Titre : Au pays des Merveilles
Fandom : Harry Potter
Paring : Quelques petits indices pour un future Dean/Seamus.
Rating : G, pour l'instant
Warning : AU
Disclamers : Bon, un petit bout de l'univers est à moi, et aussi le prof Lampard et le prof Flanagan, sinon JKR est maîtresse de tout !
TADA ! Une fic à chapitres, ouais ! xD Bon. Tout ce que j'espère, c'est que je vais réussir à la finir ! ( urgh xD ) A priori, il devrait juste y avoir trois chapitres, donc ça va mais bon, entre les études qui viennent de commencer, les sorties, et peut-être les manques d'inspiration… Enfin, on verra bien ! :D A la base, deux autres chapitres devaient commencer avant celui là, mais je les trouvais trop lourds donc… pfuit, supprimés ! Pourtant je les ai écris… Donc peut-être que je les publierais comme une sorte de 'bonus' tout à la fin, on verra bien ! Alors voilà, cette fois c'est un AU que je ponds ( superbe verbe ) ! J'avais envie de faire un truc sur Seamus et Dean et foutre Blaise, Theo, Oli et Marcus et les Jumeaux parce qu'ils le valent bien. XD Donc, euh… bon, j'arrête de blablater.
Let's go !
&
-Bon. Les papiers sont en ordre. »
Seamus et Dean s'échangèrent un bref regard. Le jour J, le moment M était arrivé. Une boule de nervosité s'était logée dans le ventre de Dean. Le stresse de Seamus était également perceptible à travers leurs lien et il effleura brièvement la main de l'Irlandais pour le rassurer. Seamus l'observa à la dérobé avant d'accrocher son petit doigt avec le sien ; les contacts physiques le calmaient toujours.
Devant eux, le professeur Lampard glissait deux morceaux de parchemin dans une enveloppe scellée. Les deux sorciers les avaient signés quelques minutes auparavant, un passage obligatoire pour confirmer qu'ils étaient majeurs et au courant des risques encourus lors de leurs mission. Les missives furent attachées aux pattes de deux hiboux Grand Duc sagement perchés sur le rebord de la fenêtre qui s'envolèrent ensuite en direction de l'aile Nord du Château, sûrement vers MacGonagall, la directrice de leurs maison. Puis le regard glacé de Lampard se posa sur les deux élèves assis devant lui. Dean s'empêcha de frissonner mais garda ses yeux fixement ancrés dans ceux du jeune professeur pendant qu'il le jaugeait une dernière fois.
C'était aujourd'hui qu'avait lieu leur test final pour les ASPICs : celui de Spécialité. L'examen des Travelers était un des plus périlleux de Poudlard, Ron leurs avait expliqué la veille que le risque de mort s'élevait à plus de 20 pourcent par rapport aux autres spécialités. Malgré tout, Dean savait qu'il était bien moins nerveux qu'il aurait dût l'être. Son regard glissa vers Seamus, son meilleur ami et partenaire. Les Travelers marchaient par Pair, par couple qui partageait un lien unique que Seamus et lui avaient réveillé à la fin de leurs troisième année.
Dean concentra brièvement sa magie dans ses yeux. Leurs lien était là, épais fil de lumière jaune entouré par d'autres plus fins. Bleu, vert et rose, lâchement enroulés autour.
-Je pense que vous êtes prêt. », dit Lampard.
Dean s'arracha à sa contemplation. Le professeur se leva, signe qu'il était temps d'y aller. Seamus serra son doigt une dernière fois avant de le lâcher, et le trio sortit du bureau pour se perdre dans les dédalles du château.
Lampard s'enfonçait de plus en plus bas, dans ce qui semblait être les catacombes de Poudlard. Enfin, ils s'arrêtèrent face à une lourde porte dont les battants s'ouvrirent après un geste de la main de la part du professeur. La salle dans laquelle ils se trouvaient à présent était spacieuse et ronde, recouverte par un plafond en forme de dôme décoré d'arabesques écaillées. Des myriades de bougies flottaient dans les airs en diffusant une lumière blanche et douce.
-Vous êtes ici dans la Salle des Portes. », expliqua Lampard en s'avançant au centre de la pièce « La seule de tout le Pays. »
-C'est un honneur… », murmura Seamus en ricanant dans sa barbe.
Dean lui donna un léger coup de coude pour le réprimander mais Lampard ne sembla pas y accorder d'importance. Il sortit un couteau de sa poche et s'entailla le pouce en marmonnant des mots dans une langue que Dean ne connaissait pas et Seamus redevînt aussitôt sérieux. Déjà, les deux sorciers pouvaient sentir des effluves de magie voler dans la pièce et les flammes des bougies se mirent à vaciller dangereusement. Des gouttes écarlates tombaient au sol au rythme du rituel puis giclèrent lorsque Lampard brandit son couteau dans les airs.
Il abaissa sa main en créant une entaille béante dans le vide. Les flammes s'évanouirent, des bouffées de vent violent balayaient la salle alors que Lampard créait une ouverture dans l'espace vers une sorte de voile brillant qui ondulait comme une mer secouée de vaguelettes.
Dean retînt son souffle et sa main chercha à nouveau celle de Seamus. La paume de l'Irlandais était moite, ses doigts se serrèrent presque convulsivement autour des siens à la recherche de réconfort.
-La porte est ouverte. », dit Lampard en rangeant son couteau.
Ils se tenaient devant un grand rectangle, un passage vers un autre monde qui éclairait leurs visage d'une lumière blafarde. Dean respira profondément pour essayer de se calmer alors que son cœur battait furieusement la chamade.
'Prêt, Seam ?'
'On a pas le choix de toute façon, pas vrai ?', répondit la petite voix du blond dans sa tête.
Dean acquiesça et tout deux se tournèrent vers Lampard. Le professeur sortit deux couteaux dans sa cape, semblables au sien.
-Vous ne pourrez vous en servir qu'une fois. », dit-il alors qu'ils rangeaient les instruments dans leurs poche « Faites attention à vous, et souvenez-vous bien de tout ce que vous avez appris en cour. »
Nouveaux hochements de tête. Le regard de Lampard sembla s'adoucir l'espace d'un instant alors qu'il les dévisageait une dernière fois.
