Naruto194 : Et j'ai mis encore plus de temps pour ce chapitre, désolé. Lol Tu auras la réponse pour le Gardien dans ce chapitre, tu me diras quelles étaient tes idées. ;)

Lena-malefoy : Tu auras la réponse pour le Gardien et l'héritier de Griffondor dans ce chapitre. Concernant Harry vis-à-vis de Ginny, il est peut-être seulement confiant envers ses amis et pas très observateur. Lol Pour les personnes qui les regardent…Réponse dans le prochain chapitre ;). La jeune femme rousse s'appelle Kathleen Dunstan, c'est tout ce que je peux dire pour le moment. :p. Notre cher Rogue refera une apparition d'ici peu, mais il n'expliquera pas le patronus. Il faudra attendre une démonstration « pratique ». :D Et non, j'ai mis du temps la dernière fois à cause de problèmes d'ordis, tu devrais lire ce que j'écris avant le « bonne lecture ». :p

Eterna de Solary : Tu auras un peu plus de détails dans ce chapitre, ne t'en fais pas. Et même s'il n'était pas très détaillé, j'ai été content de voir ta review. J'attends la prochaine aussi. ;)

Saika Garner : Ne précipite pas trop les choses, elles sont parfois plus complexes que ce que l'on croit au premier abord. ;) Surtout en ce qui concerne Serena.

Wilfrid54 : Désolé si tu t'es inquiété. Lol Je suis content si la longueur du dernier chapitre t'a plu. Celui là a encore du retard mais il est aussi plus long. :D Oui, c'est le calme avant la tempête mais la véritable tempête commencera son office dans le prochain partiel. ;) Tu en apprends encore davantage sur les sceaux ici. En ce qui concerne Serena…tu verras bien. :D

Julius-magyar : Je vois que tu as remarqué l'utilisation du sortilège impardonnable. Peut-être le début de ce chapitre t'apportera-t-il des éclaircissements à tes remarques. Toutefois, je suis d'accord avec toi, les sortilèges impardonnables devraient être utilisés en dernier recours pour la plupart des gens mais…Gabriel ne fait pas vraiment dans la délicatesse avec les serviteurs de Voldemort, tu comprendras d'autant plus pourquoi dans ce chapitre.

Harmonyforever07 : Content que tu aies adoré ce chapitre. Lol. Bon, comme tu es une lectrice fidèle, je te donne un spoiler : oui, l'une des deux personnes était Ginny. ;) mais en ce qui concerne l'autre, je ne peux rien te révéler.

Hemond : Merci d'avoir lu la fic en entier (vu la longueur, ça a dû te prendre quand même un peu de temps :D ). Oui, j'ai essayé de faire en sorte que Gabriel soit l'un des éléments centraux de la nouvelle année d'Harry. Pour le couple Hermione/Harry, c'est justement le tome 7 qui m'a amené à vouloir les mettre ensemble, j'étais un peu déçu par la relation Ginny/Harry. Malefoy du coté lumineux de la Force, c'est pas du jamais vu mais ça m'intéressait aussi, je l'avoue. Lol Pour la suite, je ne peux que te recommander de lire (et de me laisser de nouvelles reviews si possible ;) ).

Désolé pour cette (je vais pas dire longue, mais plutôt très longue lol) absence, dûe non pas à des événements particuliers mais plutôt au fait que les cours étaient assez prenants et je ne voulais pas bâcler mon chapitre. Voici donc ce nouveau chapitre, assez axé sur Gabriel, mais qui révèle quelques infos utiles sur les sceaux. Bonne lecture ! ;)


Chapitre 16 : Le Gardien

Trois jours avaient passé depuis les entretiens d'embauche pour le poste de professeur de Potions, poste qui avait d'ailleurs été confié à Kathleen Dunstan.

En cette soirée un peu particulière, le professeur McGonagall avait complètement scellé l'entrée de son bureau une fois ses « invités » arrivés. Des invités qui n'étaient autres que des membres de l'Ordre du Phénix, tels que Maugrey Fol'œil, Lupin, Tonks, Kingsley et Hagrid, qui était arrivé le dernier. Arthur et Molly n'avaient malheureusement pas pu se déplacer à Poudlard, ils étaient donc absents de cette réunion.

-Que se passe-t-il, Minerva ? Pour que tu nous demandes de nous réunir en urgence, c'est que quelque chose de grave s'est forcément produit. S'exclama Tonks.

