Bonsoir tout le monde !
Hé oui, me revoilà ce soir avec un tout nouveau chapitre de cette fic qui n'était au début qu'un OS... Et qui va désormais se poursuivre. En combien de chapitres ? Je n'en ai aucune idée. Probablement peu. Mais quelques uns, quand même, parce que pour ceux qui m'ont suivie sur Echec et Mat, vous avez dû comprendre que j'aimais bien enquiquiner un peu nos amoureux avant de les coller ensemble...
J'aurais voulu vous retrouver d'abord sur C'était l'hiver, mais en raison d'une humeur plutôt maussade ces derniers temps, je ne suis pas très inspirée. Et même ce chapitre que je vous livre ce soir ne me satisfait pas franchement, mais je préfère vous livrer un chapitre que je juge bâclé sur cette fic (j'essaierai de me rattraper dans les prochains) que sur la fin de l'histoire d'Aline et Cooper (ces deux-là ne me le pardonneraient pas).
Je vous remercie évidemment tous, autant que vous êtes, pour vos reviews sur l'OS Mon requiem, qui devient officiellement aujourd'hui une fic. Ce sont, comme pour Echec & Mat, vos nombreux commentaires élogieux qui m'ont poussée à reprendre la suite ; et je n'ai plus qu'à vous livrer le début des aventures d'Edward et BElla dans leur nouvelle vie ; Edward en tant que vampire solitaire venant d'être frappé par l'Amour, et Bella en tant que nouvelle-née...
Bonne lecture à tous, et on se retrouve en bas !
POV Bella
Il y avait eu cette brûlure, pendant une éternité. Du moins, c'est ce qu'il m'avait semblé. Une torture dont je ne voyais pas la fin, plongée dans les limbes d'un cauchemar rouge ; je n'arrivais pas à penser. Pas à réfléchir, rien. Je ne voyais que ce rouge écarlate, ne sentais que cette intense douleur.
Puis ce qui me semblait être mon cœur s'arrêta de pulser. En même temps que la brûlure ; et je devinai être morte.
Je devais avoir atteint le Paradis.
oOo
J'ouvris les yeux ; et mon regard se plongea dans des prunelles noires ; très noires, qui me détaillaient comme si elles cherchaient à sonder mon esprit, à graver mes traits dans leur mémoire ; et mes yeux commencèrent à observer tout ce qui entourait ces prunelles.
Les mèches cuivrées. La peau pâle, presque translucide. Le corps fin et musclé. Je les redécouvrais d'une manière qui me parut étrangère, alors même que ce que je voyais m'était familier.
Edward Masen. Je me souvenais maintenant. Ce n'était pas au Paradis que j'avais atterri ; mais bel et bien en Enfer, et il m'y avait suivie.
Je poussai un grognement de rage qui me surprit moi-même, et me relevai de mon lit en le repoussant violemment ; ces gestes m'étonnèrent. Leur rapidité, du moins.
Je le vis s'approcher de moi ; et reculai d'un bond vertigineux, qui m'envoya cogner dans le mur derrière moi, mur que je sentis se briser contre mon dos avec un bruit de fissure ; je me retournai, et découvris avec stupeur le trou dans les pierres, alors que je n'avais ressenti aucune douleur, juste une résistance.
Je détaillai alors ma tenue ; une robe, que je ne connaissais pas. Qui n'était pas à moi, que je n'avais jamais passée, mais que pourtant je portais.
Puis je commençai à hoqueter, avant de m'apercevoir que je venais tout juste de prendre ma première inspiration depuis mon réveil.
Et enfin, il y eut cette nouvelle sensation.
Le vide, quand je cherchai mon coeur. Quand je cherchai à déterminer s'il battait trop vite ou d'un rythme décousu.
On ne se rend pas compte de toutes les sensations qu'on a toute la journée, à chaque instant où nous sommes dans un état de conscience normale. Ce que ça fait de respirer, ce que ça fait d'avoir cet organe à peine plus grand que notre poing battant dans notre poitrine.
