Note: Comme me l'a fait justement remarqué ma chère bêta, Chrismaz, JB n'annulerait pas un concert, à moins d'être mourrant, mais même si je tente d'être au plus près de notre réalité, cela reste une fiction, of course... ^^ Mais j'aime l'idée d'offrir des vacances à notre cher John. lol Sur ce, enjoy!
La base était très silencieuse. Cependant, trois de ses occupants habituels s'y trouvaient encore. Loïs, étalée sur son clavier. L'écran affichait des messages improbables. Rupesh, affalé sur le canapé, recouvert de paperasse en tout genre. Gwen, à moitié allongée sur un bureau, sous une pile de livres effondrés sur elle ou tombés au sol.
Myfawny vint faire un petit tour de colonne d'eau sans réveiller personne. Il était près de 3 heures du matin et l'équipe Torchwood ( enfin, ce qui en restait) s'était écroulée, vaincue par la fatigue.
Le fait de rester bredouilles dans leurs recherches n'arrangeait rien. En tout cas, rien qui puisse expliquer ce qu'étaient devenus leurs collègues. Gwen suggérait un passage dans un autre monde. Le problème? Elle n'avait aucune idée de comment les sortir de là...
A peu près à la même heure, occupé à trouver le sommeil, c'est approximativement ce que Ianto se demandait. Bon prince, John Barrowman leur avait offert la chambre d'ami. La soirée avait été studieuse et pleine d'émotion. L'acteur admirait sincèrement le Capitaine Jack Harkness. Et Burn Gorman avait fait beaucoup pour accepter les faits. Sans le vouloir, il avait surtout tenté de savoir quelles relations Owen avait réellement entretenu avec ses collègues.
Le temps avait filé en discussions et réflexions diverses. Puis, leurs hôtes tombant de fatigue, la décision d'aller se coucher avait été prise.
Burn Gorman avait appelé sa femme pour s'excuser, puisqu'il dormait chez ses amis. Et John avait proposé une chambre à ses deux invités.
Mais Ianto n'avait pas sommeil. Il était sous le toit d'un homme étrange. A la fois si semblable et si différent de son Jack, justement endormi comme un bienheureux, à ses côtés.
Il se demandait encore comment ils avaient pu passer de leur monde à celui-ci. Un monde où il n'était pas seulement pure fiction, mais aussi sacrifié sur l'autel de Torchwood, comme Tosh, comme Owen. La réflexion de Burn Gorman le rongeait. Mort dans les bras de Jack. Certes. Comment? Et qu'avait-il dit en mourant? Ensuite, comment avait réagi sa sœur? Gwen? Jack?
Un frisson désagréable lui parcourut l'échine. Se tournant vers Jack, il l'observa un moment.
– Tu savais, hein? Le Docteur te l'avait dit, n'est-ce pas?
Il tendit la main pour la poser doucement sur la poitrine de son amant.
– Mourir si jeune... Comme Tosh, comme Owen... Tu resterais seul, avec Gwen.
Il eut un petit rire amer.
– Quoiqu'elle ne s'en plaindrait pas. T'avoir pour elle seule... Peut-être en rêve-t-elle...
Il soupira.
– Jack... Je veux retourner dans notre monde. Celui où ton Docteur a permis que je sois encore bien vivant, à tes côtés.
Ianto se remit sur le dos. John Barrowman avait beau ressembler à Jack comme un clone, et se monter aussi charmant que charmeur, Ianto lui préférait le mystère de son Capitaine. Et puis, élément non négligeable, quoique séducteur, l'acteur était un cœur pris. Et pas par n'importe qui.
L'amour qui unissait leurs deux hôtes semblait évident, simple, sincère. Et en un sens, le jeune homme les enviait. John et Scott était un couple et s'affichaient comme tel. Avec une vie simple et normale à laquelle, parfois, le jeune gallois aspirait. Il eut un petit pincement de cœur en s'imaginant en couple normal avec Jack. Puis il sourit dans le noir. Mais comment avoir une vie normale avec Jack? Rien que de se retrouver sous le toit d'un acteur incarnant Jack sur petit écran ne pouvait être normal. Il soupira.