-En effet, Nymphadora. Il y a quelques jours, un élève de Serpentard a lancé un sortilège impardonnable sur ce qu'il croyait être le professeur Slughorn.

-Je suppose qu'il s'agissait d'un enfant de mangemort…Mais tu as dit « croyait être », cela signifie que Slughorn est donc toujours vivant ? Demanda Kingsley.

-Oui, le jeune Dumbledore avait su à l'avance la tentative d'assassinat et nous avions pu la déjouer tout en laissant croire à Vous-Savez-Qui que son plan s'était convenablement déroulé. Toutefois, il y a plus grave…et cela concerne Gabriel.

Le demi-géant haussa un sourcil en entendant ces mots. A sa connaissance, le jeune homme était un sorcier des plus aguerris et des plus gentils. Il lui rappelait d'ailleurs beaucoup son grand-père, par certains côtés.

-Vous voulez dire qu'il est en danger, Minerva ? Demanda Hagrid, visiblement inquiet.

-Non. Mais il a utilisé la légilimencie sur le jeune Goyle lors de son interrogatoire…

-Albus utilisait aussi la légilimencie pour savoir si les gens lui mentaient. Pour ceux qui la maîtrisent, c'est une faculté particulièrement utile. Grogna Fol'œil.

-…et il a utilisé plusieurs fois le sortilège Doloris sur un mangemort venu à Poudlard pour prétendre au poste de professeur de potions. Acheva McGonagall d'un ton sec.

-L'utilisation du Doloris était aussi autorisée pour les Aurors lors de la première guerre contre Vous-Savez-Qui. Je ne vois pas où est le problème. Rétorqua Maugrey en accentuant la fin de sa phrase.

-Je vais être plus explicite, Alastor. Le Doloris que Gabriel a utilisé sur le mangemort était particulièrement douloureux. Pour que la douleur en devienne insupportable, il faut véritablement éprouver de la haine lors de l'incantation. Mais ce n'est pas à vous que je vais apprendre le fonctionnement de ce sort, n'est-ce pas ?

L'ancien Auror resta sans voix suite à la dernière réplique de McGonagall, ses joues rougissant légèrement. Il se sentait toujours un peu honteux en se souvenant de la « belle époque » où il chassait les mangemorts par dizaines en usant à tort et à travers des sortilèges impardonnables. Sa témérité lui avait d'ailleurs valu l'état actuel de son visage et la perte de son œil.

-Dois-je te rappeler, Minerva, que Gabriel a été non seulement Auror mais aussi Séraphin. Or, l'utilisation de tous les sortilèges impardonnables leur était permise, bien que le sortilège de mort ne doive être utilisé qu'en tout dernier recours. S'il a agi ainsi, c'est qu'il avait forcément une bonne raison. Intervint Lupin.

McGonagall dut reconnaître que les arguments du dernier Maraudeur étaient pour le moins pertinents. Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de revoir l'expression complètement impassible du garçon lorsqu'il avait usé du sortilège Doloris sur Julian Stone, une expression si froide et détachée qu'elle n'avait pu s'empêcher de frissonner.

-Au fait, et cette potion Anti-loup qu'il t'avait concocté, ça a fait de l'effet ? L'interrogea Maugrey.

-Plus que de l'effet, ça a totalement soigné ma lycanthropie ! C'est un véritable soulagement que de pouvoir sortir les nuits de pleine lune sans la crainte de me transformer en loup-garou. Et puis, c'était aussi bénéfique pour autre chose…

Remus échangea un regard attendri avec Tonks, regard qui n'échappa pas aux autres personnes dans la pièce. Hagrid fut le dernier à comprendre les implications des paroles de Lupin en voyant les mains de la jeune femme posées sur son ventre. Le visage du demi-géant s'éclaira d'une expression à la fois surprise et joyeuse, ses lèvres se plissèrent en un grand sourire.

-Alors tous les deux, vous allez avoir un bébé ! S'exclama Hagrid, ému.

Tonks acquiesça en esquissant un sourire gêné, alors que Remus l'étreignait avec douceur par l'épaule. Et dire que ces deux là avaient bien failli ne jamais être ensemble…La persévérance de la jeune Auror avait finalement payé et les voilà bientôt parents.

