Chapitre 7 :
Elle ne reçu aucune réponse pendant plusieurs jours. Elle craignait de l'avoir fait fuir avec sa dernière lettre, mais au fond, elle savait qu'il n'en était rien. Quelque chose d'autre ce passait.
Un matin, comme elle se dirigeait vers la bibliothèque, elle vit une ombre face aux portes. Il y déposa une enveloppe. Elle se cacha à nouveau dans le couloir et regarda la figure passer. Avec une brise d'herbes et de musc, Severus Rogue la dépassa, son manteau glissant dans l'air. Elle sourit, sachant qu'elle avait eu raison, c'était bien lui.
Lorsqu'elle fut certaine qu'il était parti, elle reprit son chemin vers la bibliothèque. Elle trouva bien sur un parchemin gravé a son nom sur la porte. Elle regarda autour pour être sur que personne n'était là, avant de la prendre et d'ouvrir la porte. Elle entra et referma derrière elle. Assise dans son fauteuil, elle retint son souffle.
En ouvrant la lettre, le parfum de Severus vint jusqu'à elle et elle sourit. C'était lui et elle était ravie.
6/12/09
Je sais que vous pensez avoir découvert votre admirateur secret mais laissez-moi vous dire qu'il n'en est rien. Je vous ai autorisé à me découvrir. Je le voulais. Apres tout, j'ai été un espion pendant bien des années, je savais que vous étiez la. Je pensais que nous en étions arrivé a un point ou vous seriez heureuse de savoir qu'il s'agissait de moi et que je pourrais me révéler.
Oui, Hermione, c'est moi Severus Rogue. Je suis votre donneur de note, votre correspondant, votre fournisseur de fleurs. Je ne sais pourquoi j'ai fait toutes ses choses. Cela me semblait naturel comme quelque chose que je devais faire. Je ne dirais pas que c'était pour expier mes péchés passés. Ils étaient tous nécessaires même si c'était des péchés. Je ne m'excuse pas de vous avoir perturbée au fil des ans. Je n'ai jamais pu vous dire que vous étiez mon élève la plus brillante et intellectuellement stimulante. Je pense que c'est ce qui m'a attiré vers vous lorsque vous êtes revenue ici. Il peut y avoir une différence physique entre nous, mais intellectuellement nous sommes égaux. Je sais que je pourrais m'asseoir avec vous et discuter des découvertes sur le sang de dragon sans que vous me regardiez et me demandiez « Les dragons ont du sang ? ». Au risque de paraître ridicule je crois que l'on peut dire que nous sommes des âmes sœurs.
Dans ma première lettre, j'ai mentionné que j'avais appris quelque chose sur moi-même lors de ma presque mort. J'ai réalisé que malgré que je me disais prêt a mourir, je ne l'étais pas vraiment. La vie que j'ai mené jusqu'à ce jour est peut être triste mais c'est une vie tout de même. Je suis reconnaissant d'avoir pu en avoir une et d'avoir encore la possibilité de la poursuivre. J'ai essayé de regarder la vie avec un esprit moins sarcastique et acerbe, mais j'ai appris une fois de plus que c'est tout simplement dans ma nature. J'ai besoin de sarcasmes pour survivre. Mais j'ai essayé d'être un peu plus agréable. La plupart ne l'on pas remarqué. Comme c'est choquant. Mais j'ai la nette impression que vous, vous l'avez remarqué. Et pour cela, je vous suis reconnaissant. Cela prouve que j'ai eu raison de rechercher votre amitié. Oui, vous avez vu juste dans votre dernière lettre. Je suis votre ami. Ne pensez pas que je vous fuyais après cette déclaration, je ne faisais que penser à la réponse que j'allais vous fournir.
Je crois que maintenant que vous savez la vérité, nous pouvons parler dans la vie réelle comme nous le faisons dans nos lettres. Je me réjouis de notre première rencontre.
Severus Rogue.
Elle ne savait pas quoi dire ou faire après avoir lu cette lettre. Il était une telle énigme. Severus Rogue. Il y avait tant de chose qu'elle ne savait pas sur lui et ils s'écrivaient depuis des mois, c'est dire. Même dans un monde sans Voldemord, il restait un mystère. Elle ne pensait pas savoir le comprendre réellement un jour. Il portait tellement de couches. Chaque fois qu'elle arrivait à en percer une, une autre apparaissait.
Le reste de la journée, elle le passa assise a son bureau, réfléchissant a la signification de cette nouvelle relation. Apres tout, maintenant, elle savait avec certitude que c'était lui. Maintenant, il n'y avait plus rien entre eux. La question était de savoir s'il serait aussi ouvert dans la vraie vie que dans ses lettres. Elle ne voulait pas être l'amie de la chauve souris des cachots, elle voulait l'ami tendre et sarcastique de ses lettres. C'est pour cette raison qu'elle redoutait le premier moment ou elle le verrait. Elle ne savait pas s'il allait fuir ou être vraiment son ami.
Un fort bruit fit écho dans le couloir et elle leva les yeux vers l'horloge. Il était presque l'heure du diner. Elle avait passé toute la journée là, à regarder une étagère de livre. La bibliothèque était vide, tous les élèves devaient déjà être à table. Elle se leva et se dirigea lentement vers la grande salle.
Elle entra par la porte des enseignants et prit place entre lui et Minerva. Celle-ci était étrangement calme. Hermione regarda l'assiette devant elle. Elle prit sa fourchette et poussa la nourriture sur le bord de son assiette.
« Je crois que vous êtes censée manger ce qu'il y a dans votre assiette plutôt que de le pousser. » Sa voix douce lui caressa les oreilles et elle le regarda, ses yeux noirs la transperçant. Elle sourit et il le lui rendit. Son sourire a lui disparut rapidement, mais elle comprit pourquoi : il fallait sauver les apparences pour les étudiants. Ils ne pouvaient pas savoir que la chauve souris avait un cœur et encore moins un sens de l'humour.
« Je crois que vous avez raison » dit-elle en empilant de la purée et des petits pois sur sa fourchette, la plaçant dans sa bouche et retirant doucement la fourchette, nettoyée de tout aliment. Un bruit bizarre empli ses oreilles et elle regarda vers la source. Severus était assis dans son fauteuil, regardant la salle avec un visage tendu.
« Vous allez bien ? » demanda t elle délicatement. Il hocha la tête et continua a regarder devant lui. Elle haussa les épaules et continua à manger.
« Comment c'est passé votre journée, Severus ? »
« Remplie par le comportement idiot des élèves comme d'habitude. Heureusement, personne n'a été gravement blessé. »
« Ca a du être un journée vraiment horrible. »
« Comment c'est passée la votre ? Vous n'avez rien appris de surprenant ? »
« Rien que je ne savais déjà » dit elle en le regardant du coin de l'œil. Il hocha la tête et elle su qu'il avait comprit ce qu'elle avait dit. Ils restèrent dans un silence confortable.
Apres qu'elle eut fini, elle quitta la salle et fit lentement son chemin de retour vers la bibliothèque. Le bruit de bottes familiers lui remplis de oreilles et elle se retourna pour voir Severus marcher derrière elle.
« Alors, vous êtes d'accord avec ma lettre ? »
« Oui » dit elle avec un clin d'œil « complètement d'accord »
« Bien »