-Allez-y, maintenant. »
Le silence était solennel.
'Je suis là, Seam.'
'Je sais.'
Dean salua son professeur d'un geste de la tête, puis prit une grande inspiration avant de pénétrer dans la porte. Ses yeux se fermèrent d'eux même alors qu'un étau invisible agrippait ses hanches pour l'aspirer en avant, mais pas une seule fois il ne lâcha la main de Seamus.
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L'atterrissage fût aussi violent qu'en portoloin ; ses talons claquèrent contre le sol en béton et il trébucha en avant. Il allait reprendre un semblant d'équilibre quand Seamus poussa un cri étranglé alors qu'il chutait en l'entraînant à sa suite. Ils allaient s'écraser l'un sur l'autre, Dean tendit ses mains en avant pour ne pas écrabouiller son meilleur ami et atterrit durement sur ses paumes, son front heurtant douloureusement celui de l'Irlandais.
-Ouh… désolé… », gémit Seamus.
Il avait les larmes aux yeux. Ses joues se colorèrent avec embarras lorsque Dean se mit à rire malgré la légère douleur, amusé par la situation.
-Comme entrée, il y a plus classe. »
-Haha, très drôle Dean. »
Mais Seamus essayait de ne pas sourire et ses yeux plongèrent dans les siens, bleus et profonds comme un océan d'eau pure en plein soleil. Jamais il n'avait vu une couleur aussi nuancée dans les prunelles de quelqu'un, c'était toujours la dernière chose qu'il colorait lorsqu'il dessinait Seamus.
-Dean… »
Leurs nez se touchaient presque… Celui de Seamus était légèrement retroussé mais Dean l'avait toujours adoré.
Des cris jaillirent tout à coup un peu plus loin.
-Le Chevalier est ici ! Faites place, écartez-vous ! »
Dean se redressa aussitôt, les sens en alerte. Dans un Monde inconnu, il ne fallait jamais baisser ses gardes, Lampard l'avait répété au moins une centaine de fois. Il analysa l'endroit d'un bref coup d'œil. Ils étaient atterris entre deux maisons aux murs blancs. La fine allée débouchait d'un côté vers une forêt sombre et dense, de l'autre vers le village d'où s'échappaient des bruits de sabots et de murmures admiratifs.
-Allons voir. », murmura Seamus.
D'un même mouvement, ils sortirent prudemment de la ruelle. Ils débouchèrent sur une place qui paraissait tout droit sortie d'une des photos du livre d'Histoire de la Magie. Large et recouverte de pavée, elle était entourée par des bâtiments simplets en toits de paille et de bois. L'architecture ressemblait traits pour traits à celle de l'époque de Gwendolyne la Fantasque, cette drôle sorcière qui s'était faite brûler vive plus de 47 fois. Du moins, c'était l'idée que Dean se faisait du style Moyenâgeux.
Au centre s'était rassemblé un groupe de badauds, probablement tout le village en fait, mais un jeune homme dépassait toutes les têtes, monté sur un énorme cheval. Il était assurément beau, le visage lisse et les cheveux blonds bien coiffés. Tous les regards semblaient rivés sur lui alors qu'il s'adressait aux habitants avec suffisance.
-Moi, le Chevalier de la Reine, suit venu quérir la demoiselle Katie Bell. »
Des exclamations surexcitées explosèrent en tout sens, dominés par un petit cri haut perché de surprise et d'extase. Il y eut du mouvement dans la foule.
-Par tous les dieux. », marmonna le cavalier avec un sourire prédateur « Elle est aussi belle qu'on le raconte. »
Il se pencha sur le côté, disparaissant momentanément du champ de vision de Dean et Seamus. Lorsqu'il reparut, une jeune fille avait grimpé derrière lui, sa chevelure claire ramenée sur son épaule droite et les joues roses de plaisir.
-Que le Sir Bell soit honoré du choix de la famille Royale. »
Des applaudissements secouèrent l'assemblée, puis tous les badauds s'écartèrent prudemment lorsque le cheval se cabra avant de partir au galop. Le sol grondait sous ses sabots. En quelques secondes, le cavalier disparut dans un nuage de poussière, la belle jeune fille accrochée à son dos.
-Ah, qu'est-ce qu'il est beau ! »
-Qu'elle chance vous avez, Sir Bell ! »
Les conversations avaient repris tandis que le groupe se dispersait en tout sens pour reprendre leurs occupations, trop engoncés dans leurs discussions excitées pour faire attention aux deux jeunes sorciers qui n'avaient pas bougés d'un pouce, les yeux ronds.
-Qu'est ce que c'était que ça ? », murmura Seamus sidéré.
-A nous de le découvrir. Mais, Seam'… », Dean avisa les tenues que portaient les habitants du village « Il va falloir qu'on se trouve d'autres vêtements. »
D'un même mouvement, ils ramenèrent leurs cape par dessus leurs habits pour les cacher. Déjà, l'émotion qu'avait suscitée l'apparition du Cavalier commençait à se dissiper et des regards curieux se posaient sur eux.
-Je suggère qu'on commence à bouger. », dit Seamus un peu mal à l'aise.
-Commençons par nous informer sur ce Monde, il a un pub là-bas, allons y faire un tour. »
Dean désigna un des bâtiments d'un signe du menton. Une pancarte en bois accrochée au-dessus de la porte grinçait au vent, deux tasses qui s'entrechoquaient peintes dessus. Alors qu'ils s'en approchaient, ils pouvaient entendre les notes d'une musique entraînante jouée au violon, des rires tonitruants et des bribes de conversation animées. Ils n'eurent qu'à pousser la porte pour se faire balayer par une vague d'air chaud et d'odeur de tabac et d'alcool. L'endroit était plein à craquer, rustique et simplement éclairé par deux lustres qui pendaient dangereusement au plafond. Des serveuses aux corsets biens serrés et aux courbes généreuses virevoltaient entre les tables rondes, des plateaux de bois en équilibres sur leurs mains et leurs hanches serrées par des tabliers colorés. L'une d'elle s'approcha des deux sorciers en souriant.
