Bonjour tout le moooonde !
Me revoilà avec le troisième chapitre de cette fiction !
Bon, je sais que j'avais dit à certains que je posterais le week-end... Dernier, mais en fait, j'ai eu de la famille chez moi, et ça a pas été possible...
Cela étant, je ne pouvais pas ne pas vous faire ce petit cadeau le jour du réveillon !
Alors bien sûr, je vous souhaite un très joyeux réveillon de Noël. J'espère que le père Noël aura su se montrer généreux avec vous et que, à défaut de forcément déguster le plus fin foie gras en buvant le plus cher des champagnes, vous vous éclaterez bien la panse ce soir !
Des bisous à tous !
Je ne vous souhaite pas un bon réveillon du Nouvel an aussi, parce que j'ai bien l'intention de revenir poster autre chose avant la fin de cette année ! Que ce soit pour cette fic ou une autre...
Et merci à tous mes lecteurs !
Réponse aux reviews bien sûr :
Pimprenelle : Heyyyy ! Contente de te retrouver ^^. T'en fais pas, Edward ne va pas se carpétiser comme tu dis (j'adore cette expression, tiens). Je pense même qu'il sera plus dominateur que l'Edward d'Echec et Mat (ouais, pas difficile, celui-là était complètement gaga). Pour la jalousie de Bella, ça sera pas dans ce chapitre c'est tout ce que je peux te dire ! Bonnes fêtes chère amie, et gros bisous !
Lina : Hello ! Alors ne t'en fais pas, même si ça va être compliqué pour Bella de résister à certaines choses (tu le découvriras par toi-même), je peux te promettre qu'il va falloir qu'Edward laisse passer un petit bout de temps et fasse un paquet d'efforts pour qu'elle accepte de se caser avec lui ! J'espère que ce chapitre te plaira !
tyca12 : ouaip, moi aussi j'aime bien quand Edward galère un peu, surtout quand il l'a bien mérité comme c'est le cas ici ! Alors que dirais-tu qu'on le fasse un peu ramer... Bonne lecture !
Before the story begins, is it such a sin
For me to take what's mine, until the end of time ?
We were more than friends, before the story ends
And I will take what's mine,
Create what God would never design
Avant que l'histoire ne commence, est-ce un tel péché,
Pour moi de prendre ce qui m'appartient, jusqu'à la fin des temps ?
Nous étions plus que des amis, avant que l'histoire ne se termine,
Et je prendrai ce qui m'appartient,
Créerai ce que Dieu n'aurait jamais conçu
Bella POV
Le sang chaud s'écoula dans ma gorge, et je poussai un soupir de soulagement, alors même que le grizzly perdait de la vigueur entre mes mains, pour enfin expirer pour la dernière fois.
J'aspirai jusqu'à la dernière goutte de son sang, et le déposai presque tendrement sur le sol, repue mais triste.
Je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas tuer. Ces animaux étaient innocents à mes yeux, et...
La seule chose qui me réconfortait, c'était qu'après tout, humaine aussi je me nourrissais de viande. Et je n'étais peut-être pas celle qui mettait fin à leur vie, alors, mais j'étais tout aussi coupable.
Je pris une lente inspiration, m'émerveillant une nouvelle fois du bouquet d'odeurs qui s'offrait à moi. Puis je rebroussai chemin jusqu'à la maison de Masen, un peu à contrecœur.
J'aurais, je crois, préféré flâner encore un peu dans les bois endormis, plutôt que de le rejoindre déjà.
Je crois.
En un mois que j'étais devenue vampire, mes relations avec lui... Sans s'être améliorées, s'étaient un peu calmées.
Je l'évitais.
Je faisais en sorte de ne chasser que la nuit, quand il y avait peu de chances que je tombe sur un être humain, et toujours quand je savais que lui aussi, était dehors. Il n'était jamais loin, je le sentais. Cela m'agaçait, mais je le tolérais pour une unique raison : je savais que si un être humain venait à entrer dans mon champ de chasse, il serait là pour m'arrêter avant que j'aie eu le temps de lui faire du mal.
