Wilfrid54 : Content que le dernier chapitre t'ait plu. C'est vrai que j'avais mis pas mal d'action dedans mais j'avais prévenu au préalable. Lol Tu vas avoir la fin de l'affrontement Malefoy ici mais ce n'est qu'un prélude donc ne t'attends pas à de l'exceptionnel, pas encore tout du moins. Pour Serena, elle va bientôt reprendre un rôle actif mais peut-être pas de la manière dont tu l'imagines. Pour la malédiction de Voldy, je laisse ça en suspens jusqu'au prochain chapitre, il faut laisser les choses décanter un peu… ;) Pour la réaction d'Harry, tu vas l'avoir tout de suite, en revanche ! Désolé pour l'attente quand même.
Saika Garner : En effet, c'était une petite ébauche mais je ne voulais pas d'un « duel à mort », pas tout de suite du moins. Tu vas bientôt voir un autre duel entre elles mais sur un autre plan. Pour le retour de Lily, tu as raison d'être suspicieuse, et tu auras un début de réponse dans ce chapitre ! :D
Delseroasn : Je reconnais que la différence de niveau entre Voldy et Harry est à peu près de la profondeur de la faille de San Andreas…mais rien n'est impossible ! Pour le « comment », je laisse ça de côté pour un petit moment mais je te dirais juste que ça prendra un peu de temps. ;) Ne sois pas si sûr de toi concernant sa mère, tu pourras avoir des surprises. :D Notre pauvre Voldy a enduré pas mal de malédictions c'est vrai, mais tu connais le proverbe : « quand on aime, on ne compte pas » lol.
Harmonyforever07 : Content que tu aies adoré. Les combats étaient le petit moment fort de cette partie. Pour Harry et Ginny, mon objectif n'est pas « de la remettre ensemble ». Mdr Mais j'ai déjà dit que cette chère Weasley était du genre à s'accrocher donc ne pense pas qu'elle va lâcher prise. Et puis, qui sait, les circonstances vont peut-être lui être favorables… :p (désolé mais je ne suis pas très réceptif aux menaces Mdr). Et non, je n'ai pas abandonné ma fic, juste laissé un petit moment, bon d'accord un long moment en stand by à cause des exams.
Naruto194 : Désolé pour l'attente, je suppose que là, ça a dû vraiment te faire très long. Lol En effet, la réaction d'Harry sera plutôt imprévisible, si toutefois on lui laisse le temps de réagir. Pour les membres de l'Ordre, je les laisse en dehors de ça pour le moment. Drago devra s'en sortir seul avec son équipe. ;)
Eldar-Melda : Désolé si ce chapitre t'a déçu. Il est vrai que j'ai plutôt tendance à pousser mes personnages dans leurs retranchements mais je ne pense pas pouvoir écrire sans montrer leurs réactions dans les moments de doute et de douleur. Les affrontements sont parfaits pour montrer leur réaction face à l'imprévu, au danger et à la peur. Je comprendrais néanmoins si tu ne lisais plus cette fic car c'est quelque chose que certains lecteurs n'apprécient pas.
