Toc, toc, toc? Qui est là? Partie 2
Il fit un pas, tourna la tête, regardant le quartier de New York dans lequel il était. Il savait où il était. Il avait compris. Son père tuait pour se venger. Cette phrase qui raisonnait à tant de reprises dans sa tête, il l'avait mise à exécution. Mais alors pourquoi ne l'avait il pas tué quand il en avait eu l'occasion, en même temps que sa mère?
Pourquoi l'avait il laissé en vie, si il souhaitait faire payer ceux qui lui avaient tenu tête.
L'esprit de Neil courait sur des sentiers inexplorés. Il se sentit perdu un moment.
Il regardait avec attention les gens présents qui se massaient autour des banderoles jaunes.
Il était là. Il croisa son regard. Sentit son cœur vaciller.
Son père articula silencieusement trois mots. « Pas un mot » et y ajouta une phrase en langue des signes. « Je te surveille, fils. »
Neil sentait la rage grandir en lui. Il voulait courir vers lui et lui arracher ces yeux d'or qui hantait ses rêves. Il perdait pieds.
« -Neil? Demanda Beckett en le regardant inquiète. »
Il ne répondit pas, fixant toujours son père dans la foule. C'est lui qui avait ameuté autant de monde, il voulait pouvoir trouver une échappatoire simple.
« -Madame, je ne peux pas quitter des yeux celui qui m'a fait mal. Déclara Neil sobrement, ses yeux verts toujours rivés sur son père qui n'avait pas bougé. »
Beckett avait instantanément compris, Castle n'avait pas tardé à réagir, et ils cherchèrent eux aussi des yeux, Leonard. En vain.
« -Où est il. Déclara Beckett. »
Neil ne répondit pas, son père avait reformulé une phrase en langue des signes, discrètement.
« Ne fait pas cette erreur fils, ou tu en subiras les conséquences. » Leonard quitta son fils des yeux un instant, pour vérifier que personne n'essayait de le prendre à revers. Il posa une main au dessus de sa hanche.
« Je suis armé, pas de bêtises. » dit il silencieusement.
Neil afficha un sourire victorieux, son courage décuplé par la rage de voir celui qui avait tué sa mère.
Neil commença à parler en langage des signes, Beckett l'observait avec attention, et Castle allait parler à Esposito.
« Que tu sois armé ou non, c'est ton tour maintenant, tu as tué maman, je ne te laisserai pas fuir comme un lâche comme tu l'as si souvent fait. Je suis un adulte, je prend mes propres décisions, et si il faut te tuer ou t'arracher les yeux, je le ferais. Je ne suis pas comme toi, je n'agis pas pour mon bien, j'agis pour le bien des autres. Et crois moi si tu n'étais plus vivant, le monde s'en porterait mieux. Prend garde, tu m'a peut être élevé étant enfant, je ne suis plus celui que j'étais. »
Beckett tourna la tête, et aperçut finalement ces yeux dorés. Elle ne bougea pas, attendit une réponse de la part du père de Neil.
Castle avait fait en sorte que des policiers soient placés derrière la foule, pour arrêter Leonard si il souhaitait fuir.
« -Pars maintenant. Ou il sera trop tard. Déclara la voix grave de Leonard.
-Non père, tu m'as laissé la vie sauve, je peux choisir comment je mourrais. Répondit son fils. »
Leonard regarda a droite et à gauche, des officiers l'entouraient, ils étaient trop nombreux, il ne pourrait pas s'enfuir. Pas maintenant en tout cas. Sauf si il décidait de mettre à exécution son plan de secours. Il se faufila dans la foule, glissant entre les corps des gens trop occupés pour le remarquer. Les officiers le perdirent de vue, seul Neil savait ou il était. Beckett sortit son arme, la pointa sur la foule et hurla « Tout le monde à terre » tous s'exécutèrent. C'était dans son plan. Le court laps de temps ou il avait disparu dans la foule il avait enfilé un pull gris, et avait mis sa capuche. Alors qu'il était à terre il avait mis des lunettes de vue et malgré son signe distinctif, il était à nouveau anonyme. Un loup parmi les moutons.
« -Il est toujours là. Déclara Neil.
-Où ! S'exclama Beckett.
-Là ou le loup est, les moutons l'entourent, les chiens de berger, le prennent pour leur alors qu'il feint sa torpeur. Déclara Neil, comme envouté.
-Où est il ! Déclara-t-elle soudainement effrayée.
