*******************GENERIQUE*******************

« Torchwood, cellule d'investigation indépendante du gouvernement et plus autonome que la police. Notre but, rechercher toute forme de vie extra-terrestre sur Terre, sauver la vie de l'humanité. Le XXIème siècle est le siècle de tous les changements, et il faut s'y préparer. »

John Barrowman as Captain Jack Harkness

Gareth David-Lloyd as Ianto Jones

Eve Myles as Gwen Cooper

Cush Jumbo as Lois Habiba

Rick Makaren as Rupesh Patanjali


Agacé par le silence de Jack, Ianto, assez mécontent, mains sur les hanches, demanda à nouveau:

– Alors?

– Alors quoi? Je ne comprends pas plus que toi!

L'air parfaitement surpris et vaguement inquiet de Jack suffirent à Ianto pour le croire.

– Alors qui... ou quoi cela peut-il être? Fit-il, plus calme. Il te ressemble vraiment...

– Hm... Tu trouves? Il a un côté... Je ne sais pas... commun... que je n'ai pas.

Ianto leva les yeux aux ciel.

– Jack! Arrête! Tu fais toujours ça pour esquiver les questions auxquelles tu n'as pas de réponses...

– Je fais ça, moi?

Le jeune homme lui lança un regard entendu avec un sourire amusé. Beau joueur, Jack émit un petit rire.

– Oh! Ça va! Tu commences un peu trop bien à me connaître, toi...

Ianto se contenta de rire à son tour, appréciant la tendresse de sa voix. Puis il redevint sérieux.

– Bon, alors... Quelles sont les hypothèses? Un sosie?

– Possible...

Ianto fit la grimace.

– Je n'ose même pas évoquer ce qui me vient à l'esprit à cet instant précis.

Sans tenir compte de la remarque, Jack dirigeait déjà son bracelet vers la vitrine de photos.

– Un monde parallèle?

– Non... La faille n'est pas active. Et aucune trace d'un trou dans le vortex ou un déplacement quelconque dans l'espace temps. C'est vraiment curieux... Et inquiétant... Il faut découvrir ce à quoi nous avons affaire...

– Le plus simple, ce serait de le rencontrer.

– Oui... Mais si tout paraît parfaitement normal, on ne sait pas ce qui pourrait arriver si nous nous rencontrons. Nous allons l'attendre et observer, pour le moment.

– D'accord. Le concert est certainement terminé depuis peu. Il doit être encore là-dedans. Suis-moi.

Jack rattrapa Ianto in-extremis.

– Non! Par là! Dépêche-toi!

Pris au dépourvu, Ianto suivit Jack dans le sens opposé. Ils s'éloignèrent en courant du Royal Albert Hall.

– Hé! L'entrée des artistes était de l'autre côté!

– J'avais compris! Justement!

– Mais nous risquons de perdre sa trace s'il sort avant que...

– Non! J'ai activé un code de repérage propre. Où qu'il aille, nous devrions pouvoir le suivre avec le Suv.

– Alors pourquoi courons-nous?

– Parce que la portée du code posé par rapport aux photographies ne dépasse pas un kilomètre.

Ianto ne put s'empêcher d'éclater de rire alors qu'ils approchaient de leur voiture.

Une fois au volant, Jack déclara:

– Je veux au moins savoir qui il est et où il habite.

– Et moi, je peux quand même savoir pourquoi on n'a pas attendu devant l'entrée?

– Ianto, si ce type chante au Royal Albert Hall, tu te doutes bien qu'il a un comité d'accueil à la sortie.

– Oh! Et avec ta ressemblance...

– Tu as tout compris...

– J'aurais aimé voir ça, lança Ianto amusé, en ouvrant l'ordinateur de bord.

Jack roula des yeux avec un soupir et engagea le Suv sur Kensington Road, se garant de façon à voir la sortie des artistes devant laquelle squattaient d'ailleurs quelques groupies impatientes.

Ianto, ayant quelques difficultés avec la connexion du réseau, en avait oublié toutes recherches. Il regardait de l'autre côté de la rue, l'air vague. De son côté, Jack était contrarié que la soirée tourne de façon si peu romantique.

– Jack...

– Hm?

– Ce pourrait être un de tes fils.

La voix de Ianto était à peine audible. Il semblait soucieux.

– Quoi?

– Ne me dis pas que ce n'est pas possible, Jack.

Il y eut un terrible silence qui en disait long.

– Pas avec une telle ressemblance, Ianto. Et... Il se trouve que j'ai veillé à ne pas trop me... reproduire.

– Oh! Et Alice?

– Sa mère et moi étions mariés. Elle voulait un bébé et... Mais je t'ai déjà raconté tout ça, Ianto.

