Wilfrid54 : Content que le combat t'ait quand même plu. Lol Gabriel a en effet sous-estimé Voldy mais il ne sait pas encore à quel point. Pour Rogue, j'avais volontairement attendu pour qu'il se montre « dans son environnement naturel » mdr. Tu vas le retrouver dans ce chapitre, peut-être un peu différent de d'habitude, mais les circonstances l'obligent. ;) Ah Ginny, accorde-moi un chapitre de plus et tu seras satisfait, même si elle apparaît brièvement dans celui-ci. :D
Harmonyforever07 : Tu vas savoir tout de suite qui rend visite à Rogue, attention ça peut surprendre (je me dirige vers une pente glissante lol). Comme tu vas le comprendre au titre de ce chapitre, l'A.D va en effet avoir de l'action, même si ce chapitre n'est qu'un préambule, le « calme avant la tempête ». Et quand je dis tempête…imagine plutôt un ouragan. :D
Naruto194 : Ha ha ! Comment Gabriel a-t-il pu utiliser l'épée de Griffondor alors que Harry est son héritier légitime ? Je ne peux pas te répondre entièrement, mais disons que ça a un rapport avec le Gardien d'origine, mais le secret sera révélé plus tard à ce sujet. ;)
Julius-magyar : Tu as à moitié raison. Lol D'un côté, non, le professeur Dunstan n'a aucun rapport avec Lily, en revanche, Lily va effectivement revivre, je te laisse voir comment. :D
Lena-malefoy : Mdr pourquoi veut-on qu'on change ton « voldy d'amour » ? (ou plutôt face de serpent, même s'il aurait besoin de quelques opérations de chirurgie esthétique, peut-être l'objet d'une prochaine fic :p ). Quant au médaillon, c'est ma propriété un point, c'est tout (et tu ne sauras rien de « mes rêves les plus fous lol) ;) . Je note quand même de penser à faire souffrir Drago pour les prochains chapitres (à ton plus grand plaisir :p ). Génialissime, c'est un mot que j'aime bien, je t'autorise à le sortir plus souvent. :p T'en fais pas pour Gabe, il est costaud, mais tu verras qu'il n'est pas totalement invincible non plus (même s'il est infiniment plus fort que Malefoy :p ). Pour le visiteur de Rogue, tu vas le savoir en commençant la lecture de ce chapitre, ça devrait te plaisir niveau sentimental. :D Pour nos héros habituels, tu les verras un peu dans ce chapitre mais surtout dans le prochain. ;)
Merci encore de toutes vos reviews, j'apprécie vraiment de les lire et c'est en partie ce qui m'encourage à continuer cette fiction (parfois, on se demande si l'histoire plait toujours et c'est sympa de voir des gens qui donnent leur avis).
Ce chapitre est un préambule aux débuts de l'A.D. dans le service actif, d'où le titre assez éloquent. J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture !
Chapitre 18 : L'Armée se met en marche
La pluie tombait averse en cette nuit là, mais Severus Rogue semblait ne même plus la remarquer. Cela faisait près d'une minute qu'il avait ouvert la porte et fait quelques pas vers sa visiteuse. Le mangemort était à présent trempé jusqu'aux os mais il s'en moquait éperdument.
S'arrêtant à un mètre de la personne qui avait frappé à sa porte, il prit un long moment à la regarder. Elle portait une robe de sorcier vert sombre, ainsi qu'une cape noire, toutes deux trempées.
Ses longs cheveux roux étaient également mouillés, et l'eau ruisselait sur son visage, ne cachant pourtant pas ses yeux émeraude qui le fixaient. L'ancien professeur leva lentement sa main et l'approcha légèrement de la jeune femme. Sa main tremblait, et il n'arrivait pas à la poser sur cette peau douce qu'il arrivait presque à sentir.
Remarquant son trouble, elle esquissa un léger sourire et avança sa main, la posant sur la joue du sorcier. Ce dernier eut un léger geste de recul, alors que ses yeux prenaient une expression stupéfaite.
Ainsi donc, il n'avait pas rêvé, ce n'était pas une illusion de plus comme celles qu'il voyait dans ses rêves ? Il sentait le contact de sa paume, chaude et douce, contre sa joue froide.
