Hinari : Merci, je suis aussi contente que tu aimes ma fic que je le suis d'avoir su te faire apprécier Fleur :D Quant au Fleur/Cedric, comme je l'ai dit quelques chapitres plus tôt, je ne ferai rien que le livre m'interdit de faire, la « relation » ne prendra pas toute la place, loin de là (pour ça, j'ai « Whaf if », LOL). En ce qui concerne mes emprunts au film plus qu'au livre, j'essaie généralement de suivre le livre, mais il arrive à certains scènes (comme par exemple, l'arrivée des écoles) que je lui préfère le film. Dans le livre, ils arrivent dans le parc, merci, bonsoir, on enchaîne. Le film m'est apparut plus spectaculaire sur ce point. Également, si on se fit au livre, Fleur devrait exécuter les Tâches avec son uniforme OO. Là, franchement, ça ne va pas DU TOUT ! Donc oui, ça m'arrive de me tourner vers le film, s'il bouche un trou, qu'il est plus intéressant ou plus logique sur un point… ;)
Mme Diggory Weasley : XD merci, il faut dire que je me suis bien marrée en imaginant les organisateurs fumant leur baguette, MDRRR. Merci beaucoup pour ta review, ça me fait toujours énormément plaisir que tu apprécies ce que j'écris :D
Lunedorell : Ton enthousiasme me rend heureuse, tu peux pas savoir comment :D Ouiiii je suis trop dedans en ce moment, c'est génial, j'adore quand ça va aussi bien ! Et c'est clair qu'elle va être longue, parce que je compte la conclure sur le mariage de Fleur et de Bill, donc, ça va, j'ai le temps de faire un truc solide ! XD En ce qui concerne Fabien… je n'en dis pas plus pour l'instant mais il ne va pas disparaître dans la nature, non (casse-pieds un jour, casse-pieds toujours) ! On va le revoir… muhahahaha !
Conseil comme ça en passant : « Theme from Spider-Man » d'Aerosmith colle très bien avec l'affrontement avec la dragonne ! Et après, bah, « Renegade Fighter » de Zed, c'est pââârfait ! (Ici, auteur qui ne peut pas écrire sans musique, donc… XD)
Chapitre 9 : Rien de plus simple
Fleur n'avait pratiquement pas dormi de la nuit. Le matin, lorsqu'elle se retrouva à la table du petit-déjeuner, un cruel nœud enserra son estomac, et à chaque fois que son regard se posait sur la nourriture, son instinct lui souffla que tout ce qui entrerait dans sa bouche jusqu'à ce que l'épreuve soit passée referait très vite le chemin inverse.
- Fleur, dit Alexandra d'une voix douce et rassurante, il faut que tu manges.
- Non, se força à dire la Championne. Pas vraiment…
En fait de Championne, on avait sûrement vu mieux. La jeune fille était pâle – encore plus qu'à l'habitude – et n'osait pas ouvrir la bouche, car elle avait la certitude absolue que si elle le faisait, elle allait vomir.
Tout le courage et toute la joie qui avaient été les siens lorsqu'elle avait accepté de prendre part au Tournoi avait disparu aussi vite qu'un éclair au chocolat face à Alexandra Lamerais, ne laissant place qu'à une seule émotion, unique mais terriblement présente et forte : la peur. Pas la trouille. Pas l'inquiétude. Pas l'angoisse. La peur. À l'état pur.
Le pire, c'était que Florence avait bel et bien trouvé la solution que son amie attendait. Fleur avait donc pratiqué l'enchantement conseillé par la fille de Moldus sur Alexandra, et elle avait fini par le maîtriser.
Malgré le fait que Florence lui avait assuré que réussir ce sortilège sur quelqu'un, ça voulait dire qu'on pouvait le réussir sur n'importe quoi, la jeune fille avait quand même un doute – ce qui était fort compréhensible, par ailleurs – quant au fait que la dragonne s'endormirait aussi rapidement qu'Alexandra.
Bien que l'héritière des Lamerais insistait fortement pour la faire manger, la Sang-Mêlée refusa de manger quoi que ce soit, se sentant beaucoup trop nauséeuse pour se nourrir, même si son estomac gargouillait.
La semie-Vélane fut sauvée du harcèlement de sa meilleure amie par Madame Maxime, qui, s'étant levée de la table enseignante, lui demanda d'une voix douce si elle avait terminé son repas. Faiblement, Fleur hocha la tête. Puis, avec la lenteur et l'allure résignée d'une condamnée à mort qu'on emmène à la potence, elle se leva et suivit sa directrice, qui la guida dehors.
