Harmonyforever07 : Content que ton intuition se soit révélée juste. ;) Pour Gabriel, et bien je dirais qu'une partie de la réponse se trouve dans ce chapitre, et le reste dans le prochain je pense. Pour les autres héritiers, ça viendra en temps voulu mais je ne te dis rien sur leur identité. Pour le couple Harry/Hermione, encore un peu de patience, les événements sont en marche et il n'y a pas que l'amour dans la vie. :D

Naruto194 : lol j'aimerais bien savoir quelles sont tes intuitions concernant les autres héritiers, ça pourrait être intéressant. En tout cas, ce chapitre est au moins aussi long que le précédent, ça devrait te plaire. ;)

Wilfrid54 : McGonagall est comme ça, on la changera pas à son âge. :p Je ne dirais pas une « bataille épique » mais tu auras droit à un petit duel, même si ça reste peu en comparaison de ce que j'ai en tête pour la suite ;). Pour le Harry/Hermione, encore un peu de patience, le temps de la romance viendra en temps voulu. :D

Tarsec : Content que tu aies lu ma fic, en effet Drago peut paraître passer soudainement de méchant à gentil mais il a quand même passé près d'un an avec Harry dans la salle du temps, ça fait forcément des liens. En plus, je ne vois pas pourquoi il serait contre le fait qu'il s'entraîne avec ses mais puisque Malefoy a reçu la même formation que lui et il est donc potentiellement aussi apte à les former que Harry. En ce qui concerne Severus, rien n'est dit, ce chapitre t'en apportera peut-être la preuve. ;) Le rôle de Drago sera montré un peu plus tard, car il en a quand même un à jouer.

Eldar-Melda : Action ? Vous avez dit action ? Vous voilà servi dans ce chapitre. :D

Saika Garner : Content que ce chapitre t'ait plus, mais j'espère que le prochain te plaira davantage et qui sait, te surprendra. ;)

Lena-malefoy : Evidemment, je suis toujours sage. ;) Et oui, Gabe est un ange de gentillesse, et un futur parain. Lol Mais non, il ne s'est pas évanoui à ta vue, et je pense que Claire te foudroiera en lisant ça. Mdr Pauvre Serena, tu lui réserves vraiment un sort funeste dis-moi…Pour Voldy, toujours aussi sadique et sanglant, on le changera pas. Et NON tu n'aurais jamais le médaillon de Gabe, il m'est déjà réservé pour plus tard. :p Drago n'est rien de plus qu'un petit élève de Serpentard qui a eu l'immense honneur d'avoir Gabriel pour professeur, il a une dette éternelle envers lui. :p Et oui, Serena arrive à l'improviste mais tu ne sauras rien sur sa mère avant longtemps :p Plus sérieusement, ton « petit délire » (ou plutôt énorme délire je dirais lol) était sympa et je suis content que tu continues à lire ma fic. ;) Par contre, si tu me traites encore « id… », le petit Drago saura ce que le mot « souffrance » signifie. :D Quant à mon « joli ptit cul », on n'y touche pas non plus !!! mdr


Chapitre 17 : Règlement de comptes

Une fois de plus, il se mettait en travers de son chemin. Pourquoi cet imbécile avait-il refusé de la rejoindre ? Tout aurait été tellement simple s'il avait accepté de servir Voldemort à ses côtés. Ils auraient pu être heureux pour toujours, dans la liberté la plus totale, cherchant chaque jour de nouveaux adversaires auxquels se confronter dans des duels sans merci…

Mais non, le Griffondor n'était pas ainsi. Fidèle à sa conscience et à cette morale rigide ancrés par ce vieux sénile d'Albus Dumbledore, il refusait de voir que Lord Voldemort représentait l'avenir, un avenir où les sorciers ne seraient plus obligés de se cacher, un avenir où les sorciers feraient la loi et imposeraient leurs décisions aux moldus, un monde…idéal en somme.

Albus Dumbledore était mort. Le Seigneur des Ténèbres n'avait jamais eu plus de mangemorts sous ses ordres qu'à présent. Et pourtant…il était toujours face à elle, ses yeux bleus la fixant avec toute la haine qu'il leur était possible d'exprimer.