-Félicitations aux heureux parents. Mais je voudrais quand même que nous en revenions au problème actuel. Renchérit Minerva.

-Il n'y a que vous qui voyez un problème, professeur. Répondit une autre voix, d'un ton tranchant.

La directrice sursauta lorsqu'une personne s'avança dans la pièce. Vêtue d'une longue cape de sorcière de couleur sombre, la jeune femme aux longs cheveux blonds adressait un regard dépourvu de toute compassion à McGonagall. Cette dernière, toujours assise derrière son bureau, ne lui répondit que par un regard courroucé.

-Comment êtes-vous entrée ?!

-Avec une cape d'invisibilité en même temps que les autres. Apparemment, Gabriel n'a peut-être pas remarqué votre nervosité durant toute la matinée mais ce n'était pas mon cas. Maintenant, vous allez m'écouter très attentivement…

Claire se rapprocha d'elle, dénouant sa cape avant de pointer un index accusateur en direction de la femme âgée. Cette dernière sursauta, comme la plupart des personnes présentes. Mais les yeux noisette de la jeune sorcière étaient fixés sur ceux de la vieille femme, comme prêts à lancer des éclairs.

-Vous n'avez pas la moindre idée des épreuves que Gabriel a pu traverser alors comment osez-vous le juger comme si c'était un mangemort ?!

-Je n'ai pas de comptes à vous rendre. En tant que directrice de Poudlard et chef de l'Ordre du Phénix…

-Vous n'êtes PAS la chef de l'Ordre du Phénix ! Si vous réfléchissiez ne serait-ce qu'un instant, vous comprendriez que seul Gabriel en est digne !

-Cela suffit !! Kingsley, Alastor, jetez un sortilège d'amnésie à cette gamine !!

Mais aucun des deux ne bougea. Comprenant qu'elle était seule pour livrer cet affrontement psychologique qui l'opposait à la jeune femme, Minerva sortit sa propre baguette, la braquant sur son interlocutrice.

Seulement, au moment de réciter la formule, elle fut incapable de la prononcer. C'était comme si…sa bouche refusait de lui obéir. Elle ressentit alors une pression écrasante sur ses épaules, comme si une puissance gigantesque risquait de s'abattre sur elle…

-Grave erreur, Minerva. Je peux encore comprendre vos soupçons à mon égard, au vu de mon comportement récent, c'est tout à fait logique. Mais si vous persistez à pointer votre baguette sur Claire, ce n'est pas quelques jours que je vous ferai oublier…ce seront les cinquante dernières années.

La directrice se raidit en entendant cette voix à la fois forte et calme qui lui rappelait beaucoup celle d'Albus. En effet, celui qui avait prononcé ces mots n'était autre que Gabriel. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal sortit de l'ombre et salua les autres membres de l'Ordre présents dans la pièce avant de poser une main sur l'épaule de Claire.

-Viens Claire, laissons-la donc terminer sa réunion et veuillez m'excuser pour le dérangement. Ajouta-t-il en se tournant vers les autres.

-Attends Gabriel !

Le jeune Dumbledore se tourna en entendant la voix de Tonks. Cette dernière s'avança vers lui, prenant ses mains dans les siennes à la grande surprise du jeune homme.

-Gabe, je…j'ai un service à te demander.

-Bien sûr, Tonks. De quoi s'agit-il ? Demanda le sorcier, étonné par son attitude grave.

-Est-ce…est-ce que tu viens bien être le parrain de notre enfant, à Remus et à moi ?

La demande laissa l'ancien Séraphin bouche bée, complètement pris au dépourvu. Au bout de quelques secondes, il redressa la tête, lui adressant un regard scintillant.

-Ce serait un honneur pour moi.

-Tu vois ! Je t'avais dit qu'il accepterait ! S'exclama Remus.

L'ancien loup-garou serra Gabriel fraternellement et le remercia pour la potion Anti-loup qu'il lui avait fournis. Le jeune homme était heureux que la potion ait eu l'effet escompté. C'était après tout la première fois qu'il la testait sur un véritable être humain et même s'il avait vérifié que la substance n'était en aucun cas nocive, il était quand même rassuré.

Quand il sortit, il fut rejoint par Lupin et Tonks qui ne désiraient pas écouter Minerva davantage. Hagrid et Maugrey ne tardèrent pas à en faire autant et tous deux vantèrent les exploits du jeune homme. Kingsley les rejoignit un peu plus tard, sans un mot.