Oui, je me servais de lui pour devenir quelqu'un de bien. Ironique, quand on savait de quoi il s'était rendu coupable par un passé encore trop proche pour être pardonné.
À ce propos, il y avait une question qui me taraudait depuis un petit moment, déjà.
Et je crois qu'il était temps que j'aie une petite conversation avec mon... Créateur.
Je poussai la lourde porte en bois, et entendis distinctement Edward sauter de l'arbre où il avait dû se percher pour garder un œil sur moi. Il savait que je détestais qu'il me regarde ; mais je savais qu'il adorait me regarder. Et je pouvais sentir la brûlure de son regard désormais ambré dans mon dos.
J'avançai dans le salon et allai m'asseoir négligemment dans un fauteuil en entendant la porte se refermer derrière lui. Je savais qu'il allait maintenant monter dans ses appartements si je ne disais rien, alors je lui adressai la parole pour la première fois depuis trois jours.
« Il y a quelque chose que j'aimerais comprendre. »
Son pas feutré dévia sa trajectoire vers le salon, et il entra silencieusement dans mon champ de vision.
Je croisai un regard froid sur moi, et si je ne l'avais pas connu comme on peut en venir à connaître quelqu'un dont on partage les jours et les nuits depuis un mois, j'aurais cru que mes questions l'indifféraient et qu'il attendait juste que je les lui pose pour pouvoir s'en aller.
Mais je le connaissais désormais assez pour savoir qu'il brûlait d'impatience, et que chaque phrase que je lui adressais était une bouffée de plaisir pour lui. Pourquoi ? Je supposais que c'était parce que trop longtemps, il avait vécu en solitaire, et que peut-être, le fait d'avoir désormais quelqu'un avec lui lui rendait plus douce l'existence.
« Pourquoi avoir capturé mon père ? » Lâchai-je de but en blanc.
Il haussa un sourcil.
« Tu aurais pu le tuer. Directement. Sans demander ton reste. »
Edward hocha la tête, et vint s'asseoir sur le canapé en face du fauteuil que j'occupais.
« Je voulais savoir ce qu'il savait. S'il avait parlé de ses soupçons sur moi à quelqu'un d'autre. Il fallait que je le cuisine... Sans mauvais jeu de mots. »
Un grondement s'échappa de ma gorge, instinctif à la simple idée qu'il n'y avait pas si longtemps, cet homme avait envisagé de se nourrir du sang de mon père ; et il sourit.
Edward fit ce petit sourire un rien maléfique, mais quelque peu amer que je commençais à lui connaître.
Les premiers jours après mon réveil, il s'était comporté comme un gentleman.
Mais je l'avais rembarré. Qu'espérait-il ? Me séduire ? Et le naturel était revenu au galop.
Edward Masen avait un fond très sombre. Je le lisais dans ses yeux, ses sourires, certains de ses mouvements.
Il était quelqu'un de ténébreux, et de dangereux. J'aurais dû le haïr, pour ça.
Mais, quoique cela me répugne de l'admettre, je devais me forcer à reconnaître que je me sentais de plus en plus attirée par ce vampire aux allures menaçantes et maléfiques.
Et peut-être que ce qui renforçait cette attirance, c'était la souffrance visible qu'il s'imposait pour ne se nourrir que de sang animal depuis que je m'étais réveillée. Il avait un fond mauvais, mais également une nature assez bonne pour vouloir faire l'effort de s'améliorer à mon contact. Et quelque part, c'était grisant.
« Et pourquoi tu ne l'as pas tué, au final ? »
Cette fois, ce fut un regard surpris que Masen planta dans le mien.
« Tu m'as échangée contre lui. Alors que tu pouvais très bien nous retenir tous les deux. »
C'était la vraie question qui me taraudait depuis un moment.
