Hello !
Oui, je suis là très tôt mais la semaine prochaine je suis en partiels, et celle d'après je commence mon stage donc je n'ai pas vraiment d'idée de quand je pourrai poster la suite...
Du coup, plutôt que de vous faire attendre longtemps, j'ai préféré vous poster ce chapitre :)
Merci à Tar-Celebrian, Amai Tsukii-chan, Yumii-xX et Younamina pour vos reviews
Bonne lecture !
Chapitre IV : 15, le Diable
"Je me moque du Diable ! Il reçoit les âmes mais ce n'est pas lui qui les damne."
Extrait des mémoires de Sakura Haruno
Je me souviens encore de ma première cigarette. A l'instant où j'avais recraché la nicotine, je me rappelle avoir contemplé avec une fascination extrême les volutes de fumée qui s'échappaient de ma bouche pour tracer des sillions blanchâtres qui se mélangeaient aux particules de poussière suspendues dans le vide. Cette fascination était due à la ressemblance avec le nuage sombre des Rôdeurs. Un spectacle sinistre qui, à l'époque, me terrifiait plus que de raison.
Après ce bref regard à la Mort, Ino m'avait entrainée avec elle et ramenée chez moi. Nous n'avions pas dit un mot, c'était inutile. J'étais allongée sur mon lit depuis notre retour et je n'avais pas bougé. Ma mère m'avait appelé pour manger mais je n'avais pas faim. Je me retournais vers ma baie vitrée. La nuit était tombée et la lune me faisait face, éclairant ma chambre d'une lueur opaline. Mon amulette se reflétait à travers les miroirs, faisant danser des milliers de lueurs cristallines sur les murs. Le vent derrière ma fenêtre s'égosillait sans m'atteindre, j'étais seule.
J'avançais dans un couloir sombre. J'entendais des cris, comme en écho à travers les murs. Ils appelaient à l'aide, mais j'étais incapable de les secourir, ne sachant pas moi-même où j'étais. Je courais, plus vite, toujours plus vite. J'étais lâche, mais leurs hurlements de désespoir m'effrayaient.
J'arrivais dans une pièce sombre. Seul un léger feu au fond de la pièce l'éclairait frugalement. Un mouvement régulier près du brasier attisa ma curiosité. On aurait dit un homme, qui tapait doucement contre une paroi rocheuse. Je ne pouvais m'empêcher d'avancer, malgré ma peur ardente. Pendant que j'avançais, j'entendais une musique, qui résonnait dans la pièce. Il n'y avait aucune parole et cela semblait sortir d'une boîte à musique. L'homme continuait de frapper contre la paroi. J'étais désormais derrière lui, alors que la musique se taisait.
Il se retourna brusquement et je hurlais de terreur. Il mit sa main rouge sang sur ma bouche pour me faire taire. Mes yeux se mirent à verser des larmes salés qui coulaient le long de ses bras maudits. La musique reprit, donnant une allure macabre à la scène. Il enleva sa main et s'écarta. Derrière lui, un jeune garçon était allongé. C'était Sasuke. Il avait l'air de dormir profondément mais une entaille profonde traversait tout son torse et était à moitié recousue par des fils de fer. Je me penchais vers lui pour le réveiller mais un bras me stoppa.
- C'est trop tard, me dit le Diable de sa voix grave. J'ai enfin découvert le secret caché dans le cœur de la Mort. Ils arrivent…
Je levais la tête vers la paroi rocheuse qui se mit à tambouriner, de plus en plus vite, de plus en plus fort. La musique cessa et une sombre fumée s'échappa des murs. Ils étaient des centaines, peut-être plus à prendre forme autour de moi. C'était des êtres sombres, fait de fumée noire, de haine et de désespoir. Le feu s'éteignit en un souffle glacé. Ils recouvrèrent entièrement Sasuke et le Diable qui s'esclaffait d'un rire dément, comme pris d'une folie assassine. La fumée morbide s'approcha de moi et deux bras décharnés m'entourèrent.
- Viens avec nous, jeune Lune innocente. N'éclaire plus les âmes perdues, elles ne te méritent pas.
Ces paroles venaient de partout. Des murs, de la pièce, de l'être derrière moi qui m'entourait de ses bras squelettiques.
