CHAPITRE XVII : Le poids de l'Avenir
Il la regardait dormir. Bon sang qu'elle était belle. Maintenant, elle savait tout et plus que la colère d'Isshin et d'Ichigo, il craignait qu'elle ne l'aimât plus.
_Taïcho ? dit Matsumoto-san. Qu'allez-vous faire ?
_Je ferai ce que le commandant m'ordonnera.
_Mais Taïcho, vous l'aimez vraiment ?
_Il n'est pas question de ça. Elle n'a pas le choix. C'est soit moi, soit Akaku. Son corps ne peut porter d'autres enfants. Et si elle refuse, elle prend le parti de laisser l'avenir du monde en danger.
_Et si elle refuse quand même ?
_Elle ne peut pas…
Tôshirô soupira. Il aurait aimé que les choses ne se passent pas comme ça. Elle était si belle dans ce kimono blanc.
_La réunion va commencer. Laissons là, reprit-il en sortant suivît de sa vice capitaine.
Lorsque Karin ouvrît les yeux, elle ne reconnut pas l'endroit où elle était. Ses oreilles bourdonnaient et sa vision était un peu trouble. Le plafond qu'elle regardait reprenait forme tout doucement. Elle se redressa.
Sa première réaction fût de chercher son agresseur pour se défendre. N'apercevant rien de suspect, ne ressentant que de la quiétude, elle sortit du lit dans lequel elle se trouvait pour explorer les lieux avec prudence, un chandelier d'argent à la main.
Et c'est avec joie qu'elle trouva au bout devant sa porte son frère tant aimé.
_Ichi-nii ! Cria-t-elle en fonçant se blottir dans ses bras.
Le chandelier tomba sur le sol avec un bruit qui résonna dans tout le couloir.
_C'était toi ! C'est toi qui m'as sauvé ! Mais comment ?
_Grâce à Yusu, dit-il en la serrant très fort. Elle était inquiète et m'a appelée après la dispute que tu as eût avec papa. Puis j'ai parlé avec lui. Il était confus et nous ne savions pas où tu étais. C'était l'horreur. Je ne sentais plus ton reïatsu…
_Et c'est là que j'interviens, reprit avec joie une personne derrière Ichigo.
Karin n'en croyait pas ses yeux. Yago-kun était là, contre le mur avec le sourire aux lèvres. Son camarade du conservatoire était en réalité un shinigami !
_Toi ? murmura-t-elle en le regardant.
_Ouais, répondit-il. Heureusement que le commandant-capitaine m'a envoyé sur terre pour te surveiller ! Son déguisement a vraiment bien trompé tout le monde cet enfoiré ! Le petit professeur… ça faisait si longtemps que tu le connaissais qu'on ne l'avait même pas soupçonné. Et puis tu bouges sans arrêt aussi ! Mais bon, quand j'ai vu que les choses dégénéraient, ben j't'ai suivis quoi !
_Alors c'était réel ?
Ichigo approuva d'un signe de tête.
_Et tout ce qu'il a raconté aussi ? Sur mes futurs enfants et tout et tout ?
Ichigo fronça les sourcils et ne broncha pas.
_Bande de salopard, murmura Karin. Et où sont-ils tous ces menteurs ?
Il pointa du doigt le bout du couloir.
_Dans la grande salle du fond. Mais… KARIN ! Reviens !
Mais Karin courait déjà dans la direction qu'il lui avait indiquée. Comment osaient-ils ? Elle entra dans le lieu comme une furie et ne mit pas longtemps à trouver des yeux celui qu'elle cherchait. Elle traversa les rangs de capitaines et de vice capitaines qui écoutaient leur supérieur et attrapa Tôshirô par le col. Son poing serré, elle lui colla une droite en y mettant le plus de force possible.
_Menteur ! Hurla-t-elle. Enfoiré ! Alors c'était ça ?
Tôshirô tomba au sol plus par surprise que par douleur. Elle se retourna vers les autres pour les affronter du mieux qu'elle pouvait.
_Pourquoi ? Pourquoi ne pas m'avoir simplement dit ce qu'il en était ? C'était trop dur de me mettre dans la confidence ?
_Si nous l'avions fait, dit calmement le capitaine Kuchiki, nous n'aurions pas pu découvrir qui en voulait à votre personne. L'ennemi ne montrait jamais son vrai visage et il nous a échappé à chaque fois qu'on pensait l'avoir piégé. Ce qu'il a encore fait, d'ailleurs…
_Mais moi, j'm'en fou de vos plan de merde ! Continua de crier Karin.
Ichigo, qui était entré vînt se placer à côté de sa sœur dans la même posture offensive. La colère brûlait en lui tout autant que sa sœur.
_On parle de mon corps là ! Siffla-t-elle entre ses dents. Et après ça, une fois débarrassait d'Akaku ? Vous pensiez que quoi ? Que j'allais vous laisser faire ? Je suis quoi pour vous ? Disons les choses comme elles sont ! N'ayons pas peur des mots ! Je suis quoi alors ? Un utérus ? Une mère porteuse ?
L'assemblée des vices capitaines avaient l'air gêné. Les capitaines, eux ne bronchaient pas d'un poil.
_Mais dites les choses telles qu'elles sont ! Cria-t-elle. C'est quoi ma mission hein ? Epouser Tôshirô et lui faire un gosse pour protéger vos sales gueules ? Parce que vous êtes incapables de vous défendre sans ça bande de lâches ! Et une fois le gamin mit au monde, je deviens quoi moi dans vos plans ? On me renvoi simplement sur terre avec un gentil merci ?
