Sorry pour l'attente, mais les chef-d'oeuvres ne s'écrivent pas en un jour... lol
Merci encore à ma Bêta pompomgirl, Chrismaz.
*Je rappelle, pour la compréhension, je fais particulièrement référence à ma version de COE : " Contre tous principes", dont vous lisez ici, la suite directe.
Sur ce, bonne lecture!
– Bingo! Vous ne saviez pas, c'est ça?
Ianto n'eut pas le temps de répondre, Scott refaisait son apparition dans le salon, l'air perturbé.
– Hé! Quelque chose ne va pas? S'inquiéta son compagnon, en allant vers lui.
– Je... Je peux te parler une minute? Seul à seul.
– Bien entendu... (s'adressant à ses invités) Vous m'excusez...
John suivit son mari dans le couloir.
– Ce... Ce n'est pas un sosie, murmura Scott, encore sous le choc.
– Bien sûr que non! Ils jouent un rôle, c'est tout.
– Non! Je veux dire... Ce type est plus qu'un sosie. C'est... c'est... C'est toi!
– Allons bon! Tu as bien vu comment il est! Je suis certain que l'on peut trouver un truc qui n'est pas comme moi! Une ressemblance pareille est impossible. A moins qu'on m'ait cloné... Et là, ce serait une chouette nouvelle. Mais bon...
– John! Je ne plaisante pas! Fit Scott à mi-voix, obligeant son partenaire à se retourner, tout en soulevant veste et t-shirt.
John éclata de rire.
– Hé! On a des invités!
Scott arrêta le t-shirt à mi-hauteur dans le dos de John, révélant une légère marque de naissance. Il bredouilla:
– Il a la même, John.
– Quoi?
– La marque de naissance. Ce type... Ce type a exactement la même...
– C'est impossible! Et si c'était le cas, personne ne sait ça! Elle est assez discrète pour que les gens m'ayant vu sur certaines photos ne puissent pas le savoir... Tu as rêvé.
– Non! Quand je suis entré dans la salle de bain, tout à l'heure, il était torse nu, et je l'ai vue! Il a la même. Au même endroit... John! Qu'est-ce que ça veut dire?
Son compagnon lui posa la main sur l'épaule:
– Ok. On va les interroger... Mais dis-moi à quoi tu penses?
– Je... Je ne sais pas... Et s'ils disaient la vérité? Hm? Si...
John entoura de ses mains le visage bouleversé de Scott.
– Ecoute, on va les cuisiner et les mettre face à leurs contradictions. Il y aura forcément une faille dans leur jolie mise en scène, fais-moi confiance. Et puis, les deux personnages n'existent pas. Ok! Si cela doit tourner au vinaigre, j'appellerais la police. Ne t'inquiète pas. Au pire, ils finiront en cellule de dégrisement. Hein?
Scott haussa les épaules, loin d'être convaincu, puis suivit John dans le salon.
Burn et Ianto étaient debout de part et d'autre de la pièce. Dans un silence de plomb. Une vraie guerre froide. Scott et John s'avancèrent au beau milieu des pays neutres.
– Bien! Nous avons quelques questions à poser à notre tour, jeune homme.
– A qui le dites-vous, chuchota Ianto, à peine audible.
– D'abord, installez-vous, fit John, montrant le canapé à ses invités.
Burn Gorman s'installa dans un fauteuil qui semblait lui être acquis. Ianto reprit la place occupée auparavant.
– Je vous écoute, affirma-t-il très calmement.
Cependant, il n'en menait pas large. Cette histoire de fiction le travaillait. Et puis, après, qu'était la fiction pour ce monde? Et s'il était « fictif », il se sentait bougrement vivant. Durant le bref instant où l'autre et lui s'étaient retrouvés seuls, Burn Gorman l'avait scruté, passé au scanner de ses yeux perçants. Décidément, il lui rappelait un peu trop bien l'ancien médecin de Torchwood. Mais si son pauvre co-équipier était bien mort, celui-là, était bel et bien vivant.
