Chapitre04 : Tournis

« A cette époque je t'avais vu passer pour la première fois, jamais je ne me serai douté du rôle que tu allais jouer dans ma vie »

Ulquiorra Schiffer

-« T'es sourd le glaçon ? »

L'inconnu le snoba et se dirigea vers Orihime qui était encore par terre, il lui tendit la main, et l'aida à se relever.

-« M...Me...Je vous remercie » s'inclina la rousse.

L'inconnu avait un visage très pâle, presque d'un teint fantomatique, ces yeux étaient d'un vert émeraude si pur et si fin... Des yeux dont l'amère douceur exprimait tant de choses ! Son visage aux traits fins et réguliers n'était pas inconnu à l'apprentie geisha

-« Ce n'est rien. »

-« Bon, j'ai dis bouge le dépressif ! Et toi arrête de le regarder comme ça, on y va... » Fit-il en tirant Inoue par la main.

-« Bonne chance pour la suite….. » murmura l'inconnu quand elle passa à côté de lui.

Orihime encore dans les vapes suivit le bleu, non sans jeter un dernier regard en arrière à cet étrange garçon qui la fascinait. Grimmjow avançait rapidement, Orihime le tenant par un pan de sa veste. Les gens aux alentours regardait cet étrange couple formé par une fillette apeurée et timide, et d'un jeune homme à l'air arrogant et violent.

-« Voilà, c'est là.» lui dit-il en lui montrant une petite maison à l'allure délabrée, l'enseigne était au nom de « Trois cordes parfumées ». D'un geste vif, le bleu ouvrit la porte, il entra et la petite fille le suivit. L'intérieur mal éclairé n'était cependant pas poussiéreux, plusieurs instruments étaient épinglés au mur.

-« Abarai, sort de là ! »

-« Oui, oui j'arrive » lança un jeune homme aux cheveux écarlates et aux nombreux tatouages. « Tu fais dans la pédophilie, maintenant ?» reprit-il en voyant Orihime.

-« Fais ton boulot et ferme là ! »

-« Même pas drôle…. Alors, que voulez vous apprentie geisha ? » Dit-il tout en se baissant au niveau d'Orihime.

-« V….vo…voilà ! » Répondit la rousse en lui donnant la feuille que Yoruichi lui avait donnée.

-« Humm, un Shamisen 110cm…..bois de santal, corde en soie, c'est bon ça peut le faire. »

Il alla à côté d'une étagère, fronça les sourcils, puis s'en alla vers l'arrière boutique où il semblait converser avec quelqu'un. Toutefois, il revint rapidement, le Shamisen emballé dans une grande feuille de papier fin. Il le tendit à Grimmjow, il le prit, Orihime paya et ils s'en allèrent rapidement, accompagnés jusqu'à la porte par Renji, ce dernier ayant salué le bleu de la part d'un certain « Poil de Carotte ».

-« Dis moi, princesse tu es sur de devenir Geisha ? Sais-tu quel destin t'attend ? »

-« Franchement, je ne sais pas, tout c'est passé si rapidement, la mort de mon frère, le séjour chez Urahara-sama, ce monde de Geisha qui apparaît, des personnages plus bizarres les uns que les autres se disent me connaître. »

-« La vérité, parfois ne peut que blesser. »

-« Mais je….. »

-« C'est bon, j'ai compris, viens suis-moi, on va te changer les idées. »

Il la prit par la main, et l'entraina à travers les rues de Kyoto. C'est ainsi qu'ils entrèrent dans une pâtisserie, où le Sexta espada, acheta plusieurs choux à la crème.

-« Tiens » fit-il en lui tendant le sac en papier contenant les aliments tentateurs.

Quand la petite princesse l'ouvrit, ce fut une explosion de saveur.

Humm, d'abord l'odeur sucrée, le doux toucher, ensuite la pâte croustillante qui fondait sur les papilles en libérant toute sa saveur, puis le cœur du chou : La crème, veloutée, parfumée à la vanille. Enfin, le septième ciel, un mélange entre tous ces ingrédients, sucrée, à la cannelle ou à la vanille véritable délice pour les mortels.

-« Une femme m'avait dit un jour que manger peut effacer tous les soucis. »

C'était bizarre, pour la petite rousse cette phrase n'était pas inconnue, tout ce dont elle put se souvenir était une femme également rousse penchée sur elle au large sourire et au regard mélancolique lui répétait cette phrase. Rapidement, elle chassa ces idées inutiles et remercia Grimmjow, quand soudain, une lueur attira son regard.

Sur une vitrine de bijoutiers, s'étalait, au fond de la dernière étagère dans un petit coin sombre, un petit croissant de lune entourant un mini-soleil, accroché à une chainette en argent.

-« Waouh ! » s'extasia la petite fille, le nez collé à la vitrine, « c'est beau ! » il ne fallait pas oublier que malgré sa perspicacité ou son calme, c'était encore une petite fille de 10ans.

-« Va plutôt nous acheter à boire » lança le jeune homme en pointant un distributeur. Dès la seconde où elle partit, il s'engouffra dans le magasin, acheta le bijou et sortit rapidement, et ce sans être vu par sa compagne. Elle, déçue, rapporta à boire, et le bleu la saisit rapidement pour continuer leur expédition.

-« On va où maintenant ? »

-« Tu verras, ça te plaira.» lança-t-il mystérieux.

Ils arrivèrent bien vite, devant ce qui semblait être la grille d'un parc.