_Elle nous a traités de lâche, grogna le capitaine Kenpachi.
_Ne soyez pas médisante Kurosaki-san, dit le capitaine Soi Fon. Nous avons tous un destin. Et donner un peu de soit pour, sûrement sauver l'humanité n'est pas grand-chose.
Karin éclata de rire. Un rire incontrôlable. Elle rêvait !
_Médisante ? Dit-elle. Moi ? Donner « un peu » de moi ? Écoute-moi espèce de sale garce, si vous aviez réfléchis un instant, et que vous m'aviez tenue au courant de cette putain de prédiction, mon corps, je vous l'aurai donné. Pas avec joie, j'en conviens. Mais pour sauver ma famille et mes amis, j'aurai peut-être fait un effort.
_Vraiment ? Rajouta le capitaine Kuchiki, sceptique.
_Mais tout ce que vous entreprenez est toujours fourré de coups bas et de messes basses. Vous ne pensez qu'à vous et les êtres humains ne valent pas mieux que des insectes à vos yeux !
_Ça suffit, coupa le commandant capitaine. Kurosaki Karin, nos méthodes ne vous conviennent peut-être pas mais vous avez un devoir. Je crois, comme vous venez de le dire que vous aimez votre famille et vos amis plus que tout au monde ?
Karin sentit les larmes monter et couler le long de ses joues. Il ne pouvait pas se servir de cette carte-là. C'était bas.
_Voici vos choix. Soit vous acceptez de donner naissance au fils du capitaine Hitsugaya et nous veillerons sur lui et sur vous du mieux que nous pourrons. Sinon, nous serons obligés de vous enfermer ici. Nous ne risquerons pas l'avenir de l'humanité pour un caprice de petite fille. Si le maître des enfers met la main sur vous, c'est le monde entier que vous compromettez.
_Eh ! Cria Ichigo. Vous parlez de ma sœur là ! C'est ça que vous appelez un caprice ?
_Cet enfant que portera Kurosaki Karin sera un Roi. Il est dit qu'il sauvera l'univers de la Grande Destruction. C'est son destin. Mais s'il porte les gênes du Maître des enfers, c'est la fin de l'équilibre. Prendrais-tu le risque de tout détruire pour sauver ta sœur ?
Ichigo défia le commandant capitaine du regard.
_Essayez un peu de la toucher ! Quant à toi, rajouta-t-il en se tournant vers Tôshirô, si tu mets tes sales pates sur ma petite sœur, je t'éclate. Viens Karin.
Il prit la main de sa sœur et l'entraîna à grand pas dans le couloir. Elle pleurait tellement qu'elle ne voyait plus rien.
Dans sa tête, les pensées se mélangeaient, se confondaient. Et s'ils avaient raison ? Si cet enfant pouvait sauver tout le monde ? Et si elle tombait entre les mains d'Akaku ? Karin ne voulait pas porter le fils d'un assassin. Mettre au monde un Roi démoniaque c'était hors de question !
Elle s'arrêta net et repoussa l'étreinte de son frère.
_Ichi-nii, articula-t-elle, la voix chevrotante.
_Karin…
Son frère connaissait sa sœur. La tristesse se lisait sur son visage.
_Ichi-nii… si je tombe entre les mains de ce mec, qu'arrivera-t-il à Yusu, à papa, à toi, à Orihime et tous les autres ? Si je prends le risque d'ignorer mon destin, qu'arrivera-t-il ?
_Il faut juste faire attention à ce que tu ne tombes pas entre ses sales pates, c'est tout ! Ils disent tous qu'il est faible ! Son seul avantage, c'est qu'il se balade entre les différents mondes à sa guise, c'est tout.
_Non Ichi-nii… Ils ont dit que le fils de Tôshirô serait Roi et qu'il protègerait tout le monde. Les protéger de quoi Ichi-nii ? Cela ne veut-il pas dire que quelque chose de grave risque d'arriver ? Qu'est-ce qu'il a dit le vieux ? La Grande Destruction ?
_Mais on en sait rien Karin ! Ce ne sont que des divagations de vieille femme !
_Et si ce n'était pas le cas ?
Ichigo regardait sa petite sœur. Elle était encore si jeune pour épouser un homme et devenir mère. Tout cela serait arrivé un jour bien sûr ! Mais plus tard et par amour ! Pas par obligation…
« Rien à faire » se dit-il car il savait que Karin avait déjà pris sa décision.
_Ichigo, reprit-elle, je peux pas laisser faire ça… je veux pas non plus rester ici mais j'ai pas l'choix hein ? Pourrais-tu vivre toi avec l'idée que tout le monde va mourir parce que je suis égoïste ?
_Mais tu n'es pas égoïste ! C'est ton corps ! C'est ta vie ! Tu ne peux pas coucher avec un homme que tu n'aimes pas comme… comme ça ?
_Non, c'est vrai… mais si je reste ici Ichi-nii, peut-être alors… peut-être que je serai en sécurité et après, le destin fera bien ce qu'il veut de moi…
Karin serra son frère dans ses bras.
_C'est mon choix, dit-elle. Embrasse Yusu et papa pour moi. Je reste ici. Toi, va protéger cette famille que j'aime tant. Je suis sûr qu'Akaku n'en restera pas là.
_Karin ! Attends !
_Je t'aime grand frère.
Et Karin repartit en arrière vers la salle du conseil où attendait le Goteï 13, l'âme lourde mais le corps emplie d'une résolution indestructible.