– Bon! Reprenons! Vous disiez ne pas nous connaître, n'est-ce pas? Au point de ne pas savoir que nous sommes acteurs...
Ianto approuva d'un signe de tête.
– Et de mon côté, je vous affirme que ce n'est pas possible. Qu'avez-vous à répondre à cela?
Le jeune gallois, embarrassé, fut « sauvé » par le retour de Jack, riant sous les coups de langue d'un Captain Jack ravi d'être dans ses bras.
Enjoué, Burn Gorman déclara:
– Eh bien! Captain Jack vous a adopté, dites donc!
– C'est qu'entre Capitaines, on se comprend, affirma Jack prenant le temps de reprendre sa place aux côtés de Ianto, le chien couché sur ses genoux.
– J'ai entendu votre dernière question, M. Barrowman. Mon ami et moi n'avons rien d'autre à répondre que la vérité. Notre incroyable ressemblance nous a fait faire des recherches sur vous, vous pouvez le comprendre. Et rien n'indiquait que vous étiez acteurs. Mais pourquoi est-ce si important pour vous?
John se leva en riant.
– Laissez tomber! Je renonce à vous faire entendre raison. Je vais chercher mon portable.
– Bonne idée! De cette façon, vous serez obligés de revenir à la « réalité », hm? Compléta Burn, légèrement moqueur.
Et John Barrowman quitta la pièce avec un « soyez sages » amusé.
Scott, silencieux, détaillait les deux hommes avec une expression de curiosité mêlée de crainte.
Tout à son observation, il sursauta lorsque Jack le remercia pour la chemise. Une chemise bleu-ciel, d'ailleurs. Ianto trouvait la coïncidence étrange.
D'un geste, Scott fit comprendre que ce n'était rien.
– Je me suis permis de rincer la mienne et de l'étendre. Cela ne vous dérange pas, j'espère?
– Absolument pas, chuchota son interlocuteur visiblement perturbé.
Sur ce, John revint presque courant, un ordinateur sous le bras. Il s'assit d'autorité entre ses deux visiteurs.
– Voilà, voilà! La vérité va vous être révélée! Déclara-t-il solennel.
– On pourrait commencer par ton nom sur google!
Burn s'amusait beaucoup.
– Ok! Dans tous les cas, j'ai fait une vérification ce matin, et je n'ai pas de virus informatique, moi!
Jack et Ianto se rapprochèrent, espérant presque que John ait raison.
Au moins, ils trouveraient une vraie base sur laquelle poser leur réalité.
Burn Gorman s'inquiéta du silence que gardait son ami en train de tapoter sur son clavier avec de plus en plus de vigueur. Mais surtout, avec une expression déconcertée qui en disait long. Comprenant ce qui arrivait, Scott partit se poster à la fenêtre afin de dissimuler son inquiétude. N'y tenant plus, Burn finit par intervenir:
– Alors?
Jack répondit calmement:
– Alors! C'est exactement le problème que nous rencontrons. Certaines pages sont floues ou inaccessibles. Les informations sont à priori incomplètes pour vous aussi.
– John! Tu as... Hm... essayé mon nom?
– Tu penses bien que oui! Voilà un moment que je tente d'obtenir un résultat quelconque. Mais rien de concluant. Impossible d'avoir quoique ce soit sur la série. Rien!
– Et... As-tu essayé avec David?
John tapa le nom de David Tennant, et même de Matt Smith.
– Non. Rien en rapport avec Ten ou le dernier Doctor. C'est à n'y rien comprendre! A croire que les mots se sont évaporés d'internet. Incroyable!
Pris d'une idée soudaine, Burn Gorman sortit un téléphone de sa poche et ouvrit quelques pages internet.
Bredouille, il constata à son tour que les pages le concernant n'existaient plus. Le mot même de Torchwood n'évoquait plus rien et le Docteur restait celui des années 60.
