Burn Gorman avait les pensées peu claires lorsqu'il se réveilla. Se réveilla? Il fit la grimace. Quel mal de crâne ! Et la bouteille de Whisky vide qui avait roulé au pied de la table du salon devait l'expliquer. Il était chez JB et Scott, d'ailleurs. Eux-mêmes en train de se réveiller, avec des grimaces qu'il trouva comiques. Les trois chiens, jusque-là sagement allongés au pied du canapé, se levèrent dès que leurs maîtres se réveillèrent.
En essayant de se redresser, Burn étouffa un juron. Une bouteille de rhum vide se dressait au pied de son fauteuil. Oui... Il se souvenait de n'avoir pas bu que du Whisky.
– Mais qu'est-ce qui s'est passé? Fit John, la voix pâteuse et Captain Jack déjà frétillant sur les genoux.
Scott passa une main lasse sur son visage.
– J'ai un de ces mal de crâne !
– Moi aussi! Se plaignirent les deux autres.
Burn consulta sa montre. Il était tard. Genre, minuit? Une heure? Il avait un peu de mal à ajuster sa vision.
– Qu'est-ce qu'on a foutu? Demanda-t-il en découvrant une bouteille de Scotch, vide aussi.
John la découvrit en même temps. Leur regard se croisèrent.
– Les bouteilles n'étaient pas pleines...
– Oh? Tu me rassures! Ironisa Burn, pas très fier de lui.
– Et on était trois... ajouta Scott, essayant la station debout.
Pris de vertige, il retomba dans le canapé.
– Très drôle! Marmonna Burn.
John parvint à se lever, aidé par ses chiens tout contents.
– Je vais chercher de l'aspirine.
– Et prépare-nous un bon café, tant que tu y es! Lança Scott.
John se tourna aussitôt vers les deux autres, une expression mi-figue, mi-raisin sur le visage.
– J'ai comme l'impression que ça devrait me rappeler quelque chose. Pas vous?
Burn secoua la tête pour ajouter :
– Ouais... Moi aussi. Mais ce serait quoi? Pour changer aussitôt de sujet :
– Ah tiens! Tu voulais faire une soirée Torchwood, ce soir? Tu sais que je n'aime pas spécialement me revoir... ajouta-t-il en désignant les dvds et les scripts sur la table.
Scott sourit et ne put s'empêcher de le taquiner.
– On sait... Je crois qu'on ne pensait revoir que la saison 3, pour t'épargner.
– Ah ah! Très drôle, râla Burn en se prenant le crâne à deux mains, comme pour l'empêcher d'exploser.
John Barrowman s'éloigna en haussant les épaules avec 3 toutous à ses basques.
Scott aligna les trois bouteilles d'alcool vides sur la table.
– Eh ben! Ça c'est de la descente! Soupira Burn. Dommage qu'il y ait toujours des dégâts collatéraux.
Scott observa les scripts et les dvds éparpillés sur la table. Il eut l'étrange sentiment d'avoir raté quelque chose.
John Barrowman revint avec un plateau, trois verres effervescents et une carafe d'eau.
– Le café est en marche...
Il siffla devant les trois bouteilles.
– Wouahou! Si seulement je pouvais me rappeler ce qu'on fêtait...
Les deux autres hochèrent la tête. Et tous prirent le médicament sans broncher.
John se réinstalla, essayant d'apaiser ses maux de tête en se massant les tempes.
La sonnerie du téléphone ne vint rien arranger. John décrocha.
– Ah! Salut Gavin! Tu vas mieux que nous? Pourquoi tu m'appelles à une heure pareille?... ah? Oui... oui... Je n'ai pas oublié... Non... Enfin, quoique... Passons... Quoi? Comment ça, des explications? Quelles explications? Pour le concert d'aujourd'hui?... Non... Ne crie pas, j'ai mal au crâne...
Il échangea un regard avec son mari, lui aussi un peu déboussolé.
– Ben... Vu l'état dans lequel je suis maintenant, je pense que j'étais malade... Quoi?... Mais non!... je ne me rappelle pas... Oui! Je sais que j'ai annulé, mais je ne me rappelle plus pourquoi...
