Titre : L'Empoisonneuse
Fandom : Harry Potter
Paring : Quelques petits indices pour un future Dean/Seamus, des soupçons de Marcus/Oliver. Peut-être une pointe de Theodore/Blaise aussi. Deux autres parings également présents concernant Dame Zabini.
Rating : T pour violence et… euh… relation hétéro très louche.
Warning : AU
Disclamers : Bon, un petit bout de l'univers est à moi, et aussi le prof Lampard et le prof Flanagan, sinon JKR est maîtresse de tout !
ENFIN ! x'D (cri du coeur). Alors je suis DESOLEE pour le temps que j'ai mit à écrire ce chapitre. Problèmes d'inspiration et d'ordi, mais voilà enfin le deuxième chapitre, pour les rares personnes qui lisent cette fic. xD. Euh, PeFloyd, j'aimerai te remercier encore pour ta gentille review, j'espère que tu vas pas être rebutée par la longueur de ce chapitre et qu'il va te plaire ! xD (tiz est stressée). Voila voila, je fais pas un très long commentaire parce que mon ordi lagg à mort, snif.
Donc place à la fic !
&
-Je m'appelle Oliver Wood. Et le troll derrière, c'est Flint."
Oliver avait la voix un peu enrouée, comme s'il sortait tout juste d'un gros rhume.
-Wood. », répondit Flint menaçant « La prochaine fois que tu veux jouer les héros, tu te démerderas tout seul. »
Il était monstrueusement impressionnant. Dean ne pût s'empêcher de le dévisager bouche bée. Wood, qui avait une bonne carrure d'athlète, était presque ridicule à côté de lui. Les épaules de Flint faisaient presque le double de celles du brun, il le dépassait d'une bonne demi-tête et semblait bâti tout en muscle. Dean préférait encore affronter tous les Serpentards réunis plutôt que de se retrouver face à face avec Flint.
-Tu aimes ce que tu vois ? », aboya le jeune homme en lui jetant un regard noir.
Dean referma sa bouche dans un claquement de dents.
-C'est quoi ton problème, Flint ? », dit Oliver en fronçant ses sourcils « Tu vas les traumatiser ! Lampard nous a dit de les surveiller ! »
Le regard de Flint fusa vers le brun qui ne bougea pas d'un poil. Il se rapprocha de lui en deux grandes enjambées avant de l'empoigner sans ménagement par le col pour le tirer dangereusement vers lui. Les doigts d'Oliver s'enfoncèrent dans l'avant bras de Flint si fort que ses jointures devinrent blanches, mais Flint ne cilla même pas et ils continuèrent de se mesurer du regard.
'Ils sont complètement fous ! Il va lui casser la tête !', cria la voix de Seamus dans sa tête.
'Je ne crois pas qu'il ferait ça à son propre partenaire.', répondit Dean.
Mais en sentant la haine qui émanait des deux jeunes hommes, il en douta un peu.
-Euh… Excusez-moi. », dit timidement Seamus « C'est quoi cette histoire avec Lampard ? »
Flint repoussa Oliver sans aucune délicatesse avec, bizarrement, un sourire satisfait aux lèvres.
-Tu croyais qu'il allait vous lâcher dans un autre Monde sans aucune surveillance, minus ? », répondit-il en regardant Oliver défroisser son col d'un air grognon.
Une pique de vexation traversa Seamus, mais l'instinct de survie de l'Irlandais fût plus fort que son amour-propre blessé et il choisit de ne pas répliquer. Dean approuva mentalement son choix ; même s'il était capable de tout pour protéger son meilleur ami, il ne pouvait sûrement pas faire le poid face à Flint.
-C'est comme ça chaque année. », dit Oliver en se massant distraitement la gorge « Des aînés sont chargés de chaperonner les nouveaux. Et Lampard nous a contacté. »
-Alors vous êtes de Poudlard. », conclu Dean.
-C'est ça. »
Wood et Flint. Il était certain d'avoir entendu ces noms quelque part, maintenant. Et le pire, c'était qu'il les avait entendu ensemble. Plusieurs fois.
« Il y a eut une bagarre au troisième étage. C'est encore Wood et Flint. »
« Percy, tu devrais aller chercher Wood. Il essaie de se noyer sous les douches ! »
« Si Flint ne le tue pas avant, Wood va se faire assassiner par les membres de sa propre équipe s'il continue à les harceler comme ça. »
-Vous êtes… », commença Dean stupéfait.
Il n'eut pas le temps de finir que des bribes de voix perçaient à travers les arbres.
-Ils sont là !! Ils sont là, attrapez-les !! Au bûcher !! »
-Les types de village ! », s'exclama Seamus.
-Je suggère de tous les buter. », dit Flint en agitant ses mains.
Oliver attrapa son bras pour le stopper.
-Ca va pas, espèce de malade ?! On fuit et c'est tout ! »
-Je ne fuis jamais devant quelqu'un ! », grogna Flint en montrant ses dents.
-Ce n'est pas le moment de jouer les durs ! Allez, bougez-vous tout les deux ! », dit Oliver à l'intention des jeunes sorciers.
Dean acquiesça, puis pris la main de Seamus avant de se mettre à courir, l'Irlandais sur les talons. Oliver avait raison, même si les villageois commençaient à être agaçants, ils ne pouvaient tout simplement pas commettre un génocide. Des bruits de pas derrière l'informèrent qu'Oliver et Flint les suivaient de près mais les cris des villageois ne faiblissaient pas. Un coup d'œil par dessus son épaule lui indiqua même qu'ils commençaient à gagner du terrain.
-Bordel ! », jura Seamus alors qu'il trébuchait pour la troisième fois « Comment est-ce que tu veux t'enfuir correctement avec toutes ces racines et ces nids de poule ?! »
-Attention !! », cria Oliver.
Dean se baissa juste à temps pour éviter une fourche qui se planta violemment contre un tronc, son cœur rata un battement lorsque la lance mortelle siffla au dessus de sa tête.
-Ca suffit, je vais les massacrer ! », dit la voix de Flint derrière lui.
-Non ! Je n'irais pas à Azkaban à cause de toi, vieux troll ! »
-Le Ministère n'en saura rien ! Dégage, imbécile ! »
Dean entendit Oliver crier puis le bruit de quelque chose qui s'enfonçait au sol. Un autre coup d'œil derrière lui lui permit de s'assurer que le brun était toujours en vie, mais ses joues semblaient bizarrement rouges et il respirait fort. Ce n'était pas normal qu'il fatigue aussi vite, il savait maintenant qu'Oliver avait été capitaine de Quidditch à Poudlard, son endurance devait être bien plus grande que la sienne, et pourtant… il avait l'air de peiner.