Il ne portait pas sa robe de sorcier, c'était normal, on lui avait retiré quand il avait été admis à l'infirmerie. Ses vêtements se résumaient à un pantalon bleu marine et une chemise de la même couleur. Légèrement entrouverte, elle lui permettait d'entrevoir de profondes cicatrices. Comment ne pas les reconnaître ? C'était elle-même qui les lui avait infligées après tout…

-Gabriel, pour la dernière fois, je te demande de t'écarter et de me laisser le garçon…

-Oh, ça sonne comme une faveur…deviendrais-tu sentimentale ? Répliqua le professeur d'un ton cynique.

Les deux Séraphins se jaugeaient du regard, baguette levée, chacune pointant l'autre. Gabriel s'était placé de façon à se trouver entre elle et Harry, ne laissant aucune fenêtre de tir possible sans qu'elle ne touche l'ancien Auror.

Derrière lui, le jeune Potter aurait voulu agir mais le sorcier lui tenait fermement le bras, le décourageant de tenter toute action inconsidérée.

-Harry, tu vas appliquer le premier sortilège de défense que je t'ai enseigné. Une fois cela fait, tu ne te concentres que sur le sortilège, ce combat est le mien et tu ne ferais que me gêner, c'est compris ?

Dumbledore n'avait pas haussé la voix mais le ton employé était sans appel. Il voulait mener cet affrontement seul et il n'avait aucune envie que le Griffondor intervienne, au risque de mettre sa propre vie en péril.

-Bien, professeur.

-Parfait. A trois…un…deux…TROIS ! Tempestas Flammae !

-Defensio circulus! S'écria Harry.

-Aqua Verticis !!!

Les flammes qui jaillirent de la baguette de Gabriel furent englouties par le tourbillon d'eau créé par Serena. Mais le feu était si puissant que l'eau s'était presque totalement évaporée, au grand déplaisir de la mangemort.

-On dirait que tu t'es un peu amélioré depuis notre dernier affrontement à la Tour des Séraphins…

-Ou alors tu t'es ramollie, ça ne doit pas t'arranger de passer tes journées à ramper aux pieds de Voldemort…

Le visage de la jeune femme perdit son sourire alors qu'une expression de rage déformait ses traits. A l'intérieur de son dôme de protection, Harry observait attentivement les deux sorciers, prêt à intervenir au moindre signe de danger pour le professeur. Malgré tout le respect qu'il avait pour Dumbledore, il ne pouvait s'empêcher de craindre de mauvaises surprises de la part de Serena.

-Je vais te faire ravaler tes insultes dans la gorge !! Vindicas Serpentis !!

Des serpents apparurent par dizaines de la baguette de la baguette de la jeune femme, entourant complètement le Séraphin. Ce dernier se contenta de lever sa baguette au-dessus de lui, fermant les yeux.

Prenant ce geste pour une reddition, Serena se décida à l'achever.

-Attaquez !!

-Caelestis Fulguris.

Le bout de sa baguette s'illumina d'une faible lumière blanche avant qu'une myriade d'éclairs n'en jaillissent, chacun frappant un serpent à une vitesse vertigineuse. Il ne fallut que quelques secondes pour que tous les reptiles ne finissent en poussière, l'un des éclairs allant même jusqu'à se diriger vers Serena. La servante de Voldemort l'esquissa de justesse, n'étant toutefois pas assez rapide car une légère éraflure était visible sur sa joue, d'où s'écoulait un léger filet de sang.

-Je ne connaissais pas ce sortilège…Reconnut la jeune femme, effleurant sa joue.

-Je ne suis plus le même qu'il y a deux mois. Et tu vas vite comprendre pourquoi…

Le sorcier abaissa sa baguette et fit un léger mouvement du poignet qu'il répéta plusieurs fois en psalmodiant des paroles à voix basse. Au bout de trois fois, il pointa finalement sa baguette sur la jeune femme et déclara à voix haute.

-Gelidum Spiritus !

Un vent d'une puissance phénoménale commença à souffler dans la pièce, se dirigeant vers elle. Serena utilisa le sortilège du Bouclier, se demandant ce que pourrait bien faire un simple courant d'air…

C'est alors qu'elle sentit ses jambes s'engourdir, sans savoir pourquoi. Se retournant, elle s'aperçut que ses pieds étaient pris dans la glace, cette même glace qui gagnait à présent ses mollets et remontait jusqu'à ses genoux.

