Harmonyforever07 : Tiens, tu as deviné quelle est la mission de Serena ? Je suis curieux de la connaître… :D J'ai mis très peu d'Harry/Hermione dans le dernier chapitre mais les meilleures choses sont les plus courtes ! lol Est-ce que Ginny éprouve encore des sentiments pour Harry…la bonne question est : A quoi la pousserait le caractère d'une Weasley selon toi :p

Naruto194 : Stupéfait ? Peut-être ce chapitre-ci te détendra-t-il un peu alors… ;) Moi aussi, je l'aime bien Slughorn mais apparemment, ce n'était pas le cas de Voldy… :D

Wilfrid54 : Crois-tu réellement que Voldemort aurait envoyé un garçon sans aucune expérience tuer un professeur de Poudlard sans une idée derrière la tête ? Je ne sous-estimerais pas le seigneur des ténèbres à ta place… ;) Pour la potion de Serena, tu n'auras pas la réponse dans ce chapitre mais peut-être dans le suivant, qui sait… Ginny est certes déçue mais elle n'est encore sûre de rien. Ses prochaines réactions pourraient te surprendre… :D

Girl-of-Butterfly : Tu es triste de la mort de Slughorn ? Peut-être devrais-je m'improviser dieu en ressuscitant les morts dans ce cas… :p Pour la potion que Serena a bu, il te faudra encore un peu de patience.

Eldar-Melda : Merci du compliment, j'essaie de faire de mon mieux. lol

Eterna de Solary : Ravi que ces partiels t'aient mis de bonne humeur ! (et surtout qu'ils t'aient fait dansé mdr). Que tu sois ravie pour les couples que j'ai formé, c'est déjà une bonne chose mais le « mais » m'effraie un peu. Lol Pour les trois sceaux, j'en dirai bientôt un peu plus mais ce n'est pas à l'ordre du jour. En ce qui concerne Serena, le prochain chapitre devrait t'éclairer davantage. :D Je te rassure, tu n'es pas une « lectrice exécrable » et tes commentaires m'ont fait plaisir (car d'une part, j'aime bien les commentaires et d'autre part, ça fait toujours plaisir de voir des gens qui prennent du temps pour te répondre après avoir lu ta fiction :D )

Feu du Ciel : Je fais de mon mieux pour maintenir le lecteur en haleine, je l'avoue. :p Manier le suspens est un exercice assez difficile et qui demande surtout de la pratique. Lol Je veux faire en sorte que les explications arrivent au fur et à mesure, entrecoupés par les actions de chacun, et qu'à la fin seulement, un petit détail permettre d'imbriquer entièrement le puzzle. C'est un style un peu particulier mais je l'ai adopté. lol

Saika Garner : Oui, je sais, c'est un peu court mais le temps m'échappe parfois. Il faut dire que le fait d'avoir des lecteurs insatiables est un facteur qui y remédie un peu. :D

Ce chapitre est le prélude à un petit changement dans Poudlard. Les rouages du destin sont en train de s'amorcer et les plans de chacun seront mis à mal par la partie adverse. Qui gagnera à la fin et quel en sera le prix ? C'est à vous…pardon, à moi d'en décider. :p

Bonne lecture à tous ! (j'essaierai de mettre le prochain chapitre assez rapidement, promis)


Chapitre 13 : Vivre dans l'instant présent

Lorsque Gregory Goyle reprit connaissance, il se trouvait dans une pièce qui ne lui était pas familière. Il s'agissait d'un cachot sombre, probablement l'un de ceux qui se trouvaient près de la salle du cours de potions. Bien qu'il soit solidement attaché à sa chaise par des chaînes ensorcelées, le jeune Serpentard souriait. Il avait passé l'épreuve qui lui avait été confiée par son père et le Seigneur des Ténèbres. Même s'il devait aller à Askaban, il était certain que les mangemorts le délivreraient, comme ils avaient permis l'évasion des autres mangemorts plusieurs mois auparavant.

Alors qu'un sourire satisfait flottait sur ses lèvres, il entendit des pas derrière lui. Il ne tarda pas à reconnaître le sorcier qui se trouvait à présent face à lui.

