Et voici le suivant dans la foulée ! Avec ce que vous attendiez avec impatience visiblement, moins de Ron/Hermione et plus de Ron/Drago. On entre enfin dans le vif du sujet et j'espère que cette fic va continuer à vous plaire.

Bonne lecture !


Cela faisait trois jours que les cours avaient repris. L'effervescence du dernier jour avant le week-end se ressentait dans toute l'école, et Ron, peut-être plus que ses camarades, attendait ces deux jours salutaires avec impatience. Il allait enfin pouvoir passer un peu de temps avec sa chère et tendre. Bien sûr, la veille au soir, ils s'étaient vus plus que les autres jours, puisqu'il avait assisté au cours de soutien en Sortilèges. Mais les autres soirs lui avaient paru d'un ennui mortel, surtout le mercredi où Harry animait ceux de défenses contre les forces du mal et Hermione celui d'arithmancie. Il s'était retrouvé seul dans la salle commune, juste avec Seamus, puisque Ginny, Dean et Neville avaient accompagnés Harry. Ce n'est pas qu'il n'aimait pas l'irlandais, mais sans ses meilleurs amis, ce n'était vraiment pas pareil.

Ce vendredi-soir donc, il arpentait les couloirs de l'école, avec un peu de vague à l'âme en prime. Harry était parti Merlin sait où avec Ginny, et il ne voulait même pas imaginer à quoi ils pouvaient bien passer leur soirée. Neville avait proposé à une élève de Pouffsouffle, Hannah Abott, de revoir avec elle quelques points de Botanique qu'elle n'avait visiblement toujours pas compris malgré le cours de soutien du mardi soir et Hermione animait le cours de soutien de runes antiques au côté du professeur Babbling. Seuls Dean et Seamus étaient restés dans la salle commune mais il n'avait pas particulièrement envie de passer sa soirée avec eux. C'est donc tout naturellement qu'il se retrouva devant l'ancien mur de la salle sur demande, lieu qui attirait inexorablement ses pas depuis qu'il était revenu à Poudlard. C'était la seule pièce du château qui n'avait pu être reconstruite à l'identique, le feudeymon lui ayant fait perdre toute sa magie. Il le savait car il avait tenté d'y entrer le premier soir mais il avait du se rendre à l'évidence. La porte n'était pas reparue, la salle sur demande n'existait plus.

Il demeura un moment debout au milieu du couloir, à se souvenir de la bataille finale, à chercher dans ses souvenirs le moindre élément qui donnerait raison au sentiment de culpabilité qui ne le quittait pas depuis les funérailles de son ainé. Il aurait dû sauver son frère, il aurait dû pouvoir éviter la mort de Fred. Il s'en voulait tellement de n'avoir rien pu faire.

Une larme roula sur sa joue et il se laissa tomber au sol, le dos contre le mur. Il en avait assez. Il n'aurait pas dû revenir. Mais Hermione avait tellement insisté, arguant qu'ils seraient ensemble pendant une année entière au lieu d'être séparés s'il ne terminait ses études. Et comme Harry y retournait aussi, plus pour Ginny que pour les études en réalité, il n'avait pas eu envie d'être laissé de côté. Il s'était donc rangé à leur avis, et le regrettait désormais. Il se sentait plus seul que jamais.

Un bruit de pas attira son attention sur le bout du couloir et il essuya rapidement ses yeux humides. Il ne pleurait déjà pas devant ses amis, alors devant d'autres personnes… Le pas trainant, les mains dans les poches, Drago Malfoy lui apparu alors. Le visage de Ron se déforma sous la grimace de mécontentement qui lui échappa tandis que Drago poussa un soupir d'agacement.

- Qu'est-ce que tu fous là, Malfoy ?

- Et toi Weasley ?

- Ca te regarde pas… Et de toute façon, je t'ai posé la question en premier !

- Quelle maturité vraiment !

- Oh, la ferme !

- Ecoute, je ne suis pas venu là pour me battre avec toi.

Ron releva le regard vers le serpentard. C'était bien la première fois qu'il s'adressait à lui sans animosité dans la voix, sans un regard méprisant. En y regardant bien, il lui semblait qu'il avait changé depuis leur sixième année. Pas de manière flagrante évidemment, mais il y avait quelque chose de différent dans le comportement de Malfoy. Comme une volonté de pénitence qui bataillerait ferme avec un désir de rester digne et fier. Un drôle de mélange en fait qui le rendait tour à tour sympathique et détestable aux yeux du gryffondor, sans qu'il ne puisse arrêter définitivement son choix sur l'un ou l'autre des qualificatifs.

