Chapitre 13 : Dans la montagne
Le couloir dans lequel ils pénétrèrent était étroit et l'humidité suintait à travers les parois, créant ainsi une atmosphère désagréable et oppressante. Naruto avait même l'impression d'étouffer et son visage devenu rouge transpirait à grosse gouttes à peine quelques minutes après être entré. Kiba, lui, se bouchait le nez, à cause de certains gaz qui troublaient son odorat, et jetait régulièrement des coups d'œil en arrière en songeant à Akamaru qui avait du mal à les suivre, compte tenu de sa taille. Quant à Sasuke et Neji, ils faisaient leur possible pour rester impassibles mais avaient du mal à ne pas montrer des signes de fatigue.
– Ça fait combien de temps qu'on marche ? demanda brusquement Naruto en essayant de maîtriser son agacement. J'ai l'impression qu'on tourne en rond !
– De toute façon, il n'y a qu'un seul chemin, fit remarquer Neji.
– Je n'arrive pas à comprendre comment ces types font pour se cacher dans un endroit pareil ! s'énerva Kiba. Il est impossible d'y respirer normalement !
– Moi aussi je suis étonné, convint Neji. Mais ils vivent probablement dans une partie plus aérée. En tout cas, j'ai l'impression que les présences se rapprochent.
– Tu arrives à voir qui c'est ? demanda Naruto.
– Non, c'est trop imprécis. On dirait que l'atmosphère de cette grotte brouille ma vue. Je n'ai jamais vu ça.
– Bah, il n'y a plus qu'à espérer que ce soit Sakura et les autres.
Neji acquiesça et ils poursuivirent leur chemin, poussés par cet espoir. Cela faisait tellement longtemps que Temari et Simaru avaient disparu qu'ils se demandaient dans quel état ils les retrouveraient. Naruto eut une pensée pour Shikamaru qui devait probablement se ronger les ongles dans sa chambre d'hôpital pour tromper son angoisse.
Au bout d'un temps qui leur parut interminable, Kiba décréta que l'air était devenu plus respirable. Comme pour confirmer ses dires, le couloir s'élargit un peu plus loin, au grand soulagement d'Akamaru, jusqu'à former une petite salle ronde. La grotte se finissait là, il n'y avait pas d'autre issue possible que celle qui se trouvait derrière eux.
Naruto se chargea de poser la question que tous avaient en tête :
– Alors, Neji, où sont-ils ?
Neji, ennuyé de ne pas trouver là ceux qu'ils cherchaient, fixait la paroi d'en face avec attention. Soudain, il fit quelques pas en avant et pointa la roche du doigt.
– Ils sont juste là, derrière cette paroi, assura-t-il.
Les trois autres s'approchèrent à leur tour pour constater que les roches étaient parfaitement lisses, légèrement humides, sans la moindre faille apparente. Cette fois-ci, il n'y avait visiblement pas de porte.
– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Naruto. J'utilise mon Rasengan ?
– J'ai peur qu'il ne soit trop puissant et détruise cette grotte, avoua Neji. Nous ne serions pas plus avancés si nous étions ensevelis. Kiba, vas-y, je t'en prie.
Satisfait de prouver son utilité à l'équipe, Kiba sourit et se recula de quelques pas avant de crier :
– Tsûga !
Aussitôt, il fut pris d'une rotation fulgurante et ses trois coéquipiers s'écartèrent. Encouragé par un aboiement d'Akamaru, Kiba fonça vers la paroi et l'enfonça comme si elle n'avait été qu'en carton. Les roches se brisèrent sous l'impact et certaines s'effritèrent en retombant dans un vacarme presque inquiétant. Puis Kiba disparut complètement, caché par des nuages de poussière.
– Kiba, ça va ? demanda Naruto alors que le silence retombait.
– Je suis passé de l'autre côté !
A ces mots, la nuée de poussière s'estompa pour laisser voir un Kiba ravi de son travail.
– Par contre qu'est-ce qu'il fait sombre ici, maugréa-t-il. Oh, Temari !