-Non ! Comment ce sortilège peut-il me geler alors que je suis protégée par le Bouclier ?!

-Simple phénomène physique, ma chère…Silencio.

La jeune femme se retrouva alors muette, incapable de prononcer le moindre son. La glace remontait encore, et lui arrivait maintenant au niveau des cuisses. Maudissant le fait d'être peu douée pour les sortilèges informulés, elle se concentra de toutes ses forces et braqua sa baguette vers le haut.

-Tempestas Flammae !! Pensa-t-elle avec force.

Des flammes s'échappèrent de sa baguette, l'entourant tout en bloquant le courant d'air créé par Gabriel. Toutefois, elle n'eut pas assez de force pour faire fondre la glace qui avait déjà atteint son bassin et elle se baissa en avant, ses cheveux cachant son visage.

Le sorcier cessa son sortilège et se rapprocha d'elle, la croyant inconsciente. C'est pourquoi il ne put réagir lorsqu'elle releva la tête soudainement, s'écriant à pleins poumons :

-ENDOLORIS !!!

Le maléfice percuta Gabriel de plein fouet. Sous le choc, le sorcier mit un genou à terre, tête baissée. L'habituel sourire sarcastique reprit place sur les lèvres de la jeune femme alors qu'elle faisait disparaître la glace qui l'entravait, avant de se rapprocher à pas lents de son adversaire.

-Alors chéri, on avait oublié l'effet de ce petit sortilège ?

-Crois-tu ?

Le sorcier releva la tête à cet instant précis, un sourire moqueur flottant sur ses lèvres. Il se releva sans difficulté, ne semblant éprouver aucun signe de douleur particulier. Ce fut à son tour de se rapprocher d'elle, alors que la jeune femme s'était mise à frissonner.

-C'est impossible…tu joues la comédie ! Endoloris !!!

Mais Gabriel dévia le rayon lumineux d'un simple geste de sa baguette, son sourire s'accentuant. Il était impossible que le Séraphin soit devenu insensible au Doloris, peut-être à certains sortilèges cuisants, mais le sortilège Doloris faisait partie des trois sortilèges impardonnables ! Et à ce titre, il était l'un des trois pires maléfices qu'on puisse infliger à quelqu'un, celui-là provoquant d'ailleurs une souffrance réputée effroyable à ses victimes.

-Je n'y crois pas…

-Ah bon ? Tu aurais dû t'en douter pourtant…Tu ne t'en souviens pas ? Tu m'as jeté bien pire qu'un Doloris…

Un souvenir la frappa alors avec une telle netteté qu'elle avait l'impression de l'avoir vécu la veille. Elle se revoyait, triomphante, asséner au jeune homme le sortilège de la mort. Sortilège auquel il n'aurait pas dû survivre. Elle l'avait vu chuter vers les abysses de ses propres yeux…

Elle frissonna malgré elle lorsqu'elle sentit un corps contre le sien. Pendant qu'elle se remémorait la scène, Gabriel s'était rapproché d'elle et se tenait à présent penché sur son épaule, lui murmurant à l'oreille.

-Sois fière de ce que tu as accompli en son nom. Toi qui a réussi à briser mon cœur et à failli m'ôter la vie, m'empêchant de sauver le parent qui comptait le plus pour moi…

-Je n'ai aucun besoin de me justifier devant…

-Merci.

Complètement prise de cours, elle ne put s'empêcher de relever la tête. Croisant de nouveau ses yeux d'un bleu si pur, elle sentit son cœur s'emballer malgré elle. Etait-ce possible ? Avait-il enfin compris qu'elle ne voulait que leur bonheur à tous les deux ?

Malheureusement, les paroles qui suivirent n'étaient pas celles auxquelles elle s'attendait.

-Merci d'avoir brisé un amour illusoire et de m'avoir fait connaître un degré de haine auquel je ne pensais pas pouvoir arriver un jour. Me voilà aujourd'hui beaucoup plus puissant et je suis à présent de taille à épauler Harry dans sa mission.

-Pauvre fou !! EXPELLIARMUS !!

Parfois, les sortilèges les plus simples sont les meilleurs…Complètement pris au dépourvu, Gabriel avait été propulsé en arrière par la puissance du sort de désarmement, alors que sa baguette avait voltigé à travers la pièce.