-Il ne peut pas le dire. Kate. Déclara Castle.
-Pourquoi? Déclara-t-elle avec force.
-C'est évident, je ne veux pas mourir. Répondit Neil affichant fièrement un œil dangereux.
-Neil. Que fait on. Déclara Beckett, lui laissant le choix dans les directives, chose plutôt inhabituelle pour un Lieutenant de police.
-Laissez le, il ne s'enfuira pas de toute façon. Dit le jeune homme en se retournant pour faire face à ses mentors. Il est bien trop fier pour ça. »
Beckett déclara d'une voix forte qu'il s'agissait d'une fausse alerte, et tout le monde partit dans un tumulte de protestations. Il ne restait presque plus personne, sauf Leonard qui bien sur avait décidé selon son plan de ne pas partir. Il regarda Neil, qui était occupé à discuter avec Beckett et Castle. Le jeune homme se retourna et adressa un regard à son père.
« Ton heure viendra. » dit il discrètement en langage des signes.
Leonard sourit. Peut être que son fils serait finalement comme lui. Un loup.
Neil rentra sur la scène de crime avec Beckett et Castle, le torse bombé, comme pour afficher son courage. Il était redevenu le jeune homme fort et fier qu'il était avant d'avoir vu le meurtre de sa mère. Un garçon avec une volonté sans faille et un courage à faire pâlir tout les froussards.
« -Neil, pourquoi tu as refusé de dire à Beckett où était ton père dans la foule. Demanda Castle alors qu'ils étaient tout deux en retrait par rapport à elle.
-Je ne voulais pas que vous soyez blessés Monsieur. Ni vous, ni elle. Répondit le garçon d'une voix assurée.
-Tu es prêt à voir ça? Demanda l'écrivain.
-Beaucoup plus que je ne l'étais il y'a une heure. Répondit Neil. »
Castle jeta un œil surpris à ce garçon qu'il croyait timide. Neil était bien plus déterminé. Il semblait avoir vieilli de cinq ans en une heure seulement.
« -Kate...marmonna Neil tristement quand il fut confronté à la dépouille de la femme de Jason.
-Comment connais-tu son nom? Demanda Beckett surprise et effrayée à la fois.
-C'est... C'était la femme de Jason, mon père biologique. Mais même lui ne le sait pas. »
Beckett et Castle se regardèrent.
L'esprit de la détective était en proie à une réflexion intense. Si Jason était le père de Neil, c'était certainement une raison suffisante pour que Leonard veuille tuer sa femme. Il souhaitait certainement faire souffrir Jason comme il l'avait jadis fait souffrir en lui donnant un fils qui n'était pas le sien.
Qui plus est, Neil semblait au courant, ce qui signifiait que Kate Johnson devait l'être également. Double mobile. Et pour l'instant, il n'a pas pu prouver son innocence.
Beckett sortit en trombe de la scène de crime, talonnée par Castle, Neil étant entrain de regarder comment tout était disposé. Ne touchant à rien, surveillé par un officier.
« -Leonard Johnson. Déclara Beckett en s'adressant aux gens qui étaient restés. »
Le dénommé Johnson s'avança. Retira ses lunettes, laissant paraître ses deux prunelles d'or.
Il retira son pull humide de la pluie. Et s'approcha de la détective.
« -Oui Madame. Déclara l'homme d'une voix si rauque qu'on crut qu'elle fut d'outre tombe.
-Vous êtes en état d'arrestation pour les meurtres de Kate Johnson et Kate Whitby, vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu... »
Leonard bouillonnait intérieurement. Il était inerte et fixait la porte. Il devrait tuer son fils, il avait parlé. Quand Beckett saisit le poignet de Johnson Senior, il hésita à vouloir retourner le bras de la femme. Il le fit. C'était idiot. Maintenant environ quinze armes chargées étaient pointé sur lui.
« -Oh, non, non, non. Déclara-t-il calmement en sortant son pistolet et en le plaçant sous le menton de Beckett. »
Le cœur de Castle battait à tout rompre, il aurait eu la certitude que Johnson ne ferait rien d'idiot, il aurait foncé dans le tas, lui aurai cassé la figure comme il se devait. Il enrageait. Il allait la perdre là? Maintenant? Alors que rien n'avait changé entre eux?
« -Johnson, ne faites rien. Déclara Beckett la voix fragile.
-Oh, ma belle, je peux tout faire. Déclara son ravisseur d'une voix délicate qui était plus effrayante que rassurante.
