Note : Comme les autres Tâches, ce chapitre est écrit depuis un moment, alors, zou, cadeau, je le poste avec « Danse avec moi… » ;) En même temps, ça vous fait un cadeau de Noël un peu en retard... c'est fou comme la vie fait bien les choses !!!!
Conseil : Si jamais vous avez l'OST de « Da Vinci Code », ne vous gênez pas pour écouter « The Citrine Cross » pour le début (c'est-à-dire la préparation et le passage dans l'eau). Pour l'attente de Fleur au bord du lac, « The Black Lake » de l'OST de « Goblet of Fire » ira trèèèès bien ! La preuve, c'est ce que j'ai écouté en l'écrivant. Et après, à partir du moment où Fleur et Gabrielle retournent vers le carrosse, « Complicated » d'Avril Lavigne, ça fait super bien. Pour le moment de déprime, « Everything » de Lifehouse est parfait. C'est un chapitre trrrrrrrrrrrès musical, lol…
Chapitre 13 : Un trésor
Lorsque Fleur se leva ce matin-là, elle se sentait beaucoup moins nerveuse que le matin de la Première Tâche. Récupérer quelque chose en plongeant dans les profondeurs d'un lac inconnu, aussi glacial soit-il en ce mois de février, lui semblait plus facile que de combattre une dragonne. Après tout, il ne devait pas y avoir des créatures si dangereuses dans l'eau. Ce n'était qu'un lac.
Après avoir pris un petit déjeuner (plutôt léger, afin de ne pas trop s'alourdir), la semie-Vélane retourna dans le carrosse. Il fallait qu'elle se prépare avant d'aller au lac. Déjà, les spectateurs s'y dirigeaient, ignorant pour la plupart la nature de la Tâche qu'ils allaient observer ce matin-là.
La jeune fille regarda ce que Madame Maxime avait posé sur son lit avant de rejoindre la tribune des jurés : un maillot de bain argenté, des sandales, une jupe et une veste assorties au maillot de bain pour l'empêcher de mourir complètement de froid avant de plonger dans le lac. Rapidement, Fleur se changea, et attacha sa baguette à sa jambe à l'aide des fines courroies de cuir que Madame Maxime avait prévues à cet effet (NdA : Bref, pile comme dans le film). Prenant son courage à deux mains, elle sortit.
Le froid mordant de la « brise » la fit frissonner comme jamais, et, les jambes tremblantes, les bras serrés contre sa poitrine, elle se dirigea vers le lac. En arrivant aux environs, elle vit qu'un quai avait été magiquement érigé pour les Champions et que des estrades s'élevaient maintenant de l'eau pour accueillir le public.
La foule était déjà nombreuse, et la Française se dépêcha de se diriger vers le quai, qu'elle traversa en fusillant du regard deux jumeaux roux qui invitaient les spectateurs à parier en clamant quelque chose comme « Trois jeunes hommes, une jeune fille au fond d'un lac glacial, combien reviendront à la surface ? Fleur, 10 contre 1… ». Duo de crétins.
Lorsqu'elle arriva au bout du quai, Viktor et Cedric étaient déjà là. Quelques-uns des camarades des Champions avaient décidé de tenir compagnie à leur ami respectif. La sorcière n'avait pas été mise de côté, comme elle le découvrit très vite en sentant quelqu'un qui ne pouvait qu'être Alexandra lui sauter au cou.
- Fleur, comment ça va ?
- Morte de froid, répondit la jeune fille en claquant des dents.
- Ma pauvre…
- Oh, je suppose que je pourrais abdiquer, plaisanta Fleur d'un ton morne.
- Non ! s'écria la Sang Pur.
- Alex, je plaisantais…
- Oui, mais non…
- Toi, tu as quelque chose à me dire.
- Peut-être bien.
- Alexandra…
- Fleur, est-ce que tu connais ta quête ? s'enquit Alexandra.
- Je sais que je dois retrouver quelque chose de cher, répondit Fleur en haussant les épaules.
- C'est tout ?
- Et bien, oui.
Le regard chocolat de la jeune sorcière balaya les alentours, comme si elle voulait être sûre que personne ne portait attention à la discussion. Personne d'autre que les gens de l'Académie ne parlait français, mais on n'était jamais trop prudent. Jugeant la situation sécuritaire, puisque tout le monde était occupé à faire autre chose, elle plongea son regard dans celui de son amie et posa ses mains sur ses épaules.
- J'ai entendu une conversation dans le bureau d'un professeur, commença-t-elle rapidement. Tu sais, la vieille Écossaise qui donne le cours de métamorphose ?
Fleur hocha brièvement la tête, attendant la suite.
- J'allais lui remettre un devoir en retard, mais ce n'était pas elle qui était dans le bureau. C'était le directeur. J'ai écouté ce qu'il disait… je sais ce que tu dois trouver, Fleur.
- C'est quoi ? demanda la blonde, redoutant tout à coup que ce soit quelque chose de minuscule et d'introuvable.