-Bonjour et bienve… »
Elle s'interrompit et son sourire chaleureux s'évanouit. Les yeux ronds, elle dévisageait Dean dans une expression de surprise totale. Derrière, la musique s'arrêta brusquement en même temps que toutes les conversations et un silence de mort s'abattit dans le pub alors que tous, absolument tous regardaient Dean l'air choqué ou même effrayé.
-Euh… », commença Seamus.
Dean sentait une vague de panique monter en lui. Une femme un peu grassouillette repoussa brusquement la jeune serveuse derrière elle, le visage rouge et son index boudiné pointé sur lui.
-Dehors ! Dehors, démon ! Je t'interdis de mettre les pieds dans ma maison, toi et tous les hérétiques qui te suivent ! Fils de l'empoisonneuse ! »
Dean recula pour échapper au nuage de postillons qui pleuvait dans tous les sens. Il allait répondre quand Seamus le prit par le bras avant de l'entraîner dehors au pas de course. La porte claqua derrière eux, le froid s'insinua vicieusement à travers les pans de leurs capes.
-Ils sont complètement barges ! », s'exclama Seamus alors qu'ils traversaient le village « Ce genre de truc n'arriverait jamais dans un pub Irlandais. »
Un mélange de sentiments parvenait jusque Dean à travers leurs lien. Colère, inquiétude et peur.
-Je crois qu'ils m'ont pris pour quelqu'un d'autre. », dit-il.
Seamus lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule accompagné d'une grimace.
-Bravo, Sherlock ! »
Dean roula des yeux et accéléra pour se mettre à sa hauteur.
-Peut-être que c'était un mauvais client. », suggéra Seamus.
-Je ne sais pas. Elle m'a traité de 'démon' et de 'fils de l'empoisonneuse'. C'est un peu extrême si c'est juste une histoire de dettes ou de comportement. »
-On a qu'à essayer autre part. Ici… »
Ils avaient pratiquement atteint la limite du village. Un autre établissement était planté là entre deux maisons. Les vitres sales et la pancarte arrachée, il avait un aspect assez miteux qui rappelait la Tête du Sanglier de Pré-au-Lard. Seamus poussa la porte qui s'ouvrit en grinçant. L'ambiance était presque glaciale. Seuls trois clients étaient là. Deux qui parlaient à voix basse, les cheveux sales et la barbe emmêlée. Un autre assis à l'écart le visage recouvert d'une capuche. L'homme debout derrière le bar leurs adressa un sale coup d'œil et s'approcha en montrant ses dents jaunies, un verre poussiéreux encore à la main.
-Qu'est ce que vous voulez ? » Ses petits yeux noirs tombèrent sur Dean « Je vous préviens… »
-Ce n'est pas le fils de l'empoisonneuse, ou je ne sais quoi. », coupa Seamus.
Le regard du barmaid sauta sur l'Irlandais qui ne bougea pas d'un pouce malgré sa répulsion.
-Ah oui ? Et qui êtes-vous ? Je ne me rappelle pas avoir vu des personnes semblables à vous au village. »
-Nous venons de loin. Nous faisons juste une halte ici avant de poursuivre notre voyage, et Dean est… » Seamus lui jeta un bref coup d'œil avant de revenir sur l'homme aux dents jaunes « Mon esclave. »
Dean luta pour ne pas s'étrangler avec sa salive.
'Ton esclave ?!'
'C'est tout ce que j'ai pu trouver !'
-Esclave ? », répéta le barmaid un peu surpris.
-Oui, bon. Domestique, esclave, c'est la même chose non ? J'aimerais bien m'asseoir maintenant, si vous le permettez ! », répondit Seamus agacé.
'Tu m'étonnes que seuls des types louches viennent par ici vu comment il accueille les nouveaux.', grogna sa voix dans sa tête.
Dean se mordit la lèvre pour ne pas rire. En face, le barmaid reprit contenance et toussota avec gêne avant de s'écarter.
-Si monsieur veut bien se donner la peine… », dit-il en désignant toutes les tables vides.
'Il doit penser que tu es riche, maintenant.'
'J'ai toujours des idées géniales, Dean !'
'Pardon ? Est-ce que tu parles de la fois où tu as voulu grimper sur un centaure ? Ou lorsque tu as offert à Lavande une plante carnivore ? Ou peut-être ce jour où…'
'Thomas, je te déteste.'
Seamus prit une moue boudeuse alors qu'ils s'asseyaient au fond de la pièce et Dean ne pût s'empêcher de lui offrir un grand sourire, amusé.
-Monsieur désire t-il quelque chose ? », demanda le barmaid.
-Euh… »
'Quelque chose pour nous réchauffer.'
Il avait répondu avant même que Seamus ne lui lance un regard interrogateur. L'Irlandais prit la commande et quelques secondes plus tard, deux chopes d'un liquide ambré et mousseux se trouvaient sous leurs nez.
'Je veux de la Biereaubeurre, pas de cette pisse rat…'
'Seam', tu vas me faire rire.'
'Je sais. C'est fait exprès.'
Ses yeux bleus étaient plongés dans son verre mais ses lèvres tressautaient alors qu'il luttait pour ne pas sourire. Dean hésita entre se moquer de lui ou compatir à sa douleur. Finalement, il prit une gorgée de sa bière en s'empêchant de grimacer. C'était drôlement amer, rien à voir avec la douceur de la Biereaubeurre.
'Il faut qu'on sache comment marche ce Monde. Tu dois interroger le barmaid, Seam'.'
'Argh ! Mais qu'est ce que je peux lui dire ? C'est chiant, Dean, il est dégueulasse ! Et puis il a une haleine de phoque !'
'Arrêtes de faire ton difficile, « Sir Finnigan ».'
'J'aimerais bien t'y voir, Thomas.'
Seamus se racla la gorge et fit signe au barmaid de s'approcher de leurs table. L'homme reposa son torchon sur le comptoir pour les rejoindre en trottinant.
