Chapitre 14 : Les choses se compliquent
Shikamaru regardait l'après-midi avancer avec une angoisse non dissimulée. Chôji était venu avec un jeu de shôgi pour tenter de le détendre, mais il n'arrivait pas à se concentrer sur la partie. Finalement, constatant que son adversaire mettait plus de temps à réagir que d'habitude, Chôji ouvrit un paquet de chips et commença à grignoter.
– Ils ont réussi à tirer quelque chose de cette Fuyuko ? s'informa-t-il.
– Pas vraiment. Tsunade a envoyé Ibiki Morino l'interroger il y a deux heures et il est ressorti furieux parce qu'il n'en tirait rien.
Chôji ouvrit des yeux ronds et son bras se figea dans son geste, si bien qu'il demeura la bouche entrouverte, une chips au bord des lèvres.
– Elle a résisté à Ibiki ? fit-il comme pour s'assurer qu'il avait bien entendu.
– Ouais, elle a la peau dure, cette folle, maugréa Shikamaru.
Un nouveau silence s'imposa, uniquement perturbé par le craquement des chips dans la bouche de Chôji. La partie de shôgi avançait mais Shikamaru paraissait incapable de s'y donner à fond.
– Tu tiens le coup ? demanda son meilleur ami au bout d'un moment.
– Ça va, maugréa Shikamaru, mais je me demande ce qu'ils peuvent bien faire. La montagne est à une demi-heure d'ici, ils devraient être rentrés.
– Ils ont peut-être rencontré des difficultés, suggéra Chôji.
Shikamaru soupira. Evidemment, cette idée lui était apparue sans qu'il n'ose l'émettre à voix haute. Finalement, il décida de se reconcentrer sur la partie. Peut-être que ce jeu lui permettrait de détendre son esprit.
Il tendit la main vers l'un des pions, s'apprêta à le saisir, mais la porte s'ouvrit brutalement, le coupant dans son élan.
– Tiens bon, Neji, ça va aller ! s'exclama Naruto.
Shikamaru leva la tête et aperçut Neji en sueur, soutenu par Naruto et Shizune. Sa jambe était maintenue par une attelle de fortune, mais le sang avait imbibé le bandage. Il fut rapidement installé sur le second lit de la chambre.
– Ah, j'avais raison pour les complications, conclut Chôji en avalant une chips.
Shikamaru observa d'un air presque horrifié Neji trembler sous la douleur. Lors du voyage de retour, il avait failli tomber du dos d'Akamaru et le sang de sa jambe s'était remis à couler. Shikamaru osa à peine demander :
– Comment ça s'est passé ?
Neji, serrant les dents, fit signe à Naruto de répondre tandis que Shizune remplaçait le bandage.
– On a retrouvé Temari et Simaru, mais on a eu quelques problèmes pour les trouver. Un Genjutsu et un éboulement, en fait.
Aux noms de sa femme et de son fils, Shikamaru se redressa brutalement.
– Simaru et Temari ? répéta-t-il. Comment vont-ils ?
– Simaru pas trop mal, surtout fatigué, mais Temari a considérablement maigri, ce n'est pas forcément beau à voir.
Shikamaru sentit les battements de son cœur s'accélérer. L'état de Simaru le rassurait mais celui de Temari le faisait presque paniquer. Il commença à passer une jambe au bas du lit.
– Il faut que j'aille les voir, déclara-t-il.
– Oh non, tu n'iras nulle part ! ordonna Shizune en appliquant un calmant anti-douleur à Neji. Je te rappelle que ton escapade de ce matin n'a rien fait pour améliorer ton état.
– Mais…
– Pas de mais ! Je t'amènerai Simaru dès que Maître Tsunade aura fini de s'assurer qu'il va bien.
Shikamaru, vaincu par la douleur et les paroles de Shizune, se laissa retomber sur son lit. Chôji lui lança un sourire encourageant, lui signifiant que rien n'était perdu.
– Bon, je vais retourner aider Hinata, annonça-t-il en se levant. J'ai promis de relayer Shino dans dix minutes.
– Vous continuez à surveiller Fuyuko ? demanda Shikamaru.
– Oui, il vaut mieux être nombreux avec cette folle dans nos sous-sols. Maître Tsunade n'ose pas encore la transférer.
Sur ce, il quitta la chambre. Naruto souhaita un bon rétablissement à Neji, adressa un signe encourageant à Shikamaru et ne tarda pas à faire de même. De son côté, Shizune finissait ses soins.