Dean jeta un coup d'œil à Seamus qui trébucha à nouveau.
'Seam'. On va s'échapper à notre manière.'
'Tu es sûr ?'
L'Irlandais était un peu incertain.
'Je m'occupe de Flint.', dit Dean.
'Compris.'
D'un même mouvement, ils ralentirent. Avant même que Oliver n'ait ouvert la bouche pour demander ce qui n'allait pas, Seamus se saisit de lui et disparu. Dean attrapa lui même le bras de Flint et se concentra. Tout son corps s'enfonça au sol, la terre l'englouti. Tout était noir autour de lui. Il concentra une pointe de magie de ses yeux pour que son lien avec Seamus apparaisse, étincelant dans les ténèbres totales du monde souterrain. Le bras de Flint était toujours solide dans sa main. Il suivit le lien à toute vitesse. Le silence était lourd, le noir oppressant.
Au bout d'un moment, les fils colorés remontèrent vers la surface. Dean ferma les yeux. Comme toujours, il eût l'impression de jaillir hors d'un bassin d'eau tiède. Il prit une grand inspiration avant de rouvrir ses paupières. Seamus était bien là, adossé contre un tronc d'arbre le souffle un peu court, près d'Oliver qui avait une main devant sa bouche, accroupit au sol et le teint un peu verdâtre. Dean jeta un coup d'œil à sa gauche pour s'assurer que Flint n'avait subit aucun dommage, mais mis à part son air éberlué, le jeune homme avait l'air bien.
-C'était quoi, ça ? », balbutia Oliver derrière sa main.
-Un petit aperçut de notre pouvoir. », répondit Seamus.
Ses yeux bleus se fixèrent sur Dean alors qu'il souriait avec fierté.
-Mais ce n'est pas censé donner le tournis en temps normal. », dit Dean en observant Oliver reprendre peu à peu ses couleurs.
Flint ricana dans son coin, ignorant totalement le regard noir que lui lança le grand brun.
-Je viens de sortir d'un rhume. », répondit-il sèchement.
-D'un rhume ? », rétorqua Flint narquois « J'ai cru que tu allais me clamser dans les mains ! Je t'avais dit de ne pas toucher à ses champignons, mais bien sûr, tu voulais en faire qu'à ta tête, stupide Gryffondor ! »
-J'avais faim ! », s'exclama Oliver indigné.
Flint roula des yeux.
'C'est pas possible qu'une pair s'entende aussi mal…', murmura Seamus.
'Roger Davies et Sally Ann Perkins étaient dans le même genre.'
Dean se rappelait très clairement les chamailleries incessantes des deux Serdaigles, à l'époque où ils occupaient la Salle Commune des Travelers. Mais leurs relation ressemblait à celle de Ron et Hermione ; s'était en s'envoyant perpétuellement des piques qu'ils se montraient leurs affection. Pour ce qui était de Wood et Flint, en revanche…
-Bon. Ne perdons pas notre temps, il faut que je rentre le plus vite possible. », dit Oliver « Vous êtes arrivés depuis combien de temps, et qu'avez-vous appris sur ce Monde ? »
Seamus se chargea d'expliquer le début de leurs aventures ; l'apparition du Cavalier, les explications de Theodore, la rencontre avec Lockhart et leur intervention dans le village, avec force d'exclamations et de gestes. Oliver éclata de rire lorsque Seamus imita Lockhart et même Flint s'autorisa un sourire goguenard. L'Irlandais avait toujours eut un don pour rendre n'importe quel récit captivant.
-C'est plutôt pas mal en une journée et demi. », dit Oliver « On a pas grand chose d'autre à vous apprendre. Quoi que… on a réussi à s'approcher du château. »
-Sérieux ? »
-D'après un ivrogne dans une taverne, la Reine prend toujours son thé dans son jardin, alors on a décidé d'aller l'espionner un peu. C'était un vrai labyrinthe à l'intérieur mais on a pu s'approcher assez près pour l'apercevoir. »
-Et après ? », demanda Seamus curieux.
-Euh… »
Oliver se gratta la nuque, hésitant.
-On a du s'en aller. », répondit Flint à sa place « Les effets des champignons se sont manifestés et cet idiot est tombé par terre comme une souche. »
-Ce n'est pas comme si j'avais voulu tomber malade à ce moment là ! », grogna Oliver de mauvaise foi.
-Bref, on a du s'enfuir.", continua Flint sans l'écouter « Encore une fois. C'est drôle parce qu'il n'y a que quand je suis avec toi que je dois fuir comme un vulgaire lapin. »
Oliver le fusilla du regard. La tension recommençait à monter en flèche, Dean décida qu'il valait mieux calmer le jeu.
-J'ai vu une fille. », dit-il en regardant prudemment les deux ex-capitaines « Elle avait un comportement bizarre pendant l'enlèvement du garçon. »
-Bizarre comment ? », demanda Oliver sans quitter son rival des yeux.
-Elle se cachait en regardant la scène, alors que tous les autres se tenaient debout au soleil. »
Les yeux de Flint se posèrent brusquement sur lui.
-Elle était comment ? »
Dean avait faillit sursauter. Les prunelles de l'ancien Serpentard étaient sombres, comme un puit sans fond.
-Pas très grande. Longs cheveux noirs, yeux clairs. Peut-être verts. »
-Peau diaphane. », continua Flint « Evidemment. Elle était là aussi lorsqu'ils ont emmené ce gosse il y a trois jours. »
-Dans ce cas, elle doit être reliée à tout ça. »
-Il faut l'interroger. »
Seamus et Oliver observaient l'échange la bouche ouverte, comme s'ils regardaient une balle de tennis voler par dessus un filet pendant un match.
-Oh, fermes-là, Wood ! », dit soudain Flint les sourcils froncés.
Son exclamation étonna Dean, mais en voyant l'air boudeur qu'arborait Oliver, il se dit que les deux Travelers avaient sûrement du se parler mentalement.
-Qu'est ce qu'on fait, alors ? Je suppose qu'on va travailler avec vous ? », demanda Seamus.