-Monsieur désire autre chose ? »
-Oui, euh. Je voulais juste savoir comment marche ce village. Je veux dire, qui est-ce qui gouverne ici, ce genre de chose, vous comprenez ? »
-Pas vraiment, monsieur… », répondit le barmaid avec incertitude et une pointe de méfiance « Nous obéissons tous à la Reine de Cœur, comme vous j'imagine ? »
-Oui oui, bien sûr. », dit Seamus avant de disparaître derrière sa chope pour reprendre contenance.
'Il ne vaut mieux pas trop pousser.', dit Dean avec prudence 'Si cette Reine de Cœur domine tout le monde, on est censé la connaître nous aussi. Ca va être difficile d'avoir d'autres renseignements, je crois que tous les villages marchent de la même manière…'
-Est-ce qu'il y a d'autres nobles ici ? », demanda Seamus.
-A part vous, monsieur, personne. Autrefois, l'empoisonneuse… » le barmaid devînt songeur. Son regard dévia sur Dean qui garda ses yeux obstinément rivés sur la table, puis il se reprit et revînt sur Seamus « Non, maintenant il n'y a personne. »
-Ah, bon… Et sinon, qui est ce Cavalier venu sur la place un peu plus tôt ? »
Les yeux du barmaid se réduirent en deux petites fentes alors qu'il observait l'Irlandais avec suspicion. Dean sentit l'alarme rouge sonner dans sa tête.
'Il se doute d'un truc, Seam' !'
'Je sais ! Qu'est ce que tu veux que j'y fasse !'
-Monsieur… Vous venez du village à l'Ouest d'ici, je crois ? D'après votre visage, je dirais que vos origines viennent de là-bas. »
-Oui ! Oui, c'est ça ! », répondit précipitamment Seamus « Vous connaissez ? »
-Pas vraiment non », dit l'homme d'un ton féroce « Puisque ce village n'existe pas ! Qui êtes-vous ?! »
Panique. Dean n'avait même pas besoin de leurs lien pour voir que l'Irlandais était au bord de la panique. Il agit aussitôt ; sa main attrapa celle de Seamus et il le tira à sa suite vers la porte de sortie.
-REVENEZ ICI ! », hurlait le barmaid en renversant tables et chaises pour les poursuivre « JE LANCERAIS LE VILLAGE A VOS TROUSSES ! »
Dean ne prit même pas la peine de fermer la porte alors qu'ils s'enfuyaient à toute jambe en direction de la forêt. Pour la discrétion, c'était raté.
&
Il ne savait exactement combien de temps ils passèrent à courir, mais lorsque Seamus se laissa tomber par terre, épuisé, l'obscurité était presque totale autour d'eux. Dean s'assit à côté de son meilleur ami qui s'était appuyé sur un tronc, et regarda autour de lui pour essayer de se repérer. C'était peine perdue, il n'y avait que des arbres immenses à perte de vue. Ils étaient bel et bien perdus.
-Je n'ai jamais autant couru de toute ma vie. », dit Seamus en reprenant son souffle « Même lorsque ma mère m'a surpris en train de jouer au médicomage avec ma cousine. »
-Au médicomage ? », répéta Dean sidéré.
Seamus tourna son visage vers lui et sourit en coin.
-Aaah, Dean. Ne me dis pas que tu n'as jamais fait ça ? »
Des gouttes de sueurs roulaient sur ses tempes et ses joues rougies par l'effort. Dean détourna son regard.
-Les seules filles que je connaissais étaient mes sœurs, Seam'. », dit-il.
-Eeek. J'ai une image mentale vraiment dégueulasse. »
-Seamus Finnigan ! », s'exclama Dean avec de grands yeux.
-Pas ma faute, c'est venu tout seul. »
Dean secoua sa tête avec un sourire. L'Irlandais était désespérant. Le silence retomba entre eux-deux, Seamus avait fermé les yeux alors que son souffle redevenait peu à peu régulier et Dean rassembla les maigres informations qu'ils avaient pu acquérir. Déjà, il n'y avait pas de village à l'Ouest. Ensuite, ce Monde était totalement gouverné par la mystérieuse Reine de Cœur. Et le fameux Cavalier qui ramassait les belles filles était connu partout, mais après tout, il était en étroite relation avec la Famille Royale. Il y avait aussi cette histoire d'empoisonneuse…
Un léger bruit le tira brusquement de ses pensées. Une branche avait craqué. Dean se redressa, aussitôt sur ses gardes et regarda autour de lui pour scruter la pénombre, ses mains prêtes à bouger au moindre signe d'attaque.
-Qu'est ce qu'il se passe ? », demanda Seamus.
'Nous ne sommes pas seuls.'
'Dean ! Derrières-toi !'
Seamus sauta sur ses deux pieds alors qu'il faisait volte-face. Une silhouette se découpa dans la pénombre de la forêt. Le visage caché derrière une capuche, la personne qui s'avançait vers eux leva ses deux mains en signe de paix. Ils l'avaient déjà vu, c'était un des clients du bar miteux.
-Je ne suis pas armé », dit-il en s'arrêtant à deux mètres « Je ne vous veux aucun mal. »
D'après sa voix, il avait l'air plutôt jeune. D'un geste prudent, il abaissa sa capuche. La chevelure brune bien coiffée et la peau pâle, il ne pouvait pas être plus âgé que Dean même si l'expression qu'il arborait était plus sérieuse que jamais.
-Je m'appelle Theodore Nott. Je vous ai entendu dans le bar et je vous ai suivit jusqu'ici. Pour vous aider. »
-Nous aider ? », dit Seamus méfiant « Et pourquoi ça ? »
-Je sais qui vous êtes. Vous ne venez pas d'ici, pas vrai ? Pas même de ce Monde. »
Ce type était louche. Dean s'avança légèrement par rapport à Seamus, comme pour le protéger. Même si ce Theodore était leurs seule chance de s'en sortir, il préférait rester sur ses gardes.
-Comment est-ce que tu sais tout ça ? »
-Chaque chose en son temps. », répondit le garçon « Vous voulez savoir comment marche ce Monde, oui ou non ? »
'Dean… ?'
