Pardon pour l'attente occasionnée... Et merci à ma super-bêta Chrismaz pour son côté justement chipoteuse... ^^
Quand Jack sortit des limbes du sommeil, il fut surpris de se retrouver tout seul dans le lit. Et le jour pointait déjà à travers les rideaux.
Au moment où il vérifiait l'heure à sa montre placée sur le chevet, la porte de la chambre s'ouvrit sur Ianto, chargé de sacs en tout genre. Le jeune homme s'était changé et lui offrit un sourire tel que Jack en oublia de protester. Cependant, il rabattit les couvertures sur lui. Le message était clair.
– Hey! Tu sais qu'il est déjà tard pour le petit-déjeuner?
– Hm... Qu'est-ce qui t'arrive? D'ordinaire, c'est moi qui me lève le premier...
– Eh bien! Ça change!
– Qu'est-ce que tu es parti faire?
– Oh! Quelques emplettes... Et j'ai glané deux ou trois informations.
– Ah non! Ne tire pas les rideaux ! Grommela Jack en passant la main sur son visage pas encore réveillé.
– Tu es sûr que ça va? Jack?
– Parfaitement. Mais cette affaire m'a tenu éveillé plus longtemps que toi... C'est tout. Je n'ai pratiquement pas dormi. Alors? Qu'est-ce que tu as eu comme infos?
– D'abord, je le confirme: les numéros, les mails et adresses de l'équipe, tout a disparu. Mais leur identité aussi.
– Quoi?
– Et ce n'est pas tout: je n'ai plus de sœur, il n'y a plus de faille, plus d'Alice, ni de Steven. Plus de Ewen, ni de Rhys.
– Morts?
– Non. Jamais existé... Tout un pan de nos vies. Plus rien. Même Andy, ou Martha Jones. D'ailleurs, L'Unit non plus n'existe pas... J'ai essayé...
– Qu'a-t-il bien pu se passer?
– Et tu veux savoir le plus beau?
– Et bien, dis toujours...
– Si l'on en croit le réseau internet, toute page concernant Torchwood ou Jack Harkness n'est pas accessible. Et pas seulement sur nos ordinateurs infestés.
Jack se renversa sur les oreillers, pensif.
– J'y ai pensé toute la nuit... Impossible que ce soit alien...
– Et j'ai vérifié pour John Barrowman. Tu ne peux pas être son père. Nous avons des photos de la lignée paternelle parfaitement normale. Et ils sont tous copies conformes, si je puis dire...
– Oh! Tu me rassures! Lança Jack avec un brin d'ironie.
– Et ce n'est pas un monde parallèle, aucunes indications de changement d'univers, ajouta-t-il.
– Par contre, certaines personnes se retournaient sur mon passage. Comme hier soir...
– Tu penses aux autographes?
– Oui. Et si c'était quand même un monde parallèle? Où, d'une façon ou d'une autre, nous existons avec d'autres identités?
– Et où je serais devenu chanteur?
– Pourquoi pas?
Jack se mit à rire doucement.
– Ecoute Ianto, la particularité d'un monde parallèle, c'est qu'il explore toutes les possibilités exclues par nos choix. Mais chacun reste fidèle à ce qu'il est ainsi qu'aux compétences qui sont les siennes. Tu ne peux pas être complètement différent dans un autre monde. Sinon, ce qui les relie entre eux s'effondrerait.
– Heu, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris.
– En gros, je ne peux pas être James Bond dans l'un et Fred Astaire dans l'autre... Pigé?
– Parfaitement! Mais je me verrais bien bassiste dans un groupe de hard-rock, moi... Ou projectionniste, pourquoi pas.
– Ianto!
– Ok! J'ai rien dit!
Le jeune homme s'amusait réellement de cette situation bizarre mais finalement pas si dangereuse. Et puis, passer plus de temps avec Jack n'était pas pour lui déplaire.