– Bien, l'os a l'air correctement remis en place, il devrait se réparer naturellement, conclut-elle au bout de quelques minutes. Par contre, plus de mission pendant quelques mois.
– Quelques mois ? répéta Neji, horrifié.
– Oui, tu as bien compris, assura Shizune. On a rarement vu une jambe dans un tel état. C'est une chance que tu l'aies encore !
A ces mots, elle quitta la chambre à son tour. Shikamaru observa quelques secondes les bandages de Neji avant de lui dire :
– Je crois que je te dois quelque chose pour ce coup-là.
– Tu ne me dois rien, répondit Neji. C'était une mission et je n'aurais jamais laissé l'un des nôtres aux mains de l'ennemi.
Shikamaru eut un mince sourire avant de demander :
– C'est Naruto qui t'a appris ça ?
Neji acquiesça et son visage sembla s'adoucir légèrement.
– Oui, c'est Naruto, il y a bien longtemps.
*
Après avoir laissé ses coéquipiers, Sasuke se dirigea directement vers l'Académie où il savait que Kakashi avait laissé ses fils. Durant tout le trajet, il enragea intérieurement. Sakura était la seule qu'ils n'avaient pas retrouvée et il n'arrivait pas à s'expliquer pourquoi. Qu'est-ce que cette ordure voulait donc en faire ? Où l'avait-il emmenée ? Ils n'avaient à présent plus de piste pour la retrouver et Sasuke soupçonnait que les recherches risquaient de prendre un temps fou.
Il trouva Tuwe et Matsuo sous la garde d'Iruka. Après avoir remercié l'enseignant, il quitta l'établissement avec ses deux fils.
– Papa, on ne va pas vers la maison ? s'étonna Tuwe au bout d'un moment.
– Non, mon fils, répondit Sasuke. On va d'abord chercher Ayumi.
– Elle peut sortir de l'hôpital ? demanda Matsuo.
– Hn.
Aussitôt, les garçons semblèrent plus enthousiastes. Depuis la disparition de leur mère, ils souriaient difficilement et Sasuke fut heureux de voir le petit dernier courir devant eux avec l'empressement des enfants de son âge.
Lorsqu'ils entrèrent dans l'hôpital, ils croisèrent Kakashi et Yukito qui étaient assis dans le hall.
– Yo, Sasuke ! le salua Kakashi. Tu vas voir ta fille ?
– Oui, nous rentrons avec elle ce soir, répondit Sasuke. Et vous, que faites-vous là ?
– Nous sommes venus voir Ayumi mais, lorsque nous sommes sortis de sa chambre, Shizune nous a dit que Simaru était revenu, alors nous attendons de pouvoir le voir.
Sasuke acquiesça. L'équipe de sa fille était pour le moins soudée et il savait qu'il devait cela à l'enseignement de Kakashi. Puis, faisant signe à ses fils, ils prirent la direction de la chambre d'Ayumi. Quand ils entrèrent, l'héritière des Uchiwa était assise sur son lit et semblait s'ennuyer ferme mais, dès qu'elle aperçut ses frères, son visage s'illumina.
– Tuwe, Matsuo ! s'exclama-t-elle. C'est gentil de venir me voir !
– Papa a dit que t'allais rentrer avec nous ! affirma Matsuo en se jetant sur le lit de sa sœur.
– C'est vrai ?
– Hn, confirma Sasuke. Maître Tsunade m'a dit tout à l'heure que tu pouvais revenir à la maison.
Le sourire d'Ayumi s'agrandit et elle se dépêcha de sortir de son lit. Comme elle était encore habillée d'un pyjama, ses frères et son père sortirent pour la laisser se changer et, dès qu'elle fut prête, ils repartirent vers le hall. Tsunade y était et donnait quelques directives à la femme de l'accueil.
– Maître Tsunade, j'emmène Ayumi, annonça Sasuke.
– Ah oui, bien sûr. Rentrez bien et faites attention, ça me ferait mal d'avoir à nouveau l'un de tes enfants ici, Sasuke.
Sasuke acquiesça et s'apprêta à partir, mais Tsunade ajouta :
– Ah, au fait, Simaru va bien. Il manque seulement de vitamines. Je suppose que Ayumi pourra aller le voir dès demain.
– Et sa mère ? demanda Sasuke.