Il ne se réceptionna pas aussi bien qu'il l'aurait voulu, percutant la chaise où se trouvaient ses affaires, et la cassant du même coup.

S'effondrant sur le sol, il n'eut même pas le temps de se relever qu'un nouveau sort était jeté contre lui.

-AVADA KEDAVRA !!!

Le sortilège le percuta en pleine poitrine, l'illuminant un instant d'une légère lumière verte, striée de rouge. Il s'écroula en avant tel une poupée désarticulée, le visage marqué par une profonde incompréhension alors que sa main s'était refermée sur sa robe de sorcier.

Haletante, Serena ne put s'empêcher de trembler. C'était la deuxième fois qu'elle lui envoyait le sortilège de mort mais cette fois-ci, elle était sûre de ne pas l'avoir raté.

-Non !! Professeur !!!

-Impedimenta !!

Harry avait fait l'erreur de lever son bouclier en voyant le professeur se faire attaquer. C'est pourquoi il ne put rien faire lorsque le maléfice d'entrave le toucha, l'empêchant d'exécuter tout mouvement.

C'est impuissant que le jeune Potter regarda la jeune femme s'approcher de Gabriel, son visage restant insondable.

Elle s'agenouilla auprès de lui, passant sa main délicatement dans les cheveux bruns du jeune homme. Si elle n'avait pas tourné le dos à Harry, ce dernier aurait pu voir de la tristesse dans ses yeux noirs.

-Pauvre imbécile, si orgueilleux…pourquoi ne m'as-tu pas écouté…

Elle ferma les yeux un court instant, une larme s'écoulant lentement sur sa joue. Mais elle les rouvrit soudainement, exorbités, alors qu'une violente douleur lui vrillait le ventre.

Lorsqu'elle baissa les yeux vers l'origine de la douleur, elle aperçut une lame…une lame argentée enfoncée dans son abdomen.

Suivant la lame du regard, elle remonta jusqu'au pommeau de l'épée et finalement jusqu'à la main qui la tenait. Gabriel s'était relevé sur un coude et avait le bras tendu en avant, maintenant l'épée de Godric Griffondor plantée dans l'abdomen de Serena.

Ce fut au tour de la jeune femme d'exprimer de l'incompréhension alors que le sorcier retirait la lame d'un coup sec de son ventre, avant de se relever difficilement en s'appuyant sur son bras libre.

Dumbledore la regardait sans la moindre once de pitié dans le regard, nettoyant l'épée avec un pan de sa robe sans se préoccuper d'elle.

-Comment…comment as-tu pu…survivre…

Sa voix était plus rauque qu'elle ne l'aurait voulu et elle cherchait désespérément à retenir le sang qui s'échappait de sa plaie béante, colorant le sol d'une mare pourpre…

-Je n'ai aucun compte à te rendre, Serena. C'est toi qui va payer pour tes crimes…car crois-bien que je ne vais pas te laisser mourir si facilement, pas sans m'avoir appris auparavant ce que Voldemort projette et de quelle manière tu as pu t'introduire ici en modifiant totalement ton esprit…

La jeune femme ne put s'empêcher de sourire en entendant ces paroles. Voilà qui est bien digne d'un Serpentard, pensa-t-elle tout en essayant d'agripper sa baguette.

-Accio baguette !

Et la baguette de Serena vola tout naturellement dans les mains de Gabriel, au plus grand étonnement de la jeune femme. Ce dernier gardait un visage absolument impassible, braquant toujours l'épée de Griffondor vers elle.

-Tu l'ignorais donc ? Cette épée n'est pas juste une épée. Il s'agit aussi d'une baguette magique, mais seules deux personnes sur cette terre peuvent l'utiliser ainsi. Manque de chance pour toi, tu n'en fais pas partie…

-Alors, qu'attends-tu pour me tuer ?! Tu ne tireras rien de moi, Gabriel ! Je mourrais plutôt que de révéler les secrets de mon maître ! Arg !

Elle avait perdu trop de sang, elle sentait que sa conscience lui échappait…non, ça voulait dire qu'elle perdait aussi le contrôle, l'autre allait refaire surface…ce n'était pas le moment, pas du tout…

Et sous les yeux effarés de Gabriel, la jeune femme changea d'apparence, sa longue chevelure noire devenant rousse, alors que son visage se colorait de quelques tâches de rousseur. Et ce furent des yeux non pas noirs mais verts qui le regardèrent, l'implorant du regard.