– J'ai pris le nécessaire de toilette dans le SUV et de quoi nous changer.
– Ianto.
– Hm?
– As-tu dormi?
– Eh bien... Pas quand tu dormais, toi, avoua le jeune homme. J'en ai eu assez de chercher le sommeil.
– D'accord... Donc, en gros, nous sommes coincés dans une espèce de réalité parallèle non définie où il n'existerait que nos sosies?
– On pourrait résumer ça comme ça, oui.
Jack montra la place libre à ses côtés.
– Bien! Maintenant qu'on sait, viens te coucher. On a besoin de sommeil tous les deux.
– Je ne suis pas sûr que je dormirai si je m'approche de toi, murmura Ianto en avançant quand même près du lit.
– Ah oui? Qu'est-ce qui te fait dire ça?
– Une lueur lubrique que je connais bien brille dans tes yeux.
– Hm... Je crois que c'est ce qui manquait à mon double sur les photos, hier soir...
– Au moins, je saurais te reconnaître, si vous vous confondez un jour.
Jack l'attrapa par la cravate pour l'attirer vers lui, l'œil gourmand.
– Et autre chose encore, Ianto Jones. Viens vérifier...
En riant, Ianto se laissa emporter par le désir de son chef taquin. Doubles ou pas, réels ou non, ils étaient bien vivants l'un et l'autre, et très désireux de se le prouver.
Peu après, ils dormaient enfin, épuisés par leur longue veillée et leurs dernières prouesses amoureuses.
– Non! Non non et non! Ça fait trois fois qu'on passe devant le Royal Albert Hall! Le théâtre n'est pas si loin!
Rupesh poussa un lourd soupir. Lui, essayait de garder son calme. Depuis que des parasites brouillaient leur intercom, Loïs ne pouvait plus leur indiquer aucune direction. Ce qui rendait Gwen nerveuse. Depuis quatre bonnes heures, ils parcouraient Londres afin de trouver le lieu où Jack avait invité Ianto la veille. Comme Rupesh ne se souvenait pas quel genre de spectacle était prévu, cela faisait quatre heures qu'ils écumaient tous les lieux de spectacle de la ville. Et jusqu'à présent, ils n'avaient qu'un résultat: l'énervement de Gwen, culpabilisée parce qu'elle avait oublié de prévoir une simple carte de la capitale. Loïs avait commencé à faire GPS, mais depuis près d'une heure, l'achat d'un guide devenait vital pour les nerfs de Rupesh. Il devait gérer l'humeur de sa passagère et les incivilités d'automobilistes des capitales.
– Engage-toi dans cette rue! Vite! A droite! Non!
Passablement agacé, Rupesh gara d'autorité sa voiture sur un emplacement heureusement libre, face à l'entrée des artistes du RAH.
– Qu'est-ce qui te prend? On n'a pas fini, là!
– Je vais acheter un plan. Et demander au guichet du RAH si, à tout hasard, Jack et Ianto n'y sont pas allés hier soir.
– Au RAH? Ça m'étonnerait! Fit Gwen en regardant Rupesh sortir de la voiture et se diriger activement vers l'une des entrées du fameux lieu de concerts.
– Hé! Mais attends-moi!
Résignée, elle traversa rapidement et dangereusement la rue puis courut rejoindre son coéquipier planté devant une vitrine.
– M'étonnerait qu'ils soient venus ici, Rupesh.
Le jeune homme souriait.
– Hé! Il y avait Robbie Williams, hier soir! La classe!
Gwen sourit, amusée.
– Définitivement, ils ne sont pas venus ici, hier soir. Je peux te le garantir.
– Ok! Mais va chercher un plan. Je vais tout de même demander, d'accord? Lança le jeune docteur en se dirigeant vers l'entrée principale.
Gwen voulut protester, puis y renonça. Elle soupira et alla piteusement acheter le plan de la ville. Quelle déchéance pour un membre de l'Institut Torchwood.
