Note : Pour voir le costume de Fleur, allez faire un tour dans mon profil, j'y ai mis le lien ;)
Note (bis) : Je tiens à le spécifier vu que c'est à partir du chapitre suivant que j'entrerai dans le tome 4 mais un élément du film est déjà introduit, DONC : sachez que je prends du film, je prends du livre, je bouche des trous avec mon imagination… en résumé, si ce qui est dans le livre est mieux je prends du livre, si c'est ce qui est dans le film qui est mieux je prends ça, si on ne sait pas, j'invente ! Donc ne vous surprenez pas trop ;)
Chapitre 5 : Une lutte à finir et un départ
- Sapristi ! Fleur, tu veux bien m'aider avec mes ailes ? gémit Florence.
C'était le vingt-neuf octobre, et le fameux trio était en train de se préparer pour le bal tant attendu, qui marquerait le départ de la délégation. Fleur alla derrière son amie pour l'aider à fixer ses ailes de plumes blanches qui complétaient son costume d'ange.
- Ma baguette, les filles, vous avez vu ma baguette ? s'exclama soudain Alexandra.
- Elle est sur ta table de chevet, Alex, répondit Florence.
- Non, pas ma vraie, la baguette de mon costume !
Deux semaines plus tôt, elles étaient allées acheter leurs costumes, et le déguisement de fée d'Alexandra lui avait coûté une vraie fortune. La baguette étoilée à elle seule valait une cinquantaine de Gallions.
- Je pense que je l'ai vue hier, commença Fleur, mais elle fut interrompue par le cri triomphant de son amie, qui venait de dénicher la fameuse baguette de sous son oreiller. Puisque ceci est réglé, tu veux bien m'aider pour ses ailes ? Je n'arrive à rien…
- Les filles, vous êtes des sorcières ou quoi ? s'exclama Alexandra en les rejoignant. Tout ce qu'il faut, c'est un coup de baguette.
Tout en disant ceci, elle donna un léger coup de baguette sur le dos de la fille de Moldus. Mais la baguette de son costume n'était nullement conçue pour jeter des sorts, et elle se contenta de projeter de petites étoiles roses et argent.
- Un coup de vraie baguette, rectifia-t-elle en prenant sa baguette magique.
D'un souple mouvement de poignet, elle fixa les ailes sur le dos de la robe blanche et vaporeuse de la jeune fille aux cheveux caramel. Contrairement aux ailes transparentes et légèrement nacrées du costume d'Alexandra, qui bougeaient doucement dans son dos, les ailes de plumes d'un blanc immaculé de Florence était parfaitement immobiles. Une couronne de petites fleurs blanches était posée sur sa tête : elle était simplement adorable. Les trois Françaises, après avoir vérifié que rien ne manquait à leurs tenues, quittèrent leur dortoir et se dirigèrent vers la salle de bal.
Il s'agissait d'une immense pièce, spécialement aménagée pour les nombreux bals qui se déroulaient à Beauxbâtons dans une année, car contrairement à Poudlard, le nombre de bals justifiait qu'il y ait une salle spécialement pour cela : il y avait le bal de rentrée, le bal de l'Halloween, le bal de Noël, le bal de la St-Valentin, le bal du printemps et le bal de fin d'année.
Aujourd'hui, l'on fêtait l'Halloween, et la décoration, bien que faite en conséquence, n'en était pas moins raffinée et somptueuse. Dans le marbre blanc du plancher, les armoiries de l'école étaient dessinées avec de fins traits d'or qui brillaient doucement dans la lumière chaude des nombreuses citrouilles, où les elfes avaient taillé avec soin divers motifs.
Lorsque les amies entrèrent une à une, Florence d'abord, puis Alexandra, et enfin, Fleur, les regards de toutes les personnes présentes se tournèrent vers elles. On murmura des commentaires appréciatifs en voyant le costume d'ange de Florence, on étouffa des exclamations d'éblouissement en voyant le déguisement de fée d'Alexandra…
On cessa de respirer lorsque Fleur fit son entrée, superbe dans sa tenue écarlate d'inspiration orientale.