Lena-malefoy : En effet, j'ai les yeux révolver mais je m'abstiendrais de te tuer pour cette fois (mais que cela ne se reproduise pas :p ). Je suis en revanche un peu surpris que tu fasses des infidélités à ce cher Drago, mais peut-être as-tu abandonné l'idée même de le conquérir, après tout. :p Quant au jour où tu viendras en France (je devrais même employer le conditionnel pour souligner le côté très invraisemblable de la chose…lol), je ne pense pas avoir peur d'une petite Serpentarde qui s'avoue vaincue dans les fouines… (en l'occurrence, la fouine fait référence à un certain blondinet pleurnichard auquel j'essaie de redonner un peu de tripes dans cette fic :p). Je crains donc que tu ne puisses rien faire ni contre moi et encore moins contre Ginny mdr . Pour les garçons, tu ne devrais pas trop les sous-estimer, qui sait ce qu'ils peuvent faire. Pour Drago, ex-« amour de ta vie », je crains que tu lui aies brisé le cœur et qu'il faille donc que je le fasse consoler par quelques filles de Serpentard. Malheureusement pour toi, Serena ne mourra pas dans ce chapitre, peut-être plus tard…Quant à Gaby, t'en fais pas pour lui, il récupère vite. ;) Et il n'est pas débile non plus, juste si intelligent que tu ne comprends pas sa logique (Griffondor : 1 –Serpentard : 0) :p Je finirais en disant que tu auras des nouvelles d'Hermione à la fin de ce chapitre. ;)
Désolé pour la très longue attente mais avec mes exams, j'avoue avoir eu très peu de temps pour ma fic. Les ayant terminé lundi, je pense reprendre au temps de publication habituel, c'est à dire environ 2 chapitres pas semaine. La longueur sera variable mais pas trop courte normalement.
Je m'excuse encore pour le délai mais je préférais attendre un peu que de vous livrer un chapitre qui pourrait vous décevoir. Or, je pense que ce ne sera pas le cas de celui-ci, ou en tout cas je l'espère. Bonne lecture à tous, ;)
Chapitre 21 : Désillusion et enlèvement
Harry ne savait pas comment réagir, son cerveau refusait obstinément de fonctionner, comme s'il était bloqué par une information impossible à enregistrer. Lily Potter, sa mère, celle qui avait tout sacrifié pour lui permettre de vivre, se tenait debout à quelques mètres de lui, belle et bien vivante alors qu'elle était censée être morte seize ans auparavant.
Incapable de prononcer le moindre mot, son regard était fixé sur les yeux émeraude de Lily. Jamais avant ce jour-là il n'avait compris à quel point les gens avaient raison lorsqu'ils disaient qu'il avait les yeux de sa mère. Ce même vert brillant, comme constellé d'étoiles, scintillait dans les pupilles de la jeune femme d'une telle manière qu'il s'en sentait complètement hypnotisé.
-Harry… Murmura-t-elle, ouvrant ses bras pour l'inciter à s'approcher.
Les jambes tremblantes, il était sur le point de faire un pas en avant lorsqu'il sentit une main se poser fermement sur son épaule. Tournant promptement la tête, il s'aperçut que c'était Gabriel qui se trouvait à côté de lui, campé sur ses deux jambes comme si rien ne s'était passé.
Le jeune Potter remarqua également la présence de Fumseck sur son épaule, l'oiseau de feu semblant irradier de puissance et son aura se transmettait lentement au professeur dont le regard était plus que déterminé.
Malgré les cernes sous ses yeux et son visage livide, Gabriel n'avait plus rien du sorcier à moitié mort qu'il avait retenu de tomber quelques minutes auparavant. Au contraire, on aurait dit qu'il venait de…renaître de ses cendres.
-Ne t'approche pas d'elle, Harry.
-Mais…c'est ma…ma mère, Gabriel, je…
Voyant l'embarras et le trouble de son élève, le professeur secoua tristement la tête en signe de dénégation. Il leva sa main, à présent guérie, et fit venir l'épée de Griffondor jusqu'à lui sans dire un mot. Si Lily fut surprise par ce geste, elle ne le montra pas le moins du monde.
-Ce n'est pas ta mère, Harry. Même si elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau, même si elle a le même ADN et les mêmes souvenirs…cette femme n'est pas et ne sera jamais ta mère.
Cette révélation choqua profondément le jeune homme, le perturbant encore davantage, mais il ne fut pas seul dans ce cas. Le visage de Rogue, au teint déjà cireux, semblait avoir pâli davantage et son expression figée témoignait du conflit intérieur qui se livrait dans son esprit, pour savoir si le jeune Dumbledore disait oui ou non la vérité. Une voix passablement en colère le tira de ses pensées.