-Aidez-moi je vous en prie…

Harry commençait à reprendre le contrôle de ses gestes, alors que son regard se posa avec étonnement sur la jeune femme.

-Pro…professeur Dunstan ?

-Harry…Harry Potter…qu'est-ce que...je fais là...

Et elle perdit connaissance, alors que Gabriel prenait pleine conscience de ce qu'il avait sous les yeux. Il avait pensé que Voldemort avait changé la structure de l'esprit de Serena de façon temporaire, tout en métamorphosant son corps.

Mais non, il n'avait même pas pris la peine de faire ça, se contentant d'une mesure beaucoup plus radicale…

-Professeur Dumbledore, qu'est-ce que ça veut dire ? Demanda Harry, perdu.

-Voldemort n'a pas seulement changé son corps, il…il a séparé son esprit en deux, provoquant un…un dédoublement de personnalité et…

Quelque chose n'allait pas. Sa vue commençait à se brouiller et il sentait son corps devenir de plus en plus lourd…

Le professeur tomba à genoux, ses jambes n'ayant plus assez de force pour le porter. Sans le médaillon, le sortilège de mort lui aurait été fatal. Et la quantité d'énergie magique qu'il avait dû puiser l'avait complètement vidé.

Il ne savait d'ailleurs pas comment il avait fait pour ne pas perdre connaissance, c'était peut-être le surplus de magie qui se trouvait dans l'épée de Griffondor qui lui avait donné un regain d'énergie et permis ce geste désespéré…

-Professeur !!

Harry s'était précipité vers lui, le réceptionnant avant qu'il ne s'écroule complètement. Gabriel esquissa un léger sourire devant cette scène pour le moins atypique. C'était lui le Gardien, sensé protégé les héritiers et il se faisait justement secourir par un de ses protégés.

-Ça va aller Harry, je suis juste un peu fatigué…Préviens l'Ordre, Voldemort va…il va attaquer ta famille et celle des membres de l'Ordre et de l'AD…on doit les protéger…au plus vite…

Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes alors qu'il sombrait dans un sommeil sans rêve.


A plusieurs centaines de kilomètres de Poudlard, une personne vêtue de noir parcourait d'un pas pressé une rue des plus sinistres, que la plupart appelaient l'impasse du Tisseur. Ne prêtant guère attention aux gens autour de lui, il s'arrêta devant une maison de briques rouges dont la porte s'ouvrit d'elle-même devant lui.

Lorsqu'elle se referma, l'homme poussa un léger soupir, avant d'accrocher sa vieille redingote au porte-manteau. Il détestait les vêtements moldus, et encore davantage ceux qui avaient appartenu à son ignoble moldu du père.

-Bonsoir, maître.

Un elfe de maison apparût devant lui, s'inclinant respectueusement. Le sorcier acquiesça de la tête avant de répondre.

-Suis-moi au salon, Chester.

L'elfe s'exécuta, suivant son maître d'un pas léger et discret. Il était sensiblement plus âgé que Dobby mais plus jeune que Kreattur. Il portait pour vêtement une sorte de toge noire, enserrée d'un ruban bleu à la taille. Son visage sérieux était quelque peu ridé mais il y avait une lueur bienveillante lorsque ses yeux se posaient sur son maître.

Ils pénétrèrent tous deux dans le salon, qui ressemblait d'ailleurs bien plus à une bibliothèque qu'à un salon, tant les étagères qui recouvraient les murs étaient remplies de livres de toutes sortes.

La pièce était d'ailleurs assez petite, et les épais rideaux noirs cachant les fenêtres ne faisaient que la rendre plus sombre.

Le sorcier attrapa l'un des nombreux livres de la bibliothèque et posa la pointe de sa baguette dessus avant de réciter une formule à voix si basse qu'il était impossible de le comprendre. Le livre se transforma en un petit coffre de forme cubique, d'environ 40cm de longueur.

Il s'assit ensuite sur un vieux fauteuil en mauvais état, avant de rapprocher à l'aide de sa baguette, la table basse poussiéreuse qui se trouvait face à lui. Il y déposa délicatement le coffre avant de l'ouvrir.