Pour s'occuper l'esprit, il se repassa tous les évènements qui l'avaient amené à se retrouver, victime d'une insomnie dans un monde où un certain Gareth-David Lloyd incarnait Ianto Jones dans une série télé nommée Torchwood.
Il se remémora la base silencieuse, trois jours auparavant. Jack l'invitant pour une soirée surprise, leur arrivée à Londres pour le spectacle, les autographes... l'affiche... A cet instant-là, le changement devait déjà avoir eu lieu. Mais quand? Pourquoi? Et puis, y avait-il eu d'autres bouleversements? Qui cela avait-il affecté? Toute la population? Bon sang! Quelque chose lui échappait.
Il se redressa soudain dans son lit. Mais oui! Comment n'y avaient-ils pas pensé plus tôt?
Trop occupés à se raconter leurs anecdotes, Jack et John n'avaient pas songé à reprendre point par point le fil des évènements afin de trouver quand, et surtout comment ils avaient été transportés dans ce monde. Ianto prit doucement le portable sorti du SUV et l'alluma pour faire quelques recherches. Cette fois, le réseau internet accepta de lui fournir des indications fiables.
Satisfait, avec encore moins envie de dormir, il appela son voisin. Un grognement vague lui répondit:
– Hm? Qu'est-ce que tu as?
– Je crois avoir une idée de comment repartir.
Cette fois, Jack se redressa dans le lit, presque bien éveillé.
– Qu'est-ce que tu racontes?
– Tu te souviens, l'averse, l'autre soir, sur Londres?
– Mm...
– Il y en a eu une ici. Aussi surprenante et aussi violente que la nôtre. Si tant est qu'elles soient différentes...
– Bon... Et alors?
– C'est bizarre. Des pics anormaux d'électricité statique ont été notés ce jour-là. Particulièrement sur Londres.
Jack se rapprocha de Ianto avec l'air coquin, même endormi.
– Ça, c'est parce que nous y étions...
Ianto repoussa une main dangereusement proche d'une partie de son anatomie plutôt sensible aux suggestions.
– Les relevés les plus importants ont été effectués dans des lieux très spécifiques.
– Ah bon?
– Et nous étions sur Wandsworth Bridge à l'heure exacte du pic le plus élevé.
– De l'électricité statique? Fit Jack qui montrait de la bonne volonté à tout autre chose.
– Pourquoi pas... dit calmement Ianto.
– Pour changer de monde?
– On a vu plus tordu, je sais. Mais ça se tient... Avoue-le.
– On aurait changé de monde avant le spectacle?
– Je ne vois pas d'autre explication.
– Alors pourquoi ne nous a-t-on pas remarqués au Royal Court Theatre? Puisqu'à priori, nous sommes, disons-le, célèbres...
Ianto haussa les épaules, un peu découragé. Jack vint se coller à lui gentiment.
– Même si cela pose d'autres questions, ta suggestion me semble pertinente, agent Jones. Maintenant, je te propose de me dire quelle idée tu as eu pour repartir... Ensuite, je connais un excellent moyen de faire dormir un homme qui n'a pas sommeil.
Ianto rit volontiers, puis ferma l'ordinateur, pensif.
– Ce n'est qu'une idée, hein...
Jack l'embrassa dans le cou avec tendresse.
– Hm... Mais encore?
– Si nous jouons le jeu de la fiction jusqu'au bout...
– Moui... approuva Jack en lui mordillant tendrement le lobe de l'oreille.
– Et bien... je me demandais qui nous avait créés.
Jack interrompit ses préliminaires, à la fois surpris et pensif. Ianto continua:
– Il pourra peut-être nous renvoyer chez nous, d'une manière ou d'une autre, et tout redeviendrait comme avant, pour John et Burn.
Les yeux de Jack scintillèrent dans la pénombre.