Alors qu'ils marchaient tous deux côte à côte dans un couloir, Claire poussa un soupir, se sentant un peu coupable que les choses aient ainsi dégénéré.

-Je suis désolée, Gabriel mais je ne pouvais pas la laisser continuer à te blâmer de la sorte ! Qu'est-ce que tu en pens…

Mais avant qu'elle ne termine sa phrase, le jeune homme s'était écroulé sur le sol, sous le regard horrifié de son amie. Elle s'agenouilla auprès de lui, cherchant l'origine du mal. La respiration du sorcier était haletante alors que son front semblait brûlant.

-Qu'est-ce qui ne va pas, Gabriel ?! Tu es blessé ?!

-Non…je…je ne peux pas…contrôler…

Et ses yeux semblèrent perdre leur éclat alors qu'il perdait connaissance dans les bras de la jeune femme. Cette dernière ne put qu'appeler du secours en hurlant à pleins poumons, les yeux embués de larmes, alors qu'une peur immense la prenait à la gorge. Si elle avait été un peu moins troublée par le visage du jeune homme, Claire aurait remarqué la légère lueur pourpre qui se dégageait des vêtements de Gabriel au niveau du torse.


Harry avait pris place dans le cachot réservé aux cours de potions, se demandant comment les professeurs pouvaient les laisser étudier dans une classe où il y avait eu un meurtre…

Certes, cela n'avait pas laissé la moindre trace dans cette salle, le sortilège de mort ne provoquant aucune blessure physique, mais le simple fait de se trouver là rappelait au jeune Potter la crise de folie de Gregory Goyle. Y avait-il d'autres élèves de septième année capables de faire la même chose ? Probablement…

Toutefois, Harry voyait certains élèves de Serdaigle et Pouffesouffle en étroite conversation avec des Serpentard comme Vincent Crabbe, dont le père était incontestablement un mangemort. Etait-ce de la paranoïa que d'imaginer qu'ils puissent comploter un autre assassinat ? Le Griffondor n'avait pas de réponse à cette question, et préférait d'ailleurs ne pas en avoir.

-A quoi tu rêves comme ça ?

Harry sortit de ses pensées en entendant la voix familière de Ron. Le jeune Weasley avait été un peu distant avec lui depuis le soir de leur dispute mais ils reprenaient progressivement les mêmes rapports d'avant, privilégiant leur amitié plutôt que leur désaccord.

-En fait, je me dis que si de notre côté on est en train de former un petit groupe de personnes fidèles aux idéaux de l'Ordre du Phénix, Voldemort est peut-être en train de faire la même chose avec d'autres élèves.

-C'est ce qu'il avait fait quand il était lui-même à Poudlard, non ? Demanda Ron.

-Oui…mais ses mangemorts sont plus nombreux que jamais alors que nous ne sommes qu'une poignée…

-On devrait peut-être penser à recruter nos membres de manière plus large, non ?

Ce fut au tour d'Hermione de s'immiscer dans la conversation. Visiblement, le jeune Potter n'avait pas été le seul à se préoccuper de leur nombre réduit, même si la Griffondor semblait déjà avoir trouvé une réponse à cette question.

-Et si nous envoyons des messages à Beaux bâtons et à Durmstrang ?

-Ce n'est pas une mauvaise idée. Mais qui pouvons-nous contacter là-bas ? L'interrogea Harry.

-Non mais vous êtes pas un peu malades ?! Ils pratiquent la magie noire là-bas ! Vous voulez vraiment faire entrer le loup dans la bergerie ?!

-Ron…tu sais très bien qu'ils ne sont pas tous comme ça, regarde Viktor. Et puis ça ne veut pas dire que tous les élèves de Poudlard sont blancs comme neige…

Alors que le rouquin et la jeune femme discutaient vivement, Harry remarqua l'entrée de leur nouveau professeur de potions dans la pièce. Il s'agissait d'une femme à peine plus âgée que Gabriel, aux longs cheveux roux. Les traits de son visage n'étaient d'ailleurs pas sans lui rappeler ceux de Ginny et des autres membres de la famille Weasley.

