Salut !
Je suis plutôt fière de moi, deux chapitres que je poste relativement (^^) rapidement par rapport aux premiers publiés ! Comme annoncé précédemment, les choses se corsent dans ce chapitre. Certes, il est un peu plus court, mais franchement, vous constaterez par vous-même, je ne pouvais pas découper l'histoire autrement... Par contre, comme la dernière fois, je suis dans l'impossibilité de répondre aux reviews par le lien traditionnel, donc place aux réponses !
- Clina : Malheureusement pour lui (et heureusement pour nous ^^) Ron n'en a pas fini avec ses gaffes. Il va les enchaîner et les empirer !
- xklm : ça y est, ça avance (un peu) sur ce chapitre, j'espère que ça te plaira !
- Ispahan29 : Merci de t'intéresser à cette fic et je suis contente que le développement te donne satisfaction ! C'est vrai que c'est une crainte que j'avais (et ai encore parfois) de trop m'apesantir sur Ron et Hermione alors que mon but est vraiment un Ron/Drago. Mais bon, les choses s'accélèrent avec ce chapitre donc...
- Kaorilili : Contente que cette discussion t'ait plu. Nouvelle discussion dans ce chapitre, j'espère que ce sera encore à ton goût !
- lapin d'Alice : merci pour ce résumé des caractères des personnages. Et pour répondre à ta question, il y aura de la romance, c'est certain. Quand à savoir si je développerais de manière plus charnelle la relation, je n'en sais encore rien. Pas sûre que ça servirait l'histoire...
- jessica : toi qui parlait de rapprochement dans ta review...
- Midwintertears : effectivement, commentaire très constructif... mais représentant parfaitement la situation. Succinct, clair... Parfait !
- Yume : j'adore toujours tes commentaires, ils me donnent toujours le sourire !
Voilà pour les réponses. Merci en tout cas de continuer à suivre cette histoire, et promis j'essaye de faire rapide pour la suite !
Bonne lecture !
Ron avait très mal dormi cette nuit-là, retournant sans cesse dans son esprit les mots qu'il n'avait pu retenir. Ces mots auxquels il ne croyait pas lui-même et qu'il n'aurait jamais dû prononcer. Parce qu'il était parfaitement conscient qu'en quelques semaines à peine leur relation avait totalement changé, passant d'un mépris et d'une haine farouche à une affection non feinte. De là à dire qu'ils étaient amis, c'était peut-être exagéré… Quoique. Il devait bien s'avouer que depuis la rentrée scolaire, les meilleurs moments qu'il avait passé dans cette école avaient été en présence du serpentard. Ce n'était pas bien dur non plus. Harry et Ginny n'étaient que rarement avec lui, profitant de la vie et de la paix retrouvée, et Hermione avait bien trop à faire avec ses responsabilités scolaires pour trouver du temps à lui accorder. Alors oui, peut-être que Malfoy et lui étaient devenus amis mais le reconnaitre en public était bien au dessus de ses forces actuellement. Il lui fallait déjà gérer un deuil qu'il n'arrivait pas à faire réellement, une histoire d'amour qui n'en avait rien d'une malheureusement, et des difficultés scolaires qui risquaient bientôt de devenir des échecs s'il n'y mettait pas bon ordre. Alors gérer en plus les états d'âme de son ancien meilleur ennemi, franchement, il n'en avait pas envie.
- Et merde, songea t-il en réalisant que ce que Drago pensait de lui était finalement ce qui le préoccupait le plus, plus que tout le reste d'ailleurs.
La fatigue eut malgré tout raison de lui. Lorsqu'il se réveilla quelques heures plus tard, affichant à juste titre la mine défaite de quelqu'un qui n'a pas passé une très bonne nuit, il se conditionna pour présenter au plus vite ses excuses à Drago et tenter de réparer son erreur. Mais dès qu'il le vit dans le hall, s'apprêtant à pénétrer dans la Grande Salle, toutes ses bonnes intentions disparurent et il fit demi-tour, sans sentir le regard dégouté du serpentard posé sur lui.
Il en fut de même durant trois jours. Dès que Drago apparaissait dans un couloir ou dans la Grande Salle, Ron trouvait une excuse parfaitement idiote pour s'enfuir à toutes jambes. Si le reste de l'école n'y prenait pas vraiment garde, Hermione, Ginny et Harry voyaient bien que le comportement du jeune homme n'était en rien normal. Le matin du troisième jour, las de ces mensonges, Harry se décida finalement à aller le trouver, tandis que son ami se dirigeait d'un pas tranquille vers son endroit favori. Ils venaient d'arriver sur le palier du 7ème étage quand Harry lui fit stopper sa progression.