– C'est brillant, Ianto Jones!
Ianto s'apprêta à se lever; Jack le retint in extremis.
– Hep-là! Où vas-tu?
– Internet refusant de coopérer sur le sujet, je vais bien trouver une quelconque manière de connaître le nom du créateur de nos personnages...
Jack l'obligea à réintégrer le dessous de couette avec une tendresse persuasive.
– Non, non, non... Ne réveille personne! On a dit: « Dodo! ». On aura le temps, quand il fera jour, de trouver une solution... Pour l'instant, je dois tenir ma promesse...
– Ah oui? Laquelle? Demanda Ianto, se laissant faire en souriant.
– Je dois t'aider à trouver le sommeil.
Ianto sourit tout contre les lèvres taquines de son amant. Après tout, le sexe était une manière bien agréable d'occuper une insomnie. Il fut pourtant pris d'un scrupule tandis qu'une main douce se baladait vers son bas-ventre. Il l'arrêta, presque gêné.
– Jack... Peut-être pas ici... On... On pourrait nous entendre.
Jack sourit, amusé. Sa main s'empara du membre viril de son amant et ses yeux pétillèrent.
– Ah oui? Alors on va essayer de ne pas crier. Ce sera difficile, hm?
Ianto frissonna sous la caresse tendrement experte.
– On... va... essayer... oui... balbutia-t-il quand la main diabolique prit un rythme de croisière très agréable.
– On est d'accord, chuchota Jack, s'emparant de la bouche de son amant avec avidité.
Note: Le petit lemon promis. Mon tout premier, hein... Indulgence please... ^^ Et Enjoy!
Ianto se laissa porter par le flot de sensations que lui procuraient les doigts de Jack sur son membre plus que consentant, la proximité du corps nu de Jack, son odeur entêtante, devenue sujet de taquinerie depuis qu'il avait avoué ne pouvoir y résister, la présence de Jack tout court.
Jack, Docteur ès sensualité, mais surtout, possédant un CV 10 fois, voire 100 fois plus long en expériences que la moyenne, cessa ses mouvements engageants lorsqu'il comprit que son amant ne pourrait plus se retenir longtemps.
Jack vint alors l'embrasser avec langueur. Il ne voulait pas se presser. Une fois réveillé, et surtout pour faire ça, Jack était toujours endurant, toujours partant. Jamais fatigué. Ianto poussa un soupir proche de la volupté. Les yeux fermés, il fit descendre l'une de ses mains le long de la colonne vertébrale de son amant éternel et le griffa légèrement en arrivant dans le creux des reins. Il sourit contre les lèvres de Jack quand il le sentit se cambrer légèrement contre lui.
Le jeune gallois savait désormais jouer du corps de son capitaine comme d'un instrument. Il connaissait les gestes à faire pour obtenir de Jack la douce musique du plaisir.
Un chuchotement tendre entre la tempe gauche et l'oreille, et Jack soupirait avec un petit rire. Un glissement de main au creux de l'aine lui arrachait un petit cri de plaisir frustré. Un petit mordillement savamment dosé sur une partie charnue de son anatomie, et Jack se livrait dans un cri avant-coureur.
Le plus amusant, pour Ianto, et parfois le plus touchant, c'était que les points les plus sensibles, du corps de son Capitaine n'étaient pas forcément les parties intimes. Et désormais, Ianto se targuait de les connaître et de savoir en jouer pour emmener Jack très haut, très très haut...
Pris par une envie subite, Ianto fit basculer Jack sur le dos. A califourchon sur les cuisses de son amant, il lui plaça les mains de chaque côté de leurs deux corps avec un regard entendu.
Jack sourit et se laissa faire.
Alors, les mains et la bouche du jeune homme se lancèrent dans une danse soignée et envoûtante qui rendit leurs virilités presque douloureuses d'excitation. Mais Ianto ignora volontairement le membre désespérément tendu de son amant, lèvres pincées, retenant ses gémissements et peut-être aussi, quelques suppliques. Pauvre Capitaine...