La Championne de Beauxbâtons s'attendait à être conduite au carrosse de l'Académie, mais, au lieu de ça, Olympe l'emmena dans une tente spacieuse, qui avait très probablement été montée pour les Champions. Il y avait une pièce centrale, mais deux des quatre parois étaient séparées par des pans de tissu qu'on pouvait tirer pour entourer son lit et ainsi s'isoler des autres.
- Très bien, Mademoiselle Delacour, dit la demie-géante en s'asseyant sur l'un des quatre lits, qui craqua sous son poids colossal. Vous m'avez assuré que vous aviez une stratégie.
- Oui, Madame Maxime, j'en ai une.
- C'est merveilleux, poursuivit la directrice de l'Académie Beauxbâtons avec un sourire immensément fier. Je savais que vous pouviez y arriver.
- Je n'ai pas encore réussi l'épreuve, fit faiblement remarquer la jeune fille à la chevelure d'or blanc.
- Vous y arriverez, assura Madame Maxime. J'ai grandement confiance en vous. Vous êtes talentueuse, courageuse et ingénieuse. Cette dragonne n'a qu'à bien se tenir.
Malgré son état de terreur extrêmement avancée, Fleur sourit aux propos extrêmement élogieux de la grande – dans tous les sens du terme – femme.
- J'ai préparé pour vous des vêtements plus pratiques que votre uniforme scolaire et aux couleurs de l'Académie, annonça Olympe Maxime en désignant les vêtements soigneusement pliés qui étaient posés sur le lit.
- Merci, Madame, répondit Fleur, qui n'avait pas songé une seule seconde à un « détail » de cette importance.
Danser avec des talons était une chose. Courir avec des talons pour éviter un jet de flammes en était une autre…
- Je dois y aller, dit la directrice de forte taille en regardant son élégante montre d'argent. Tout ira bien pour vous ?
- Oui, répondit la semie-Vélane en hochant brièvement la tête.
Olympe Maxime posa une main rassurante sur l'épaule de son élève, la gratifia d'un sourire encourageant et sortit de la tente. À ce moment, Krum fit son entrée avec Karkaroff. Fleur tira sur le pan de tissu pour s'isoler d'eux, ne se préoccupant pas du tout de la conversation qu'ils entretenaient dans leur langue.
La Française retira son uniforme bleu ciel et mit ce que sa directrice avait préparé pour elle : un pantalon de soie bleu marine, un débardeur de soie argentée et une veste assortie à l'ensemble, l'emblème de l'Académie Beauxbâtons brodée dans son dos.
Elle laça les baskets noires qui étaient posée sagement au pied de son lit et sortait de son « antre » en attachant ses cheveux blonds en une queue de cheval haute lorsque Cedric entra. Visiblement aussi nerveux qu'elle, il alla immédiatement dans l'espace qui lui était réservé, sans regarder personne.
Karkaroff étant sorti entre-temps, Viktor Krum était désormais debout dans un coin de la tente, droit comme un I. Il était assez blême lui aussi, mais il fallait tout de même admettre qu'il faisait d'honorables efforts pour paraître impassible et non complètement mort de trouille.
Puis, ce fut au tour d'Harry d'entrer dans la tente pour aller se préparer. Fleur ne lui accorda même pas un regard, mais vit quand même au passage qu'il était passablement vert également. « Ça t'apprendra à vouloir jouer dans la cour des grands, mon petit » songea-t-elle en enfilant ses gants noirs sans doigts tout en tournant en rond dans l'espace central de la tente.
Cedric vint rejoindre les deux autres Champions légitimes, maintenant tout vêtu de noir et de jaune (« Les couleurs de sa maison » se rappela la jeune fille). Fleur, sentant bien qu'elle n'arriverait pas à contrôler le tremblement de ses jambes en marchant de long en large, s'assit sur un tabouret, les mains crispées sur ses genoux.
Le Poufsouffle ne semblait pas avoir ce problème, puisqu'il opta pour la méthode « cent pas » pour maîtriser son stress visible. La sorcière ferma les yeux, se concentrant sur le rythme de sa respiration dans l'espoir dérisoire que cela parviendrait à la calmer.
Verpey fit son entrée dans la tente, son habituel air jovial contrastant singulièrement avec l'allure des Champions, qui avaient tous l'expression de quelqu'un qu'on envoie à l'abattoir.
