Alana Chantelune : Oui, c'était « un test », je ne sais pas si tu as vu, mais j'ai changé ce point très vite…
Lapaumee : Je comptais à la base aller jusqu'à la fin du tome 4, mais plus j'y pense, plus je suis tentée de « boucler la boucle » en allant jusqu'à Bill et au mariage à venir…
Vega : Merci ! Je suis vraiment désolée de t'avoir faite attendre…
Laureen : Ça c'est de la review comme je les aime, je vais tenter de répondre à tout ! En ce qui concerne le premier chapitre, je n'ai qu'une chose à dire et c'est : mea culpa, ça m'amusait. Mais il faut dire à ma décharge que JKR elle-même la fait très caricaturale de la haute société française, si bien que ce n'est pas évident de sortir Fleur de cet univers sans la changer complètement. Pour l'attaque des Mangemorts, je vais te répondre ici parce que je ne suis pas parfaitement sûre du moment auquel je vais l'expliquer dans la fic : ces Mangemorts faisaient exactement ce que faisaient ceux à la Coupe de Quidditch, ils s'amusaient (chacun ses loisirs). Maintenant, on peut se demander ce qu'ils foutaient en France puisqu'ils parlent anglais, et bien c'est simple : puisqu'on ne sait rien sur ce qui se passe en dehors de l'Angleterre, je suppose (logique, quand tu nous tiens !) que la situation est moins critique ailleurs, et donc, qu'on y est moins « parano ». Ils sont donc allés là où c'était moins risqué pour eux. Ensuite, je sens que je dois aussi expliquer le sens « caché » de cette scène, son utilité pour moi, l'auteur : il s'agissait en premier lieu de montrer que Fleur est noble (elle aurait pu se barrer au lieu de vouloir sauver le bébé qu'elle entendait pleurer), et qu'elle peut affronter un danger éminent pas seulement lorsqu'elle y est obligée (ce qui était le cas dans le Tournoi, à cause du fameux contrat magique). En second lieu, il s'agissait aussi de démontrer son côté très « fifille protégée en tout temps », avec son père qui accourt dès qu'il entend parler du fait qu'elle serait en train de subir un interrogatoire. Ce côté, elle va le « perdre » dans le Tournoi, lorsqu'elle va se rendre compte qu'elle est seule, et ce, pour la première fois de sa vie ! En ce qui concerne la description de Beauxbâtons, ce sera intégré et étalé un peu partout dans la fic, n'aies crainte ! Finalement (OUF !) il semble bien, d'après ce que disait Croupton quand il délirait, que les directeurs de Durmstrang et de Beauxbâtons formaient eux-mêmes la délégation. J'ai donc fait ce que je vais faire souvent dans cette fic : j'ai pris des libertés sur ce qu'on ne sait pas tout en se basant sur ce qu'on sait. Il va bien sûr de soi que si l'un d'eux ne veut pas en faire partie, il lui suffit d'aller voir Madame Maxime et elle choisira quelqu'un d'autre ;)
Nestie : Merci beaucoup pour ta review, elle me fait énormément plaisir, comme les autres d'ailleurs ! J'ose espérer que je n'ai pas été trop longue pour toi…
Note : Excusez-moi, excuse me, pardone me, etc., etc. ! J'ai mis une ÉTERNITÉ à poster (rassurez-vous, je ne l'avais pas terminé depuis 20 ans et laissé moisir en l'oubliant…) ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira assez pour que vous ne m'en vouliez pas d'avoir été aussi longue. Les autres fics me prennent beaucoup de temps (sans parler du fait que j'ai une vie, MDR !), mais je tiens à rassurer ceux qui pourraient s'inquiéter : cette fic n'est PAS abandonnée et ne le sera JAMAIS ! Je mets « peut-être » du temps, mais je la mènerai à son terme, vous pouvez en être sûrs !
Note (bis) : En toute loyauté, je tiens à vous prévenir que j'ai pris une décision en ce qui concerne cette fic. Il fallait peut-être s'y attendre avec moi (ceux qui ont lu mes autres fics et OS avec Fleur comprendront tout de suite, les autres devront lire ce qui suit pour piger), mais il y aura du Fleur/Cedric ici (on est maniaque ou on ne l'est pas). Je ne compte pas sortir du livre : il y aura toujours Cho Chang (même si je la déteste), Fleur ira toujours au bal avec Roger Davies (même s'il a l'air d'un gros naze), il mourra toujours (même si c'est trop triste), je me contenterai d'exploiter ces (si délicieusement nombreux) moments où on n'a aucune espèce d'idée de ce que font et pensent les personnages autres qu'Harry. Je préviens, des fois qu'il y aurait des puristes ou des anti Fleur/Cedric pour vouloir me taper sur les doigts lorsque ce sera introduit. Mais, mea culpa encore une fois : je ne peux pas m'en empêcher.