Bien qu'il n'eut jamais osé en regarder l'intérieur, Chester en connaissait le contenu. Il s'agissait des objets les plus précieux aux yeux de son maître, les seules preuves au monde qu'il avait un cœur comme tous les autres hommes.

Le sorcier rabattit l'une des mèches de ses longs cheveux gras en arrière, attrapant différents objets se trouvant dans le coffre avant de les déposer avec soin sur la table. Il y avait là une écharpe verte, apparemment tricotée à la main, ainsi qu'un vieil album photo taché et une pile de lettres attachées par un fil.

Il s'attarda un moment sur l'album photo, tournant quelques pages d'un air distrait. Bien qu'aucune émotion ne soit lisible sur son visage, l'elfe pouvait voir la tristesse dans les yeux de son maître, cette même tristesse qui ne le quittait jamais.

-Chester, quelles nouvelles m'apportes-tu ?

-Oh, le jeune Potter se porte toujours bien, maître. Il va à tous les cours avec ses camarades et passe son temps libre soit dans la Salle sur Demande, soit en compagnie d'une de ses amies, Hermione Granger.

-Bien. As-tu été remarqué par quelqu'un ?

-Non, personne. Vous aviez raison, maître. Depuis la disparition de l'ancien directeur, plus personne ne prête attention aux elfes de maison.

-Parfait. Et…en ce qui concerne Dumbledore ?

-Il occupe toujours son poste de Professeur, et il passe beaucoup de temps en compagnie du professeur de métamorphose. Mais parfois, Chester a du mal à le suivre, maître, le professeur est très habile dans l'art de disparaître.

-Tout aussi insaisissable que son grand-père, c'était à prévoir…

Le sorcier s'arrêta un instant, portant sa main à son avant-bras gauche, alors que son visage était toujours aussi inexpressif. Puis il sortit un autre objet du coffre, un poignard en or pur. Le pommeau était incrusté de diamants, alors que sur la lame, une inscription était finement gravée. Cette inscription n'était autre que le nom d'un des quatre fondateurs de Poudlard : Helga Poufsouffle .

-As-tu vu l'épée ?

-Oui, maître. Il y a quelques instants à peine, Dumbledore a affronté une sorcière du nom de Serena. A la fin du duel, il a planté l'épée dans le ventre de la mangemorte et elle s'est effondrée. Je n'ai pas pu bien voir la scène mais je crois qu'elle est toujours en vie.

-Je comprends mieux... S'il a utilisé l'épée, c'est qu'il a pris conscience de son rôle de Gardien…cela veut aussi dire que Potter sait qu'il est l'héritier de Griffondor.

-Allez-vous lui apporter le poignard, maître ?

Pour tout autre que son maître, une telle question aurait été des plus déplacées, surtout venant de la part d'un elfe de maison. Pourtant le sorcier ne s'en offusqua pas et répondit négativement de la tête, l'air pensif.

-Pas pour le moment. J'ignore encore qui est l'héritier de Poufsouffle donc je vais garder cet objet en sécurité. Il reste aussi l'artefact de Serdaigle, qui n'a pas encore été retrouvé…

-Pardonnez mon impertinence mais…si le seigneur des ténèbres est aussi friand des objets ayant appartenu aux fondateurs, pourquoi n'a-t-il pas trouvé ces trois objets ?

Le sorcier esquissa un sourire cynique en entendant cette question et médita sur la réponse la plus appropriée. Le seigneur des ténèbres était certes très intelligent et il avait un goût prononcé pour tout ce qui concernait Poudlard et ses fondateurs, c'est d'ailleurs ainsi qu'il avait eu vent des Sceaux.

Toutefois…son intérêt était pour le moins mal placé.

-Le seigneur des ténèbres ne s'intéresse qu'à ce qui a fait la gloire des fondateurs. Il a donc recherché des objets leur ayant appartenu et s'étant transmis à travers les générations…Mais ces trois objets n'étaient pas fait pour être révélés au grand jour. Au contraire même, ils ont été habilement dissimulés pendant des siècles…

Le regard du sorcier se perdit encore une fois dans de sombres pensées, alors qu'il se souvenait comment il était entré en possession de cet objet, plus de vingt ans auparavant, en compagnie d'une adolescente aux longs cheveux roux et au sourire chaleureux…

Mais elle n'était plus qu'un lointain souvenir aujourd'hui, souvenir qui continuait de le torturer jour après jour, alors qu'il s'évertuait à garder en vie la dernière preuve de son existence sur Terre…

-Chester…que penses-tu que je sois ?