Détournant les yeux d'elle un court instant, le jeune Potter sentit un frisson lui parcourir l'échine, comme si…comme si quelqu'un l'observait d'un regard inquisiteur. Se retournant vivement, le jeune Potter constata que la nouvelle professeure était occupée à trier de vieux manuels de potions, semblant bien loin de se préoccuper de lui.

Pouvait-il s'agit d'un des autres élèves ? Pourtant, il était sûr que la sensation venait de cette direction…peut-être son sixième sens lui avait-il joué un tour…

En tout cas, elle ne tarda pas à demander le silence, ce qui fit taire du même coup Ron et Hermione.

-Bonjour, je suis le professeur Dunstan et je vais vous enseigner les potions. Certains d'entre vous ont peut-être des réticences envers cette matière, qui demande beaucoup de minutie. Mais vous apprendrez qu'avec un peu de patience et de pratique, on arrive à faire des miracles. A présent, à vos chaudrons, nous allons préparer un filtre de polymérisation.

Alors que les élèves commençaient à prendre leur matériel, Harry ressentit une étrange sensation. Il se retourna et croisa le regard de Drago. Quelque chose était arrivé à Gabriel, sa présence magique d'habitude palpable presque partout dans le château, s'était maintenant presque éteinte.

-Que se passe-t-il messieurs ? Demanda une voix derrière eux.

Il s'agissait du professeur, qui les observait avec curiosité. Harry en profita pour croiser le regard de la jeune femme, et ce qu'il y vit…le fit frissonner. Il n'avait pas essayé de lire ses pensées mais le simple fait de la regarder lui donnait une impression étrange, l'impression qu'il était face à un miroir cassé.

-Nous devons aller à l'infirmerie. C'est grave, professeur.

C'était Drago qui avait pris la parole, adressant un regard impassible au professeur. Cette dernière acquiesça de la tête en leur adressant un sourire réconfortant.

-Bien, je vous autorise à y aller. Mais revenez dès que possible, d'accord ? Et je veux un mot de madame Pomfresh pour être sûre que vous étiez bien là-bas.

-Entendu, professeur.

Et les deux adolescents sortirent en courant de la salle, sous les regards étonnés d'Hermione et Ron. S'ils avaient observé le regard de leur professeur, ils auraient vu un léger sourire se dessiner sur ses lèvres alors ses yeux prenaient une teinte des plus sombres…


-Avada Kedavra !

Tels furent les mots qu'il entendit en ce réveillant, alors qu'une puissance lumière verte éclairait la pièce d'à côté. Allongé dans son lit, un petit garçon, guère âgé de plus de quatre ou cinq ans, se frottait les yeux, le visage endormi.

Il se leva lentement, cherchant ses chaussons alors qu'un nouvel éclair vert illuminait l'autre pièce…suivi d'un bruit sourd, comme celui d'un objet tombant lourdement sur le sol.

Les mêmes mots avaient été prononcés mais il n'en connaissait pas la signification. C'est alors qu'il tourna la poignée de la porte, débouchant sur le couloir.

-Où est le professeur Dumbledore, Allen ? Demanda une voix glacée.

-Tu rêves si tu penses qu'on dénoncera Grand-père, Jedusor !

Il avait reconnu ce timbre de voix, qui appartenait à son père. Pourtant, il était plus grave que d'habitude, peut-être plus fort aussi. Son père était l'homme le plus gentil qu'il connaissait, parfois il s'énervait un peu de ses bêtises mais il finissait toujours par lui sourire.

-Et vous, Mary ? Ce n'est pas votre sang, pourquoi le défendriez-vous ?

-Allez au diable Voldemort ! Nous ne sommes pas des traîtres !

Cette voix-ci appartenait à sa mère, même si le ton ne lui était pas habituel. On aurait plutôt dit le ton qu'elle prenait quand elle se mettait très en colère. Ouvrant légèrement la porte, l'enfant les aperçut alors.

Son père et sa mère étaient dans les bras l'un de l'autre, tous deux pointant leurs baguettes sur un troisième homme.

Le troisième homme était habillé en noir de la tête aux pieds, son visage lui aussi caché par un capuchon ébène. A ses pieds se trouvaient deux personnes, son grand-père et sa grand-mère. Mais que faisaient-ils allongés par terre comme ça ? Grand-mère lui avait pourtant confié qu'elle avait très mal au dos et qu'elle avait besoin d'un bon lit pour bien dormir.

Il ouvrit alors un peu plus la porte, pénétrant dans la pièce.