- Haha ! lança-t-il. Vous allez bientôt savoir ce en quoi consiste la Première Tâche du Tournoi des Trois – euh, Quatre – Sorciers ! Alooors ? Impatients ?
Il agita un sac de soie pourpre sous le nez des quatre jeunes sorciers, comme s'il espérait leur rendre le sourire.
Inutile de dire que ce fut raté.
- Dans ce sac se trouve ce que vous allez bientôt affronter. Vous verrez, il y en a plusieurs… euh… variétés. Pour l'instant, un seul indice pour attiser votre curiosité : votre tâche consistera à… vous emparer de l'œuf d'or !
L'homme avait lancé ça sur un ton léger, comme si rien n'était plus simple que de réussir une telle chose. Fleur, résignée, retint un soupir, comprenant maintenant pourquoi les organisateurs avaient demandé à ce que les dragons soient des femelles en train de couver. « Merveilleux » pensa-t-elle avec amertume. Tout le monde savait que les dragonnes ADORAIENT qu'on leur vole un œuf…
- Très bien, lança Ludo Verpey en voyant les directeurs entrer dans la tente tour à tour. C'est donc le moment de vous révéler la nature de cette Première Tâche ! Honneur aux demoiselles… Miss Delacour, si vous voulez bien…
Il approcha le sac pourpre de la jeune fille. Le cœur battant à tout rompre, Fleur plongea lentement la main dans le sac (d'où s'échappaient maintenant quelques volutes de fumée) et en ressortit la première chose qu'elle toucha.
Le dragon miniature, qu'elle avait attrapé par la queue, cracha quelques étincelles lorsqu'elle le laissa retomber au creux de la paume de son autre main. La Championne le reconnut immédiatement à ses écailles, vertes et lisses : c'était le Vert Gallois Commun. À son cou pendait le chiffre deux.
- Le Vert Gallois Commun, annonça Verpey d'un ton guilleret avant de tendre le sac au Champion de Durmstrang.
La Championne regarda un court instant le dragon, qui donnait des coups avec une de ses pattes arrières. La semie-Vélane échangea un regard avec Madame Maxime, qui s'était positionnée derrière elle. Comme elle, la directrice semblait à moitié rassurée. Les deux Françaises savaient que Fleur avait évité le pire…
- Le Boutefeu Chinois, lança Ludo à Viktor, avec la même légèreté dans la voix.
Le regard légèrement absent, la sorcière vit Cedric tirer du sac le Suédois à Museau Court, qui portait le chiffre un. Ce qui laissait à Potter le désavantage du terrible Magyar à Pointes et l'avantage de passer en dernier…
- Très bien, dit le commentateur en rangeant le sac dans sa poche. Ce sont des représentations de quatre dragons bien réels. À chacun d'entre eux, un œuf d'or a été donné. Votre objectif, comme je vous l'ai déjà dit, consiste à vous emparer de cet œuf d'or. Vous serez jugés sur le temps que vous mettez à réussir, sur votre audace et votre ingéniosité. Si quelque chose tourne mal, des sorciers expérimentés seront là pour intervenir avec des Sortilèges d'Extinction, mais sachez que l'oeuf est essentiel pour la suite, puisque qu'ils contiennent tous un indice sans lequel vous ne pouvez pas espérer procéder à la Deuxième Tâche.
Fleur déglutit avec difficulté. Il ne manquait plus que ça…
- Le chiffre au cou de votre dragon miniature représente l'ordre de passage, poursuivit-il. Y a-t-il des questions ?
Les quatre Champions demeurèrent muets. Interprétant le silence général comme un « non » collectif, Verpey enchaîna :
- Très bien. Monsieur Diggory, lorsqu'on vous appellera, vous quitterez la tente pour pénétrer dans l'enclos.
Cedric hocha vaguement la tête avant de recommencer à faire les cent pas. Les adultes sortirent, Madame Maxime murmurant un ultime encouragement à sa Championne avant de le faire. Après quelques minutes, la voix magiquement amplifiée de Verpey appela le Poufsouffle, qui inspira profondément avant de sortir de la tente.
Fleur, désormais incapable de demeurer immobile, se mit à marcher en long et en large sur les traces du Champion de Poudlard, des phrases tournant en rond dans sa tête.