Peu après, elle retournait tranquillement potasser son guide en attendant Rupesh. Il fallait qu'elle sache ce que Jack et Ianto étaient devenus. Et pourquoi Loïs ne pouvait plus communiquer avec eux. L'informaticienne était en train de tirer quelques conclusions sur l'orage inhabituel qui avait frappé Londres la veille, entraînant d'étranges perturbations atmosphériques et magnétiques sur la ville. Comme des problèmes de réseaux téléphoniques en pagaille.
Gwen soupira. Mais où étaient passés ses deux équipiers? Elle pointa méthodiquement les quatre ou cinq salles qu'ils n'avaient pas encore faites et trouva le Royal Court Theatre à quelques centaines de mètres de là. Elle trouva étrange qu'ils aient pu passer devant deux ou trois fois sans le voir.
Rupesh revint enfin, tout sourire, tout un tas de brochures dans les mains.
– Alors?
– Rien. Tu as raison, ils n'étaient pas venus voir Robbie Williams.
– Bon! J'ai trouvé le Théâtre. On peut y aller à pieds. Ça m'évitera de te crier à nouveau dessus.
– Trop aimable, Madame! Répliqua Rupesh moqueur.
Tout en suivant Gwen, Rupesh consultait le programme du RAH.
– Hé! Il y aura Sting, le mois prochain!
– Hé bien, vas-y avec Loïs.
– Loïs? Pourquoi ça?
– Oh! Pour rien, lança Gwen en souriant. On arrive!
Gwen se planta devant la façade en déclarant:
– On a trouvé! Ils étaient là!
Rupesh releva la tête de son programme, tout surpris.
– Ben... Comment tu peux savoir ça? Il n'y a quand même pas leur nom sur l'affiche.
– Non...
Gwen désigna un nom sur l'affiche du spectacle.
– C'est le comique favori de Ianto. Les portes n'ouvriront que dans deux heures, pour vérifier. Et toujours pas de nouvelles de Loïs.
– Bon. Alors? Qu'est-ce qu'on fait?
– On va au centre de météorologie. Il faut qu'on ait plus d'informations sur tout ce qui a pu se passer de bizarre ces dernières 24 heures. On fera un petit tour au poste de police aussi, on sait jamais.
– Ok! Tu sais, j'ignorais que le RAH avait un programme aussi cool! Tout donne envie!
– Tu n'as plus qu'à faire des économies et trouver quelqu'un pour t'y accompagner.
– Oh! Je trouverai.
Le sourire et le silence de Gwen montant dans la voiture en disait presque plus long que n'importe quelle boutade. La réputation de cœur d'artichaut du médecin n'était plus à faire auprès de ses équipiers.
– Allez, Don Juan! Au centre météorologique!
En souriant, Rupesh suivit sa collègue. L'idée de prendre des places au RAH n'était vraiment pas pour lui déplaire. Plus vite ils trouveraient Jack et Ianto, plus vite il pourrait faire la réservation directement au guichet. Restait à trouver les deux hommes.
Ianto s'étira comme un chat entre les bras chauds de son amant. L'odeur de Jack le rendait fou depuis les premiers jours. Et se réveiller tous les matins dans ses bras restait pour lui un avant-goût du paradis. Ni plus ni moins.
Une main vint caresser doucement son épaule. Il grommela quand il entendit Jack dire tout bas:
– Il va être l'heure de se remettre en chasse, mon bel endormi.
Ianto nicha son visage au creux de l'épaule aimante en marmonnant:
– Je sais... Encore quelques minutes, s'il te plaît...
Sans bouger, Jack rit doucement:
– Eh! Ce n'est pas toi qui était debout le premier ce matin?
