Hello tout le monde !
Je sais que j'étais censée vous livrer quelque chose entre Noël et Jour de l'an, mais au final... J'ai pas trouvé le temps...
Alors c'est maintenant que je vous souhaite à tous, cher lecteurs, une EXCELLENTE année 2012 ! Mes meilleurs voeux, et si jamais il s'avérait que cette année sera la dernière que nous vivrons, fin du monde oblige, éclatez-vous bien avant.
Une petite mention pour Annso qui a relu mon chapitre ^.^ !
Bon, je ne vais pas vous retenir très longtemps. Je vous rappelle donc que, dans le dernier chapitre, Bella avait cédé aux avances d'Edward avant de se barrer sans un mot... Dans les dents le Eddie !
Alors maintenant, voici la suite, avec... Leurs retrouvailles ? Peut-être, vous verrez bien !
Réponses aux non-inscrits :
tyca12 : eh bien je ne vais rien ajouter à ta review, tu vas avoir des réponses dans ce chapitre ^^
Pimprenelle : ARf c'est pareil, je ne peux rien te dire, parce que... Euh... Ben tu vas bien voir dans ce chapitre !
Des bisous à tous !
Edward POV
Partie.
Elle était partie.
Ce constat, il me fallut plus d'une journée complète pour l'accepter.
Quand j'étais rentré de ma partie de chasse, repu et plus qu'heureux à l'idée d'avoir enfin réussi à toucher Bella d'une manière... Intime, je savais bien que tout n'était pas encore réellement- gagné, mais... Je pensais que c'était en bonne voie. Sacrément en bonne voie, même.
Mon ego en avait pris un sacré coup.
Elle était partie. Elle, et ses bagages - certains, du moins. Il ne me restait plus rien que le silence, un peu de son odeur, et les souvenirs que j'avais d'elle...
Maintenant que j'y repensais, je crois que j'avais commencé par passer par les étapes communes au deuil.
Le choc, quand j'étais rentré de la chasse.
Puis le déni.
Combien de temps m'étais-je assuré que ce n'était qu'une passe, pour elle ? Qu'elle traversait un moment de doute, et qu'elle allait revenir, rapidement et complètement accro à moi ? Combien de fois l'avais-je imaginée, pas très loin de la maison, se demandant si elle pouvait faire marche arrière ? J'avais bien évidemment essayé de la pister, du coup, mais n'avais jamais retrouvé son odeur. Elle s'était trop éloignée.
Puis il y avait eu ce très très violent stade... Celui de la colère. Celui pendant lequel je m'étais juré de la retrouver... et de la tuer.
Fort heureusement, un étrange lutin avait alors fait son apparition dans ma vie, la bouleversant du tout au tout.
Flash-back
La rage me hantait, alors que je visitais le onzième village en très peu de temps, à la recherche de celle qui avait atterri dans ma vie pour devenir mon âme soeur et la dévaster entièrement en se barrant sans même une explication.
Je tendis au shérif un dessin de Bella, dessin que j'avais fait à partir de son image gravée dans ma mémoire ; mais avec amertume, je me devais bien de reconnaitre qu'il ne lui rendait certainement pas justice...
"Vous n'avez pas vu cette fille de passage dans votre ville ?"
L'homme ventru haussa un sourcil en se penchant sur la photo, peu concerné.
"Vous dites être détective privé ?
_ Exact. Je travaille pour un notaire. Cette fille est la riche héritière de feu son oncle.
_ Ben voyons. Marmonna le shérif.
_ Je vous ai présenté ma carte." M'agaçai-je.
Il haussa les épaules. il avait raison, après tout ; cette carte était fausse, et si je recherchais Bella, ce n'était pas pour lui remettre une petite fortune, mais pour la massacrer comme elle l'avait fait avec mon coeur.
"Elle n'a pas traversé cette ville.
_ Vous en êtes certain ?
_ Je vous l'affirme. Une fille si belle se serait arrêtée dans le coin, je l'aurais vite su."
Je grognai.
Combien de patelins allais-je devoir traverser ici, présentant un dessin dans l'espoir de retrouver une fille disparue depuis trois semaines ? Quand bien même certaines personnes pouvaient l'avoir croisée, combien de temps allaient-ils se souvenir d'elles ? Tout ce que je pouvais espérer, était que sa beauté vampirique ait marqué les esprits.
Mais s'était-elle seulement arrêtée dans une ville ? J'avais recherché s'il y avait eu des morts suspectes dans le pays, et jusqu'au Canada ; rien qui ne pouvait s'apparenter à des meurtres commis par un vampire. De toutes manières, elle était végétarienne.