« Le Vert Gallois Commun a une très nette tendance à piétiner ses adversaires lorsque leur taille le permet ». La foule cria, apeurée, alors que Verpey passait un commentaire d'une voix surexcitée. « Il faut faire très attention au mouvement de poignet pour jeter l'Enchantement de Morphée ». Un nouveau commentaire poussé d'une voix survoltée. « La tendance du Vert Poignet Enchanté a une très nette Morphée à faire attention au mouvement de la taille de son piétinement commun ».
Non, ça n'avait aucun sens, qu'est-ce qu'elle racontait ? « Un peu de concentration, bon sang, ta vie en dépend ! » se sermonna-t-elle avec sévérité. La foule explosa en un tel concert d'hurlements et d'applaudissements que ça ne pouvait signifier qu'une chose : Cedric avait réussi à s'emparer de l'œuf d'or…
Réalisant que ce serait bientôt – très bientôt – son tour, Fleur tenta de maîtriser sa panique. Elle tenta vraiment. Mais sa seule pensée rationnelle lorsqu'elle entendit son nom quelques minutes plus tard se résumait tristement à ceci : « MAMAN, J'AI PEUUUUUUUUUUR ! ».
La main crispée sur sa baguette magique, plus blanche que jamais, la Championne de Beauxbâtons sortit de la tente pour se rendre sur les lieux de l'épreuve.
Au centre de l'enclos, qui était rocheux et escarpé, la dragonne couvait ses œufs. Fleur, jugeant préférable de garder ses distances avant d'avoir retrouvé la capacité de se concentrer convenablement sur son enchantement. Sentant le regard scrutateur et interrogateur de la foule sur elle, la jeune fille se cacha derrière un rocher saillant.
Tapie derrière son rocher, la Championne de l'Académie Beauxbâtons risqua un regard vers la dragonne. Celle-ci ne semblait pas avoir remarqué la présence de la sorcière, puisqu'elle continuait à s'occuper de ses œufs comme si de rien n'était.
Plissant les yeux, Fleur parvint à voir un léger éclat doré qui ne pouvait provenir que du fameux œuf qu'elle devait ravir. Elle leva sa baguette, prête à lancer le sort. « Non, tu es trop loin » se dit-elle presque immédiatement. Si elle voulait que le sort soit assez puissant, il lui faudrait s'approcher de la créature.
Rassemblant tout son courage, la jeune fille aux cheveux blonds se redressa, baguette magique en main, et s'avança prudemment vers la dragonne. Au bout d'une trentaine de secondes, celle-ci se rendit compte qu'une intruse était entrée dans son enclos et tourna vivement la tête en direction de ladite intruse.
La dragonne ouvrit sa gueule… et projeta une longue langue de flammes en direction de la Championne. Fleur, tétanisée, ne put que s'écrier :
- Aguamenti !
Le puissant jet d'eau eut – fort heureusement – raison du feu craché par la dangereuse créature, qui battit deux ou trois fois des ailes pour tenter d'impressionner cette adversaire qu'elle trouvait de plus en plus menaçante. L'adversaire en question venait de trouver refuge derrière un autre rocher de taille. « Ma fille, il va falloir revoir ta stratégie ! » songea-t-elle.
Au centre de l'enclos accidenté, la dragonne était soumise à un dilemme : devait-elle attendre que la désagréable petite créature se montre à nouveau, ou devait-elle laisser sa précieuse couvée sans protection quelques instants pour aller l'attaquer elle-même ?
L'agressivité naturelle du Vert Gallois Commun l'emporta sur son instinct de protection, et, lentement mais sûrement, la dragonne s'éloigna de ses œufs pour se diriger vers son ennemie. Des cris paniqués s'élevèrent alors dans la foule.
« Mais qu'est-ce qui leur prend, ils vont l'énerver encore plus ! » pesta mentalement Fleur. Puis, la jeune fille ressentit un tremblement dans le sol. Suivi d'un autre. Et d'un autre...
La semie-Vélane se retourna… et retint un gémissement en voyant que la dragonne s'avançait vers elle.
- Oh, par toutes les fées ! s'exclama-t-elle malgré elle.
Visiblement, la créature avait décidé de laisser sa couvée de côté pour manger un morc… elle avait laissé sa couvée de côté ? C'était le moment ou jamais d'agir. De toute manière, si elle ne le faisait pas, elle était certaine de finir en pâtée pour dragonne en colère.
Fleur se redressa de toute sa hauteur, leva sa baguette et, d'une voix claire, forte et assurée, prononça la formule :
- Morpheus !