-C'est faux ! Je suis sa mère et vous n'avez aucun droit de dire le contraire ! Si ce n'était pas le cas, comment pourrais-je me souvenir de tout ce qui s'est passé de mon vivant ? Comment pourrais-je utiliser l'épée de Griffondor si je n'étais pas issue de sa lignée ?!
La réaction de Gabriel ne fut pas aussi révoltée que celle de la jeune femme. En effet, le sorcier se contenta de lui adresser ce regard pénétrant dont il avait le secret. Lily sentit ses barrières mentales s'effondrer les unes après les autres comme un château de cartes sous son assaut de légilimencie, et ce ne fut qu'une question de temps avant que le professeur n'ait accès à son esprit. Mais à sa grande surprise, il ne s'y attarda que quelques instants puis soupira d'un air attristé.
-Oui, c'est bien ce que je pensais. Vos derniers souvenirs de votre vivant remontent à environ six mois avant l'assassinat des Potter. Il s'agissait d'une visite à mon grand-père à Poudlard, pour qu'il utilise l'Effingo anima, ce sortilège qui permet de créer une âme pour y inscrire le contenu d'une autre. La copie est alors emprisonnée dans un objet, en sommeil, jusqu'à ce que l'heure soit venue… Quelle tristesse qu'il ait fallu attendre seize longues années pour que vous soyez relâchée, n'est-ce pas ?
Lily, ou quelque soit son nom, ne répondit pas. Elle abaissa ses mains le long de son corps avant que les larmes ne s'écoulent le long de ses joues. Elle avait voulu oublier…oublier qu'elle n'était pas la même personne qui avait vécu toutes ces choses…oublier qu'elle n'était pas la femme qui avait sauvé ce garçon en sacrifiant sa vie… Et pourtant tous ces sentiments, cet amour maternel pour Harry, cet attachement à Severus…n'était-ce que des mensonges ?
-Il n'y a ni vérité, ni mensonges. Vous avez les souvenirs, le sang et l'empreinte magique de Lily Potter, c'est ce qui vous permet de manier l'épée de Griffondor comme sera en mesure de le faire Harry d'ici peu et cela fait de vous son Guide. La seule différence, c'est que votre âme est…artificielle.
Le mot tomba comme un couperet sur la jeune femme et elle tomba à genoux, parcourue de tremblements alors qu'elle éclatait en sanglots. Quelle ne fut sa surprise lorsqu'elle sentit que quelqu'un la prenait dans ses bras pour la réconforter. Elle n'eut pas à ouvrir les yeux pour savoir à qui appartenait cette étreinte maladroite. Cependant, lorsqu'elle croisa finalement le regard de l'ancien professeur, elle ne vit pas de dégoût dans ses yeux noirs.
Severus n'était pas un modèle de vertu. Il avait souvent tué durant sa carrière de mangemort, mais n'avait jamais violé et rarement torturé. Bien que cela ne puisse constituer que des circonstances atténuantes, toute sa vie, l'ancien Serpentard n'avait connu que mépris, moquerie et dégoût autour de lui, que ce soit de la part de son père, un moldu, comme de ses condisciples tels que James Potter et Sirius Black. Lily Evans avait été la seule exception à la règle, la seule personne à jamais s'être intéressée à lui et à l'avoir traité avec respect.
Et comme toute récompense, il l'avait insulté en cinquième année avant de couper les ponts avec elle et…quelques années plus tard, ses actions avaient finalement causé sa mort. Peu lui importait que cette femme possède ou non « l'âme » de Lily. Elle en avait non seulement l'apparence mais aussi les souvenirs et surtout le cœur. Car le maître des potions avait pu lire dans ses magnifiques yeux verts, cette myriade de bonté et de douceur qui était propre à son amie d'enfance.
-Severus…je suis…je suis désolée…
-Tais-toi donc, idiote. Combien de fois va-t-il falloir que je te répète de ne pas t'excuser pour rien ?