Je sortis du bureau du shérif en claquant la porte avec colère ; et une tornade brune sauta devant moi, me regardant avec un large sourire, avant de se tourner vers quatre amis à elle.
"Je vous l'avais dit qu'il serait là." Lança-t-elle calmement.
Fin du flash-back
Ce fut ainsi que je rencontrai Alice, son mari Jasper, Carlisle et sa femme Esmée, et Rosalie.
Tous vampires.
Tous végétariens.
Alice s'était jetée à mon cou, et je l'avais repoussée avec un grognement, avant que Jasper ne se jette sur moi toutes dents dehors ; c'était Carlisle qui nous avait ramenés à la raison et nous avait proposé de nous éloigner vers les bois avant de poursuivre notre bagarre.
J'avais accepté de les suivre pour une raison inconnue ; sans doute l'étonnement de découvrir de nouveaux vampires, ayant la particularité de ne se nourrir que de sang animal. J'ignorais qu'il en existait plus de deux ou trois sur Terre, et voilà que je tombais sur tout un clan !
Flash-back
« Des végétariens. Ce n'est pas courant, attaquai-je alors que ces vampires qui m'étaient inconnus formaient un arc de cercle devant moi.
_ Je vois qu'on ne peut pas en dire autant de toi. » Répondit calmement celui du centre.
Je haussai les épaules.
« Je l'ai été un court moment. Mais disons que j'ai perdu ma raison de l'être.
_ Et si tu la retrouvais ? Tu ne crois pas que tu te sentirais plus valeureux, d'avoir réussi à changer de régime ? »
C'était la petite brune qui venait de parler, d'un ton toujours aussi calme ; je reportai mon attention sur elle, méfiant.
« Comment m'avez-vous trouvé ?
_ J'ai toujours plus ou moins eu le don de lire l'avenir. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai pisté Jasper, mon âme soeur ! Répliqua-t-elle sans complexe, d'un ton guilleret, désignant le blond qui m'avait grogné dessus. « Puis Carlisle et Esmée, qui avaient déjà Rosalie avec eux.
_ L'avenir de tous les vampires ? Rétorquai-je, sceptique.
_Non, seulement ceux que je connais ! Et je sais qu'un jour, nous serons tous une grande famille. Avec toi. »
Je ne retins même pas un rire sarcastique.
"Désolé, la vie en clan, très peu pour moi."
Elle haussa les épaules.
"Nous serons une belle et grande famille. Il vaudrait mieux que tu t'y fasses maintenant."
Mon regard se fit méprisant, et je finis par leur tourner le dos.
« Jolie histoire. Ravi de vous avoir rencontrés. Lançai-je avant de commencer à m'éloigner.
_Si tu pars aujourd'hui, tu vas mettre précisément 26 ans à la retrouver, et tu la tueras avant d'aller rendre visite aux Volturi pour te faire assassiner. Si tu restes avec nous, vous vous retrouverez aussi ; mais elle pourrait bien devenir ta femme. »
Je me figeai net, puis me retournai vers Alice, le souffle coupé.
« De qui...
_ Je parle ? Mais, de la fille dont tu as dessiné le portrait. Elle est si jolie, Edward !" S'extasia-t-elle soudainement. « Je suis sûre que nous allons devenir de grandes amies. Enfin, si tu la laisses vivre... » ajouta-t-elle dans un grognement.
Une vague de culpabilité sans précédents m'envahit, et d'un coup, je réalisais ce que j'étais en train de devenir.
J'avais pratiquement violé et transformé contre son gré la fille qui s'était révélée être mon âme sœur, et maintenant...
Maintenant je voulais la tuer, parce qu'elle n'avait pas voulu rester à mes côtés ?
Pendant une seconde, je me demandai simplement si je la méritais.
Puis je saisis que si je changeais un minimum, peut-être que oui. Et reprendre un régime végétarien tout en intégrant un clan de vampire était un bon départ.
Alors commença un tout nouveau stade du deuil ; celui de la tristesse.
Fin du flash-back
oOo
Alice était plus agaçante que jamais, aujourd'hui, et je ne pouvais déjà plus - à l'instar de Rosalie - la supporter.