- Pas « quoi ». Qui. Fleur, à chaque Champion, on a assigné un prisonnier. Les créatures du lac sont chargées de vous empêcher de sauver votre prisonnier. Et d'après la chanson que tu m'as récitée, lorsque le temps est écoulé…
Interdite, la semie-Vélane plaqua sa main sur sa bouche pour étouffer l'exclamation horrifiée.
- Renonce à tout espoir, murmura faiblement Fleur entre ses doigts tremblants, toujours plaqués sur sa bouche. Tes efforts seront vains car il sera trop tard… Gabrielle !
Brusquement, cette Tâche lui apparut beaucoup plus cruelle que d'affronter une dragonne pour lui voler un œuf. Sans même qu'Alexandra n'ait à lui dire, elle savait très bien qui se trouvait au fond du lac. Qui d'autre ? C'était sans contredit la seule personne pour qui elle sacrifierait sa vie sans hésiter si cela pouvait l'épargner. Sa petite sœur… ils n'avaient quand même pas le droit ! Si ?
Plus bouleversée que jamais, Fleur vit Harry arriver sur les lieux en courant comme s'il avait une meute de loups aux trousses. « Aies l'air normale » s'ordonna-t-elle en se forçant à arborer un air dédaigneux face au jeune Champion qui cherchait à reprendre son souffle, plié en deux. « S'ils apprennent que tu en sais plus que tu devrais, tu seras disqualifiée et il n'y aura plus personne pour Gabrielle… ».
À ce moment précis, la voix magiquement amplifiée de Verpey se fit entendre :
- Bonjour à tous et à toutes, et bienvenue à cette deuxième épreuve du Tournoi des Trois Sorciers !
La foule applaudit avec force. Fleur, désireuse de ne pas perdre une seconde, retira sa veste, sa jupe et ses sandales pendant que le présentateur jovial continuait :
- La nuit dernière, quelque chose d'extrêmement précieux a été ravi à chacun de ces Champions. Un trésor, en quelque sorte.
« Je t'en ficherai, des « en quelque sorte », connard ! » songea la Championne de l'Académie Beauxbâtons en confiant ses vêtements à une camarade au hasard avant de se retourner vers le lac, prenant brusquement conscience de son immensité et de son aspect soudain inquiétant. Ce lac pouvait très bien être le tombeau de sa petite sœur.
- Ces quatre trésors, un pour chaque Champion, se trouvent maintenant au fond du grand lac. Pour réussir l'épreuve, chaque Champion n'a qu'à trouver son trésor et le ramener à la surface. Pour ce faire, ils disposeront d'une heure, après quoi, aucune magie ne pourra plus les aider. Champions, au coup de canon…
BAM
Fleur, rapide comme l'éclair, s'appliqua le Sortilège de Têtenbulle et plongea avec élégance dans le lac. En s'immergeant dans l'eau incroyablement froide, elle eut l'impression qu'elle allait tomber sur-le-champ en hypothermie avancée et couler bêtement au fond de l'étendue d'eau. La jeune sorcière secoua vigoureusement la tête pour retrouver ses esprits. Ce n'était vraiment pas le moment de se laisser aller. Tic tac, tic tac. Le temps avait déjà commencé à s'écouler.
Sans se préoccuper des directions que prenaient les autres Champions, Fleur commença à s'enfoncer dans les profondeurs du lac. Après un long moment, elle s'habitua au froid et la température de l'eau lui sembla relativement plus tolérable.
Machinalement, elle regarda son poignet… pour s'apercevoir qu'elle n'avait pas mis de montre. Zut. Combien de temps lui restait-il pour trouver et ramener Gabrielle ? Elle n'avait décidément aucune notion du temps dans ce lac.
Alors qu'elle traversait une zone envahie par les plantes aquatiques, elle entendit un mouvement derrière elle. Rapidement, la jeune fille se retourna, mais l'éclair rouge et noir qu'elle entrevit lui indiqua que c'était simplement Harry. Soulagée, elle reprit son chemin.
Quelques secondes plus tard, la Championne entendit un rire aigu. Elle se retourna, et, à ce moment précis, elle sentit cinq longs doigts s'enrouler autour de sa fine cheville et la tirer brusquement vers le fond. Surprise, Fleur laissa échapper un cri et se débattit avec vigueur, agitant le pied dans tous les sens. Après de longues secondes, elle sentit qu'on lâchait prise et s'empressa de s'éloigner avant que la créature ne retente sa chance.
La sorcière ne put s'empêcher de se retourner pour voir ce qui l'avait agressée : rapidement, elle vit un Strangulot, légèrement étourdi, qui se tenait la tête, où le pied de Fleur avait fini par frapper. Elle ne se rendit pas bien loin : apparemment furieux qu'elle ait blessé leur congénère, de nombreux Strangulots sortaient maintenant des plantes aquatiques et se ruaient sur elle pour l'attaquer.