Enfin, ce n'était pas tout à fait exact : les garçons cessèrent de respirer. Les filles, quant à elles, se mirent à fulminer en silence, ruminant leur jalousie. Fleur, comme toujours, était tout simplement trop sublime pour qu'on puisse trouver un mot assez fort pour lui rendre justice.
Sur sa tête était posé un long voile d'un tissu transparent. Ses pieds nus se posaient silencieusement sur le sol à chacun de ses pas gracieux. Tout dans cette tenue, absolument tout, de son joli bustier à sa jupe, longue et vaporeuse, qui bougeait avec élégance à chacun de ses mouvements, était fait pour la mettre en valeur, comme si elle n'était pas déjà assez magnifique. La tenue orientale lui seyait à merveille, accentuant son aura naturelle de sensualité.
Elle balaya la salle du regard, mais ne vit pas Jacques Dupré, son cavalier pour le bal. Visiblement, il n'était pas encore arrivé, ce qui était profondément ennuyant pour trois excellentes raisons. Premièrement, Alexandra et Florence étaient immédiatement allées rejoindre leurs cavaliers respectifs, la laissant seule. Deuxièmement, elle avait l'air de ne pas être accompagnée, et ceux qui n'avaient pas de cavalière n'allaient pas tarder à la suivre comme des elfes de maison en manque d'attention. Troisièmement, Fabien Lancelot s'avançait justement vers elle.
- Bonsoir.
Pourquoi Merlin n'envoyait-il jamais de sauveur quand on en avait vraiment besoin ? Politesse oblige, Fleur était bien obligée de lui répondre.
- Bonsoir.
- Tu cherches quelqu'un ?
- Mon cavalier, répondit la jeune fille en espérant que cela serait suffisant pour le faire dégager.
La semie-Vélane était sûre qu'il ne bougerait pas d'un millimètre. Pourtant, fait étrange qui méritait qu'on le marque d'une grosse croix rouge sur le calendrier, Fabien se contenta de laisser échapper un discret « Oh » avant de repartir, comme si de rien était.
Quelques minutes plus tard, Fleur était remise de sa surprise et se promenait comme si de rien n'était dans la salle, cherchant son cavalier. Depuis quand un garçon posait-il un lapin à Fleur Delacour ?
- Votre attention s'il vous plaît ! dit soudainement la voix magiquement amplifiée de la directrice. Je demanderais à tous les Champions potentiels et à leurs cavaliers de venir me rejoindre ici, afin que nous puissions ouvrir le bal !
« Merde » songea Fleur, s'autorisant une vulgarité parfaitement inconvenante, mais qui était tout à fait de circonstance. Elle était sensée ouvrir le bal avec son cavalier, mais là était le problème : elle n'avait pas de cavalier.
- Puis-je me proposer de t'aider ? dit Fabien dans son dos.
Elle se retourna.
- Pardon ?
- Il semble bien que nos cavaliers respectifs nous aient grossièrement fait faux bond, enchaîna le joueur de Quidditch. Je ne souhaite pas réellement danser une valse tout seul. Pas plus que toi, j'en suis sûr.
Fleur hésita quelques secondes, le temps de réfléchir : Madame Maxime attendait qu'ils arrivent, elle avait urgemment besoin d'un cavalier et on lui en proposait un – désagréable, certes – sur un plateau d'argent. Il était préférable, au moins pour ouvrir le bal, d'avoir un cavalier méprisable que de ne pas en avoir du tout. Même si le cavalier méprisable en question était le garçon qui semblait avoir pour loisir principal de lui pourrir l'existence, et inversément.
La jeune fille accepta donc le bras que lui proposait le jeune homme, tout en se promettant de faire payer à Jacques Dupré son retard inacceptable. Ils arrivèrent donc face à Madame Maxime avec les autres. Fleur articula un silencieux « je t'expliquerai tout à l'heure » à l'adresse d'Alexandra, qui la regardait avec des yeux ronds comme des Cognards. La directrice fit signe à l'orchestre, qui entama une valse, lente et élégante.
Fleur, tout en songeant à la manière la plus appropriée de punir son cavalier légitime de son manque flagrant de savoir-vivre, laissait Fabien guider ses pas. Fort heureusement pour elle, le jeune homme était un bon danseur, et elle ne courait aucun risque de se faire écraser les pieds, ce qui aurait été particulièrement douloureux, vu qu'elle n'avait pas de chaussures.