Pourquoi ? Pourquoi déjà avant que tout commence entre Edward et moi, avait-il fait un choix... Gentil ? Épargnant la vie de mon père telle une faveur qu'il m'accordait ?
Edward avait froncé les sourcils, et cherchait visiblement une réponse dans ses pensées.
« Je ne voulais pas que tu te suicides. » commença-t-il à répondre d'une voix hésitante.
Oui... C'était vrai. Je me souvenais que ma menace d'attenter à mes jours avait fini par convaincre Edward de relâcher mon père.
Mais il avait hésité.
Je plantai mon regard dans le sien, et il releva la tête vers le plafond, pensif.
« Et c'est étrange. J'aurais pu aisément retourner tuer ton père en te faisant croire que je lui laissais la vie. »
Je me raidis sur le fauteuil, soudain envahie d'un sentiment de douleur oppressant ; je n'avais jamais eu de nouvelles de mon père. Jamais, parce que je n'avais jamais assez approché le village pour m'enquérir de ce qui s'y passait. J'avais bien trop peur de céder à ma soif de sang humain.
« Je ne l'ai pas fait. » Lança Edward en plantant à nouveau son regard dans le mien. « C'est ça qui m'étonne, quelque part. Il faut croire que déjà inconsciemment, je refusais de te faire du mal. »
Mes mâchoires se contractèrent, alors que du venin envahissait ma gorge.
Il eut ce nouveau sourire amer, et détourna son regard vers la fenêtre par laquelle filtrait la lumière argentée de la lune.
Et mes yeux se posèrent sur lui.
Et de nouveau, alors que je déglutissais pour me débarrasser de ce goût âcre de venin, cette étrange émotion s'empara de chacune des cellules mortes de mon corps pour les faire revivre.
Mes yeux glissèrent presque malgré eux sur sa peau diaphane, ses traits puissants, ses doigts si parfaitement dessinés reposant sur ses cuisses aux muscles fins et nerveux.
Ce désir. Je haïssais ce désir qui s'emparait de moi à chaque fois que je me retrouvais seule avec lui assez longtemps pour laisser tomber mes défenses.
Mais je l'aimais, aussi. Ce désir qui me faisait sentir vivante.
Edward tourna de nouveau la tête pour plonger son regard dans le mien, et ses yeux naviguèrent à leur tour sur mon visage.
« Je sais que tu me hais pour t'avoir transformée en vampire, Isabella. Mais depuis un mois, tu ne trouves pas que cette vie a aussi ses avantages ? »
Je tressaillis, comme à chaque fois que sa voix rauque prononçait mon prénom entier.
« Des avantages ? » Soufflai-je. « A quoi me servent ma rapidité, ma force et mon immortalité, au juste ? Le temps est si long. »
Un léger sourire étira ses lèvres, différent des autres, celui-là.
Un petit sourire à la fois paresseux et terriblement érotique.
Son regard ne quitta pas mon corps alors qu'il me répondait.
« Je ne parlais pas de ces avantages-là. Notre immortalité et l'ennui qui finit par l'accompagner sont largement compensés par le décuplement des sens qui va avec notre nature... Tu ne crois pas ? »
Sa voix envoya une série de frissons tout le long de la colonne vertébrale, et je gigotai sur mon fauteuil pour maintenir mon attention sur ses paroles et non sur... La façon dont mes pensées me soufflaient comment j'aimerais sentir sa bouche bouger sur moi.
Il se pencha en avant, vers moi, son regard ancré droit dans le mien, ses coudes bien calés sur ses genoux.
« Tu as senti, n'est-ce pas ? Comme chaque inspiration que l'on prend est désormais agréable ? Une symphonie d'odeurs autour de nous, la nature à l'état brut. Comme chaque gorgée de sang que l'on avale est le meilleur nectar que nous n'avons jamais goûté, bien meilleur que toute nourriture que nous avons pu ingurgiter en étant humains ? Comme les détails de chaque objet, chaque être que nous voyons sont une source de merveille, et comme chaque son que l'on entend est un concert d'harmonies ? »
Je fermai mes yeux un instant, le souffle soudain court ; mon corps me donna la sensation de... Brûler de l'intérieur, et cette sensation était aussi nouvelle qu'euphorisante.