'Restes prudent.'
-Très bien. On t'écoute. », dit-il.
Theodore hocha du chef l'air satisfait mais son visage resta sérieux.
-Ce vieux schnock au bar vous a expliqué que notre Monde est gouverné par la Reine de Cœur, n'est ce pas ? C'est en partie à cause d'elle que je trahis mon village en ce moment même. C'est une femme cruelle et qui, paradoxalement à son nom, n'a aucun cœur. » Il s'arrêta une seconde pour grimacer avec dégoût « Régulièrement, elle ordonne à ses hommes de capturer des jeunes de chaque village pour des soi-disant crimes qu'ils auraient commis contre le Château. Ils se font alors juger dans le tribunal du château, et peu importe le nombre de cris ou de larmes versées, le verdict est toujours le même : La mort. »
-Cette fille qu'on a vu au village… Katie Bell… Elle n'avait pas l'air terrifié, pourtant. », dit Seamus « Au contraire. »
-C'est autre chose. Le Cavalier est le fils du Roi de Cœur. »
Dean haussa ses sourcils, surpris.
-Tu veux dire qu'il n'est pas lié à la Reine ? »
-Pas par le sang. Le Roi de Cœur s'est remarié avec cette femme. », répondit Theodore « Chaque mois, une des plus belles jeunes filles du Royaume est choisie pour devenir une de ses concubines. La vie qu'elles mènent au Château est une vie de Princesse, elles finissent toutes par arrêter d'écrire à leurs famille parce qu'elles préfèrent oublier leurs vies passées de simples servantes ou lavandières. »
-Donc, les mecs se font liquider, et les filles mènent la belle vie ? C'est un peu sexiste comme monde. », dit Seamus.
Theodore lui adressa un regard un peu confus.
-Et… C'est quoi cette histoire d'empoisonneuse ? Les habitants du village me prennent tous pour son fils… »
-C'est parce que vous avez la même couleur de peau. », répondit Theodore en dardant ses yeux foncés sur lui. « Seuls les Zabini sont aussi sombres que toi. Les rumeurs disent que leurs peau est devenue ainsi à force d'avoir brûlée en enfer. Il est dit que l'empoisonneuse, Dame Zabini, est la femme de Satan. »
Dean échangea un coup d'œil avec Seamus. Ce Monde était décidément bien étrange.
-C'est son affinité pour les potions qui a donné cette réputation à la Dame Zabini. Elle maîtrise tout, de l'art des brevages guérisseurs aux poisons mortels. Et sa beauté est immense, incomparable à celle des humains. Elle effraie les hommes et attise la jalousie des femmes. »
-Ce qui explique la haine qu'on lui porte. », résuma Seamus.
Theodore acquiesça avec gravité.
-Sa demeure se trouve dans la forêt qui s'étale derrière le prochain village. Il suffit de suivre le chemin tracé par les fleurs sauvages de couleur rouges. »
Il se tût enfin pour les laisser digérer toutes ces informations. Méthodique, Dean résuma toutes les données dans sa tête. Le Roi de Cœur s'était marié avec une femme ainsi devenue Reine, qui ordonnait régulièrement la capture de jeunes hommes pour les tuer. Quant à leurs fils, le Cavalier, il se trouvait chaque mois une nouvelle fille à ajouter à son harem. Parallèlement, une empoisonneuse du nom de Zabini vivait au milieu d'une forêt à l'écart des autres. Cette famille étrange et marginale titillait sa curiosité. Cette femme semblait être une Alchimiste, mais… il ne savait pas s'il était possible que d'autres sorciers existent dans les dimensions parallèles à la leurs.
-Je dois y aller. », dit Theodore au bout d'un moment « Si je m'absente trop longtemps, les villageois vont devenir encore plus suspicieux. »
-Ils te soupçonnent de quelque chose ? », demanda Seamus curieux.
Theodore mit quelques secondes avant de répondre.
-Je n'ai simplement pas envie de leurs donner une raison d'appeler la Reine. Je vous conseille de continuer votre chemin vers le Nord, le prochain village est à quelques kilomètres. »
Il ramena sa capuche sur son visage et leurs adressa un bref signe de la tête en guise de salut. Puis, sans attendre de réponse, il repartit à pas rapide, bientôt englouti par les ténèbres.
Dean sentit un poids se presser contre son bras, Seamus s'appuyait légèrement sur lui les yeux rivés vers là où avait disparut le jeune homme.
-Tu crois qu'on peut lui faire confiance ? »
-Je ne vois pas pourquoi il nous mentirait. Il nous a suivit jusqu'ici et il était seul. »
-Hmm… » Seamus poussa un léger soupire en se détachant de lui « Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Je suis crevé. »
Dean s'accroupit au sol pour ramasser une brindille. Il la cassa en deux pour qu'elle tienne sur la paume de sa main puis se concentra sur une des formules que Flitwick, le professeur de sortilège, leurs avait appris. La brindille tournoya pendant quelques secondes avant de s'arrêter en pointant au Nord.
-On devrait trouver le village suivant. On pourra dormir là-bas. », dit-il en se relevant.
Seamus acquiesça et ils se remirent en marche. A dire vrai, Dean commençait aussi à fatiguer. Son estomac menaçait de gargouiller, des heures s'étaient écoulées depuis leurs derniers repas à Poudlard. Il ne savait pas comment Seamus et lui allaient s'en sortir au prochain village, sans argent, les vêtements trop différents de ceux de cette époque et avec sa ressemblance avec le fils Zabini. Mais son meilleur ami était avec lui, et lorsqu'il tâta mentalement leur lien, il sentit que l'Irlandais était calme. C'était le plus important.