-On doit retrouver cette fille. », répondit Flint « Et pour ça, il n'y a qu'un seul moyen. On va se poser jusqu'à ce qu'un nouvel enlèvement ait lieu. Ensuite, on assistera au jugement du prochain mouflet. Elle sera là. »
&
L'étrange quatuor traversa le bois jusqu'au village suivant. Aucun mot ne fût échangé durant le voyage ; Oliver était à l'avant alors que Flint fermait la marche, et Dean sentait que Seamus était perdu dans ses pensées même si leurs lien lui indiquait que l'Irlandais était serein.
Alors qu'ils atteignaient l'orée des bois, Dean fit une rapide remarque sur leurs vêtements que les deux ex-capitaines approuvèrent. Oliver avait levé sa main quand Flint le coupa.
-Je te conseille de me laisser faire, Lampard ne voudrait pas que les deux gamins meurent accidentellement étouffés par une manche ou un col trop serré. »
-Je me suis amélioré depuis la dernière fois ! », protesta Oliver indigné.
-Pardon ? Quand tu as voulu sécher tes vêtements, ils ont prit feu. »
-Je croyais que cette histoire était oubliée ! », s'exclama le brun.
-De toute évidence, non. »
Oliver fit la moue puis mit ses mains dans ses poches. Dean échangea un regard avec Seamus qui se mordait les lèvres pour ne pas rire, les yeux brillants. Il se sentit bizarre à l'intérieur, et décida de retourner son attention sur Flint qui s'occupait déjà à modifier leurs vêtements.
Quelques sorts plus tard, ils se retrouvaient dans une sorte d'auberge. Du moins, d'après ce que Dean pouvait entendre. Une capuche recouvrait entièrement son visage, cachant sa couleur de peau mais le rendant également aveugle. C'était Seamus qui le guidait, sa main posée sous son coude.
-Pourquoi est-ce qu'on doit partager la même chambre ? », grogna Oliver alors qu'ils montaient les escaliers.
-Est-ce que je dois te rappeler qu'on a pas de tune, imbécile ? », rétorqua Flint sur le même ton.
-Et bien on devrait trouver un moyen d'en gagner ! Vous avez combien, vous ? »
Oliver leurs jeta un bref coup d'œil par dessus son épaule. Seamus allait répondre qu'ils ne possédaient rien quand Flint lui coupa la parole avec un rictus.
-Tu sais quoi ? Tu devrais te balader en ville en offrant tes services, Merlin a été assez sympa pour te refiler une tête passable à défaut d'un cerveau, tu pourrais t'en servir pour une fois. »
-QUOI ?! », s'ingurgea le brun les yeux exorbités « Je te jure qu'un jour je t'arracherais ta sale langue de serpent, Flint ! »
Les deux jeunes hommes continuèrent de se disputer allègrement jusqu'à ce qu'ils entrèrent dans leurs chambre. Même la porte fermée, leurs voix continuaient de percer à travers le bois pourtant épais.
-Ils se tueront avant qu'on ait fini la mission. », dit Seamus effaré.
Dean ne pût qu'acquiescer. Il se demanda pour la énième fois comment ces deux-là pouvaient former une Pair.
Deux jours s'écoulèrent sans qu'aucun évènement ne chamboule le grand village où séjournaient les Travelers. Dean restait principalement dans la chambre qu'il partageait avec Seamus, handicapé par sa ressemblance avec les Zabini, et commençait à s'ennuyer ferme alors qu'il avait ordonné à l'Irlandais de sortir prendre l'air. Seamus n'avait pas voulu le laisser seul mais Dean savait que le garçon était incapable de rester enfermé dans une pièce. Il le soupçonnait parfois d'être claustrophobe mais Seamus s'était toujours défendu en disant qu'il ne voyait pas les murs 'se rapprocher de moi pour m'écraser comme une crêpe !'.
Flint disparaissait on ne savait où pendant les journées, et Oliver passait le voir de temps en temps dans sa chambre pour discuter de Quidditch ou de Foot, Dean remarqua très vite que le grand brun ne pouvait plus s'arrêter de parler lorsqu'il s'agissait de sport.
Assis en tailleur sur son lit, Dean le dévisagea alors qu'il parlait de l'équipe de Flaquemare en prenant à peine le temps de s'arrêter pour respirer. Maintenant qu'il y réfléchissait, il se rappelait très bien avoir vu Oliver dans leurs Salle Commune, entouré de ses amis ou coéquipiers. L'ex-capitaine n'avait pas vraiment changé ; ses cheveux bruns étaient peut-être un peu plus ébouriffés et son visage plus dur, mais du reste, il avait gardé ses yeux noisettes qui brillaient avec passion lorsqu'il parlait de Quidditch, et cette manie de hausser ses sourcils bien haut lorsqu'il était étonné, ou de mordre brièvement sa lèvre inférieure lorsqu'il se préparait à faire quelque chose qui requérait toute son attention.
Dean essaya de l'interroger une ou deux fois sur sa relation avec Flint, mais Oliver se renfrognait toujours à l'entente de son nom et refusait d'en parler. La seule chose qu'il apprit était que les deux sorciers avaient toujours été ennemis et rivaux depuis son premier jour à Poudlard.
Mais il y avait quelque chose de bizarre dans leurs relation. Elle n'était pas exactement comme celle de Harry Potter et Draco Malefoy, qui pourtant niveau haine pouvaient battre des records. C'était différent, peut-être plus passionné et sombre, avec une pointe de quelque chose d'autre que Dean n'arrivait pas à qualifier. S'il avait du peindre leurs relation, Dean savait qu'il aurait choisit une toile noire mêlée de zébrures bordeaux. Il fût plusieurs fois tenter d'examiner leurs lien pour essayer d'y voir plus clair, mais il avait appris très tôt que c'était quelque chose d'intime chez les Travelers. Il ne voulait pas passer pour une sorte de… pervers, même s'il était curieux.
Seamus finit par rentrer, et après un bref dîné où l'Irlandais raconta à Dean tout ce qu'il avait vu et fait pendant sa sortie tandis qu'Oliver et Flint s'envoyaient des piques, ils remontèrent dans leurs chambre pour passer leur troisième nuit dans l'auberge.
-De quoi est-ce que vous avez parlé avec Oli ? », demanda Seamus d'un ton détaché alors qu'il enlevait sa cape.