Chapitre 4 : Premiers désagréments
Fleur s'éveilla doucement en sentant la chaleur du soleil sur son visage. Elle entendait Florence et Alexandra discuter avec un tel enthousiasme qu'elle se demanda (de façon parfaitement légitime) comment il était possible que la conversation entre ses deux amies ne l'ait pas éveillée. Sans même ouvrir les yeux, elle s'étira avec une grâce et une lenteur toutes félines dans son lit aux draps de soie, comme elle le faisait toujours.
- Feignasse, lança Alexandra sur le ton de la plaisanterie en voyant Fleur se redresser en position assise dans son lit.
- Bien dormi, je suppose ? dit Florence avec un sourire fendu jusqu'aux oreilles, qui démontrait bien qu'elle avait oublié cette histoire de délégation.
- À merveille, répondit la blonde en se levant.
- On se sent toujours bien après avoir remis Lancelot à sa place, commenta la jeune fille aux cheveux noirs.
Fleur mit quelques secondes à se remémorer les événements de la veille et la version « revue et améliorée » qu'elle avait donnée à son énergique amie. Lorsque tout ceci lui revint en tête, elle rougit violemment et plongea brusquement (mais élégamment, il va sans dire) la tête dans l'une de ses nombreuses valises, s'étant découvert un soudain besoin de trouver sa brosse à cheveux.
- Oui, ça fait toujours du bien. Mais tu sais ce qui serait mieux ?
La sorcière, ayant repris le contrôle du rougissement de ses joues, releva la tête de sa valise en brandissant une brosse à cheveux.
- Qu'il arrête de baver devant toi comme un chien bave devant sa gamelle ? suggéra Florence.
- Exact, bien que je te serais reconnaissante de ne plus me comparer à une gamelle pleine de nourriture pour chien. Même indirectement et dans la bouche d'une amie, c'est insultant.
Florence esquissa un sourire d'excuse pour sa comparaison disgracieuse et, masquant aussi bien qu'Alexandra sa jalousie, regarda Fleur passer la brosse dans sa chevelure naturellement lisse et soyeuse. Elles devaient passer une heure devant le miroir, à grands renforts de sortilèges et de produits cosmétiques magiques, pour obtenir un tel résultat. Fleur n'avait qu'à se lever pour être radieuse. Elle faisait la grasse matinée parce qu'elle pouvait se le permettre : Alexandra et Florence ne se considéraient tout simplement pas assez présentables « au naturel » pour faire comme elle.
Les trois filles reprirent leur conversation normale et anodine alors que la semie-Vélane se changeait pour mettre son uniforme de l'Académie. Le moment de jalousie n'avait duré que quelques secondes. Fleur, d'un coup de baguette, coiffa ses cheveux en deux nattes, laissant deux fines mèches lui arrivant au niveau de la bouche encadrer son visage d'ange. Puis, elle appliqua une fine couche de gloss sur sa bouche pour en accentuer la teinte naturellement rosée.
La jeune fille, tout en parlant, vérifia le résultat dans le miroir de la coiffeuse, inspecta brièvement sa tenue pour s'assurer qu'elle était impeccable (et elle l'était, bien sûr) avant d'enfiler ses chaussures. Ainsi, les trois filles purent sortir de leur dortoir et se diriger vers la Salle à Manger, où un petit-déjeuner des plus raffinés les attendait.
- J'ai perdu mon fer plat magique, se plaignit Florence en prenant place à leur table habituelle. Celui que j'utilise quand je suis dans le monde des Moldus ne fonctionne pas ici. Mes cheveux sont vraiment…
- Ils sont très biens, pour quelqu'un qui n'a pas pu faire usage de son fer plat magique, commenta Alexandra. Comment tu as fait ?
- J'ai utilisé le sortilège que tu m'as montré l'année dernière, mais le résultat n'est jamais aussi bien qu'avec le fer… Fleur ?
Elle jeta un regard interrogateur à son amie.
- Oui ? demanda l'intéressée, sans faire un mouvement.
Ses yeux bleu sombre étaient posés sur Fabien Lancelot et trois de ses amis, à l'autre bout de la pièce. Elle ne pouvait pas entendre ce que Fabien leur disait (ce qui, rétrospectivement, devait se révéler un bon point), mais savait parfaitement qu'elle était le sujet de la conversation (ou plutôt, du discours) : il n'y avait qu'à voir les regards plus qu'éloquents qu'il lui lançait en parlant, sans parler de ceux, beaucoup moins discrets et beaucoup plus lourds, des trois jeunes sorciers qui l'écoutaient avidement.