À nouveau, Fleur cria et se débattit, mais cette fois, ils étaient très nombreux. Parfois, elle sentait sa main ou son pied qui atteignait sa cible et elle voyait un Strangulot s'éloigner, momentanément étourdi par le choc. Mais ils revenaient à l'attaque aussitôt, leurs ongles pointus s'enfonçant douloureusement dans sa peau, la déchirant cruellement. Pourquoi s'en prenaient-ils à elle aussi férocement ? Était-elle près du but, était-elle près de sa petite sœur ?
À cette pensée, Fleur sentit un flot d'adrénaline se déverser dans ses veines. Ce n'était quand même pas de sales petites bêtes au corps gluant qui allaient l'empêcher de sauver sa sœur. Et il n'était pas question que l'un d'eux pose ses mains visqueuses et griffues sur Gabrielle.
Sa baguette, il lui fallait sa baguette. Elle ne les repousserait pas efficacement en agitant les pieds et les mains, et ils nageaient sans doute plus vite qu'elle. Sans compter le fait que cette bataille perdue d'avance l'épuisait inutilement.
Ignorant leurs attaques répétées, elle trouva moyen de porter la main à sa jambe gauche… pour se rendre compte qu'elle n'avait plus sa baguette. « Merde ! » pesta la Française mentalement. L'avait-elle perdue depuis longtemps ? Ou était-ce arrivé dans la confusion de la bataille ? À moins que l'une de ces sales bêtes ne lui ait volée… soudain, parmi la végétation lacustre, elle entrevit des étincelles roses et or. Sa baguette !
Sans même prendre le temps de réfléchir, la Championne s'élança en direction de ces étincelles, repoussant comme elle pouvait les Strangulots qui lui bloquaient la route. Enfin, après des secondes qui lui parurent interminables, elle se retrouva face à la créature qui tenait sa baguette magique.
Ignorant sans doute les conséquences de son acte, la créature agita la baguette, qui projeta un jet d'eau extrêmement chaude sur le bras de Fleur. La jeune fille vit des marques rouges apparaître sur sa peau claire. En plus d'être douloureux, c'était disgracieux. Combinaison profondément désagréable et très peu enviable.
D'un geste vif, elle saisit sa baguette magique… mais le Strangulot ne la lâcha pas. Fleur avait beau tirer de toutes ses forces, le démon des eaux avait des mains bien plus puissantes que les siennes.
La jeune fille fit alors quelque chose dont elle ne se serait jamais cru capable moins d'une heure auparavant : elle abattit son poing refermé sur le nez de la créature aquatique. Surpris davantage par le geste en lui-même que par la douleur, le Strangulot lâcha prise. À nouveau, Fleur fut assaillie.
- Lashlabask ! cria Fleur en pointant sa baguette dans une direction au hasard.
Il y avait une telle quantité de Strangulots qu'elle était pratiquement sûre d'atteindre une cible, peu importe ce qu'elle visait.
- Lashlabask ! LASHLABASK ! LASHLABASK !
La jeune fille lançait les jets d'eau bouillante autour d'elle, forçant à chaque fois un Strangulot à la lâcher, mais ils étaient hardis et revenaient à la charge presque aussitôt.
Puis, en même temps, les créatures aquatiques l'agrippèrent de partout : certaines par le poignet, d'autres par le bras, d'autres encore par la jambe ou les chevilles. Les petits démons des eaux commencèrent à la remonter vers la surface.
- Non ! cria Fleur en tentant de se soustraire à leurs mains griffues.
Chaque mètre qu'ils lui faisaient remonter de force était un temps précieux de perdu pour sauver Gabrielle des profondeurs glaciales et sombres du grand lac. Ils continuaient de la traîner vers le haut, faisant fi de ses tentatives de se libérer, et Fleur se sentait plus impuissante que jamais. Puis, à environ cinq mètres de la surface, elle entendit un « pof » et sentit l'eau entrer en contact avec le bas de son visage.
Les sales bêtes ! L'une d'elle avait crevé la bulle du sortilège. Les Strangulots la lâchèrent en ricanant méchamment. Pour la première fois depuis qu'Alexandra lui avait annoncé la terrible nouvelle, Fleur cessa de penser à la survie de sa sœur et se mit à songer à la sienne : elle n'avait plus d'air et la surface lui semblait loin, si loin… si les créatures l'avaient lâchées, c'est parce qu'elles sentaient bien qu'elles avaient gagné la bataille et qu'elle devait abdiquer.
La Championne commençait déjà à se sentir étourdie. Il lui fallait faire vite. Elle avait intérêt à remonter à la surface si elle voulait survivre. Réunissant ses dernières forces, Fleur se mit à battre des jambes et des bras, remontant aussi rapidement que possible à la surface.
Ses muscles lui brûlaient à cause de l'effort qu'ils devaient fournir pratiquement sans oxygène… elle se sentait de plus en plus étourdie… vite… elle sentait que ses mouvements perdaient de plus en plus d'amplitude et de force…
Enfin, elle creva la surface de l'eau et, la bouche ouverte, avala ce qu'elle avait goûté de plus délicieux en dix-sept ans de vie : de l'air. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte que, ignorant la quête réelle des Champions, la foule s'était mise à l'applaudir avec force : apparemment, ils croyaient tous qu'elle avait réussit la première. Seule Alexandra, restée sur le quai, avait compris en ne voyant pas Gabrielle et semblait horrifiée.
