince répit qui lui était accordé, il plongea ses doigts meurtris dans l'épaisse fourrure orange et les agita. Ichigo perdit instantanément toute intention belliqueuse et s'étira de plaisir sous le toucher de pianiste du brun. Il ne savait plus où il était, ni qui il était, et tout ce qu'il sentait, c'était cette main qui lui procurait un plaisir sans nom. Allant contre l'instinct de survie présent chez tout animal, il présenta son ventre et ses flancs à la main divine, se soumettant de bonne grâce à cette douce torture (NON, pas cette douce torture là ! On range la bassine et on arrête de baver !). Tout à coup, il rouvrit les yeux qu'il avait fermés par réflexe, entendant un bruit étrange, continu, semblable à celui d'un moteur de voiture. Sachant pertinemment qu'il n'y avait pas de voiture à la Soul Society, il se concentra, cherchant l'origine du bruit, tout en essayant de ne pas succomber aux caresses et de retomber dans l'océan de velours duquel il venait à peine d'émerger.

Son corps se figea soudain, et ses muscles se tendirent, sous le choc. Il... ronronnait. Mais ronronnait, quoi ! Comme un gros matou qui faisait ronron devant la cheminée... Il frissonna à cette image et, enfin totalement revenu parmi les vivants, il se rendit compte que Byakuya s'était mis en mouvement, l'emportant dieu seul savait où. Avec toute la volonté dont il pouvait faire preuve en cet instant, il se déroba aux caresses diaboliques avant d'user à nouveau de ses griffes pour se libérer de l'étreinte du shinigami qui le retenait prisonnier. Celui-ci, n'appréciant pas vraiment de se faire labourer ses jolies mimines par un sac à puces orange, lui jeta un regard terrifiant. Une fois n'est pas coutume, ce fut totalement inefficace et le fauve continua de se débattre comme un beau diable, déchirant les gants et les manches de son tortionnaire (je vois pas de quoi il se plaint... Qui veut avoir Bya-chou comme tortionnaire ?). Ledit tortionnaire, excédé - enfin, on imagine, avec lui on ne peut jamais savoir - finit par attraper notre Shinigami remplaçant-miaulant par la peau du cou et le lever devant son visage.

Et là ce fut le drame. Oui, mesdames et messieurs, le drame. Aujourd'hui encore, on ne sait toujours pas quelle folie a prit Ichigo pour qu'il commette cet acte abominable et impardonnable. Sans doute ne le saura-t-on jamais. Mais toujours est-il, mesdames et messieurs, que cet imprudent de Kurosaki a osé abîmer de ses ridicules (mais tranchantes) petites griffes le visage princier de Kuchiki Byakuya, capitaine de la sixième division des treize armées de la cour.

Réalisant son crime, l'imprudent se figea, priant tous les dieux de lui venir en aide, de préférence avant qu'il ne soit réduit en charpie. Aussi immobile qu'une statue, il regarda avec appréhension la main libre du chef de clan monter jusqu'à sa joue pour finir par se poser doucement sur la blessure. L'homme retira ses doigts puis posa son regard dessus, y découvrant quelques gouttes de sang. Il fixa la tâche rouge quelques secondes avant de fusiller le responsable du regard, qui sursauta, tous ses poils (ce qui n'est donc pas peu dire) se dressèrent sur son corps, lui donnant l'air d'un porc-qui-pique orange. Il faut croire que cela le sauva, puisque Kuchiki, pris de court, se contenta de lever un sourcil devant l'apparence ridicule de la bête terrorisée et traumatisée plutôt que de lui faire subir milles tortures (NOOON, toujours pas ce genre de torture là, on calme ses hormones ti d'suite !).

Toujours suspendu à un bon mètre soixante-dix du sol par la peau du cou, Ichigo observa avec intérêt le capitaine arracher l'une des manches de son uniforme, déjà bien déchiquetée grâce à ses soins. Et sans avoir le temps de s'en rendre compte, le félin se retrouva empaqueté dans le tissu, totalement immobilisé, un peu à l'image d'un saucisson. Furieux, le saucisson voulut grogner, mais à la place, il poussa une sorte de feulement ressemblant à s'y méprendre à un miaulement. Vexé, il détourna la tête - enfin, autant qu'il le pouvait - pour ne pas voir les yeux sombres de Byakuya, dans lesquels il était quasiment sûr d'avoir aperçu une lueur moqueuse (c'est vrai que c'est connu que les lueurs dans les yeux peuvent s'écrouler par terre en hurlant de rire... bon, j'arrête.). Sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas se libérer de sitôt, il préféra attendre un peu avant de se débattre, économisant de l'énergie.