– Mais qu'est-ce que c'est que ce bins! Grommela-t-il mécontent, tandis que John Barrowman essayait de trouver une quelconque solution internet.
Ianto en profita pour avancer une question qui le taraudait depuis quelques minutes.
– Puisque vous constatez que nous disions la vérité, j'aimerais savoir ce que vous entendez par le terme de « fiction ». Vous parliez tout à l'heure comme si nous n'étions que des personnages d'un film.
– Mais vous n'êtes QUE des personnages! S'exclama John Barrowman, refermant le portable et en se levant.
Son attitude trahissait maintenant une vive inquiétude.
– Il va falloir que vous nous expliquiez ce que vous entendez par là, M. Barrowman, déclara posément Jack, notant un début de panique chez ses 3 interlocuteurs.
Scott intervint alors, la voix blanche, les yeux rivés sur la rue.
– John, Binny, venez voir...
– Une attaque de weevils? Lança Burn crânement, mais pas forcément convaincu par sa blague.
John, qui avait déjà rejoint son compagnon, secoua la tête et murmura:
– C'est forcément du tunning...
– Quoi? Bougonna Burn, se décidant à les rejoindre.
Il se retrouva face à un SUV noir, garé près de la maison. Rien de bien extraordinaire. Pourtant, à bien y regarder, sur les ailes avant, était gravé le mot « Torchwood ». De plus, les lumières sur le toit étaient plus que bluffantes de réalisme.
– Même la plaque d'immatriculation est identique, affirma Scott, déstabilisé.
Cette fois, John Barrowman, intrigué, se retourna vers ces deux invités.
– Pousser le fanatisme à ce point, ok, mais je suis curieux de voir comment fonctionne votre véhicule à l'intérieur! Montrez-moi vos fameux ordinateurs de bord!
Il prit d'autorité Jack par le bras, et les autres les suivirent dans la rue.
– Je ne vois pas ce qui pourrait vous intéresser dans le SUV, mais si ça vous amuse...
Jack lança les clefs à Ianto.
– Je te laisse l'honneur de la visite?
Ianto ouvrit donc la voiture aux deux visiteurs. Scott se tint à l'écart. Jack vint lui tenir compagnie.
Burn et John allaient de surprise en surprise. Le véhicule, tout équipé d'ordinateurs high-tech, de machines plus ou moins bizarres, qui fonctionnaient et ne cessaient de les surprendre.
– Je crois que vous avez compris, M. Gill, affirma calmement Jack en se plaçant à ses côtés.
– Je ne sais pas si je dois y croire. C'est tout... murmura Scott, regardant les deux autres s'affairer autour de la voiture.
– Alors soyez gentil, dites-moi pourquoi ces deux-là font ces têtes d'ahuris...
Scott osa regarder Jack. Malgré son air amusé, il parut sincère:
– Vous ne me croiriez pas...
– Si je vous disais ce que j'ai déjà vu dans ma vie... Vous ne me croiriez pas...
Scott sourit à son tour.
– M'étonnerait! Je connais plutôt bien votre vie, Capitaine.
– Ok. Dites-moi...
– Je ne sais pas comment ni pourquoi, Capitaine Jack Harkness, mais vous sortez tout droit d'une série télévisée de science-fiction dans laquelle John vous incarne.
Jack prit le temps de réfléchir, puis ajouta:
– D'où la ressemblance... Et comment s'appelle cette série?
– Torchwood.
– Eh! Scott! Viens donc voir! C'est dingue! Tout fonctionne!
Laissant Jack à sa méditation, Scott s'éloigna en ajoutant très vite:
– Je préfèrerais n'avoir rien dit...
Pensif, Jack se pencha pour prendre Captain Jack quémandeur et tout joyeux dans les bras. Tout collait. Enfin, presque tout... C'était plus que plausible. Mais incroyable.
Il s'approcha du SUV et fit signe à Ianto.
– Ok! Ianto! Je pense que ces messieurs ont eu leur démonstration. M. Barrowman, retournons dans votre salon. Nous avons à discuter tranquillement.