- La Championne de Beauxbâtons, Miss Fleur Delacour, a malheureusement été forcée de se retirer, cria Verpey malgré l'action du Sonorus lorsqu'il vit qu'elle était revenue sans ce qu'elle devait ramener. Elle ne prendra donc plus part à cette épreuve du Tournoi.
Les acclamations se muèrent en exclamations déçues, très fortes dans l'endroit que les jeunes filles de Beauxbâtons avaient choisi de monopoliser, alors que Fleur se hissait hors de l'eau, trempée et grelottante sous le souffle du vent froid.
La jeune fille avait froid comme jamais, ses membres étaient glacés et engourdis, mais ce n'était pas ce qui importait pour elle. La vive douleur dans sa poitrine et le nœud dans son ventre étaient infiniment plus puissants.
Elle avait échoué.
Cette phrase, cruelle de vérité, s'insinuait lentement dans son cœur et dans sa tête alors qu'on lui faisait boire de la Pimentine.
- Fleur, mon Dieu, mais qu'est-ce qui t'est arrivé ? s'exclama Alexandra en se précipitant vers elle.
La semie-Vélane devait admettre qu'elle n'était pas à son meilleur : les griffes des Strangulots avaient fait des ravages sur son corps et même sur son visage, et la brûlure sur son bras était aussi visible que douloureuse.
- Mets ça, dit la brune en l'enroulant dans un épais peignoir de l'Académie.
Puis, elle prit deux serviettes moelleuses des bras de l'infirmière et entreprit d'en draper son amie, toujours assise sur le quai, pour la réchauffer.
- Fleur, dis-moi quelque chose ! s'exclama-t-elle en s'accroupissant pour la regarder dans les yeux, alarmée par son silence. Est-ce que tu vas bien ?
Avec lenteur, la Championne déçue secoua la tête négativement.
- Ce sont les Strangulots, Alexandra… ces bestioles sont complètement insensées, elles m'ont attaquée, il y en avait partout… ils m'ont ramenée à la surface, et je n'ai pas su me défendre… et maintenant, elle va mourir, ma sœur va mourir, Alexandra !
À ces mots, Fleur fut incapable de se contenir et fondit en larmes. Murmurant des paroles qui se voulaient rassurantes, la Sang Pur aux cheveux noirs la serra dans ses bras.
Rapidement, la semie-Vélane se dégagea de son amie et repoussa les serviettes et le peignoir qui l'enveloppaient. Elle s'apprêtait à plonger à nouveau dans l'eau, mais c'était sans compter Madame Maxime, qui l'avait vue faire et qui s'empressa de l'enlever dans ses bras pour l'en empêcher. Fleur, dans les bras de sa directrice, se débattait maintenant comme une diablesse.
- Madame Maxime ! s'écria-t-elle d'un ton hystérique. Lâchez-moi, je dois y retourner, il faut que je sauve Gabrielle !
Olympe faisait de son mieux pour retenir sa Championne, ce qui n'était pas chose aisée, malgré leur différence de carrure. Fleur était peut-être menue et délicate, mais l'influence de l'adrénaline lui donnait de l'énergie… et une volonté complètement insensée.
- Mademoiselle Delacour, commença-t-elle en la serrant contre elle en espérant ne pas lui faire mal, vous ne pouvez pas retourner dans l'eau, ce sont les règles…
- Je me MOQUE des règles, je me MOQUE du Tournoi, LAISSEZ-MOI SAUVER MA SŒUR !
- Votre bon sens, Mademoiselle Delacour, votre bon sens !
- ÇA AUSSI, JE M'EN MOQUE !
À force de paroles rassurantes, la directrice de Beauxbâtons finit par raisonner son élève et la convaincre de demeurer sur le quai avec ses camarades descendues des estrades pour la réconforter. Cédant au froid, Fleur avait remis son peignoir.
- Peut-être, tenta Alexandra, que l'un des autres va la ramener. Il leur reste une trentaine de minutes, Fleur. Il y en a peut-être un qui va comprendre que tu n'arrives pas et qui va prendre Gabrielle avec son prisonnier…
L'amoureuse des pâtisseries faisait de son mieux pour aider et consoler son amie, mais elle voyait bien que celle-ci ne l'écoutait pas. Fleur, droite et immobile, avait cessé de crier et de pleurer. Son regard, apparemment impassible, était posé sur la surface sombre du lac.
Après de longues minutes, deux personnes crevèrent la surface de l'eau : Cedric et, dans ses bras, Cho Chang, qui regardait autour d'elle en semblant se demander ce qu'elle faisait là. Les estrades explosèrent en un tonnerre d'applaudissements et d'acclamations. Déçue, la Championne de Beauxbâtons détourna le regard pour ne pas voir le Poufsouffle qui aidait la Serdaigle à sortir de l'eau froide.