-« Aujourd'hui, il est fermé, mais….. »

Grimmjow le contourna et sembla chercher quelque chose dans les buissons qui entouraient le parc, il en tira un ce qui fit apparaître une assez large ouverture dans la muraille. Il fit signe à Inoue de se mettre à quatre pattes pour entrer. Gênée par son Kimono d'été, elle dut recourir à l'aide de Grimmjow pour se sortir là, enfin à l'air libre, elle ne put retenir un « Waouh » d'émerveillement.

C'était un assez vaste parc, aux arbres divers et variés, aux fleurs multicolores. Un lieu, havre de repos, de calme et de sérénité. La petite fille avait l'impression d'avoir devant elle la prairie de ses rêves. Celle ou elle pourrait vivre dans une grande et belle maison avec sa famille, son gentil mari et ses nombreux enfants. Rêve candide et innocent d'une enfant, ignorante de sa destinée.

-« Viens suis-moi, je vais te montrer un endroit, là où tu pourras toujours m'y trouver. »

La tirant par la main, une nouvelle fois, il la mena enjambant buissons et fleurs, vers la partie la plus reculée du parc, où l'obscurité régnait, la clarté s'abandonnant à l'ombre des grands chênes. Il s'assit sur le gazon, et tapota la place à côté de lui.

-« Tu as quel âge ? »

-« Dix ans. »

-« Hum, six ans de différence. » murmura-t-il, un étrange sourire sur les lèvres.

En étant absorbé dans ses pensées, la petite fille put à loisir l'observer, il portait une sorte de chemise uniforme blanche qui dévoilait son torse encore jeune d'adolescent, ses cheveux bleus étaient en bataille et formaient un beau contraste avec la blancheur mate de sa peau. Mais ce qui la fascinait le plus du haut de ces dix ans, c'était l'assurance, le magnétisme et le charisme fou qu'il semblait déjà exhaler.

-« Dites, Monsieur, vous vous appelez comment ? »

-« Grimmjow, et plus de Monsieur, j'ai l'impression d'être un vieux co….d'être un vieux. »

-« Grimmjow-san, pourquoi m'aidez-vous ? »

-« Vois-tu, moi-même je ne le sais pas. » Si les autres espadas le savaient, ils en mourraient surement de rire.

-« Il n'est pas trop tard ? » demanda la petite fille.

-« Il est temps d'y aller, je te raccompagne. »

Il l'aida à se relever, et ils rebroussèrent chemin. Elle -timide et gênée- ne sut quoi dire, quant à lui non habitué à la présence d'autrui resta silencieux.

-« J'ai pleuré, je me suis inquiétée, je me suis perdu aussi et puis je me suis beaucoup amusé, cette journée était vraiment bizarre mais je l'ai énormément apprécié » pensa la maiko.

-« Voilà, tu es arrivé. » dit-il quand ils arrivèrent devant l'Okiya.

-« Merci, Grimmjow-san, pour cette journée, et pour m'avoir aidé. »

-« Hnnn…tiens pour toi. »Dit-il en lui tendant un écrin bleu.

Elle l'ouvrit et vit avec joie la chaîne tant désirée et tant admirée apparaître. Les étoiles tout autant que les larmes aux yeux, elle s'apprêtait à le remercier mais…..plus là ! Le gentil monsieur mais qui parfois pouvait faire peur était parti sans lui avoir dit au revoir et sans entendre ses remerciements.

Elle fut coupée de son émotion, par la porte qui s'ouvrit, dévoilant Yoruichi, le visage crispé, les yeux furieux.

-« C'est à cette heure-ci que tu rentres ! Une geisha doit avant tout être ponctuelle ! Tu ne sais pas à quel point, nous étions inquiètes, et puis pourquoi ton Shamisen est par terre ?...Va tout de suite te changer, et enfile ton yukata marron, Momo te dira quoi faire. »

Orihime s'empressa de cacher son bijou, prit son Shamisen, et courra vers sa chambre, là ou elle se changea, cacha l'écrin, et partit chercher la jeune servante. Au détour d'un couloir, elle la vit, avec ses cheveux noirs bleutés, son visage délicat, son aura de sérénité, elle sut que c'était elle. Cette dernière aussi la remarqua et lui donna une liste de choses à faire, de la part de Yoruichi. Elle s'empressa de se mettre au travail. Balayer, repasser, laver, ranger, et re-balayer, tel était sa besogne. Elle était en train de balayer les escaliers du dessous, quand elle vit une femme entrer, cette dernière était très belle. Si belle ! Qu'Inoue ne put détacher ses yeux d'elle, son corps svelte et fin aux formes généreuses, son port de reine, son visage légèrement halé, ces cheveux blonds de pailles coiffés en un chignon complexe, ses yeux bleus cristallins, de sa physionomie se dégageait un tel charisme si imposant, si fier! Elle était suivie par un homme de grande taille, ce dernier aussi était extrêmement séduisant, aucune graisse rien que des muscles luisants dévoilés par un yukata négligemment fermé. Ces cheveux bruns, plaqués en arrière, révélaient un large front qui surplombait un visage fin, tout faisait de lui un homme très beau. Mais c'était surtout ces yeux d'un marron doré, lorsqu'ils se tournèrent vers Orihime qui la faisait vraiment frémir.

-« Ai….Aizen-sama, voici Inoue Orihime » présenta Momo dont le léger tremblement n'échappa pas à la petite fille.

-« Bien, enchanté, Hime, je suis Aizen Sousuke et je suis là pour te parler….. »