Ils remontèrent donc tous vers la maison. Burn et John tout excités par ce qu'ils venaient de découvrir, Scott déjà rentré, Ianto et Jack fermant la marche.
– Je n'ai pas eu le temps de te le dire, tout à l'heure, ils ont parlé de nous comme des personnages fictifs. Ça n'a pas de sens, glissa Ianto à Jack.
– Détrompe-toi. Ça peut tout expliquer, bien au contraire... Seulement, ça pose un problème.
– Ah oui? Et lequel?
– Comment serions-nous arrivés là? Et surtout, comment allons-nous repartir?
– Hm... Rassurant, merci.
– De rien! Mais au moins on sait pourquoi celui-là s'appelle Captain Jack, fit Jack en lui mettant le chien sous le nez.
– Mouais...
– Allez, ne t'inquiète pas. On est venus, on pourra repartir, ok?
Ianto esquissa un petit sourire brave et hocha la tête.
– Ok.
– Non Non Non Non Non! Impossible! Vous vous rendez compte que vous êtes de grands malades!
Burn Gorman venait d'interrompre le petit discours de Jack sur la possibilité d'appartenir à une fiction.
– Ya des limites quand même, oh! Je suis acteur! Pas bonne poire!
– Monsieur... hm... Gorman... Essayez de comprendre, intervint Ianto, pour nous non plus, ce n'est pas évident...
Une idée plutôt désagréable lui traversant l'esprit, déstabilisé, l'acteur déclara:
– Et puis, d'abord, si vous étiez le personnage de la série, vous ne seriez pas ici vous!
Comprenant le sous-entendu, John préféra intervenir.
– Binny, s'il te plaît...
– Quoi? Enfin, John, c'est vrai! Il est sensé mourir dans la saison 3, fit ce dernier en montrant Ianto soudain blanc comme un linge.
Jack fixa l'acteur avec des yeux noirs. John Barrowman baissa les siens et Scott tenta de rassurer le jeune homme.
– Je suis désolé, M. Jones, il... il n'a pas voulu dire ça.
Ianto déglutit péniblement, essayant de prendre la parole. Mais celui qui incarnait Owen Harper s'interposa à nouveau:
– Mais enfin! La fiction dans le réel! Quelle idée! Dans l'univers de Torchwood, oui, ça pourrait arriver! Quoique sorti d'un cerveau de scénariste plutôt torturé, mais bon, passons... Mais dans notre réalité, les gars, NOTRE réalité! Et je le répète: Ianto Jones, vous mourrez à la fin de la saison 3. Après tout, Owen est bien mort, saison 2, et on en n'a pas fait tout un pataquès... Soit dit en passant, les fans vous regrettent peut-être plus qu'Owen ou Tosh, parce que vous vous faites le chef...
Cette fois, John Barrowman se leva pour faire face à son ami.
– Ecoute, qui que ce soit, tu ne devrais pas lui parler comme ça, Binny. Je pense que les mots ont dépassé ta pensée, et que tu devrais t'excuser...
– Tu rigoles!
– Pas le moins du monde... Je sais que la situation nous dépasse un peu, mais laissons leur au moins le bénéfice du doute. J'avoue que ça expliquerait pas mal de choses...
La voix de Ianto, très calme, se fit entendre:
– Heu... Vous pourriez me dire comment je... comment je... je dois mourir?
D'un regard, John empêcha Burn de faire une réflexion à sa sauce. Ce fut Scott qui expliqua:
– Binny a raison. Dans la saison 3, pour nous, vous avez voulu affronter les 456 seul. Et ils ont répliqué en diffusant un virus dans le bâtiment. Vous êtes mort sur le coup. Avec Jack.
Ne pouvant soutenir le regard interrogateur de Ianto, Jack baissa la tête, ému et embarrassé.