-Dumbledore…tu connaîtras bientôt le même sort que ton imbécile d'ancêtre ! Les traîtres à leur sang et les sang-de-bourbe seront les premiers à périr ! Gloire au Seigneur des Ténèbres !

Contrairement à ce qu'escomptait l'apprenti mangemort, son interlocuteur n'avait pas du tout réagi à ses paroles. L'ex-Auror était resté impassible, comme si son visage avait été gravé dans la pierre. Quand il remarqua que Goyle avait fini son monologue, il sortit une fiole de sa poche et pointa sa baguette sur lui.

Le Serpentard se sentit alors complètement incapable de contrôler son corps, comme s'il n'était plus qu'une marionnette désarticulée. Il ouvrit des yeux exorbités lorsque le professeur lui fit boire le contenu de la fiole d'un trait.

Puis il le libéra de son emprise invisible après que Goyle ait avalé, faisant tousser celui-ci.

-Que…qu'est-ce que tu m'as fait ?!

-Je t'ai fait boire du Veritaserum. J'ai besoin de réponses et ce, dans les plus brefs délais.

-Je ne te dirai rien ! Cracha-t-il.

-Quelle était ta mission ?

La question de Gabriel était évidente et l'assassin l'avait parfaitement comprise. Il savait aussi qu'il ne devait pas répondre, que ce serait trahir le seigneur des ténèbres. Pourtant, il ne pouvait résister au breuvage qui commençait déjà à faire effet.

-Je…je devais tuer Horace Slughorn à l'aide de l'Avada Kedavra. Et dans la mesure du possible, faire de même avec Drago Malefoy, le traître.

-Qui t'a donné expressément cet ordre ?

-Mon…mon père.

Répondre à ces questions en coûtait beaucoup à Goyle mais il savait que son père était en sécurité au manoir de Lord Voldemort, il n'y avait donc rien à craindre.

-Où se trouve le manoir de Lord Voldemort ?

Le Serpentard écarquilla les yeux. Etait-il possible qu'il ait lu dans ses pensées ?! Non, seul le Seigneur des Ténèbres était capable d'un tel prodige, et peut-être également Rogue dans une moindre mesure. Mais lui…ce petit professeur de Défense contre les Forces du Mal…

-Réponds-moi immédiatement. Où se trouve le manoir de Lord Voldemort ?

Le ton du sorcier était toujours aussi posé, calme et détaché. Cependant, Goyle avait l'impression qu'il n'y avait pas que le Veritaserum qui agissait sur lui. Non…c'était comme si…comme si quelqu'un faisait pression sur son esprit.

-Je…je l'ignore…je n'y suis jamais allé…

-Mais ton père s'y trouve, en compagnie de tous les autres mangemorts j'imagine…Comment ton père t'a-t-il transmis ton ordre de mission ?

Goyle secoua la tête, se mordant la langue. Il ne devait pas révéler cette information. Il l'avait promis, juré sur son honneur et l'honneur de sa famille…plutôt mourir que de dire quoi que ce soit.

-Ha ! Ha ! Ha ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA !

Le Serpentard releva la tête vers le professeur. Celui-ci riait, il riait aux éclats. Mais ce n'était pas un rire de joie ou de bonheur, non c'était un rire cynique, glacial…si semblable à celui du Seigneur des Ténèbres…

-L'honneur de ta famille ? Ta famille s'est déshonorée avec la trahison de ton père, trahison que tu as poursuivi et choisi comme héritage. Pourquoi me donner tant de peine pour un être aussi misérable…

-Je n'ai trahi personne ! Je suis un fidèle serviteur de Voldemort et je…

Mais il se sentit incapable d'en dire davantage. Ses pensées s'étaient volatilisées comme par enchantement, le laissant la bouche ouverte, incapable de se rappeler ce qu'il voulait dire. Son regard croisa alors les yeux bleus de Gabriel. Ses yeux…ils étaient complètement froids, totalement dépourvus de sentiments, était-ce seulement possible ?

Ses chaînes se détachèrent d'elles-mêmes, le laissant totalement libre de ses mouvements. Il lança un regard à Gabriel, puis sur sa propre baguette, posée sur une table à quelques mètres de lui. Voulant tenter sa chance, il essaya de se ruer vers sa baguette. Malheureusement, il ne bougea pas d'un pouce, ses jambes refusant catégoriquement de lui obéir. Goyle voulut alors lever un bras mais il en était tout aussi incapable.