– Ça, c'est une autre histoire, soupira Tsunade alors que les rides de son front se creusaient. Je l'ai mise sous perfusion et alimentation intensive, mais elle est très faible.
Sasuke ne répondit pas, mais, dans ses yeux, on devinait qu'il s'inquiétait. Si Temari avait subi un tel sort, comment allait Sakura ? La question ne quittait pas son esprit et cela le dérangeait. Finalement, il attrapa la main de Matsuo et sortit avec ses trois enfants de l'hôpital.
Ayumi fut heureuse de retrouver sa maison. Les jours d'hospitalisation avaient été longs et très difficiles quand elle avait appris la disparition de sa mère. Elle poussa la porte sans hésitation et entra la première, suivie de près par ses frères et son père.
– Et voilà, on est rentré, conclut Tuwe, les mains dans les poches. Dis, Papa, c'est normal qu'il fasse si noir ?
En effet, tous les volets du salon avaient été fermés de sorte que la pièce soit plongée dans la pénombre. Sasuke n'avait pas attendu la remarque de son fils pour se mettre sur ses gardes. D'un geste vif, il attrapa Ayumi par l'épaule, l'obligeant à reculer, et dégaina un kunai.
– Qui est là ? Montrez-vous ! ordonna-t-il.
A ces mots, ses pupilles virèrent au rouge et il plia les jambes, prêt à éviter la moindre attaque.
– Sasuke ? appela une voix tremblante.
Aussitôt, ses yeux fixèrent le fond de la pièce. Il n'osait pas y croire. Sakura venait de s'avancer dans la lumière du jour que laissait passer la porte d'entrée.
– Maman ! s'exclama Matsuo.
Il s'apprêta à accourir vers sa mère mais, aussitôt, celle-ci s'écria :
– Non, Matsuo, reste derrière ton père !
A peine eut-elle prononcé sa phrase qu'un cri s'échappa de sa gorge. Elle s'agenouilla sur le sol, le visage crispé par la douleur. Sasuke put alors distinguer un homme roux, plus jeune que lui, qui se tenait dans le dos de sa femme. Il la tenait par les cheveux et venait de lui planter un kunai derrière le genou.
– Je t'avais prévenue, petite sotte ! siffla-t-il. Tant pis, puisque c'est ainsi je n'épargnerai pas tes enfants !
Le visage de Sasuke blêmit. Il se retourna vers ses fils et sa fille et leur ordonna de sortir. Cependant, à peine avaient-ils fait un pas vers l'extérieur qu'ils entendirent dans leur dos :
– Raiton, la barrière de foudre !
L'encadrement de la porte fut aussitôt bouché par une lumière jaune électrique. Sasuke retint Matsuo à temps avant qu'il ne plonge dans le piège. Il se retourna, comprenant que l'agresseur de Sakura tenait vraiment à les garder tous dans cette maison.
– Bien, maintenant, Uchiwa, on va pouvoir parler affaires mais, avant cela, j'ai une petite chose à faire.
Il exécuta d'autres signes de ses mains. Sakura, immobilisée par sa blessure, haletait bruyamment pour calmer la douleur. Sasuke la vit approcher ses mains liées de son genou pour commencer à se soigner.
Soudain, un sifflement lointain retentit et, aussitôt, une détonation qui fit crier Matsuo. Instinctivement, Sasuke se baissa, prêt à protéger ses enfants.
– Ce n'était pas une attaque, assura l'homme roux en reprenant en main la chevelure de Sakura. Maintenant, on peut passer aux choses sérieuses.
*
Dans le sous-sol de la tour rouge, Hinata reposait ses yeux. Elle devait régulièrement utiliser le Byakugan pour s'assurer que Fuyuko ne faisait pas usage de son don héréditaire et, bien qu'elle soit remise de son attaque, elle commençait à fatiguer.
– Une chips ? proposa Chôji en lui tendant le paquet.
– Oui, merci Chôji, répondit-elle en commençant à manger.
Elle jeta un coup d'œil aux portes de la pièce où ils avaient enfermé Fuyuko. Elle avait autorisé les gardes à prendre une pause car ils étaient là depuis presque douze heures. Ino les remplaçait, appuyée contre le mur.
– Quand je pense que tous nos problèmes sont arrivés à cause de cette peste, je n'ai qu'une envie, c'est de la frapper et de lui tordre le cou ! dit-elle en serrant les poings.