Ianto se délecta lentement, mélangeant son savoir du corps de Jack à une grande tendresse presque insupportable pour le pauvre immortel avide.
Mais Jack se laissa prendre en main par son amant. Comment pouvait-il en être autrement? Ianto savait faire de lui une sorte d'œuvre d'art dont la matière était l'amour pur, à la limite de la dévotion. Comment refuser? Quand Ianto prenait les rennes de leurs ébats, Jack savait que cela procurait autant de plaisir à son amant gourmand qu'à lui, si rarement en état d'impuissance. De toute façon, il avait déjà tenté de proposer ses services, et Ianto refusait toujours son aide. Et puis Jack avait appris à lâcher totalement prise, emporté par le bon vouloir de son jeune équipier toujours plein de surprises. Il fallait le reconnaître, Ianto savait diablement comment l'emmener au plus loin de la jouissance. Ce qu'il était en train de faire, d'ailleurs.
Jack se mordit à nouveau les lèvres, le souffle court. L'ultime passage de la langue de Ianto sur son ventre le mit à la torture. Son sexe rigide, douloureux, réclamait sa part, son soulagement. Et quand parfois, il rencontrait « malencontreusement » celui, brûlant, dur, de son amant appliqué et amusé, Jack devait retenir des gémissements inévitables. Pourtant, ils avaient décidé de ne pas rameuter du monde.
Ianto sut que Jack était « mûr » lorsqu'il le sentit trembler sous lui et chuchoter son prénom, presque dans une prière. Il vint alors se placer au-dessus de Jack, enivré par l'odeur de leurs corps emmêlés, sans le toucher. Leurs yeux rivés l'un à l'autre. Jack passa la langue sur ses lèvres sèches puis leva une main sur la poitrine douce de son amant, quémandeuse, caressante, tendre. Puis il la descendit un peu, tentatrice. D'un geste très doux, et sans le quitter du regard, Ianto l'éloigna de son sexe pourtant gonflé de désir.
Puis, comme pour se faire pardonner, il embrassa Jack avec la même délicate attention qu'il avait porté au reste du corps. Mais pendant ce baiser, mélange de langues, de saveurs, d'envies et de souffles, la main de Ianto chercha un but bien précis. De ses genoux, il écarta les cuisses offertes de son amant et ses doigts trouvèrent presque naturellement une bien jolie faille dans un fessier ferme qui s'ouvrit très facilement. La virilité de Jack se fit plus imposante, gênant presque Ianto qui voulait toujours l'éviter avec une malice tortionnaire.
Le jeune homme adora le petit cri, vite étouffé, de son Jack, lorsque l'un de ses doigts préalablement lubrifié de salive vint caresser un orifice convoité. Prenant la mesure de sa toute-puissance temporaire sur Jack au bord de l'extase, Ianto introduisit doucement son doigt, puis 2, puis 3. Quand il sentit Jack sur le point de jouir, il cessa son incursion tentante et vint enfin consoler le sexe tendu, orphelin, de son amant qui poussa un long râle de soulagement.
Cette fois, Ianto, complaisant, laissa Jack s'occuper de lui. Jack lui caressa enfin le ventre et lui prit le sexe entre les mains pour le préparer. Chacun des deux savaient ce qui allait suivre. Et c'est avec un léger soupir de contentement partagé que Ianto entra en Jack et que Jack accepta Ianto.
Le jeune gallois n'eut aucun mal à pénétrer Jack. La confiance et une longue pratique l'expliquaient facilement. Avec bonheur, Ianto sentit le corps chaud de son amant se refermer sur son sexe. Refrénant sa propre pulsion, il s'allongea pour épouser le corps de Jack le plus étroitement possible, sentant, dans les soubresauts du sexe de Jack contre son ventre et les frémissements de son corps musclé, que Jack n'attendait plus que la délivrance.