– Excuse-moi... J'ai parfois le vertige à devoir imaginer toutes ces personnes qui ont compté avant... avant moi...

Jack se tourna vers lui. Leurs regards se croisèrent.

– Je t'ai déjà dit que tout ce qui compte, c'est aujourd'hui. Avec toi.

– Je sais.

– J'ai veillé à ne pas faire d'enfants sans réfléchir, Ianto. Alice a été une de ces exceptions qui confirme la règle... Cet homme ne peut pas être un de mes fils.

– Comment peux-tu en être si sûr?

– Parce que je le sais, Ianto. C'est tout.

Le jeune homme accepta ce que disait son amant à cause de cette assurance qu'il venait de mettre dans ces mots.

– D'accord.

Jack passa une main aimante sur la joue de Ianto, le regard soudain troublé par le désir.

– J'aurais voulu que la soirée tourne autrement.

– Moi aussi... Oh oui... Moi aussi... murmura le jeune homme acceptant les lèvres de Jack sur les siennes.


L'arrivée d'une voiture devant l'entrée des artistes déclencha du mouvement et des exclamations parmi les fans, les obligeant à se séparer pour reprendre leur observation.

Peu après, l'homme qu'ils attendaient tous, sortait sans s'attarder auprès de ses admirateurs. Souriant, jeans, baskets et doudoune noire, mais copie conforme surprenante de Jack, il s'engouffra dans la voiture à la suite d'un autre homme tout aussi séduisant.

Jack en avait profité pour réactiver le codage de son bracelet. Puis il engagea tranquillement le Suv dans la circulation peu après le départ de l'autre véhicule.

Ianto reprit l'ordinateur de bord et eut quelques difficultés à trouver de simples données.

– Aucune indication ici... D'un autre côté, si c'est effectivement une personne populaire, il ne va pas mettre son adresse à portée de tous. Et si tu veux mon avis, l'autre homme que l'on a vu est plus qu'un ami... ajouta Ianto avec un fin sourire.

– Ah oui? Tu as trouvé quelque chose?

– Non... Une intuition...

Jack lui jeta un coup d'oeil surpris et croisa la malice dans le regard de son amant visiblement amusé par la situation.

Jack éclata de rire tandis qu'il engageait sa filature dans Londres endormie.

Jack avait finalement garé le Suv dans un quartier tranquille de Londres. Et Ianto avait eu raison. Leur deux cibles étaient montées ensemble dans leur appartement. Des lumières s'étaient allumées peu après, puis tout était retombé dans le noir. La rue déserte témoignait de l'heure tardive dans un quartier qui n'avait rien d'inhabituel. Les pensées de Jack tournaient à toute vitesse, essayant vainement de trouver une explication logique à ce phénomène de ressemblance. A ses côtés, Ianto pianotait sur l'ordinateur de bord depuis un bon moment maintenant.

– Jack!

Le Capitaine poussa un soupir. Enfin!

– Cette fois tu as vraiment trouvé quelque chose?

– Eh bien... C'est... Comment dire... Bizarre.

– C'est à dire?

– Selon les données que j'ai pu recouper et vérifier difficilement, John Barrowman est né le 11 Mars 1967, à Glasgow. Il est chanteur dans de nombreuses comédies musicales et présentateur de shows télévisés. Relativement populaire. Il s'est marié à son compagnon Scott Gill. A mon avis, l'homme que nous avons vu avec lui.

– Bon. Et alors? D'autres informations?

– C'est là que ça devient bizarre. Dès que je cherche à en savoir un peu plus, soit le réseau buggue, - ce qui est peu dire, vu que le réseau est paralysé par je-ne-sais-quoi - soit les données sont floutées ou manquantes.

– Hm... Et qu'est-ce que c'est d'après toi?

– Un virus. Loïs m'avait prévenue, depuis la dernière intervention, les antivirus des ordis du Suv ne sont plus fiables. Elle n'a pas encore eu le temps de les mettre à jour.

Jack sortit son téléphone portable pour composer un numéro.

– Jack! Tu ne vas quand même pas...

Ianto poussa un soupir entre la résignation et la désapprobation.

Jack attendit un instant puis referma son téléphone avec une grimace.

– Contrairement à certains, Loïs dort, Jack...

– Non, le numéro n'est plus attribué...

– Quoi?

– J'ai un mauvais pressentiment, Ianto, fit Jack en composant un nouveau numéro sur son téléphone.

Au bout de 4 essais infructueux, il démarra la voiture en déclarant:

– Aucun des numéros de l'équipe n'est attribué, tu essaies à partir du tien pour vérifier?

– Yep! Heu... Je peux juste savoir où l'on va?

– A Brighton.