Qu'est-ce qu'il pouvait bien leur dire qui justifiait une telle salivation digne des hommes de Neandertal devant sa personne ? Brusquement, la réponse lui apparut comme une évidence : comme elle l'avait fait avec Alexandra, il devait être en train de raconter les événements de la veille. Cependant, la vérité n'étant pas plus flatteuse pour lui (qui s'était pris le râteau du siècle) que pour elle (qui, malgré le fait que la légendaire mémoire sélective féminine essayait d'effacer cet état de fait, s'était beaucoup trop laissée aller à son goût), il devait être en train de faire exactement la même chose qu'elle avait fait le soir d'avant : embellir la vérité pour se présenter sur un plus beau jour. Tourner la situation à son avantage.
- Excusez-moi une seconde, je reviens, signala-t-elle en se levant.
Fleur n'avait pas le temps de faire dans la finesse et de se trouver une excuse valable : il lui fallait limiter immédiatement les dommages irrémédiables que les mots prononcés par le détestable personnage causaient présentement à sa précieuse réputation. D'un pas décidé, la sorcière aux cheveux blonds traversa la salle, se dirigeant droit vers le Sang Pur. Sans même prendre la peine d'arrêter de marcher, attrapa le poignet de Fabien dans sa main délicate, l'entraînant sous les regards hébétés des trois autres garçons.
Fleur n'avait jamais été très forte (dans tous les sens du terme, bien sûr) et, s'il l'avait voulu, l'héritier des Lancelot aurait facilement pu se défaire de sa poigne. Mais, grandement aidé par sa surprise, il la laissa l'entraîner hors de la salle sans opposer de résistance majeure. La jeune fille avait bien choisi sa sortie parmi les nombreuses portes de la Salle à Manger : elle avait pris celle qui donnait sur l'un des couloirs les moins fréquentés de l'Académie.
À peine la porte était-elle refermée derrière eux qu'elle lui asséna une des gifles les plus magistrales qu'on n'ait jamais vue au sein de Beauxbâtons.
- Je ne veux pas savoir les termes exacts que tu employais il y a quelques secondes pour parler de moi, puisque je me doute de leur choquante vulgarité, mais tu as fort intérêt à arrêter immédiatement.
- Et que devrais-je arrêter, très chère ? demanda-t-il dans un sourire moqueur.
Visiblement, le sorcier condescendant s'amusait beaucoup de la situation.
Grand bien lui en fasse.
- Tu devrais arrêter de… de… d'embellir la vérité comme tu le faisais à l'instant. C'est très inconvenant. Hier, tu t'es pris un râteau. Accepte-le et laisse-moi tranquille ! C'est pourtant simple à comprendre, et, au passage, je te conseillerais de ne pas refaire de tentative si tu ne veux pas parfaire ta collection de râteaux. Et, tu vois, même ça, je tiens fortement à ce que tu oublies fortuitement d'en parler à ta bande d'abrutis congénitaux, ou à qui que ce soit d'autre. Quoi qu'à la réflexion, tu n'es entouré que d'abrutis congénitaux.
- Mais c'est qu'elle est insultée, la petite fleur…
- Au plus haut point, dit Fleur en croisant les bras. Et encore plus depuis que tu viens de me sortir ce surnom parfaitement ridicule.
- Tu aimes mieux Fleur-Fleur ? ironisa le jeune homme.
- Je n'aime rien si ça sort de ta bouche.
- On dit ça…
Fleur se crispa légèrement en sentant les bras entourer sa taille, la rapprochant, lentement mais sûrement, de Fabien. Elle tenta de le repousser, d'une main ferme plaquée sur son torse : il aurait mieux valu pour elle de tenter d'abattre un arbre avec une plume. Lutter. C'était son mot maître dans la situation présente.
Il lui fallait lutter, autant contre les bras de Fabien – dans lesquels elle se sentait devenir incroyablement faible et vulnérable – que contre le feu brûlant qui se répandait dans son corps. Lutter contre cette bouche chaude et douce qui venait de se poser sur la sienne. Et puis finalement, pourquoi lutter contre cette langue qui caressait si sensuellement la sienne ? Ah non, pas question de le laisser faire. Pas encore.
Pour la seconde fois en très peu de temps, la main de Fleur Delacour s'abattit sur la joue de Fabien Lancelot.