La peur fut alors lisible dans ses yeux, une peur presque incontrôlable qui lui aurait fait mouiller son pantalon s'il avait encore eu la maîtrise de son corps.

-Je pense que tu t'es rendu compte que tu n'as plus le contrôle d'aucune partie de ton corps, hormis peut-être tes yeux et ta bouche, Gregory. Sache que c'est tout à fait normal.

-Que…que m'avez-vous fait ?

-J'ai pris le contrôle de la partie de ton cerveau qui contrôle les mouvements et pendant que nous parlons, je suis en train de prendre progressivement le contrôle de ta mémoire. Ainsi, il me sera plus facile d'extraire tes souvenirs et les mettre dans une pensine.

-M…mais vous n'avez pas le droit…

Le sourire du professeur s'accentua alors qu'il posait le bout de sa baguette sur la tempe de l'adolescent, faisant apparaître un petit filament argenté qu'il déposa ensuite dans la pensine.

-En effet, le ministère n'approuverait certainement pas mes méthodes. D'autant plus que lorsque j'aurais extrait tout tes souvenirs, le temps que j'aurais passé à contrôler ton esprit aura causé de graves séquelles à ton cerveau.

-Des…séquelles ?

-Oui, tu deviendras un légume, à moins que tu ne te décides à parler.

L'adolescent voyait les filaments argentés s'écouler de plus en plus vite le long de la baguette de Gabriel. Il ne voulait pas devenir un légume…non, il ne voulait pas finir comme ça, tant pis pour son père, tant pis pour le seigneur des ténèbres, il ne pouvait pas finir comme ça !

-D'accord ! Je vais parler ! Je vais tout vous dire mais par pitié, arrêtez !

-Commence ton explication et peut-être que je m'arrêterai…

Le Serpentard débuta alors son explication sur la manière dont son père lui avait transmis le contenu de sa mission, grâce à un hibou ensorcelé que lui avait envoyé son père. A l'abri du regard du meurtrier de Slughorn, Harry et Drago avaient été très attentifs aux méthodes d'interrogatoire de leur professeur, qui s'étaient avérés pour le moins efficaces…

Le professeur ligota de nouveau le garçon avant de pointer sa baguette vers lui.

-Bon, l'envoyé du ministère ne tardera pas à arriver…Oubliettes !

Puis le sorcier quitta la pièce, suivi par les deux élèves qui refermèrent la porte derrière eux.

-Vous avez votre soirée de libre. Harry, explique à Drago pendant le dîner ce dont je t'ai parlé ce matin, c'est encore plus urgent maintenant.

Et sans rien ajouter de plus, le professeur disparût dans l'un des sombres couloirs, laissant les adolescents seuls, le visage étonné de Malefoy éclairé par la faible lueur de la torche.

-De quoi parlait-il ? Demanda Drago.

-Je vais t'expliquer pendant qu'on ira vers la Grande salle mais pour faire court, nous devons reformer l'A.D.

-L'A.D ? Tu veux dire le groupe que tu avais créé en cinquième année ?! S'exclama le Serpentard, stupéfié.

-Oui, mais il n'y a pas que ça et je vais avoir besoin de ton aide…


Gabriel était arrivé devant la gargouille qui servait à accéder au bureau du directeur. Donnant le mot de passe, il y accéda sans difficulté. Pénétrant dans la pièce après avoir frappé à la porte, il ne fut guère étonné d'y trouver non seulement le professeur McGonagall mais aussi Claire et un autre personnage, assis dans un confortable fauteuil de cuir.

-Comment l'interrogatoire s'est-il passé ? Demanda la directrice, visiblement préoccupée.

-Parfaitement bien. Son cerveau n'en gardera aucune séquelle et j'ai pu extraire tous les souvenirs nécessaires. La peur de la souffrance est bien plus efficace que la souffrance elle-même dans certains cas…Répondit Gabriel dans un sourire.

-Tu as quand même été obligé de fouiller dans l'esprit d'un mangemort, ce n'est pas bon pour toi, Gabriel.