Il en profita pour faire le point sur sa situation. Bon. Il était transformé en une espèce de sac à puces orange avec une queue et des jolies pitites griffes bien aiguisées. Pas de quoi fouetter un chat. Mmmh, mauvaise formulation, m'enfin... Donc, il s'était changé en tigre miniature. Soit. Il ne savait pas comment reprendre forme humaine. Problématique, mais il faut garder espoir en toutes circonstances, pas vrai ? Ensuite, l'homme qu'il aimait secrètement l'avait ramassé (littéralement) et l'emmenait vers un lieu inconnu. Le tout bien sûr sans savoir qui il était vraiment.

Ouéééééééééééééé. Bah c'était pas gagné. Bon, cela dit, il était toujours capable de parler, non ? Il pouvait tout à fait informer le beau capitaine de sa nouvelle condition...

"Mais si je fais ça, il va me tuer pour l'avoir griffé, songea-t-il en frissonnant."

Ouais, il valait peut-être mieux qu'il garde cette histoire pour lui, enfin pour l'instant. Quand Byakuya aurait le dos tourné, il s'enfuirait, ou au moins préviendrait un tiers pour qu'il le sorte du guêpier dans lequel il s'était fourré.

Une dizaine de minutes plus tard, il se rendit compte qu'ils étaient arrivés à la sixième division, chose somme toute normale étant donné que c'était là que Kuchiki travaillait. Avant de rentrer dans le bâtiment principal, il jeta un regard en coin à son paquet.

"J'espère que tu vas enfin te tenir tranquille, lui dit-il de sa voix traînante"

"Compte là-dessus", pensa Ichigo, agacé. Il avait beau être amoureux de lui, Byakuya savait être particulièrement énervant avec ses airs de "je vaux mieux que toi, alors tu la fermes et tu obéis". Ignorant les pensées du saucisson vivant qu'il tenait entre ses bras, il pénétra dans son bureau.

_Bonjour Taicho, comment allez v... brailla Renji avant de se figer brusquement.

Wooolala. Elle avait mit quoi dans la bibine d'hier, la Rangiku ? La tête d'ananas cligna des yeux plusieurs fois, essayant sûrement de convaincre son petit cerveau de fruit exotique que la vision du grand Kuchiki Byakuya, les vêtements déchirés à plusieurs endroits, une manche en moins et une griffure assez profonde sur la joue, portant dans ses bras un truc ressemblant vaguement à un chat orange couvert de terre (ouais, bah vas jouer à chat avec un sanglier enragé dans la forêt, on en reparlera après) était une hallucination.

_Renji, je te prierai d'arrêter de crier à l'intérieur du bâtiment, je ne suis pas sourd. Maintenant, si tu voulais bien cesser de me dévisager de la sorte et aller travailler...

_Ha-Haï Taicho !

Il jeta un dernier regard suspicieux à l'animal enveloppé dans ce qui devait être un morceau de kimono avant d'aller s'installer devant les maudites piles de dossiers à remplir, retenant de justesse un soupir résigné. Byakuya quand à lui s'assit au bureau d'en face avec élégance, déposa son fardeau sur ses genoux et le libéra de sa prison de tissu. Dès qu'il fut libre de ses mouvements, Ichigo bondit au sol et couru se cacher sous une armoire. Il entendit plus qu'il ne vit le noble s'approcher du meuble et sursauta en voyant un bras passer dessous pour tenter de l'attraper. Ni une ni deux, le mini fauve asséna un vilain coup de patte griffue à la main en feulant.

De son côté, Renji avait la bouche grande ouverte tant il était abasourdi par le spectacle qui se jouait devant lui : ZE Kuchiki Byakuya, agenouillé par terre, le bras sous une armoire, à la recherche d'un félin, qu'il avait, vu la terre qui le maculait, sûrement ramassé dans la rue. D'ailleurs le félin n'avait pas vraiment l'air d'apprécier le capitaine vu les grondements qui parvenaient à ses oreilles (si tu savais, Renji, si tu savais...). Après quelques minutes de lutte acharnée, le brun finit par abandonner.