Jusqu'à ce qu'on perde ces sensations.
« Bella » résonna un ténor merveilleux, que mes souvenirs attribuèrent au…
Au vampire devant moi !
Immédiatement, tout mon attention se focalisa sur lui, et je criai, horrifiée. Non c'était impossible. Non ! Il ne pouvait pas… je ne pouvais pas être devenue comme lui !
Et pourtant. Pourtant, mon cœur ne battait plus. Je n'éprouvais plus le besoin de respirer. Je ne ressentais aucune douleur.
Mais d'un autre côté, j'avais des sensations. Je bougeais, je criais. Était-ce ça la mort ? Ce n'était pas la conception que je m'en étais faite.
« Bella…
- La ferme ! » hurlai-je.
Le silence se fit, plein de questionnements. Et je regardai mon vis-à-vis, cependant que des images de ces dernières heures de conscience que j'avais passées avec lui me revenaient, comme dans un brouillard irréel.
Le sexe. L'horreur se répandit en moi. J'avais eu des rapports avec le vampire.
Sa morsure.
Il m'avait mordue ; et c'est là que la brûlure avait commencé.
Brûlure qui, je m'en rendis compte maintenant, subsistait dans ma gorge ; moins forte, peut-être. Mais bel et bien présente.
Mes yeux s'écarquillèrent. Et il baissa le regard, visiblement honteux.
La rage m'envahit ; et un drôle de goût l'accompagna dans ma bouche, alors que je me jetais sur lui pour repousser son torse de pierre ; torse qui en vérité me parut moins dur d'un coup, et moins froid aussi. Je me reculai à nouveau, complètement perdue.
« Que m'avez-vous fait ? Hurlai-je à pleins poumons.
- Je… Isabella, je vous ai transformée. »
Sa réponse tomba comme une sentence ; et je gardai le silence, laissant les mots m'imprégner.
Transformée. Non. Cela devait bien vouloir dire que…
« Non. Vous n'avez pas fait ça. Dîtes-moi que vous ne l'avez pas fait !
- Je suis désolé, ça n'était pas mon but, je… »
Ne supportant pas d'en entendre plus, je courus jusqu'à la porte ; l'ouvris, et me retrouvai dans le couloir, hébétée ; et je me remis à courir, sillonnant les pièces, les couloirs, les escaliers.
Jusqu'à me retrouver face à la grande porte en chêne sombre par laquelle j'étais entrée dans cette demeure de l'enfer.
Avant qu'il eut pu me retenir, je l'ouvris, et sortis sous la pluie battante caractéristique de Forks.
Je me jetai vers les bois, courant si vite que je voyais à peine passer les arbres autour de moi ; loupant le chemin qui menait vers mon village, m'enfonçant dans la sombre forêt.
Jusqu'à ressentir un appel. Un appel à la fois discret et violent.
Je ne compris rien à ce qui se passa ensuite ; mais quand je repris conscience, mes dents étaient plantées dans la gorge d'un ours, et cette chaude substance qui coulait dans ma gorge était le meilleur nectar que j'avais jamais goûté.
oOo
L'écoulement s'arrêta, et je lâchai l'animal ; qui tomba à mes pieds dans un bruit sourd, alors que l'horreur -à nouveau- et la culpabilité m'envahissaient.
Qu'avais-je fait ?
Une douleur me serra les entrailles, et je tombai à genou devant la dépouille, hurlant ; jusqu'à ce qu'une autre odeur me parvienne.
Celle-là, bien moins discrète et bien plus attirante.
Je relevai la tête ; et au loin à travers les bosquets, je réussis à distinguer une forme humaine ; une forme qui semblait chercher quelque chose.
Une forme sur laquelle j'avais envie de me jeter ; comme je m'étais jetée sur l'ours.