- Ron…
- Laisse tomber Harry… Juste… S'il te plait.
- Non Ron. Pas quand tu as l'air d'aller aussi mal.
- …
- Et n'essaye même pas de me faire croire qu'il n'y a rien.
Ron esquissa un pauvre sourire qui inquiéta plus encore son ami qu'il ne le rassura. Il n'allait pas bien, vraiment pas bien et Harry s'en voulu de s'en rendre compte aussi tard. Bien sûr, il avait vu son ami se laisser couler dans une profonde mélancolie depuis la rentrée mais Ginny et lui avaient mis ça sur le compte de sa relation un peu difficile avec Hermione. Et il devait bien avouer qu'il n'avait pas eu envie de voir que quelque chose n'allait pas. La vie était si belle depuis qu'il pouvait enfin la savourer pleinement, sans craindre en permanence pour sa vie, celles de ses amis, ou même celles de la population brittanique dans son ensemble.
- Ron, tu sais que tu peux tout me dire.
- Que veux-tu que je te dise, Harry ? Dit-il enfin, sa voix montant progressivement vers le cri au fur et à mesure qu'il énonçait ce qui le perturbait. Que je culpabilise d'avoir laissé George seul alors qu'il ne s'est toujours pas remis de la mort de Fred ? Que moi-même j'ai encore beaucoup de mal à accepter qu'il ne soit plus là ? Que vous me manquez Ginny et toi, quand vous partez Merlin sait où pour faire ce que je sais parfaitement que vous faites ? Que je vous jalouse de vous aimer autant et que toute l'école puisse le voir ? Que j'aimerai bien que ma petite amie s'intéresse plus à moi qu'à ces foutus livres couverts de poussière qu'elle adule ? Que ma relation avec Hermione court à la catastrophe et que je ne fais rien pour rectifier le tir ?
- Alors tu t'en es rendu compte aussi ?
- De quoi ? Cracha t-il hargneusement.
- Hermione et toi…
- Oui, déclara t-il enfin, le ton de sa voix s'étant radoucie au point de n'être plus qu'un murmure à l'entente du prénom de la jeune femme. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir… Et je crois bien qu'Hermione l'est désormais.
- Elle ne peut juste pas envisager que tu ne puisses plus l'aimer. Vous deux, c'est tellement…
- Normal ?
- Oui.
Ils s'accoudèrent à la barrière, laissant leurs regards dériver au gré des changements de direction des escaliers. Le silence se fit et seuls les murmures de tableaux vinrent parfois le briser.
- Ron ?
- Mmhh…
- Et Malfoy dans tout ça ?
- Drago ? L'utilisation du prénom du serpentard fit tiquer Harry et Ron s'en aperçu immédiatement. Il n'est pas aussi con ou prétentieux qu'il n'en a l'air !
Et sur ces mots, Ron planta son meilleur ami en haut des escaliers, s'esquivant par le couloir qui se trouvait derrière eux.
...
- Pourquoi tu m'évites Weasley ?
La voix avait claqué dans le couloir du 7ème étage, une voix froide, mauvaise. Une voix que Ron connaissait désormais très bien et qui le fit frissonner sitôt qu'elle eut retentie. Après sa discussion avec Harry, il avait décidé de passer sa journée dans ce couloir et tant pis s'il loupait des cours. Il avait besoin de réfléchir et s'il devait être totalement honnête avec lui-même, il espérait que sa « disparition » inquièterait Drago. Peut être viendrait-il le chercher comme lors du premier cours de soutien en Potions ? Et peut être également trouverait-il le courage, lui qui était si fier d'être à gryffondor, de lui présenter des excuses ?
Alors, quand il avait vu le blond se diriger d'un pas rageur vers lui, il n'avait pu s'empêcher de sourire. Il n'avait réalisé que trop tard que ce sourire pourrait amplifier l'énervement du serpentard au lieu de l'amadouer.
- Trois jours que tu m'évites, hein ? Qu'est-ce que ça t'a fait de me démolir en public ? Donner crédit à tous ces imbéciles qui n'attendaient que ça ? Que l'un d'entre vous cesse enfin cette foutue mascarade, cette illusion de franche camaraderie ? Mais t'as raison après tout, nous ne sommes pas amis. On l'a jamais été !