La dragonne chancela légèrement et cligna des yeux à plusieurs reprises, comme si elle tentait de se défaire de l'emprise de l'enchantement. La Championne de Beauxbâtons ferma les yeux, priant de toutes ses forces pour que Florence ait vu juste…
BOUM. Quelque peu ébahie, la Française rouvrit les yeux : la dragonne était tombée sur le sol, plongée dans un profond sommeil magique.
- OUIIIIIIIII, VAS-Y FLEUUUUUR ! cria la voix d'Alexandra dans la foule, aussitôt imitée par les autres élèves de Beauxbâtons encourageant leur Championne avec force.
Fleur, à nouveau, leva sa baguette :
- Accio œuf d'or ! s'exclama-t-elle.
L'œuf, mué par le Sortilège d'Attraction, se dirigea rapidement vers la jeune fille. Au moment où Fleur tendait la main pour saisir l'objet, la dragonne ronfla, ce qui entraîna quelque chose que la semie-Vélane n'avait pas du tout prévu : un petit jet de flammes fut projeté sur elle et mit le feu à ses vêtements. Sans perdre une seconde, elle l'éteignit en faisant jaillir une cascade d'eau de sa baguette.
L'œuf tomba aux pieds de l'héritière des Delacour, se coinçant entre deux irrégularités du sol. Immédiatement, la Française se pencha pour le ramasser, et, radieuse, le leva dans les airs, déclenchant un tonnerre d'applaudissements et d'acclamations. Fleur entrevit même Madame Maxime qui, à la tribune des juges, s'était levée et l'applaudissait avec force.
À moitié présente seulement (« J'ai réussi… j'ai réussi… j'ai réussi… »), la Championne triomphante fut emmenée hors de l'enclos vers la tente, où se trouvait maintenant l'infirmière, qui était apparemment de fort mauvaise humeur.
- Comme je vous le disais, qu'est-ce qu'ils ne feront pas subir aux élèves dans cet établissement ! dit-elle en attrapant Fleur par le bras pour l'asseoir sur un lit.
- Mais ça va, je n'ai rien, protesta la jeune fille, qui aurait bien voulu avoir ses notes le plus vite possible.
- Ça, Miss Delacour, c'est à moi d'en juger.
Fleur abandonna la partie et baissa le regard sur son œuf. Admirative, elle en caressa la surface dorée du bout des doigts. Elle avait réussi. Son triomphe s'insinuait lentement en elle comme un fait réel et tangible, et non plus comme un rêve, un fantasme intouchable et inaccessible.
- Bravo, dit une voix masculine.
Tirée de ses réflexions, la jolie Française releva la tête. Cedric, assis sur le lit en face d'elle, lui adressait un sourire. Une partie de son visage était couverte d'un onguent orange vif.
- Merci, dit-elle en lui rendant son sourire. Bravo à toi aussi…
- C'est bon, dit Madame Pomfresh. Vous n'avez pas été brûlée, vous pouvez aller voir vos notes.
- Tu t'en es mieux sortie que moi, lança Cedric.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Fleur en se levant.
- En gros, disons que j'ai détourné l'attention de la dragonne, mais qu'elle a fini par se dire qu'elle ferait mieux de s'occuper de moi à la place. Mais au moins, je suis en vie. Et j'ai ça, conclut-il en montrant le précieux œuf.
- Miss Delacour, ils vous attendent pour vos résultats, allez !
Fleur adressa un dernier léger sourire à Cedric avant de sortir, serrant toujours l'œuf contre elle. Lentement, elle marcha vers la tribune des juges.
- Voici maintenant les résultats, sur dix, obtenus par Miss Delacour ! annonça Verpey.
La jeune fille posa son regard sur le premier juge – Madame Maxime. Celle-ci regarda son élève un court instant avant de lever sa baguette, projetant en l'air un long ruban argenté qui s'enroula élégamment pour former le chiffre huit. Jubilant, Fleur tourna son regard vers Dumbledore, qui lui accorda un sept, ainsi que Croupton. Verpey lui donna la note de huit, alors que Karkaroff, avec un regard mauvais, projeta en l'air un cinq.
Fleur alla rejoindre ses camarades (pour le moins euphoriques) dans les tribunes afin de regarder la performance des deux Champions restants.
Elle avait vu juste en pensant que le Maléfice de Conjonctivite allait pousser la dragonne à faire n'importe quoi. Comme preuve, le Boutefeu Chinois, rendu fou de douleur par le maléfice de Krum, écrasa la moitié des vrais œufs – ce qui n'empêcha nullement Igor Karkaroff d'accorder la note maximale à son élève.