-Sport. Comme d'habitude. Pourquoi ça ? »
L'Irlandais haussa ses épaules en lui tournant le dos alors qu'il regardait par la fenêtre. Dean pouvait sentir quelques sentiments un peu étranges émaner du garçon mais ne parvenait pas à mettre un doigt dessus.
-Rien du tout. »
Dean fit passer son haut par-dessus sa tête. Seamus s'était retourné entre-temps et il le surprit en train de le dévisager. L'Irlandais dût sentir son étonnement car il releva ses yeux vers les siens avant de détourner son regard. Ses mains caressèrent distraitement sa joue, là où Dean l'avait embrassé quelques nuits plus tôt dans le campement de Lochkart. Y repenser le rendit un peu étrange, sa main se resserra sur son haut de façon convulsive. Il pouvait encore sentir la peau de Seamus contre ses lèvres, ses traits contre ses doigts.
L'Irlandais finit par se décoller de la fenêtre en poussant un soupire. Il s'approcha de lui, et Dean se sentit tout bizarre lorsque Seamus déposa un baiser sur sa joue. Prit d'une impulsion subite, il attrapa le bras du garçon alors qu'il se détachait de lui pour lui rendre la pareille.
Il le relâcha sans le regarder. Seamus se déshabilla rapidement pour se glisser dans son lit.
'Bonne nuit, Deano.', murmura t-il.
Dean finit de plier ses affaires avant de se coucher lui aussi.
'Bonne nuit.'
Il ne savait pas trop ce qu'il se passait. Ou plutôt, il ne voulait pas y penser. Pour une fois, se laisser guider sans réfléchir lui semblait la meilleure des solutions. Les paupière closes, sa joue semblait le brûler agréablement là où Seamus l'avait embrassé.
&
-CA Y EST !! »
La porte claqua violemment contre le mur, Dean crût que son cœur allait sortir de sa poitrine.
-Qu'est ce qu'il se passe ? Ils se sont finalement entretués ? », balbutia t-il les yeux ronds comme des soucoupes.
Seamus trépignait littéralement sur place.
-Non ! Les soldats ! Ils sont là ! Ils sont en train d'emmener quelqu'un, dépêches-toi ! »
L'Irlandais l'attrapa par le bras. Dean eut à peine le temps d'enfiler sa cape qu'ils dévalaient les escaliers et sortaient de l'auberge pour courir dans tout le village. Il ne voyait que les pavés défiler sous ses pieds, sa capuche obstruait sa vue, mais Seamus le tenait fermement pour le guider. Il pouvait entendre le brouhaha d'un attroupement et les cris d'un garçon. Il buta contre quelqu'un.
-Ouch. Vous avez fait vite. »
La voix d'Oliver.
-Désolé. »
-Pas de mal. »
-Qu'est ce qu'il se passe ? »
Il était complètement démuni lorsqu'il ne voyait rien, il n'aimait pas ça. Les doigts de Seamus se resserrèrent autour de son bras comme pour le réconforter.
-Ils sont tous agglutinés comme des vautours. », dit Oliver.
-C'est comme la dernière fois, Deano. », continua Seamus.
-Et la fille ? »
Il y eut un silence alors que les autres sorciers devaient chercher parmi la foule.
-Je la vois. », répondit enfin Flint.
-Elle est où ? », demanda Oliver.
-T'as qu'à chercher toi-même, aveugle. »
Le grand brun se mit à grogner.
'Seam, tu la vois ?', dit Dean en roulant des yeux.
'Je crois. Elle est encore à l'écart, c'est bizarre.'
Ils restèrent silencieux. Dean pouvait entendre les sabots des chevaux qui frappaient les pavés avec impatience, les murmures excités et encore et toujours les cris et les pleurs du jeune qui se faisait embarquer, à peine masqués par les aboiements des soldats.
-Elle bouge ! », dit soudain Flint.
Seamus le tira par le bras. Dean ne pût que se laisser faire, son ouïe à l'affût.
-Elle se dirige vers le château. Sûrement pour voir le procès. », dit Oliver.
Ils progressaient à toute allure à travers le village, Dean manqua plusieurs fois de trébucher mais Seamus était toujours là pour le rattraper.
'Je ne sais pas comment ils font pour la voir', dit Seamus dans sa tête 'Pour moi elle a disparu loin devant.'
Il poussa ensuite une exclamation de stupeur.
'Qu'est ce qu'il se passe ?'
'Le château, Dean ! Il est… Il est géant !!!'
-On y est, va falloir trouver une place à l'écart. », marmonna Flint.
Ils se mêlèrent à d'autres personnes, Dean pouvait voir leurs pieds sur le sol, entendait leurs voix et sentaient leurs corps pressés contre le sien. La poigne de Seamus se resserra autour de son bras comme s'il ne voulait pas le perdre. C'était un peu comme lorsqu'il se rendait dans la Grande Salle pour déjeuner à Poudlard, tout le monde se poussait et s'agglutinait pour rentrer tous en même temps.
Le sol était en pierre, leurs pas et leurs chuchotements raisonnaient dans le château. Une odeur étrange flottait dans l'air. Ils s'assirent sur des bancs en bois gelés. Seamus frissonna tout contre son bras.
Dean releva légèrement sa capuche. Ils étaient tous assis contre les côtés d'une pièce gigantesque. Le plafond était tellement haut qu'ils le distinguaient à peine dans l'ombre. Les murs et le sol étaient tout de pierre, éclairés par des flambeaux imposants accrochés un peu partout. Un long tapis rouge avait été déroulé au milieu de la pièce, de la double porte à présent fermée jusqu'au trône immense posé en haut d'un escalier, encadré par deux sièges plus modestes. L'ambiance était presque étouffante, tous les spectateurs s'étaient tu.
-La fille est en face. », murmura Oliver dans son oreille « Au bout du dernier banc. »
Dean acquiesça. Il la voyait, assise dans son coin. Elle se démarquait des autres avec son visage pâle et son expression effarouchée. Ses yeux clairs sautaient un peu partout mais revenaient toujours nerveusement vers le trône. Elle était plutôt jolie, avec ses longs cheveux noirs et ses lèvres pleines.
La double porte s'ouvrit brusquement dans un grincement du tonnerre, et le silence fût déchiré par des sanglots et des gémissements plaintifs. Les deux soldats entrèrent dans la salle. Le garçon était entre-eux, quasiment traîné sur le tapis rouge alors que des larmes roulaient à flot sur ses joues.