Il avait rencontré Seamus Finnigan dans le Poudlard Express, le jour de la rentrée. Dean s'en souvenait comme si c'était hier ; il était entré dans un compartiment en le croyant vide lorsqu'un « SALUT MEC ! » vif et un peu aigu lui avait fait frôler la crise cardiaque. Les cheveux blonds en bataille, le sourire éclatant et son éternelle fossette creusée sur la joue droite, Seamus l'avait dévisagé avec ses yeux pétillants de malice avant de lui proposer son aide pour ranger sa valise. Depuis ce moment, ils ne s'étaient plus quittés malgré leurs quelques disputes et désaccords. C'était toujours Seamus et Dean, et quand l'un flânait là, l'autre n'était jamais loin.
-Dean ! Tu entends ça ? »
La voix de Seamus l'arracha à ses pensées. Ils avaient ralenti, le noir était beaucoup plus dense autour d'eux depuis un moment déjà. Dean tendit l'oreille.
Au bout d'un moment, il entendit des gloussements et quelques voix affaiblies par la distance. L'air semblait même s'être réchauffé alors qu'une lueur douce et invitante se détachait au loin entre les arbres.
-Tu crois que c'est le village ? »
-J'en ai aucune idée. »
-On va bien voir. Tout ce que j'espère, c'est qu'il y a à bouffer ! », s'exclama Seamus.
Au fur et à mesure qu'ils s'approchaient, les rires et les paroles se faisaient plus claires. La température était agréablement tiède, réconfortante au milieu de la forêt noire. Ils pouvaient distinguer les silhouettes de plusieur personnes à travers les énormes troncs. Et Dean ne pût s'empêcher d'ouvrir de grands yeux lorsqu'ils atteignirent la source de toute l'animation.
Un groupe d'une vingtaine de jeunes femmes était étalé à même le sol. Assises ou allongées, vêtues de petites robes élégantes et les jambes longues et découvertes. Des blondes, des rousses, des brunes, les cheveux longs, bouclés, court, lisses, les yeux bleus, verts et marrons, il y en avait pour tous les goûts. Une tente spacieuse était tendue à quelques mètres et des petites boules lumineuses flottaient un peu partout dans les airs, au milieu de la clairière au dôme végétal. Au milieu du harem, alanguis sur une montagne d'énormes coussins colorés, un homme au dents parfaitement blanches et alignées tenait deux femmes par les hanches.
-Wouah. », dit Seamus les yeux exorbités.
Tous les regards se levèrent sur les deux sorciers, les gloussements s'évanouirent mais les sourires vermeils restèrent en place.
-Bonsoir, jeunes hommes. », dit l'homme avec un grand sourire « Que venez-vous faire dans mon humble demeure ? »
Il ne paraissait pas perturbé par la présence de Dean. Mais d'un autre côté, que pouvait craindre un homme entouré de si jolies femmes ?
-Nous cherchions juste… un endroit où dormir. », répondit Dean.
-Vous avez sonné à la bonne porte ! », dit l'homme une riant « Gilderoy Lockhart est toujours prêt à aider de pauvres âmes égarées ! N'est-ce pas les filles ? »
Un gloussement général parcourut tout le harem alors qu'il haussait ses sourcils d'un air suggestif.
-Il y a autant de place que vous voulez ! », continua le dénommé Lockhart.
Il délaissa un instant les hanches de ses deux amies pour frapper dans ses mains. A la stupeur de Dean, une petite tente apparut dans un 'pop' près de l'autre.
-Vous êtes un sorcier ?! », s'exclama Seamus bouche bée.
-Allons, n'allez pas me dire que vous ne me connaissez pas, moi, Gilderoy Lockhart ! Le seul et unique magicien de ce Monde ! », répondit l'autre avec son sourire colgate « Rien à voir avec cette… sorcière de pacotille, par exemple ! »
Dean eut l'impression qu'il parlait de l'empoisonneuse.
-Avez-vous déjeuné ? », reprit Lockhart « Rose prépare les meilleurs ragoûts du pays ! N'est-ce pas ma jolie ? »
-Oh, Gilderoy, vilain flatteur. », dit la jeune femme à sa droite en gloussant.
Un claquement de doigt plus tard, Dean et Seamus se retrouvèrent assis à une grande table recouverte de mets plus appétissants que jamais.
'Ce le type le plus narcissique que j'ai jamais vu, mais qu'est-ce que je suis content de l'avoir croisé !', dit Seamus surexcité alors qu'une des femmes les servait.
Lokhart se délesta de son manteau et toutes se précipitèrent dessus en poussant des soupirs d'extase. Il se mit à rire et prit place face aux deux sorciers avant de se lancer dans un long monologue sur une de ses nombreuses aventures, ponctué de sourires aveuglants et de rejetés de cheveux.
Dean croisa le regard amusé de Seamus qui pouffa en attrapant ses couverts.
Les récits de Lockhart étaient en fait intéressants, si l'on omettait tous les cris excités de ses compagnes et ses propres digressions sur telle ou telle fille. Il semblait avoir combattu pas mal de nombreux personnages et Dean écouta d'une oreille plus attentive lorsque Lockhart dit s'être fait récompenser par la Reine en personne.
-Vous avez vu la Reine de Cœur ? », demanda t-il intéressé.
A côté de lui, Seamus releva ses yeux bleus de son assiette pour observer le grand magicien.
-Mieux que ça, mon jeune ami ! J'ai discuté avec elle dans son petit salon. C'est une femme magnifique, vraiment. D'une beauté insurpassable ! C'est elle qui m'a suggéré de prendre ma retraite dans ces bois. Je dois dire que je considérais plutôt ceci comme un repos pour quelques temps, mais, que voulez-vous. On se fait vite attraper par la paresse et il y a toujours quelqu'un pour me tenir compagnie. N'est-ce pas ? »
Il adressa un clin d'œil aux jeunes femmes qui gloussèrent à nouveau.
-Enfin. Il commence à se faire tard mes amis, le sommeil me gagne. Je vais me retirer dans ma tente et je vous invite à faire de même. »
La table disparu d'un geste nonchalant de sa main puis, quelques secondes plus tard, Lockhart et son harem s'étaient glissés dans leurs tente imposante.
Celle de Dean et Seamus était de taille modeste mais bien suffisante pour deux personnes. Un épais tapis bordeaux recouvrait le sol, et deux matelas recouverts de coussins moelleux et d'une lourde couette reposaient au centre.