Elle ressemblait trait pour trait à celle qu'elle était seize ans plus tôt. Le temps s'était arrêté pour la jeune femme de vingt-et-un ans qui se trouvait devant lui, tout comme son sourire à la fois triste et bienveillant qui flottait sur ses lèvres
-C'est impossible…Aucun sortilège ne peut ramener les morts à la vie…
-Ni aucune potion, c'est vrai. Pourtant, je suis devant toi, en chair et en os, Severus…
Quelle impression étrange…Pensa-t-il. Sa raison et sa logique l'exhortaient de dégainer sa baguette et de découvrir qui était cet imposteur…mais sa main refusait obstinément de bouger, parce qu'une partie de lui savait qu'il s'agissait bien d'elle et de personne d'autre.
Après tous les efforts accomplis pendant près de vingt ans à faire disparaître cette partie de son être qui le rendait si faible, voilà que toutes les barrières si durement érigées, s'effondraient les unes après les autres…
Oui, elle était la seule personne sur cette Terre capable de faire ressortir son humanité, et le cœur qui battait dans sa poitrine.
-J'ai beaucoup de choses à te dire, Severus, mais pouvons-nous le faire à l'intérieur ?
Sursautant en entendant sa voix mélodieuse, il s'écarta précipitamment, la laissant pénétrer dans sa demeure. Alors qu'il tenait la poignée en main, il se surprit à penser que pour la première fois depuis longtemps, il sentait son cœur battre à tout rompre, à tel point qu'il se rappela de son existence.
Se dirigeant vers le salon, il la trouva en train de retirer sa cape, avant de s'asseoir sur le vieux canapé. Rogue resta debout, il avait tellement de questions à lui poser qu'il était incapable de penser à autre chose.
-Tu as beaucoup de questions à me poser, j'imagine. Et je pense que la première d'entre elles…
-Comment es-tu revenue d'entre les morts, Lily ?
Il avait posé la question d'un ton vif, mais dénué d'hostilité. Il y avait même quelque chose d'affectueux dans la manière dont il avait prononcé son prénom.
-C'est de l'ancienne magie, très ancienne…Depuis le jour de sa naissance, je savais qu'Harry serait l'héritier de Griffondor.
-Evidemment, son père est issu d'une des plus vieilles familles de sang pur…la plupart des Potter ont toujours été à Griffondor, ton mari s'en est d'ailleurs assez vanté…
Malgré le ton dédaigneux qu'avait employé Rogue pour parler de James, la jeune femme ne lui en avait pas tenu rigueur. Non, comme à chaque fois, elle lui adressait ce même regard chargé d'attention et de compréhension.
-Tu te trompes, Severus…
-Comment cela ? Répliqua le Serpentard, qui ne voyait pas la faille dans son explication.
-James n'est pas un descendant de Godric Griffondor. C'est mon sang qui fait d'Harry son héritier.
Le maître des potions resta sans voix pendant un instant, son esprit réfléchissant à toute vitesse. C'était parfaitement impossible, Lily avait des parents moldus alors comment pouvait-elle descendre d'un des fondateurs de Poudlard, qui avait vécu près de dix siècles plus tôt ?!
-Excellente question, Severus. Remarqua-t-elle en élargissant son sourire.
Comprenant le sens caché des paroles de la jeune femme, Rogue grimaça. A part Lord Voldemort, il ne connaissait aucun legilimens qui soit aussi doué que Lily Evans, c'est d'ailleurs bien pour ça qu'il avait étudié l'occlumencie aussi assidument et était devenu un maître dans ce domaine. Dans sa jeunesse, il nourrissait l'espoir de cacher à sa meilleure amie ses pensées les plus sombres, mais jamais il n'avait réussi.
C'était quand même un comble d'arriver à cacher ses véritables pensées à de grands sorciers comme Voldemort et Dumbledore, mais d'en être incapable face à une jeune sorcière d'ascendance moldue…
-Mes parents étaient moldus, tout comme mes grands-parents et mes arrière-grands parents avant eux, Severus. Mon plus lointain ancêtre sorcier remonte à environ trois siècles, et c'était du côté de ma mère.
-Je ne comprends pas…
-C'est pourtant simple. A l'époque, c'était une honte pour une famille de sorciers d'avoir une descendance dépourvue de pouvoirs magiques. C'est pourquoi les enfants dénués de talents pour la magie étaient placés dans des orphelinats moldus, et oubliés…
-Tu veux dire que pendant des générations, ta famille n'a comporté que des cracmols ?