Le réfectoire bondé de ce début de septembre puait les relents de mauvaise bouffe imprégnée d'huile, accentuant ma mauvaise humeur; quelle idée avait eu Carlisle de nous faire inscrire au lycée, parmi ces humains complètement indignes d'intérêt ! Ce n'était que la deuxième année qu'Alice, Jasper, Rosalie et moi nous rendions en cours, mais je jurais que passé ce diplôme, je n'y foutrais plus les pieds. Ca avait été une lubie de Carlisle, qui voulait nous "sociabiliser". Connerie.
Alors l'heure du déjeuner venu, tous les quatre nous venions jouer notre rôle d'élève normal au réfectoire, nous asseyant à une table de quatre places, et ignorant ceux qui nous entouraient. Fun.
Sauf qu'aujourd'hui, Alice scannait le réfectoire toutes les deux secondes, surexcitée, et m'empêchait de lire dans ses pensées en se passant en boucle un air insupportable dans la tête. Ce, depuis hier soir. J'étais sur le point de la buter.
"Quelqu'un a vu les deux nouveaux ?" Lança soudain Rosalie, d'une voix complètement dénuée du moindre intérêt.
Alice fit un immense sourire, que seul Jasper sembla comprendre.
Lui, il devait être au courant de quelque chose... Et me le cacher aussi.
Mais lui, au moins, il reste silencieux.
Toute la petite ville dans laquelle nous avions atterri déjà plus d'un an plus tôt savait que ce week-end, trois personnes avaient posés leurs bagages dans la petite bourgade de province, dont deux étaient en âge de venir au lycée ; et bien évidemment, c'était l'effervescence. Du neuf ici, il ne s'en produisait jamais. Et si Rosalie se foutait royalement de qui pouvaient être les nouveaux paumés du village, c'était toujours un sujet de conversation passable.
"J'ai partagé un cours avec la fille." Lança Jasper, souriant... Agréablement.
Je haussai un sourcil.
"Elle est si jolie que ça ?" Me moquai-je, afin d'essayer d'éveiller la jalousie d'Alice.
Mais je tombai de haut quand ce fut elle qui répondit d'un ton toujours aussi guilleret :
"Magnifique. Bien plus que je ne l'avais imaginé... Et son frère..."
Je fronçai les sourcils, et croisai le regard tout aussi surpris de Rosalie. Qu'est-ce que...
Puis la rumeur s'éleva dans le réfectoire, et toutes les têtes humaines se tournèrent vers un seul et même point.
Une fois n'est pas coutume, Rosalie et moi en fîmes autant.
Dès que j'avais intégré le clan Cullen, j'avais harcelé Alice dans l'espoir d'en apprendre plus sur mon âme-soeur ; où était-elle, comment allions-nous la retrouver, combien de temps cela allait prendre avant que je n'aie une chance de l'épouser ?
Mais elle n'avait jamais su me répondre. Bella ayant été une nomade pendant de longues années, ses volontés changeaient régulièrement, et Alice n'arrivait pas à la suivre efficacement ; cependant, elle avait prédit qu'un jour, si nous ne faisions rien pour le provoquer, le chemin de Bella allait croiser le nôtre, et que c'était à ce moment que j'aurais à saisir ma chance de la conquérir.
Et aujourd'hui, mon regard croisa celui, ambré, d'une jeune vampire que j'avais connu il y avait désormais 30 ans.
Je me figeai, le souffle soudain court ; et à l'autre bout du réfectoire, elle en fit de même.
Bella...
Mon cœur mort voulait soudain sortir de ma poitrine, hurler son prénom et mon amour pour elle, et je dus serrer mes poings sur mes genoux pour ne pas me jeter contre elle, la saisir par la taille et l'enchaîner à moi comme j'aurais dû le faire il y a de cela trente ans.
Seigneur, et dire que j'ai voulu la tuer... Bella...
Un gémissement de douleur s'échappa de mes lèvres, et une lueur passa trop rapidement dans son regard pour que je puisse la déchiffrer, avant qu'elle ne se détourne et continue son chemin à la suite des élèves qu'elle et...
Un autre vampire suivaient.
Je me raidis, et la colère s'empara de nouveau de moi.
« C'est son frère, Emmet. Lança soudain Jasper, qui en bon empathe, avait dû ressentir mon élan de rage.
_ Elle n'a pas de frère. Grognai-je.
_ Certes mais c'est ainsi qu'elle le fait passer. »
Je ne répliquai rien, et me contentai de fixer mon assiette évidemment pleine, les mâchoires serrées, me forçant à ne pas la regarder, mais toute mon attention portée sur elle...