Je n'entendis même pas Edward se lever, mais une sorte de sixième sens m'avertit qu'il était désormais assis sur l'accoudoir de mon fauteuil, et je fermai un peu plus les paupières, en proie à un vertige soudain.
Puis je sentis comme un courant électrique courir le long de mon épiderme, et je compris qu'Edward était en train de me frôler du bout du doigt.
Je relevai un regard noir sur lui. Un regard qui lui signifiait de s'en aller avant que je n'explose... Mais exploser de quoi ? De colère, ou de désir ?
Le regard d'Edward était tout aussi sombre.
« L'état de vampirisme, c'est de la sensualité à l'état pur, Bella. » Murmura-t-il soudain.
Puis ses doigts effleurèrent mon cou, et je saisis ce qu'il était en train de m'expliquer alors que la plus puissante décharge de désir que j'avais jamais ressentie m'envahit.
Je me levai et m'éloignai d'un bond, le regard écarquillé, le souffle court.
Il avait raison. Il avait foutrement raison. Pour les sons, le goût, l'odorat, la vue. Tout ce que mes sens m'apportaient depuis que j'étais un vampire, c'était du plaisir.
Mais le toucher...
Je n'avais jamais fait attention, en un mois, à ce que je ressentais sur ma peau.
Et avec un simple frôlement, Edward Masen avait réussi à allumer un feu en moi qui avait réchauffé mon corps glacé et brûlait toujours.
Son regard ne quitta pas le mien, dangereux et empli d'un désir féroce, alors que je reprenais mon souffle, sentant mon épiderme s'éveiller doucement sous le frisson qui se propageait de mon ventre au reste de mon corps ; il avait éveillé cette envie en moi, le savait, et une bouffée de haine à son égard apporta un goût de venin dans ma bouche.
Mais dans le même temps, cette étrange connexion se réalisa entre nous, et j'eus le souffle coupé alors que les sentiments qui l'assaillaient ne me prennent d'assaut ; mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes sous la force de son désir et de sa violence. La violence avec laquelle il luttait contre lui-même pour ne pas me sauter dessus.
La connexion se rompit, et je repris mon souffle, bien que ce ne fut pas nécessaire. Une bouffée de son odeur me parvint, et je poussai un grognement de détresse.
Je rouvris les yeux et les levai vers lui, soudain.. Perdue. Son regard se fit plus désolé, quoique toujours ardent.
« Je te demande pardon, Bella. Je ne désirais pas t'imposer cet état. Je n'ai simplement... »
Son souffle se tarit, et ce fut lui qui ferma les yeux à son tour.
~o~
I was weak with fear that
Something would go wrong...
Before the possibilities came true,
I took all possibility from you
~o~
J'étais affaibli par la crainte que
Quelque chose tourne mal
Avant que les possibilités deviennent réalité
Je t'ai retiré toute possibilité...
~o~
« Pas réussi à résister. » Termina-t-il dans un murmure.
Un sourire amer déforma mes lèvres.
« Et maintenant ? » Lançai-je.
Il fit un pas vers moi, les sourcils relevés en une expression tendue.
« Nous pouvons créer un tas d'instants merveilleux, ensemble. »
Une moue dégoûtée s'installa sur mes lèvres, et je fis un pas en arrière, mais il me rejoignit en trois foulées pour me coincer entre lui et le mur de pierres ; sans me toucher, juste en s'approchant assez pour que mon corps réagisse au sien et en quémande plus. Ce désir qui me taraudait sans que je ne comprenne pourquoi se réveilla et un incendie jaillit au plus profond de mon ventre, me torturant plus que de raison.
Mais qu'avait à voir la raison quand l'on éprouvait des émotions aussi puissantes ?
