Hello tout le monde !
Désolée de ne pas avoir écrit avant mais j'ai commencé à perdre de la motivation pour l'écriture...
Mais bon, regain d'énergie et trame presque finie, je vous sors (enfin), le deuxième chapitre.
J'espère qu'il vous plaira, je vous donne dans celui ci une moontaaagne d'informations nécessaires pour la suite
(Et personne n'avait trouvé héhé ^^)
Bonne lecture !
Chapitre II : 1, Le Bâteleur
"L'Enfance, c'est l'envers de la vieillesse : C'est ne rien savoir et pouvoir tout faire"
Extrait des mémoires de Sakura Haruno
Il est des jours où votre vie change. Sans savoir pourquoi, ce jour peut avoir commencé normalement ou non, vous comprenez brutalement que votre vie va changer. En observant Ino pour la première fois ce jour-là, j'ai su. J'ai su que j'allais comprendre, j'ai su que j'allais apprendre quelque chose de fondamental sur les origines de mes pouvoirs, sur les origines du Monde. Elle n'avait pas besoin de parler, il avait suffi d'un regard. Je savais que mon destin était lié au sien. Bien que n'ayant jamais connu l'amour, j'admettais que c'était plus fort qu'un coup de foudre. C'était l'évidence, Ino et moi étions liées, comme si son cœur et le mien n'était que les deux maillons d'un ensemble, opposés et pourtant si semblables. Avant même de comprendre ma raison d'exister, j'avais aperçu l'ébauche d'un lien aussi fort que les cartes, presque aussi fort que le Monde. Plus fort encore que mon lien avec la Mort. C'était un tout.
Je ne pouvais détacher mon regard de la fille, comme si en ne cessant de la regarder, je ne m'arrêtais pas de recevoir ses rayons bienfaiteurs. Elle détourna subitement le regard vers un de ses camarades et lui chuchota des paroles à l'oreille. Je pris le temps de l'observer.
Il était blond, mais d'un blond plus foncé, moins mystique que celui de son amie. Il avait un sourire étrange collé au visage. C'était un mélange d'enfance chimérique et de vieillesse précoce. Comme si par ce sourire, il affichait une enfance trop vite perdue par des épreuves que mon esprit n'osait imaginer. Une sonnerie retenti soudain et la fille s'éloigna brusquement avant de s'engouffrer dans un bâtiment à la suite d'autres élèves. Le garçon ne bougea pas et baissa la tête.
Je ne saurais dire si c'était un simple hasard mais dès que la fille partit, les rayons chauds du soleil qui illuminaient la cour se fanèrent, laissant place à une ombre fraiche et à un vent désagréable qui faisait murmurer les feuilles des nombreux arbres, comme des complaintes funestes.
Le garçon releva brusquement ses yeux bleus azur vers moi. Je reculais d'un pas, mal à l'aise. Il reprit un sourire amical, probablement pour me rassurer, avant de s'avancer vers moi. Nous étions désormais seuls, dans la cour, les autres élèves étaient partis vers leurs classes respectives. Pendant qu'il s'avançait, je pris le temps d'observer son cou. Lui aussi, avait un pendentif. Très différent du mien, cependant. Il s'agissait d'une forme étrange, entourée d'un cercle. Il était d'un blanc pur et immaculé. Il s'arrêta juste devant moi, sans se départir de son étrange sourire. Désormais à seulement quelques centimètres, je pouvais observer son amulette avec plus d'attention. A l'intérieur du cercle, la forme que je n'arrivais pas à distinguer était tout simplement un être humain, recroquevillé à la manière d'un fœtus. C'était d'ailleurs sûrement un fœtus. « Etrange », pensais-je.
- Bonjour, me dit-il d'une voix joyeuse en me tendant la main. Je suis Naruto.
Je ne comprenais pas pourquoi il me tendait la main mais je lui tendis la mienne en retour. Je m'apprêtais à lui répondre mais à l'instant où sa main toucha la mienne, je fus assaillie de souvenirs. C'était incontrôlable, je ne pouvais empêcher toute ma vie de défiler sous mes yeux. Mon enfance, dans l'appartement de Tokyo, la découverte de mes étranges pouvoirs, mon adolescence, le peu d'amis que j'avais à l'époque, ma courte histoire avec Hotaru, le fils des voisins, les anniversaires en famille, toute ma vie défilait sous mes yeux impuissants, jusqu'à ce matin même. Arrivée à ma rencontre avec Ino, Naruto lâcha ma main et je repris conscience de mon corps. Il me regardait toujours et je commençais à prendre peur. Je savais qu'il était responsable de mon absence. Pire, je savais qu'il avait tout vu. Alors que je m'apprêtais à fuir, il reprit sa main dans la mienne. Cette fois ci, rien ne se passa, je sentis juste une douce chaleur se répandre dans mon corps, me calmant superficiellement.
- Calme-toi, lança-t-il d'une voix joyeuse. Je vais tout t'expliquer, Sakura. Suis-moi.