A ce nom, les trois autres se précipitèrent dans l'ouverture qu'il avait créée. Ils pénétrèrent dans une petite salle noire, ovale comme un cocon. Kiba s'était figé de surprise en apercevant la silhouette dans le creux de la pièce : c'était bien Temari, assise sur le sol, les poings et les pieds liés et la bouche bâillonnée. Elle les fixait d'un regard implorant et soulagé, se débattant pour essayer de les rejoindre.
Si Naruto était ravi de la revoir, Neji, lui, jetait des coups d'œil de tous les côtés.
– J'ai un mauvais pressentiment, avoua-t-il.
– Moi aussi, confirma Sasuke.
– Mais regardez, on a trouvé Temari ! s'exclama Naruto. Je vais la détacher !
Cependant, il n'eut pas le temps de faire un pas de plus car Neji le retint par l'épaule.
– Attends ! ordonna-t-il. C'est peut-être un piège.
Naruto fronça les sourcils et fixa Temari. Il la connaissait assez bien pour avoir déjà exécuté plusieurs mission avec elle et, même si elle ne l'avait pas apprécié à sa juste valeur durant leurs jeunesses, ils avaient fini par devenir bons amis, en particulier quand Naruto avait défendu Gaara contre l'Akatsuki.
– Vous avez raison, elle est trop agitée, approuva-t-il. Temari ne montrerait pas qu'elle a eu peur.
– Etant donné les circonstances, cela resterait quand même plausible, fit remarquer Neji.
– Elle pourrait peut-être nous apprendre quelque chose sur Sakura ? suggéra Kiba. Si on ne fait que lui libérer sa langue, ça ne devrait pas nous nuire.
Neji parut hésitant mais finit par accepter.
– Je vais le faire, reculez-vous.
Impressionnés par son ton impérieux, ses coéquipiers s'exécutèrent. Neji s'avança prudemment vers Temari qui le suppliait de ses yeux verts. On aurait dit qu'un miracle se produisait devant elle et qu'elle craignait qu'il ne disparaisse. Neji s'accroupit, la fixa quelques instants et, lentement, retira le bâillon qui rendait ses paroles incompréhensibles.
– Libérez-moi, je vous en supplie ! Ne me laissez pas ici, tout mais pas ça !
Le cri de Temari eut pour effet de figer le temps d'une seconde les quatre ninjas. Neji se recula en titubant, impressionné par son ton. On aurait dit que d'affreuses images la hantaient, des horreurs qui dépassaient leur entendement.
– Heureusement que Shikamaru n'est pas là, balbutia Kiba.
Neji hocha la tête, encore sous le choc. Naruto ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Le cri de Temari lui prenait le cœur d'une façon peu habituelle.
– Il y a quelque chose qui cloche, dit-il en reculant de quelques pas mal assurés.
– Je suis d'accord, approuva Sasuke. Sharingan !
Ses pupilles furent à peine teintées de rouge que ses yeux s'écarquillèrent sous l'horreur. Neji et Kiba, encore interloqués, ne comprirent pas tout de suite le sens de ses paroles.
– C'est un Genjutsu ! hurla-t-il. Annulation !
Ce fut comme si la terre s'était brutalement mise à trembler. La noirceur de la grotte disparut aussitôt, emportant l'image de Temari avec elle. La lumière du jour illumina les lieux et les quatre ninjas se retrouvèrent au milieu des montagnes ocres, coincés entre buissons secs et rochers coupants.
Aucun d'eux n'eut le temps de se remettre de ce changement. Un grondement assourdissant parvint à leurs oreilles, les avertissant d'un danger imminent : des pierres suffisamment grosses pour écrabouiller plusieurs hommes à la fois tombaient sur leurs têtes. Neji n'eut pas besoin d'ordonner le repli que, déjà, chacun d'eux bondissait dans une direction différente.
Sasuke ne cessa de filer de tous les côtés pour éviter cette pluie mortelle. Il était évident que s'il voulait en réchapper vivant il ne devait pas relâcher son attention une seule seconde. Ils avaient déjà eu de la chance d'être sortis du Genjutsu avant qu'ils ne soient écrasés. A présent, il était certain que l'illusion de Temari avait été placée là pour les attirer dans ce traquenard et que le fait de la toucher avait sans doute déclenché le piège.