C'était Claire qui venait de prendre la parole, après avoir posé une main sur l'épaule du sorcier. Gabriel lui adressa un nouveau sourire et se pencha à son oreille pour lui murmurer de ne pas s'inquiéter, tout en déposant un baiser furtif dans son cou.

-C'était quand même risqué ! Imaginez qu'il se soit aperçu de la supercherie !

C'était le quatrième sorcier présent dans la pièce qui venait de s'exprimer, d'une voix à la fois apeurée, nerveuse et mécontente. Gabriel fit quelques pas dans sa direction avant de se camper devant lui, les bras croisés.

-Il n'y a aucun risque de ce côté-là. Je n'étais pas très sûr de l'efficacité de la magie africaine mais ce pantin ensorcelé était plus que parfait…si ce n'était pas le cas, croyez bien qu'un autre apprenti mangemort serait venu s'occuper de votre cas…professeur Slughorn.

Horace Slughorn était bel et bien assis dans le fauteuil, le visage marqué par l'inquiétude mais bel et bien vivant. Les seules personnes au courant de la mise en scène de sa mort étaient réunies dans la pièce : McGonagall parce qu'elle était la directrice de Poudlard, Gabriel parce qu'il avait conçu la poupée grâce à la magie vaudou et Claire qui avait donné l'apparence exacte du professeur de potions à la poupée.

-Mais tu ne nous as toujours pas dit comment tu avais découvert qu'Horace était la cible. Remarqua McGonagall.

-C'est très simple, Minerva. J'avais intercepté le hibou envoyé par le père car je surveillais de près les Serpentard, plus particulièrement ceux dont les parents sont des mangemorts.

-Mais pourquoi voulaient-ils m'éliminer moi ?! Dumbledore est bien plus dangereux que moi pour Voldemort !

-En effet, Horace, mais cela ne signifie pas qu'ils auraient dû s'attaquer à lui plutôt qu'à vous. Le réprimanda McGonagall d'un ton sévère.

-Ne vous en faites pas. Signalez publiquement que Poudlard recherche un nouveau professeur de potions et attendez quelques jours. Je mettrai ma main à couper que la réponse à cette tentative d'assassinat viendra prochainement frapper à notre porte... Répliqua Gabriel, un sourire aux lèvres.

Puis, saluant ses trois confrères, il quitta la pièce, non sans avoir adressé un clin d'œil à Claire. Cette dernière ne tarda pas à le rejoindre à l'extérieur du bureau, dévalant les escaliers avant de se jeter sur lui pour l'embrasser.

-Qu'est-ce qui me vaut un si bel accueil ? Demanda le sorcier, amusé.

-Rien du tout ! J'avais juste envie de t'embrasser, y a-t-il quelque chose de mal à ça ?

-Mal ? Bien sûr que non, mais tu vas finir par me rendre dépendant…

-C'est peut-être le but… Répliqua Claire d'un ton malicieux.

-Alors je propose un nouveau jeu, pour que je puisse reprendre la main…

Sans qu'il n'ait à prononcer de formule, son balai apparut comme par enchantement et ils montèrent tous les deux dessus. La jeune femme était un peu hésitante, n'ayant jamais été très à l'aise sur un balai. Gabriel prit ses bras avec douceur et les enserra autour de sa taille, pour s'assurer qu'elle ne tomberait pas.

Puis ils décollèrent, s'envolant dans le ciel dont seule la Lune était capable d'éclaircir la noirceur en cette nuit de Septembre…


Harry et Drago n'avaient pas dîné, bien que la faim tiraillait leurs entrailles. Le couvre-feu était presque arrivé et ils avaient quelque chose à faire avant, quelque chose qui s'avérait plus qu'urgent au vu des événements récents. Voilà pourquoi ils étaient passés en vitesse aux cuisines, où les elfes de maison leur avaient gentiment préparé des sandwichs.

Le jeune Potter avait utilisé son faux galion, mis au point par Hermione, pour faire venir les membres de l'Ordre qui en disposaient encore, c'est-à-dire les plus aguerris et les plus fidèles, devant la Salle sur Demande,.