- Par toutes les fées des forêts enchantées, ce que tu peux être sot et lent d'esprit ! s'écria-t-elle en reculant d'un grand pas, mettant une distance qu'on pourrait qualifier de sécuritaire entre eux deux. Il n'est pas question qu'une pure perle de la haute société Française – moi – fasse quoi que ce soit avec un… une… une brute sans manières ! Un rustre mal élevé qui se croit tout permis et qui embrasse qui il veut n'importe quand sans se soucier du non consentement de l'autre ! C'est vulgaire !
- Quelqu'un que je connais ?
- Tu sais parfaitement bien que je parle de toi, imbécile ! siffla-t-elle. De toute façon, maintenant que j'y pense, tu sais quoi ? Tu peux bien dire ce que tu veux, Lancelot. Il n'y aura que tes crétins d'amis pour gober tout ça. Qui d'autre irait croire que moi, je pourrais faire… ce genre de choses avec toi ? Ce serait un non-sens absolu.
- Pardon ? s'étrangla-t-il.
- Je dis qu'il serait parfaitement insensé de croire que quelque chose puisse arriver entre une jeune fille bien élevée, en l'occurrence moi-même, et un garçon qui croit stupidement que tout le monde est en pâmoison devant lui, en l'occurrence : TOI.
Satisfaite d'elle-même, elle passa à côté de lui pour poser la main sur la poignée de la porte, mais fut stoppée dans son geste par une main posée sur son bras fin.
- Lancelot, n'ai-je pas été assez claire pour être comprise par tes deux pauvre neurones déficients ?
- Retiens ceci, petite fleur, dit-il d'une voix basse en se penchant pour emmener sa bouche au niveau de son oreille. Aux yeux de tout le monde dans cette salle, tu t'es levée sans raison apparente pour m'entraîner dans le couloir.
Les yeux de Fleur s'arrondirent : elle avait complètement oublié. Pour l'une des premières fois de sa vie, elle avait oublié de penser à la perception que les autres auraient de ses agissements. Il avait pourtant raison : pour des étudiants, si bien élevés soient-ils, il n'y avait pas cinquante milles raisons poussant une fille à entraîner un garçon dans un couloir vide. Dans la situation présente, son niveau de crédibilité, sauf peut-être auprès de ses amies, frôlerait le zéro absolu.
- En plus, continua-t-il d'un ton qui démontrait bien qu'il se délectait de la situation, tu as laissé… des traces.
La jeune fille ne comprit pas ce qu'il voulait dire par là, jusqu'à ce qu'il effleure (avec une telle légèreté qu'elle se demanda s'il l'avait vraiment fait) ses lèvres de son index.
- Des traces de… framboise, si je ne m'abuse.
Sans lui laisser le temps de trouver une réplique cinglante, il ouvrit la porte et alla reprendre sa place auprès de ses amis. Fleur mit quelques secondes (le temps de comprimer correctement sa fureur) avant de faire de même, s'autorisant un bref et subtil regard assassin en direction de la table de Fabien lorsqu'elle prit place près d'Alexandra et de Florence.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? interrogea la première, curieuse.
- Je préfère ne pas en parler, répondit Fleur d'un ton digne en se servant à manger.
De concert, les deux autres sorcières haussèrent un sourcil profondément sceptique, mais ne dirent rien. À peine Fleur eût-elle fini de manger que le professeur Deauclaire, enseignante en potions et directrice adjointe, s'avança vers leur table, une pile de feuilles à la main.
Il était temps de distribuer les horaires de cours aux élèves, une tâche plus longue et plus complexe pour les élèves de septième année, puisqu'on devait prendre en compte les résultats de leurs évaluations de l'année dernière. Alors même que la semie-Vélane se demanda si elle allait avoir un emploi du temps comme les autres, puisqu'elle faisait partie de la délégation.
- Mesdemoiselles Lamerais et Delacour, dit l'enseignante à la chevelure de feu, vous êtes attendues dans le bureau de la directrice, comme tous les membres de la délégation.
Fleur et Alexandra saluèrent leur amie avant de prendre le chemin du bureau de Madame Maxime.
- Hé, Delacour ! interpella une voix féminine dans son dos.
La Française s'arrêta de marcher et se retourna, sans se départir de sa grâce malgré son agacement profond. Elle était sûre que cette fille était la potiche actuelle de Fabien Lancelot, et rien de ce qu'elle pourrait lui dire ne serait fait pour la mettre de bonne humeur.
- Tu veux ma photo, Lamerais ? lança la brune à Alexandra en voyant que celle-ci ne bougeait pas d'un poil.
- Seulement si tu veux un Oppugno, répliqua l'interpellée sur le même ton sec.