L'endroit où ils se trouvaient était une véritable cuvette aux parois glissantes. Autrement dit, il leur était difficile d'échapper à la pluie de pierres, ce qui les obligeait à la contrer. Sasuke avait immédiatement noté ce détail et réussit au bout de quelques longues secondes à atteindre un perchoir depuis lequel il pouvait observer la scène dans son ensemble.
Neji était sans doute celui qui se débrouillait le mieux, son Byakugan aidant, il voyait pratiquement tout ce qui lui arrivait dessus. Kiba faisait équipe avec Akamaru pour s'avertir mutuellement du danger et, quant à Naruto, il faisait confiance à ses clones pour surveiller ses arrières. Cependant, aucun d'eux ne semblait parvenir à s'échapper du creux vallonné, leur chemin se trouvant à chaque fois bloqué par une chute de pierres.
Sasuke leva la tête vers le sommet de la pente en se demandant quand cette attaque cesserait. Les roches tombaient sans vouloir s'arrêter. Il lui semblait avoir devant lui une armée gigantesque dont les morts se faisaient remplacés tour à tour sans qu'il ne manque une seule fois un soldat.
Quand Sasuke baissa à nouveau les yeux vers la vallée, il fut à la fois surpris et horrifié. Contrairement à toute attente, Neji se trouvait réellement en difficulté. Le flot de pierres avait doublé de son côté et même son Byakugan ne pouvait plus suffire. Une des pierres arriva alors dans son angle mort. Sasuke eut juste le temps de crier :
– Neji, derrière toi !
Neji se retourna, sauta en arrière et alors une autre pierre arriva sur lui. Celle-ci, il ne l'évita pas. Sa jambe fut entraînée par la rotation et emportée vers le bas avec une violence impressionnante. Le ninja glissa sur le sol rocheux et ses yeux se révulsèrent quand sa jambe se brisa dans un craquement à glacer le sang. Il ouvrit la bouche mais aucun cri n'en sortit comme si la douleur était trop forte pour être exprimée. C'est alors qu'il remarqua une ombre s'agrandir autour de lui. Il leva la tête et vit une énième pierre lui arriver dessus. Cette fois-ci, il était coincé car sa jambe brisée était écrasée par les roches. Le projectile allait lui écrabouiller la tête sans qu'il ne puisse réagir.
– Raikiri !
Neji leva la tête et aperçut Sasuke dévaler la pente à toute vitesse. Alors que le rocher lui arrivait dessus, l'Uchiwa s'élança dans les airs et percuta la pierre de plein fouet. Celle-ci vola en éclats et ses débris se répartirent autour des deux hommes.
Neji n'eut pas le temps de remercier Sasuke car il dut l'avertir des rochers qui lui tombaient dessus. Sasuke se trouva vite débordé et il savait pertinemment qu'au-delà de six fois il ne pouvait plus utiliser le cri des mille oiseaux. Il devait donc trouver de l'aide.
– Naruto, par ici ! appela-t-il.
Le ninja blond, à quelques mètres de là, se retourna en même temps que ses clones. Ils étaient cinq et accoururent aussi vite qu'ils le purent.
– Raikiri ! s'écria encore Sasuke.
Cela faisait le deuxième qu'il utilisait, toujours pour sauver la vie de Neji. Il jeta un coup d'œil à l'état de celui-ci. Il avait apparemment la jambe brisée. Même s'ils parvenaient à le dégager, il faudrait encore le porter hors de danger.
– Rasengan !
Cette fois-ci, se fut au tour de Naruto de sauver Neji. La pierre explosa encore et les morceaux filèrent de tous les côtés comme une pluie mortelle.
– Si vous continuez comme ça, vous allez vous tuez ! fit remarquer Neji.
– Alors on mourra ensemble ! répliqua Naruto.
Sasuke, quoique peu d'accord sur le fait de mourir là, approuva tout de même d'un signe de tête. Il était hors de question d'abandonner leur coéquipier. Naruto appela alors Kiba à la rescousse. Celui-ci apparut avec Akamaru transformé en humain.
– Garuga !
Au lieu de viser le haut, Kiba fonça sur la pierre qui broyait la jambe de Neji. Celle-ci fut brisée en deux, mais il était toujours impossible de la déplacer.