Ianto s'exclama :
– Les 456! Aucun problème! Le Docteur nous a aidé, et il a remis ceux qui restaient aux Autorités compétentes.*
John intervint en souriant:
– Ah ça, non. Ce n'est pas possible. Les 456 ont été tués par le Capitaine Harkness. N'est-ce pas, Jack?
Interpelé aussi directement, ce dernier hocha la tête:
– Je sais... Pourtant, Ianto a raison. Nous sommes parvenus à décoder leurs ondes émettrices et éliminé leurs émissaires. Effectivement en grande partie, grâce au Docteur.
– Je suis désolé, mais ce n'est pas le scénario original, fanfaronna Burn Gorman, ravi de prendre les visiteurs en défaut.
– Et puis pourquoi est-ce que je discute avec des personnages de série, moi! Conclut-il passablement agacé.
Préoccupé, Jack jeta un coup d'œil à Ianto pensif. Il devait maintenant raconter ce qu'il savait. Ce que le Docteur avait changé. Comment réagirait le jeune homme, sauvé par l'intervention de son ami?
– Ce que vous racontez a été empêché par le Docteur. Il m'a expliqué comment j'ai perdu mon petit-fils et mon équipe. Il m'a aidé pour empêcher la destruction de la base ainsi que la mort de Steven.
John, visiblement très ému déclara:
– Je suis content que VOTRE réalité soit plus clémente que notre fiction, Capitaine. Je n'arrivais pas à me remettre de la fin de la base et de l'équipe.
– A ce propos, tiens! Le Docteur aurait quand même pu remonter un peu plus loin afin d'empêcher votre frère, Gray, de tuer Tosh et donc, moi. Enfin, Owen... Hm?
– Binny, arrête!
A cet instant, Burn Gorman avait tout de la tête à la fois en colère et désemparée de Owen Harper. Jack cacha son émotion comme il le put pour déclarer:
– Je l'aurais voulu aussi. Du fond du cœur. Mais il est des évènements immuables dans le temps... Même si cela doit passer par la perte de deux amis très chers.
– Moui... ça c'est un racontar de scénariste pour expliquer comment se débarrasser d'un personnage.
Burn accepta de se taire devant le regard impérieux de John et l'émotion sincère de Jack.
John demanda alors:
– Et comment allez-vous nous prouver que vous êtes la créature de notre série télé?
– Oh! Moi j'ai bien une idée... Mais si vous mentez, Capitaine, l'action n'est pas réversible.
L'air désinvolte et taquin de Burn Gorman fit sourire Jack.
– C'est vrai. Vous pouvez me tuer... Si je pouvais l'éviter, voyez-vous... Car je suis éternel, pas immortel.
– Bien joué Capitaine! Lança Burn, beau joueur.
– Votre bracelet, suggéra Scott. Si tout marche dans le SUV, votre manipulateur de vortex aussi...
Jack hocha la tête et appuya sur quelques boutons. Les lumières s'allumèrent soudain et presque aussitôt, le bracelet diffusa une image hologramme: le plan de la maison.
Jack prit un ton professionnel quoique légèrement amusé:
– En blanc, les pièces éclairées. En bleu, celles qui ne le sont pas. En vert, les pièces où j'ai bloqué l'interrupteur.
Les deux acteurs se regardèrent, puis, l'œil rieur, John s'exclama:
– Ok! Je vais voir!
– Hé! Tu crois que je vais te laisser raconter n'importe quoi? Je viens aussi!
– Opération vérification, code 3! Scott! Une bleue! Je propose les toilettes du premier. Binny! Une blanche! La cuisine me semble une bonne idée.
– Non non! Je viens voir la verte avec toi! Intervint Burn Gorman en suivant John et Scott hilares.
Ianto se retenait de rire. Lorsqu'il se retrouva seul avec Jack (même les chiens avaient déserté le salon, ravis de l'animation ) il soupira:
– Tu aurais pu trouver un truc plus impressionnant. Genre une voiture qui démarre toute seule.