Elle esquissa un léger sourire alors que les larmes continuaient à s'écouler sur ses joues. Le tact n'avait jamais été non plus l'une des qualités de son meilleur ami, mais à défaut d'y mettre les formes, il était toujours là quand on en avait besoin.
Perdu dans sa contemplation de la jeune femme, Rogue n'avait pas vu Gabriel arriver derrière lui et pointer son épée en direction de sa tête.
-Legilimens. Articula-t-il d'un ton monocorde.
Si le jeune homme avait prononcé l'incantation avec un calme apparent, il n'en allait pas de même pour la force avec laquelle il s'était projeté sur les barrières mentales du maître des potions.
Malgré sa longue expérience en tant que legilimens, le mangemort n'avait jamais ressenti une telle pression sur son esprit, à tel point qu'il était sûr de souffrir d'un mal de tête atroce lorsqu'il se serait retiré. Ni Albus Dumbledore, ni même le Seigneur des Ténèbres n'avaient jamais fait preuve d'une telle force mentale, comme si…comme si ces barrières explosaient d'elles-mêmes en entrant en contact avec l'esprit du professeur.
-Ne résistez pas ou je ferai en sorte que vous finissiez à l'état de légume et croyez-moi, je suis déjà tenté de le faire…
Ce fut contre sa volonté que les barrières du mangemort s'effondrèrent, laissant libre accès au jeune Dumbledore pour fouiller son esprit. Il ne fallut pas longtemps au professeur pour trouver ce qu'il cherchait. Malheureusement, il ne trouva pas la réponse voulue…
-Non, professeur ! Vous savez très bien que je ne peux pas faire ça !
Rogue faisait les cent pas dans le bureau du directeur, son apparence énervée contrastant beaucoup avec l'attitude calme et froide qu'il avait face à ses élèves.
Assis derrière son bureau, le visage tourné vers lui, Albus Dumbledore ne semblait pas partager son trouble. Arborant une expression sérieuse mais dépourvue d'animosité, le directeur tendit vers lui sa main calcinée.
-Severus, vous savez que de toutes manières, il ne me reste que très peu de temps…quelques mois tout au plus…alors je vous en prie, accordez-moi ce souhait.
-Non ! J'ai accepté de parier ma vie pour vous ! J'ai joué les espions depuis le retour du Seigneur des Ténèbres ! J'ai même accepté d'enseigner l'occlumencie à cet imbécile de Potter ! Mais ça…VOUS NE POUVEZ PAS ME DEMANDER çA !
Le directeur ne répondit pas tout de suite. Prenant une profonde inspiration, il se leva puis contourna son bureau pour se rapprocher du professeur de potions. Jamais Dumbledore n'avait eu l'air aussi vieux et fatigué qu'en cet instant. Les rides sur son visage semblaient s'être multipliées alors que son dos paraissait s'être tassé légèrement. En raison de son apparence de puissance et de vigueur, la plupart des gens venaient à oublier que même Albus Dumbledore n'échappait pas à l'implacable course du temps.
Posant une main sur l'épaule du professeur, le directeur reprit la parole d'une voix lasse et triste.
-Peut-être que vous ne me pardonnerez jamais ce que je vous aurais obligé à faire, Severus…mais je sais que vous ne faillirez pas. Tant qu'à mourir de la main de quelqu'un, je préfère que ce soit de celle d'un ami. Telle sera ma dernière volonté.
Le maître des potions sembla sur le point de protester mais quand son regard croisa les yeux bleus du directeur, tous ses arguments s'envolèrent et le laissèrent sans défense devant le plaidoyer de son supérieur et ami.
C'est pourquoi il baissa la tête d'un air déconfit alors que ses épaules s'affaissaient, et qu'il finit par murmurer à voix basse :
-Je le ferai.