Mon corps vint se plaquer de lui-même contre le sien, et je glissai ma main dans ses cheveux pour coller mes lèvres aux siennes dans un geste plus violent que passionné. Ses mains se posèrent sans attendre sur mes hanches pour me rapprocher plus encore, au point que j'eus l'impression de fusionner avec lui quand sa jambe s'insinua entre les miennes et que sa langue força le barrage de mes dents pour venir caresser ma langue.
Mes ongles griffèrent sa nuque et ses épaules, et il relâcha ma bouche pour s'attaquer à mon cou, grognant tel un animal alors que mon désir pour lui explosait en mon intérieur.
Dans l'univers que je connaissais, je n'aurais jamais fait ça. Je ne me serais jamais montrée si sauvage et déterminée, et surtout, je ne l'aurais jamais fait pour lui... Mais à l'aube de ce jour nouveau, mes vieilles barrières s'étaient effondrées et cette animalité que je ne connaissais pas en moi jaillissait en rugissant. Je le poussai violemment vers le canapé, et il y tomba à la renverse, m'entraînant dans sa chute sans que je ne cherche à me défaire de lui.
Edward POV
La faim me brûlait tel les flammes de l'Enfer ; la faim d'elle, de son corps, de son goût, de sa peau, de tout ce qu'elle acceptait de m'offrir ; la faim de toute ce qu'elle ne voulait pas me donner, aussi.
Cinq semaines que je la connaissais ; cinq semaines, et j'étais déjà dingue de tout ce qu'elle était, complètement accro à elle, taré de ne pas avoir le droit de la toucher comme je l'aurais aimé.
Jusqu'à maintenant.
Le monstre en moi hurlait de plaisir alors que mes lèvres traçaient des sillons ardents sur sa peau, et le triomphe suintait par tous les pores de la mienne. Bientôt nos vêtements ne furent plus que lambeaux – il allait falloir que je songe à être plus soigneux avec nos affaires – et j'empoignai son sein gauche avec passion ; mais je me figeai en la sentant déjà enrouler ses jambes autour de mes hanches.
Un grognement monta du plus profond de mon être ; il ne me fallut pas une seconde pour comprendre que Bella ne s'offrait pas à moi par amour, mais juste pour suivre une pulsion animale qui la guidait sans qu'elle la comprenne.
La frustration m'envahit sans pitié, et je serrai les dents pour ne pas hurler ma peine. Les mains de mon âme sœur glissèrent froidement sur mon corps pour saisir mon membre en érection, et je pris une forte inspiration avant de déposer de nouveau mes lèvres contre les siennes, en colère.
J'essayai de baiser sa bouche avec tout l'amour que je lui portais ; ça faisait beaucoup, beaucoup d'amour. Et la lutte commença.
J'essayai d'être tendre.
Elle contra en se montrant érotique.
J'effleurai sa peau avec dévotion.
Elle griffa la mienne avec ardeur.
Je me nourris de son goût du bout de la langue.
Elle me goûta de ses dents agressives.
Nos souffles s'emmêlèrent, nos bassins s'entrechoquèrent, nos corps se livrèrent une bataille d'une sensualité qui m'était complètement inédite ; et la seule chose que nous avions en commun, c'était la passion que nous mettions elle à m'éloigner, et moi à la rapprocher.
Et quand enfin je la pénétrai d'un coup brusque et fanatique, je ne sus qui avait gagné. Moi, en réussissant pour la deuxième fois de notre éternité à la faire mienne ? Ou elle, en obtenant de moi le plaisir que ses sens recherchaient sans m'offrir la moindre trace de passion amoureuse en échange ?
L'orgasme qui nous emporta fut le plus violent que j'eus jamais connu, et mes doigts se serrèrent si forts sur sa peau que je sais que je l'aurais brisée si elle avait encore été humaine ; mes mains ne voulaient plus la lâcher, comme si mon corps savait.