- Moi non plus, murmura t-il enfin. Surtout pas ici.

- Je m'en doute. Frederic est mort ici, n'est-ce pas ? Il le vit fermer les yeux douloureusement. Crabbe aussi est mort ici. Enfin, dans la salle.

Et il s'éloigna après ces quelques mots. Ron, en gryffondor impulsif qu'il était, prit une décision qui l'étonna lui-même. Hermione ne cessait de lui répéter qu'ils devaient faire le premier pas. L'occasion ne se représenterait probablement pas de sitôt et Ron se sentait tellement abandonné qu'il était même prêt à converser avec son pire ennemi afin de chasser ce sentiment.

- Attends…

Ron s'était relevé et le rejoignit en deux enjambées. Il détestait peut-être le serpentard mais lui aussi avait le droit de faire son deuil de ceux qu'il avait perdu après tout.

- Tu voulais te recueillir, non ? Le couloir est plutôt grand… Et on n'est pas obligé de se regarder ou de se parler.

Drago comprit rapidement ce que lui suggérait à demi-mots le préfet. Comme Ron retournait s'asseoir en lieu et place qu'il venait de quitter, Drago s'installa sur le rebord de la seule fenêtre au bout du couloir et se laissa porter par ses souvenirs. Le combat dans la salle sur demande lui avait fait perdre un de ses amis. Peut-être pas le plus fidèle, peut-être pas le meilleur ami qu'il aurait pu avoir, mais il avait passé six ans avec Vincent et oui, avant cette bataille, il le considérait plutôt comme un ami. Il n'en avait pas tant que ça de toute manière. Il pensa un instant à Goyle qui n'avait pas souhaité revenir. Il était encore trop profondément choqué par la disparition de son meilleur ami pour pouvoir revenir en ces lieux et Drago ne pouvait le blâmer. Son père avait presque sous entendu pendant le procès qui l'avait envoyé à Azkaban que son fils aurait mieux fait d'y rester lui-aussi dans la salle sur demande. Sans Potter et Weasley, c'est ce qui serait arrivé. Depuis, Gregory ne sortait plus de chez lui, et rares étaient les personnes qui pouvaient désormais l'approcher. Il lui faudrait du temps pour oublier et revenir à un monde plus réel.

- Ne va pas croire que je cherche à m'attirer ta sympathie, Wesley, mais je ne t'ai jamais remercié.

- Parce que tu connais ce mot, toi ? Pourquoi tu l'aurais fait de toute manière ?

- Pour la salle sur demande. Pour être revenu nous chercher, Greg et moi.

Il ne fallut pas longtemps à Ron pour comprendre de quoi parlait Malfoy. Même s'il avait tout fait pour l'ignorer, il ne pu s'empêcher de jeter un œil dans sa direction. Malfoy ne le regardait même pas, il ne regardait rien de toute manière. Ses yeux étaient résolument fermés tandis qu'il laissait son orgueil de côté pour le remercier de leur avoir sauvés la vie.

- C'est pas moi qu'il faut remercier. Pour ma part, je vous aurais bien laissé là-dedans. C'est Harry qui a voulu vous sauver.

-Peut-être, mais lui, je ne peux pas le remercier…

- Pourquoi ?

- Je peux pas le saquer.

Ron reposa l'arrière de son crâne contre le mur et sourit. Malfoy ne changerait jamais. Même s'il devait avouer que le sous-entendu le laissait perplexe. S'il ne pouvait pas « saquer » Harry, comme il venait de le dire, il n'avait de toute évidence pas le même souci avec lui. Il laissa passer un temps, puis reprit son examen du jeune homme. Il avait toujours les yeux fermés. Ron se sentait un peu jaloux en le regardant. A dire vrai, il avait toujours été jaloux de lui. De sa richesse, du luxe dans lequel il se vautrait et qu'il affichait sans pudeur, même maintenant qu'il était de notoriété publique qu'ils n'avaient plus rien. Mais aussi parce que quoiqu'il se passe, quoiqu'il fasse, Malfoy pouvait garder ce charisme et cette prestance inhérente à sa personne et à son éducation. Et Ron savait pertinemment que c'était ce qui lui faisait cruellement défaut. Il était peut-être opportuniste et roublard, un serpentard en somme, mais Ron se surprit à penser que sa compagnie pouvait être un tant soit peu agréable. En tout cas, pas aussi désagréable qu'il se l'était toujours imaginée mais quand même pas au point d'en faire l'éloge dans toute l'école.

- Je sais que je suis séduisant, Weasley, mais si tu pouvais arrêter de me fixer comme ça, ça m'arrangerait, lança Malfoy sans l'avoir pourtant jamais regarder une seule fois.