Il ferma les yeux, l'air las, écoutant un moment son manager. Puis il finit par dire très calmement:
– Oui, Gav, je te promets que je ne le ferais plus... Les fans? Ben... Je réfléchis, et je te proposerai une réponse... Là, je n'ai pas la tête dedans, tu vois... Mais oui! Absolument! Hors de question d'annuler la tournée... Ok... Merci Gav... A demain!
Du fond de son canapé, les bras croisés, l'air très concentré, Scott déclara:
– Pourquoi est-ce que je ne me rappelle plus non plus, de la raison de ton annulation?
– Ben, moi non plus, fit Burn intrigué.
John vint rejoindre Scott et se blottit contre lui. Scott lui fit « sa » place. John ferma les yeux.
Burn soupira.
– En même temps, c'est un peu le principe de la cuite... On se souvient de pas grand chose, énonça-t-il.
Les deux autres approuvèrent. Burn parvint à se lever péniblement. Il débarrassa les trois bouteilles et sortit.
– Je vais voir si le café est prêt.
Quand il vit le dalek qui trônait dans l'entrée, il marqua un temps d'arrêt. Il croyait se rappeler de quelque chose... de quelque chose de très bizarre, de fou... Un truc qui ne serait arrivé que dans Torchwood. Il secoua la tête et marcha vers la cuisine. Le fait d'avoir été Owen Harper, médecin de la série de science-fiction, parfois, ça lui jouait des tours.
John autorisa Captain Jack à se placer entre lui et Scott qui gardait les yeux clos. L'acteur pensa soudain au flamboyant Capitaine Jack Harkness. Il sourit en déclarant:
– Ce serait drôle de rencontrer Jack pour de bon, non?
Burn qui revenait avec le café, l'entendit.
– C'est bizarre que tu dises ça... J'y ai pensé aussi...
Scott compléta:
– Moi aussi.
Ils rirent.
– Ok... On a dû délirer là-dessus tout à l'heure, dit Burn en servant le café.
Scott ajouta:
– Ça ferait un bel épisode de Torchwood. Tu devrais appeler Russell... Ou Steven...
Les deux autres éclatèrent de rire. Le mal de tête allait passer, ils iraient bientôt se coucher. John avait une tournée à finir. La vie continuait.
Burn prit un script dans les mains pour s'occuper un peu, le temps que l'aspirine agisse.
– Alors? D'après toi, ils te réservent quoi dans la saison 4?
– Plus d'action, les USA, et une jolie scène « hot »...
Scott prit un air désapprobateur:
– Je te préviens, je surveillerai...
John rit et l'embrassa.
– Je sais bien! C'est aussi pour ça que je t'aime!
Ils rirent tous les trois.
Aucun des trois ne se souvinrent de ce qu'ils avaient bien pu fêter ce soir-là.
Quand il appela John un jour, Russell lui raconta comment, le même soir, il avait été soudain pris d'une furieuse envie d'écrire sur Torchwood et le Capitaine Jack. Une histoire d'averse violente et d'électricité statique. Bizarre. Pour finir, il avait classé ce bout de fiction dans ses archives. Encore une idée qui ne verrait peut-être pas le jour. Après tout, il n'avait pas écrit grand chose... Pas de vraie trame... Rien qui ne puisse être exploitable pour la suite de la série... Quoique...
– Tu as trouvé quelque chose? Demanda Jack, alors qu'ils approchaient de Cardiff.
– Non. Toujours rien... Cette fois, c'est le blackout total. Rien, ni tonalité, ni réseau Internet, répondit Ianto qui tentait, depuis quelques minutes, de reprendre contact avec leur réalité par tous les moyens.
Jack se pinça les lèvres, mais dissimula son inquiétude.
– Ok! On a encore changé de monde... Cette fois, les nouvelles technologies n'existent plus... Donc, nous non plus...
Il croisa le regard exaspéré de Ianto et ajouta:
– Oui! Bon, d'accord! Mais je peux tenter d'alléger l'atmosphère quand même... non?
– Tu penses que ce n'est pas inquiétant?
Ils passèrent le panneau « Cardiff ». Ianto s'en voulut presque de ne pas en éprouver du soulagement.
– Je n'ai pas dit ça... On va vite être fixé, crois-moi ! A priori, tout semble normal ici...
– Si tu le dis, marmonna Ianto.