Pour toute réponse, Ianto se lova plus encore contre son amant, renforçant son étreinte en protestant vaguement:
– Hm... Tu as sans doute raison. Je rêverai de rester encore comme ça... Longtemps. Mais si notre chanteur est comme tout les chanteurs, il va certainement faire une répétition. Et c'est là que nous devrons tenter de l'aborder.
Ianto se redressa, surpris.
– On va lui parler, finalement?
– Je crois que nous n'avons pas d'autre choix. J'ai bien réfléchi. Nous sommes dans un monde qui n'est pas le nôtre, et la seule chose qui y ressemble, c'est lui. Il faut que l'on sache exactement ce qu'il est. C'est un risque à courir si nous voulons retourner chez nous.
– Et tu penses sincèrement pouvoir l'aborder au cours de sa répétition? Comme ça?
– Notre ressemblance sera notre meilleur passeport, non? Et puis, si ça ne marche pas, il y aura toujours la sortie des artistes.
– Mouais... fit Ianto en se levant, sans cacher son scepticisme. En attendant, mieux vaut éviter de se faire repérer... Je ne tiens pas à faire la une des journaux en étant pris pour un autre.
Ce disant, il ouvrit l'un des sacs apportés le matin.
– Ah oui? Et tu comptes faire comment? Demanda Jack s'adossant aux oreillers, les mains derrière la nuque, un sourire ravageur aux lèvres.
Ianto se rendit alors compte qu'il s'était levé en restant dans le plus simple appareil, offrant un spectacle imprenable à son amant plus qu'enchanté.
– Dans cette tenue, je te garantis la une des plus grands journaux du pays, lança ce dernier, l'œil brillant.
Ianto lui lança un regard noir pour masquer son embarras, tandis qu'il renfilait boxer, pantalon et chemise à la hâte. Jack manifesta son insatisfaction en riant et prenant l'air boudeur.
– Allons donc! Tu n'as pas le sens de l'humour.
– Pas le tien, sûrement...
Jack se leva enfin pour rejoindre Ianto qui sortait des vêtements de son sac.
– Tu devrais t'habiller aussi...
Jack l'enlaça affectueusement et lui chuchota à l'oreille:
– Pourquoi? Tu n'aimes pas?
– Oh si! C'est... Juste histoire qu'on soit... à égalité...
Jack se contenta de sourire sans le lâcher.
– Montre-moi ce que tu as là-dedans et j'irai prendre ma douche. Promis.
Ianto sourit. Satané Jack. Il savait que cela pouvait déconcentrer Ianto de le savoir en tenue d'Adam juste contre lui. Le jeune homme reprit sa respiration pour expliquer son plan.
– Il va d'abord falloir que tu laisses le manteau. Trop visible. Je t'ai pris un manteau de pluie tout simple, une écharpe, une casquette et des lunettes noires. Avec ça, tu devrais pouvoir passer inaperçu.
Jack glissait la main contre sa poitrine et il avait bien du mal à ne pas bafouiller.
– Et toi?
– Des lunettes noires devraient suffire. Je ne suis pas quelqu'un qu'on remarque habituellement. Surtout en ta compagnie.
– Moi je te remarque, Ianto. Je t'ai remarqué.
– Oh oui! Comme tu as remarqué Gwen, et Owen, et Tosh... Puis Loïs et Rupesh... Sans compter John Hart et Alec et la mère d'Alice... Et j'en passe et des meilleurs.
Pour toute réplique, Jack enserra Ianto dans ses bras avec une force inhabituelle, sans dire mot, la tête sur l'épaule de Ianto. L'amertume du jeune homme retomba aussitôt.
– Pardon... souffla-t-il.
Jack n'abandonna pas son étreinte.
– Je sais... Un jour, j'espère, tu n'auras plus à dire ce genre de choses. Car dans tous les cas, je suis sincère, Ianto. Il te faudra l'accepter.
Pour toute réponse, Ianto releva la tête pour trouver les lèvres de Jack.