-Génial. », murmura Seamus.
Dean eut à peine le temps de cligner des yeux que l'Irlandais s'était déshabillé et glissé sur son matelas. Il ne pût s'empêcher de sourire en voyant les vêtements jetés à même le sol.
'Qu'est-ce que tu fiches ?', marmonna la voix de Seamus dans sa tête.
'Tout le monde ne se transforme pas brusquement en Flash, Seam'.'
L'Irlandais se mit à rire sous sa couverture. Dean enleva ses vêtements avant de les plier grossièrement, puis s'allongea sur son propre matelas en poussant un soupire satisfait. Il pouvait sentir tout son corps se détendre agréablement sous l'épaisse couverture. C'était presque aussi bon que les dortoirs de Poudlard.
Il ne fallut même pas cinq secondes pour que Seamus roule jusque son matelas. Son dos pressé contre son bras, recroquevillé sur lui-même dans cette position qu'il prenait toujours lorsqu'il avait un peu froid. Dean regarda son épaule se soulever au rythme de sa respiration, ses cheveux blonds qui se dressaient dans tous les sens et le tatouage gravé sur sa nuque.
Dean avait le même sur le dos de sa main gauche. C'était le signe des Travelers. Le leurs. Chaque pair était composée d'un dirigeant et d'un dirigé. Le premier était en général plus réfléchit, plus calme que le second. Flanagan, leurs professeur de théorie, leurs avait expliqué que le pouvoir des Travelers résidait dans ce lien que partageait chaque pair. Un pouvoir tellement puissant qu'il ne pouvait qu'être partagé entre deux êtres. C'était ça, qui choisissait les membres d'une pair.
Son index traça les formes du tatouage sur la nuque de son meilleur ami, de façon presque absente. D'abord cette sorte de 1, surmonté d'un point. Puis ce 't'. Il le connaissait par cœur pour l'avoir caressé maintes et maintes fois. C'était un geste intime mais qui semblait tellement naturel…
Seamus roula sur le dos pour le regarder, ses yeux bleus troublés de sommeil. La main encore en suspend, Dean ne pût s'empêcher de tracer la courbe de ses sourcils et celle de son nez, lentement. Les paupières de son meilleur ami se fermèrent à nouveau. Avant même qu'il ne s'en rende compte, Dean effleura sa joue avec ses lèvres à l'endroit même où se creusait sa fossette. C'était plus… intime que tout ce qu'ils avaient pu partager, mais Seamus se contenta de sourire brièvement, les yeux toujours clos, et Dean se rallongea pour l'imiter.
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-Le prochain village se situe à une demi-heure de marche. Vous êtes sûr de ne pas vouloir un autographe ? Vous savez, cela s'arrache aux alentours ! »
'Allez, faisons-lui plaisir.', dit Seamus en pouffant de rire.
-A l'intérieur de ma cape, ça vous va ? »
Le sourire de Lockhart s'agrandit alors qu'il brandissait la plume que lui avait tendue la dénommée Rose. Dean ne pût s'empêcher de secouer sa tête, amusé. Le magicien avait été un bon hôte malgré son côté un peu narcissique et son harem de belles femmes. Ils se saluèrent brièvement et les deux sorciers se remirent en route.
Des rais de lumière perçaient à travers les feuillages, donnant une dimension bien plus reposante à la forêt. L'atmosphère était calme, ils pouvaient entendre au loin le clapotis d'un ruisseau et des pépiements d'oiseaux. Seamus resta silencieux pendant tout le temps du trajet mais Dean ne s'en formalisa pas, l'Irlandais était serein. Ils enjambèrent un cour d'eau qui serpentait à travers les cailloux recouverts de mousses, et bientôt, parvinrent à distinguer les contours d'un village qui se dessinaient au loin.
Le ciel d'un bleu azur était presque aveuglant, Dean cligna des yeux pour s'habituer à la lumière du soleil crue et vive lorsqu'ils sortirent enfin de la masse végétale.
-C'est pas un village, ça… c'est… c'est pire que ça ! », s'exclama Seamus.
Seules quelques petites maisons se dressaient dans la clairière.
-Arrêtons-nous juste pour demander notre chemin vers le château. C'est là-bas que nous allons devoir agir. », répondit Dean.
Les Travelers voyageaient de Mondes en Mondes pour régler les problèmes de chaque dimensions, afin qu'ils n'influent pas sur leur propre Monde. Et de toute évidence, le problème de celui-ci avait rapport avec la Famille Royale.
-Couvres ta tête, alors. »
-Seam', tu ne m'aimes plus ? », répondit Dean avec un sourire en coin.
-C'est pas ça, idiot ! J'ai pas envie qu'ils repartent dans un délire sur l'empoisonneuse. », rétorqua l'Irlandais en lui donnant un léger coup de coude.
-Tu me traites de femme, maintenant ? »
-Dean ! Si t'étais une femme, sûr que je t'aurais sauté dessus depuis le temps ! »
Seamus plongea son regard dans le sien alors que Dean se rapprochait de lui. L'Irlandais devait lever sa tête pour le regarder dans les yeux.
-Ah oui ? Tu es sûr que c'est ça qui te bloque ? », murmura Dean.
Il avait la voix rauque. Et il ne savait même pas pourquoi il poussait la plaisanterie jusque là. La respiration de Seamus était bizarre, Dean devait avouer lui-même qu'il se sentait un peu… drôle. Il y avait cette sensation qui se dégageait de son meilleur ami, ce sentiment qu'il ne parvenait pas à nommer et qui l'enveloppait comme une seconde peau agréablement tiède.
-Dean… Je… »
Un hurlement les fit sursauter.
-NON ! »
D'un même mouvement, ils regardèrent le minuscule village d'où s'échappait des grognements et des cris. Une des maisons cachait toute l'agitation ; les deux sorciers la contournèrent mais prirent soin de rester dans l'ombre alors qu'ils observaient la scène.