- Drago, s'il te plait, écoute…
- Non, Malfoy pour toi ! Il n'y a que mes amis qui m'appellent Drago, et tu n'en fais pas parti Weasley !
- Vraiment ? Lui rétorqua t-il. Alors pourquoi te mets-tu dans un tel état si nous ne sommes rien l'un pour l'autre ? Toi qui sais si bien rester impassible. Pourquoi ne te contrôles-tu pas plus ? Qu'est-ce que ça peut te faire ce que je pense de toi ?
- Tu fais chier Weasley !
- Je sais, répliqua t-il très fier de lui, ce qui eu le don de calmer un tant soit peu la colère de Drago. Je suis vraiment désolé. Hermione m'a pris par surprise l'autre jour et je sais pas ce qui m'a pris… Je ne voulais pas que l'on sache qu'on s'entend bien tous les deux. Ma vie est un vrai bordel en ce moment. Et j'ai réalisé que…
- Il n'y a pas que toi qui as des problèmes Ron ! Tout le monde ici cherche à oublier quelque chose ! La guerre, les morts, la violence, la lâcheté… La torture.
- Drago… Ron s'inquiétait d'entendre de telles paroles dans la bouche de son ami. Ce pourrait-il que … ?
- T'es tu seulement demandé pourquoi je n'avais pas eu l'air plus perturbé que ça après m'être fait attaquer dans le train ? Et pourquoi Blaise avait l'air si paniqué au contraire ? Te doutes-tu seulement de ce que c'est que de vivre sous le même toit que Voldemort ? Un mec capable de lire dans ton esprit tes plus grandes trouilles, de connaitre les secrets les plus infimes de ton âme ? Et de voir qu'il prend un malin plaisir à tout te recracher en pleine face, qu'il se délecte à te mettre plus bas que terre ? A te faire payer ce que tu es ? Devant ta famille ? Devant tes propres parents ?
- Calme-…
- Non !
Drago était proche de l'hystérie et Ron ne savait plus que faire pour le calmer. Il commençait à entrevoir ce qu'avait pu être la vie au Manoir Malfoy l'année précédente et que jamais il n'aurait pu imaginer. Drago ne cessait de tourner comme un lion en cage, passant et repassant ses mains dans ses cheveux, se tordant les doigts sous le coup de la nervosité.
- Tu voulais savoir Ron ? Tu es vraiment sûr de vouloir savoir ?
- Non, Drago, je…
- Je suis gay, Ron ! Une tarlouse, une pédale ! Tu comprends ça ? Je ne suis qu'une sale pédale qui fait honte à son nom, à sa famille… Qui ne donnera aucun héritier à l'une des plus anciennes familles de sang pur que l'Angleterre possède encore !
- C'est pas grav…
- Si, ça l'est… Je n'aurai pas subi autant de corrections sinon ! Ca l'est forcément !
- …
- Tu réalises que dans ma famille, c'est encore pire que d'épouser une sang-de-Bourbe !
- Pas ce mot-là Malfoy ! Gronda Ron.
- Qu'est-ce que je m'en fous de ce mot à la con !
Il semblait sur le point d'éclater en sanglot. Ses yeux brillaient tellement que Ron s'attendaient à voir des larmes couler sur son visage à tout instant. Drago avait repris ses allers et retours incessants dans le couloir, et finalement s'arrêta devant l'endroit où aurait dû se tenir la porte de la Salle sur Demande si celle-ci avait encore fonctionné.
- Ouvre-toi, bon sang ! Hurla t-il en cognant la pierre de ses poings. Ouvre-toi !
Il fallait qu'il le stoppe dans sa folie. De légères traces rouges apparaissaient ça et là sur le mur et il n'en fallut pas plus à Ron pour cesser toute réflexion. Il ne lui restait plus qu'un but : l'arrêter à tout prix.
L'attrapant par le bras, il le força à se retourner et le bloqua contre le mur, dos à la pierre. Il lui semblait si désespéré en cet instant et il ne pouvait supporter cette vision. D'un geste brusque, il posa ses lèvres sur celles de Drago qui se figea. Le contact ne dura que deux secondes, trois tout au plus, avant que Ron ne se recule de plusieurs pas, l'air paniqué, et réalisant son geste, qu'il ne disparaisse en courant.
Et oui, je sais, encore une fois, vous allez me maudire de conclure ici ce chapitre, mais comme dit précédemment, je n'allais pas non plus couper ailleurs. Les auteurs sont sadiques, c'est bien connu !
A bientôt !
