Salut !

Et oui, je sais, je tarde de plus en plus dans mes publications mais que voulez-vous, ma vie étant ce qu'elle est actuellement, c'est un peu difficile pour moi d'écrire autant qu'avant. Je n'abandonne toutefois pas. Merci en tout cas pour toutes les nouvelles mises en alerte, ça me fait très plaisir de voir que vous suivez cette fic. Et merci aussi à tous ceux qui laissent des reviews, j'espère que les délais de publication ne vous auront pas fait fuir !

Bonne lecture !


Il venait à peine de pénétrer dans la salle commune qu'il la vit, assise dans un fauteuil près de la cheminée, un pavé épais comme la hauteur d'une main posé sur les genoux. Il s'approcha d'elle, posa un baiser dans sa chevelure folle et elle releva les yeux vers lui.

- Te voilà enfin, je t'ai cherché partout !

- J'étais…

- Et Harry qui a emmené la carte avec lui… Tu étais où ?

- Je flânais dans les couloirs.

Ce n'était pas vraiment la vérité mais il ne se sentait pas de subir ses inquiétudes face à son comportements ce soir. Il l'entendait déjà lui dire qu'il se faisait du mal en allant dans ce couloir, que ça ne ferait pas revenir Fred, qu'il voudrait le voir heureux à profiter de la vie, plutôt que se morfondre dans un couloir poussiéreux. Et qu'il y avait déjà assez d'un des frères Weasley triste et malheureux dans cette famille. Alors non, lui dire qu'il était retourné près de la salle sur demande ne le tentait absolument pas.

- Tu as fini tôt, dis-moi, commença t-il, afin de détourner la conversation sur autre chose.

- Oui, nous avons décidé avec le professeur Babbling qu'il serait plus judicieux de ne présenter que le planning des révisions ce soir. La première semaine est toujours la plus fatiguante et personne n'aurait été capable de donner de bons résultats.

- Même toi ? Demanda t-il malicieusement.

- Ne soit pas stupide, Ron, gloussa t-elle faussement modeste.

Elle posa son livre sur la table et l'invita à prendre sa place dans le fauteuil. Puis elle s'installa sur ses genoux.

- Que dirais-tu si on se trouvait un coin tranquille tous les deux… Dans ton dortoir peut être, chuchota t-elle au creux de son oreille, ses doigts jouant à tracer des courbes dans son cou.

- Je dirai que c'est une idée tentante, répondit-il finalement avant qu'elle ne se lève et l'entraine discrètement vers les dortoirs.

Il n'y avait personne dans le dortoir des septième 2. Harry et Neville n'étaient toujours pas rentrés et Seamus et Dean étaient toujours dans la salle commune. Ron la conduisit immédiatement vers son lit et tira les rideaux du baldaquin derrière eux, tandis qu'Hermione les enchantait de toutes sortes de sorts d'impassibilité, de silence,…

Fébrilement, ils commencèrent à se caresser, à s'embrasser, mais Ron dû bien vite se rendre à l'évidence qu'il n'était pas totalement concentré sur ce qu'il faisait. Ou même sur ce qu'elle lui faisait. Ce n'est que lorsqu'elle déboutonna son pantalon et qu'il sentit la fraîcheur de sa main se refermer sur lui qu'il réalisa où ils en étaient.

- Ca ne va pas Ron ?

- Si, bien sûr…Pourquoi ?

- Et bien, enfin… Elle hésitait sur la manière de lui dire, et finalement se lança. Et bien, disons que c'est rare que je te fasse si peu d'effet… Tu as déjà été plus en forme en fait.

Il ne comprit ce qu'elle voulait dire que lorsqu'elle retira sa main de son pantalon.

- Tu ne dois pas t'inquiéter bien sûr… J'ai lu quelque part qu'il était parfaitement normal que des pannes surviennent parfois. Ca peut être dû au stress, à la fatigue… A un changement d'environnement ou un milieu familial oppressant… Bref, rien d'alarmant je t'assure. Il te faut juste du repos.

Elle retira les sorts qui enchantaient les rideaux et s'extirpa du lit.

- Tu vas où ? Lui demanda t-il voyant qu'elle s'apprêtait à sortir.