Gabriel resta interdit pendant plusieurs secondes, le visage marqué par une profonde stupéfaction. Jamais il n'aurait pu ne serait-ce qu'imaginer que son grand-père voudrait se suicider…car c'était bien ce dont il était question dans ce souvenir. Albus avait demandé à son maître des potions de mettre fin à ses jours quand viendrait le bon moment et… ce dernier s'était vu contraint d'obéir, contre sa volonté.
Le professeur se détourna de Rogue et rangea l'épée dans l'une des manches de sa robe de sorcier. Son expression effarée s'estompa rapidement, laissant place à un parfait masque d'impassibilité. Toutefois, le jeune homme ne pouvait pas cacher ses véritables sentiments à l'oiseau de feu perché sur son épaule. Comprenant sa peine, Fumseck se mit à chanter, cherchant à apporter l'espoir et la chaleur dans le cœur de son compagnon humain.
Malheureusement, c'est à cet instant précis qu'une des deux silhouettes allongées sur le sol à quelques mètres d'eux commença à s'éveiller puis à se relever. Une main posée sur le front comme pour signaler un mal de tête, Serena Donovan adressait un regard étonné à Gabriel.
-Gabe ? Qu'est-ce qu'on fait ici ? Pourquoi n'est-on pas au QG ?
Harry ne put s'empêcher de sortir sa baguette et de la pointer vers elle, à la grande surprise de cette dernière. Bien qu'elle ait toujours les mêmes traits, la jeune femme semblait un peu…différente. Peut-être était-ce ses yeux, dont l'expression avait étonnement changé, comme s'ils s'étaient adoucis. Néanmoins, le jeune Potter ne put s'attarder sur cette pensée car une voix monocorde retentit derrière lui.
-Ne t'en fais pas, Serena, ta mémoire des trois derniers mois va te revenir d'ici peu. D'ailleurs, j'aurais quelques questions à te poser…
C'était un euphémisme de dire qu'il avait mal. Non, cette souffrance qu'il ressentait dans chaque fibre de son être était au-delà de la simple douleur. Allongé sur le bitume de cette rue peu éclairée, Drago Malefoy s'interrogeait sur la manière dont il en était arrivé là.
La jambe gauche du Serpentard baignait à présent dans une petite flaque de sang mais ce n'était que le cadet de ses soucis. En effet, se trouvant à la merci de l'être qu'il haïssait le plus au monde, incapable d'esquisser le moindre geste, le jeune Malefoy en venait presque à vouloir mourir.
Au vu du nombre de Doloris qu'il venait de recevoir, il ne devait plus être très loin de la folie à laquelle avaient succombé les parents de Neville, alors que tous deux étaient pourtant des Aurors confirmés. Ses paupières se fermant lentement, Drago se surprit à éprouver de la joie à l'idée de revoir sa mère. Après tout, il s'était suffisamment battu alors pourquoi pas…pourquoi ne pas se laisser aller…juste un petit peu…
Soit tu fuis comme un lâche mais tu seras sauf, soit tu fais face à la difficulté en sachant que cela peut racheter tes fautes passées.
La voix de Gabriel résonnait clairement dans sa tête, du même ton de défi qu'il avait ce jour là. Le Serpentard n'oublierait jamais l'ultimatum que lui avait laissé le professeur, lorsqu'ils se trouvaient tous deux au sommet de la tour où était mort Albus Dumbledore, par sa faute. C'était là qu'il s'était juré de ne plus fuir, de ne plus jamais fuir. D'ailleurs, il se souviendrait toujours de la réponse du professeur lorsqu'il lui avait demandé s'il le rendrait plus fort.
Assez fort pour te venger de ton père, tu veux dire ? Si c'est moi qui te forme, je peux t'assurer que tu n'auras aucune difficulté à en venir à bout.
Gabriel serait probablement déçu de voir que ses enseignements n'avaient pas porté leurs fruits sur l'un de ses deux élèves. Pourtant, malgré la résignation dont il avait fait preuve quelques secondes plus tôt, Drago savait qu'il ne pouvait pas laisser tomber. Quelque chose…peut-être sa fierté, ou bien le respect qu'il vouait au jeune Dumbledore…le poussait à aller de l'avant.
