Chapitre 05 : Le temps des rencontres…

« Tu étais là, chétive, tremblante, tel un agneau apeuré devant moi…ce jour là, tu m'as captivé, ce jour là, j'ai voulu te dévorer pour la première fois… »

Aizen Sousuke

« Ai….Aizen-sama, voici Inoue Orihime » présenta Momo dont le léger tremblement n'échappa pas à la petite fille.

-« Bien, enchanté, Hime, je suis Aizen Sousuke et je suis là pour te parler….. » Lui dit-il d'un ton joyeux un immense sourire aux lèvres…la petite fille ne put s'empêcher de frissonner, cet homme lui souriait, dans ces yeux dorés brillaient une bienveillance exagérée….Elle ne sut pas pourquoi, mais quelque chose…quelque chose lui intimait l'ordre de s'enfuir le plus rapidement d'ici…de courir, d'échapper à ces yeux qui semblaient la sonder jusqu'au plus profond de son âme…. Ces yeux d'un marron, étrangement brillant, ces yeux si familiers….Elle chercha en vain, à se rappeler le lieu ou le moment de sa rencontre avec lui, mais elle ne put pas, pour le moment, il était là devant elle, la terrifiant avec son étrange aura déguisée en une gentillesse qu'elle devinait feinte et ce malgré son jeune âge. Ce jour là, frissonnant malgré elle, ce « quelque chose » que nous possédons tous, que l'on appelle généralement l'intuition généra en elle la pensée que d'une façon ou d'une autre, cet homme là jouerait un rôle dans sa vie.

Ces pensées furent coupées par l'entrée de Yoruichi. Inoue, ne put s'empêché de s'étonner, non, ce n'était pas Yoruichi. La femme devant elle, arborait un visage glacial, fermé et dur. Elle semblait prête à attaquer les nouveaux venus. Certes, Orihime l'avait déjà vu furieuse mais pas à ce point là, pas comme ça !

Aizen, lui, s'inclina légèrement devant elle. Et ce mouvement qui d'habitude marquait une forme de respect, représentait chez lui une sorte de moquerie dédaigneuse.

-« Que nous vaut l'honneur de recevoir votre visite Aizen ? »

-« Eh bien vous savez que pour vos beaux yeux je serai prêt à… »

-« Ne jouez pas à ce jeu avec moi, nous nous connaissons depuis assez longtemps pour que vous m'épargniez vos vils flatteries, venez en à l'essentiel ! »

-« Eh bien, vous devez bien vous doutez Yoruichi-san, bien sur, l'heure de négocier les termes de notre contrat est venu. »

-« Déjà, eh bien, vous ne perdez pas les priorités …comme attendu d'un homme tel que vous. »

-« Vous me flattez. Je disais donc, que nous allions négocier les termes du contrat selon lequel , je mets à mes frais le petite princesse ici présente mais que vous deviez me la remettre à ces seize ans pour son mizuage et que je…. »

-« Pas ici, pas devant elle, suivez moi. »

Aizen et Haribelle suivirent la dirigeante de l'Okiya jusqu'à son bureau. La petite rousse, quant à elle, essayait de digérer cette montagne d'informations qu'elle venait d'apprendre d'un seul coup. Alors, comme ça, on allait la confier à lui ? A cet homme, que son instinct lui intimait l'ordre de fuir. Elle se rappelait encore de ces yeux, quand il l'avait dévisagée, yeux contre yeux. Des yeux d'un étonnant bleu gris remplie de candeur, d'innocence mais aussi de frayeur contre des yeux marrons presque dorés , teintés d'une fausseté peut être de cruauté aussi , où une seule touche de culpabilité semblait empêcher la fillette de trembler d'effroi à sa vue. Secouant sa tête pour chasser ces pensées peu joyeuses, elle tourna la tête pour parler avec Momo, mais elle n'était plus là, elle devait sûrement être retournée à ces occupations.

-« Oups ! Moi aussi, j'ai des occupations, balayer le jardin. » Pensa la petite fille, soudain inquiète des réprimandes que pourraient lui faire sa supérieure à ce sujet.

Ah, l'enfance ! L'enfance rime avec insouciance, Orihime à l'âge adulte aurait pu faire coller les pièces du puzzle grâce à la conversation précédente, mais pour l'instant, sa naïveté naturelle, sa bonté excessive l'empêchaient de détecter les problèmes naissants.