- Mesdemoiselles et Messieurs, dit Olympe Maxime au terme de la valse, le bal d'Halloween est officiellement commencé !
Tous applaudirent avant de se diriger peu à peu vers la piste de danse. Fleur releva la tête vers Fabien, qui la regardait avec un léger sourire. Il était près… très près… trop près… il lui fallait une échappatoire au plus vite…
- Excuse-moi une minute, dit-elle en se reculant à l'ultime seconde. Il faut que je… heum… toilettes…
Sans lui laisser le temps de la retenir, elle s'éloigna et sortit de la salle de bal, ignorant les regards en biais qu'on lui lançait alors qu'elle traversait la grande pièce d'un pas rapide, son long voile flottant derrière elle.
Elle marcha dans les couloirs, déserts en raison du bal. Lorsque la sorcière entendit des pas derrière elle, elle sut tout de suite qu'il s'agissait de Fabien. Voulant à tout prix éviter qu'il recommence à la harceler comme il l'avait fait au début de l'année avant de passer à la phase « je me moque de toi en plus de me payer le luxe de ternir peu à peu ta réputation », elle ouvrit la première porte qu'elle vit – celle d'un placard – et se précipita à l'intérieur en refermant la porte.
Curieusement, au lieu d'entrer en contact avec le mur du fond du placard sombre, Fleur se cogna contre quelque chose de plus mou, contre… un corps ? Elle se retourna brusquement et poussa un cri strident en voyant le visage vide d'expression de Jacques Dupré, qui tomba contre elle, étrangement froid. Elle rouvrit la porte d'un coup sec et sortit du placard encore plus rapidement qu'elle y était entrée.
Jacques, tel un tas de chiffons, s'effondra à ses pieds. Fleur cria à nouveau d'effroi et recula jusqu'au mur opposé du couloir, le souffle court. « Respire » se dit-elle en tentant de retrouver son calme. Elle réprima un haut-le-cœur. Est-ce qu'il était mort ? « Respire, surtout, respire… garde ton calme… ». Prenant son courage à deux mains, Fleur s'avança vers Jacques, parfaitement immobile. Il avait vraiment l'air mort. Elle déglutit avec difficulté.
Soudain, Fleur ressentit la même impression de froid glacial que lorsqu'elle avait vu le cadavre de cette femme moldue plusieurs semaines plus tôt. Elle avait l'impression que ses entrailles, après s'être nouées douloureusement, venaient de se dissoudre complètement. La sorcière retint son souffle et s'accroupit pour tenter de déceler sa respiration. De sa main tremblante, la Sang Mêlée toucha le poignet du jeune homme, cherchant son pouls.
- Il va bien, assura une voix dans son dos. Il dort.
Elle se retourna et vit Fabien Lancelot qui observait la scène, les mains dans les poches, masquant tant bien que mal une grande satisfaction. Puis, tout devint clair pour Fleur : son cavalier légitime absent pour l'ouverture du bal, elle n'avait pas eu le choix d'accepter le bras du Sang Pur. Comme par hasard, Jacques partageait le dortoir de Fabien. Il avait dû lui dire que Fleur avait accepté son invitation au bal. Sans compter le fait qu'un tel sommeil ne pouvait avoir été causé que par une puissante potion de sommeil, peut-être la Goutte du Mort-Vivant. Or, Lancelot était particulièrement doué en potions…
- Réveille-le, ordonna la semie-Vélane d'un ton marqué d'une fureur froide. Après, nous parlerons de ton cas de sale profiteur opportuniste.
- Je n'ai pas fait l'antidote, répondit le jeune homme d'un ton dégagé.
- Quoi ? s'étrangla Fleur.
- Il n'en a que pour quelques heures à dormir. Ça lui fera du bien, poursuivit-il sur le même ton, comme si l'état de Jacques était extrêmement secondaire à ses yeux. Ne fais pas cette tête, je ne l'aurais quand même pas tué. Il n'y a pas de quoi paniquer, je ne te savais pas aussi hystérique.
- Tu le serais si tu tombais sur quelqu'un qui a l'air d'un cadavre !
- C'est pourtant évident de voir qu'il dort.
- Évident ? Il n'a même pas l'air de respirer !