Hinata baissa les yeux. Il était vrai que, dans cette histoire, Ino avait perdu son enfant. Elle n'osait pas imaginer la douleur que cela pouvait représenter. Même si elle avait été agressée, Hinata ressentait moins de haine.
Chôji alla auprès de sa coéquipière et commença à lui tapoter l'épaule. Finalement, Ino se laissa aller et posa sa tête sur son épaule. La présence de Chôji la réconfortait toujours quand elle se sentait seule.
Soudain, une détonation se fit entendre. Hinata, stupéfaite, leva les yeux au plafond et son Byakugan s'activa.
– Qu'est-ce que c'est ? demanda Ino, que le bruit avait complètement sortie de sa transe.
– Un explosif lancé à quelques mètres de hauteur, répondit Hinata. Il n'a touché personne.
– Comme un signal ? suggéra Chôji.
– Oui, c'est ça.
A ces mots, Hinata se tourna brusquement vers la porte et l'ouvrit d'un geste vif. Au centre de la pièce, Fuyuko se tenait debout et ses liens coupés pendaient sur sa chaise.
– Vous croyiez donc vraiment que vous m'aviez capturée ? demanda-t-elle devant la mine perplexe de Hinata.
– Tu ne vas pas t'échapper comme ça ! s'écria Chôji.
A ces mots, ses mains grossirent et vinrent saisir Fuyuko. N'ayant pas la place de fuir, celle-ci se laissa faire mais, à peine Chôji serra son étreinte qu'il la relâcha en hurlant de douleur. Hinata écarquilla les yeux, horrifiée par la vision qui s'offrait à elle. Des lames de chakra étaient sorties du corps de Fuyuko et avaient tailladé les paumes de Chôji, faisant couler abondamment le sang.
– Ino, je vais essayer de l'occuper, tu sais quoi faire ! s'exclama-t-elle.
Hinata se mit en position, face à Fuyuko. Elle savait qu'elle était la seule à pouvoir résister face à un être utilisant le chakra comme une arme matérielle. Le combat au corps à corps s'engagea. Hinata parait en se protégeant par son propre chakra et Fuyuko attaquait à une vitesse impressionnante. Ses lames sifflaient dans l'air et Ino mit plusieurs minutes avant de réussir à la viser. Soudain, elle sentit que le moment était le bon et utilisa sa technique préférée.
– Ninpô ! Transposition !
Aussitôt, le corps d'Ino retomba mollement sur Chôji qui, la douleur passée, s'était préparé à la soutenir malgré ses mains ensanglantées. Hinata put enfin reprendre son souffle. Fuyuko avait cessé d'attaquer.
– Eh bien, il s'en est fallu de peu, conclut-elle en essuyant la sueur qui luisait sur son front. Tout va bien Ino ? Ino ?
Mais Ino, ou plutôt le corps de Fuyuko, ne répondait pas. Elle se mit à trembler et, soudain, se prit la tête entre les mains. Hinata voulut s'approcher, mais un cri sortit de la bouche de Fuyuko et, une fraction de seconde plus tard, l'esprit d'Ino fut projeté avec violence dans son corps d'origine.
– Son… Son chakra m'a repoussée ! s'exclama-t-elle en se relevant.
Hinata se tourna vers leur adversaire. Celle-ci, le sourire aux lèvres, semblait parfaitement remise. Des pointes sortirent de ses doigts et filèrent vers Ino, projetant de l'éliminer définitivement.
– Ino ! s'écria Hinata.
Ce fut Chôji qui lui sauva la vie. Après avoir décuplé son poids, il se plaça entre l'attaque et sa coéquipière. Le chakra s'enfonça dans sa peau et lui déchira la chair. Il grimaça de douleur tandis que l'attaque se retirait et tomba sur Ino qui se retrouva coincée et protégée derrière sa masse. Cependant, elle tremblait de tout son corps. Son ami, son coéquipier, venait d'être blessé à sa place et elle voyait déjà le sang souiller ses vêtements et couler par petites gouttes jusqu'au sol.
Fuyuko ne laissa pas le temps à ses adversaires de se remettre de leur surprise. Elle se jeta sur Hinata, la projetant sur le corps de Chôji. Hinata se sentit bloquée entre le corps du ninja et le chakra de son ennemie qui rongeait le sien pour atteindre sa peau. Le duel dura quelques dizaines de seconde et, finalement, le chakra de Fuyuko traversa celui de Hinata. Cette dernière hurla de douleur sous l'effet de la coupure et vit avec horreur la peau de sa main se déchirer sous la brûlure.