Mais deux bras me saisirent, et me tirèrent en arrière ; je me débattis, mais les deux bras, avec difficulté, réussirent à me traîner loin de là, très loin ; jusqu'au château, où nous fûmes de retour en très peu de temps.
Les deux bras appartenaient au vampire, qui me regardait avec un mélange d'inquiétude et de culpabilité ; la rage gronda encore en moi, et je retroussai les lèvres, prête à le mordre.
« Attendez, Isabella… Je regrette. Il fallait que je le fasse. Que je vous éloigne. Car vous alliez tuer ce chasseur ; et vous vous en seriez voulu toute votre vie. Je ne pouvais pas… laisser faire ça. »
Le silence tomba après sa déclaration, et je le dévisageai, partagée entre la peur -peur de ce que j'avais bien failli faire-, le dégoût et la haine.
« Vous êtes un monstre » hurlai-je, me jetant contre son torse alors qu'il m'emprisonnait les poignets de toute la force qu'il pouvait.
Mais, contrairement à toute attente, je sentais bien que j'étais plus forte que lui ; et que s'il réussissait encore à me maintenir, c'est uniquement parce qu'il anticipait mes mouvements désespérément. Je parvins à me dégager de lui, et il se jeta à nouveau sur moi, me plaquant contre le sol dur, réussissant à me bloquer les poignets dans le dos.
« Isabella, fit-il d'une voix suppliante, je regrette ! Je regrette tellement ! Je n'ai pas pu m'en empêcher, je n'ai pas réussi !
- Que m'avez-vous fait, hurlai-je en sanglotant sans larmes.
- Je vous ai mordue. Je n'ai pas réussi à résister. Je suis désolé, Isabella… Je vous ai transformée. »
L'horreur de ces mots m'atteignit, et je me remis à sangloter -les larmes ne coulaient pas. Ne coulaient plus. C'était douloureux, mais je ne contrôlais plus rien ; désemparé, le vampire glissa ses doigts dans mes cheveux, et la main qui me maintenait les poignets fit pression dans mon dos pour que je me cambre vers lui ; je ne lui résistai pas, et vins appuyer mon corps contre le sien, déclenchant une série de courants électriques qui me parcoururent, me firent trembler.
« Bella… » murmura le vampire en glissant sa bouche dans mon cou.
Alarmée, je réussis à me dégager, et le repoussai violemment, me relevant d'un bond sur mes jambes pour le toiser ; il se releva avec un air triste.
« Vous êtes un salopard ! Hurlai-je. Un monstre.
- Je sais, murmura-t-il. Je le sais bien.
- Je ne veux pas être comme vous ! Plutôt mourir ! »
Il ne répondit rien, baissa les yeux ; et pendant un moment, aucun de nous ne parla.
Je me remémorai tout ce qui s'était passé entre nous. Absolument tout, depuis le début.
Il avait bu du sang animal. À un moment, il avait bu du sang animal, et avait dit que ça pouvait lui suffire -quoi que c'était moins bon. Ce n'était pas grave. Il était hors de question que je tue qui que ce soit.
« On ne peut pas mourir, fit-il soudain, brisant le lourd silence. J'ai essayé. »
Je m'imprégnai de ces mots, à nouveau ; on ne pouvait pas mourir. Je ne pouvais pas mourir.
Il avait essayé.
« Pourquoi, crachai-je.
- On est déjà mort, d'une certaine manière, on ne peut pas…
- Non. Pourquoi avez-vous essayé.
- Parce que… je m'en voulais. Moi non plus, je ne voulais pas être comme… ça. »
Je regardai ailleurs, amère.
« J'ai voulu mourir de faim. Me tuer par balle. Me jeter d'une falaise. Rien à faire.
- Soit. Mais je refuse d'être comme vous. Et je refuse de rester avec vous ! »
Aussitôt que les mots franchirent mes lèvres, je me figeai ; la pensée de mon père me parvint. Ce vampire allait le tuer si je partais.