-Cela peut te paraître invraisemblable mais c'est la vérité. Dumbledore me l'avait révélé peu avant la naissance d'Harry. Cela faisait des années qu'il guettait l'apparition d'un sorcier dans ma famille, et il n'a pas été déçu.
Rogue serra les poings. Ainsi donc, Dumbledore avait été au courant du passé sorcier de la famille de Lily et il ne lui en avait rien dit. Un puissant sentiment de colère l'envahit à l'égard du vieil homme, auquel il avait pourtant été fidèle et loyal jusqu'à son dernier souffle.
C'est alors qu'il sentit le bras de Lily se poser sur le sien. Lorsqu'il releva la tête, son regard croisa les yeux verts de la jeune femme. Il avait toujours aimé contempler ses yeux, ayant toujours l'envie d'y découvrir le secret de cette pureté et cette gentillesse qui la caractérisaient.
-Ne lui en veux pas, Severus. C'était un homme tourmenté, il a fait du mieux qu'il pouvait.
-Je…Lily, je suis…
-Chut.
Elle avait posé son index sur ses lèvres, continuant à lui adresser son sourire. Son sourire était plus mélancolique qu'autrefois mais il ne faisait que renforcer la beauté naturelle qui était la sienne. Cela lui rappelait l'époque où ils étaient si proches, l'époque la plus heureuse de sa vie aussi loin qu'il se souvienne…
Lily se pencha légèrement vers lui, suffisamment près pour lui murmurer à l'oreille.
-Tu t'es suffisamment torturé comme ça. Si je suis revenue, c'est pour deux raisons. La première, c'est pour venir en aide à mon fils dans la quête périlleuse qui l'attend. Quant à la seconde…
Elle s'écarta légèrement de lui, de telle sorte que leurs regards se croisent à nouveau. Ensorcelé par son regard, le maître des potions était littéralement pendu à ses lèvres, attendant qu'elle lui révèle l'autre raison.
-…je suis revenue pour rattraper les erreurs du passé, en venant en aide à celui qui n'a jamais cessé d'être mon meilleur ami.
Et sur ces derniers mots, elle le serra contre lui, posant sa tête contre le torse du mangemort. Ce dernier la prit maladroitement dans ses bras alors que son visage exprimait un profond égarement. Son cœur était en proie à des sentiments qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps : l'étonnement, le soulagement, la joie et…quelque chose qui ressemblait bien à du bonheur.
Tout en pensant à cela, une larme s'écoula lentement le long de sa joue. La première larme qu'il avait versé en seize ans…
Il leur fallut quelques instants avant de se séparer, le professeur ayant rapidement fait disparaître la preuve de son émotion. Lily jeta un regard vers l'ensemble des livres, se rappelant elle aussi de vieux souvenirs.
Elle finit par se retourner vers lui, ses yeux verts brûlant d'une détermination sans failles.
-Je vais avoir besoin de ton aide, Severus, ainsi que du poignard de Poufsouffle que je t'avais confié.
-Pourquoi le poignard ? Demanda Rogue, légèrement surpris.
-Parce que tout comme moi qui suis revenue à la vie, le Guide de l'héritier de Poufsouffle se réveillera ce soir…
Harry fut parmi les derniers à arriver à la Salle sur Demande, accompagné par Drago, Ron et Hermione. Le jeune Potter ne put s'empêcher d'être surpris en constatant que tous les membres de l'A.D avaient répondu à l'appel, ça le changeait par rapport à sa cinquième année…
Mettant ses souvenirs douloureux de côté, le Survivant s'avança au milieu du groupe, jetant un regard circulaire autour de lui. Parmi les « anciens », Ginny, Neville et Luna lui adressaient un regard décidé, ils avaient sûrement été parmi les premiers à arriver.
Le jeune Potter attarda ensuite son regard sur la jeune femme se tenant aux côtés de Neville. Tracey Davis...une Serpentard de septième année qui les avait rejoint peu de temps auparavant. Elle était très douée dans les sortilèges offensifs et pour une raison étrange, elle s'entendait bien avec le jeune Londubat. En fait, ils se complétaient, car Neville était quasiment devenu un expert en sortilèges de défense, et le plus rapide à apprendre le sortilège « Defensio Circulus ».