Laissant Cho aux bons soins de l'infirmière, Cedric alla voir Fleur.
- Fleur, demanda-t-il d'un ton hésitant, est-ce que ça va aller ?
- D'après toi ? répondit Alexandra d'un ton brusque. Sa sœur est toujours au fond de l'eau, et elle n'a même pas le droit de retourner la chercher !
- Quoi ? Fleur, la chanson, c'était seulement pour nous donner un délai, les prisonniers ne risquent rien…
- Ah oui ? répliqua la semie-Vélane en tournant les yeux vers lui. Ma sœur a huit ans ! Huit ! Et ils l'ont envoyée dans ce fichu lac dont elle ne connaît rien ! Ils auraient pu prendre une de mes amies, mais non, il fallait qu'ils prennent ma petite sœur qui ne sait même pas dans quel sens on tient une baguette ! Qui la ramènera ? Les êtres de l'eau ? Je les ai personnellement trouvés très hostiles aux êtres humains.
- Je suppose qu'ils… que… enfin… mais ils n'auraient pas fait courir un tel risque à…
- Et pourquoi pas ? lança la jeune Française d'un ton acide. Ça ne les gêne pas, de tuer des gens, dans ce stupide Tournoi !
Elle se détourna et s'éloigna avec ses amies, plantant Cedric là alors que Krum, mi-homme mi-requin, arrivait en tenant l'amie d'Harry Potter contre lui. « Un autre égoïste qui n'a pas voulu ramener une prisonnière de plus » songea amèrement Fleur en remarquant l'absence de Gabrielle.
Les garçons de Durmstrang et leur directeur scandaient « Krum ! Krum ! Krum ! » avec force pour acclamer leur Champion qui venait de sortir de l'eau avec son otage. Si elle ne s'était pas fait violence, la jeune sorcière lui aurait jeté un maléfice qui lui aurait fait regretter de ne pas avoir fait acte d'altruisme.
Plusieurs minutes plus tard, des têtes crevèrent la surface de l'eau. Fleur détourna le regard, n'osant pas regarder. Et si… et si…
- Fleur, regarde ! s'exclama Alexandra d'une voix aigue.
La jeune fille tourna vivement la tête vers le lac. D'un bras, le Survivant soutenait le rouquin qui lui avait demandé en un cri de l'accompagner au bal (pathétique souvenir). De l'autre, il tenait une fillette blonde, qui pataugeait tant bien que mal dans l'eau froide pour ne pas s'y enfoncer. Gabrielle ! Un tonnerre d'applaudissements se fit entendre dans les gradins.
- Gabrielle ! s'écria la Championne en s'élançant vers l'eau.
Pour la seconde fois de la journée, elle sentit ses pieds quitter le sol alors que Madame Maxime la soulevait dans ses bras pour l'empêcher de retourner dans le lac. Mais qu'est-ce qui lui prenait, aujourd'hui ? Tout en se débattant, Fleur criait :
- Elle va bien ? Elle est blessée ? GABRIELLE ! Madame Maxime, lâchez-moi, c'est complètement insensé !
Cette fois, elle parvint à se soustraire des bras puissants de l'immense directrice et courut vers le bout du quai. Immédiatement, elle se pencha et tendit sa main à sa petite sœur qui regardait autour d'elle, visiblement apeurée.
- Viens ! Viens, donne ta main, c'est fini…
L'aînée des Delacour saisit la main tremblante de sa jeune sœur et l'aida à sortir de l'eau. Aussitôt qu'elle fut sur le quai, Fleur enroula une longue et épaisse serviette autour de Gabrielle, qui était frigorifiée. Infiniment soulagée de voir qu'elle allait bien, en dehors de ses dents qui claquaient dans le froid, elle s'accroupit pour l'embrasser sur le front et la serra dans ses bras avec force.
- Ce Tournoi est tellement mal organisé… ce sont les Strangulots, ces bestioles sont complètement insensées, elles m'ont attaquées, et j'ai cru… oh, Gabrielle, excuse-moi !
- J'ordonne une réunion immédiate du jury ! dit Dumbledore d'une voix forte en se redressant pour mettre fin à sa discussion avec une sirène particulièrement laide.
Alors que les juges s'éloignaient du quai, des murmures de confusion se mirent à bourdonner parmi les spectateurs. Pendant ce temps, Fleur se redressa et se tourna vers Harry, qui tentait de reprendre ses esprits.
- Toi… tu l'as sauvée, même si ce n'était pas ce que tu devais faire… ma petite sœur ! Oh, merci !
La Française prit son visage entre ses mains et l'embrassa sur les deux joues, augmentant considérablement son état de confusion. Puis, elle se tourna vers le roux.
- Et toi, tu l'as aidé, n'est-ce pas ?
- Et bah… euh… oui, oui… un… un peu, balbutia-t-il.
Fleur, d'extrême bonne humeur, rit doucement devant son regard plein d'espoir et, comme à Harry, l'embrassa sur les deux joues.