Extrait des mémoires de Sakura Haruno
Je l'avais suivi. A cet instant, je n'avais pas compris pourquoi le simple son de sa voix m'avait rendue calme et sereine. Je l'avais cru, comme tout le monde. Naruto avait cette capacité étonnante de faire adhérer les hommes à ses paroles. Il était l'innocence juvénile à cause de sa Carte. L'Enfant, celui qu'on croit, parce qu'il est encore pur. Et pourtant, les épreuves qu'il avait vécues l'avaient rendu si vieux, pour son âge.
Naruto m'emmena dans une salle inoccupée. Il sortit un vieux livre de son sac. La couverture était vieillie par le temps. Il semblait n'avoir pas d'âge. Il s'assit sur une chaise et m'invita à faire de même. En m'asseyant, je lui posais une question, désormais entièrement rassurée :
- Qui est la fille ?
Il marqua un léger silence pendant qu'il cherchait une page dans son livre.
- Elle s'appelle Ino et selon les Cartes, c'est ton double, ton âme sœur ou appelle-là comme tu veux. Mais elle ne peut pas te parler avant que je t'ai expliqué pourquoi tu es là. C'est à moi ou au Monde de le faire, ça a toujours été comme ça.
- Qu'est-ce que nous sommes ? demandais-je.
Naruto posa le livre ouvert sur la table qui nous séparait. Dessus, malgré les couleurs, certainement vieilles de plusieurs siècles, on pouvait apercevoir un dessin abîmé.
Au centre trônaient trois personnages. Le premier était un enfant qui reflétait par son sourire une innocence délicate. Le deuxième était une femme et ses yeux bien que peu marqués reflétaient une sorte d'espièglerie joueuse. Le troisième personnage était un homme, d'âge mur. Malgré les couleurs peu visibles, j'arrivais à voir son regard transperçant. Contrairement à l'Enfant, l'Homme semblait avoir tout vu, tout connu et dégageait dans son regard peint, la souffrance et la douleur du vieillard mourant.
Autour des trois personnages centraux, on distinguait plusieurs personnages ou objets. La Lune et le Soleil se faisaient face, en haut de la page. Beaucoup des personnages du dessin ne me disaient rien mais je distinguais tout de même le Diable, symbole important des croyances occidentales ainsi qu'un pendu, seul au fond de la peinture.
Je relevais les yeux vers Naruto.
- Tout ça, c'est Nous, lâcha-t-il. Toi, Ino, moi et d'autres que tu ne connais pas encore. Nous sommes vingt et un. De l'Enfant, dit-il en pointant du doigt le jeune au centre du dessin… Jusqu'au Vieux, rajouta-t-il en laissant glisser son doigt vers le vieil homme. Je suis l'Enfant. Dans les cartes occidentales, ils ont donné des noms au Vingt et Un. Je suis la première carte, le Bâteleur. Il représente la Naissance, l'Innocence et le Manque de Savoir. C'est l'Idée première, le surgissement avant l'œuvre. Le Bâteleur ne sait rien, mais voit tout.
Il tourna quelques pages et s'arrêta sur un autre dessin, qui représentait un jeune homme, habillé comme les occidentaux du Moyen-âge. Au-dessus de sa tête était écrit en chiffre romain « I ». Et en dessous, en caractères occidentaux, on lisait « Le Bâteleur ».
- Toutes les cartes se succèdent, une à une pour amener l'homme de la naissance… à la fin. Chacune à ses spécificités, ses forces, ses faiblesses, comme pour les étapes de la vie. La dernière carte, ajouta-t-il en tournant brusquement les pages pour arriver à la Carte 21, est la Fin, l'aboutissement. C'est elle qui représente le Vieil Homme qui a tout vu, qui connaît tout, pour finir par être cet être aussi parfait dans son savoir qu'imparfait dans sa vision. Le Monde sait tout mais ne voit plus rien, aveuglé par sa connaissance absolue et les horreurs de la vie. Il est le Cosmos, à la fois le vide et la matière.
J'observais la carte du Monde, fascinée par ses explications. Je n'avais pas peur, ses paroles franches me rassuraient. Je le croyais, parce qu'il m'était impossible de faire autrement. Comme il l'avait dit, il était le Bâteleur, l'Idée Première. Il m'était impossible de remettre en doute ses paroles.
- Et pourquoi sommes-nous là ? demandais-je, avide de savoir.
Il sourit en tournant quelques pages. Sur la page de gauche, je voyais une lune flamboyante qui possédait un visage féminin, surmontée du numéro dix-huit. Sur celle de droite, je voyais le Soleil, Dix Neuf.
Naruto pointa la page de gauche. En dessous de la lune, on voyait deux chiens, semblant se nourrir des rayons déversés par l'Astre.