-Papa, c'est qui le monsieur ?

-Gabriel ! S'exclamèrent le couple au même moment.

Jetant un coup d'œil sur le garçon, les lèvres de Voldemort esquissèrent un sourire des plus cruels. Et c'est dans sa direction que le mage noir pointa sa baguette.

-C'est donc toi le petit Gabriel ? Tu ne dois pas savoir qui je suis, n'est-ce pas ?

L'enfant se tourna vers lui et le fixa les yeux dans les yeux. Contrairement à son père qui avait les yeux verts et sa mère au doux regard noisette, Gabriel avait des yeux bleus. Ce bleu n'était pas étranger au Seigneur des Ténèbres, qui ne put s'empêcher de le comparer à celui qui colorait les pupilles de son plus grand ennemi.

-Non, monsieur. Mais si vous avez mal, ma maman peut vous soigner, elle est guérisseuse.

-Mal ? Pourquoi donc penses-tu que j'ai mal ?

-Vous n'êtes pas heureux, grand-père Albus dit que les gens méchants sont des personnes très malheureuses qui n'ont jamais connu le bonheur.

Le mage noir perdit son sourire et ses yeux se révulsèrent alors qu'il n'avait qu'une envie : tuer ce garçon qui ne ressemblait que trop au professeur qu'il haïssait.

-Ton cher grand-père ne tardera pas à te rejoindre…Avada Kedavra !!

-NON !

Une silhouette s'était interposée, recevant le rayon en plein cœur. Alors que la personne s'écroulait sur le sol, le petit garçon put voir les yeux verts de son père perdre leur éclat, scintillant juste d'une légère lumière verte.

Il se précipita alors vers lui, le secouant.

-Papa ! Papa ! Faut pas dormir, réveille-toi papa !

Et c'est alors que sa mère le prit dans ses bras, les yeux remplis de larmes. C'est à cet instant que le petit garçon comprit qu'il s'était passé quelque chose de grave. Machinalement, sans comprendre pourquoi, il attrapa le médaillon au cou de son père et l'accrocha à son propre cou.

-Viens chéri, il faut partir...

-Je ne crois pas, très chère. Vous allez plutôt mourir…Susurra la voix glacée de Voldemort.

-JE VAIS VOUS TUER !! AVADA…

-Avada Kedavra !!!

Le mage noir avait été plus rapide, et l'éclair percuta la jeune femme de plein fouet, la faisant elle aussi s'écrouler sur le sol, sans vie. Gabriel se tourna alors vers elle, ses yeux se remplissant de larmes.

-Maman…maman, parle-moi s'il te plaît…maman…

-Ta mère est morte, petit…mais tu vas bientôt la rejoindre, ne t'en fais pas…

C'est alors que l'enfant se retourna, son regard plongeant dans celui du Seigneur des Ténèbres. On disait que la seule personne que Voldemort craignait était Albus Dumbledore mais sans savoir pourquoi, il ressentait aussi une peur innommable face à ce petit être qui le transperçait littéralement du regard.

-Qu'avez-vous fait…à ma maman…

-Je l'ai tué, c'est pourtant évident. Répondit le mage noir, légèrement nerveux.

-Rendez-moi…MA MAMAN !!

Et une puissance gigantesque commença à se dégager du garçon, faisant trembler les murs et souffler un vent puissant et chaud comme la braise dans la petite pièce. Alors qu'un frisson parcourait l'échine du mage noir, ce dernier braqua sa baguette sur le garçon et récita avec excitation la formule du sortilège impardonnable.

-AVADA KEDAVRA !!

Mais alors que l'éclair vert allait percuter l'enfant de plein fouet au niveau du cœur, la lumière verte sembla être submergée par une aura rouge, qui englobait totalement le garçon. Comment était-ce possible ? Aucun sort n'était en mesure de contrer le sortilège de mort !

-Gabriel !

Voldemort fit volte-face en entendant ces quelques mots. Albus Dumbledore venait de faire son apparition, son regard bleu transperçant littéralement Jedusor alors que sa baguette était braquée sur lui.

-Tom, qu'est-ce que tu as fait…Commença le vieil homme, en apercevant les corps sans vie.

-Je vous apprends la haine et la vengeance, cher professeur.

Sachant que les autres membres de l'Ordre allaient sûrement arriver d'une seconde à l'autre, le mage noir transplana, laissant Albus seul avec le petit garçon.