D'un œil distrait, la Française regarda la performance d'Harry. Bien qu'elle ne l'appréciait guère, il lui fallait quand même admettre que ce garçon savait voler sur un balai !
- Notre plus jeune Champion a été le plus rapide à s'emparer de l'œuf d'or ! s'écria Verpey.
Comment ? Il avait été plus rapide que les trois autres ? L'avorton avait été plus efficace que les trois VRAIS Champions ? Ah, mais ça n'allait pas DU TOUT ! Il devait y avoir une erreur quelque part, il fallait vérifier les chronomètres…
- Il est en première place avec Krum, souffla Alexandra à son amie en voyant les résultats du Gryffondor. Non mais vraiment…
- Il faut que j'y aille, répondit distraitement Fleur en se levant.
En effet, elle venait de se rendre compte que les autres Champions allaient tous à la tente. Elle se leva donc et s'y dirigea rapidement. Lorsqu'elle y pénétra, Cedric et Harry se félicitaient mutuellement.
- Bravo à TOUS ! s'exclama Verpey en entrant dans la tente, aussi exalté que s'il venait de voler lui-même un œuf à une créature aussi dangereuse. C'était formidable, vraiment ! Bon, maintenant, soyez très attentif, car je ne doute pas que vos camarades vous attendent tous pour célébrer votre réussite – et il serait triste de les priver d'une telle occasion de faire du bruit, n'est-ce pas ! La Seconde Tâche aura lieu le vingt-quatre février, mais d'ici là, nous vous laissons de quoi cogiter et méditer. Ceux d'entre vous qui ont observé leur œuf avec attention ont dû voir qu'il pouvait être ouvert. L'œuf, comme je vous l'ai dit plus tôt, contient un indice qu'il vous faudra élucider pour pouvoir vous préparer convenablement à la deuxième épreuve. Des questions ?
Ils secouèrent tous la tête.
- Bien, vous pouvez y aller ! lança-t-il.
Fleur sortit de la tente et se dirigea vers le carrosse de l'Académie Beauxbâtons. À mi-chemin, elle fut assaillie par ses camarades, ivres de bonheur, qui se jetèrent littéralement sur elle.
- T'étais géniale !
- J'ai failli mourir de peur !
- J'arrive pas à y croire, c'était grandiose !
- Je propose de mettre du poison dans le jus de citrouille de cet imbécile de Karkaroff, il ne sait vraiment pas être juste, cet abruti fini !
- Ç'a dû être tellement TERRIFIANT !
- T'es pas croyable, Fleur, j'aurais jamais pu faire un truc pareil !
- Ohlala, la Coupe de Feu, elle s'est pas trompée, hein !
- Ils n'ont qu'à bien se tenir pour les autres épreuves, tu vas leur botter les fesses !
- C'était pratiquement de L'ART !
- BEAUXBÂTONS POWA !
- Ouais, vive la France, à bas les Britanniques et ces idiots d'on ne sait où dans le Nord !
Tout en s'exclamant, elles l'avaient entraînée vers le carrosse, où se trouvait Olympe Maxime.
- Mademoiselle Delacour, je suis si fière de vous !
Visiblement émue, l'immense directrice souleva son élève dans ses bras, manqua de l'étouffer en l'étreignant, et la reposa sur le sol, absolument radieuse.
- Merci, Madame Maxime ! Merci à vous toutes, vraiment, j'ai sincèrement cru que j'allais y rester, c'était…
- Vraiment, quel honneur vous avez fait à l'Académie, je crois que je n'arrive pas à y croire – et pour votre information, Igor n'a pas fini d'entendre parler de cette note déplorable qu'il vous a si injustement accordée ! Mesdemoiselles, je vous laisse le carrosse… disposez-en à votre guise !
Avec un clin d'œil, la directrice sortit, non sans avoir fait apparaître un délicieux buffet dans le carrosse. La semie-Vélane laissa tomber son œuf sur le lit. Elle aurait bien le temps de se préoccuper du fameux indice plus tard.
Congratulant et acclamant leur Championne à toutes les deux minutes au moins, Beauxbâtons célébra la victoire de Fleur pendant de longues heures…
Le mot de la fin : Houlà, ben ça y va, ces temps-ci, décidément… n'oubliez pas, fidèles lecteurs et lectrices : reeeeeevieeeeeeeews :D (Moi, j'insiste ? Mais pas du tout, voyons…)