– C'est Sakura qu'il nous faudrait maintenant, conclut Naruto d'un air de dépit.
– Oui, mais elle n'est pas là, répliqua Sasuke d'une voix trop froide pour cacher son inquiétude. Naruto, utilise ton Rasengan !
– Mais si les morceaux retombent sur Neji ?
– Si tu ne le fais pas maintenant, nous serons tous écrabouillés !
Sasuke leva le doigt au ciel et Naruto comprit. Il n'avait pas le temps de répondre, une nouvelle volée de pierres leur tombait dessus et, cette fois-ci, ils ne pourraient pas toutes les détruire. La boule de chakra en rotation se forma dans sa main et, alors qu'il criait le nom de son attaque, sa paume frappa le rocher qui vola en éclat. Akamaru, positionné sur la tête de Neji, protégea ce dernier des éclats qui auraient pu lui crever les yeux. Il se releva une seconde plus tard et, sans prendre de précaution, Kiba et Sasuke empoignèrent chacun un bras de leur chef d'équipe.
– On file ! ordonna Naruto.
Les autres n'eurent pas besoin de se le faire répéter. Kiba et Sasuke sautèrent tous les deux en arrière, échappant ainsi à la dernière chute. Suspendu à leurs bras, Neji grimaçait pour oublier la douleur infernale qui lui tiraillait la jambe.
Toute l'équipe se retrouva alors en quelques bonds sur les bords de la cuvette. Les dernières roches tombèrent dans un vacarme épouvantable et, enfin, le calme revint. Tous haletaient, tentant de reprendre leur respiration. Ils n'avaient pas imaginé pouvoir risquer leurs vies aussi facilement. Neji, en particulier, tremblait de tout son corps, alors que Kiba et Sasuke le soutenaient tant bien que mal.
Bientôt, la douleur se fit insupportable et il se sentit la fièvre monter. Kiba et Sasuke le posèrent à terre avec mille précautions et examinèrent sa jambe tordue de façon peu naturelle et rouge à cause du sang qui y coulait. Un bout d'os ressortait au milieu des chairs meurtries, indiquant que la fracture avait été violente.
– Comment tu te sens ? demanda Kiba en essayant d'essuyer la sueur qui abondait sur le front de Neji.
– Je t'en pose des questions stupides ? répliqua Neji en serrant les dents.
Kiba ne s'indigna pas pour cette réponse agressive. Il était clair que la douleur rendait Neji peu commode. Il soufflait avec force pour tenter d'apaiser le feu qui lui dévorait la jambe mais ses bras tremblaient malgré tout.
– Il faut qu'on le ramène, conclut Naruto. On ne peut pas continuer comme ça.
– Non ! protesta Neji. Pas si proches du but !
– Mais, Neji, tu vas pas continuer dans cet état ?
Neji grimaça pour toute réponse et bascula sa tête en arrière, comme s'il ne supportait plus de voir sa jambe. Finalement, il reprit une inspiration et décida :
– On va déjà retourner à la grotte de tout à l'heure. Ensuite, nous aviserons.
– Ce n'était pas un Genjutsu ? fit remarquer Naruto.
– Je ne sais pas à quel endroit on est entré dans l'illusion, donc on y retourne !
– D'accord, accepta Sasuke, mais il faut d'abord qu'on te soigne.
Kiba approuva et, afin de s'installer dans un endroit plus propice aux soins que la pente vertigineuse de la montagne, ils décidèrent de transporter Neji sur Akamaru. Il leur fallut cependant plusieurs minutes pour le placer correctement car le moindre mouvement le faisait souffrir et ils n'osaient pas effleurer sa jambe, déjà suintante de sang et de pus.
Une fois Neji en place, ils commencèrent à s'éloigner de la cuvette. Ils ne savaient pas du tout jusqu'où leur chemin dans le Genjutsu les avait menés et ils espéraient seulement pouvoir retrouver la direction de Konoha. Heureusement, Kiba connaissait suffisamment bien ces montagnes pour pouvoir s'y repérer.