Arrivèrent alors Ron et Hermione, puis Neville et Luna, en somme tous ceux qui l'avaient accompagné dans le département des mystères. Ginny arriva peu de temps après, en compagnie de Dean Thomas et Seamus Finnigan. Nul doute que c'était la jeune Weasley qui avait averti ces deux là, qui avaient sans doute jeté leurs galions depuis longtemps…

Drago arriva quelques instants plus tard, accompagné par les sœurs Greengrass. La venue de trois Serpentard, et plus particulièrement de Malefoy, n'avait pas l'air de ravir Ron et les autres Griffondor.

-Qu'est-ce qu'il fait là ?! S'exclama Seamus en pointant le Serpentard du doigt.

-Il est avec nous. Répondit Harry d'une voix calme.

-Tu veux dire ? On connaît trop bien Malefoy et son passé mangemort ! D'ailleurs, je ne comprends pas que tu le tolères ici ! On devrait le tuer pour ce qu'il a fait ! Renchérit Dean.

Le visage de Malefoy devint légèrement plus pâle mais il ne fit rien, se contentant de regarder ailleurs. Alors que Ginny allait prendre la parole, Harry agrippa Dean par le col de sa chemise et le plaqua contre le mur avec une telle force que les pieds du jeune Griffondor ne touchaient même plus le sol.

- Ecoute-moi très attentivement Dean. Je sais parfaitement ce dont Drago est capable et ce qu'il a fait par le passé. Seulement je crois ne pas m'être exprimé suffisamment clairement, alors je vais répéter : Drago Malefoy est dans notre camp et si nous ne faisons pas front commun face à Voldemort, nous finirons de la même manière que Slughorn, c'est ce que tu veux ?

Le jeune Potter n'avait pas élevé la voix mais le regard pénétrant qu'il avait adressé au Griffondor, ainsi que la poigne pour le moins étonnante dont il faisait preuve, avaient largement convaincu ce dernier. C'est pourquoi Dean se contenta d'acquiescer de la tête et Harry le relâcha.

Jetant un coup d'œil circulaire, il constata que Neville, Hermione et Luna le soutenaient. Ron et Seamus paraissaient un peu hébétés. Quant à Ginny…effarée était peut-être le mot qui convenait le mieux pour décrire son état.

Tournant la tête dans l'autre sens, il croisa le regard de Drago. Ce dernier ne dit rien et ses lèvres restèrent scellées. Toutefois, la reconnaissance dans ses yeux en disait long sur ce qu'il pensait de l'intervention d'Harry en sa faveur.

Le jeune Potter ouvrit alors la porte de la Salle sur Demande. Une fois tout le monde à l'intérieur, il la referma et énonça à haute et intelligible voix :

-Aujourd'hui, nous allons reformer l'A.D. Nous sommes actuellement onze et appartenons à deux maisons différentes. Cette année sera consacrée à un entraînement particulièrement intensif de sortilèges de défense et d'attaque. Drago et moi-même serons vos professeurs. Nous allons avoir besoin de recruter davantage de personnes en vue de repousser une possible attaque des mangemorts, attaque qui peut survenir n'importe quand. Puis-je compter sur vous pour m'aider dans cette tâche ?

Tous hochèrent la tête pour signifier leur accord. Le jeune Potter fit signe à Drago, qui vint se poster à sa droite, avant de prendre à son tour la parole.

-Je n'ai ni la gentillesse, ni la patience de Potter. Si je vous enseigne ce que j'ai appris, ce n'est pas par bonté d'âme ou par pitié. Les sortilèges que nous allons vous apprendre, vous devrez les mettre en pratique pour sauver vos vies, protéger ceux que vous aimez et défendre cette école. S'il y a bien un symbole que Voldemort n'a pas encore réussi à détruire, c'est bien cet édifice qui nous a rassemblé.

Malefoy fut lui-même surpris par les paroles qu'il venait de prononcer avec tant d'assurance. En fait, il pensait ce qu'il avait dit, il y avait même réfléchi pendant une grande partie de son apprentissage avec Gabriel, et en avait à l'occasion discuté avec Harry.

Ce dernier esquissa un léger sourire avant de sortir sa baguette, se tournant vers l'assemblée.

-Nous allons commencer par un petit test pratique. Qui est volontaire ?