- Non, non, non, pleurais-je. Laissez-moi tranquille !
- Alors CREVE ! hurlèrent les voix pendant que je sentais des mains caves comprimer mon cou.
Je me réveillais en sursaut. Mon cœur battait à tout rompre et des traces de larmes restaient autour de mes yeux. Quelqu'un frappait fort derrière ma porte et je me resserrais contre mon lit, affolée. Le tambourinement me rappelait les battements contre la paroi rocheuse. J'étais effrayée.
- Sakura ! Ouvre-nous ! lança la voix inquiète de mon père derrière la porte.
Je tâchais de me rassurer. Ce n'était qu'un rêve, un simple rêve. Je me levais doucement et allais ouvrir la porte de ma chambre. Ma mère me prit immédiatement dans ses bras et je pleurais à chaudes larmes.
- Chut, ce n'est rien Sakura, ce n'était qu'un cauchemar, ça va aller, me rassura ma mère.
Mon père me détacha soudain de ma mère et regarda mon cou pendant que ma mère poussait un cri de stupeur.
- Mon Dieu Sakura, mais comment est-ce que tu t'es fait ça ? demanda ma mère, affolée.
Je me retournais vers un grand miroir, près de la fenêtre. Mon amulette trônait toujours à mon cou mais était désormais glacé et ne reflétait plus aucune lumière. Et surtout, deux entailles légères barraient la naissance de mon cou. Elles n'étaient pas profondes mais avaient la forme de deux mains décharnées. Je posais mes mains autour de ma gorge, à la manière de l'être sombre de mon rêve.
Ce n'était pas les traces de mes doigts. Je commençais à trembler pendant que mes parents allaient chercher des soins. Je regardais à travers ma baie vitrée. Ma fenêtre était toujours fermée mais je ne voyais rien à l'extérieur, la lune étant désormais cachée par un nuage sombre.
Ma mère revint avec du désinfectant pour nettoyer ma plaie légère. Je la rassurais rapidement et après lui avoir promis que tout allait bien, je refermais la porte de ma chambre à clé.
J'allais vers ma baie vitrée. Ce n'était pas un rêve comme les autres, je le savais. C'était une vision, comme j'en avais rarement. Je savais désormais qui était la prochaine carte que j'allais rencontrer. Je respirais fortement avant d'ouvrir ma fenêtre. Le vent s'engouffra bruyamment dans ma chambre. Ses complaintes assourdissantes me rappelaient les cris des damnés, dans mon rêve. Je regardais l'heure sur le réveil près de mon lit. Il était bientôt minuit. Je m'avançais près de ma fenêtre et m'accrochais à une branche du grand cerisier qui trônait près de ma chambre. C'était à cause de cet arbre que j'avais voulu cette chambre et je ne regrettais pas mon choix.
Je descendais doucement, prenant garde à ne pas glisser. Arrivée sur l'herbe fraiche, je me dépêchais de contourner la maison pour arriver dans la rue. J'étais encore en uniforme et je commençais à me fustiger intérieurement de ne pas avoir mis une tenue plus adaptée.
J'avançais le long des rues, ne suivant que mon instinct. La lune était cachée et rien n'éclairait la ville. Les lampadaires n'étaient qu'au centre et ici, dans ce quartier résidentiel, tout était sombre. J'étais désormais dans un quartier plus élégant que le mien. Les maisons immenses et anciennes me rappelaient un temps révolu où les samouraïs se battaient encore pour l'honneur de leurs familles. Je suivais le vent, qui hurlait encore à la mort. Je savais pertinemment que ce vent n'était pas naturel et encore moins bénéfique. Néanmoins, je devais avoir la confirmation de mes présomptions. Le vent se stoppa brutalement alors que j'étais près d'un immense manoir. Je lisais les kanjis inscrits dans le bois sombre, sur le côté de l'immense porte ébène. « Uchiwa », évidemment.
Un mouvement derrière moi me fit sursauter. Je me retournais brutalement. De l'autre côté de la rue se tenait un homme… ou une femme, je n'aurais su le dire à cause de ses cheveux longs. Je n'arrivais pas à distinguer ses traits, de là où j'étais. La personne me fit signe de l'approcher, de ses mains squelettiques.