Quelques minutes plus tard, ils s'installèrent dans un creux de montagne. Neji fut déposé avec précaution contre la paroi, mais il était de plus en plus brûlant et la douleur le lancinait avec une violence que les autres n'osaient même pas imaginer.
– Bon, on ne peut pas te laisser comme ça, conclut Kiba en voyant le sang qui souillait la fourrure blanche d'Akamaru. J'ai déjà fait ça avec l'un de nos chiens, ça ne doit pas être plus compliqué pour un homme.
– Quoi ? parvint à articuler Neji. De quoi parles-tu ?
– De te remettre l'os en place, tiens ! Sasuke, Naruto, tenez-le.
Neji observa avec appréhension les deux autres obéir. Il n'était pas sûr de savoir ce qu'allait faire Kiba mais était prêt à essayer n'importe quoi pour que la douleur s'apaise. Il sentait son os déchirer sa peau et ses muscles au moindre mouvement et le voyage sur le dos d'Akamaru avait été des plus pénibles.
– Prends ça dans ta bouche et serre fort ! lui dit Naruto.
Neji reçut un morceau de tissu assez rigide dans sa bouche qu'il soupçonna âtre le bandeau de Naruto. Effectivement, lorsqu'il leva la tête, il vit qu'il ne le portait plus. Neji serra alors les dents, sentant que la douleur allait s'amplifier.
– Vous le tenez bien ? s'assura Kiba.
Ses deux coéquipiers acquiescèrent en resserrant leur étreinte sur les bras de Neji. Kiba dégagea lentement les lambeaux de pantalon qui masquaient légèrement la blessure. Le bout d'os, blanc et pointu, dépassait effectivement de la chair, donnant une vision assez ragoûtante de la plaie.
Kiba, après quelques hésitations, empoigna la jambe et, d'un geste sec, remit l'os en place. Neji eut un soubresaut et se pencha en avant. Ses yeux se révulsèrent sous l'effet de la douleur. Après coup, sa tête commença à vaciller mais ses cris éteints par le tissu se calmèrent peu à peu.
– Ça va, vieux ? s'inquiéta Naruto en lui retirant le tissu de la bouche.
Neji ne répondit pas immédiatement, se laissant quelques secondes pour reprendre sa respiration. Durant ce temps-là, Kiba prit une branche droite que lui tendait Akamaru et la plaça contre la jambe blessée.
– Un… un peu mieux, haleta Neji.
Kiba sortit de son sac un bandage qu'il destinait en temps normal à son chien et l'enroula autour de la jambe. Ainsi paré d'une attelle, Neji allait être plus transportable.
– Tu vas tenir le coup ? demanda-t-il.
Neji hocha la tête et jeta un coup d'œil vers le ciel.
– Il est plus de midi, fit-il remarquer. On ferait mieux de reprendre des forces.
– Bonne idée ! approuva Naruto.
Immédiatement, il s'assit en tailleur et sortit deux galettes de riz de son sac. Kiba le regarda faire en le traitant de goinfre avant de lui-même mordre dans son repas. Tandis que ces deux-là entamaient une joute verbale amicale, Sasuke, lui, réfléchissait à leur situation. Ils avaient failli perdre la vie alors que Sakura et les autres étaient toujours introuvables. En clair, leur mission n'avait pas avancé.
Son regard s'attarda un instant sur Neji. Ce dernier, malgré la douleur, adressait un mince rictus aux blagues de Naruto. Cela ne devait pas être évident pour lui de devenir un fardeau pour son équipe, mais il devait bien une fière chandelle à ses coéquipiers.
– Bon, il est temps de repartir, décida-t-il au bout d'un moment. On s'est laissé bêtement prendre par un Genjutsu et je ne tiens pas à recommencer !
– Enfin, un Genjutsu de Fuyuko, fit remarquer Naruto en l'aidant à s'installer sur le dos d'Akamaru. Elle est douée cette fille. Tu as vu, elle nous a tous trompés en devenant Temari pendant une semaine !
– Je sais, répondit Neji, agacé d'avoir été lui-même dupé.
Finalement, l'équipe se remit en route, guidée par Kiba et Akamaru. Le chemin fut pénible à cause des obstacles de la montagne, mais Neji put apprécier à quel point la douleur s'était calmée. Certes, elle était toujours présente mais beaucoup moins vive et beaucoup moins forte.