Peu après, Jack relâcha son agréable étreinte pour déclarer joyeusement:
– Allez! Hop! A la douche jeune homme!
Le « Non » de Ianto surprit Jack prêt à entrer dans la salle de bain.
– Quoi?
– J'ai dit « non ». Pour la bonne raison que, te connaissant, il n'y aura plus d'eau chaude quand tu la prendras pour de bon...
Jack réprima un fou rire pour jouer l'homme outragé.
– Hm... D'accord... Et là, c'est toi qui vient de me donner une douche froide...
– Le chaud froid, ça revitalise le corps, fit Ianto, mi-figue mi-raisin.
Jack revint vers lui pour prendre le nécessaire de toilette et frappa le postérieur de son amant rieur.
– C'est bon pour cette fois, jeune insolent! Mais tu ne perds rien pour attendre.
Ianto attendit que Jack soit déjà dans la salle de bain pour répliquer:
– Hm... Des promesses, toujours des promesses...
Jack referma la porte en riant.
Ianto prépara leurs affaires et plia soigneusement le manteau de Jack pour le mettre dans un sac.
Une fois Jack habillé comme le lui avait suggéré Ianto, ce dernier l'observa quelques instants:
– Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
– Non... Rien... ça me fait bizarre... C'est le manteau que je préfère. Définitivement.
– Je ne te le fais pas dire, soupira Jack en ajoutant casquette et lunettes noires à sa panoplie de camouflage. Si tu savais depuis combien de temps je porte ce manteau...
– Je sais... fit Ianto en souriant. Enfin, je me doute...
Il désigna l'apparence de Jack :
– Mais je me demande si tout ça va servir à quelque chose...
– Pourquoi ça?
– Parce que même comme ça, on te remarque.
Jack descendit un peu ses lunettes et lui fit un clin d'œil.
– Je sais... Je suis irrésistible.
Ianto leva les yeux au ciel, retenant un sourire et chaussa ses propres lunettes pour suivre Jack qui sortait déjà en riant.
Jack trouva une idée aussi simple qu'efficace pour passer l'entrée du Brighton Centre. Un joli sourire, un autographe et une histoire : il était sorti quelques minutes pour faire un tour sur la berge et ne retrouvait plus à présent les loges. Tout cela lui suffit largement pour ne pas éveiller les soupçons du portier, de la guichetière et de la jeune femme de ménage rougissante qui lui indiqua le chemin vers la loge.
Ianto se disait que les plans les plus simples étaient parfois les meilleurs. Il suivit Jack sans encombres jusqu'à la salle de concert d'où l'on entendait de la musique.
Le chanteur démarra une chanson pour s'arrêter presque aussitôt afin de commenter les effets de lumière.
Les deux visiteurs entrèrent dans la salle de spectacle sans forcément se faire remarquer. Ils s'installèrent tout naturellement pour étudier la situation.
– Comment comptes-tu l'aborder? Chuchota Ianto à son voisin pensif. Il y a beaucoup trop de monde.
– Maintenant que nous sommes entrés, il sera très facile de l'approcher plus tard, sans trop de témoins. Peut-être dans sa loge. Je voulais seulement l'observer avant.
Jack activa discrètement son bracelet et fit la grimace en refermant le couvercle en cuir.
– Toujours aucunes indications? Demanda Ianto.
– Rien Absolument rien. Cette histoire me dépasse, je l'avoue.
Devant la mine soudain soucieuse de Ianto, Jack finit par demander:
– A quoi penses-tu, Ianto?
– Je pense que Gwen doit se faire un sang d'encre.
Le capitaine posa une main sur l'épaule de son équipier en parlant calmement, presque amusé:
– Pas pour longtemps. Nous réussirons à rentrer. Elle va nous faire la tête un moment, c'est tout.
– Hm...
– Il se débrouille plutôt pas mal, hein? Déclara Ianto un bon moment après.
– Moui... C'est pas mon style.