- C'est à elle que je parle. Dégage.
- Ta politesse t'honore, dit la jeune fille aux cheveux de jais d'un ton hautain.
- Alexandra, c'est bon, je vais m'en occuper.
Elle se doutait bien que les paroles de la brune sophistiquée risquaient d'obliger Fleur à fournir des explications embarrassantes à son amie par la suite. Alexandra hocha imperceptiblement les épaules et reprit son chemin.
Fleur croisa les bras et reporta toute son attention sur celle qui l'avait si impoliment apostrophée. Ses cheveux bruns lui arrivaient au milieu du dos, et le vert quasi-surnaturel de ses yeux ne pouvait avoir été obtenu autrement qu'avec un stratagème moldu bien connu : des lentilles cornéennes. Elle n'était pas très grande, à l'inverse de Fleur, qui la dépassait d'un bon dix centimètres. (NdA : j'ignore la taille de Clémence Poésy, mais selon moi, Fleur doit mesurer environ 1m70, puisqu'elle est décrite comme « grande et mince »)
La sorcière était ce genre de filles que Fleur détestait : celles qui trichaient honteusement. Oh, bien sûr, il n'y avait aucun mal à soigner son apparence pour se montrer sous son meilleur jour, mais de là à se dénaturer, il y avait un pas, que Fleur et ses amies se gardaient bien de franchir.
Fleur haussa poliment un sourcil pour signifier à l'autre qu'elle attendait qu'elle prenne la parole.
- Tiens-toi loin de lui, lâcha-t-elle soudain.
- Excuse-moi ? dit la blonde en affichant une expression de franche stupéfaction.
- Tu sais très bien de quoi je parle. J'ai entendu tout ce que Fabien disait ce matin à ses amis, alors ne joue pas les vierges offensées, ce serait plutôt déplacé. De surcroît, je t'ai vue quand tu l'as entraîné dehors. Et je…
- Holà, holà, holà, stop, coupa la semie-Vélane. Il serait temps que tu t'arrêtes, parce qu'on nage au beau milieu de l'univers de l'improbable, de l'impossible et du ridicule.
- Quoi ? Tu oses me couper la parole ? Espèce de…
- Et comment. Ton cher Fabien racontait des « galipettes », si tu veux bien me passer l'expression, qui ne sont jamais arrivées et qui n'arriveront jamais en dehors, peut-être, de ses rêves les plus utopiques. Je l'ai emmené dehors pour lui dire de cesser ses idioties. Alors, évite d'être insultante en te faisant de telles illusions.
- Tu penses vraiment que je vais croire une fille comme toi ?
Il s'agissait là d'une remarque qui allait lui coûter très cher.
- Qu'est-ce que tu viens d'oser dire ? dit Fleur d'une voix si sifflante qu'on était en droit de se demander si elle ne parlait pas Fourchelang. « Une fille comme moi », ça veut dire quoi, au juste ?
- Je parle d'une snobinarde qui est trop hautaine pour admettre qu'elle n'est qu'une Marie-couche-toi-là, mais pas assez intelligente pour cesser de dénigrer tout le monde et de traiter tous les autres comme des elfes de maison. Je parle d'une fille narcissique qui croit que tout le monde est à ses pieds, et, au passage, je me demande comment elle fait pour s'enfoncer le doigt dans l'œil aussi profondément.
- Je vois, dit Fleur d'un ton extrêmement condescendant. Tu fais de la projection.
Et, sans laisser le temps à Sarah Lefèvre – c'était le nom de la fille – de comprendre que le terme « projection » était utilisé dans son sens psychologique et non dans son sens cinématographique, Fleur Delacour se détourna et reprit son chemin vers le bureau directorial. En arrivant devant le portrait, elle prononça le mot de passe (« framboise sauvage »). Lorsqu'elle entra dans le grand bureau, tous les autres membres de la délégation étaient là.
- Ah, voilà Mademoiselle Delacour, nous pouvons donc commencer. Mademoiselle Delacour, vous pouvez vous asseoir.
Elle désigna d'un grand geste de la main les fauteuils confortables où étaient assis les autres. Fleur prit place à côté d'Alexandra, qui avait eu le bon sens de garder un siège à son amie, le plus loin possible de Fabien.