Une explosion de sentiment traversa son lien alors que les doigts de Seamus écrasaient son bras de façon convulsive.
'Seam…'
L'Irlandais ne répondit pas. Dean effleura sa cuisse avec sa main, lui arrachant un léger sursaut. Seamus se tourna vers lui, les lèvres entre-ouvertes en une expression surprise, et Dean se sentit comme happé par le regard de l'adolescent. Si bleu, si expressif…
Un coup de coude s'enfonça dans sa hanche, le ramenant brusquement sur terre.
-Concentres-toi un peu, t'auras tout le temps pour ça après… », murmura Oliver.
Dean sentit ses joues se mettre à brûler avec gène. Il ne savait pas quoi voulait parler le jeune homme. La main de Seamus glissa jusque la sienne et il se refocalisa sur la scène qui se déroulait en face.
Les soldats tenaient le garçon à genoux au pied des escaliers. Puis d'un coup, quelqu'un s'écria d'une voix forte.
-Sa Majesté la Reine de Cœur, Monsieur le Roi et Monsieur le Cavalier. »
Il y eut un nouveau grincement, puis des murmures admiratifs. Il entendait des bruits de pas étouffés sur le tapis, et enfin, il les vit. Ses yeux s'écarquillèrent et son souffle se coupa ; elle était tout simplement magnifique. Il n'y avait pas d'autre mot. Ses longs cheveux lisses plus noirs que la nuit contrastaient avec sa peau diaphane vierge de toute imperfection. Ses yeux en amandes étaient entourés de longs cils et ses lèvres colorées d'un rouge violent. Une grâce royale émanait de la jeune femme alors qu'elle s'avançait vers le trône la tête haute, vêtue d'une robe blanche et écarlate à la traîne interminable.
Derrière elle, le Cavalier se pavanait avec un sourire arrogant en marchant au côté d'un homme plus petit au ventre bedonnant, une couronne posée sur son crâne un peu dégarni.
Tous trois prirent place sur l'estrade, la Reine de Cœur au centre. Ses yeux de biches se posèrent avec dédain sur le jeune prisonnier qui se tortillait entre les soldats.
-Que le procès commence. », dit le Roi d'une petite voix.
Le silence retomba dans la grande salle alors qu'un des soldats s'avançait.
-Sa Majesté. Ce jeune homme ici présent est accusé de haute trahison envers la grande Famille Royale. »
-A t-il un avocat ? »
-Non, votre Majesté. »
-Qu'elles sont ses fautes ? »
Alors que le soldat répondait au petit Roi de Cœur, Dean reporta son attention sur la Reine. Il faillit s'étrangler lorsqu'il la vit regarder vers lui. Non, ce n'était pas exactement lui qu'elle fixait, mais un peu plus à sa droite.
'Qu'est ce que t'as ?', dit Seamus inquiet.
'Elle est en train de fixer Ollie. Ou Flint.'
'Quoi ?! Mais pourquoi ?'
'Aucune idée.'
La jeune femme ne les lâchait pas des yeux. Un sourire étira ses lèvres et Dean fût parcourut d'un frisson. Il y avait quelque chose d'étrange qui se dégageait d'elle.
-Ma Reine, que décidez-vous ? »
L'attention de la femme retourna sur le prisonnier maintenant à terre.
-Qu'on lui coupe la tête. »
Un gémissement plaintif s'échappa du jeune, rapidement étouffé par les murmures excités de l'assemblée de spectateurs. Les gardes relevèrent l'adolescent et saluèrent respectueusement les trois membres de la Famille Royale avant de s'éclipser par une porte dérobée. Dean ne pût que les regarder avec une fascination morbide.
-Sa Majesté la Reine a rendu son verdict ! », cria une voix.
D'un même mouvement, tous les spectateurs s'inclinèrent en avant dans une sorte de salut respectueux. Dean et Seamus s'empressèrent de les imiter, et c'est à travers ses cils que Dean vit la Famille Royale repartir en sens inverse.
-La séance est levée ! »
Tous se levèrent dans une cacophonie générale. Dean remit sa capuche bien en place sur son visage alors que Seamus resserrait ses doigts autour des siens.
-Dépêchez-vous. », murmura Oliver.
Ils retournèrent dans la forêt. Les voix des villageois s'éloignèrent de plus en plus jusqu'à s'éteindre complètement, et Dean rabaissa sa capuche pour y voir plus clair.
-Alors qu'est ce qu'on fait ? », dit Oliver au bout d'un moment « On l'attrape et on lui demande ce qu'elle a à voir avec la Reine ? »
Flint se mit à ricaner comme si c'était la chose la plus drôle qu'il ait jamais entendu. Dean ouvrit de grands yeux surpris ; le rire du jeune homme était aussi fort et brusque que son physique.
-C'est ça ! », dit-il clairement moqueur alors que le visage d'Oliver se décomposait « Et pourquoi pas lui offrir le thé en même temps ? »
-Si on lui fait peur, elle risque de s'enfuir. », rétorqua Seamus.
-On est quatre, aucune chance que cette gamine s'échappe. Enfin, vu que Wood a deux mains percées, on peut pas vraiment le compter… »
Il ricana à nouveau, ignorant les petits yeux plissés d'Oliver qui fusillaient son dos.
-On va la perdre de vue. », signala Dean pour changer de sujet.
-Y a encore beaucoup de marge. », répondit Flint.
Et pourtant, Dean distinguait à peine la silhouette de la jeune fille entre les arbres. Il plissa des yeux pour y voir plus clair. Cela devait lui donner un air drôle, Seamus se mit à pouffer de rire.
-Notre vue est plus développée que la votre. », expliqua Oliver à voix basse « Grâce au Quidditch, je dirais. »
-Taisez-vous. », coupa Flint « On y va. »
Les quatre travelers s'élancèrent en avant. Les deux anciens capitaines les distancèrent en quelques enjambées, et lorsqu'ils arrivèrent, la jeune fille s'était déjà arrêtée en poussant un petit cri.
Flint se tenait face à elle, un sourire animal sur le visage alors qu'Oliver se tenait plus à l'écart. Elle jeta un coup d'œil derrière elle sûrement à la recherche d'un moyen de s'enfuir et croisa le regard de Dean. Elle avait toujours cet air effarouché de bête aux abois.