C'est ainsi qu'en dépit de l'état déplorable dans lequel il se trouvait, il finit par reprendre contact avec la réalité et à ouvrir les yeux. S'attendant à voir son père le surplomber, sa baguette pointée vers lui pour l'achever, le jeune Malefoy fut surpris par ce qu'il aperçut.
Ce n'était pas Lucius qui se tenait à côté de lui mais Dean, l'air passablement fatigué et le bras gauche abaissé le long de son corps, laissant tomber quelques gouttes de sang sur le pavé.
-Tho…Thomas…Articula-t-il d'une voix faible.
Le Griffondor tourna un visage étonné vers lui avant de lui adresser un faible sourire.
-Salut Malefoy…tu nous as fait une sacrée frayeur tu sais…on a bien cru que tu allais y passer…
-Mon…mon père…où…est-il…
-Michael l'occupe pour le moment…pendant que je récupère un peu…je sais pas comment t'as fait pour en battre dix à toi tout seul…alors que nous, on a du mal à lui tenir tête à deux…on a essayé de l'attaquer quand on a remarqué dans quel état il t'avait mis mais…à l'évidence, on n'est pas assez forts…
-Où est…ma baguette…
-Oh, tiens, la voilà. Je l'ai récupérée tout à l'heure, par contre…je pense pas que tu sois en état de t'en servir…
Ignorant les conseils du jeune Thomas, Drago tendit sa main droite et attrapa sa baguette. Il était gravement blessé et passablement affaibli…toutefois, il lui restait encore suffisamment d'énergie pour tenter un ultime assaut. Rassemblant ses pensées pour trouver le sort le plus approprié, il fit par reporter son attention sur Dean.
-Dean…aide-moi à me mettre debout…j'ai une idée…
Sachant que la situation était désespérée, le Griffondor ne répliqua pas et se contenta d'acquiescer de la tête. Passant son bras valide autour des épaules du Serpentard, le simple fait de le relever provoqua une douleur intense chez le jeune Malefoy. Ce dernier fit néanmoins son possible pour le cacher et reporta son attention sur le duel qui se déroulait sous ses yeux.
Si l'on pouvait appeler ça un duel. Michael Corner esquivait du mieux possible les maléfices de Lucius mais il commençait clairement à fatiguer. Au rythme actuel, le Serdaigle ne tiendrait pas plus d'une ou deux minutes supplémentaires, avant de se faire tuer.
-ENDOLORIS !!
Mauvais timing. Le sortilège impardonnable frappa Michael de plein fouet, le faisant s'écrouler tout en poussant un cri de douleur. Connaissant le tempérament Griffondor de Dean, Drago renforça l'étreinte de sa main libre sur le bras du jeune Thomas pour le forcer à ne pas bouger.
-Ne bouge pas…je n'aurais droit qu'à un seul essai…
-Mais regarde Michael ! Il va…
-Je sais très bien ce qu'il endure !! Mais si tu ne me laisses pas faire, on y passera tous alors prends ton mal en patience et laisse-moi faire !!
Malgré le ton rauque avec lequel il avait parlé, Drago semblait s'être exprimé de manière suffisamment convaincante parce que Dean se figea net lorsqu'il eut terminé.
Vidant son esprit de toute pensée parasite, le Serpentard leva son bras valide en direction du mangemort et concentra toute sa puissance dans un coup.
-TEMPESTAS FLAMMAE !!
Le jeune homme avait prononcé la formule dans son esprit, ses lèvres scellées, mais néanmoins avec toute la force possible. Le résultat n'en fut pas moins celui souhaité. Loin de voir de gigantesques tourbillons de flammes jaillir de la baguette, ce fut un fin rayon rougeâtre qui quitta celle de Drago pour se précipiter dans la direction de Lucius.