L'adolescente avait appris à se défendre suite aux attaques répétées de Pansy Parkinson et ses « amies », notamment parce qu'elle était une sang-mêlé. Elle était de ce fait devenue amie avec les sœurs Greengrass, qui la soutenaient face aux autres Serpentards.
Sortant de ses pensées, Harry fit apparaître une table, table sur laquelle Hermione déposa un sac de toile. Il se décida ensuite à prendre la parole.
-Ce soir, l'A.D. effectuera sa première action importante et particulièrement urgente. Voldemort prévoit d'attaquer nos familles, ainsi que celles des membres de l'Ordre. L'Ordre est déjà au courant mais ils ne pourront protéger tout le monde. C'est pourquoi nous allons nous-mêmes secourir nos familles et les amener en lieu sûr.
-Peut-on savoir quel sera l'endroit en question ? Car je ne pense pas qu'on puisse les accueillir à Poudlard…
Harry se tourna vers Seamus, établissant le contact visuel. Dans un autre contexte, il l'aurait seulement interrogé mais le temps jouait contre eux, c'est pourquoi il lut directement dans son esprit. Le Griffondor était inquiet pour ses parents, sa mère était certes une sorcière mais son père était moldu, ce qui en faisait une cible de choix pour les mangemorts.
-Contrairement à ce que tu penses, ils viendront à Poudlard. Il y existe une salle spéciale ou le temps et l'espace sont légèrement différents, le temps s'y écoule plus rapidement à l'intérieur. Ça devrait nous donner le temps nécessaire pour leur trouver un autre refuge.
-Comment allons-nous quitter Poudlard ? Le transplanage y est impossible, et je ne pense pas que les professeurs nous laisseront sortir facilement…
Harry sourit devant la question pertinente de Neville. Il prit le sac de toile posé devant eux et en sortit une douzaine d'objets, assez divers, allant d'une théière cassée à un souafle.
-Excellente question, Neville. C'est là que les rares idées brillantes de Drago, alliées au talent d'Hermione, nous donnent ceci. Ce sont des portoloins, ensorcelés chacun pour mener au domicile d'une de nos familles. Pour plus d'efficacité, nous allons nous diviser en quatre groupes, avec respectivement deux équipes de cinq membres et deux équipes de six membres.
Le jeune Potter accentua son sourire en coin en voyant le regard mécontent que lui avait adressé Malefoy, suite à sa remarque. C'est d'ailleurs vers lui qu'il se tourna en reprenant la parole.
-Drago commandera le premier groupe, constitué de Padma, Parvati, Michael et Dean. Vous aurez à votre charge les familles Patil, Corner et Thomas.
-Attends Harry ! Pourquoi je suis dans le groupe de Malefoy ?!
Le commentaire venait évidemment de Dean Thomas, qui ne manquait pas une occasion de se faire remarquer. Comprenant que l'ignorer serait une erreur, le jeune Potter décida de lui répondre le plus clairement possible.
-Dean, l'A.D n'est pas une association de gamins. Nous sommes un groupe qui nécessite de la discipline et une certaine humilité. Si tu es incapable de travailler avec des gens sous prétexte que tu ne les apprécies pas, tu ferais mieux de nous quitter sur le champ.
Dean frémit en entendant ses paroles. Il aurait voulu répondre mais le regard émeraude du Survivant était si perçant qu'il ne trouvait rien à lui répondre. Il ravala donc sa fierté, alors que Drago était resté impassible.
Il y eut un échange de regards entre le Serpentard et le Griffondor, et Harry put lire dans ses yeux gris acier tout ce que cette responsabilité représentait pour lui. C'est pourquoi il fut heureux de voir Malefoy acquiescer d'un geste imperceptible de la tête.
-Je serai à la tête du second groupe. Hannah, Seamus, Lavande et Ginny m'accompagneront. Nous nous occuperons des familles Finnigan, Brown et Dursley.
-Dursley ? De qui s'agit-il ?
Lassé d'être interrompu, Harry se tourna cette fois-ci vers Ernie Macmillian. Le préfet de Poufsouffle était sympathique mais pouvait s'avérer très pesant dans certaines situations…
-C'est la famille de ma tante, ce sont les moldus qui m'ont élevé.