Hélas, Jack avait raison. Les rues étaient calmes. Cardiff s'endormait paisiblement. Rien à signaler.
Ianto reprit son téléphone et jura en l'absence de tonalité.
– L'électricité statique a peut-être endommagé le réseau. La ligne satellite a été coupée...
– Alors, arrête-toi! Stop! Intima le jeune homme, avisant une cabine téléphonique.
– Mais pour quoi faire? Fit Jack en pilant quand même le Suv. Puis il vit Ianto descendre et se diriger vers la cabine.
Il secoua la tête et gara la voiture plus ou moins bien, toutes lumières allumées et rejoignit Ianto.
– Tu n'as pas une carte? Lui lança ce dernier l'air presque surpris de se retrouver à cours de solution.
Jack ne put s'empêcher d'éclater de rire.
– Pauvre Ianto! Capable d'avoir du chocolat noir dans sa poche pour attraper un ptérodactyle, mais pas de pièces ni de carte sur lui pour téléphoner? Et non, je suis navré, je n'ai rien sur moi...
Ianto secoua la tête. Presque sous le choc.
– C'est un test... ok... on rentre... fit-il, l'air ailleurs en retournant vers le Suv.
Jack vint entourer ses épaules d'un bras amical.
– Ecoute, tout va bien se passer... Restons optimistes, ok?
Ianto haussa les épaules.
– Mouais... Dis... Qu'est-ce qu'on va raconter aux trois autres?
Jack rit volontiers. Il retrouvait Ianto, cachant son inquiétude derrière des questions et des futilités.
– Je ne sais pas, fit Jack, en remontant en voiture. Sommes-nous obligés de leur raconter?
Ianto rit.
– Non... Ou pas tout. C'est vrai.
Ils arrivaient autour de la Roald Dahl Plass. Jack gara bientôt le Suv à son emplacement habituel, toujours libre, et vit Ianto retenter de téléphoner sans succès.
Ils atteignirent Mermaid Quay, qu'ils longèrent jusqu'à l'entrée de l'office de Tourisme leur servant de couverture.
– Plutôt bon signe ça, hm? Fit Jack, tout joyeux, en déverrouillant la porte avec son bracelet. Dans l'autre monde, elle n'existe pas!
Ianto retrouva son « antre » presque avec émotion. Il actionna le mécanisme qui ouvrait les portes cachées du Hub.
– Bienvenue à la maison, Ianto! Fit Jack, tout content et se frottant les mains.
Il s'effaça théâtralement devant son compagnon.
– Monsieur! Après vous!
Ils parvinrent sans encombres jusqu'au centre de la base. La lourde porte ronde se referma sur Jack guilleret. Il désigna ce qui l'entourait et s'exclama:
– Elle était rudement bonne ton idée, Ianto!
– Quelle idée?
– Celle de faire écrire notre créateur! Fantastique! Brillant! Cool! Enfin, tout ce que tu veux! On est rentrés!
Ianto s'autorisa un sourire. A le voir comme ça, si rarement enthousiaste, Jack ressemblait beaucoup au double qu'il venait de quitter. Un vrai gosse!
– Et... où sont les autres? Fit-il, essayant de ne pas rire. Notre téléphone portable est mort. C'est officiel.
Jack se plaça devant l'ordinateur central. Il pianota un petit moment, un grand sourire sur le visage.
– Ici, pas de problème! Tout est à sa place! Même l'Unit et le Docteur! Et il semblerait que nos équipiers soient... à Londres...
Cette fois, Ianto éclata de rire.
– Tu vas battre le rappel?
Jack se retourna pour lui faire face, malicieux.
– Je n'ai qu'un appel à passer...
Ianto souriait vraiment cette fois-ci. Il mit les mains dans les poches et prit son temps pour dire:
– Oh! Eh bien, environ 2 heures et 45 minutes... Cela suffira largement...
Jack adorait cette lueur coquine quand elle brillait ainsi dans les yeux de Ianto. Il sourit. Et prit le téléphone de la base.
– 2 heures et demi... N'oublie pas qu'une folle furieuse de tout savoir sera au volant...
– Tu as raison. Deux heures et quart... Je commande des pizzas?
– Double boulettes de viande pour moi! Lança Jack à Ianto qui s'esquivait déjà.
