CHAPITRE XXVII : Auprès de toi...

Isshin et Ichigo la laissèrent là. Ils prétextèrent des choses importantes à faire et disparurent à l'angle de ce labyrinthe de couloirs.

Derrière les murs, elle entendit les hommes et les femmes crier à l'unisson comme la dernière fois qu'elle avait mis les pieds ici.

« C'est sûrement l'heure de leur entraînement » pensa la jeune fille.

Et en effet, un tableau identique s'offrit à elle. Tous, alignés les uns à côté des autres, reproduisaient les mouvements de leur capitaine et vice capitaine.

Elle s'approcha alors à pas de loup et vînt se placer derrière un pilonne pour observer en cachette son époux. Il était là, en maître sur son socle, majestueux comme toujours. Chacun de ses mouvements, Hyorinmaru en main, était d'une souplesse et d'une justesse parfaite.

Hypnotisée, Karin s'avança d'un pas pour se dévoiler à la lumière du soleil. Les rayons reflétèrent leur douce lumière sur sa peau diaphane et tous, l'apercevant se stoppèrent pour la regarder.

Et lui, surplombant la cour de toute sa hauteur fît quelque chose que personne n'aurait pu un jour même imaginer.

Il laissa son zanpakuto glisser le long de son haori et oubliant sa condition de capitaine et son air si sérieux et froid que tous ses soldats lui connaissaient jusqu'à présent, il sauta de son socle et courût jusqu'à sa femme pour la serrer contre lui. Il l'enlaça de ses bras musclés comme s'il cherchait à protéger chaque partie de son corps.

Karin sentit alors tout l'amour qu'il avait pour elle.

Il relâcha un peu son étreinte, planta ses yeux turquoise dans ceux d'un noir intense de celle-ci et posa sur ses lèvres le plus long baisé que Karin avait jamais reçu.

Ce baisé fut acclamé par des cris de joie de toute la division et se reprenant brusquement, Tôshirô se tourna vers ses hommes. S'il rougit, il n'en laissa rien paraître. Il repartit sur son socle récupérer son zanpakuto avec son allure fier et froide, comme si cet excès d'ardeur n'avait jamais été, et il fit signe à Matsumoto de prendre le relais.

Il attrapa la main de Karin et l'entraîna dans le bâtiment, jusqu'au dernier étage où se situait son bureau.

En y entrant, la jeune fille trouva que le lieu était austère.

_Toujours à ton image n'est-ce pas, dit-elle en s'asseyant sur le bureau.

Il ne répondit pas. Il vînt se placer face à elle doucement et prît son visage dans ses mains, ses yeux de nouveau dévorant ceux moqueurs et fou de désir de sa femme.

Elle l'attira alors contre elle et gouta tendrement à ses lèvres. Il lui semblait que cela faisait des années qu'elle n'avait pas senti l'odeur de sa peau. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et commença à caresser sa nuque sensuellement. Cependant, il s'écarta d'elle gentiment et lui dit :

_Pas ici Karin. Je travaille tu sais ?

Elle fit mine d'être vexé avec un peu trop de zèle car celui-ci souriait en la regardant descendre du bureau.

_Et bien, répondit-elle avec un air faussement pincé, je vais rentrer à la maison et attendre sagement mon amant…

Il rit.

_Attends ! Dit-il en lui attrapant la main. On va te raccompagner. Je ne veux pas que tu rentres seule.

_Je suis une grande fille et je vais bien tu sais ?

_Ouais, je sais. Mais tu es en convalescence et je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose ok ? J'ai vraiment eût très peur.

Elle acquiesça et se serra contre lui. Il était si chaud. L'oreille collait contre son torse, elle entendait battre son cœur, ce cœur qui a son contact s'accélérait dangereusement.

_Contrôlez-vous « Danna-sama », dit-elle pour le railler. Vous devez travailler, je crois…

Alors elle se retourna, féline et partit en direction de la cour où elle attendrait patiemment que les hommes de la dixième division aient finis leur entraînement afin de rentrer chez elle.

Ce fut Matsumoto qui se chargea de la raccompagner. En arrivant, cette-dernière lui dit :

_Ah ! Je suis contente que tu ailles bien ! Si tu savais comme c'était l'horreur de bosser ces deux dernières semaines ! Il était irascible…

Karin rit.