« Elevé » n'était peut-être pas le mot juste mais c'était le seul mot neutre qu'il avait eu à l'esprit, laissant de côté le fait qu'il avait été maltraité, insulté, exploité et quasiment renié par eux.
Ernie s'excusa de l'avoir interrompu et se mit légèrement en retrait, s'étant rendu compte de l'agacement du Griffondor.
-Hermione dirigera le troisième groupe, qui sera constitué de Ron, Colin, Dennis, Luna et Susan. Vous irez chercher les familles Granger, Crivey et Lovegood.
Harry croisa le regard d'Hermione. Il pouvait lire dans ses yeux qu'elle comprenait son choix de les séparer et qu'il ne faisait pas ça de gaité de cœur mais le jeune Potter savait qu'elle serait bien épaulée par Ron et Luna. D'autant plus que les frères Crivey avaient mis au point une défense pour le moins efficace en combinant leurs talents.
-Enfin, le dernier groupe sera commandé par Neville, et sera composé de Terry, Ernie, Tracey, Daphné et Astoria. Vous devrez prendre en charge les familles Londubat, Boot et Macmillan.
-Hmm, ne serait-ce pas mieux approprié comme chef, puisque j'ai de l'expérience en tant que préfet ? L'interrogea à nouveau Ernie.
Harry sentait sa patience se réduire comme peau de chagrin. Alors qu'il allait lui répondre une réplique bien sentie, Ginny le devança, s'adressant au Poufsouffle d'un ton glacial.
-Non, Ernie, tu n'es pas plus « approprié ». Neville fait partie des rares membres de l'A.D. qui ont accompagné Harry dans le Département des Mystères et il a déjà montré qu'il était capable de se battre contre des mangemorts. Au vu de son expérience dans ce domaine, il mérite cette responsabilité.
Macmillan resta sans voix devant la réplique cinglante de la jeune Weasley. Il pensa un instant à répondre mais le regard chargé de colère de la Griffondor l'en dissuada.
De son côté, Neville esquissa un sourire gêné et lui adressa un remerciement à voix basse. Mais le jeune Londubat sentit alors une main ferme se poser sur son épaule. Se retournant, il se rendit compte qu'il s'agissait de Malefoy.
-Je peux te parler deux minutes ? Demanda Drago.
-Euh, bien sûr.
Ils s'éloignèrent un peu du groupe, Neville s'interrogeant sur ce que lui voulait le Serpentard. Ils ne s'étaient jamais bien entendus mais depuis qu'Harry l'avait fait venir dans l'A.D, le jeune Londubat essayait de se montrer le plus cordial possible à son égard.
-Ecoute Londubat, Harry sait sûrement ce qu'il fait en te plaçant à la tête d'un groupe, et comme l'a rappelé Weasley, tu t'y connais assez en combat contre les mangemorts.
Malefoy avait l'air visiblement mal à l'aise, ce qui était particulièrement rare, surtout quand il s'adressait à Neville. Voyant son embarras, le Griffondor décida de lui faciliter un peu la tâche.
-Je sais qu'on ne se connaît pas très bien mais si tu as besoin d'un service, n'hésite pas. On est dans le même camp et ça fait un moment que tu nous entraînes avec Harry alors je te dois bien ça.
Le Serpentard resta un instant interloqué par la réplique de Londubat avant d'esquiver par son habituel sourire malicieux. Finalement, il s'était peut-être inquiété pour rien.
-Je voudrais que tu gardes un œil sur Astoria, et sa sœur Daphné. Je…je tiens beaucoup à Astoria alors protège-la, s'il te plaît.
Malefoy avait parlé très vite, préférant déclamer d'un seul coup sa requête au Griffondor. S'attendant à le voir éclater de rire, Drago fut étonné de voir Londubat prendre un air sérieux avant d'acquiescer de la tête.
-Je ferai mon possible pour les protéger. De toutes manières, c'était mon intention en tant que responsable. Tu peux compter sur moi.
-Je n'en doutais pas. Répliqua Drago de son sourire moqueur.
C'est alors que Neville esquissa un geste qui lui était étranger. Le jeune homme venait de lui tendre la main, d'un geste amical. Peu habitué à ces marques d'amitié, Malefoy la serra avec conviction, avant de lui asséner une claque dans le dos, le faisant hoqueter.
-Ça, c'est pour que tu n'oublies pas ta promesse, Londubat.