Ianto réprima un rire moqueur.
– Les femmes doivent être folles de lui. Ma sœur adorerait.
Jack préféra ne pas répondre. Au même instant, une pause fut décrétée sur scène.
Jack se leva aussitôt, faisant un signe à son compagnon. Ianto le suivit discrètement vers la loge du chanteur. Ils n'eurent même pas à forcer la serrure, la loge était ouverte.
Une loge somme toute assez fonctionnelle.
Jack enleva écharpe et k-way pour réclamer son manteau à Ianto, interrogatif.
– On va dire que c'est pour éviter que tu me confondes avec lui... J'ai vu comment tu le regardais.
Ianto leva les yeux au ciel et rangea le k-way.
– Même si ce type a la même voix, les mêmes intonations, le même accent, la même gestuelle que toi, tu es unique, Jack Harkness.
– On ne sait jamais, fit Jack en ajustant le col du manteau avec le plaisir évident de retrouver ses habitudes vestimentaires.
– Tu penses qu'il viendra ici?
– S'il est humain, il viendra pour se soulager, non?
Tandis que Ianto réprimait un nouveau fou-rire, Jack fit rapidement le tour de la loge. Quelques vêtements, dont un conservé dans une housse, certainement le costume de scène, des bouteilles d'eau et des serviettes de toilette. Rien de bien personnel ni rien qui n'indiquât autre chose qu'un humain.
Ils n'attendirent pas longtemps. Des bruits de pas, de discussions se rapprochant, et la porte s'ouvrit.
Absolument stupéfait par ce qu'il vit, l'homme s'arrêta au beau milieu d'une phrase avant de refermer la porte.
Jack se redressa aussitôt, mains dans le dos, pour lui faire face. A ses côtés, Ianto attendit avec impatience et curiosité ce que serait l'attitude de ce double inexplicable.
Gwen sortit du centre de météorologie avec la vague impression que le ciel lui était tombé sur la tête. Certes, l'orage avait été violent, et très localisé. Certes des résidus importants d'électricité statique saturaient encore l'air, mais l'évènement avait déjà eu lieu en Irlande, une bonne cinquantaine d'années auparavant. Comme cela n'avait affecté que les communications et les radios locales, et faiblement perturbé le trafic aérien, personne ne s'en était soucié.
Rupesh s'installa dans la voiture vaguement fatigué de ne pas avancer.
– Bon! Quelle est la suite du programme?
– On va vérifier qu'ils étaient bien au Royal Court Theatre. On avisera ensuite.
– Gwen? Rupesh? Vous m'entendez? Si vous m'entendez, répondez-moi!
– Mon dieu! Loïs! Oui! Bien sûr qu'on t'entend! Comment as-tu fait? Les réseaux ne sont toujours pas rétablis!
La voix de l'informaticienne était faible, mais l'intercom fonctionnait à nouveau. Plutôt rassurant.
– Disons que je suis passée par d'autres voies... Ce serait trop long à expliquer... Vous avez du nouveau?
– Non, rien... Et toi?
– Eh bien, j'ai observé les variations magnétiques dans l'air et comparé les données a des situations similaires que Torchwood a classé comme encore inexpliquées.
– Bonne idée! Dis-moi que l'on a une piste!
– Je ne sais pas encore... Mais je peux déjà affirmer que les variations correspondent à celles enregistrées il y a 50 ans en Irlande, 70 ans en Australie et il y a 90 ans dans le Sahara. Ce serait la première fois que cela arriverait dans une zone habitée.
– Et comment tu expliques tout ça?
– Pour l'instant, la thèse alienne n'est pas à exclure.
Gwen en profita pour informer Loïs concernant leurs propres découvertes, omettant de mentionner l'achat d'un guide touristique.
– Ecoute Loïs, je passerai le théâtre au détecteur et tu nous donneras les résultats de l'analyse du labo.
– Ok! A tout à l'heure!