Voilà encore une question qu'un autre maître n'aurait jamais posé à un elfe de maison. Mais cet humain là était définitivement différent des autres, bien qu'il soit la plupart du temps détesté par ceux de son espèce.

-Si vous me demandez une réponse pragmatique, vous êtes un sorcier, anciennement professeur à Poudlard, et le meilleur maître qu'un elfe de maison puisse avoir. S'il s'agit d'un avis personnel…je dirais que vous représentez ce qu'il y a de plus proche d'un parent pour moi, maître.

Le sorcier tourna la tête vers lui, le transperçant de ses yeux noirs. Mais l'elfe ne cilla pas, soutenant son regard car il savait que son maître utilisait la légilimancie pour vérifier la sincérité de ses paroles. Au bout d'un moment, l'ancien professeur détourna la tête, fixant du regard l'album photo. Ce dernier était resté ouvert sur une page montrant deux élèves de troisième année, un garçon et une fille. L'adolescente avait de longs cheveux roux et des yeux d'un vert émeraude, tout aussi rayonnants que le sourire qu'elle arborait.

A côté d'elle se trouvait un garçon au physique décharné, ses longs cheveux noirs s'accordant avec sa robe de sorcier tout aussi sombre. Cela transigeait avec la pâleur de son visage, malgré le léger sourire en coin qui naissait sur ses lèvres.

Sous la photo se trouvait une légende, inscrite avec une écriture soignée : Lily et Severus, 7 Novembre 1973.

Le sorcier referma l'album d'un coup sec, avant de se tourner vers l'elfe de maison qui n'avait pas bougé d'un iota.

-Tu as ta soirée de libre, Chester. Mais retourne à l'école demain matin et continue de surveiller Potter.

-Bien maître.

Et l'elfe de maison disparût de la pièce, laissant le sorcier seul avec son passé. Relevant la manche de sa chemise, il observa un instant la Marque des Ténèbres, puis la rabaissa, avant de fixer son regard sur un morceau de parchemin glissé dans les dernières pages de l'album :

Je ne sais pas pourquoi tu me fuis et me rejettes ainsi, Severus, mais sache que quoique tu dises, nous serons toujours amis. Cet album en est la preuve, j'espère qu'il t'aidera à te souvenir de tous les moments que nous avons passé ensemble et que tu le garderas précieusement.

Tendrement,

Ton amie, Lily

Le mangemort serra les poings jusqu'à ce que ses jointures deviennent blanches alors qu'il gardait la tête baissée, tremblant légèrement.

Que de sacrifices pour honorer le fantôme d'une amie disparue, et dont il n'était même pas sûr qu'elle ait conscience de ce qu'il faisait pour elle.

C'est alors que quelqu'un frappa à sa porte. Il rangea les différentes affaires dans le coffre avant de lui redonner l'apparence d'un simple livre, livre qu'il remit à sa place dans la bibliothèque.

Il attrapa alors un autre ouvrage, qu'il avait dû lire plusieurs dizaines de fois, et se dirigea d'un pas lent vers la porte.

Lorsqu'il ouvrit celle-ci, il ne put s'empêcher d'afficher une expression des plus surprises lorsqu'il aperçut en face de qui il se trouvait.

-Cela faisait longtemps, Severus…


Hermione avait rejoint l'infirmerie dès qu'elle avait appris la nouvelle. Elle se trouvait alors en train de discuter avec Ron dans le cachot servant au cours de potions, attendant le retour de leur professeur.

C'est là qu'elle avait vu un Drago essoufflé entrer dans la pièce, en compagnie du professeur Mc Gonagall, donc le teint était encore plus pâle que celui du Serpentard.

Elle avait convié les élèves à retourner dans leurs dortoirs, à l'exception d'elle et Ron, à qui elle voulait parler.

C'est ainsi qu'elle les avait conduit à l'infirmerie, où elle avait trouvé Mme Pomfresh très occupée à soigner le professeur Dunstan, blessée à l'abdomen.