- Ça va, on a saisi, pas de quoi en faire un Cognard à l'orange.
- Tu sais quoi ? Tu es pathétiquement immature ! répliqua Fleur d'un ton cassant. En plus de ne pas comprendre le sens de ce si beau mot qu'est « NON », tu utilises des stratagèmes absolument minables pour arriver à tes fins.
- Ouais, peut-être bien.
- Sans compter le fait que, visiblement, tu te moques éperdument de ce qui peut arriver aux autres, tant que ta petite personne va bien ! Tu es narcissique !
- Et ceci m'est dit par Narcisse version femme. Dommage que personne d'autre ne soit là pour noter cette magnifique ironie.
La jeune fille se releva.
- Excuse-moi ? fit Fleur d'une voix soudainement basse et menaçante. C'est toi qui viens de me traiter de narcissique ? J'aurai décidément tout entendu !
- Et comment ! Regarde-toi agir, par Merlin ! Tu te prends pour une princesse simplement parce que ton ascendance a fait de toi une fille très avantagée physiquement, tu snobes tout le monde – ou presque – tu te plains qu'on ne te regarde que parce que tu es jolie, mais tu es la première à faire exprès pour te mettre en valeur. En un mot, tu es centrée sur ta personne, alors ne viens pas m'accuser de l'être !
- Je ne me prends pas pour une princesse, pour qui te prends-tu pour dire de telles énormités ? D'ailleurs, si je suis si désagréable, arrête de me courir après, pauvre nouille !
- Le terme impératrice est peut-être plus approprié. Et je ne te cours pas après.
- Non, bien sûr, dit-elle en levant les yeux au ciel. Tu es l'être le plus puéril que j'aie eu l'infortune de rencontrer.
- Moi, au moins, je le reconnais volontiers, répliqua-t-il d'un ton cassant.
- Emmène Jacques à l'infirmerie, ordonna soudainement Fleur.
- Pourquoi je ferais ça ? dit Fabien d'un ton dédaigneux.
- Si tu ne le fais pas, je vais de ce pas voir Madame Maxime et je me débrouille pour qu'elle te sorte de la délégation avant que tu aies le temps de dire « Souafle au sucre ».
Il la toisa un moment, considérant le poids de ses paroles. C'était la veille du départ, mais tout le monde savait que Fleur Clémence Delacour était dans les petits parchemins d'Olympe Maxime : si la directrice avait un chouchou dans l'école, c'était sans aucun doute l'aînée des Delacour. Si la semie-Vélane le voulait et qu'elle trouvait les mots pour convaincre Madame Maxime, elle pourrait mettre sa menace à exécution.
Fabien, à contrecoeur, sortit sa baguette de sa poche et murmura un « Mobilicorpus » de mauvaise grâce, s'éloignant avec Jacques en direction de l'infirmerie de l'école. Fleur demeura un instant immobile, se demandant ce qu'elle devait faire. Au bout de quelques secondes, elle retourna dans la salle de bal.
Elle avait pris une décision.
- Madame Maxime ?
L'immense directrice se tourna vers elle, baissant légèrement les yeux pour la voir.
- Oui, Mademoiselle Delacour ?
- Puis-je vous parler en privé ? C'est important.
- Bien entendu, répondit la directrice en se dirigeant vers la sortie.
Fleur la suivit. Juste avant de tourner au tournant du couloir menant au bureau de la directrice, elle entendit des pas à l'autre bout du couloir. Sans cesser de marcher, elle se retourna et vit Fabien. La jeune sorcière s'immobilisa, lui adressa un sourire narquois qui signifiait clairement « Nananananèreuh » et se détourna, suivant Madame Maxime.
Lorsqu'elles entrèrent dans le bureau, l'immense directrice prit place sur un siège en demandant à Fleur de faire de même.
- Alors, de quoi vouliez-vous me parler ? demanda-t-elle alors que la blonde s'exécutait.
- Cela concerne la délégation et le Tournoi.
- Je crois deviner. Ne vous inquiétez pas, tout ira bien.
- C'est très gentil à vous de me rassurer, mais ce n'est pas pour cela que je souhaitais vous parler.
- Oh. Alors, que se passe-t-il ?