-B… Bonsoir… », balbutia enfin la jeune fille « Est-ce que je peux vous aider ? »
-Oh ça oui… », répondit Flint.
Son sourire s'élargit, dévoilant ses dents monstrueuses. Dean en eût la chair de poule. Flint s'approcha de la fille qui poussa un petit couinement étranglé. Il la dominait de toute sa hauteur et aurait pu sans peine écraser sa petite tête entre ses deux mains.
-C'est quoi ton petit nom, hein ? »
-D… Daphné. Daphné Greengrass… »
-Et bien, Daphné. Tu vas nous dire tout ce que tu sais sur ta jolie Reine. »
Le silence retomba dans la forêt. Une atmosphère étrange s'était installée. Le danger, la tension était palpable. Il y avait quelque chose de bizarre chez Flint, quelque chose de presque animal. Il avait l'impression que Flint s'apprêtait à sauter sur la pauvre fille pour la dépecer. Et si jamais le jeune homme tentait quelque chose de la sorte, personne n'allait pouvoir l'arrêter.
Dean jeta un coup d'œil derrière l'ancien Serpentard. Oliver avait les bras croisés mais ses yeux étaient rivés dans le dos de Flint. Il avait un air sérieux sur le visage que Dean ne l'avait jamais vu arborer.
-La Reine… », répéta la jeune fille en jetant des coups d'oeil frénétiques autour d'elle.
-Quel est ton lien avec elle, hein ? »
-Mon… Mon lien ? Son Altesse est très grande, je ne suis qu'une pauvre paysanne, je… »
Flint tapota sa tête, comme si elle était un petit animal docile, et se pencha pour lui murmurer quelques mots à l'oreille. Dean observait prudemment la scène, tous les muscles tendus et prêt à bondir pour les écarter en cas de problème, même s'il était sûr que le jeune homme pouvait l'envoyer valser d'un simple coup de poing.
'Qu'est ce qu'il lui dit, tu crois ?'
'Je préfère ne pas savoir.', répondit-il sombrement.
La main de Seamus effleura la sienne. Devant eux, la fille poussait des petits couinements apeurés.
-Je… Je n'ai pas le choix ! », dit-elle lorsque Flint s'écarta d'elle « Elle me tuerait sinon ! »
-Donc tu as vraiment un lien avec cette Reine ? », demanda Seamus.
Elle se retourna pour le regarder puis acquiesça avant de baisser piteusement la tête, comme un chiot qu'on aurait grondé.
-Tu es présente à chaque fois qu'un jeune se fait emmener. », dit Dean « Pourquoi ? »
-C'est toi qui les choisi… », dit Flint.
C'était une constatation. La jeune fille hocha à nouveau du chef. Ses yeux brillaient de larmes, elle avait l'air sincèrement peinée et Dean se sentit un peu coupable de l'acculer de la sorte. Daphné Greengrass était une victime de cette Reine sans cœur, tout comme ce garçon qui allait se faire décapiter.
-Alors c'est ça que tu dois faire ? », dit Oliver un peu à l'écart « Choisir quel type va se faire tuer, ou quelle fille va rejoindre le harem de ce cavalier ? »
-La Reine me l'a ordonné ! Si je ne le faisais pas, oh ! Elle me tuerai, elle me tuerai moi ! »
La jeune fille fondit en larmes et se cacha derrière les manches de sa robe.
-J'aimerais savoir pourquoi ta Reine à tant besoin de tuer. », dit Flint « Ce n'est pas parce qu'elle aime ça, non… C'est pour autre chose. »
Dean fronça les sourcils. Flint avait raison sur ce point ; la Reine avait à peine fait attention au prisonnier pendant le procès, et il la voyait très mal assassiner elle-même tous ces garçons.
-Je ne sais pas, je ne sais pas ! », répondit-elle en se tordant les mains alors qu'elle sanglotait « Trouve-les et ramène-les, c'est tout ce qu'elle m'a dit ! »
-Alors tu choisis tous ces gens au hasard ? », s'exclama Seamus choqué.
-Non, non ! Des belles jeunes filles pour le Cavalier ! »
Seamus secoua la tête et marmonna dans sa barbe. Il était dégoûté. Dean pouvait le sentir.
-S'il vous plait, ne dites rien… Si son Altesse apprenait que je l'ai trahie… Oh, je serais perdue… perdue ! »
Elle tomba à genoux. Ses longs cheveux noirs glissèrent devant son visage, elle avait les bras repliés autour d'elle dans une posture misérable. Dean fut tenté de poser une main compatissante sur son épaule pour la consoler.
-T'inquiètes pas, on va s'occuper d'elle. », dit doucement Seamus « Et tu n'auras plus à faire ces choses. »
Elle releva son visage ruisselant de larmes pour le regarder avec surprise.
-C'est vrai ? Vous allez… me libérer ? »
Dean croisa le regard incertain de l'Irlandais. Seamus ne répondit pas mais l'aida à se relever sous le regard impassible de Flint.
-Si vous voulez… », dit-elle en séchant ses larmes « Je peux vous cacher. Chez moi. Je pourrais vous montrer tous les passages qui mènent au Château… »
-Hey, ce serait chouette ! », répondit Seamus avec un sourire.
-Non. », coupa brusquement Flint.
-Et pourquoi ça ? »
-Parce que je l'ai décidé. »
Dean sentit Seamus commencer à se mettre en colère. Il jeta un coup d'œil à Oliver et fût surpris de le voir le fixer. Les yeux du jeune homme passèrent sur Seamus avant de revenir sur lui, et Dean comprit le message. Il prit doucement son meilleur ami par le bras.
'Calmes-toi, Seam'. Il a raison, on ne peut pas s'abriter chez elle.'
'Pourquoi ! Tu as un lien télépathique avec lui aussi ?'
'On la mettrait en danger… Je ne pense pas que la Reine la laisse sans surveillance.'
Du moins, c'était son avis personnel. Il ne savait pas pourquoi Flint refusait l'offre de la jeune fille. Cela l'étonnait, en fait. Il avait toujours pensé que l'ancien Serpentard était du genre à accomplir ses missions sans se soucier du sort des autres.
-B…Bien. », murmura la fille en baissant les yeux « Il y a un village… A l'Est. Ce n'est pas loin, vous pourrez y trouver un abris pour la nuit. »
-On y va. », ordonna Flint.