Mon corps savait que je n'avais rien gagné, et que je risquais toujours de voir partir mon âme sœur. Rien d'elle ne m'était acquis et cela me mettait dans une rage noire ; je n'aimais pas cette sensation de devoir craindre qu'on me retire la seule personne que j'aie jamais voulu à mes côtés. C'était égocentrique, égoïste et un brin prétentieux de ma part, mais je n'en avais cure. Je voulais Bella pour toujours près de moi, et tout ce que j'avais, c'était son corps sans son cœur.
Mes bras se serrèrent autour de sa taille avec possessivité, et ma bouche se glissa dans sa nuque alors qu'elle se raidissait.
« Nous allons être heureux. » Lui murmurai-je comme une promesse faite pour la retenir.
Mais elle ne répondit pas.
Elle se dégagea simplement de mon étreinte, et descendit du canapé pour aller monter dans sa chambre, nue et sublime dans mon regard revendicateur. Et quand elle eut disparut, je poussai un grognement bestial de colère, prêt à briser tout ce qui se trouverait sur mon passage.
Isabella Swan n'était pas à moi. Et ça me rendait cinglé.
~o~
Now that it's done I realize the error of my ways
I must venture back to apologize from somewhere far beyond the grave
I gotta make up for what I've done
'Cause I was all up in a piece of heaven
While you burned in hell, no peace forever
~o~
Maintenant que c'est fait je réalise mes erreurs de parcours
Je dois faire marche arrière pour m'excuser quelque part par-delà la tombe
Je dois me rattraper pour ce que j'ai fait
Parce que j'étais tout en haut dans un coin de paradis
Pendant que tu brûlais en enfer, sans paix pour toujours...
~o~
Bella POV
Je savais qu'il était parti chasser. J'avais entendu la lourde porte claquer, et je me doutais que deux ou trois grizzlys allaient y passer aujourd'hui ; cela me laissait un peu de temps.
Je terminai avec hâte la légère valise que j'avais commencée, y entassant quelques vêtements parmi tous ceux qu'Edward m'avaient ramenés au fur et à mesure.
Je devais partir. Il le fallait, et il fallait que je le fasse pendant qu'il s'absentait.
J'avais laissé mes émotions prendre le contrôle sur mes sentiments un peu plus tôt, et si je ne regrettais rien – car on ne pouvait décemment regretter d'avoir pris tant de plaisir, dusse-t-on aller cramer en Enfer pour un tel acte –, il était hors de question que je reste plus avec ce vampire que je haïssais mais que mon corps voulait si fort.
Je ne savais pas si j'étais prête à affronter ma nouvelle réalité seule, mais je ne voulais pas risquer d'un jour voir poindre une aube nouvelle, et de me rendre compte que je n'aurais plus la force de quitter celui qui avait littéralement mis fin à ma vie telle que je la connaissais. Et il était absolument impensable que je passe mon éternité aux côtés d'Edward Masen.
J'attrapai en toute hâte un stylo et griffonnai une dernière lettre à remettre à mon père.
Forks, 17 mars 1979,
Papa,
Les jours s'écoulent toujours avec le même rythme, dans ce château sombre. Rien de changé ; si ce n'est que le nombre de livres que je n'ai pas encore lus commence à diminuer drastiquement. Ne restent que les imbuvables, les illisibles. Ceux que même l'ennui ne réussit pas à me faire ouvrir.
Cela fait un mois que je suis dans cet état ; un mois que je n'ai plus aucune relation avec quiconque. Et je dépéris. Aussi, ai-je pris une décision…
Papa, je dois partir. Loin d'ici, de ce château, de ce village. J'ai l'éternité désormais ; autant que j'en profite. Je te dis ça, et tout le reste sur ma nature et celle de mon… hôte, car je ne veux pas que tu t'inquiètes. Je ne veux pas que tu me cherches. Je vais bien, vraiment ; et Edward Masen ne peut plus me faire de mal.
Aujourd'hui, je suis plus forte que lui.