- Je vous ai convoqués ici ce matin parce que vous partirez avec moi à la veille d'Halloween pour Poudlard, en Angleterre. Il va donc de soi que je ne pouvais raisonnablement pas vous donner un horaire comme les autres, puisque vous passerez presque toute l'année là-bas. Poudlard ne s'intéresse qu'à l'éducation magique – en aucun cas sociale – de ses élèves, ce qui fait que vous ne pourrez pas suivre là-bas tous les cours que vous suivez ici. Vos résultats aux E.S.C.M.G sont tels que vous pouvez soumettre votre candidature à tous les cours que vous voulez, sauf vous en soins aux créatures magiques, Mademoiselle Lamerais.
Alexandra s'enfonça presque imperceptiblement dans son fauteuil suite à cette remarque.
- Voici donc la liste des cours dispensés à Poudlard, poursuivit Madame Maxime en faisant apparaître sur les genoux de ses élèves la liste des cours et une plume. Vous n'avez qu'à cocher les cours que vous souhaiteriez continuer si vous étiez ici et que vous devriez passer vos E.S.C.M.P (NdA : Évaluation Synthèse des Connaissances Magiques Perfectionnées) au terme de cette année. Inscrivez votre nom, bien sûr.
Fleur baissa les yeux sur la liste. Les cours dispensés à Poudlard étaient en fait ceux qui étaient évalués aux E.S.C.M.G. La Française se contenta donc de cocher les cours qu'elle avait suivis pour ces évaluations : pourquoi se compliquer la vie, après tout ? Il s'agissait là de cours où elle était douée et qu'elle appréciait (à l'exception des soins aux créatures magiques, qui étaient une sorte de mal nécessaire où elle se maintenait dans la moyenne).
La jeune fille tendit sa feuille à sa directrice, qui la prit avec un léger sourire. Lorsque tout le monde eût fini, Olympe Maxime glissa le tout dans une enveloppe frappée du sceau de l'Académie Beauxbâtons, qu'elle donna à sa chouette d'un blanc immaculé. Immédiatement, l'oiseau s'envola par la fenêtre.
- Très bien. Maintenant que ceci est envoyé, et avant de passer au cas des cours que vous suivrez ici avant votre départ, je tiens à vous parler un peu. Les onze d'entre vous qui ne seront pas choisis pour faire partie du Tournoi resteront quand même au Collège Poudlard : ils y suivront les cours avec les autres élèves, et y passeront ce que les Anglais appellent les ASPICs.
Magali Bourgeois leva aussitôt la main, comme si elle était en classe.
- Oui, Mademoiselle Bourgeois ?
- Et les E.S.C.M.P ? demanda-t-elle aussitôt.
Elle se mit à jouer nerveusement avec une mèche rousse tout en parlant très vite.
- Parce que j'ai pour ambition de devenir médicomage, et je sais ce que je dois obtenir aux E.S.C.M.P pour être admise à l'Institut Nationale de Médicomagie, mais je n'ai lu nulle part que l'UNM accepte les… comment vous avez dit ? Les asticots ?
- Les ASPICs, Mademoiselle Bourgeois, les ASPICs, répondit Madame Maxime d'une voix calme. Il s'agit du diplôme anglais de second cycle d'enseignement magique, reconnu internationalement au même titre que les E.S.C.M.P. Vos résultats aux ASPICs équivaudront aux mêmes résultats pour des E.S.C.M.P. D'autres questions ?
- Non, Madame, répondit Magali en cessant de tripoter ses cheveux bouclés.
- Bien. J'en étais donc à parler de ce qui se passera pour le Champion – ou la Championne. L'élève choisi par le juge impartial devra continuer de suivre ses cours, comme tous les autres. N'allez pas croire que les professeurs seront plus cléments avec vous si vous êtes le Champion ou la Championne : ils agiront de la même façon qu'avec les autres élèves. Cependant, cet élève ne sera pas tenu de passer les examens des ASPICs, compte tenu de l'effort, du temps et de l'énergie exigés pour le Tournoi.
Aussitôt, Magali releva sa main, mais Madame Maxime l'ignora et poursuivit :
- Celui ou celle qui sera choisi obtiendra automatiquement la note maximale à tous les cours où il – ou elle – était inscrit.
Les yeux de Fleur s'arrondirent sous la surprise et elle se tourna vers Alexandra pour être sûre qu'elle avait bien entendu. À en juger par les étoiles dans les yeux chocolat de la jeune fille, c'était bien le cas.
- De plus, sachez qu'il n'y a pas de plus beau tremplin pour accéder aux métiers demandant une haute qualification magique ou beaucoup de cran que d'avoir participé au Tournoi des Trois Sorciers. Tous les employeurs du monde magique savent ce que signifie un tel exploit. Même dans la triste éventualité où Beauxbâtons finirait en dernier, les écoles d'Aurors, de médicomagie, etc., etc., s'arracheront la candidature du Champion ou de la Championne. Tout le monde me suit ?