- C'est à propos de Fabien Lancelot, Madame.
La directrice fronça très légèrement les sourcils, mais n'interrompit pas Fleur alors qu'elle résumait la façon dont Fabien avait endormi Jacques, son attitude désinvolte face au danger de la potion consommée inconsciemment par l'héritier des Dupré, etc. Tout ceci, affirmait-elle, était indigne de l'Académie Beauxbâtons, une école qui devait absolument continuer d'inspirer le respect dans la communauté internationale des sorciers.
- Je tenais à vous prévenir, car suite à ces événements, je redoute fortement l'image qu'il risque de présenter de Beauxbâtons. Après tout, nous agirons en tant que représentants du monde magique français, et il est de notre devoir d'avoir une conduite irréprochable.
Madame Maxime demeura silencieuse quelques minutes, analysant les paroles de la jeune sorcière et leur degré de vérité, pesant le pour et le contre.
- Dans ce cas, je crois que la délégation se passera de Monsieur Lancelot, finit-elle par dire.
Un juron se fit entendre derrière la porte. Olympe se leva et l'ouvrit, prenant Fabien Lancelot en flagrant délit d'espionnage.
- Je crois que nous allons avoir une petite conversation, jeune homme, dit-elle d'un ton glacial en l'obligeant à entrer. Allez vous asseoir.
Fabien profita du court instant où Madame Maxime lui tournait encore le dos pour fermer la porte pour articuler un discret mais clair « pétasse » en direction de Fleur, qui lui répondit par un sourire narquois.
- Mademoiselle Delacour, vous pouvez disposer.
La jeune fille se leva et, d'un pas gracieux, sortit. Lorsqu'elle revint dans la salle de bal, elle s'empressa d'aller voir Alexandra et de l'arracher quelques minutes à son cavalier – qui d'ailleurs semblait l'ennuyer profondément – et lui raconta en détail ce qui venait de se passer.
- Nous allons donc passer plusieurs mois dans un autre pays que cet abrutiiiiii ! s'exclama Alexandra, en extase. Fleur, tu es mon héros, tu-es-mon-hé-ros !
- Alexandra ? fit une voix plus loin.
- Et tu es encore plus mon héros si tu me débarrasses de cet idiot qui n'arrête pas de me raconter sa vie, dit-elle précipitamment.
Fleur rit et elles s'éloignèrent. La salle était tellement vaste et il y avait tellement de monde qu'elles n'eurent aucun mal à éviter le cavalier d'Alexandra toute la soirée. Vers une heure du matin, Madame Maxime renvoya les élèves se coucher.
Une fois dans son lit, la Française mit une éternité à trouver le sommeil. L'excitation la maintint éveillée de longues heures, de sorte que lorsqu'on cogna à la porte du dortoir pour leur dire qu'elles devaient se dépêcher de se préparer pour le départ, elle eut l'impression qu'elle venait à peine de fermer l'œil.
- Je me demande si elle a remplacé Lancelot, dit Alexandra en s'étirant. Tu crois qu'elle a eu le temps ?
- Sûrement, répondit Fleur d'une voix endormie en se forçant à se lever. Si elle avait le droit d'emmener douze aspirants au titre de Champion, tu peux être certaine qu'elle va avoir une délégation de douze élèves, pas un de moins.
- Quelle heure il est ? marmonna Florence soulevant la tête avec effort.
- Sept heures du matin, répondit Alexandra en entreprenant de se lever, une tâche difficile.
Florence grogna légèrement et laissa retomber sa tête sur l'oreiller. Les deux membres de la délégation se changèrent, se coiffèrent et, d'un même geste, posèrent leur chapeau de feutre bleu ciel artistiquement de travers sur leur tête.
Florence, de son côté, avait consenti à se lever (mais son air endormi suggérait qu'elle ne tarderait pas à retourner dans le confort et la chaleur de son lit). Les trois amies se regardèrent silencieusement pendant de longues secondes, ne sachant quoi dire : la perspective d'être séparées pendant de longs mois était aussi désagréable que terrifiante, pour ces filles qui étaient amies depuis leur première année à Beauxbâtons.
Puis, sans dire un mot, elles se jetèrent dans les bras des autres, chacune serrant ses deux amies dans ses bras.