Tous se rassemblèrent ensuite selon leurs groupes, les chefs prenant chacun un sac contenant deux portoloins, et le troisième posé sur la table. Harry leur fit face une dernière fois, le regard déterminé.
-Ce que nous allons faire ce soir n'est pas un simple exercice. Il est probable que nous tombions nez à nez avec des mangemorts venus accomplir leur sale besogne. Si vous n'avez pas d'autre choix, combattez-les, mais si Voldemort fait partie du lot, vous devrez fuir à tout prix.
Il avait aperçu quelques murmures mécontents, venant pour la plupart de Michael Corner et Dean Thomas, qui parlaient entre eux à voix basse. Ayant recours à la légilimancie, le jeune Potter sut qu'ils avaient envie de se mesurer au mage noir.
Harry s'écarta donc du reste du groupe, se dirigeant vers eux. Ils ne le virent même pas dégainer sa baguette, la pointant sur Michael. Au moment où ce dernier s'en aperçut, il lui adressa un regard surpris.
-Ha…Harry, qu'est-ce que tu fais ?
-Je te montre à toi, et à Dean, que même moi j'aurais eu plus d'une dizaine d'occasions de vous affliger le sortilège de mort. Franchement, vous croyez être de taille face à Voldemort ?
-Si toi, tu as pu lui en réchapper à quatorze ans, pourquoi nous en serions incapables ?! S'exclama Dean, en colère.
Harry lui adressa alors un regard si noir que le Griffondor recula instinctivement d'un pas. On aurait dît qu'une aura de puissance se dégageait du Survivant, si intense qu'elle était presque perceptible.
-Je vais peut-être vous rappeler que tout ne s'est pas bien passé cette nuit-là. Et que si moi j'ai eu la chance d'en revenir vivant, bien que gravement blessé, Cedric Diggory n'a pas eu cette chance alors qu'il était bien plus aguerri que vous deux réunis.
A l'évocation de l'ancien champion mort face au mage noir, les deux garçons baissèrent la tête. Parfois, Harry se demandait vraiment ce qu'ils faisaient au sein de l'A.D, on aurait juste dit deux gamins avides de sensations fortes…
Mais il avait besoin de partisans et malgré tous leurs défauts, ces deux là étaient assez doués en Défense contre les Forces du Mal.
Rejoignant son groupe, Harry leur donna un dernier conseil.
-N'oubliez pas, utilisez n'importe quel sortilège qui puisse vous sauver la vie, même les impardonnables s'il le faut mais je veux que vous reveniez tous en vie, est-ce que c'est clair ?!
Tous répondirent par l'affirmative avant que les différents groupes ne se réunissent autour du portoloin qui leur correspondait. Harry échangea un dernier regard avec Hermione, lui souhaitant mentalement bonne chance. Il sentit ensuite la main de Ginny se poser sur son bras, l'incitant à toucher le portoloin.
-…et vous deux, vous avez intérêt à prendre au pied de la lettre les avertissements de Potter où je vous ferais passer l'envie de rire !
Les paroles de Drago envers Michael Corner et Dean Thomas furent les dernières choses qu'entendit Harry avant de toucher le portoloin. La pièce commença à tourner autour de lui, avant de se fondre dans une masse colorée indistincte. Tout ce qu'il sentait, c'était la main de Ginny agrippée à son bras.
La nuit allait être longue pour l'Armée de Dumbledore…
-Je ne m'attendais pas à te voir de retour si tôt, Gabriel…
Le professeur prit conscience qu'il était de nouveau dans le bureau du directeur, ou plutôt la projection de son esprit ressemblant à cette pièce, puisqu'une silhouette familière se trouvait assise face à lui.
-Encore vous…Maugréa-t-il en se relevant.
L'ancien Auror savait que ce n'était pas réel pourtant même dans son esprit, il se sentait étrangement fatigué. Incapable de rester debout plus longtemps, il s'effondra littéralement sur la chaise en face du fauteuil de directeur.
Le Gardien l'observa un moment, une expression toujours indéchiffrable sur la partie de son visage visible. Gabriel se demandait pourquoi il n'enlevait pas ce maudit capuchon, au moins il aurait l'occasion de le regarder dans les yeux…
-La légilimencie ne te serait d'aucun recours avec moi, je le crains…quant à mon visage, il ne t'apporterait que davantage de questions.
