Chapitre 4 : Les soins

-Aie! Mais arrête, Meryl! Ça fait mal! se plaignait Max, pendant que sa copine lui appliquait sur ses blessures de l'alcool pour désaffecter les plains.

-Arrête de te plaindre! Bon, là, on rince…

-Aillow!

-Ensuite, on fait un bandage bien serré!

-Ouille! Meryl! C'est trop serré!

-Mais que tu es douillet!

-Sache que je suis gravement blessé, alors ne m'achève pas!

-Toi, blessé? Peuh, une égratignure! Comparé à Baron, toi, t'as reçu des coups de plume! Lui, au moins, il souffre en silence, même s'il est vraiment blessé! commenta Meryl.

J'ouvrais lentement mes yeux pour voir que je me trouvais dans un vieux lit, en une maison au mur blanc. Je reconnaissais l'odeur de Max sur les couvertures, ce devait être son lit, donc sa chambre, et alors, sa maison. Je ne savais pas qu'il habitait aussi proche du lac. En tournant la tête, je le voyais par la fenêtre.

-Ah! Le blessé est réveillé! d'exclama Meryl, en parlant de moi.

Je restais immobile, priant, suppliant que…

-Je vais te soigner! me dit-elle, comme je l'avais craint.

Je sautai du lit, me traînant à l'autre bout de la pièce, tirant avec moi la couverture, comme si elle pouvait me protéger.

-Pas question! Je préfèrerais encore que ce soit Chiquitita qui me soigne!

-… Avec ce qui s'est passé avec son mari, je crois pas qu'elle aille l'humeur de faire quoi que se soit, m'expliqua-t-elle, plus maussade, tout à coup.

Mais qu'avait-il bien pu se passer avec le mari de Chiquitita? Pendant que je réfléchissais aux possibilités, je sentais ma queue glisser sur le plancher de bois, ce qui était bon signe. J'avais au moins la force de faire mes mouvements habituelle, mais…

-Mon pantalon! Et mon manteau! Mes bottes! Mais qu'est-ce que…? fis-je, horrifier que quelqu'un aille pu me dépouiller.

-C'est moi qui les a enlevé! expliqua la petite humaine, parlant comme si s'était un fait banal. J'ai eu de la difficulté, alors, je me suis fait aidé de Graham, Klein, Adam, et même Rhinos. Lui, il pensait qu'il aurait fallut te poser la question, mais les autres trouvaient ça drôles. Je ne les comprends pas, il fallait bien qu'on vérifie que t'avait pas d'autre de ces immondes trucs qui sucent le sang!

-Espèce de petite idiote! J'aurais préféré être vidé de mon sang plutôt qu'on ose me dévêtir! lui répondis-je, vraiment en colère. Sale malotrue!

-Quoi? Malotrue? C'est comme ça que tu appelles celle qui t'a peut-être sauver la vie? Puisque c'est comme ça, ton infirmière va te donner un traitement spécial pour que tu guérisses plus vite!

Elle se mit à me badigeonner d'une étrange huile végétale. Affreux! Tous mes poils allaient sérieusement souffrir d'un tel traitement! Soudain, elle se mit à me faire des bandages. Horreur! Voulait-elle m'épiler ou quoi? Je me suis mis à me débattre, bien que chaque geste me faisait mal. Mais la petite humaine était maligne, et elle appela Adam et Rhinos pour m'immobiliser.

J'avais beau lui hurler de ne pas faire ça, elle continuait.

Soudain, elle s'écria qu'il faudrait faire un bandage sur ma queue. Là, ce fut le bouquet! Je me suis à griffer toutes personne qui s'approchait de moi, gardant la couverture pour me couvrir, et fuit à toute vitesse. Je réussis à trouver la meilleur endroit pour que je sois en sécurité : les toilettes.

-Baron! Sort de là! J'ai pas fini tes bandages! entendis-je à travers la porte.

Mais cette fille ne se découragerait-elle donc jamais? Ce rendrait-elle compte que sans la magie, elle est un danger public comme soigneuse? Je me suis fait couler un bain, pour ne pas que les bandages sèches, et que je m'arrache les poils quand on me les enlèvera.

-Je peux savoir ce qui se passe? demanda une petite voix, derrière la porte.

Ciel! C'était Chiquitita!

-C'est Baron! Il s'est mis à devenir fou quand j'ai commencé à lui appliquer de l'huile d'aloès, contre les brûlures, et par-dessus des bandages, pour les blessures qui saignaient encore, expliqua cette idiote d'humaine.

-Quoi? Mais tu es tombé sur la tête? Est-ce que tu veux l'épiler ou quoi? L'aloès risque de rentrer dans ses blessures, et les aggravé. Et les bandages ne doivent pas être mouillé, sinon, on risque de lui arracher des poils quand on les enlèvera! expliqua la petite chienne, douée de bon sens.

-Puisque tu t'y connais si bien, vas-y, va le soigner! Moi, je vais m'occuper de clients moins difficiles! expliqua Meryl. Viens-t-en, Rhinos, je vais te soigner.

-NON! s'écria-t-il, en s'enfuyant, et je comprenais très bien sa réaction.

Chiquitita, maintenant seul dans le couloir, face à la porte de la salle de bain, se mit à y frapper doucement, me demandant de l'ouvrir. Pas question! Je ne voulais pas qu'elle me voie dans un état aussi lamentable! Elle ne semblait pourtant pas se découragé. Et bientôt, j'entendis deux personnes qui piaffaient devant la porte.

-C'est moi qui m'en occupe!

-Non, papa, c'est moi! J'ai toujours rêvé de faire ça!