Plus d'une demi-heure plus tard, ils parvinrent enfin non loin de leur point de départ. Neji décida de s'arrêter avant qu'ils ne puissent apercevoir l'arbre en arcade collé à la roche, celui qui marquait l'entrée de la fausse grotte.
– Vous croyez qu'il commence où le Genjutsu ? demanda Kiba.
– Sasuke ne l'a pas annulé ? s'étonna Naruto.
– Si c'est bien Fuyuko qui le maîtrisait à distance, alors il y a de fortes chances pour qu'elle l'ait remis en place, expliqua Neji.
Naruto fit une grimace de dépit en constatant que la situation restait malgré tout très compliquée. Cette Onde de Chakra, dont lui avait parlé Kiba en venant le chercher, leur posait plus de problèmes qu'il n'y paraissait.
– C'est Shino et ses insectes qu'il nous faudrait maintenant, maugréa-t-il. Eux, au moins, ne sont pas touchés par les illusions !
– Oui, mais Shino n'est pas là, répliqua Neji. Bon, un Genjutsu de cette force ne peut être maîtrisé ni même gardé à longue distance sans aide. Fuyuko a dû apposer des sceaux. Il nous faut les débusquer et les retirer.
– Comme celui-là ? demanda Kiba.
Les autres levèrent les yeux dans la direction qu'indiquait son doigt et aperçurent un parchemin collé contre l'écorce d'un arbre.
– Oui, en effet, approuva Neji. Faites attention, il est peut-être piégé. Je vais essayer de repérer les autres. Byakugan !
Les veines autour de ses yeux ressortirent d'un coup et il commença à fouiller les alentours du regard. Pendant ce temps-là, Kiba commença à grimper sur l'arbre et inspecta le parchemin qui y était collé.
– Il ne sent rien, il ne m'a pas l'air explosif, conclut-il. Vous êtes sûrs qu'il est piégé ?
– Peut-être qu'ils n'ont pas eu le temps de le faire, suggéra Naruto.
– Ça m'en a tout l'air, affirma Neji. Ce ne sont que de simples parchemins de Genjutsu. On les appose pour maintenir une illusion en place. L'illusion opère dès qu'on entre dans la zone délimitée par les parchemins.
– Et combien y en a-t-il ?
– Quatre. Le premier est ici, un autre a été placé près de l'endroit où les boulets nous sont tombés dessus, sur un rocher au nord d'ici. Les deux autres sont à l'est, sur un arbuste, et à l'ouest, sur une pierre entre les buissons.
– Et là, nous sommes dans la zone de l'illusion ?
– Non, mais fais un pas de plus et tu y seras, Naruto.
Naruto eut une nouvelle grimace, presque effrayé, et recula d'un pas pour s'assurer de ne pas tomber dans un piège.
– Bien, étant donné mon état, je me retrouve obligé de rester là, conclut Neji d'un air presque déçu. Sasuke, tu te rendras au nord, Naruto à l'ouest et Kiba à l'est. Vous avez de la chance, j'ai emmené avec moi le vieux matériel radio de Gai.
Neji retira son sac à dos et leur montra les oreillettes qui avaient déjà servies autrefois. Naruto eut un mince sourire en songeant qu'elles avaient été utilisées lors du sauvetage de Gaara. Apparemment, elles marchaient toujours.
– Prenez-les et je vous guiderai si vous avez un problème, ordonna Neji.
Quand tous furent parés, Naruto, Sasuke et Kiba s'élancèrent tour à tour dans une direction différente. Neji commença à les guider en fonction de l'emplacement des parchemins et, rapidement, chacun fut arrivé à destination.
– On les retire, Neji ? demanda Naruto.
– Je ne vois pas de piège, mais il vaut mieux rester prudent, répondit le chef d'équipe. Retirez-les à distance.
A ces mots, il demanda à Akamaru de reculer et accrocha un fil de chakra au parchemin. Il n'était pas habitué à faire cela mais, coup de chance, Tenten avait déjà eu l'occasion de lui montrer. De son côté, Naruto accrocha un fil au parchemin et s'éloigna pour tirer dessus. Cette méthode fut suivie des deux autres et, dans un mouvement presque simultané, les quatre parchemins furent décollés.