Ce dernier leva la tête et son regard s'adoucit lorsqu'il le reconnut, en même temps que ses yeux se remplissaient à nouveau de larmes, son corps secoué de sanglots.

-Grand-père Albus…papa et maman, ils…ils sont…

C'est alors que l'aura pourpre disparût autour de lui et Gabriel s'effondra en avant, perdant connaissance. Le vieux sorcier le rattrapa juste à temps, se retenant lui aussi de pleurer devant l'ampleur du désastre.

-Mon pauvre Gabriel, comment as-tu pu survivre à un tel enfer ?

Et malgré que le moment soit mal choisi, le directeur plongea dans l'esprit de l'enfant, voulant savoir ce qui était arrivé. Ses yeux s'exorbitèrent lorsqu'il revit le sortilège de mort lancé contre le petit.

Son regard dévia alors vers le médaillon argenté qu'il portait autour du cou, orné d'un phénix aux ailes déployées.


C'est alors que la scène se brouilla, bientôt remplacée par un cadre plus familier : le bureau du directeur de Poudlard. Gabriel se demandait comment il s'était retrouvé là et surtout pourquoi il avait revu le meurtre de ses parents.

-Ce sont des questions pertinentes…Gabriel Allen William Dumbledore.

Faisant volte-face vers le bureau auquel était auparavant assis son grand-père, ce fut un tout autre personnage que le jeune Dumbledore avait en face de lui. Vêtu d'une longue robe de sorcier mauve, le haut de son visage était caché par le capuchon qu'il portait. En revanche, la cheminée et les bougies éclairaient suffisamment la pièce pour qu'il ait pu voir son menton et ses lèvres imberbes et vraisemblablement juvéniles.

-Qui êtes-vous ? Demanda le Séraphin.

-Mon nom n'a pas d'importance, aucune mémoire n'est en mesure de se le rappeler à cette époque. Mais si tu tiens à me nommer, appelle-moi comme tes prédécesseurs : le Gardien.

-Mes prédécesseurs ?

-Tu l'ignorais ? Ton père, ton grand-père, ton arrière grand-père et nombre de tes ancêtres ont porté cet héritage. Malheureusement, l'héritier de Serpentard t'a privé des seules personnes qui auraient pu mieux t'informer sur ta mission.

-Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Répliqua Gabriel d'un ton méfiant.

Tout en parlant, le professeur cherchait un moyen de sortir de cette pièce. Cependant, un étrange sentiment lui disait que ce n'était pas de cette pièce qu'il fallait s'échapper, mais de quelque chose de moins visible…

-Quelle intuition, j'en suis bluffé. En effet, sortir de cette pièce ne te mènera à rien. Et cela, tout simplement parce que tu te trouves enfermé dans ton propre esprit et je suis le seul en mesure de t'en libérer.

-Vous avez dit être le gardien…est-ce que vous voulez dire que vous êtes le Gardien des trois sceaux ? Le protecteur des héritiers des trois grands fondateurs ?

-Voilà une définition assez idéalisée mais…néanmoins juste. Non, je ne suis pas le gardien actuel mais je l'ai été, à une époque lointaine. Cette charge se transmet de génération en génération dans ta famille et…il se trouve que tu en es le dernier représentant en vie.

Le pouls du sorcier s'était mis à battre plus vite, alors qu'une légère goutte de sueur perlait sur son front. Il était donc le Gardien ? Mais pourquoi son grand-père ne lui en avait-il pas parlé ? C'était quand même la moindre des choses qu'il soit au courant de ce devoir familial dont il ignorait l'existence.

-J'ai essayé de convaincre Albus mais…il était incroyablement têtu et désirait que tu mènes une vie normale.

-Pourquoi m'avez-vous fait revoir la mort de mes parents ? L'interrogea Gabriel d'un ton tranchant.

-Pour que tu prennes conscience que tu n'as pas survécu à cette nuit là par hasard. C'est le médaillon allié à ta puissance intrinsèque qui t'a permis de résister au sortilège de mort. Il en va de même pour ce fameux soir où ta petite-amie t'a jeté l'Avada Kedavra en plein cœur…

-Je comprends mieux…mais cela n'explique pas pourquoi vous avez tenu à me dévoiler ceci maintenant. D'autant plus que vous avez attaqué mon esprit pour m'obliger à perdre conscience, ça doit être important.