-Bon, comme tu voudras!

-Hia! Oups, c'est pas la bonne porte!

-Pas grave, je m'occupe de celle de la salle de bain! Tahaut!

Une chance que j'eu un pressentiment, car je suis sorti du bain, juste à temps pour éviter la porte, deux empreintes de sabots dessus, qui s'y fracassait, faisant revoler de l'eau partout. Perplexe, je regardais Mariel et Graham, qui se félicitaient pour cette belle démonstration de force. Ils s'en allèrent, laissant entrer Chiquitita.

-Ah, enfin, il était temps! Bon, mets-toi à l'aise, pendant que je t'enlèves ses bandages.

-Je peux le faire seul! répliquais-je, orgueilleux, mais aussi craintif.

Je ne voulais vraiment pas qu'elle me voie comme ça! Tout mon beau pelage… en lambeau! J'avais déjà assez pitié de moi, pas besoin que quelque d'autre, surtout elle, en aille.

-Mais quelle tête de mule! (Moi ça?) Je t'assure que je suis bien plus délicate que Meryl! Allez, sinon, ton état va s'aggraver, expliqua la petite femme chien, remplie de bonne attention.

-Je suis certain que votre mari sera contre ça! dis-je, avant de me dire pourquoi j'avais parlé de lui.

Les yeux de Chiquitita se remplir de larmes, au rappelle de son mari.

-Je… Je ne crois pas… parce que… mon mari…, commença-t-elle, en sanglotant, avant de fondre en larme. Il… Il est mort!

J'étais là, mouillé, une couverte miteuse comme seul habit, complètement tétanisé par les pleurs de la jeune chienne. Dans un moment comme celui-ci, je lui aurais passé un mouchoir. Mais je n'en avais pas. Alors, je fis ce que j'aurais fait plutôt pour un homme : j'ai poser une de mes pattes sur son épaule et je me suis excusé.

Après quoi, j'ai fait comme si de rien n'était, qu'elle n'était pas en très de pleurer devant moi. Parce que, bien sûr, j'aurais pu profiter de la situation. J'aurais pu la réconforté en la prenant dans mes bras, et lui disant des choses gentilles. Elle aurait vite tombé sous mon charme. Mais est-ce qu'elle resterait avec moi, moi qui aurait exploité sa douleur pour mon propre bénéfice? Certainement pas! Elle m'en voudrait bien plus, et elle ne me ferait certainement plus confiance.

Donc, pour ne plus avoir ce spectacle larmoyant sous les yeux, je partis dans la chambre, toujours couvert de la couverture miteuse venant de la petite chambre. Là-bas, je me suis battu comme un fou, tirant, broyant, mordant, mais rien à faire! Ils étaient trop puissant. Je pris la peine de remettre mon pantalon avant de revenir dans la salle de bain, dont la porte demeurait entrebâiller sur Chiquitita, les joues ruisselantes de larme. Prenant le ton le plus naturel possible, je lui exposai mon problème.

-Mademoiselle, voudriez-vous bien m'aidez à enlever les liens qui lamine mon pelage? demandais-je, un peu gêné, lui démontrant l'état dans lequel Meryl m'avait mis.

En voyant ma face déconfite et l'aspect peu reluisant de mon apparence, elle s'esclaffa de rire. J'étais à la fois surpris, furieux qu'on se moque de moi, mais surtout très content qu'elle aille retrouver le sourire.

-Oh là là! dit-elle. Tu ressembles à une momie! Dis, tu me rappelleras, à l'Halloween, d'allez voir Meryl pour qu'elle me fasse un déguisement! Hi hi hi!

-Houmf! répliquais-je, étouffant un grognement de frustration entre mes mâchoires.

-Oh, c'est vrai, il faudrait bien t'enlever tous ses bandages! s'écria-t-elle enfin, se mettant à la tâche.

Je ne pourrais pas vous décrire comment elle s'y prenait, mais la douceur et la lenteur de ses soins eurent raisons de ses stupides bouts de tissus, qui empêchaient à mes pores de peau de respirer. Après quoi, je sentais que même mes muscles retrouvaient une nouvelle force. Mais une horrible sensation vint en surface, pour paralyser complètement mon bras droit.

-Argh! Les vermines! Il y en a encore! dis-je en serrant les dents, et de ma main en chair et en os, tirant de toutes mes forces sur mon membre mécanique.

-Mais qu'est-ce qui se passe? demanda Chiquitita.

Enfin, je réussis à m'arracher ma main de métal. Aussitôt, les méduses vampires qui s'étaient logé entre mon moignon et ma protège tombèrent sur le plancher, gigotant et sautillant, comme s'ils venaient d'être pêché de l'eau. Pendant que mon amie chienne regardait ses monstrueuses choses gélatineuses trépignantes, je me serrais mon bras droit, la blessure d'antan s'était rouverte à cause de ses idiotes bêtes. Je serrais les dents, mais ce n'était pas ça qui allait arrêter l'hémorragie.

Les méduses finirent par manquer d'humidité, et arrêtèrent de bouger. Quand Chiquitita découvrit que le plancher se couvrait de mon sang, elle poussa un cri, avant de se décoiffer de son chapeau. Elle donna une tape sur ma seule main, et mis son bonnet sur mon moignon. Elle prit l'un des bandages pour attacher le chapeau à mon bras blesser. Grâce à la pression du garrot, et à la coiffure qui servait à ne plus laisser couler de sang, je me sentis un peu mieux. Enfin, assez pour ne plus trop avoir d'étourdissements. Je l'ai remercias d'une voix faible, avant de m'évanouir, encore une fois vaincu par la fatigue.