Oliver le suivit sans broncher lorsqu'il s'éloigna. Dean tira gentiment sur le bras de Seamus et, après un dernier regard pour Daphné, l'Irlandais consentît à le suivre.
Leurs progression était silencieuse et tendue. Seamus était perdu dans de sombres pensées, et Dean lui même ressassait tout ce qui s'était passé depuis son arrivé ici. Mais au bout d'un moment, cependant, Flint changea de chemin. Le brusque virement réveilla les trois autres travelers.
-L'Est, c'était tout droit. », dit Seamus.
-J'avais remarqué. », répondit Flint à l'avant.
-Le village est à l'Est ! »
-Fous-moi la paix, minus. »
Une pique de rage traversa leurs lien. Dean se tourna vers Seamus, alarmé, mais trop tard. Une motte de terre s'éleva du sol et fit trébucher Flint en avant. Le jeune homme s'arrêta tout net de marcher avant de se tourner lentement vers Seamus. Oliver posa un regard inquiet sur Dean qui se posta près de son meilleur ami pour le retenir.
-C'est notre mission à nous ! », s'exclama l'Irlandais « Je vois pas pourquoi on devrait lui obéir ! »
-Thomas. », gronda Flint l'expression menaçante « Fais ton boulot et tiens ton stupide dominé en laisse ! »
'Seam ! Calmes-toi, Seamus !'
Une vague de magie tourbillonnait dans les airs et grondait sous leurs pieds. Oliver s'interposa brusquement entre eux, face à Seamus.
-Il y avait quelqu'un derrière vous. Il nous surveillait. Il est partit vers l'Est avant la fin de notre conversation avec la fille, c'est pour ça qu'on doit changer de chemin. »
Dean ouvrit de grands yeux. Il ne l'avait pas remarqué, mais après tout, Oliver avait une vue bien plus perçante que la leurs. La colère de Seamus retomba aussitôt, remplacée par de la surprise et l'énergie magique s'évanouit peu à peu.
Flint repoussa Oliver sur le côté sans aucun ménagement. Sa main resta sur l'omoplate droite du grand brun qui, pourtant, ne protesta pas.
-Réfléchis bien. », dit-il ensuite en fixant Seamus de ses yeux sombres « A ton avis, combien de personnes est-ce que cette gamine a tué juste pour être épargnée ! Tu crois vraiment qu'elle risquerait sa vie pour nous cacher ? »
Seamus détourna son regard, vexé. Il ne répondit pas parce que Flint avait raison. Les yeux de Dean, eux, restaient rivés sur cette main abandonnée derrière l'épaule d'Oliver jusqu'à ce que Flint s'écarte de l'ancien Gryffondor.
-On y va maintenant. Assez perdu de temps. »
'Tu as vu ça ?', s'exclama Dean alors qu'ils se remettaient en marche.
'Oui, il se prend vraiment pour le chef.', grogna Seamus boudeur.
'Il avait raison, Seam. Mais je ne parlais pas de ça. Tu as vu comment il a touché Oliver ?'
'De quoi est-ce que tu parles ?'
Seamus le regardait avec des yeux ronds, clairement confu.
'Il avait sa main dans son dos.'
L'Irlandais cligna des yeux avant d'éclater de rire.
'Dean ! On dirait une commère, arrête-ça !'
Dean ne répondit pas, prit de court, puis finit par sourire.
&
'Quand est-ce qu'on arrive ! J'ai faim et il va bientôt faire nuit !'
Dean roula des yeux. Cela faisait un bon moment qu'ils marchaient. Ils avaient enfin quitté la forêt pour progresser sur une route de pavés que les arbres touffus longeaient des deux côtés. Le Soleil avait commencé à se coucher, teintant l'horizon de pourpre et d'orangé.
-J'ai faim !! », dit soudain Oliver, imitant Seamus sans le savoir.
-Bon sang, Wood. T'as quoi à la place de l'estomac ! », rétorqua Flint excédé.
-Hey ! Je te signale que le dernier repas qu'on a eu datait de ce matin !! »
Dean roula à nouveau des yeux alors que les deux jeunes hommes continuaient de se chamailler devant. Seamus observait l'échange avec attention.
-Ils ont quand même de la répartie… », murmura t-il.
Dean ne pût s'empêcher de rire.
-Est-ce qu'on peut faire une pause ? J'ai mal aux pieds. », dit Seamus en faisant la moue.
-Non ! On est bientôt arrivé. », répondit Flint.
-Comme si tu pouvais savoir ! », rétorqua Oliver en ricanant « Avoues-le, tu nous as perdu ! »
-Lâche-moi la grappe, Wood. »
-Comme si j'allais fourrer ma main là dedans. »
-C'était nul. »
Seamus poussa un soupir à fendre l'âme. Dean effleura brièvement sa joue avec son index pour le réconforter. L'Irlandais lui adressa un sourire alors qu'un sentiment doux et agréable courait à travers leurs lien.
Quand soudain, il entendit quelque chose. Des bruits de galops, qui s'approchaient.
-Vous entendez ? »
Flint et Oliver avaient arrêté de se chamailler. Les galops se rapprochaient de plus en plus. Déjà, à l'horizon, Dean pouvait voir un nuage de fumée se dessiner.
-C'est pour nous ? », murmura Seamus.
-Le Cavalier. », marmonna Flint la voix sombre.
Quelques secondes plus tard, Dean reconnu les cheveux blonds et le visage parfait du Cavalier de Cœur. Il crût un instant que le jeune homme allait leurs foncer dessus mais non, son cheval se cabra à deux mètres en poussant un hennissement et il s'arrêta.
-Alors c'est pour nous. », conclu Seamus.
-Vous êtes plutôt malin. », dit le Cavalier avec un sourire.
Il fixa Flint du haut de son cheval, et Dean se rappela brusquement que la Reine avait fait la même chose quelques heures plus tôt.
-Vous. », dit le Cavalier en pointant l'ancien Serpentard du doigt « Etes accusé de haute trahison envers la cour. Sa Majesté la Reine m'a personnellement chargé de vous ramener au château. Nous savons qui vous êtes, des bruits courts dans tous les villages que vous traversez ; les Zabini ont décidé d'agir en rassemblant des hommes. »
Il darda ses yeux bleus sur Dean avant de revenir sur Flint qui ricana.
-Et tu crois que je vais te suivre ? »
-Ca nous ferait des vacances. », marmonna Oliver.
-Toi, la ferme. »
Le Cavalier se mit à rire lui aussi.