Je gémis de douleur ; j'étais condamnée à rester avec lui.
Du moins, jusqu'à la mort de mon père.
Il baissa les yeux.
« Je ne t'y obligerai pas, Isabella, fit-il, reprenant le tutoiement. Je n'en ai pas le droit.
_ Pas le droit ? Parce que prendre ma vie, vous en aviez le droit ? »
Ses yeux se relevèrent lentement, et d'un coup je pus y lire toute la lassitude et la culpabilité du monde. Et la force de ces émotions me frappa de plein fouet, me faisant même reculer d'un pas alors que j'avais l'impression... Etrange de me connecter à cet... Ce... Ce vampire.
Pendant une micro seconde, si courte mais si intense, je décelai toute la solitude qu'il semblait éprouver depuis... Je ne savais même pas combien de temps. Lui-même le savait-il au fond ?
« Vous vouliez quoi ? Quelqu'un pour vous accompagner dans votre misérable existence ? Crachai-je avec plus de venin que ce que j'aurais voulu.
_ Pas au début... Répondit-il d'une voix basse, le regard éteint.
_ Alors quand ? »
Et la réponse me frappa de plein fouet sans qu'il eut besoin de la prononcer, me donnant un haut-le-cœur – sensation étrange, parce que j'avais l'impression de ne plus jamais pouvoir vomir.
Quand il m'avait pris ma virginité.
Je reculai d'un pas de plus, et son regard s'emplit de douleur.
« Je suis désolé. Si je pouvais revenir en arrière et changer les choses...
_ Vous me dégoûtez. » Le coupai-je.
Il ferma les yeux, vaincu.
« Je regrette, Isabella. Je ne t'obligerai plus jamais à rien.
- Mon père, crachai-je, lui rappelant que si j'étais restée avec lui tout ce temps, c'était pour le protéger.
- Je ne lui ferai rien. Je vais partir. »
Il allait partir. Il allait partir, et me laisser seule. Avec cette nature que je connaissais pas, que je ne comprenais pas, que j'abhorrais même.
Et soudain, loin d'éprouver ce soulagement que j'aurais dû ressentir, la panique m'envahit.
« Et moi, je fais quoi, hein ? » Demandai-je d'une voix brisée.
Il me regarda d'un air plein de douleur, et s'approcha de moi ; cette fois, je ne reculai pas.
Un pas de plus. Je me tendis.
Puis quelques autres. Courts, hésitants.
Son corps contre le mien.
Sa main tremblante sur ma hanche.
Et son nez dans mes cheveux.
« Viens avec moi, Isabella. Je sais que tu m'en veux, et je comprendrai si jamais tu ne m'accordes ton pardon ; mais laisse-moi essayer. Laisse-moi rester à tes côtés ! »
Je le repoussai.
« Je refuse de partager ma vie… mon existence avec un monstre !
- Je ne boirais plus de sang humain. Je te le promets, je ferais tout ce qui est en mon possible. Je me contrôlerai, je ne tuerai plus.
- Ce ne sont que des mots. Vous m'avez tout pris !
- Je veux te rendre bien plus. »
Je réfléchis quelques instants, le détaillant durement ; et finalement, je pris ma décision.
« Vous allez juste m'apprendre à me contrôler. Il est hors de question que je tue un jour un être humain. Et après, nous n'aurons plus rien à faire ensemble. »
Edward POV
Elle avait accepté. M'avait accordé une chance ; rien qu'une, et pas réellement, en fait. Elle m'avait juste accordé un peu de temps en sa présence.
Et vu la façon dont elle avait réussi, à peine une heure après sa renaissance, à ne pas se jeter sur la forme humaine qu'elle avait aperçue dans le bois, je devinais qu'elle n'allait pas mettre beaucoup de temps à apprivoiser sa nouvelle nature.