Ianto se releva très doucement sur les coudes, essayant de bouger le moins possible dans l'antre chaud et palpitant de son amant fébrile. Alors, il donna à ses hanches une poussée très douce, puis, prit une cadence d'abord tranquille qui arracha un gémissement vite étouffé à son Capitaine au bord de l'abîme.
Jack eut tout de même assez de présence d'esprit pour se redresser légèrement et s'emparer des deux globes jumeaux de son amant, à qui il laissa pourtant toute liberté d'aller et venir en lui.
Avec ce geste, Ianto perdit contrôle de sa douceur d'ange. Pris par l'excitation qui ne cessait de monter, il accéléra le mouvement dans un ballet ancestral. Jack le recevait à chaque sursaut avec la même confiance, le même désir partagé.
Très vite, Ianto eut assez de lucidité pour se rendre compte que Jack était proche de la libération. Il augmenta alors son rythme, s'emparant soudain de la virilité triomphante de Jack. Et il ouvrit les yeux.
Voir Jack jouir sous lui, grâce à lui, procurait à Ianto un sentiment de toute-puissance immense. A chaque fois. De tous les êtres de l'univers et de toutes les époques, à cet instant-là, c'était à lui, Ianto Jones, que Jack s'abandonnait totalement.
Il sentit la preuve de cette jouissance couler entre ses doigts quelques secondes plus tard. Il offrit presque aussitôt sa propre semence à son amant, son amour hors d'haleine.
Sans chercher à se retirer, Ianto s'effondra sur le corps de Jack. Ils s'embrassèrent passionnément, reprenant raison et souffle. Leurs regards se croisèrent.
Peu après, Jack lui sourit en lui caressant la joue.
– Tu restes?
– Oh que oui! Chuchota Ianto étroitement emboîté à Jack qui parvint à attraper un coin de leur couette pour la rabattre sur leurs corps enlacés.
Ianto poussa un long soupir de contentement, se lovant tout contre Jack, passant même les mains entre le matelas et le dos de son amant. Il dut trouver une position confortable puisqu'il ne bougea plus.
Jack évita de le déranger le moins possible, de peur surtout de raviver la flamme. S'il s'écoutait, là, maintenant, il était prêt à renverser le jeune homme, l'embrasser sur toutes les parties de son corps et lui arracher des sourires trop rares. Et ensuite, lui offrir, de nouveau, un plaisir fort mérité. Le sexe chaud, resté en lui, palpitait parfois. Une véritable volupté. Complètement détendu, le corps collé à lui comme une ventouse, Ianto avait fermé les yeux.
Jack enroula ses jambes autour des siennes pour trouver une position confortable, puis passa une main dans les cheveux de Ianto. Il l'entoura ensuite de ses deux bras affectueux.
– Bonne nuit, chuchota-t-il en souriant.
Au moins avait-il tenu sa promesse. Ianto avait vaincu son insomnie.
Jack se réveilla finalement assez tôt. Il arrangea la couette sur le corps de Ianto épuisé et partit prendre une douche. Peu après, il rejoignit la cuisine, attiré par une bonne odeur de toasts grillés. Scott préparait du bacon et trois bols se trouvaient sur la table. Son hôte le salua d'un grand sourire.
– Oh! Bonjour Capitaine! Avez-vous passé une bonne nuit?
Jack sourit. Pas étonnant qu'il ne soit pas tellement soucieux de rentrer avec un tel accueil. Il réfréna sa malice habituelle devant un homme aussi charmant.
– Très bonne, merci.
– Je vois que vous avez trouvé de quoi vous changer, fit remarquer Scott en désignant sa chemise bleu foncé.
– Oh! C'est vrai... J'ai un majordome exceptionnel.
Scott sourit en retirant les tranches de bacon du feu.
– Vous m'en direz tant! Allez! Installez-vous. Tout est prêt. Servez-vous en café. John est parti promener les chiens.
Jack obéit avec plaisir. Depuis combien de temps n'avait-il pas pris un petit-déjeuner comme en famille? Longtemps... Peut-être jamais.