-Père. Laisse la. Déclara Neil d'une voix déterminée.
-Neil ne te mêle pas de ça. Déclara Beckett d'une voix qui se voulait assurée.
-Je me mêle de ce que je veux quand une personne à laquelle je tiens est engagée. Dit il fièrement en regardant Castle. »
Castle fixait Neil. Le garçon avait raison. Lui ne pouvait rien faire, mais Castle, Richard Castle lui, avait l'envergure de se mesurer à Johnson. Alors que Johnson jeta un coup d'œil pour chercher un moyen de s'enfuir, sans prévenir. Castle se rua sur lui, prenant bien soin d'écarter l'arme de Beckett pour qu'elle soit en sécurité. Un coup de feu partit. Castle fut blessé à la jambe. Mais il ne broncha pas, et cogna de toute ses forces sur le visage de Johnson pour le mettre hors d'état de nuire. Il fut déstabilisé, mais était toujours en état de nuire.
Beckett qui avait réagi au quart de tour donna un coup de pied dans l'arme de Johnson, et lui donna un coup de coude dans les côtes. Alors qu'elle allait s'apprêter à dégainer son arme, elle vit Castle s'effondrer. Il avait été touché sur une grosse artère et il perdait du sang.
Sans aucune hésitation elle se précipita vers lui, elle fit pression sur sa cuisse d'où le sang coulait.
Leonard fut maitrisé par Esposito ce non sans difficulté.
« -Castle. Une ambulance... FAITES LE 911 ! hurla-t-elle.
-Hmph...gémit l'écrivain. Kate je... pardon. Il émit un cri de douleur à faire pleurer n'importe qui.
-Restez avec moi Castle... dit elle la voix faiblissant.
-Je...Je... Il cria à nouveau, encore plus fort.
-Je sais... Restez avec moi. »
Castle hurlait de douleur. Beckett pleurait. Neil regardait la scène impuissant. Ne sachant ou se placer.
Elle était si proche de lui à cet instant. Ses yeux ruisselant de larmes, elle arracha une manche de sa chemise pour faire un garrot avec le tissus.
Quand le sang s'arrêta de couler, Castle reprit un peu de courage en hurlant encore plus fort.
« -Je tiens à vous Castle. Courage. Je... déclara Beckett.
-Je t'aime. Dit l'écrivain à l'oreille de la détective. »
Castle s'évanouit. Beckett redoubla de pleurs. L'ambulance finit par arriver. Léonard hurlait de douleur, Esposito lui avait cassé un bras. Les secouristes s'approchèrent de Johnson.
« - ICI, ON A UN HOMME QUI PERD DU SANG. Hurla Neil en s'approchant de Castle inerte et Beckett dépassée par les évènements.
-Neil...
-Serrez encore le garrot. Déclara-t-il en gardant un sang froid impressionnant. »
Elle s'exécuta.
« -Faites pression sur la jambe. Allez ! S'exclama le garçon.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé. Demanda un secouriste alors qu'il prenait le relais de Beckett.
-L'homme là bas m'a prise en otage. Et... Celui ci à joué les héros. Il s'est fait tirer dessus à bout portant. Dans la cuisse. Lâcha Beckett la voix frêle
-La plaie est importante. UN KIT ANTI-HEMORAGGIE ! Hurla le secouriste. »
Un autre s'approcha avec une pochette pleine de linges propres et de compresses.
« -La balle est ressortie? Demanda le secouriste en s'affairant à refaire un garrot et en pressant la cuisse de Castle.
-Oui. Répondit Neil.
-Laissez nous ça va aller. Déclara le secouriste. »
Beckett ne bougeait pas. Elle regardait le corps de Castle inerte.
« -Madame. Déclara Neil. »
Elle pleurait tant.
« -Kate. Dit Neil la voix douce. »
Il lui tendit la main.
« -C'est un gagnant. Il va s'en sortir. Déclara un des secouristes. Il revient à lui.
-Moi aussi. Déclara Beckett d'une voix si faible qu'elle doutait elle même de l'avoir dit. »
Castle sourit faiblement, elle, ne le remarqua pas. Les yeux clos. Le visage toujours crispé par la douleur. Les secouristes l'emmenèrent à l'hôpital.
Léonard était aussi mal en point. Mais il était conscient.
Beckett le regarda debout, les mains couvertes de sang. Le regard dur, son visage doux maintenant froid et hargneux.
« -Dommage Johnson. Dit elle d'une voix calme et effrayante. »