Bella POV
Un tas d'émotions tourbillonnaient en moi alors que j'essayais de toutes mes forces de ne pas reposer mon regard sur le vampire situé à quelques tables...
Edward...
Oh, en trente ans, je ne l'avais pas oublié, loins de là. Mais ma mémoire ne lui avait pas rendu justice, ou était-ce mon cœur qui me punissait de lui avoir tourné le dos pour m'enfuir loin de lui ?
Je savais qu'un jour ou l'autre, je finirais par craquer et le rechercher, quitte à y passer des décennies ; mais j'avais le temps, désormais, n'est-ce pas ? Et je n'étais pas prête. Pas encore. Je savais au fond de moi qu'il ne m'avait pas menti, que nous étions des âmes soeurs et que je ne pourrais être heureuse qu'avec lui ; mais je n'étais pas prête à... L'accepter. C'était trop dur. Trop fort. Cela faisait trop mal.
J'inspirai profondément, et essayai de reporter mon attention sur ce que me disait Jessica, la fille qui ne me lâchait plus depuis ce matin. Une amatrice de potins, à n'en pas douter.
« Tout va bien, Bella ?
_ Oui, merci. Je me demandais juste... »
Je fronçai les sourcils, alors qu'elle s'était pendue à mes lèvres, sans doute excitée à l'idée de pouvoir m'aider.
« Qui sont ces gens, au fond du réfectoire ? Ils sont... Un peu étranges, non ? »
J'avais déjà partagé une classe avec le vampire blond, et une fois la surprise de rencontrer un congénère passée, je m'étais sentie à l'aise avec lui ; nous n'avions pas eu l'occasion de nous adresser la parole à ce moment, mais j'avais noté qu'il était végétarien, et je savais désormais qu'il vivait en clan.
Avec Edward.
Je n'aurais jamais imaginé qu'Edward puisse vivre en clan.
« Et bien c'est les Cullen, tous adoptés par le docteur de la ville. Tu étais dans la classe d'Histoire de Jasper, tu as dû remarquer, ce matin ! Et la petite brune à ses côtés, c'est Alice. »
Mon regard croisa celui de la petite brune en question, collée au blond. Elle m'envoya un sourire plus gros qu'elle, et je ne pus retenir un haussement de sourcil, désarçonnée.
« Elle sort avec Jasper. Il est sacrément sexy, mais n'imagine même pas une seconde que ce soit possible avec lui... Ils sont trop amoureux. »
Je hochai la tête, pensive. Des âmes soeurs aussi ? J'avais soudain envie de faire leur connaissance. Pour essayer de comprendre cet amour brûlant et douloureux.
« Et les deux autres, c'est Rosalie ; elle est extrêmement belle, mais une vraie...
_ Frigide. » Grogna Mike, un ami de Jessica qui me faisait de l'œil depuis que j'avais atterri dans son cours d'Arithmétiques.
Je retins un sourire, alors que la sublime vampire blonde serrait les mâchoires. Lui, il avait dû tenter de la draguer et se faire jeter.
« Et pour terminer, il y a Edward. Lui aussi, c'est un canon, n'est-ce pas ? Mais tire aussi un trait sur lui, il sort avec Rosalie. »
Et ce fut comme si un gouffre s'ouvrait sous mes pieds, alors que je perdais toute contenance.
Mon regard se porta de lui-même sur Edward, et je rencontrai ses prunelles dorées brillant d'une lueur de défi.
Alors un sentiment que jamais, de ma vie humaine ou vampirique, je n'avais éprouvé se manifesta en moi, me brûlant les entrailles, serrant mon cœur et me donnant envie de gémir ma douleur.
La jalousie.
Je détournai mon regard sur la blonde à ses côtés, qui semblait en grande conversation avec Alice, et un sourire amer prit place sur mes lèvres.
« Je croyais pourtant qu'elle était frigide ? » Lâchai-je d'un ton un peu sec, mais qui pouvait passer pour de la plaisanterie.
Mike s'esclaffa, comme il avait tendance à le faire à chacune de mes phrases.
« Ben ils se sont bien trouvés, il a tout l'air d'avoir un bon gros balai dans le cul, lui ! »
Je m'autorisai un petit sourire, si petite vengeance face à la douleur que je ressentais.
Puis je me retournai vers Emmett, mon compagnon de route depuis une dizaine d'années ; taciturne comme je ne l'avais jamais connu.
Il fixait la table des Cullen, complètement bloqué, et je suivis son regard...
Posé sur la blonde... Rosalie.
Qui le lui rendait avec une certaine effervescence.