Ianto arrêta la numérotation en cours.

– Quoi?

– Il chante au Brighton Centre, demain soir... Qu'est-ce que tu penses d'une nuit romantique dans un hôtel face à la mer?

Ianto souriant recomposa le numéro de Loïs.

– Je dis que je vais faire des jaloux...

En s'engageant sur l'autoroute, Jack prit de la vitesse en éclatant de rire.

Bientôt, le Suv roulait à toute allure sur une route presque vide.

Ianto n'eut pas plus de chance que Jack : les numéros de téléphone de l'équipe Torchwood semblaient avoir complètement disparu de la réalité. Un élément troublant de plus. Cependant, Jack et Ianto décidèrent de profiter complètement de cette nuit inattendue à passer dans un hôtel de Brighton. Remettant au lendemain la résolution d'une énigme fort étrange.


« – Ah! Salut Loïs!

La jeune informaticienne, qui venait d'arriver, trouvait presque étrange que Gwen soit déjà au boulot. Enfin, la première, surtout.

– Salut Gwen. Hé! Mais où est mon petit poupon à croquer? S'exclama-t-elle devant la place vide habituellement réservée à Ewen.

Gwen sourit, amusée. Quand sa jeune équipière allait-elle avoir la chance de pouponner elle aussi?

– Chez Papy et Mammy. Avec Rhys, on va souffler quelques jours.

– Avec ce que l'on vient de vivre, vous avez bien raison!

– Mais ce n'est pas le seul à se porter pâle, aujourd'hui. Jack et Ianto ont disparu.

Rupesh, lui, fit son apparition, ne donnant pas le temps à Loïs de s'étonner.

– Et à priori, partis avec le Suv. Ah! Salut Loïs!

– Salut! Peut-être une mission urgente les a appelés très tôt...

– Non, fit Gwen tapotant sur les claviers. D'après les vidéos, ils sont partis tranquillement hier soir.

– Et ils ont découché? Lança Rupesh un peu moqueur.

– Non. Hm... Quand c'est le cas, Jack me prévient pour que je puisse prendre les urgences à sa place... Enfin, ce n'est pas encore arrivé, mais...

L'embarras de Gwen passa inaperçu. Loïs s'était elle aussi mise à son ordinateur.

– Ah ben ça alors!

– Quoi donc? Firent Gwen et Rupesh dans un bel ensemble.

– Les numéros de téléphone de Jack et Ianto ne sont plus attribués!

– Attends... Tu rigoles! Demanda Gwen qui n'avait vraiment pas l'air de rire.

– Je viens de faire leur numéros. Rien.

– Essaie directement le Suv. On devrait aussi pouvoir contacter les ordinateurs à bord.

– Aucun résultats, annonça Loïs après quelques instants.

– Je viens d'essayer leur adresse mail. Rien non plus.

– Qu'est-ce que c'est que ce truc, alors? Une activation de la faille?

Loïs tapotait déjà nerveusement sur l'ordinateur.

– A priori, non... Mais je cherche.

– Le problème, c'est que pour le coup, on ne sait même pas où ils auraient pu disparaître. Difficile de les retrouver...

Gwen roula des yeux face à Rupesh défaitiste.

– On pourrait pas rester positif, hm? On va les retrouver... Dès qu'on saura ce qui est arrivé, on les fera revenir. D'accord?

Rupesh accepta de hocher la tête pour lui faire plaisir, toujours pas convaincu. En recoupant les vidéos de la ville, Gwen parvint à pister le Suv.

– Ils ont quitté Cardiff! Loïs, vérifie les données de la faille sur les alentours.

– D'accord! Combien de kilomètres?

– Je ne sais pas... Essaie une dizaine... Et tu continues si tu ne trouves pas.

Rupesh se grattait la tête, pensif, comme absent. Gwen faisait le tour des informations de la veille au soir pour tenter de trouver quelque chose d'anormal.

– Gwen, tu sais... Il me semble avoir vu Jack prendre deux billets pour le théâtre hier...

– Quoi? Demanda distraitement la jeune femme.

Rupesh s'exclama tout à coup:

– Mais oui! Je me souviens! Ils ont dû aller à Londres!

Loïs lui jeta un coup d'œil suspicieux.

– Tu es médium, toi maintenant? Lança-t-elle acide.

– Je viens de le dire. Jack avait deux billets pour le théâtre, à Londres.

Cette fois, Gwen s'intéressa à lui.

– Comment tu sais ça?

Rupesh soupira. Quand allait-on vraiment l'écouter dans cette équipe?

– Peu importe. Je le sais, affirma-t-il, résigné.

– OK... Loïs!

– Je cherche déjà des traces d'activité de la faille sur Londres.