– Dites-moi, Scott, êtes-vous certain que je ne sois pas John vous faisant une blague?
Scott s'installa face à lui et l'observa un court instant, à la fois très grave et plein de tendresse.
– Vous n'êtes pas John. John est un enfant. Un adorable chenapan... Mais vous... vos yeux... Ils ont l'air si vieux... Ils vous trahissent.
Jack se contenta de hocher la tête. Il comprenait parfaitement.
– Il... Il a de la chance de vous avoir, murmura-t-il presque malgré lui.
Scott sourit, amusé.
– Une avance, Capitaine Harkness?
Jack rit tandis que Scott ajoutait:
– Moi aussi j'ai de la chance... Et puis, vous, vous avez Ianto. Non?
Jack eut un sourire un peu crispé et but de son café pour se donner contenance. Scott se montra bienveillant.
– Je comprends... J'aime profondément John. Et je sais que c'est réciproque. Mais, parfois, croyez-moi, on aime à l'entendre, Capitaine.
Tout aussitôt, Scott se releva, tout guilleret.
– Oh! Le jus d'orange! Voulez-vous du jus d'orange? J'ai oublié de le faire!
Jack le remercia pour son tact, puis joua le jeu:
– Ne vous inquiétez pas, je survivrais...
Sur cette réplique, déclenchant l'hilarité des deux hommes, Burn Gorman fit son apparition.
Quand il vit Jack, il se plaça juste devant lui, les yeux dans les yeux. Jack soutint son regard inquisiteur non sans un léger sourire.
– Pas possible! J'ai presque failli croire que je rêvais! Vous êtes bien là... Bien réel.
– Je le crains, Burn, répondit tranquillement Jack, amusé.
– Ok, ok! On va faire avec...
Le jeune acteur se tourna vers Scott en s'exclamant:
– Mon cher ami, il va falloir que tu prépares moins bien tes petit-déjeuners! Sinon, je vais prendre l'habitude de squatter ici.
– Ne me dis pas que Sarah ne peut pas faire aussi bien!
– Non... Mais avec deux aliens au milieu, c'est pas toujours facile!
Le ton enjoué de l'acteur prenant place à table fit remonter en Jack les bons souvenirs de Owen malicieux. Pour ne pas se laisser submerger par la nostalgie, il demanda:
– Vous avez deux enfants?
– Oui. Max et Nell. Et croyez-moi, parfois, on se peut se demander si les gosses viennent bien de notre planète.
Ils éclatèrent de rire. Captain Jack entra dans la pièce et vint aussitôt fureter autour de Scott finissant la préparation du jus d'orange. John Barrowman fit son entrée, en survêtement, devancé par trois chiens quémandant de l'affection à qui voulait bien en donner.
– Ah! Vous voilà levés! Avez-vous bien dormi, Capitaine?
Jack sourit. Tout de même, la ressemblance était plus que troublante.
– Parfaitement bien! Merci.
– Bien! Et toi, Binny?
– Impeccable. Et le petit-déjeuner est à la hauteur. Que demander de plus?
John éclata de rire tout en administrant caresses et affections à ses trois zébulons.
– J'ai appelé mon manager. Il m'a fallu batailler sec, mais le concert est annulé cet après-midi. J'ai dit que c'était un cas de force majeur et que je lui expliquerai tout plus tard.
– Eh bien, si tu y arrives, compléta Burn avec un petit sourire. Je suis pas encore certain de digérer le tout, moi.
– Nous pouvions trouver une solution sans vous empêcher de faire votre travail, intervint Jack.
John rit doucement.
– Ma foi! Je ne crois pas qu'il me sera donné de vous rencontrer à nouveau, Capitaine.
– Effectivement...
– Alors, si je peux en profiter...
A cet instant, un énorme vacarme retentit depuis l'entrée et un Captain Jack effrayé se faufila sous la table de la cuisine.