Ce dernier, perdu à la frénésie de la torture qu'il exécutait sur le Serdaigle, ne vit pas arriver le rayon vers lui à toute vitesse. Il ne fit pas non plus le léger geste de la baguette esquissé par son fils lorsque le rayon fut sur le point de l'atteindre.
Car ce simple mouvement du poignet suffit à transformer le rayon fin et compact en une tornade de flammes qui se mit à tournoyer autour du mangemort, l'encerclant littéralement. Usant de divers sortilèges pour tenter de la contrer, le mangemort ne réussit qu'à avoir son bras et sa jambe droite atrocement brûlés.
-JE ME VENGERAI, MISERABLES AVORTONS !! TU PAIERAS POUR TON ARROGANCE, DRAGO !!
Et sur ces paroles totalement dépourvues de subtilité, le mangemort transplana pour échapper au reste de la tornade enflammée. Cette dernière se dissipa peu de temps après et Drago abaissa finalement sa baguette, complètement exténué.
-C'était génial ! Comment t'as réussi à faire ça, Drago ?!
Mais le Serpentard ne put répondre à sa question car il avait déjà sombré dans l'inconscience.
Ron Weasley n'était pas homme à paniquer facilement. Certes, par le passé, il lui était arrivé de se montrer nerveux ou anxieux mais généralement, il trouvait toujours un moyen pour surmonter ça. Ça avait été le cas en première année lorsqu'il avait livré cette partie d'échecs pour accéder à la pierre philosophale, en seconde année lorsqu'il était parti secourir sa sœur dans la Chambre des Secrets avec Harry ou en cinquième année, lorsqu'il avait fallu livrer bataille aux mangemorts dans le département des mystères.
Pourtant, en cet instant, couvert de sang et de sueur, le Griffondor était paniqué. Il tenait difficilement sur ses jambes et ne sentait quasiment plus son bras gauche, probablement cassé.
Tout avait pourtant si bien commencé, lorsqu'ils avaient secouru les parents d'Hermione et le père de Luna sans la moindre difficulté. La Serdaigle avait sorti ses habituelles remarques loufoques et ils avaient ri de bon cœur, d'autant plus lorsque Hermione avait tenté de lui expliquer que les animaux dont elle parlait n'existaient pas.
Et puis…ils étaient arrivés au domicile des frères Crivey.
Au début, tout avait semblé normal. Les fenêtres de la maisonnette étaient éclairées et il n'y avait aucune raison pour que leurs parents soient absents. Les choses s'étaient compliquées lorsqu'ils avaient pénétré dans la maison et que la porte d'entrée s'était subitement refermée sur eux, comme scellée magiquement.
Deux minutes plus tard, ils comprirent qu'il s'agissait d'un guet-apens. Encerclés par les mangemorts, ils avaient vaillamment résisté pendant un moment, terrassant plusieurs des serviteurs de Voldemort dans la foulée.
Malheureusement, cela n'avait pas suffi et ils étaient tombés les uns après les autres. Hermione et Ron avaient été les derniers debout à faire face aux trois mangemorts survivants…mais il s'est avéré qu'ils n'étaient pas venus pour les tuer.
Sans crier gare, l'un d'eux utilisa un sort pour blesser le jeune Weasley à la jambe alors que les deux autres lançaient en même temps un sortilège de stupefixion sur la jeune Granger.
C'était donc dans un état de parfaite impuissance que Ron avait vu son amie sombrer dans l'inconscience aux pieds des mangemorts, avant que l'un d'eux ne la porte finalement sur son épaule.
Ils transplanèrent en ricanant, faisant retomber la maison dévastée dans un silence de mort. Le visage ravagé par l'anxiété et la colère, Ron Weasley rassembla les autres membres du groupe, tous inconscients, puis actionna le portoloin…
Hermione Granger venait d'être enlevée sous ses yeux et la seule chose à laquelle pensa le Griffondor avant de disparaître, ce fut de s'interroger sur la réaction de son meilleur ami lorsqu'il l'apprendrait…