- Gabrielle, ma belle, viens, dit-elle en direction de sa petite sœur, qu'elle emmena vers les filles de Beauxbâtons.
Elle lui frottait les bras pour la réchauffer lorsque Verpey, amplifiant sa voix pour mettre fin aux cris des camarades de Viktor (« KRUM ! KRUM ! KRUM ! ») que tentaient d'enterrer ceux des camarades de Cedric (« DIGGORY ! DIGGORY ! DIGGORY ! »), prit la parole :
- Suite au rapport de la sirène Murcus, chef des êtres de l'eau, et à cette réunion improvisée du jury, voici les résultats, sur cinquante, de chacun des Champions. Miss Delacour a fait un excellent usage du Sortilège Têtenbulle, et approchait de son objectif lorsqu'elle a été attaquée par une horde de Strangulots particulièrement féroces. Elle n'a néanmoins pas pu ramener sa prisonnière, et nous lui accordons vingt-cinq points.
La foule applaudit.
- C'est insensé, murmura Fleur en secouant la tête. Je mériterais zéro…
- Monsieur Cedric Diggory a également décidé d'utiliser le Sortilège Têtenbulle, ce qui a été très efficace pour lui, puisqu'il a ramené sa prisonnière le premier et qu'il n'a dépassé le temps imparti que d'une minute. Par conséquent, nous lui accordons quarante-sept points.
En voyant le regard brillant que Cho lança à Cedric, acclamé par ses camarades, Fleur fut prise d'une envie soudaine d'envoyer cette boniche au fond du lac faire la rencontre avec les Strangulots.
- Monsieur Viktor Krum a eut recours à une forme incomplète de métamorphose, qui s'est tout de même révélée efficace, car il a été le deuxième à revenir avec sa prisonnière. Nous lui accordons quarante points.
D'un air extrêmement supérieur, Karkaroff applaudit son élève. Fleur tourna son regard vers Verpey, qui allait maintenant parler d'Harry. Pourquoi s'étaient-ils réunis ? Allaient-ils le disqualifier pour avoir ramené une prisonnière qui n'était pas la sienne ?
- Monsieur Harry Potter a utilisé d'une façon très astucieuse les propriétés de la Branchiflore. Il est revenu le dernier et bien après la limite de temps. Toutefois, la sirène Murcus nous a informés que Monsieur Potter a été le premier à arriver sur les lieux, et que son retard est dû à la détermination qu'il a manifestée de ramener tous les prisonniers, pas seulement le sien.
Du coin de l'œil, la Française vit les deux amis du jeune Champion le regarder de travers. Une belle paire d'égoïstes.
- La plupart des juges (il s'accorda une très courte pause pour fusiller Karkaroff du regard) pensent que cette attitude démontre une extraordinaire force morale et aurait mérité la note maximale. Il obtient cependant quarante-cinq points.
Fleur applaudit avec vigueur, malgré les regards de travers et la mine sombre de ses camarades, qui se contentèrent de frapper deux ou trois fois dans leurs mains avec très peu de conviction.
- La Troisième Tâche aura lieu le 24 juin au coucher du soleil. Les Champions seront avisés de la nature de cette épreuve un mois avant qu'elle n'ait lieu. Merci à tous du soutien que vous avez manifesté aux Champions !
Il mit fin au sortilège alors que l'infirmière réunissait les Champions et les prisonniers pour les emmener au château et leur donner des vêtements secs. Lorsqu'elle et Gabrielle furent séchées et changées, Fleur prit congé et emmena sa petite sœur au carrosse. Etonnamment, il n'y avait personne d'autre. La fillette s'assit sur le lit de sa sœur.
- Fleur, dit Gabrielle, parlant pour la première fois depuis qu'elle était sortie du lac.
- Oui, Gaby ?
- J'ai eu très peur, laissa-t-elle échapper en un souffle.
- Ma chérie, je suis tellement désolée, dit la Française en serrant sa sœur cadette dans ses bras. Je me suis complètement plantée, aujourd'hui…
Gabrielle renifla un peu.
- Mais tu sais quoi ? demanda-t-elle soudainement en levant les yeux vers elle.
- Quoi ?
- Je pense encore que tu es la meilleure, lui confia-t-elle dans un grand sourire.
Fleur rit doucement et l'embrassa sur le front. Puis, Gabrielle manifesta l'envie de se reposer un peu. La Championne l'installa dans son lit et la borda. Il ne fallut que quelques minutes à la petite fille pour s'endormir. La jeune fille demeura près d'elle un moment, caressant doucement ses cheveux. Enfin, sans bruit, elle se leva et sortit du carrosse.
La semie-Vélane erra un moment sans but apparent dans les couloirs de l'école anglaise. Ruminant des pensées plutôt sombres, elle ne se rendit pas compte que ses pas l'avaient automatiquement guidée vers la bibliothèque. Elle n'avait rien à voir avec celle de Beauxbâtons, mais Fleur y avait passé tellement de temps depuis le début du Tournoi qu'elle la considérait presque comme un refuge.