Jack composa le numéro de Gwen. En cet instant précis, il avait pourtant toutes autres envies que celle de répondre aux questions de sa coéquipière.
Les trois équipiers terminaient leur tournée peu convaincante des témoignages au beau milieu de Londres. Ils quittaient un petit pavillon et sa propriétaire assez âgée. La vieille dame n'avait pas vu grand chose mais comblait sa solitude en discutant avec Gwen. Cette dernière avait d'ailleurs un peu de mal à s'en débarrasser poliment. Loïs entendit le téléphone de Gwen sonner. Comme celle-ci ne réagissait pas, elle l'interpela:
– Gwen! Tu as un appel! Gwen?
– Une minute, Loïs, je finis de parler avec Mme Turner.
Peu après, et une fois libérée de la femme, Gwen prit son téléphone et resta figée de stupeur.
– Quoi? Qui est-ce? Interrogea l'informaticienne.
– C'est la base.
Rupesh, qui marchait devant, se retourna.
– Quoi?
Gwen recomposa aussitôt le numéro.
– Qu'est-ce qui peut être tellement plus important que moi, Gwen Cooper-Williams? Répondit une voix amusée bien connue.
– Jack!
Gwen stoppa au beau milieu du trottoir, surprenant Loïs qui manqua de lui rentrer dedans.
– Tu es rentré?
– On a fini par retrouver la route, oui.
– Ianto est avec toi?
– Pourquoi me quitterait-il?
– Bon dieu, Jack! On s'est fait un sang d'encre! Vous allez bien?
– Le mieux possible! Dites, je suppose que vous êtes à Londres pour nous retrouver?
– D'après toi?
– Eh bien, il n'y a plus de soucis... Nous sommes de retour. Vous pouvez revenir.
– Jack! Tu m'expliqueras?
– Je ne peux pas tout te dire, Gwen... Tu sais que tu es terrible quand tu t'y mets.
Gwen approuva avec un petit rire.
– Bon! Ok! On arrive, ajouta-t-elle en suivant Rupesh vers la voiture.
Jack laissa un peu ses trois équipiers sur leur faim. Il ne leur expliqua que le strict minimum. Ils avaient basculé dans un monde parallèle où ils s'étaient efforcés de rencontrer les bonnes personnes pour les renvoyer chez eux. Rupesh s'emballa aussitôt, affirmant qu'il avait vu juste.
– Il n'y avait aucun moyen de te ramener d'ici... souffla Gwen, désemparée.
– Non... Il n'y avait aucun moyen.
Ils échangèrent un long regard, puis il ajouta :
– Mais nous sommes revenus, c'est le principal, non ?
Rupesh prit Ianto à part.
– Dis, excuse-moi... Mais, tu sais, j'ai quand même une théorie sur ce qui vous est vraiment arrivé. Je sais que vous ne voulez pas vous éterniser sur ce qui s'est passé, mais, juste, dis-moi si je me trompe...
– Dis toujours...
– Voilà, à bien y réfléchir, je me demande si ces ondes électromagnétiques n'ont pas fragilisé le mur virtuel séparant la réalité de la fiction.
– Pardon ? Fit Ianto, sincèrement surpris.
– Mais oui ! Les personnes en trop, enfermées dans les hôpitaux, se prennent toutes pour des personnages de roman. Qui sait si le monde fictif n'existe pas quelque part, et qu'au lieu de rejeter des personnages chez nous, comme cela a été le cas jusque-là, c'est vous qui êtes allés là-bas. Non ?
Ianto, les mains sur les hanches, déclara très calmement :
– Hm... Pas idiot, ça... Mais franchement, cela m'a paru un monde presque normal... Sans grand intérêt. Et avant que tu le demandes, non, je n'y ai pas vu House...
Rupesh haussa les épaules.
– Je n'ai rien dit !
Ils rirent tous les deux.
Ianto parla de l'idée de Rupesh à son Capitaine. Ce dernier fut agréablement surpris.
– Il commence sérieusement à me plaire notre nouveau médecin.
– Mais on ne lui dira rien, n'est-ce pas ?
– Bien sûr que non ! Mais c'est très intéressant de l'avoir dans notre équipe. Gwen n'y a sans doute pas songé.
– Nous non plus. Nous ne serions pas tombés sur John, nous y serions encore...