Le vent démoniaque me poussait vers elle, faisant voler mes cheveux autour de moi. Je suivais le souffle qui m'emmenait vers cet être. C'était un homme. Il était assis sur un banc et regardait le sol d'un air fasciné. Il me fit signe de m'asseoir à côté de lui. Mon cœur tambourina plus fort contre ma poitrine mais je lui obéis, curieuse de savoir ce qu'il avait à me dire. Je savais très bien qui il était. Pendant que je m'asseyais, j'observais son pendentif écarlate. Il avait la forme d'un homme nu, tenant une fourche dans sa main droite.
- Bonsoir, Sakura, me dit l'homme d'une voix sifflante.
Il ne ressemblait pas du tout à l'homme de mon rêve mais c'était normal. Dans mon rêve, je n'avais pas encore rencontré le Diable alors je l'avais tout naturellement associé à l'image sur la Carte 15.
Je ne répondis pas, me contentant d'observer ce qui semblait l'envouter, depuis mon arrivée. J'émis un sursaut de frayeur. A ses pieds, se tenait un serpent, long comme mon bras qui s'enroulait et se déroulait autour de son pied. L'homme se retourna vers moi brusquement, m'observant de ses yeux jaunes. Je tressaillis pendant qu'il posait une main glacée contre ma joue. La lune était toujours cachée par l'immense nuage sombre et le vent ne cessait de hurler.
- Sais-tu pourquoi j'aime les serpents, Sakura ? me demanda l'homme.
Je hochais la tête en signe de dénégation, d'un air paniqué.
- Non ? C'est très simple, pourtant. Dans les croyances occidentales, le serpent est celui qui trahit la confiance d'Eve en lui faisant manger la pomme. Bien sûr, ce n'est qu'une métaphore mais le serpent a toujours eu cette image. Trahison… siffla-t-il pendant que le serpent remontait le long de son torse. Fourberie… rajouta-t-il lorsque la bête s'enroula autour de son bras. Et mensonge, hurla-t-il avant d'exploser d'un rire dément.
Je me levais brutalement et commençais à courir. Malheureusement, je me pris les pieds dans une branche et je tombais au sol, m'écorchant le genou au passage. Les bourrasques étaient de plus en plus fortes. Je crus entendre des murmures, sortis du fond des âges comme des plaintes funestes.
J'étais paralysée, je n'arrivais pas à me relever tellement ma terreur était grande. L'homme s'accroupi près de moi et me regarda encore. Le serpent était désormais enroulé autour de son cou et m'observait également.
- Enchanté, Sakura. Mon nom est Orochimaru et je suis le Diable, sourit-il.
Je commençais à vouloir me relever mais il me stoppa.
- C'est trop tard, murmura-t-il en fermant les yeux d'un air serein. Ils arrivent…
Alors je les vis. Ils étaient derrière Orochimaru et prenaient la forme d'êtres noirs. C'était un mélange monstrueux de tâches d'encre et de fumée sombre. Ils étaient près du manoir Uchiwa et le vent fourbe s'enroulait autour d'eux à la manière d'un serviteur dévoué. Ils étaient trois. De loin, ils ressemblaient à des êtres humains mais n'en n'avaient que l'air. Ils étaient décharnés, comme si en dessous de leur étrange peau noire d'encre, il n'y avait que des os.
Ils s'avançaient vers moi et j'entendais leurs cris à l'intérieur de ma tête. C'était des cris de haine, de désespoir et de dégout. Ils me sifflaient des mots horribles qui s'accentuaient à chacun de leurs pas.
- Arrêtez, arrêtez…, pleurais-je en mettant mes mains à mes oreilles pour les faire taire.
Vaine tentative. Leurs mots me piquaient à l'intérieur même de mon cerveau. C'était comme si ils résonnaient en écho dans mon corps, comme dans la pièce de mon rêve. Dans un élan d'espoir, je me mis à observer le ciel, cherchant la lune des yeux. Elle était toujours masquée par le nuage sombre. J'allais abandonner quand je vis une lumière. Je relevais les yeux au ciel. C'était une étoile, plus brillante que les autres. Elle n'était pas cachée par le nuage et brillait de mille feux, me réchauffant le cœur.