Sous le regard de la bibliothécaire aux allures de vautour, la Française se mit à marcher dans les nombreux rayonnages de livres et d'épais grimoires plus ou moins poussiéreux, qu'elle regardait sans vraiment les voir. Elle se rendit au fond de la bibliothèque, près d'une fenêtre donnant sur le lac.
Perdue dans ses pensées, la sorcière, appuyée contre un rayon de livres, regardait l'immense étendue d'eau. Elle était tellement occupée à contempler le grand lac qu'elle ne remarqua la présence de Cedric que lorsque sa voix s'éleva dans son dos :
- Comment va-t-elle ?
Fleur se retourna, surprise qu'on coupe ainsi le fil de ses pensées.
- Bien, répondit-elle après quelques secondes de silence. Il faut simplement qu'elle se remette de ses émotions, je crois. Elle se repose. Elle va bien. Pas grâce à moi. Mais elle va bien.
- Et toi ? demanda-t-il doucement en s'approchant d'elle.
- Bien, mentit-elle en détournant le regard vers la fenêtre.
Le jeune homme se déplaça pour lui faire face, la main posée contre les tranches des livres du rayonnage.
- Vraiment ?
- Non, céda Fleur. Je m'en veux d'avoir capitulé. Et je m'en veux de t'avoir crié dessus tout à l'heure. Je n'aurais pas dû.
- Oublie. Tu avais peur pour ta sœur. Je comprends, tu sais.
Fleur tourna les yeux vers lui, et soudain, elle prit conscience de tout. De la douce chaleur de son corps si près du sien, de la main du Poufsouffle qui venait de glisser lentement vers son épaule et dont le contact, même à travers son pull gris anthracite, était électrisant, et l'étrange lueur dans ses yeux gris.
La jeune fille sentit sa respiration s'accélérer graduellement et son cœur battre la chamade alors que, lentement, comme s'il était irrésistiblement attiré vers elle. Les yeux mi-clos, le souffle court, elle renversa légèrement la tête, s'offrant à lui.
Enfin, les lèvres de l'Anglais rencontrèrent les siennes et fusionnèrent. Cedric entoura la taille fine de Fleur de ses bras, afin de l'attirer le plus possible vers lui. Dans le même temps, la Française enfouit ses mains délicates dans ses cheveux châtains, comme pour l'empêcher de se soustraire à elle si jamais l'envie lui en prenait.
La jeune fille put presque entendre un chœur d'anges chanter l'hymne à la joie lorsque leurs langues se rencontrèrent. En deux mois, elle n'avait pas oublié ces sensations, cette chaleur qui l'envahissait maintenant.
Elle n'avait pas oublié le bonheur que lui procurait l'agréable sensation de son corps fin et musclé contre le sien, mince et délicat. Pas plus qu'elle n'avait oublié le délicieux goût de ses lèvres douces et chaudes, ou encore l'allégresse qui l'envahissait lorsque leurs langues se taquinaient.
Elle sentit ses mains se glisser sous son pull pour caresser directement la peau fine de son dos, la faisant frissonner agréablement. Elle pressa ses lèvres un peu plus fort contre celles de Cedric. Soudain, au grand regret de Fleur, tout s'arrêta et Cedric recula d'un pas pour se séparer d'elle. Il semblait profondément confus.
- Fleur, je… commença-t-il. Écoute, on ne peut pas… Cho…
- Est-ce que tout ça veut le moindrement dire quelque chose pour toi ? siffla-t-elle, profondément agacée. Les messages anonymes ! À Noël, dans les cachots ! Et maintenant, ça… mais tu es toujours avec cette fille ! C'est un jeu ou de l'amour, pour toi ?
- Je ne joue pas.
- On dirait bien, pourtant. Ou alors tu te dis que c'est bien d'avoir les deux ? À moins que tu n'arrives pas à choisir et que tu préfères essayer les deux pour voir ?
- Silence, là-bas !!! lança la bibliothécaire.
- Mon choix est fait, Fleur… mais je n'arrive pas à lui dire. Je ne sais pas comment lui dire.
La Française détourna la tête, les yeux brûlants.
- Va-t'en, laissa-t-elle échapper en un murmure.
- Fleur, écoute-moi…
- Non, va-t'en !!! Ne t'en fais pas, je ne lui dirai rien, rajouta-t-elle d'un ton acide.
- Je suis…
- Ne dis rien et laisse-moi, lâcha la jeune fille, toujours sans le regarder.
Le Champion demeura immobile quelques secondes, désemparé, puis, il s'en alla, la laissant seule. Fleur se laissa glisser le long du rayonnage jusqu'au sol, les cuisses repliées contre sa poitrine. Elle entoura ses jambes de ses bras et, le front appuyé sur ses genoux, laissa les larmes couler librement de ses yeux et tomber sur son jean.
La semie-Vélane aurait pu rester là très longtemps si Alexandra, inquiète de son absence, n'était pas arrivée, quelques minutes plus tard.
- Fleur ! s'écria-t-elle, alarmée de la voir dans cet état.
- CHHHHHHHHHHHHHHHUT ! siffla la bibliothécaire peu commode.