Ron détourna les yeux de sa contemplation, le visage rouge de confusion, et se leva précipitamment. Il allait partir quand la voix trainante du blond résonna dans le couloir une nouvelle fois.

- Je peux te poser une question ?

- Si tu veux.

- Pourquoi être revenu à Poudlard si ça ne t'intéresse pas ? Je veux dire…Tu n'es pas heureux et c'est visible.

Ron eu un rictus désabusé. Pourquoi fallait-il que ce soit Malfoy qui se rende compte de ça ? Pourquoi Hermione ne pouvait-elle pas s'en rendre compte ?

- Ca Malfoy, ce sera le sujet de la prochaine discussion.

Et il reprit son chemin. Hermione, Harry et les autres n'allaient pas tarder à revenir à la salle commune et il aurait droit à un questionnement en règle s'il ne s'y trouvait pas. Autant éviter tout interrogatoire s'il le pouvait.

...

Drago avait passé une bonne partie de sa soirée assit sur le rebord de cette fenêtre, à ressasser les événements de cette première semaine. Bien que le premier jour dans le train n'ait pas été une partie de plaisir, il ne pouvait nier que les choses s'étaient un tant soit peu calmées. Certains l'insultaient encore, parfois lui lançaient un sort guère dangereux, mais il trouvait qu'il s'en tirait plutôt bien. Il savait pertinemment que Potty et sa clique y était pour beaucoup. Ils respectaient un accord tacite, un pacte de non-agression qui avaient l'air de lui être favorable et il n'allait pas s'en plaindre. De toute manière, quoi que pourraient tenter ces imbéciles pour le mettre plus bas que terre, jamais ils ne parviendraient à la cheville de Voldemort. Ce qu'il avait subi pendant quelques mois au Manoir Malfoy, personne ne pouvait l'imaginer réellement. Et ceux capable d'envisager un dixième de ce qu'il avait subit se comptaient sur les doigts d'une main et avaient accepté de revenir finir leurs études à Poudlard cette année.

Alors, les quelques ecchymoses, brûlures, et autres tortures qu'il avait ou qu'il allait subir cette année n'allaient pas le faire fuir, loin de là. Ce ne serait rien en comparaison des doloris, des sectumpempras et autres sorts interdits auxquels il avait fait face par le passé.

Et puis, il y avait Weasley. Weasley qu'il avait toujours détesté et qui le lui rendait bien. Weasley qui n'avait pas eu l'air jusqu'à présent de vouloir faire la paix avec lui. Weasley qu'il avait pourtant surpris en train de saluer poliment Blaise et Théo au détour d'un couloir deux jours plus tôt. Weasley qui ne le regardait pas avec indifférence ou dégoût. Weasley qui n'avait pas changé de comportement à son égard, qui était resté fidèle à ses sentiments et à ce qu'il lui inspirait. De la rage. De la haine.

Weasley qui était morose, qui avait perdu de sa bonne humeur légendaire, qui n'arrivait plus à sourire comme avant, comme pendant la guerre. Pourquoi avait-il pu sourire et rire aussi facilement en des temps troublés ? Et ne plus en être capable désormais ? Ses sentiments se lisaient sur son visage comme dans un livre ouvert, et cette cruche de Granger, pourtant si amatrice de livres, n'étaient même pas capable de lire la détresse dans les yeux de son petit ami.

Il avait besoin de comprendre. De savoir pourquoi Weasley n'allait pas bien. Il avait certes perdu son frère, mais ce n'était qu'un deuil et beaucoup d'autres faisaient face avec force et courage. Et lui, pitoyable gryffondor, semblait incapable de se relever. Foi de Malfoy, puisqu'ils semblaient avoir fait une trêve dans leur relation pour le moins explosive, il allait en profiter pour le faire parler et lui remonter les bretelles. Lui faire retrouver sa bonne humeur habituelle. Lui faire retrouver ses attitudes gauches et ses maladresses. Et lui pourrait de nouveau se moquer et profiter de ses imperfections pour l'insulter, le provoquer. Parce que seul Ron pourrait lui rendre ce statut qu'il regrettait d'avoir perdu.

Alors seulement, il redeviendrait le petit con arrogant, prétentieux et fier qu'il était par le passé. Et non le mangemort, fils de mangemort, qui n'avait pas été capable de faire les bons choix et de prendre les bonnes décisions. Ce lâche qu'il regretterait à jamais d'avoir été un jour.


Allez, c'est tout pour aujourd'hui. J'espère que vous me laisserez une petite review, juste pour me dire si vous accrochez toujours ou non !

A bientôt !