Ce peu de temps, il allait falloir que je le mette à profit pour me faire aimer d'elle. À tout prix. Je savais que jamais je ne serais heureux tant qu'elle serait loin de moi.
Je la voulais, toujours plus fort ; et la voir en cet instant précis déambuler dans mon château, ne m'accordant que de brefs et haineux regards, me détruisait tout autant que cela ravivait ma flamme pour elle, mon envie d'en faire ma compagne pour l'éternité.
Mon âme sœur.
Je l'avais senti. Je savais enfin ce que c'était, même si avant de la rencontrer, je ne croyais pas à ces légendes vampiriques. Ces histoires de compagnons pour l'éternité. Ce lien étrange qui les liait, et je savais qu'à un moment, elle avait ressenti cette connexion. Juste après qu'elle m'ait jeté à la figure que je n'avais pas le droit de prendre sa vie.
Pendant un court instant, nous avions été liés, et elle avait pu ressentir mes émotions pendant que je ressentais les siennes – sa détresse, et sa colère. Et je regrettais qu'à l'inqtant où cela s'était passé, ce n'était pas cet amour inconditionnel et effrayant que j'éprouvais pour elle, que je lui avais transmis. Car alors peut-être aurait-elle compris. Peut-être accepterait-elle d'envisager qu'elle et moi, c'était jusqu'à la fin des temps.
Tout ce que je pouvais espérer, c'était que dans le bref laps de temps qu'elle m'accorderait à ses côtés, cette connexion se produise à nouveau, et que je puisse lui transmettre.. Mon amour, ma tendresse, mon désir, ou que savais-je d'autre.
Mais ça, c'était elle qui le décidait. Il n'y avait que dans les moments où son esprit s'ouvrait au mien que c'était faisable. Il fallait que je gagne sa sympathie. Et je ne savais absolument pas comment faire.
oOo
Je lui expliquai rapidement tout ce que je savais de notre nature ; la rapidité, la force extrêmes, les sens surdéveloppés, l'immortalité. Ce besoin de sang, aussi puissant que dévastateur.
Je lui avais promis. Je lui avais promis de ne plus me nourrir de sang humain ; et tout autant que cela me paraissait impossible, je surmonterais mes envies, et le ferais. Tant qu'elle-même n'accepterait pas cette nécessité de tuer des hommes, je ne le ferais plus. Si c'était une condition sine qua none pour l'avoir à mes côtés, je l'accepterais.
Je la dévorais des yeux, alors qu'elle lisait les titres des livres rangés dans ma bibliothèque ; et elle se tourna vers moi, le visage fermé.
« Je peux savoir pourquoi tu me dévisages ainsi ? »Lança-t-elle d'une voix froide, me tutoyant pour la première fois.
Elle n'avait pas conscience de sa beauté. De l'attrait qu'elle provoquait chez moi. Ne voyait-elle pas le désir brûler dans mes yeux ? J'avais envie d'elle, violemment. Plus encore que j'avais envie de me nourrir ; cela n'avait pourtant pas eu lieu depuis trois jours, ce qui aurait été suffisant si je ne m'étais pas arrêté en plein… repas.
« As-tu conscience de ta beauté, Isabella ? »
Elle tressaillit, et me fusilla du regard en s'éloignant un peu de moi.
« Tu n'espères quand même pas… je ne te laisserai plus faire, plus jamais ! » cria-t-elle.
J'hochai la tête, un peu triste qu'elle pense que je pourrais… la violer. Pourtant, c'est ce que j'avais fait, quelques jours plus tôt. Ou presque, du moins. À défaut de réellement la violer, je ne lui avais pas laissé le choix de m'accueillir en elle.
« Je ne le ferai plus. Je regrette énormément de choses, Isabella.
- Tu peux ! Cracha-t-elle.