_A ce point ?

_Atroce…

Matsumoto serra la jeune fille dans ses bras, l'étouffant dans son immense poitrine.

_Même eux – ajouta-telle en pointant du doigt ses deux énormes seins – ne s'en remettaient pas !

_Ils vont s'en sortir, articula Karin en essayant de sortir de cette étreinte.

_Dis-moi, demanda Matsumoto, est-ce que je pourrai passer de temps en temps pour boire un verre ?

_Juste un ? dit la jeune fille ironique.

_Ben plusieurs si tu insistes. En plus, reprit-elle, ils nous ont enlevé la seule salle dans laquelle on pouvait se réunir pour notre comité des femmes shinigamis ! Alors je me disais que peut-être…

_Que peut-être vous pourriez vous réunir chez moi ?

_Ben ouiiiiiiiiiiii, c'est un peu çaaaaaaaaa… comme c'est grand et que mon capitaine ne rentre pas la journée…

Karin pensa que Tôshirô allait sauter au plafond mais après tout, elle n'était pas encore tout à fait intégrée à la vie de la Soul Society…

_Ok, mais à condition que je puisse y participer aussi ! Enfin, pas prendre de décision mais juste vous écouter parler.

_OUIIIII ! Merciiiiiii Kariiiiiiiiin-chaaaaaaaaaaan ! Je vais tout de suite envoyée un message à tous les membres ! Merciiiiiii !

Et la vice-capitaine partit en sautillant comme une gamine, ce qui l'amusa et lui fît oublier quelques instant, qu'à présent elle était seule chez elle, seule pour cogiter et se rappeler les souffrances qu'elle avait subis durant son enlèvement et son sommeil…

Les mois s'écoulèrent à une vitesse pas possible et Karin avait repris son train de vie habituel, mis à part que sa famille était toujours auprès d'elle pour partager tout ça et qu'elle avait rencontré les femmes puissantes du Seireitei durant ces réunions, avec qui elle partageait à présent une sincère amitié.

Yago et Hanatarou – ce-dernier étant étrangement toujours accompagné de Yusu – passaient également la voir la journée, l'un pour lui apporter des instruments de musique et jouer en duo, l'autre pour simplement discuter et profiter d'un moment d'intimité avec celle qu'il aimait. Karin savait être discrète et elle se débrouillait toujours pour les laisser seuls de temps en temps.

Cependant, jamais elle n'allait se promener. Cette distraction lui était interdite tant qu'Akaku n'aurait pas été attrapé et supprimé.

A la seule pensée d'imaginer que celui-ci pourrait débarquer d'un moment à l'autre, à chaque lune noire, Karin en faisait des cauchemars atroces. Elle se réveillait couverte de sueur, en criant, ce qui inquiétait Tôshirô.

Lui, évitait d'en parler pour ne pas entretenir cette angoisse mais elle voulait savoir comment les choses évoluaient. Malheureusement, son ravisseur restait toujours silencieux. La situation était floue et l'avenir de Karin aussi.

_Je suis là, dit un jour Tôshirô alors qu'elle venait de se réveiller en hurlant.

Il la prit dans ses bras pour la réconforter.

_Encore ces cauchemars ?

_Toujours… C'est rien, ça… ça passera… ça passera…

Le jeune homme se rallongea et l'attira contre lui. Il caressait sa taille et ses hanches comme s'il dessinait des montagnes avec sa main. Ce geste eût pour effet de calmer sa femme qui frissonna de plaisir. Plongée dans le bleu de ses yeux, elle sentait que toute tension disparaissait en un instant.

_Je t'aime, lui chuchota-t-elle à l'oreille.

_Je t'aime aussi, répondit-il en souriant. Je ne te laisserai plus jamais souffrir, je te le promets. S'il le faut, je m'entraînerai encore plus, je soulèverai ciel et terre pour te protéger. Personne ne te fera plus de mal.

_Si tu t'entraînes plus encore, je crois que tu n'auras plus le temps de rentrer ici !

Karin sourit et posa un baisé passionné sur les lèvres de son amant. Baisé auquel il répondit fougueusement, le corps tendu par l'excitation de ce contact. Et dans la nuit d'un noir profond, il se retourna sur elle et l'aimât farouchement jusqu'au lever du soleil.