Une vingtaine de personne était amassée devant une des maisonnettes dont la porte était ouverte. Deux chevaux attendaient patiemment à l'écart. Leurs cavaliers étaient là, encadrant un jeune adolescent dont il tenait un bras chacun et pour cause ; il s'agitait et se débattait comme un diable en hurlant.
-Je n'irais pas !! Vous ne pouvez pas m'obliger !! Lâchez-moi, vous ne pouvez pas !! »
-Silence, silence !! », aboya un des cavaliers en armure.
-C'est un ordre de la Reine de Cœur !! Dennis Crivey doit être emmené au château pour être jugé !! Il est accusé de haute trahison envers la Famille Royale !! », cria l'autre.
-JE N'AI RIEN FAIT !! »
Les habitants pointaient le jeune Dennis du doigt alors qu'il se faisait traîner vers les chevaux.
-Dean… ! », murmura Seamus en attrapant son bras.
Il posa sa main sur sa nuque pour le calmer. Lui-même commençait à fulminer ; le garçon s'était mis à pleurer en hurlant des injures et aucun des habitants ne réagissait. Un des hommes en armure en eut assez et le frappa en plein visage lorsqu'il refusa de monter. Ce fût la goutte de trop.
Seamus bondit hors de leurs cachette avant même qu'il ne pût le stopper.
-LACHEZ-LE ! »
-SEAMUS ! »
Dean se lança à sa poursuite quand quelque chose captura son attention. Quelqu'un, caché derrière un mur qui regardait tristement la scène. Une jeune fille. Il n'eut pas le temps de la détailler plus ; Seamus avait poussé un cri de douleur. Furieux, Dean écrasa son poing sur le nez du cavalier qui avait osé frapper le jeune Irlandais. Il y eut un craquement, un liquide chaud et visqueux glissa sur ses phalanges tandis que l'homme gémissait en reculant d'un pas.
-Comment osez-vous tenir tête à la Reine ?! », s'ingurgea l'autre cavalier en tenant fermement Dennis Crivey qui continuait de se débattre « Emparez-vous d'eux, vous autre !! »
Dean se plaça face à Seamus, protecteur. L'Irlandais tenait sa joue meurtrie avec sa main. Les villageois poussèrent des cris furieux et des injures en brandissant fourches et poings vers eux.
-Traîtres à la Reine ! »
-A mort !! »
La panique était de nouveau là. Seamus attrapa sa cape dans son dos, la respiration rapide. Dean devait avouer lui-même que son cœur cognait violemment contre sa poitrine. Les cavaliers en profitèrent pour s'enfuir, ils entendirent à peine les bruits de galops, trop préoccupés par les villageois qui se déployaient autour d'eux. Complètements cernés, à leurs merci.
-Dean !! »
'Calmes-toi, Seam' ! Je cherche comment fuir, et si ça dégénère, on utilise notre pouvoir. C'est tout.'
Ses yeux sautaient dans tous les sens à la recherche d'une échappatoire.
-Vous allez attiser les foudres de la Reine sur nous ! »
-Maudits démons ! »
Les villageois se resserraient autour d'eux. Il n'y avait aucune issue possible, ils allaient devoir utiliser la magie. Dean concentra toute son énergie dans ses mains, tous les sens en alerte comme une bête acculée. Il allait lancer un sort quand brusquement, une bourrasque de vent s'éleva autour de lui et Seamus.
Puissante, destructrice. Les hurlements terrifiés des hommes et des femmes se mêlaient au sifflement furieux de la tornade qui les balayait en tout sens. Ce n'était pas naturel. Impossible, puisque que Seamus et lui n'étaient pas touchés par le cyclone ravageur. Quelque chose l'attrapa brusquement par le col et le tira en arrière. Dean émit un gargouillement étranglé, porta ses mains à sa gorge en se débattant mais la poigne était solide. Il se fit traîner en arrière à une vitesse folle, ballotté comme une vulgaire poupée de chiffon. Il entendit Seamus crier quelque part derrière lui mais impossible de combattre la force invisible qui le tirait en arrière vers la forêt.
Puis tout à coup, plus rien. Il n'y avait que le silence. Il se fit projeter sans ménagement en avant et atterrit durement sur le sol de terre et de mousse.
-Flint !! Tu aurais pût faire gaffe, c'est un humain, pas un gnome de jardin ! », dit une voix derrière lui.
-Si tu n'es pas content, tu n'avais qu'à le faire tout seul, Wood ! »
Dean roula sur le dos pour se redresser en position assise. Il y avait deux types en face de lui. Un gaillard plutôt solide aux mèches brunes qui tenait un Seamus livide par les épaules, les yeux noisettes rivés sur l'autre jeune homme aux cheveux plus noirs que la nuit et au teint pâle qui possédait les dents les plus horribles que Dean ai jamais vu. Leurs visage était familier, il était sûr de les avoir déjà vu quelque part.
Le brun se tourna vers lui, l'air un peu inquiet.
-Est-ce que ça va ? »
-Je… Je crois. », répondit Dean en massant son cou.
Seamus avait l'air plus en forme. Juste un peu pâlichon et inquiet. Le brun relâcha Seamus pour se pencher vers lui afin de lui tendre la main. Il le hissa sans aucun effort particulier et Dean le remercia d'un hochement de tête, la gorge encore en feu.
-On est intervenu in-extremis. », dit le jeune homme « Lampard m'avait prévenu de votre arrivée. »
-Lampard ? », s'exclama Seamus la voix un peu aiguë « Vous le connaissez ? »
-Oui, on vient de la même école que vous après tout. Je m'appelle Oliver. », répondit-il « Oliver Wood. Et le troll derrière, c'est Flint. »
TBC
( Un genre de Cliffhanger ! Hihi ! Bon j'espère que c'est accrocheur comme début, sob sob. Donc euh, pour récapituler un peu, les sorciers de cet AU n'utilisent pas de baguettes mais leurs mains. Et aussi, les deux membres d'une pair peuvent se parler télépathiquement et ressentir les émotions des autres. Et ils sont reliés par un lien visible magiquement, dont les couleurs ont un sens, d'ailleurs ! :D Je pense que c'est tout ! J'espère que ça vous a plût ! )