- Je sais. Mais une part de moi… est heureux d'avoir une chance de me faire pardonner tout ce que je t'ai fait. »
Elle me regarda avec ébahissement et colère, raide comme un piquet ; se dirigea vers moi d'un pas rapide et énervé, jusqu'à ce que nos corps se frôlent sans se toucher ; et elle leva la tête, dardant sur moi un regard noir et empli de haine.
« Te faire pardonner, hein ? Commença-t-elle d'une voix vibrante. Tu crois vraiment que quoi que ce soit pourrait excuser que tu m'aies pris ma vie, et ma virginité ? Tu as gâché mes chances d'accéder au bonheur, Edward Masen »
Je frémis, me retenant de prendre ses hanches dans mes mains, et de la plaquer contre un mur pour essayer de lui montrer un aperçu du bonheur qu'elle pourrait éprouver entre mes bras, pour peu qu'elle… qu'elle le désire. Qu'elle me désire, moi. Je déglutis avec difficulté, me retenant de fondre sur ses lèvres plus tentantes que jamais.
Puis je cédai. Je cédai à mes instincts primaires, et capturai ces lèvres qui me faisaient tant envie.
Elle voulut s'éloigner de moi, mais je la serrai contre mon corps presque fiévreux, ne désirant pas la laisser s'échapper ; ma langue franchit la barrière de ses lèvres, et alors je pus l'embrasser avidement, entièrement, et sans la retenue dont j'avais fait preuve la dernière fois -alors qu'elle était encore humaine et fragile.
Sa langue batailla avec la mienne un certain temps ; et elle sembla fondre entre mes bras, laissant aller son corps contre le mien -nos corps semblaient faits pour s'épouser. Sa jambe glissa entre les miennes…
Et elle me donna un coup de genou avant de me repousser durement le plus loin d'elle possible.
« Salaud ! »
Elle s'essuya la bouche, une lueur de fureur incendiant son regard noir, et quitta la pièce à toute allure ; alors que je me tordais de douleur, la main sur mon entrejambe, essayant de calmer les élancements qui me parcouraient.
Elle m'avait bien eu ; et le pire, c'est que je l'avais mérité. Je l'avais cherché, ce coup ; et je venais de me rendre la tâche de la séduire plus difficile encore.
Il me fallut longtemps pour pouvoir me relever ; pour que la douleur cesse ; et quand je pus à nouveau marcher, je remarquai qu'elle n'était plus là.
oOo
Je sortis en urgence, affolé ; elle était partie. Définitivement ? Comment savoir !
Je me mis à courir dans la forêt désormais plongée dans l'obscurité ; la nuit était tombée. Au moins, il n'y aurait pas d'humain dans les parages.
Je courus longtemps, l'appelant par son prénom ; mais seuls les bruits d'animaux me répondirent ; et quand la soif devint trop forte, je dus m'arrêter pour me nourrir d'un puma.
Ce n'était pas si mauvais, finalement. J'y arriverais, je savais que je pouvais le faire ; ne me nourrir que de sang animal. Mais à quoi bon ? Isabella n'était plus là, elle avait disparu. Je restai là, à genoux, devant la dépouille du puma ; jusqu'à ce que je sente une présence.
Et son odeur.
Un léger bruissement émana du feuillage d'un très vieux chêne ; et je la vis, en haut, me regardant d'un air dur.
Elle était venue. Elle m'avait entendu, et elle était venue.
Ses prunelles avaient déjà adopté une couleur ambrée, magnifique.
« Isabella », murmurai-je en me relevant.
Elle émit un sourd grondement ; et je détournai le regard, désemparé. Que lui dire pour qu'elle ne revienne pas sur sa décision de passer un peu de temps avec moi ?
Elle sauta soudain de son arbre, me regarda avec mépris.
« Je ne reste pas avec toi pour assouvir un quelconque désir sexuel.
- Je sais.
- Alors pourquoi m'as-tu embrassée ? Cracha-t-elle.