Trois heures avaient passé depuis qu'ils étaient entrés dans la Salle sur Demande et presque tous en sortirent totalement épuisés. Alors que tout le monde était enfin dehors, Hermione se glissa dans l'ombre, refermant doucement la porte. Une fois cela fait, elle se dirigea vers la seule autre personne à être restée avec elle.

-Est-ce que ça va, Harry ?

La jeune Griffondor avait parlé avec douceur tout en s'asseyant auprès de lui. Même après tant d'efforts et d'énergie déployée, il n'avait même pas transpiré. Tournant la tête vers elle, il esquissa un sourire pour la rassurer.

-Tout va bien. Je songeais juste aux précédentes années, ou plus exactement à l'année dernière, où je considérais Malefoy comme beaucoup plus dangereux qu'un imbécile comme Goyle…

-Malefoy est toujours dangereux, seulement il est de notre côté maintenant. En tout cas, tu as bien fait passer le message à Dean, j'en suis restée le souffle coupé. S'exclama-t-elle en riant.

Harry pouffa de rire avant de secouer la tête d'un air las.

-Non, j'ai mal réagi. Si le professeur Dumbledore avait été à ma place, il ne se serait pas emporté. Un seul regard lui aurait suffit à le faire taire.

-Eh, ne te blâme pas autant. Tu as très bien agi et ne crois pas que ton « professeur Dumbledore » est parfait. Ce que tu nous as montré ce soir, c'est que tu as très bien retenu ce qu'il t'a appris et que tu es capable de nous l'enseigner.

-Oui, je sais mais…je suis inquiet, Hermione. J'ai peur que dans un jour, une semaine, ou même un mois, un autre Serpentard soit pris d'une folie sanguinaire et tue aveuglément une autre personne sur ordre de Voldemort et…

Il s'arrêta là, serrant les dents. Hermione se rendit compte de son trouble et se rapprocha de lui, prenant la parole avec douceur en l'attrapant par le menton pour le forcer à la regarder.

-Et quoi ?

Il plongea alors son regard dans le sien, la subjuguant de la même manière que la veille par la beauté et l'intensité de ses yeux émeraude.

-Si jamais ils s'en prenaient à toi, je ne pourrais pas le supporter. Je me mettrai à courir après les mangemorts et à les tuer les uns après les autres jusqu'à ce qu'ils me mènent à leur maître…

-Mais qu'est-ce que tu racontes ! Tu es quelqu'un de bien, Harry, même si je n'étais plus là, tu…

-Hermione !

Il l'avait sciemment interrompu et, tout en prenant délicatement ses mains dans les siennes, il n'avait pas cessé de la fixer du regard.

-Je suis très sérieux, Hermione. Je tiens à toi beaucoup plus que tu ne peux l'imaginer.

-Tout comme moi. Mais tu ne dois jamais oublier que la colère ne résout rien. Nous devrons tous mourir un jour, que ce soit fauché en pleine jeunesse ou à un âge avancé…

Un sourire attendri se dessina sur les lèvres de la jeune femme alors qu'elle caressait doucement la joue du Griffondor du bout de ses doigts.

-Profite de l'instant présent, vis chaque jour comme si c'était le dernier et ne garde aucun regret. C'est comme ça qu'il faut vivre. Déclara-t-elle d'une voix assurée.

-D'où te vient une telle sagesse ? Demanda-t-il d'un ton mi-amusé, mi attristé.

-De toi, bien sûr. Et de tes parents. Crois-tu que de là où ils sont, ils regrettent leur vie ? Penses-tu qu'ils auraient préféré vivre un peu plus longtemps en devant sacrifier leur amour et leur fils unique ?

Le jeune homme fut frappé de plein fouet par la pertinence et la sagesse de ses propos, qui lui rappelait un peu ceux d'Albus Dumbledore. Bien qu'elle soit beaucoup plus jeune, Hermione partageait avec l'ancien directeur une certaine philosophie optimiste qui avait le don de lui remonter le moral.

Il se pencha alors vers elle et l'embrassa tendrement. Ils n'avaient rien dit, ni à Ron, ni à Ginny mais à cette heure-ci, cela n'avait pas la moindre importance. Après tout, seul comptait l'instant présent et puis…pour rien au monde il n'aurait voulu être autre part qu'en la seule compagnie de celle pour qui battait son cœur…