Je me tendis un peu.
Est-ce qu'il serait possible que...
Non, je devais me faire des idées. Rosalie était avec... Edward. Ça devait bien signifier quelque chose, pour lui qui me parlait d'amour éternel chez les vampires...
Un ricanement amer m'échappa.
Eternel, mon cul... Finalement, j'avais bien fait de me barrer de chez Masen il y avait trente ans. J'aurais bien plus souffert de ma séparation avec lui si je lui étais restée attachée et qu'il avait rompu plus tard pour se mettre avec une autre...
Je donnai un coup de coude à Emmett afin de le sortir de sa transe, et il sursauta en se retournant vers moi, avant de me faire un gigantesque sourire.
« Eh bien soeurette, tu ne manges pas ? »
Je le fusillai du regard ; finalement il était très bien, quand il était silencieux.
« Pas très faim, tu comprends, le stress... » Raillai-je, alors qu'il engouffrait une bouchée de viande en me regardant droit dans les yeux.
Ne vous y trompez bien, Emmett était bien un vampire tout ce qu'il y avait de plus normal... Du moins au niveau de ses besoins alimentaires. Mais Monsieur, humain, était connu pour son appétit incroyable, et encore maintenant, il pouvait avaler n'importe quoi sans avoir de lourdeur d'estomac, contrairement aux autres vampires.
Je lançai un bref regard aux Cullen, qui regardaient la scène avec un certain ébahissement, alors qu'Emmett continuait d'engloutir son assiette. Cela me fit ricaner, et je pris sur moi pour avaler une bouchée de purée, également – ça passait relativement mieux que du pain ou de la viande. Après tout, il s'agissait de paraître normaux et de s'intégrer, n'est-ce pas ?
« Et tu as quel cours après ? Me demanda Mike, toujours les yeux rivés sur moi – à l'agacement visible de son amie Jessica.
_ Sciences de la vie.
_ Vraiment ? Avec M. Banner ? Moi aussi ! »
Son sourire ravi m'exaspéra, mais je me forçai à le lui rendre.
« Et toi Emmett ? Demanda Jessica, lui lançant une œillade qui se voulait certainement séduisante.
_ Littérature... » Répondit-il d'une voix suave, s'approchant d'elle comme pour la draguer.
Je souris. L'enfoiré... Il aimait jouer les Don Juan à chaque fois que nous arrivions dans une nouvelle ville et faisions de nouvelles connaissances ; puis, une fois que les femmes en attendaient plus, il jouait la carte du mec hyper sensible qui sortait d'une relation difficile et ne se voyait pas rentrer dans une nouvelle pour l'instant, « désolé ». La bouche en cœur et le regard presque humide... Ses talents de comédien m'épataient. Je ne donnais pas cher de Jessica.
Je jetai un regard à ma montre, et me levai.
« C'est qu'il serait peut-être l'heure d'y aller ! Je ne voudrais pas être en retard...
_ Attends ! Je t'accompagne ! » Se précipita Mike, trébuchant presque en se relevant.
Je me détournai avec mon plateau. Un simple « Chouette » presque enjoué s'échappa de mes lèvres.
Je n'écoutai même pas ce que Mike me raconta sur le chemin ; ça parlait du prof, et de binômes. Je crois qu'il me proposa de se mettre avec moi... Non, merci. J'avais de la patience, mais à ce point, peut-être pas.
À vrai dire, mes pensées déviaient sans cesse vers un regard intense qui, désormais, je le savais, ne quitterait plus mes pensées...
Edward...
Mike crut bon de me présenter au prof, mais l'homme en question, M. Banner, l'interrompit et l'envoya s'asseoir.
« Mademoiselle Swan, donc ?
_ C'est exact, Monsieur.
_ J'ai eu l'occasion de feuilleter vos relevés de notes en Sciences, de votre précédent lycée. Dans la mesure où vous semblez vous débrouiller, je vais vous laisser vous installer avec Cullen. Vous serez son premier binôme, justement. »
Je me figeai, et soudain, j'espérai que le Cullen en question soit Jasper, ou même cette Alice que je ne connaissais pas et qui avait l'air sympathique – et qui ne couchait pas avec Edward, a priori.
Je fis un sourire forcé au prof, et me retournai vers mon nouveau binôme. Mon regard croisa deux prunelles ambrées impénétrables.
J'avais la poisse.
Alors ? Vos pronostics pour le cours de Bio ? Que va-t-il s'y passer, à votre avis... ?