Harry se trouvait assis non loin d'elle, au chevet du professeur de Défense contre les Forces du Mal, qui était lui aussi inconscient.

L'adolescente ne put s'empêcher de remarquer la présence de deux Aurors autour du lit du professeur de potions, et pas des moindres puisqu'il s'agissait de Maugrey Fol'œil et Kingsley.

-Que s'est-il passé ?! Demanda Ron, sans préambule.

Consternée par le manque de tact de son ami, la jeune Granger partageait malheureusement la même curiosité à l'égard des récents événements qui avaient amené deux de leurs professeurs à se retrouver à l'infirmerie, dans un état grave apparemment.

Harry entreprit de leur raconter ce qui s'était passé, comme il l'avait fait avec la directrice et Malefoy. Il se garda tout de même de leur faire part de ce qu'il avait appris au sujet des sceaux et de son statut d'héritier, préférant attendre qu'ils soient seuls.

-Ah, je vois…Mais attends, comment il a fait pour survivre à un sortilège de mort ?! S'exclama le jeune Weasley, complètement ahuri.

-C'est un très puissant sorcier, Weasley. En plus, Harry l'a fait aussi, je ne vois pas pourquoi tu es aussi surpris. Rétorqua Drago en se joignant à eux, d'un ton cynique.

-On ne t'a pas sonné, Malefoy ! Répondit Ron.

Il s'en suivit un échange de regards des plus intenses entre les deux garçons. Les yeux du Griffondor exprimaient le plus grand des mépris alors que ceux du Serpentard ne reflétaient que de l'amusement, et une lueur de malice en prévision d'un duel futur…

-Arrêtez un peu tous les deux ! Il y a plus important pour le moment. Le professeur a dit que nos familles courraient un grave danger.

-On est au courant, Potter. Si tu nous disais plutôt ce que l'Ordre compte faire contre ça. Demanda Drago d'un ton irrité.

-McGonagall a envoyé Remus, Tonks et Hagrid cher M. et Mme Weasley pour les prévenir. Ils vont ensuite prévenir nos familles et les mener en lieu sûr. Le problème, c'est que ça fait beaucoup de monde et ils ne savent pas forcément où ils pourraient aller. En plus, une partie des familles sont moldues et donc font des proies encore plus faciles pour les mangemorts…

Ils restèrent tous les quatre à méditer sur ces paroles quelques instants. C'est alors que Drago releva la tête, esquissa un sourire malicieux avant de se tourner vers Hermione.

-Granger, tu sais comment mettre au point un portoloin n'est-ce pas ?

-Et bien…oui, en théorie. Pourquoi tu me poses cette question ? Demanda Hermione, étonnée.

Le jeune Malefoy se retourna vers Harry en le fixant avec un sourire en coin. Le jeune Potter parut surpris l'espace d'un instant puis il esquissa lui aussi un léger sourire, adressant un regard entendu au Serpentard.

Il se retourna finalement vers Hermione et lui murmura quelque chose à l'oreille. Cette dernière ouvrit de grands yeux puis prit une expression résignée avant d'acquiescer la tête.

Enervé d'être laissé en dehors du plan, Ron tapa du poing sur la table de chevet.

-Eh ! Je suis là moi aussi ! Alors Harry, dis-moi quel est ce fameux plan ?!

Le jeune Potter acquiesça la tête avant de sortir le faux galion mis au point par Hermione. Une fois qu'il eut changé la date de rendez-vous sur le côté de la pièce, pour la fixer au soir même, il se retourna vers son ami.

-Nous allons réunir l'A.D ce soir et aller chercher les familles de nos membres pour les mettre à l'abri. Je pense que le Square Grimmaurd est le lieu le plus sûr, nous pourrons toujours y jeter un sortilège de Fidelitas.

-Ha…Harry…je rêve ou bien tu es en train de nous proposer de partir à la chasse aux mangemorts ?! L'interrogea Ron, le visage plus pâle.

-Non, Ron. Notre objectif sera de secourir les familles, pas d'affronter les mangemorts. Mais s'ils se trouvent sur notre chemin…nous devrons les combattre.

Alors que le visage du jeune Weasley prenait une teinte verdâtre, un sourire d'excitation naissait sur les lèvres de Malefoy, avant qu'il ne prononce ces quelques mots d'un ton enjoué :

-Je sens qu'on va bien s'amuser…