_De toute façon, il faudra bien que tu sortes à un moment ou à un autre, lâcha-t-il lentement. Ce n'est que partie remise.

Il adressa ensuite un regard glacial à son subordonné, lui faisant aimablement comprendre que le moindre commentaire lui coûterait la vie. Celui-ci baissa la tête avec soumission, ne souhaitant pas s'attirer les foudres de son capitaine. Pas fou, le Renji.

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Plusieurs heures passèrent, pendant lesquels la tête d'ananas dut pousser une dizaine de soupirs plus ou moins discrets et Ichigo s'endormir plus d'une fois. Le babouin rouge finit par lâcher un grognement de soulagement après avoir enfin terminé ce fichu dossier à la noix. Il ignora le regard désapprobateur de son capitaine, et, n'y tenant plus, brisa le silence qui régnait dans le bureau.

_Heu... Taicho... Je peux vous poser une question ?

_Tu viens de le faire, Renji."

Et vlan ! Toujours aimable, c'lui-là.

_Je t'écoute.

_Je euh... Je voulais savoir ce que vous comptiez faire de ce... cet animal, finit par dire Abarai.

_Le manger.

Les deux autres se figèrent sous le choc. Ichigo, craignant pour sa vie, se tassa davantage contre le mur, légèrement tremblant.

_Je plaisantais.

Haaaa. Il avait eu peur. Attendez deux minutes... Plaisan-QUOI ? C'était limite plus inquiétant. Il était tombé dans la quatrième dimension ou quoi ? Il fut tiré de ses pensées par Kuchiki qui venait de se lever pour il ne savait quel prétexte. Il haussa les épaules, pensant qu'il devait se rendre à une réunion de capitaines, choses des plus barbantes à ce que lui avait dit Zaraki et Kyouraku. Enfin.

_Renji, lança une voix.

Celui-ci releva la tête en entendant son nom. Il observa le bureau vide, puis secoua la tête, avant de replonger dans le dossier qu'il venait de commencer.

_Renji !

Il se redressa à nouveau, et, ne voyant personne, retourna à son travail. "Faudrait vraiment que j'arrête l'alcool, moi. J'ai des hallucinations maintenant. Ou alors c'est vraiment Rangiku qu'y a fait des trucs bizarres avec le saké".

_Wooooy, tête d'ananas !

_Qui est là ?

_Ichigo.

Abarai fronça les sourcils et se frotta les yeux, cherchant son ami du regard.

_C'est toi, vieux ? T'es où ?

_Regarde par terre.

Le lieutenant obéit, et son regard se posa sur le fauve qu'avait ramené son capitaine. "Naaaaaaaaan, c'est une blague" fit une voix dans son esprit.

_Yo, lança la boule de poils.

OK, il irait voir Rangiku dès ce soir pour savoir ce qu'elle avait mis dans ce putain de saké !

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(1) : un commentaire de fyekawai qui m'a tuée : "oh bah merde alors, ils ont transformé Grimm' en oiseau !". Vous avez le droit de lui envoyer un gros tas de chocolats, car elle m'a bien aidée lors d'une titanesque panne d'inspiration ! Merchiiiiiii !

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Yo ! Bon, je crois que le deal de 10 jours n'a pas vraiment été respecté (sans blaaague -_-'), mais entre les révisions, le brevet (oui, j'ai révisé pour le brevet, honte à moi xD), les inscriptions, l'exil dans des contrées sous-développées (comprenez : sans ordinateur) et un petit problème de synchronisation, ceci explique cela.

MAIS, j'ai une bonne nouvelle ! Le chapitre 4 est prêt, il ne reste qu'à l'envoyer en correction ! Donc, vous aurez bien le chap dans dix jours (sauf cas de force majeur, bien sûr... Vous avez peur hein ?)

Merci pour vos reviews, vos ajouts en favoris ou en alerte, ça fait plaisir ! Désolé de ne pas toujours répondre, mais promis, pour ce chapitre-ci, je réponds à tout le monde ;) !

Suite à la demande de Yukiko, j'ai remis une mise en page normale.

Voilà. À plus donc !