De concert, les douze élèves hochèrent la tête.
- Bon. Vous allez tout de même passer deux mois ici, et je ne vais tout de même pas vous laisser tout ce temps à ne rien faire. Je vais donc vous demander de sortir et d'attendre à l'entrée, tous sauf Mademoiselle Bourgeois. Vous viendrez un à un dans mon bureau et vous irez à vos cours ensuite.
Dix étudiantes et un étudiant se levèrent en même temps de leur fauteuil respectif pour quitter la pièce magnifiquement décorée. Fleur croisa les bras tout en parlant à Alexandra, tournant volontairement le dos à Fabien, dont elle sentait pourtant le regard qu'il fixait sur elle. Ce fait agaçait Alexandra, qui voyait bien que l'insistance du regard du jeune homme énervait son amie, mais qu'elle était trop polie pour lui dire d'aller se faire voir.
- Lancelot, si tu continues de regarder Fleur, tu vas finir par loucher encore plus, lança-t-elle soudainement d'un ton cassant.
- Jalouse, Lamerais ?
- De quoi ? Du fait que tu soies en train de baver suffisamment pour emplir la piscine de mon manoir ?
- Je suppose que tu sais que je porte encore moins d'attention à ce que tu dis qu'à la vie de mon elfe de maison ? répliqua-t-il d'un ton glacial.
Alexandra Lamerais avait le don d'agacer prodigieusement Fabien Lancelot. Elle le savait, et ne s'en privait pas. Elle était plus cassante que Fleur, et, bien qu'elle n'en tirait aucune fierté particulière, la pureté de son sang empêchait le jeune homme de ressentir une quelconque supériorité envers elle, à ce niveau, du moins.
Fleur allait répliquer à Fabien de se taire et demander à son amie de l'ignorer, mais, à cet instant précis, Magali Bourgeois sortit du bureau de la directrice, son emploi du temps en main. La semie-Vélane profita de l'occasion en or que le destin lui offrait de se soustraire à la pénible présence de Fabien Lancelot en pénétrant à son tour dans le bureau.
- Ah, Mademoiselle Delacour, dit Madame Maxime avec un grand sourire en sortant son dossier. Dites-moi, quels cours avez-vous choisis à Poudlard ?
- J'ai choisi les cours pour lesquels j'avais passé des évaluations aux E.S.C.M.G, Madame, répondit Fleur.
- Je suppose que vous voulez les mêmes ici ?
- Oui, Madame.
- Très bien, Mademoiselle Delacour, très bien. Je dois dire que j'ai été très satisfaite de vos résultats, vraiment très satisfaite.
- Merci, Madame, répondit poliment la jeune fille.
- Je suis vraiment très fière de vous, Mademoiselle Delacour. Je suis sûre que, Championne ou pas, vous saurez faire honneur à notre noble Académie devant les gens de Poudlard.
- Je ferai de mon mieux, assura la Française.
- Je n'en doute pas, dit l'immense directrice dans un sourire. Alors, en ce qui concerne vos cours complémentaires, que voulez-vous faire ? (NdA : Ce que Madame Maxime appelle « les cours complémentaires », ce sont des trucs du genre gymnastique, équitation, culture étrangère, discipline, etc., etc.… des cours qui n'ont rien de « magique » mais que j'ai décidé de créer à Beauxbâtons afin d'y ajouter une touche personnelle).
- Je souhaiterais poursuivre les mêmes, répondit aussitôt la jeune sorcière.
- Très bien, dit Madame Maxime en touchant une grille du bout de sa baguette.
Magiquement, les cours de Fleur s'y inscrivirent.
- Merci, Madame Maxime, dit la jeune fille à la chevelure d'or blanc en prenant l'horaire.
- Vous pouvez aller à votre cours, Mademoiselle Delacour.
Fleur se leva et sortit du bureau. Elle ignora prodigieusement Fabien et se dirigea vers son dortoir en observant son emploi du temps. Elle pressa le pas en voyant qu'elle commençait en gymnastique : il lui faudrait donc se changer et se dépêcher d'aller à son cours si elle ne voulait pas être en retard.
En entrant dans son dortoir, elle se dépêcha de retirer sa robe de soie bleu ciel et d'enfiler une tenue et des chaussures plus convenables pour un tel cours. (NdA : Il s'agit de la tenue qu'elle portera pour le labyrinthe. Comme on voit à plusieurs reprises les filles de l'Académie la porter, je suppose qu'elles l'ont toutes et qu'elle n'a pas été donnée à Fleur uniquement pour le Tournoi).