- Et bien, je te l'ai dis. Comme tu dois te reposer, je vais mettre à profit les deux heures qu'il me reste ce soir pour réviser un peu. On aura plus de temps pour nous demain.

Elle s'approcha néanmoins de lui, embrassa ses lèvres entrouvertes qui ne prirent même pas la peine de répondre au baiser et s'en fut sur un simple « passe une bonne nuit Ron ».

Il s'allongea finalement sur son lit et fixa un moment la tenture rouge qui servait de baldaquin. Il en aurait pleuré si la situation ne lui avait pas paru aussi comique. Hermione ne changerait définitivement jamais. Il en était intimement persuadé. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il se sentait prêt à subir ça toute sa vie, il ne pouvait s'imaginer avec une autre fille qu'elle. Si aucune de ses camarades de classe n'avait su faire battre son cœur pendant six ans, pourquoi en serait-il autrement un jour ? Et puis, ses parents, ses frères et sœur, Harry… Tout le monde ne cessait de lui répéter qu'il avait énormément de chance d'être aimé d'une fille telle qu'Hermione. Belle, intelligente, courageuse,… Elle possédait tant de qualités. Bien sûr, ils oubliaient son côté têtu, son perfectionnisme, sa manière très agaçante qu'elle avait de le materner et de toujours tout savoir mieux que lui. Comme ce soir où elle lui préconisait du repos alors que tout ce qu'il souhaitait, c'était parler. Pas coucher avec elle, juste parler. Se confier.

Il n'allait pas bien et Malfoy lui en avait fait prendre conscience. Mais elle était incapable de l'écouter, persuadée que tout allait bien maintenant qu'ils avaient retrouvé leur petite vie d'avant en mieux. Ginny ne lui serait pas d'une grande aide, il risquait de rouvrir des plaies fraichement guéries et tout ce qui lui importait était de la protéger. Quant à Harry, il ne pouvait pas lui faire ça. Pas après tout ce qu'il avait subi, ce qu'il avait affronté. Ses états d'âme n'équivalaient en rien la sérénité qu'avait enfin trouvée son meilleur ami, maintenant qu'il n'avait plus à se soucier du bien-être de la communauté sorcière. Maintenant qu'il n'avait pas à envisager la mort comme seul avenir possible.

- Ben, tu es déjà couché ? Ca va pas ? Demanda ce dernier en entrant dans la chambre un quart d'heure plus tard.

- Si, ça va, répondit-il machinalement.

Intérieurement, il ne pu s'empêcher de se demander ce que ça leur ferait à tous si un jour, à cette foutue question, il leur répondait que non, ça n'allait pas. Mais en bon ami, loyal et fidèle, il savait qu'il ne serait pas capable de leur imposer sa morosité.

- Hermione est en bas. Vous vous êtes encore disputés, c'est ça ?

- Même pas.

- Qu'est-ce qu'il y a en ce moment Ron ? Je t'assure que tu me fais peur.

- Faut pas t'en faire pour moi, vieux…Ca va passer.

- Si tu le dis.

Ils n'échangèrent guère plus de mot de la soirée, chacun tirant ses propres rideaux afin de s'aménager un peu d'intimité pour la nuit.

...

Le lendemain matin, comme à son habitude, Ron fut le dernier à sortir de son lit. Les quatre autres occupants du dortoir étaient déjà descendus dans la Grande Salle pour prendre leur petit-déjeuner et il ne doutait pas que sa petite amie les ait accompagnés. Il se prépara rapidement et les rejoignit alors que le repas était déjà bien entamé.

- Salut ! Claironna t-il à l'ensemble de la tablée.

- Salut vieux / grand frère / Ron !

Il s'installa entre Ginny et Hermione et il vit un exemplaire de Sorcière Hebdo passer sous son nez de la main de sa sœur à celle de sa petite amie qui le feuilleta compulsivement, cherchant visiblement un article qu'elle ne retrouvait pas.

- Ah voilà, s'exclama-t-elle enfin après l'avoir parcouru deux fois. Tiens Ron, je t'avais bien dit que je l'avais lu quelque part.

Elle lui posa le magazine sous les yeux et il manqua de s'étouffer en lisant le titre qui s'affichait clairement en haut de pages. « Pourquoi sa baguette est-elle en panne ? » Il ne prit même pas la peine de lire un mot de plus et dévisagea Hermione qui semblait ravie d'avoir trouvé la solution au problème.