– Hinata ! appela Ino, coincée derrière le corps de Chôji, en l'entendant crier. Hinata, ça va ?
Cependant, elle n'eut pas de réponse. Elle vit une lame argentée se diriger vers sa tête, puis ce fut le trou noir.
*
Shikamaru avait finalement reçu l'autorisation de rendre visite à sa femme. Après être allé voir son fils, il l'avait laissé se reposer et était allé en béquilles jusqu'à la chambre de Temari où Tsunade observait son état avec attention.
La maigreur de la kunoichi était effrayante. Sa peau, d'ordinaire hâlée et pleine de vigueur, était devenue d'une pâleur extrême. Ses joues s'étaient creusées et ses membres semblaient fragiles et frêles, à tel point que Shikamaru ne pouvait la regarder sans ressentir une grande douleur au fond de lui.
– Je vais devoir en informer le Kazekage Gaara, soupira Tsunade. Et le conseil par la même occasion.
– Vous avez fait tout ça dans leur dos, ils risquent de ne pas apprécier, fit remarquer Shikamaru.
– Je m'en fiche de ce qu'ils pensent. Ce qui m'inquiète, c'est l'état de Temari. Imagine que je doive annoncer à son frère qu'elle est morte suite à un manque de nutrition ! Les relations entre Suna et Konoha seraient considérablement dégradées et pourraient même finir en guerre ouverte.
Shikamaru baissa les yeux vers sa femme. Evidemment, Tsunade considérait en premier lieu l'aspect politique et c'était son travail en tant que Hokage. Cependant, lui, il se moquait bien de savoir si Suna et Konoha allaient rester alliés. Tout ce qui lui importait était que Temari s'en sorte.
– Bon, il faut que j'aille voir Neji, annonça la Hokage.
A ces mots, elle sortit de la chambre et se dirigea vers le rez-de-chaussée. Il lui semblait que, depuis une semaine, elle passait plus de temps à courir partout qu'à respirer. C'était dans ces moments-là que Tsunade comprenait que son rôle de Hokage lui valait un travail titanesque et une responsabilité énorme.
Quand elle entra dans la chambre de Neji, celui-ci s'était détendu grâce au calmant appliqué par Shizune. Cette dernière était encore à son chevet, occupée à vérifier son pouls.
– Comment te sens-tu, Neji ?
– Mieux, Maître Tsunade. Hum, vous avez prévenu Lee ?
– Oui. Je ne pense pas que ta fille soit réellement en danger, à présent que nous avons nous-même démasqué la traîtresse. Cependant, j'ai chargé Lee de la surveiller étroitement jusqu'à ce que cette affaire se termine. Une chance quand même qu'ils soient en mission, ça nous laisse un peu plus de marge de manœuvre.
Neji, rassuré, laissa sa tête retomber sur l'oreiller. Shizune et Tsunade discutèrent rapidement de son état avant d'aborder un sujet moins plaisant.
– Je vais dire au conseil que Temari s'est faite prendre par nos ennemis durant sa mission d'aujourd'hui, expliqua Tsunade. Shizune, je tiens à ce que tu retiennes ta langue, c'est compris ?
Shizune acquiesça avec fermeté. Elle ne se rappelait plus le nombre de fois où elle avait mis son maître dans l'embarras parce que, d'une manière ou d'une autre, elle avait lâché un mot de trop face aux membres du conseil.
Soudain, un bruit sourd se fit entendre. Tsunade, surprise, leva les yeux au plafond et fronça les sourcils. Shizune et Neji firent de même, cherchant la cause de ce bruit.
–Qu'est-ce que c'est ? demanda finalement Shizune.
–Je n'en sais rien mais ça n'annonce rien de bon. Viens avec moi !
Elles sortirent toutes les deux de la chambre. Après avoir traversé plusieurs couloirs, elles atteignirent enfin l'entrée de l'hôpital. Cependant, elles n'eurent pas le temps d'en sortir car la porte principale brusquement. Tsunade écarquilla les yeux et voyant Naruto qui portait le corps inerte de Hinata dans ses bras. Il était suivi par les deux gardes de Fuyuko. L'un avait pris Chôji dans son dos, l'autre Ino.
– Mamie Tsunade, la prisonnière s'est évadée ! s'écria Naruto.
– Quoi ? s'exclama Tsunade. Que… comment ?