– Ianto, je commence à croire sincèrement qu'il n'y a pas vraiment de hasard. Nous aurions trouvé le moyen de revenir. D'une manière ou d'une autre...
– J'aimerais quand même, éviter les orages, à l'avenir... Ils ne me réussissent pas... (*cf :Almost perfect*)
Jack éclata de rire. Ils rejoignirent ensuite les autres pour une mort suspecte.
Jack et Ianto étaient donc revenus. Les petites habitudes et le bébé aussi.
Il était tard. Ianto rangeait une arrivée de prospectus sur le présentoir de l'office du tourisme. Il sifflotait, des écouteurs dans les oreilles. Il n'entendit pas Jack arriver et l'observer un moment en souriant. Il faisait jeune. Très jeune. Il se dandinait sur une musique que lui seul entendait. Un genre de salsa, à en juger par ses petits déhanchés sexy. Dans son monde, Ianto ressemblait à tous les jeunes gens de son âge. Plein de force et de vie, d'insouciance.
Jack croisa les bras et prit le temps de l'admirer un moment. Il ne voulait pas le perdre.
Dans un sens, Ianto devenait sa propre jeunesse envolée, une manière de rester ancré dans une époque à la fois trop vieille et trop avancée pour lui.
Ianto se retourna pour ouvrir un nouveau carton et sursauta en voyant Jack.
Il ôta aussitôt ses écouteurs, les lèvres pincées, l'air de celui qui a quelque chose à se reprocher, les doigts crispés sur le lecteur mp3.
– Oh ! Je ne t'avais pas entendu.
– J'ai vu ça ! Mais tu offres un très charmant spectacle, crois-moi.
– Quelque chose ne va pas ?
– Oh ! Non, rien... rien de spécial. On est pas beaucoup sorti tous les deux, depuis notre retour... Que dirais-tu d'aller traquer les deux ou trois weevils repérés mardi ? A priori, on pourrait les attraper du côté du stade. Des weevils qui aiment le sport, c'est drôle, hein ?
– Eh bien... le temps de préparer ce qu'il faut, et... je suis à toi.
Jack savoura les derniers mots et lâcha nonchalant, mais l'œil brillant :
– Je n'en demandais pas tant, tu sais... Dans 10 minutes, au Suv !
Et il redescendit sans attendre.
Ianto soupira en regardant ses écouteurs. Il n'avait pas forcément envie de chasser ce soir. Mais la proposition de Jack était l'équivalent d'un rendez-vous galant. Ianto devrait toujours s'en contenter.
Jack l'aimait, il en était certain. Mais à sa façon. A la fois charmeuse et pudique.
Il rangea soigneusement le Mp3 que lui avait confié Scott discrètement, en souvenir du passage dans l'autre monde. Il le garderait toujours jalousement secret.
Dans un sens, c'était la voix de Jack qui chantait toutes ces reprises plus ou moins réussies. Et puis, cela l'amusait de l'imaginer se démener sur scène avec des costumes à paillettes.
Mais quand il entendait John chanter « I won't send roses », il croyait encore entendre la voix de Scott lui glisser qu'il ne fallait pas douter de l'amour de quelqu'un qui ne savait pas l'exprimer. Et laisser l'autre venir à vous, quoiqu'il advienne.
Ianto se prépara donc pour une chasse aux weevils, avec un petit sourire. Même si ce soir, il aurait préféré une soirée plus calme, cela ferait quand même une soirée avec Jack.
Peu après, il se dirigeait vers le Suv en sifflotant la chanson. Jack, déjà au volant, lui lança un clin d'œil. Cela suffit pour faire battre le cœur de Ianto plus vite. Il l'aimait, à sa manière, et cela lui suffisait finalement. Il se prépara à une soirée mouvementée et fort excitante. N'était-ce pas ça, après tout, la vie auprès du Capitaine Harkness ?
Jack sourit lorsqu'il découvrit le contenu de la page du livre qu'il venait de commencer. Son intérêt certain fut interrompu par l'arrivée de Loïs dans son bureau.
– Heu... Jack... Un appel urgent. Deux enfants auraient disparu près d'une mine désaffectée où l'on a repéré un pic de faille. On nous demande d'enquêter.