Jack sourit:
– Ah! Tu trouves? Pour de l'improvisation, j'estime que je m'en suis pas trop mal tiré.
– Jack Harkness, modèle de modestie...
Jack referma son bracelet en souriant.
– Yep!
Il s'approcha dangereusement de Ianto amusé, avec un air canaille que le jeune gallois lui connaissait si bien.
– Quelque chose à redire?
Ianto se contenta de secouer la tête, l'air ravi. Jack enroula un bras autour de la taille de son amant avec un petit sourire satisfait.
– Hm... ça m'a manqué, murmura-t-il en lui volant un baiser très doux.
– Quoi donc? Répondit Ianto faussement innocent, laissant une main baladeuse se faufiler dans le dos, sous sa chemise, plutôt agréablement surpris de cet accès de tendresse.
– Toi... Pour moi seul...
Ianto rit en glissant à son tour une main dans le dos de Jack. Il lui rendit son baiser.
– Ah oui? Cela doit faire environ 3 heures et 36 minutes, au bas mot...
– Une réclamation, Ianto Jones et son chronomètre?
– Absolument aucune, Capitaine.
Ianto l'embrassa avec gourmandise.
– Jaloux, Capitaine? Ajouta-t-il, amusé.
– Hm... grogna Jack, tandis que le retour des 3 autres devenait inévitable.
– Avec 3 beaux gars dans cette pièce, et certains regards sur toi, n'ai-je pas raison de me méfier?
Les chiens devancèrent joyeusement les maîtres qui commentaient bruyamment leurs découvertes. Ils se séparèrent. Ianto prit spontanément Captain Jack tout joyeux, dans ses bras, lui offrant ses caresses. Tout sourire, il affirma:
– Que l'on soit réels ou non, il n'y a qu'un seul Capitaine Jack!
Touché malgré lui, Jack ébaucha un sourire et fit face à ses trois interlocuteurs.
Burn Gorman prit la parole le premier.
– Soit vous êtes le plus grand fumiste de la Terre...
– Soit vous êtes ce que vous dites. Bien que je ne comprenne pas comment ce serait possible, compléta John Barrowman impressionné.
Scott vint vers Jack, la main tendue.
– Laissez-moi vérifier encore autre chose.
Jack croisa le regard faussement sévère de Ianto lorsque Scott vint toucher le manteau.
– Vous permettez? Demanda-t-il.
Jack le laissa lui enlever et Ianto ne put s'empêcher de lui glisser:
– Et que dois-je dire, moi? Hm?
Scott manipula le manteau un petit moment.
– C'est un véritable manteau, John. En laine.
– Bien sûr qu'il est authentique. Et alors? Interrogea Jack.
– Vous êtes au moins deux personnes différentes, affirma Burn de plus en plus impressionné.
– Ah oui?
– Je suis allergique à la laine, expliqua John très sérieux. Sur le plateau, les costumiers sont obligés de reproduire ce manteau dans un autre tissu.
– Bien! Mais cela ne prouve pas ce que nous sommes, intervint Ianto, un Captain Jack tout émoustillé entre ses bras.
– Non, c'est exact. Mais cela prouve que vous êtes une personne distincte de moi.
– Parfait! S'exclama Jack, récupérant son manteau avec bonheur. Partons du principe que nous ne faisons pas partie du même monde...
– C'est le moins qu'on puisse dire, ricana Burn en s'asseyant à nouveau. Oh! Juste une question... Vous deux, enfin... Vous êtes vraiment ensemble? Je dis ça parce que j'ai cru voir que... Tout à l'heure...
Ianto allait protester lorsque Jack l'enlaça gentiment en demandant, amusé:
– Cela vous pose-t-il un problème, Monsieur Gorman?
Ce dernier prit un air outré, tournant les yeux vers John et son compagnon avec la tête d'un gardon sorti de l'eau.
– Comment peut-on me poser cette question? Bégaya-t-il devant ses deux amis hilares.
John vint le prendre par les épaules.