– Bien! J'oriente mes recherches sur la ville aussi...

– Bon... Et moi? Je suis censé faire quoi?

Gwen haussa les épaules, concentrée sur son ordi.

– Oh! Si! Si Ianto n'est pas rentré, Myfawny doit avoir faim.

Rupesh faillit répliquer, mais il ravala la remarque qui lui brûlait les lèvres et s'éclipsa en grommelant. Au moins, Jack avait de la considération pour son travail. Et puis, qu'est-ce que ça mangeait un ptérodactyle?

Quelques minutes plus tard, Loïs déclara:

– A part une légère distorsion électrique dans l'atmosphère, due à un violent orage soudain et localisé, je n'ai absolument rien remarqué d'anormal.

– On retrouve l'averse dans les commentaires postés hier soir. Mais rien à signaler ici non plus. Aucun séisme, aucun cataclysme, rien!

– Eh bien alors, ils vont nous revenir, tout bêtement... affirma Rupesh, remontant de sa corvée.

– Jack nous a déjà fait le coup... Il a promis de ne plus le refaire.

– Quel coup? Interrogea Loïs.

– De partir, sans prévenir.

– Alors tu penses qu'il leur est arrivé quelque chose?

Gwen se mordit nerveusement la lèvre.

– Si ce n'est pas le cas, quelque chose cloche. Et il faut trouver quoi. Rupesh! Tu prépares ce qu'il faut pour partir.

– Partir? Où ça? Et avec quoi?

– On prend ta voiture. Et on va à Londres. C'est le seul moyen de savoir ce qui est arrivé. Loïs, tu restes ici pour nous guider par intercom et au cas ils reviendraient. Tu nous appelles tous les quarts d'heure. Et tu enregistres l'activité de la faille, à chaque fois.

– Pas de problème.


Quelques minutes plus tard, Gwen plaçait tout un matériel aussi étrange qu'alien dans le coffre de la voiture. Rupesh déclara, en mettant la moteur en marche:

– Gwen, tu as déjà pensé que nous pourrions mal, très mal tomber? Je veux dire... Enfin, tu sais... Ils sont partis en amoureux et... Enfin... Si on les dérange...

Gwen pouffa de rire devant l'embarras de son équipier.

– Ça m'est déjà arrivé... Jack m'a proposé un plan à trois...

Elle éclata de rire devant la stupéfaction du jeune médecin, puis elle ajouta, malicieuse:

– Ne t'inquiète pas... Ianto ne serait pas d'accord.

– Oh! Et c'est censé me rassurer? Lança Rupesh d'assez mauvaise humeur.

Gwen se mit à rire. Elle aimait bien ce genre de petites vannes entre collègues. Comme au temps d'Owen cynique et grincheux et la malicieuse Tosh aux airs de sainte. Une manière de se prouver qu'ils étaient encore bien humains et vivants. Et puis, Rupesh, si sérieux et si gentil, faisait une cible naïve idéale. Même s'il savait parfois concocter de savoureuses vengeances.

– Gwen! Tu m'entends?

– Quoi, Loïs?

– Je viens de penser que les ordis du Suv doivent être infectés de virus tous aussi dangereux les uns que les autres. Peut-être est-ce pour cela que l'on ne peut ni les appeler, ni leur envoyer de mail...

– Possible. Mais cela n'aurait pas affecté les téléphones.

– Je cherche quand même. Ainsi que les conséquences de cet orage violent. Le rapport météo a noté les plus grandes déflagrations électriques du siècle. C'est particulier, quand même.

– Ok! Tu me donneras des nouvelles. On quitte Cardiff! A dans 15 minutes!

– Ça marche.

Gwen coupa l'intercom. Rupesh conduisait toujours avec son air bougon.

– Toi, tu es encore resté devant Dr House toute la nuit! Je me trompe?

Il ne répondit pas tout de suite. Puis il céda à la gentillesse de Gwen. Difficile, d'ailleurs de faire autrement. Cette fille était irrésistiblement attachante.

– J'y peux rien si ce mec est un génie...

– C'est une fiction! Rupesh! C'est un personnage de fiction.

– Je sais! Il n'empêche.

Gwen secoua la tête en souriant. Le sujet était clos. Comme d'habitude.

Le problème, c'est que Rupesh dormant peu se montrait d'humeur plus que versatile en ce moment.

Gwen et Loïs avaient même songé, en riant, à lui cambrioler télé et ordi pour l'obliger à dormir.

Rupesh s'était mis à parler de Gregory House comme d'un personnage réel. Et là, les filles étaient passées de la moquerie à l'inquiétude amicale. Le fanatisme imposait ses limites quand la fiction finissait par dépasser la réalité. Non?