Surpris, les trois hommes se retrouvèrent devant une sorte d'amas de ferraille informe, à la place qu'occupait le dalek. Captain Jack, prudent, essayait de s'en approcher, la truffe plutôt curieuse.
– Incroyable! Même le dalek subit des dégradations!
– Non, John, ce n'est pas incroyable. C'est parfaitement logique, murmura Scott.
– C'est logique, mais inquiétant. Nous devons trouver une solution, quelle qu'elle soit, affirma Jack, plutôt perplexe.
Ils retournèrent s'installer à la cuisine, silencieux, la réalité ayant repris ses droits sur les plaisanteries.
– Ah! Ianto! J'allais justement évoquer ton idée, auprès de nos amis, annonça Jack à l'arrivée de son amant, tiré à quatre épingles, comme à son habitude.
Mais Jack savait que la pâleur et les yeux brillants du jeune homme trahissaient une certaine fatigue. Il sourit, malgré lui. Heureusement, son remède pour dormir s'était avéré très efficace.
Ianto salua poliment l'assemblée et flatta la croupe de Captain Jack fort sociable.
Burn Gorman, en train de faire une tournée, la cafetière à la main, le salua d'un joyeux :
– Oh! Ianto Jones! Bonjour! Je te sers un petit café?
La réplique eut pour effet de relancer une certaine bonne humeur dans le groupe.
Servi par « Owen », (une fois n'était pas coutume), installé devant toasts et jus d'orange frais, Ianto apprécia un petit-déjeuner simple et fort agréable.
– Je disais donc... Ianto a relevé un élément troublant qui aurait favorisé notre passage dans votre monde.
– Ah oui? Lequel? Fit John, intéressé.
– Il semblerait que l'averse violente et soudaine qui s'est abattu le soir de votre concert au Royal Albert Hall, ait pu avoir lieu chez nous, comme chez vous. L'électricité saturée dans l'air a dû favoriser notre arrivée dans ce monde.
– Seulement, juste après, nous sommes allés au théâtre, compléta Ianto. Et les gens ne nous ont pas remarqués.
– Ah oui?
– Ce n'est qu'au bar que la serveuse a réagi. Et que les petits jeunes nous ont dévisagés.
Burn hocha la tête.
– Ok. Où était ce bar?
– A quelques mètres du RAH.
John secoua la tête.
– Et si... -Je sais que ce serait absurde- mais n'est-ce pas ma présence au RAH qui a confirmé votre basculement dans notre monde?
Le visage de Burn s'illumina.
– Mais oui! Vous étiez déjà passé dans notre monde en allant au théâtre. Mais seule la proximité de John, et la mienne peut-être aussi -oui, j'étais au concert- vous a comme matérialisés dans notre monde.
Jack y réfléchissait sérieusement.
– Effectivement... La coïncidence est intéressante à exploiter.
Ianto attendit ce silence pour demander:
– Nous voudrions savoir qui est notre créateur.
– Comment ça? Interrogea Burn, surpris.
– Eh bien, oui, si nous sommes vos personnages de fiction, celui qui nous a donné le vie dans ce monde, pourrait nous aider à nous renvoyer dans le nôtre.
John et Scott se regardèrent un instant, puis ce dernier déclara:
– C'est une idée. Ça pourrait marcher...
– Moui... Sauf que Russel est à l'autre bout du pays, et je doute qu'il puisse se déplacer rapidement jusqu'ici. En plus, si j'appelle pour lui raconter ce qu'il se passe, il ne me croira pas, compléta John sincèrement navré.
Burn quant à lui, éclata de rire.
– Ça c'est pas faux! Avec toutes les conneries que tu peux sortir sur un tournage...
– Et vous-même, Burn, vous ne seriez pas cru? Demanda Ianto se doutant presque de la réponse.
– Lui! S'exclama John en souriant. Quand il le veut, il peut vous faire croire qu'il est médecin dans une organisation ultra secrète qui chasse les aliens...
Les deux comédiens éclatèrent de rire.