– Il n'y a rien de mon côté, annonça Neji en constatant le bout de papier qui pendait au bout de son fil. Et vous ?
– Rien du tout ! répondit Naruto.
– Moi non plus, ajouta Kiba.
– Pareil, acheva Sasuke. Je crois qu'ils n'ont pas eu le temps nécessaire pour mettre des pièges en place. Ils espéraient que l'illusion suffirait et ont préféré s'occuper d'abord de leurs crimes.
– Je pense aussi, conclut Neji. Bien, revenez vers moi !
Neji dut attendre quelques minutes avant le retour de ses coéquipiers. Naruto affichait un sourire vainqueur alors que Sasuke gardait son air impassible.
– Cette fois, on les a eus ! s'exclama Naruto en passant une main dans ses cheveux. Bien joué les gars !
Neji arqua un sourcil. Décidément, Naruto ne pouvait s'empêcher de plaisanter en mission. Malgré tout, il le trouvait bien moins gamin qu'autrefois.
– Bon, dans ce cas, je vous suggère d'aller voir ce qu'il en est, ajouta le chef d'équipe en essayant de se redresser sur Akamaru.
– Ça va aller, Neji ? s'inquiéta Naruto.
– Oui, je vous l'ai déjà dit. Bien, allons-y !
Sasuke approuva. Il était plus que temps d'aller délivrer Sakura et les autres. Les paroles de Fuyuko lui restaient en tête. Si son agresseur l'avait maltraitée, il n'allait certainement pas lui pardonner.
Lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée de la grotte, leur surprise fut grande. Il n'y avait plus d'arbre noueux ni de roche bouchant l'entrée. Ce n'était qu'un grand trou béant dans la montagne et ils pouvaient entrer sans le moindre problème. Neji, son Byakugan activé, fouillait l'endroit.
– Il faut croire qu'on a abattu toutes leurs défenses, conclut-il. Restez tout de même prudents.
Puis, monté sur le dos d'Akamaru, il entra le premier dans la grotte. L'endroit était très évasé, assez profond et plutôt spacieux. Un futon était installé dans un coin et le reste était vide.
– Il y a du monde, assura Neji. Là-bas, derrière le mur !
Les quatre ninjas s'approchèrent du fond et s'arrêtèrent devant une roche lisse brisée par une longue faille.
– Encore un Genjutsu ? demanda Naruto.
– Non, répondit Sasuke qui avait activé le Sharingan pour plus de sûreté. Il doit y avoir un mécanisme pour ouvrir cette porte.
– Cet exact, répondit Neji, mais mon Byakugan n'arrive pas à le distinguer. Il doit être protégé. Kiba, je te suggère de creuser.
Kiba acquiesça et, tandis que les autres reculaient, il devint une tornade qui alla percer la roche. Les pierres s'effritèrent, créant une vague de poussière et des toussotements se firent entendre de l'autre côté.
– Tout va bien ? demanda Neji.
– Tout va bien ! répondit Kiba. Simaru est là !
Les trois autres retinrent leur respiration alors qu'ils voyaient Kiba ressortir. Sur ses épaules, il portait le corps frêle d'un enfant. Simaru Nara avait maigri et ses traits étaient tirés par la fatigue. En revanche, il ne portait aucune trace de mauvais traitement et, malgré tout, il gardait les yeux ouverts et semblait parfaitement conscient de ce qui se passait. Kiba le posa doucement sur le dos d'Akamaru.
– Simaru, comment te sens-tu ? s'informa Neji.
– Ça va aller, répondit le garçon malgré les cernes qui soulignaient ses yeux. Par contre, il faut aller voir Maman, et vite !
Neji acquiesça et laissa Simaru partager sa place. Il tourna la tête, espérant détecter d'autres présences aux alentours. Soudain, son regard se figea sur une autre paroi.
– Ici aussi, dit-il en laissant Akamaru s'approcher.