- Tu vois, la Lune doit illuminer les ténèbres. C'est l'Astre qui nous guide, pendant la Nuit, en reflétant la lumière de son double, le Soleil. La Lune n'a pas de raison d'être sans le Soleil, elle se nourrit de ses rayons et se charge de les propager pour les âmes errantes. Le Soleil est le Bien. C'est le seul qui, comme le Bâteleur ne peut pas aller du côté des ténèbres. Ça nous est interdit, en plus d'être impossible. C'est pour ça que la Lune existe. Les bienfaits du Soleil ne doivent pas rester uniquement à la lumière du jour. Ils doivent aussi se propager pour les perdus. Tu dois avoir le don de guérison, en plus du don de voyance que nous avons tous n'est-ce pas ?
J'acquiesçais simplement.
- Toutes les cartes ont le don de voyance sauf le Monde mais il est plus abouti chez le Bâteleur, donc moi. Je vois beaucoup plus loin, plus fort que vous. C'est parce que je n'ai qu'un seul don. Vos dons de voyance ne se manifestent que ponctuellement, pour vous prévenir ou vous aider. Ils sont imprévisibles mais pas chez moi. Je peux les commander, comme tu l'as vu tout à l'heure. Chaque Carte a un don en plus du don de voyance et le Monde, qui ne peut pas voir cumule tous vos dons.
- Mais à quoi ça sert, tout ça ?
Naruto retourna à la première image. Il pointa du doigt une forme sombre, comme un nuage de fumée. Cette forme prenait tout le bas de la page et se déversait à certains pans de l'Image. Le nuage prenait la forme d'êtres, presque semblables à des humains. Ces êtres entouraient de leurs bras maigres certains personnages, comme le Vieil Homme, au centre, ou le Diable, assis à droite de l'Homme.
- Qui sont-ils, demandais-je d'une voix tremblante, comme si je commençais à tracer l'ébauche d'un combat ancestral, dont je n'étais qu'un pion insignifiant.
- On les appelle les Rôdeurs. Ils sont le Mal. On dit que leur origine remonte à une époque lointaine, où les cartes n'avaient pas encore de numéro et vivaient en paix les unes avec les autres. Cependant, le Diable, jaloux du pouvoir des Trois Suprêmes, aurait créé ces êtres grâce à des formules interdites, gardées dans le cœur de l'Arcane sans Nom, aussi appelée la Mort, pour les détrôner. Le Diable n'est qu'un pion, comme nous tous et il s'est vite laissé dépasser par ce pouvoir bien trop grand. Désormais, les Rôdeurs cherchent par tous les moyens à avilir les Vingt et Un. Ils sont immortels, contrairement à nous. Une fois que l'un de nous meurt, le Pouvoir de la Carte se transmet sur un nouveau-né, perpétuant ainsi nos pouvoirs.
Je fermais les yeux, pour assimiler ces informations cruciales. En les rouvrant, je décidais de parcourir le livre. J'observais les cartes, une à une et tâchait de les découvrir dans le premier dessin. Naruto m'observait faire, sans dire un mot. La sonnerie lointaine ne me déconcentra pas et je continuais ma tâche, pour assimiler les noms des autres Cartes.
- Ils sont tous ici, dans ce village ? demandais-je finalement.
- Pour la plupart, oui. Il n'y a que la Tempérance et le Pendu qui ne vivent pas encore ici. Mais cela ne saurait tarder, c'est comme ça que les choses doivent se dérouler. Nous avons besoin d'eux et ils ont besoin de nous.
Il y avait encore quelque chose qui me tracassait mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. J'observais encore les cartes, puis le dessin. Puis, je compris. Je posais mon doigt sur la femme, au centre du dessin, à l'aspect espiègle.
- Elle n'est pas dans les cartes, lâchais-je, d'une voix sûre.
- Elle n'a pas à y être. Elle est souvent appelée l'Excuse mais elle a eu beaucoup de noms différents selon les lieux ou les périodes. Cette Carte ne fait pas parti du combat. Elle n'est ni bonne, ni mauvaise, elle est, c'est tout. Elle était avant là Naissance du Bâteleur et après la Mort du Monde. Elle n'aime ni ne déteste. Son pouvoir est grand mais sa lâcheté l'est tout autant. Tu ferais mieux de ne pas t'en soucier.
Pendant qu'il me parlait, j'observais les yeux malicieux de la femme. Quelque chose avait changé dans ses paroles. Il m'avait conseillé de ne pas m'en préoccuper, contrairement aux fois précédentes où il m'affirmait les choses et où j'étais donc obligée de le croire. Là, je sentais que malgré ses paroles, il souhaitait me laisser le choix. Je ne pouvais m'empêcher de penser que cette femme avait un rôle bien plus important qu'il ne le laissait entendre.
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1, le Bâteleur
Naruto ne cessait de croire au Bien. Il n'était pas avili et comme Ino, ne pourrait jamais l'être. Il était le seul être entier, pas encore divisé, pas encore confronté avec la Réalité. Il était le Bâteleur, le Premier, la seule unité avant le Monde. Naruto, tu as surement été mon seul véritable ami pendant ces deux années de délire. Merci d'exister, petit enfant innocent.
Voilà ! J'espère que j'ai bien répondu aux questions qu'on pouvait se poser dans le premier chapitre.
Maintenant, l'action va pouvoir (vraiment) commencer :)
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