- Parce que j'en avais envie. »
Pourquoi lui mentir, après tout ? Quitte à être damné, autant être sincère.
« Je te prierai de maîtriser tes envies, à l'avenir ! S'énerva-t-elle.
- Disons que je ne ferai rien qui puisse te déplaire.
- Oh vraiment ? Mais tu ne sais rien de mes envies ! Ou sinon, jusque là, tu n'y as pas prêté beaucoup d'attention ! »
Sa voix se cassa, et je baissai à nouveau le regard, coupable. Puis le relevai avec plus de détermination, pour la dévisager alors que ses yeux brillaient d'un chagrin qu'elle ne pouvait exprimer par des larmes. Je ressentis un coup au cœur ; elle n'était après tout qu'une jeune fille à qui j'avais dérobé l'innocence et même la vie. Et malgré tout, elle était là. Malgré ce que je lui avais fait, malgré sa haine à mon égard.
Elle se retourna, repartit vers le château. Je la suivis, et restai à ses côtés en silence.
Je me fis une promesse, alors que nous passions ensemble la lourde porte qui avait vu notre rencontre.
Je dévouerais mon éternité à lui prouver que je l'aimais ; qu'elle l'accepte… ou non.
Et elle allait l'accepter. Je ne pourrais supporter le contraire.
Un jour, elle allait me vouloir.
Bella POV
À peine fûmes-nous à nouveau arrivés au château que j'allai m'enfermer dans la bibliothèque ; il ne me suivit pas. Il faisait bien.
Je m'assis dans un fauteuil de cuir tourné vers la fenêtre, et mon regard se perdit dans le paysage qui s'étendait, en contrebas. Les bois semblaient dormir, plongés dans le brouillard de la nuit tombante ; je devinai que la nuit allait être froide. Pour les humains, du moins ; car désormais, plus jamais je n'aurais ce genre de sensation.
Je fermai les yeux, et me calai plus profondément dans le fauteuil ; celui-ci avait une odeur familière…
L'odeur du vampire. D'Edward Masen.
Je grognai ; mais ne me levai pas.
Étrangement, cette odeur… ne me déplaisait pas. M'apaisait, même, peut-être ; du moins me donnait envie d'être dans ses bras.
Était-ce une caractéristique de vampire de s'attacher à son créateur ?
Non, il me fallait être honnête. Edward Masen était un monstre ; mais ça ne datait pas de mon réveil en tant que nouveau-né, que j'étais attirée par lui.
Les souvenirs affluaient à ma mémoire, bien plus nets désormais ; aussi affûtés que mes sens neufs. Et je nous revoyais, lui et moi. Je sentais à nouveau ses lèvres sur les miennes, ses mains sur mon corps.
Je poussai un bref gémissement en me prenant la tête entre les mains. Si j'étais honnête avec moi-même, je ne pouvais que reconnaître que j'avais aimé ce qui s'était passé entre nous.
Je l'avais désiré.
Je poussai un profond soupir, et me redressai à nouveau pour regarder le paysage figé. L'éternité commençait aujourd'hui ; il allait falloir que je me fasse à cette idée…
Alors ? Vos pronostics pour la suite ? Pensez-vous que Bella va rester avec Edward ou le quitter rapidement ?
Je tiens à vous informer qu'en ce moment, j'ai un paquet de travail qui ne me laisse pas beaucoup de temps pour l'écriture ; mais la bonne nouvelle, c'est que mes partiels du premier semestre auront tous lieu le semaine prochaine, ce qui signifie que pendant les vacances de Noël, j'aurai un peu de temps à consacrer à tous les couples qui me trottent dans la tête ;)
En attendant, si vous voulez me dire que vous avez aimé, ou que vous êtes déçus par ce chapitre, si vous voulez m'encourager ou simplement me dire quel temps il fait chez vous, vous savez où il faut cliquer !
A bientôt et joyeuses courses de Noël !