Kiba recommença l'opération. Naruto regardait Simaru avec un sourire. Ce dernier avait souffert mais n'en laissait rien paraître. Il s'inquiétait avant tout pour sa mère. Sasuke, lui, était rassuré de voir qu'ils avaient retrouvé l'un des disparus. Cela signifiait que non seulement Simaru était en vie mais en plus que rien n'était perdu pour Sakura et Temari.
Lorsque Kiba eut percé le mur, il ne tarda pas à les appeler :
– Venez m'aider, elle a des liens étranges, je n'arrive pas à la détacher.
Naruto, Sasuke et Neji entrèrent tour à tour. Temari, elle, était inconsciente. Des liens brillants serraient son corps en le plaquant contre un poteau de bois. Son bandeau frontal, sur lequel était gravé depuis quelques années la feuille de Konoha, traînait à côté d'elle. Naruto s'en empara tandis que Neji identifiait les liens.
– Du chakra ! s'exclama-t-il. Encore l'œuvre de Fuyuko, je suppose. Laissez-moi m'en occuper !
Kiba se poussa et Akamaru put approcher la prisonnière. Neji découpa les fils avec attention, veillant à ne pas la toucher. Quand ce fut fait, son corps retomba complètement et s'étala par terre.
– Oh merde, Temari ! s'exclama Naruto.
Il se précipita vers elle, voyant qu'elle ne réagissait pas. Lorsque ses mains se posèrent sur son corps, il se raidit immédiatement.
– Elle est vachement légère, dit-il en la soulevant.
Alors qu'il la portait, la tête de Temari bascula en arrière, dévoilant son cou. Kiba s'approcha en fronçant les sourcils et fut à son tour horrifié.
– Elle est trop maigre ! s'écria-t-il. Elle… elle va mourir si on ne la ramène pas !
Disant ces mots, il passa sa main autour du bras de Temari. Il s'aperçut avec horreur que ses doigts se joignaient sans la moindre difficulté. Naruto lui aussi paraissait effrayait. Il serrait Temari contre lui, comme si cela pouvait la protéger.
– Il faut y aller, ordonna Neji.
Naruto hocha la tête mais, alors qu'il allait faire un pas, Temari se mit à parler d'une voix faible :
– Shika ?
– Temari ? C'est moi, Naruto !
A ces mots, il la posa à terre et tenta de voir si elle reprenait ses esprits.
– Naruto ? répéta Temari d'une voix faible. Sakura… Sakura est à côté…
Aussitôt, elle cessa de bouger et replongea dans l'inconscience. D'un même mouvement, les quatre ninjas fixèrent le fond de la pièce. Il y avait bien un deuxième poteau de bois mais aucune Sakura.
– Qu'en ont-ils fait ? s'exclama Naruto. Elle n'est pas là !
Sasuke serra les dents. Ces gredins avaient déplacé Sakura, il allait être encore plus difficile de la retrouver.
– De toute évidence, nous ne la trouverons pas ici, déclara Neji. Il est temps de retourner à Konoha. Nous pouvons encore sauver Temari.
Simaru approuva d'un hochement de tête. Depuis qu'il avait découvert l'état de sa mère, son teint avait blêmi et aucun mot n'était sorti de sa bouche.
L'équipe sortit alors du repaire. Ils étaient soulagés d'avoir retrouvé les Nara, mais la disparition de Sakura restait présente. Sasuke fermait la marche, essayant d'imaginer ce qu'il avait pu advenir de sa femme. Alors qu'il commençait à broyer du noir, Naruto vint taper sur son épaule.
– Fais pas cette tête-là, Sasuke ! Sakura est notre coéquipière, on la retrouvera !
Sasuke émit un vague « Hn » mais cette réponse suffit à son ami.
Note de l'auteur : Voilà pour le chapitre 13 ! Vous remarquerez qu'il se contente de raconter la mission, mais si je parlais également du village, il aurait fait bien vingt pages... Donc, pour ce qui va se passer ensuite, ce sera dans le 14. Bon, sinon, je vous remercie tous pour vos commentaires parce que je suis quand même vachement contente de les lire chaque semaine ^^.
En espérant que vous avez apprécié, à la semaine prochaine (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les combats et missions ce n'est pas mon fort...) !