Le Gardien commençait à réellement apprécier le jeune homme, et notamment sa vivacité d'esprit, qui n'avait rien à envier à celle de son ancêtre Albus au même âge…non, même Albus Dumbledore n'était pas arrivé à ce stade à seulement vingt-trois ans.

-Tu as raison. Je suis venu t'avertir. Le mage noir a eu connaissance de l'existence du Gardien et il prépare une opération de grande envergure contre certaines familles sorcières et moldues.

-Certaines familles ?

-Celles des héritiers et de leurs amis, membres de l'Ordre du Phénix et de...l'Armée de Dumbledore, quel nom sympathique. Je te laisse imaginer le sort peu enviable qui les attend…

-Mais je n'ai encore trouvé que deux des trois héritiers, celui de Griffondor et celui de Poufsouffle.

-Hâte-toi alors, Gabriel. Son identité devrait être une évidence pour toi, ou plutôt pour celle du Griffondor. Et surtout, n'oublie pas quels sont les enjeux…

La vision se brouilla sous les yeux de Gabriel, qui se sentait sortir de sa léthargie…


-Professeur ! Vous vous réveillez enfin !

C'était la voix d'Harry, il l'avait reconnu. En ouvrant les yeux, le professeur remarqua qu'il ne se trouvait plus dans le couloir mais à l'infirmerie. Un rapide coup d'œil autour de lui suffit pour qu'il distingue les silhouettes du jeune Potter, de Drago et de Claire, assise à son chevet.

Reprenant complètement ses esprits, il attrapa immédiatement le poignet du Serpentard, lui adressant un regard à la fois inquiet et déterminé.

-Va chercher le professeur McGonagall et dis lui de réunir les membres de l'Ordre ! Voldemort va lancer une attaque sur les familles de certains élèves !

-Mais professeur…

-DEPECHE-TOI ! C'est peut-être une question de minutes !!

Réagissant à cette intonation en se rappelant les longues et pénibles séances d'entraînement dans la salle du Temps, Drago acquiesça vivement de la tête et se précipita vers la sortie au pas de course. Le jeune Dumbledore se retint d'esquisser un sourire et se retourna vers Harry, le fixant du regard.

-Claire, il faut que je parle quelques instants avec Harry, seul à seul.

La jeune femme parût un peu surprise mais elle se contenta de se lever et de déposer un baiser sur son front avant de quitter la pièce, refermant la porte derrière elle. Souhaitant être sûr que leur conversation reste privée, Gabriel attrapa sa baguette sur la table de chevet et jeta un sortilège d'impassibilité sur la porte.

-Que vous est-il arrivé, professeur ? Demanda Harry.

L'inquiétude présente sur le visage du Survivant lui fit plaisir, mais les avertissements du Gardien étaient trop présents dans son esprit pour qu'il se livre à un pareil récit maintenant.

-Il y a quelque chose que je dois te révéler Harry, au sujet de ta famille.

-Ma famille ?

-Oui. Harry, tu t'en doutes peut-être mais le fait que tu aies pu utiliser l'épée de Griffondor n'est pas un hasard.

-Je ne comprends pas.

-Seules des personnes partageant le sang de Griffondor peuvent l'utiliser. Tu fais partie de ses descendants, Harry et le fait que tu aies pu la sortir du choipeau magique signifie qu'en plus d'être son descendant, tu es aussi son héritier.

-L'héritier de Griffondor ? Qu'est-ce que ça signifie?

-C'est une très longue histoire, Harry, et moi-même je n'en connais pas tous les détails. Malheureusement, tu vas devoir attendre un peu avant que…

Le sorcier stoppa net, laissant sa phrase en suspens. Quelque chose n'allait pas dans la pièce…Se tournant vers la porte, il constata que le sort d'impassibilité avait été levé. Sentant un frisson lui parcourir l'échine, il se projeta en avant vers le jeune Potter.

-Couche-toi Harry !!

C'est alors qu'une explosion se passa à l'endroit exact où ils se trouvaient, réduisant le lit en poussière. Lorsque les deux sorciers se relevèrent, ils s'aperçurent d'une présence familière…

Les yeux bleus de Gabriel la fixaient avec haine alors qu'il pointait sa baguette dans sa direction.

-Serena…