La lumière d'un feu de voiture au bout de la rue nous fit nous retourner. Les Rôdeurs s'éclipsèrent brutalement, s'envolant dans un nuage de fumée. « Nous reviendrons, Sakura... ».
Ce que j'avais pris pour une voiture était en fait une moto. Le motard s'arrêta près d'Orochimaru et moi. Il m'aida à me lever et m'invita à monter. Il portait un casque donc je ne voyais pas son visage mais à son cou, j'apercevais un pendentif en forme d'étoile qui scintillait, reflétant la lumière de l'étoile du berger. Je soupirais de sérénité avant de monter sur la moto derrière le garçon.
Extrait des mémoires de Sakura Haruno
C'est à cet instant précis que j'ai enfin compris : Je n'étais pas seule, je ne l'avais jamais été. Dans la nuit, il est deux entités qui éclairent les perdus : La Lune et l'Etoile. Je me souviens que le nuage sombre dans le ciel s'est évaporé grâce au vent et la lune argentée a éclairé la ruelle de sa pâle clarté, pendant que le Diable retournait dans l'ombre.
Non loin de là, derrière une fenêtre du manoir Uchiwa, deux garçons n'avaient rien manqué de la scène. Ils observèrent le Diable s'éclipser dans l'ombre pendant que la Lune montait derrière la moto de l'Etoile.
- Tu penses que c'est elle qui a appelé l'autre bouffon ? demanda la Mort.
- Qui ? demanda le Chariot.
La Mort montra de son doigt pâle une femme, dansant comme une ballerine près du manoir Hyuuga, à l'angle de la rue.
- Qui sait… avec elle, on ne sait jamais, soupira le Chariot en allumant une cigarette.
La femme se retourna vers les deux Cartes, leur adressant un clin d'œil espiègle. L'Excuse avait toujours été joueuse.
Quelqu'un frappa à la porte de la pièce. Le Chariot alla ouvrir pendant que la Mort allumait à son tour une cigarette, observant l'Excuse avant qu'elle ne disparaisse, en un voile de fumée blanche.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? demanda le Chariot aux nouveaux venus.
- Votre père voulait nous parler d'une affaire importante, répondit le Jugement. Vous feriez mieux de descendre, il y a du monde en bas.
- J'ai entendu les Rôdeurs, murmura la Papesse de sa voix délicate. Ils sont en colère. Il s'est passé quelque chose ?
- On vous racontera tout à l'heure, répondit le Chariot en prenant la frêle Papesse par la taille. Descendons, ordonna-t-il.
La Mort soupira de lassitude avant de jeter sa cigarette à peine commencée par la fenêtre et de suivre les trois autres maudits.
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15, le Diable
Ambitieux, menteur, envieux. Le Diable a toujours été dévoré par une jalousie maladive qui corrompait son talent inné. Je t'en veux Orochimaru. Je t'en ai toujours voulu de m'avoir empêché de les guider à travers l'obscurité. Mais désormais, tu as raison : c'est fini, ils ont gagné.
J'espère que ça vous a plu :)
Pour les petites infos concernant ce chapitre : J'ai mis le lien de la musique qui apparaît dans le rêve sur mon profil.
Ensuite, comme vous l'avez vu, Sakura rêve que le Diable a charcuté Sasuke pour faire apparaître les Rôdeurs. C'est elle qui l'imagine comme ça à cause de ce que Naruto lui avait dit (chapitre du Bâteleur) : Le Diable aurait crée les Rôdeurs grâce à des formules interdites gardées dans le coeur de la Mort.
Ensuite concernant le pouvoir de Sakura, beaucoup s'imaginaient qu'elle serait la seule à éclairer les damnés mais j'avais laissé un petit sous entendu dans le chapitre du Chariot ;) - " La Nuit serait leur royaume car la Lune et l'Etoile ne seraient plus là pour éclairer les âmes en peine ."
Voilà pour les petites explications :)
Le chapitre suivant est en cours d'écriture, il sera un peu différent des autres... Enfin vous verrez bien ^^
J'espère pouvoir le poster avant mi mai.
Reviews ? (hypothèses, critiques, suggestions ou juste me dire que vous aimez ma fic , je prends tout x) )