Ceci fait, elle se rendit à son cours en quatrième vitesse et s'assit sur le tapis de sol juste à temps pour ne pas être en retard. Le professeur Duruisseau, une femme plutôt grande et très mince, vêtue d'un justaucorps noir, ses cheveux châtain clair retenus en un chignon serré sur le sommet de sa tête. Beaucoup se plaignaient de sa sévérité, mais après avoir subi la tyrannie de son professeur de musique, Fleur trouvait que c'était de la rigolade. Elle frappa dans ses mains sèches et osseuses pour attirer l'attention des élèves.
- Bonjour tout le monde, dit-elle de sa voix haut perché. Il est fort probable que vous vous soyez grandement amusés pendant vos vacances, et bien maintenant, sachez qu'elles sont terminées. Je ne tolérerai aucun laisser-aller…
À ces mots, la porte s'ouvrit à la volée sur Alexandra Lamerais, légèrement essoufflée, vêtue de la tenue de sport de l'Académie, les cheveux retenus en une queue de cheval.
- Quand je parlais de laisser-aller, c'est ce genre de choses que je ne tolère pas plus que les années précédentes, dit l'enseignante mécontente.
- Excusez-moi… pf, pf, pf… Madame Maxime… pf, pf… emploi du temps… délégation… pas eu le temps de…
- Asseyez-vous et cessez de me faire perdre mon temps, coupa la femme.
Les joues légèrement roses, Alexandra alla prendre place à côté de Fleur.
- Je disais donc qu'aucun laisser-aller ne sera toléré ici. Cela fait, pour la grande majorité d'entre vous, six ans que je vous enseigne, et je n'ai pas changé sur ce point. Je suppose que je suis claire.
Fleur, sûre qu'elle allait parler de discipline pendant un quart d'heure, laissa son esprit divaguer. Comment empêcher Lancelot de continuer à raconter quelque chose qui ne s'était pas produit ? Un Sortilège d'Amnésie, peut-être ? Non, trop radical. Quoi que…
L'enseignante croisa les bras face à sa classe silencieuse et, sans crier gare, décroisa les bras et effectua un mouvement de gymnastique, rapide et parfaitement exécuté.
- Qu'était-ce ?
Immédiatement, Magali Bourgeois leva la main.
- Oui ?
- Une rondade flip, professeur.
- Bien. Maintenant, qui pourrait le refaire ? Mademoiselle Delacour, par exemple ?
Fleur revint à la réalité en entendant son nom. Devant la sévérité du regard du professeur Duruisseau, elle comprit que celle-ci avait bien vu qu'elle était perdue dans ses pensées et qu'elle voulait la prendre sur le fait devant toute la classe.
- Oui, professeur ? répondit-elle, faisant comme si elle avait tout suivi, ce qui était loin d'être le cas.
- Et bien, venez ici.
Fleur se leva et alla rejoindre l'enseignante devant la classe. Le professeur croisa les bras en la toisant d'un air presque moqueur. Visiblement, elle n'avait nullement l'intention d'indiquer à Fleur ce qu'elle était supposée faire, et si Fleur le lui demandait, cela reviendrait à admettre devant toute la classe qu'elle n'avait absolument rien écouté.
Son regard se posa sur Alexandra, qui articula silencieusement le nom de la figure à exécuter. Bénissant mentalement Merlin d'avoir créé Alexandra Lamerais, la semie-Vélane exécuta exactement la figure demandée, sous le regard – surpris et furieux – de l'enseignante, qui, de mauvaise humeur, la renvoya à sa place.
Après une longue journée de cours, Fleur, Alexandra et Florence discutaient avec animation en dégustant l'excellent dîner préparé par les elfes de l'Académie, lorsque Madame Maxime se leva de sa place, réclamant le silence par le fait même.
- Mes chers élèves, je vous interromps en plein repas pour vous signaler que le bal costumé que nous avons coutume de tenir le soir de l'Halloween n'aura pas lieu à la même date qu'à l'habitude, en raison du Tournoi des Trois Sorciers. Le bal, exceptionnellement, se tiendra le vingt-neuf octobre, la veille du départ pour l'Angleterre. Ce sera donc, en plus d'une célébration à l'avance de l'Halloween, une façon d'honorer le départ de la délégation. Je vous remercie de votre attention.
Elle se rassit et les conversations reprirent. Celle du célèbre trio s'orienta tout naturellement vers le bal, chacune se demandant quel costume elle allait porter.
Le mot de la fin : Et voilà ! J'espère vraiment que vous avez aimé… que ce soit le cas ou pas, review s'il vous plaîîîît !