- Tu veux rire j'espère !

- Pardon ?

- Ne me dis pas que tu en as parlé avec elle ! Demanda t-il en pointant sa sœur d'un bref mouvement de tête.

- Et bien, hésita t-elle un instant. Je voulais retrouver cet article et comme je ne savais plus où je l'avais lu…

- Tu te fous de moi là ?

Toutes les tables s'étaient retournées en entendant la dispute éclater. Même si c'était monnaie courante entre ces deux-là, les élèves se délectaient toujours de leurs prises de bec.

- Je voulais juste t'aider Ronald, déclara t-elle finalement vexée. Et non, je ne me fous pas de toi !

Elle avait crié ces dernières paroles et offusquée, drapée dans sa dignité, elle sortit de la Grande Salle sous le regard ahuri de Ron qui finalement reporta son attention sur le petit déjeuner.

- Tu ne la rattrapes pas ? Demanda Harry en le voyant s'attaquer à son petit pain.

- Pourquoi faire ? De toute façon, j'ai bien compris le message. Encore une fois, c'est moi l'imbécile qui comprend rien alors…

Tout en attrapant un deuxième petit pain, il jeta un regard autours de lui. Tous les élèves étaient retournés à leur discussion depuis qu'Hermione avait quitté la salle. Sauf un. Malfoy le fixait, un rictus amusé collé à sa belle gueule arrogante, un air interrogateur sur le visage. « No comment » articula silencieusement Ron, et Malfoy partit d'un grand éclat de rire qui fit se retourner la moitié des élèves présents, Harry et les professeurs y compris. Il était totalement incongru d'imaginer Drago Malfoy rire à gorge déployée en plein milieu de la Grande Salle mais il était encore plus surprenant de le voir faire en réel. Ron ressentit une vague fierté de savoir qu'il était le responsable de cet exploit. Malgré tout, il lui sourit en retour. Hermione avait peut être raison finalement. Les serpentards n'étaient pas si horribles que ça après tout… Pas pires qu'elle en tout cas !

- Nan, mais t'as vu ça ? Commença Harry en regardant lui aussi Malfoy. Qui a enlevé le balai que Malfoy avait coincé dans le …

- Ton vocabulaire Harry ! S'outragea Hermione qui était revenue sur ses pas entre temps. Ron, je voudrais te parler.

- Je t'écoute, déclara t-il sans même la regarder.

- Je ne pensais pas t'humilier en public si c'est ce que tu as imaginé, lui dit-elle un peu sèchement Je voulais juste…

- C'est bon Hermione, laisse-tomber. Tu voulais m'aider, j'ai compris…

Il se leva et déposa un baiser sur le front de la jeune femme qui s'empressa de l'attirer en dehors de la Grande Salle. Elle avait fait le premier pas vers la réconciliation, il pouvait bien signer la paix pour aujourd'hui. C'était tellement rare que leurs disputes se résolvent en si peu de temps.

- On pourrait peut-être s'installer dehors près du lac. Il fait si beau aujourd'hui.

- Si tu veux.

Et il se laissa entrainer par Hermione qui l'observait à la dérobée. Il n'était pas dupe, il savait qu'elle s'inquiéterait vite de son manque de réaction, de la façon qu'il avait eu de faire fi de leur dispute. Cette dispute justement, Ron avait l'impression que c'était celle de trop. Il en avait assez, il voulait une relation saine et pas juste une succession de disputes et de réconciliations plus ou moins agréables. L'été s'était plutôt bien déroulé, même s'ils avaient dû faire face aux décès de leurs proches et qu'Hermione avait dû retrouver ses parents en Australie. Mais ils n'avaient cependant jamais réussi à stopper totalement leurs querelles. Lorsqu'ils arrivèrent près du lac, ils s'installèrent sous un arbre, le dos de Ron appuyé contre le tronc, Hermione lovée dans ses bras, un livre sorti de nulle part entre les mains. Il secoua la tête, dépité, puis ferma les yeux. Autant profiter de ce moment de calme comme il le pouvait…


Voilà, très peu de Ron/Drago encore une fois, mais le prochain chapitre devrait tourner majoritairement autour d'eux... A bientôt donc !