– Ayez pitié de lui, Capitaine.
Jack sourit puis déclara très posément:
– J'ai toujours eu pitié de Owen Harper...
Cette fois, c'est Ianto qui retint un fou rire.
La remarque amusée, mâtinée d'une grande tendresse fit revenir les cinq hommes à leur réalité.
Jack frappa dans ses mains et affirma:
– Ok! Partons donc du principe que nous sommes les répliques de votre fiction. Monsieur Barrowman, vous devez certainement avoir des traces écrites de votre personnage.
– Les scripts! Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt! Fit l'acteur, se ruant vers la porte.
Il se retourna presque aussitôt:
– Oh! Et puis, vous pouvez m'appeler John. Nous serions comme qui dirait... jumeaux.
Jack rit doucement alors que son collègue déclarait:
– Je n'ose pas dire ce qui vient de me passer par la tête.
Ianto vint le soutenir, l'œil pétillant:
– Je crois que nous avons pensé à la même chose, Monsieur Gorman.
– Ok! Appelez-moi Binny. On n'est pas jumeaux, mais même en jouant Owen, j'ai toujours eu du respect pour Ianto Jones. Je pense que les scénaristes n'ont pas assez exploité son personnage.
John revint, les bras chargés de livres et de magazines en tout genre.
– Impensable! Certains livres ont disparus et le script n'a plus que des pages blanches.
– Tu rigoles!
Binny se jeta sur ce que son ami déposa sur la table du salon.
Scott, plus proche du matériel vidéo, prit le temps de vérifier les dvds de la série.
Quelques minutes plus tard, ils devaient tous se rendre à l'évidence: les dvds s'enrayaient et de nombreuses pages manquaient. Une seule conclusion possible : il y avait un problème. La série que connaissaient John et Burn, disparaissait.
Jack analysa chaque élément avec son bracelet, essayant d'y ajouter les nouvelles données.
– Non, je suis navré. Toujours rien.
– Mais c'est à ne plus rien comprendre, soupira Burn, laissant tomber un livre vierge sur les autres.
– J'ai une petite idée, déclara Jack. Mais elle suppose que nous partions. Et vite.
Préoccupé, John Borrowman observait le tas de scripts vides. Scott venait de sortir les chiens surexcités.
– Expliquez toujours, Capitaine, fit Burn Gorman un peu assommé par la situation.
– Si nous sommes les personnages de votre fiction, le fait que nous soyons passés dans votre réalité pourrait annuler cette réalité.
John releva la tête:
– C'est à dire?
– Nous sommes là. Dans votre réalité. Si les deux univers sont en train de se superposer: nous existons. Et...
– Et il est logique que nous disparaissions de votre réalité en tant que personnages, compléta Ianto. – Et comme vous êtes le personnage principal de la série, la série complète disparaît de notre réalité, ajouta John en hochant la tête.
– Ça veut dire quoi? Que c'est comme si nous n'avions jamais fait la série? Interrogea Burn, incrédule.
– Exact. Puisque nous sommes réels, votre fiction n'existe plus, ajouta Jack, pensif.
– Logique, compléta John. Bon! Alors! Que pourrions-nous faire?
– Il faut que nous retournions dans notre monde le plus vite possible. Vos carrières ont déjà changé. Qui sait ce qui pourrait arriver à présent.
Scott revenu avec les chiens, avait entendu les derniers mots de Jack. Il s'installa sur le bras du fauteuil où était assis son mari. John passa d'ailleurs un bras câlin autour de sa taille.
– Comment allons-nous nous y prendre? Demanda-t-il.
Ianto intervint alors:
– Si je peux me permettre, il faudrait peut-être déjà savoir comment nous sommes arrivés ici... Non?
Jack sourit. Sacré Ianto! Le pragmatisme et l'ordre chevillés au corps. Et souvent, dans ces cas-là, il avait raison. Seulement, dans cette situation, la réponse risquait d'être difficile à trouver...
A suivre, of course... ^^