-Pourquoi suis-je ici ? Articula Dumbledore.
-Oh…peut-être parce que tu as reçu un sortilège de mort et donc puisé une énergie considérable, à la fois dans ton propre corps et dans la Source. Te voilà bien affaibli à présent…
Le ton cynique du Gardien n'était pas pour plaire au Griffondor. Certes, il avait fait une erreur en ne réussissant pas à éviter l'Avada Kedavra mais ce n'était pas une raison pour se moquer de lui comme ça.
-Non, plus sérieusement, sache que ta petite action a eu ses conséquences. En puisant autant d'énergie dans la source, augmentant ainsi le pouvoir de ton médaillon et tes propres pouvoirs, tu as enclenché la prochaine partie du processus…
-Du processus ? Mais de quoi vous parlez ?
-Les trois Guides vont bientôt aller trouver les héritiers, celui du Griffondor est déjà revenu. Celui de Poufsouffle se réveillera sûrement ce soir…En revanche, cela prendra un peu plus de temps pour celui de Serdaigle.
-Les Guides ? Je n'étais pas au courant de ça…
-Cela ne m'étonne guère…mais tu as plus urgent à faire.
Le Gardien se leva et l'environnement changea tout autour d'eux. Du bureau de Dumbledore, ils arrivèrent dans un petit village que Gabriel reconnut sans peine, notamment en apercevant Zonko, le magasin de farces et attrapes, et Les Trois Balais.
-Qu'est-ce qu'on fait à Pré-au-Lard ? Demanda le Séraphin sans préambule.
-Et moi qui croyais que tu avais l'esprit vif…Albus t'a contacté dans une vision il y a peu de temps, pour te demander de trouver le Grimoire des illusions.
-Et bien sûr, vous allez me dire qu'un ouvrage aussi précieux se trouve chez un petit paysan dans cette bourgade ?
Gabriel avait à peine contenu l'ironie dans sa voix mais à sa grande surprise, le Gardien n'avait pas bronché, se contentant d'élargir son sourire cynique.
-Contrairement à ce que tu penses, il n'y a pas que des « paysans » qui habitent ce village. Et puis, aurais-tu oublié que tu n'es pas tout à fait le dernier Dumbledore encore vivant sur cette terre ?
Un frisson parcourut le jeune homme en réalisant ce que le Gardien essayait de lui dire. En y repensant, ceux qu'ils considéraient comme sa famille proche, c'est-à-dire ses parents, ses grands-parents avaient trouvé la mort de nombreuses années plus tôt, et son arrière-grand-père, Albus, était lui-même décédé deux mois auparavant. Mais il restait le frère de ce dernier, Abelforth, que Gabriel n'avait jamais vu. Et pour cause, d'après Albus, il ne voulait voir ni son frère ni ses descendants…
-Vous êtes en train de me dire que c'est Abelforth qui est en possession du grimoire ?
-Hmm…encore une fois, tu es très lent à la détente mais oui. J'ajouterais même que ça fait près d'un siècle qu'il est en sa possession, mais il refusait catégoriquement qu'Albus l'ait.
-Alors pourquoi me le laisserait-il voir à moi ?
Sans répondre, le Gardien changea à nouveau le décor, les amenant dans le jardin de Poudlard. Face à lui, Gabriel reconnut sans peine la tombe blanche où reposait son grand-père et il sentit la tristesse l'envahir en repensant aux circonstances de sa mort.
-Tu es la dernière famille qui lui reste et tu es un puissant sorcier. Prouve-lui ta valeur et je suis sûr qu'il te le donnera, au moins en mémoire de son frère…
Le jeune Dumbledore acquiesça de la tête mais son regard restait fixé sur la tombe, incapable de détourner son regard. Un flot de souvenirs l'assaillit, après tout c'était lui qui l'avait élevé, qui lui avait donné le goût des études et des loisirs.
Pour le monde sorcier, Albus Dumbledore était un grand sorcier, le plus grand directeur que Poudlard ait jamais eu mais pour lui, il était son plus proche parent, celui qui lui racontait une histoire le soir pour lui faire oublier ses mauvais rêves…
-J'ai un dernier avertissement à te donner.
Le Séraphin daigna enfin se retourner vers lui, ayant remarqué le ton grave employé par le Gardien.