- Écris-nous, exigea Alexandra.
- On veut savoir tout ce qui se passe ici, renchérit Fleur.
- Si vous ne m'écrivez pas, je me charge personnellement de vous le faire payer à votre retour, rétorqua Florence d'un ton qui se voulait enjoué. Je veux savoir qui représente l'école, ce qui se passe, tout !
- C'est promis, répondirent les deux Championnes potentielles.
- N'hésite pas à botter les fesses de Lancelot s'il te casse les Gallions en te traitant de Sang-de-Bourbe, conseilla Alexandra, même si elle savait que son amie était beaucoup trop douce pour obéir.
Malgré elle, Florence laissa échapper un léger éclat de rire.
- Hé ! s'écria une femme à l'allure austère, qui venait d'arriver dans sa toile qu'elle avait laissée vide. Olympe m'envoie vous dire que vous devez être dans le parc depuis déjà deux minutes. Tic-tac, tic-tac, on attend ! C'est très malpoli de faire attendre les gens, Mesdemoiselles ! Ah, dans mon temps…
- Silence, vieille chouette, coupa Alexandra en faisant léviter ses valises d'un coup de baguette.
Après avoir serré Florence dans ses bras une dernière fois, Fleur fit de même et elles sortirent. Les couloirs étaient pratiquement vides et, rapidement, elles atteignirent le parc.
Le parc de l'Académie Beauxbâtons était incroyablement vaste et réellement sublime. L'herbe verte, tout comme les haies taillées en formes diverses et variées (des licornes aux nymphes en passant par des fées dont les ailes bougeaient avec lenteur) et les fleurs (de toutes les tailles, couleurs et espèces imaginables et inimaginables), était religieusement entretenue par les nombreux elfes de maison de l'Académie. Sans parler des magnifiques fontaines de marbre et de l'espace spécialement aménagé pour les Abraxans adorés qu'élevait la directrice.
Les deux amies passèrent à côté d'une charmante pièce d'eau où des poissons multicolores nageaient en contournant de jolis nénuphars et allèrent rejoindre les autres dans le grand enclos des chevaux ailés. Les magnifiques bêtes étaient attelées au grand – et richement décoré – carrosse de l'Académie française de Magie.
- Fleur ! s'écria soudain une voix.
Il y eut quelques pas de course et la jeune fille eut tout juste le temps de laisser tomber ses valises sur le sol avant qu'un ouragan humain fait Gabrielle Delacour ne se jette dans ses bras, se pendant à son cou.
- Maman a voulu, maman a voulu, maman a voulu ! clama-t-elle.
- Je vois ça ! répondit Fleur d'un ton amusé en serrant sa petite sœur dans ses bras.
Quelques semaines plus tôt, lorsque la question de bien marquer les esprits à leur arrivée, Madame Maxime avait décidé que mettre Fleur en valeur (ce qui avait causé la jalousie de la plupart des filles) était le meilleur moyen de bien se faire remarquer. Elle avait manifesté son désir que l'aînée des Delacour soit la dernière à être vue par Poudlard lorsque l'Académie arriverait, et avait songé de bien marquer le coup en ajoutant Gabrielle au numéro. Fleur savait très bien que le message qu'elle envoyait ainsi aux autres directeurs était le suivant : « Hein qu'elles sont jolies, mes élèves ? Ah, il n'y en a pas de pareilles chez vous, je suis sûre ! » Ainsi, Iphigénie Delacour avait été contactée pour savoir si elle acceptait que sa fille cadette fasse partie de l'entrée de l'Académie. Visiblement, elle avait accepté…
Lorsque toutes les valises furent installées dans le carrosse, la délégation y entra, suivie de la directrice, qui referma la portière derrière elle. En prenant place entre sa sœur et son amie, Fleur vit que Madame Maxime avait effectivement remplacé Fabien Lancelot… par Sarah Lefèvre, qui lui adressait un sourire narquois. Fleur prit donc une décision très sage : l'ignorer royalement.
Les Abraxans prirent leur envol. C'était un départ…
Le mot de la fin : Écrit en un jour quand même… j'suis fière, lol ! Vos impressions (traduction : REVIEWS SVP) ? Dans le prochain chapitre, on entre officiellement dans GOF… :D