Alexandra s'accroupit pour regarder la Championne de l'Académie.
- Fleur, par les lunettes de Merlin, murmura Alexandra, dis-moi ce qui t'arrive…
La blonde releva la tête et posa ses yeux, rougis et brillants à cause des larmes, sur la brune.
- Cedric, laissa échapper la Française avant de se remettre à pleurer, cette fois, dans les bras de son amie.
- Qu'est-ce qu'il a encore fait, cet idiot de canari attardé ?
Au ton de la Sang Pur, Fleur comprit que celle-ci croyait qu'il avait été volontairement méchant en se moquant d'elle et qu'elle s'apprêtait déjà à aller en découdre avec le capitaine de Quidditch, qu'il fasse une tête de plus qu'elle ou pas.
- Il… il est venu me voir tout à l'heure, et il… il était si gentil… dit la jeune fille à travers ses larmes.
Elle se défit de l'étreinte d'Alexandra et essuya ses joues du revers de sa manche.
- Et ensuite ? l'encouragea la sorcière aux cheveux noirs d'une voix douce.
- Il m'a embrassée, alors j'ai… j'ai cru…
Les mots moururent dans sa gorge.
- Mais il s'est mis à vouloir me dire qu'on ne pouvait pas… il est encore avec elle… et il est parti…
Compatissante, Alexandra serra son amie dans ses bras. Elle comprenait sa douleur. Pour ce qu'elle en savait, Cedric était le premier dont Fleur tombait amoureuse, mais, malheureusement, le premier à ne pas ramper à ses pieds. Peut-être était-ce justement pour ça qu'elle l'aimait. Quoi qu'il en soit, ce baiser avait dû lui donner un bref instant une douce illusion, qui avait été mise en pièces par l'attitude de Cedric après.
- Et je ne comprends pas, murmura Fleur dans les bras de la Sang Pur. Je ne comprends pas pourquoi est-ce qu'ils ne fonctionnent pas sur lui.
« Ils » étaient sans doute ses pouvoirs de Vélane. En effet, elle se souvenait que Fleur avait tenté – sans succès – de s'en servir pour qu'il l'invite au bal. Mystérieusement, cela ne semblait pas avoir fait effet sur lui – ou, en tout cas, pas assez pour le convaincre.
Pourtant, Fleur affirmait que les garçons qui étaient passés par là à ce moment étaient devenus subitement des idiots congénitaux. Preuve qu'ils fonctionnaient, ces pouvoirs.
- Je ne comprends pas non plus, mais viens, dit-elle d'une voix douce en l'obligeant à se relever du sol froid et dur de la bibliothèque. Je t'emmène au carrosse, il n'y avait personne tout à l'heure, on sera tranquilles, d'accord ?
La Française hocha faiblement la tête et se laissa entraîner vers le riche carrosse. Lorsqu'elles y pénétrèrent, cependant, il y avait la dernière personne que Fleur voulait voir : sa mère. En effet, Iphigénie Delacour avait choisi ce moment précis pour venir récupérer sa plus jeune fille.
- Oh, tiens, te v… MERLIN TOUT-PUISSANT ! s'écria-t-elle en voyant les blessures, superficielles mais nombreuses, de sa fille. Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
- Des Strangulots, maman, répondit machinalement la blonde en détournant le regard.
Il ne manquerait plus qu'elle voie qu'elle avait pleuré pour que la journée soit officiellement parfaite.
- Des… c'est complètement insensé ! Comment ont-ils pu… Fleur Clémence Delacour-Leboiser, regarde-moi lorsque je te parle !
Fleur tourna ses yeux bleu sombre vers sa mère.
- Je commence à en avoir assez de ce Tournoi qui te… tu as pleuré ?
- Maman, s'exaspéra la Championne de Beauxbâtons, ne t'occupe pas de ça, s'il te plaît.
- Fleur…
- Ce n'est rien, assura-t-elle. Je suis simplement… fatiguée.
Iphigénie sembla peu convaincue, mais, pour une fois, n'insista pas. Elle embrassa sa fille aînée sur le front et partit avec Gabrielle, qui envoya la main à sa sœur avec un grand sourire. Fleur se força à lui rendre son sourire et lui fit un signe de la main à son tour, avant de se laisser tomber sur son lit.
Alexandra, dans l'espoir de la distraire un peu, proposa d'écrire à Florence – elle les tuerait toutes les deux si elle ne recevait pas un hibou bientôt. Fleur accepta. Mais, malgré toute la bonne volonté de l'énergique Française qui était son amie, chacun de ses sourires et de ses rires était forcé. Même si elle avait l'air relativement plus heureuse lorsqu'elles ouvrirent la porte pour que la chouette s'envole, elle se sentait toujours comme lorsqu'elle s'était effondrée à la bibliothèque.
Mal.
Le mot de la fin : Diantre, que c'est dur pour notre pov'Fleurinette ! Allez hop, on review, je vous ai bien donné deux chapitres pour le prix d'un, moi ! Lol ;)