-Tu as déjà reçu trois fois le sortilège de mort, la première fois quand tu étais enfant, la seconde il ya deux mois et la dernière aujourd'hui. A chaque fois, tes pouvoirs ont augmenté, c'est pourquoi tu es aujourd'hui presque aussi puissant qu'Albus au summum de son pouvoir. Toutefois, je t'avertis, ton corps ne supportera pas une telle augmentation de pouvoir indéfiniment.
-Que voulez-vous dire ? L'interrogea Gabriel, légèrement inquiet.
-Si tu devais recevoir le sortilège de mort plus de deux fois, cela reviendrait à t'accaparer presque la totalité de la magie de la source. Or, aucun sorcier ne peut supporter cela et tu mourrais au bout de quelques instants, consumé par un tel pouvoir.
-Je comprends…merci de vos conseils.
-Tâche de les suivre pour une fois. Au revoir, Gabriel Allen William Dumbledore.
Gabriel ouvrit lentement les yeux, contemplant le toit de l'infirmerie. Cherchant à bouger un bras, il se rendit compte que la fatigue qu'il avait ressentie dans sa vision n'était rien en comparaison de l'état dans lequel il se trouvait dans la réalité.
Le moindre mouvement lui paraissait douloureux et c'est à peine s'il était capable de rester conscient. Fort heureusement, il avait un visiteur qui le regardait d'un air inquiet, mais qui pourrait rapidement le remettre d'aplomb.
-Merci…d'être venu me voir…Fumseck…
Le phénix se rapprocha de lui, se posant doucement sur la table de chevet. Le Séraphin avait toujours adoré l'oiseau de feu, et pas seulement à cause de ses pouvoirs.
Non, aussi loin qu'il se souvenait, Fumseck avait été son premier compagnon. Bien supérieur à tous les autres animaux de compagnie, le phénix semblait parfaitement le comprendre lorsqu'il se confiait à lui, étant enfant. L'oiseau passait parfois des après-midi entières avec lui, le laissant caresser son bec et ses plumes.
Gabriel tendit alors une main vers lui, alors que le phénix s'élevait doucement dans les airs, étincelant d'une lueur rougeâtre.
-Je te fais confiance, Fumseck…
C'est alors que des flammes se mirent à jaillir de l'oiseau de feu, se transmettant au sorcier par sa paume levée. Petit à petit, une aura pourpre apparut autour de Gabriel, dont le visage était maintenant dépeint d'une grande sérénité.
Le processus dura plusieurs minutes, au terme desquelles Fumseck se posa à nouveau à côté du sorcier. L'aura disparut et Gabriel rouvrit les yeux, rempli d'une énergie nouvelle.
-Si je devais me réincarner dans un animal, je voudrais vraiment que ce soit un phénix…S'exclama-t-il d'une voix paisible.
Il se leva d'un bond, attrapant sa robe de sorcier et sa baguette. Une fois habillé, il constata qu'il lui manquait quelque chose…quelque chose de primordial dont il ne se séparait jamais mais dont il n'arrivait pas à se rappeler.
C'est alors que l'objet en question lui revint en mémoire avec une telle netteté qu'il en cligna des yeux, le visage effaré.
-L'épée de Griffondor ! Mais où est-elle passée ?!
Laissant un instant l'objet de côté, une préoccupation encore plus grave s'insinua dans son esprit. Il ne ressentait plus les présences de Drago et Harry dans le château, or il était certain qu'ils étaient vivants et en bonne santé avant qu'il ne perde connaissance.
Une colère soudaine l'envahit alors qu'il faisait le lien entre la disparition de l'épée et des adolescents.
-Mais quels imbéciles ! Ne leur ai-je donc rien appris pendant leur entraînement pour qu'ils fassent des erreurs aussi stupides ?!!
L'ancien Auror se tourna alors vers Fumseck, qui l'observait de ses yeux scintillants. Il n'y avait rien à dire, l'oiseau avait compris le message instantanément, s'envolant au dessus de Gabriel avant de redescendre vers lui.
-Emmène-moi où se trouve Harry Potter.
Et il attrapa la longue queue dorée de Fumseck, avant qu'un éclair enflammé n'éblouisse la pièce. Lorsque la lumière se dissipa, le sorcier et le phénix avaient tous deux disparu de la pièce.