Jack ne sembla pas avoir vraiment entendu, restant quelques instants pensif, avant de demander, très sérieusement :
– Dis-moi, Loïs, tu penses que j'ai de l'humour? Sincèrement...
Décontenancée, la jeune femme ne sut quoi répondre :
– Ben... Oui... C'est vrai... Enfin, cela dépend de la situation... Mais...
Jack sourit de la voir si mal à l'aise.
– Deux gosses ? Une mine désaffectée ?
– Oui... On vient de recevoir un...
Jack referma le livre, se leva en prenant son manteau au passage.
– Allez ! Un petit tour à la campagne nous fera le plus grand bien ! Où sont les autres ?
– Ils se préparent.
– Wouahou ! Quelle organisation ! C'est que je serai presque devenu inutile, moi !
Loïs ne sut si elle devait rire ou pas, troublée par la désinvolture de son patron. En tout cas, il était de fort bonne humeur.
Elle ignorait, et ignorerait toujours, que la raison tenait sur une page d'un livre caché dans un autre, là-haut sur le bureau du chef.
Un livre comme tant d'autres, qu'il n'était pas censé avoir. Un livre offert discrètement par un homme qui aurait pu devenir un ami si les circonstances avaient été différentes.
Un livre qui lui donnerait pourtant l'illusion de vivre par procuration, une vie normale et heureuse. Une famille unie, un mari, une bonne carrière et des chiens.
Quand il monta à bord du Suv conduit par Ianto, il repensait encore à ce qu'il venait de lire.
Et il fut d'excellente humeur. Même Gwen se demanda ce qu'il avait.
La cause tenait en quelques mots venus d'un autre monde et que jamais personne d'autre ne lirait dans le sien.
Twelve things I admire most about Captain Jack Harkness
(12 choses que j'aime particulièrement chez le Capitaine Jack Harkness)
1. His loyalty to his friends – Sa loyauté envers ses amis.
2. His friends – Ses amis.
3. His bravery – Sa bravoure.
4. His coat ( I own an original bought from BBC wardrobe*) – Son manteau (j'ai moi-même un original, acheté à la garde-robe officielle de la BBC.)
5. His unwavering humanity, despite all he's witnessed – Son inébranlable humanité, malgré tout ce dont il a été témoin.
6. His ability to find humour (and aliens) in almost every situation ( me too - except for the aliens) – Sa capacité à trouver de l'humour ( et des aliens) dans presque toutes les situations ( moi aussi, sauf pour les aliens).
7. His bold and honest sexuality – Sa sexualité débridée et sincère.
8. His appreciation of Ianto's knowledge of things to do with stopwatches – Son admiration devant l'imagination dont Ianto fait preuve dans les possibilités d'utilisation d'un chronomètre.
9. His adoration of Ianto – Son adoration de Ianto.
10. His love for the Doctor ( duh ! Me too) – Son amour pour le Docteur ( sans dec' ! Moi aussi)
11. His ability to make impossible decisions under terrible pressure – Sa capacité à prendre des décisions impossibles sous une pression terrible.
12. His ability to breathe underwater (forget I ever mentioned this) – Sa capacité à respirer sous l'eau ( oubliez ça, je ne l'ai jamais dit).
* Scott loves to play 'Doctor' – Scott adore jouer au 'Docteur'
-Extrait (absolument réel ^^) de « I am what I am » de John Barrowman (en collaboration avec Carole E. Barrowman), p. 36
THE END
Je remercie encore ma bêta Chrismaz qui m'a aidé (aussi ^^ ) à la traduction de l'anglais. Je vous remercie également, lecteurs, d'avoir eu la patience de me lire jusqu'ici... lol
Je remercie également, indirectement, John Barrowman, Scott Gill, Burn Gorman et Russell T. Davies, sans qui cette fiction n'aurait pas été possible! Une mention spéciale à Captain Jack et ses deux copains, of course! ^^
Je me suis mise à l'écriture de l'épisode 2. Mais je promets de ne pas vous faire attendre autant entre les chapitres. Pour cela, il me faut de l'avance, et donc, du temps... Et vous, un peu de patience...^^
A bientôt, donc!
Dites, je suis curieuse de savoir ce que vous avez pensé de cette fin... alors, vous savez ce qu'il vous reste a faire... lol Merci!^^