Mais je te demande, si tu le revois un jour, de ne pas chercher à lui nuire. Je sais ce que tu penses ; que je ne devrais pas me montrer si généreuse. Après tout, il est un monstre, et il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Il m'a dérobé ma chance d'avoir une vie normale, et m'a arrachée à toi ; mais nous sommes deux désormais face à la solitude. Cette solitude écrasante. Et je sais désormais que ma disparition va être un coup difficile à surmonter pour lui. Lui, qui s'est montré prêt à changer pour moi ; et qui l'a fait, pendant un mois.
Mais je ne veux jamais être sienne, et c'est aussi – principalement – pour ça qu'aujourd'hui, je pars.
Je vais donc te remettre cette lettre, ainsi que toutes celles que j'ai écrites en un mois, à ton attention. Lis-les attentivement, mais ne les montre à personne. Il ne faut pas révéler notre existence. Surtout pas ; nous pourrions être pris en chasse. Je te fais confiance, Papa. Laisse-nous vivre dans l'anonymat.
Je t'aime, et je te promets de revenir quand tout danger de te faire du mal sera écarté.
Ta fille dévouée, B. Swan.
Je lissai la lettre ; puis la mis avec toutes les autres, dernière de la pile. Je les pliai ensuite soigneusement, de sorte que quand mon père ouvrirait l'enveloppe, les lettres se déplient et se lisent dans le sens chronologique.
Je me levai, et quittai la chambre pour la dernière fois ; mon cœur mort se serra.
Une part de moi se bloqua et je me figeai sur le seuil de la porte ; une étrange douleur me saisit, et je ne pus retenir un gémissement, terrassée par ce sentiment que je ne connaissais pas.
Comme si une force supérieure essayait de me retenir.
Je pris une inspiration haletante, et me forçai à me remettre en route, prenant de la vitesse à mesure que je m'éloignais dans la forêt sombre et humide, et me sentant enfin libérée alors qu'une bonne centaine de kilomètres me séparaient déjà de Forks.
Je courus avec ma valise à la main, ne m'arrêtant que pour poster le courrier que j'avais écrit à mon père – je fus surprise de la résistance avec laquelle je me gardai de me jeter sur les êtres humains que je croisai.
Et quand la nuit tomba, je m'étais postée dans une nouvelle forêt, tout en haut d'un immense arbre.
Et le visage levé vers la lune, je laissai l'image d'Edward s'imposer à mon esprit – il avait dû se rendre compte de mon départ depuis des heures désormais – et un sentiment de douleur intense me déchira...
And I know, I know it's not your time
But bye, bye
And a word to the wise when the fire dies
You think it's over but it's just begun...
Et je sais, je sais que ce n'est pas ton heure
Mais bye-bye
Et l'enseignement que j'en tire, c'est que quand le feu meurt
Tu crois que c'est fini mais ça commence juste...
Et voilà !
Eh oui, Bella a bien quitté Edward ! La garce... Nope ! Tant pis pour Eddie, qui a quand même eu droit à une session de son sport favori avant la déception de revenir de la chasse dans une maison vide...
C'est ce qu'on appelle un ascenseur émotionnel je suppose !
Maintenant, que va-t-il se passer selon vous ?
Bella va revenir en courant vers Edward et se jeter à genoux devant lui pour lui supplier de lui pardonner ? (N'y comptez pas trop, en tous cas pas à la partie sur les supplications)
Edward va sillonner la Terre entière et la ramener par la peau des fesses ?
Ou se retrouveront-ils au hasard d'un jour ?
Un indice ? Je les réunirai... Un jour ! Mouhahaha...
RE-bonnes fêtes de Noël à tous et à bientôt !
P.S : Les paroles citées et traduites (plus ou moins correctement, désolée pour ça) sont tirées de la chanson A little piece of Heaven, du groupe Avenged Sevenfold, chanson qui me fait beaucoup penser à notre petit couple de pas-encore-amoureux ! Lien sur mon profil, mais je déconseille aux âmes sensibles de regarder le clip... Il est un peu... vicieux dira-t-on !
