Cette drabble (100 mots) a été écrite sur le thème "Capitaine". Gin/Kira, pas de spoilers au-delà du tome 20. Tout appartient toujours à Tite Kubo.
Capitaine, l'appelait Kira, Capitaine Ichimaru, au travail bien sûr, mais aussi la nuit, étouffant contre ses lèvres ses gémissements secrets. Jamais il n'a dû faire attention, utiliser des noms différents publiquement et en privé.
Ironiquement, il se sent hésiter maintenant, alors qu'il ne lui reste plus rien, rien, à dissimuler. (Il ne comprend pas, les autres effacent tout si facilement... mme si parfois, croit-il, les lèvres d'Hinamori ou d'Hisagi tremblent presque comme les siennes).
Et ce titre de capitaine persiste à s'attarder sur ses lèvres, comme un baiser, comme un signe de possession vicieux.
Cette fic-là vient à la base d'un défi constituant à écrire en 200 mots une combinaison aléatoire d'un personnage et d'une pratique sexuelle. C'est tombé sur Gin, avec "fétichisation d'une arme".
Gin/Kira, sado-masochisme et bloodplay, rating R (ou M).
Shinsô est plus court qu'un sabre ordinaire, plus maniable aussi ; Gin le fait tournoyer entre ses doigts, accrochant des éclats de lumière.
Même avec tous ses moyens, Kira se débattrait difficilement, ainsi allongé à terre, Gin l'écrasant de son poids. Mais ses membres semblent d'eau stagnante, sa gorge est sèche, et dans son ventre le sang heurte la paroi de ses veines. Il ne le souhaite même pas.
Le plat du sabre caresse doucement sa joue ; Kira frissonne au froid du métal. Puis la lame descend dans son cou, pivote, et maintenant c'est le tranchant qui presse très doucement sa gorge, pas assez pour transpercer la peau.
Quand Gin retire Shinsô, Kira pense respirer pour la première fois, en un long soupir de soulagement et de frustration.
Puis la lame tranche ses vêtements, dénude son torse, explore son corps, presse sans paraître se réchauffer jamais, d'argent tranchant et glacé comme le sourire de Gin. Kira le voit et ne ferme plus les yeux.
"Le veux-tu en toi ?" murmure Gin.
"Oui." souffle Kira. Sa propre ferveur l'effraie.
La lame perce sa peau, le sang coule ; Kira retient ses gémissements, de douleur comme de plaisir.