– Je ne sais pas, mais on a retrouvé leurs corps sans connaissance dans la pièce de la prison avec Fuyuko en liberté. Je crois qu'on est arrivé juste avant qu'elle n'ait pu les tuer. Kiba et Akamaru la poursuivent actuellement.
Tsunade acquiesça et appela des infirmiers pour faire conduire les blessés au bloc.
– Shizune, assure-toi qu'ils reçoivent les soins nécessaires, ordonna-t-elle à son assistante. Naruto, je n'ai pas le temps de planifier quoique ce soit, alors je te fais confiance. Va au quartier général de l'ANBU, demande Seko et rattrape Kiba et Akamaru avec lui. Dès que ce sera fait, occupez-vous de Fuyuko et faites en sorte qu'elle ne puisse plus nuire. S'il y en a qui protestent, il s'agit d'un ordre d'urgence de votre Hokage !
Naruto resta une seconde sans réagir, surpris par cette directive. Tsunade lui confiait rarement la direction d'une équipe et il en avait été souvent blessé. Cette fois-ci, elle lui demandait de prendre sous son commandement deux ninjas et de se charger d'une affaire où la survie du village était mise en jeu. A la fois excité et nerveux, il déclara :
– Je ne vous décevrai pas, Maître Hokage !
Il sortit en courant de l'hôpital, sous les regards médusés de Tsunade et de Shizune, non pas que cette énergie de sa part fut étonnante, mais plutôt parce que Naruto n'avait jamais appelé sa supérieure « Maître Hokage ». Il fila ainsi jusqu'au quartier général des ANBU et entra en trombe dans le bâtiment décoré de l'emblème des Uchiwa. C'était la première fois qu'il y venait et il était impressionné. Ne sachant comment s'y prendre, il s'écria :
– Ordre de Maître Tsunade, Seko doit immédiatement m'accompagner !
Les ANBU présents se tournèrent vers lui, surpris. Naruto faillit se sentir mal à l'aise devant ces masques sans expression mais ne perdit rien de son ardeur.
– Et rapidement, c'est une mission de rang S ! ajouta-t-il.
Soudain, un homme se détacha des autres et s'avança vers lui. Son visage était caché par un masque et son corps recouvert par un épais blouson.
– Je te suis, Naruto, répondit-il.
Naruto acquiesça, se retourna et sortit en vitesse du bâtiment, suivi de Seko. Tandis qu'ils couraient dans les rues de Konoha, il lui expliqua rapidement la situation :
– Nous devons arrêter une criminelle du nom de Fuyuko. Elle possède une technique héréditaire, l'Onde de Chakra, et utilise son chakra comme arme. Kiba est parti à sa poursuite, mais nous devons le retrouver aussi rapidement que possible.
– Bien compris, répondit Seko.
Naruto vira brusquement la tête vers son coéquipier. Il avait l'étrange impression d'avoir déjà entendu cette voix grave.
– Shino ? demanda-t-il.
– Naruto, quand je porte ce masque, je suis Seko !
– Peu importe ! répliqua Naruto. Demande à tes insectes de retrouver Kiba et Akamaru !
– C'est déjà fait. Ils me préviendront dès qu'ils les auront trouvés.
Naruto acquiesça. Au fond, cela le rassurait d'être avec Shino, car il ne s'agissait pas d'un parfait étranger. Il ne fallut que quelques dizaines de secondes pour que les insectes reviennent. Kiba et Akamaru se trouvaient en bordure de Konoha, entre la forêt et la palissade.
– Allons-y ! ordonna Naruto.
Et ils s'engagèrent tous les deux vers la sortie du village.
Note de l'auteur : Ah, ça m'a énervée cet après-midi ! J'étais sur le point d'enregistrer le nouveau chapitre de l'histoire sur et - paf ! - le site a bugué ! Heureusement, ils ont apparemment réglé le problème. Bref, voilà donc le chapitre 14, j'espère que vous l'apprécierez autant que les autres. Il n'est pas spécialement long, mais déjà suffisamment riche en évènements pour moi ^^.
Voilà; sinon que dire d'autre ? Ah oui, pour Neji le blessé, lors du chapitre précédent, je n'ai pas pu m'en empêcher : Neji n'est pas un dieu, il peut être battu (et je n'ai pas encore lu de fics où il l'était) !
Bref, j'espère que vous avez apprécié la lecture. Merci à vos commentaires qui m'encouragent vraiment !