– Mais, à mon avis, moi, il me croirait, affirma enfin Scott, très calme.
– Possible... Mais comment vas-tu lui prouver que ce n'est pas moi qui te demande de lui faire une farce? Hm? Fit son compagnon malicieux, ramassant les restes du petit-déjeuner.
– De toute façon, peu importe qui appellera ce monsieur. Il lui faudra des preuves, intervint Jack. J'imagine parfaitement que beaucoup de personnes auraient du mal à concevoir et comprendre une telle situation.
– Absolument! Même nous! Ajouta Burn en souriant.
– Mais tu as une idée, Jack, n'est-ce pas? Fit Ianto qui connaissait bien le regard lumineux que son chef avait à ce moment-là.
– Possible. En utilisant les ondes numériques et la fréquence de l'appel, je pourrais peut-être agir à distance. Il faudra seulement se montrer très convaincant.
– Mais que faites-vous de cette puissance électrique qui aurait permis votre passage dans ce monde? Demanda Burn, pensif. Peut-être vous sera-t-elle nécessaire pour repartir.
– Eh bien, rien ne prouve que ce soit la cause et non la conséquence de notre arrivée. En y réfléchissant bien, la proximité entre vous et moi, John, a pu suffire pour bousculer les réalités.
– Non non non! Intervint Burn. Dans notre monde, vous n'êtes pas réels. Il est donc impossible que vous ayez cohabité avant de déclencher l'orage.
Ianto hocha la tête.
– C'est assez rare pour être noté, mais je suis d'accord avec vous.
Burn lui sourit, amusé. La situation, même incongrue, ne lui déplaisait pas.
– L'énergie de l'orage a forcément déclenché l'ouverture d'un passage à ce monde-ci.
Jack soupira, les mains sur les hanches.
– De toute manière, énergie ou pas, il va falloir tenter l'option du créateur. C'est la seule idée réalisable et plausible que nous avons. Il faut que l'on parvienne à le convaincre.
– Bon, et une fois convaincu, que pourra-t-il faire? Demanda Burn.
Ianto, qui aidait machinalement ses hôtes à débarrasser la table, déclara, avec son petit sourire en coin.
– Ecrire.
« – C'est pas possible! Il le fait exprès, ton patron! »
Embarrassée, Gwen tentait de calmer son mari qui fulminait à l'autre bout du fil. Elle était surtout honteuse d'avoir été réveillée par son téléphone. De s'être endormie, comme ça, ne lui ressemblait pas. D'un autre côté, depuis Ewen, elle n'avait plus vraiment fait de nuits complètes. Loïs avait raison, le bébé plus Torchwood, ça faisait beaucoup. Et voilà qu'au moment où elle avait fait garder son bébé pour profiter de son mari, ses coéquipiers avaient disparus.
– Crois-moi, ils ont vraiment intérêt à être dans la merde, parce que je suis capable de venir m'expliquer avec eux dès qu'ils reviennent. Si tu vois ce que je veux dire...
Gwen retint un fou rire et tenta de raisonner son fougueux gallois de mari.
– Comment va Ewen?
– Eh ben, à priori, ta mère est ravie. Tu penses... Moi je le suis moins, mais tu t'en fous, hein?
– On fait ce qu'on peut, tu le sais bien, déclara gravement Gwen en voyant Rupesh émerger péniblement de sa paperasse l'œil hagard et Loïs, contrariée, essayer d'arranger les bugs d'ordinateur qu'elle avait commis sans le vouloir.
– Quand je rentre, je m'occupe exclusivement de toi, mon chéri, prononça-t-elle, enjôleuse.
– Je... Wouahou! Ok... Tu as... 12 heures. Pas une de plus. Après, je ne me contrôlerai plus...
Gwen rit et salua son mari, l'assurant de son amour avant de raccrocher.
– Je vais préparer une tournée de café, annonça-t-elle à ses collègues pas plus opérationnels qu'elle. Et surtout, pas plus avancés sur le problème qui les occupait...