Et c'est d'un pas presque léger, qu'elle alla chercher le balai – abandonné plus loin – pour reprendre ses activités. Au détour d'un couloir, elle rencontra deux personnes, l'une était une femme rousse…et quelle femme ! Elle avait un visage parfait, des cheveux lisses et roux. Quant à ces formes, elles étaient juste parfaites : Elle possédait de belles courbes proportionnées.

L'autre personne était un homme, d'assez grande taille, dont le visage reflétait une bonté naturelle. Il avait de longs cheveux blancs, et il avait le teint pale, apparemment il était malade. Tout deux portaient une sorte de Kimono noir. A la vue, d'Orihime, les deux personnages lui sourirent. Et cette fois ci, ces sourires là étaient vrais et chaleureux. La petite fille le leur rendit avec plaisir.

En sortant de l'okiya, elle se mit à balayer en regardant les feuilles tournoyer au gré du vent puis tomber pour venir choir sur le sol. Le spectacle lui sembla soudain très amusant. Elle se rapprocha de l'arbre pour le voir de plus près, quand elle vit une touffe orange dépasser de l'autre coté, la petite fille contourna le vieux chêne pour apercevoir un petit garçon au visage marmoréen et mat, il avait une belle chevelure rousse un peu indisciplinée qui attirait tout de suite l'œil…La petite fille ne put s'empêcher de le regarder, il lui était très familier…Décidant que ça serait très impolie si elle venait à le réveiller, elle tourna les talons, quand maladroite – comme elle était – elle glissa et se prit la figure dans une flaque.

Elle était trempée, son yukata de travail était taché de boue. Yoruichi-sama allait encore la réprimander ! Une telle maladresse ne devait pas exister chez une Geisha, on allait peut être la chasser. A cette pensée, elle ne put réprimer ses sanglots, et commença doucement à pleurer. Une main et un mouchoir lui furent tendus en même temps, et malgré le brouillard engendré par ses larmes, elle put distinguer une tête orange au sourire rassurant.

-« Maman m'a dit qu'un garçon ne doit jamais laisser pleurer une fille. » lui dit le garçon de tout à l'heure en l'aidant à se relever.

Il affichait un grand sourire béat et chaleureux. A sa vue, Orihime oublia toutes ses peines et se mit à lui sourire.

-« Voilà, tu es beaucoup plus jolie comme ça….bon, il faut que j'y aille ma maman m'attend, je suis Ichigo, à une prochaine fois. » continua le roux tout en s'en allant.

-« Merci. » lui souri la fillette.

Inoue retourna à ses occupations. Elle se mit à balayer en pensant au jeune garçon, elle espérait le voir, et puis s'en faire un ami…elle se sentait seule, elle était toujours seule. Son frère lui manquait atrocement…et puis Urahara-san lui manquait aussi, et l'étrange jeune homme aux cheveux bleus de la dernière fois, il avait été si gentil ! Elle n'avait pas le droit de céder à la mélancolie ni à la dépression, elle vivrait joyeusement pour son frère d'abord, pour elle ensuite.

Ses résolutions furent coupées par la sortie d'Aizen suivie de la dame blonde et de Yoruichi. Cette dernière avait une mine perplexe et soucieuse. L'homme quant à lui, arborait un sourire étrangement carnassier, et dès qu'il posa les yeux sur Orihime, elle ne put s'empêcher de frissonner. Il lui fit un signe de la main, et s'éloigna.

Et ainsi, la petite fille et la jeune femme, regardèrent cet étrange couple s'éloigner. La supérieure allait tourner talon quand la rousse osa l'arrêter en lui touchant le manche de son kimono.

-« Yoruichi-sama, qu'est ce que vous avez, vous êtes triste ? »

-« Non ce n'est rien, Hime. »

-« Je suis contente alors parce que je n'aimerai pas que vous… »

Le reste de sa phrase fut étouffée dans les bras de la jeune femme qui la serra contre elle, la petite fille put sentir qu'elle tremblait et qu'elle pleurait peut être .

-« Ils verront…oui ils verront tous ! Hime, je vais faire de toi la plus grande Geisha que Kyoto…que dis je ? Que le Japon n'ait jamais connu ! Je le jure ! »