-Si vous refusez de coopérer, je vais devoir utiliser la force. »
Il sauta à terre et dégaina une épée gigantesque hors de son fourreau. Dean contempla la lame argenté avec une certaine admiration. L'arme n'avait rien à voir avec les petites rapières que Seamus et lui avaient à leurs taille.
-C'est parf… »
-Moi !! Moi je veux me battre !! », s'exclama Oliver en coupant Flint.
-Il n'en est pas question !! », rétorqua l'ancien Serpentard « C'est mon combat ! »
-On est une équipe, tu peux bien me laisser faire pour une fois ! »
'Est-ce que je rêve, où ils se disputent pour se battre avec le Cavalier alors qu'il y a danger de mort ?', dit Seamus bouche bée.
-C'est moi qui choisit, je te signales que c'est ma vie qui est en jeu ! », hurla Flint une bonne fois pour toute.
Oliver croisa les bras en faisant la moue. Flint poussa un soupire satisfait et fit choir sa cape au sol. Il avait un fourreau accroché à une ceinture, Dean ne l'avait jamais remarqué. D'un mouvement, le jeune homme dégaina sa propre épée avec un sourire de requin. Elle était aussi impressionnante que celle du Cavalier, mais après tout, tout deux étaient d'apparence robuste.
Oliver recula jusqu'au niveau de Dean et Seamus, toujours boudeur.
-J'en ai marre, c'est toujours lui qui s'amuse. », marmonna t-il avant de s'asseoir en tailleur par terre, comme s'il s'apprêtait à regarder un spectacle à contre cœur.
Flint et le Cavalier se mesurèrent du regard, leurs épée dans les mains. Dans un silence presque religieux, ils bondirent l'un sur l'autre. Dean regarda la scène les yeux exorbités. Les lames s'entrechoquèrent dans un bruit du tonnerre et glissèrent l'une sur l'autre en faisant des étincelles. Il vit le visage de Flint se crisper en une grimace alors que celui du Cavalier restait souriant et confiant. Mauvais signe.
Les deux jeunes hommes s'échangèrent coup sur coup sans rien esquiver. C'était de la force brut, un combat violent entre deux géants.
Oliver s'était redressé, les sourcils froncés. Quelque chose n'allait pas.
-En voilà un qui a de la force. », dit le Cavalier.
Mais Flint reculait à chaque fois que sa lame rencontrait celle du Cavalier pour le contrer.
-Tu considères les Zabini comme des ennemis mais tu les utilises ? », grogna Flint en contre-attaquant.
Le Cavalier se contenta de sourire. Que voulait-dire Flint par là ?
Il fondit brusquement en avant et frappa. Seamus poussa un cri, Dean se tendit. L'épée atteignit le torse du Cavalier, la lame vola brusquement en éclats.
Ils reculèrent tous d'un pas. Flint contemplait sa lame brisé dans une expression de stupéfaction totale. Oliver sauta en avant en dégainant sa propre épée.
-Flint !! »
Trop tard. Le Cavalier abattit son pommeau sur le visage de l'ancien capitaine. Dean vit avec horreur du sang gicler dans les airs alors que Flint trébuchait en arrière, une main sur la bouche. Seamus agrippa son bras, choqué. Oliver frappa, le Cavalier dévia son coup avec sa lame. L'épée d'Oliver vola au loin dans une nuée d'étincelles, puis d'un mouvement, il saisit ses cheveux et le plaqua contre lui pour menacer sa gorge avec son épée.
Il fallait agir. Dean sortit sa propre rapière hors de son fourreau. Il croisa le regard d'Oliver qui leva brusquement ses mains ; une vague de vent le fouetta en plein visage et le rejeta en arrière. L'ancien gryffondor voulait qu'il reste en dehors de ça. Seamus poussa un juron alors qu'il roulait au sol, entraîné par la puissance de la bourrasque.
-Bien, bien. », susurra le Cavalier « Maintenant tu vas me suivre, si tu ne veux pas que la tête de ton ami finisse sur une pique. »
Il resserra sa poigne sur les mèches brunes d'Oliver qui serra les dents. Flint le fusilla du regard, sa main toujours plaquée devant sa bouche. Des filets de sang dégoulinaient sur son menton, et Dean ne pouvait que regarder, impuissant. Il ne pouvait rien faire contre la force du Cavalier.
Sauf…
Il agita sa main gauche et une fine plaque de terre se dressa brusquement entre la lame et la gorge d'Oliver. Il entendit un bruit de coup, puis un hurlement douloureux. Oliver s'échappa de la poigne du Cavalier alors qu'un tourbillon de vent le happait.
-On s'en va, vite !!! »
Dean attrapa Seamus par le bras et l'entraîna derrière lui. Oliver s'était saisi de celui de Flint et tous les quatre se ruèrent à couvert dans la forêt. Ils couraient à perdre haleine, Dean manqua plusieurs fois de se prendre des troncs en pleine tête. Ils ne pouvaient pas rester dehors alors que Flint était blessé, il fallait qu'ils trouvent un moyen de le soigner…
-On doit voir les Zabini ! », s'exclama Dean « Si ce sont des sorciers, ils peuvent nous aider ! »
-Et tu sais où ils habitent ? »
-Suivre les fleurs rouge. », répondit Seamus, les yeux rivés au sol.
Encore fallait-il en trouver.
-Par là. », dit Oliver.
Ils s'étaient arrêtés de courir, mais progressaient à pas rapide. Flint marchait sur le côté, sa main toujours sur sa bouche et le regard fixé par terre. Oliver était pâle et fébrile, et Seamus complètement secoué. Dean devait avouer qu'il était lui-même un peu choqué.
-Qu'est ce qu'il a ? », demanda t-il doucement en s'approchant de l'ex-capitaine des Lions.
-…Il dit qu'il n'a plus de dents. Arrachées. », répondit Oliver dans un murmure.
Dean déglutit avec difficulté. Un liquide carmin roulait sur la tempe du jeune homme.
-J'ai du me faire ça quand je lui ai donné un coup de tête. », expliqua Oliver à voix basse « On aurait du s'en débarrasser sans problème… mais il était surpuissant. Flint a dit qu'il utilisait les Zabini. Il est peut-être gavé de potions. »
Dean acquiesça avant de se laisser légèrement distancer pour revenir à la hauteur de Seamus. Il prit la main de l'Irlandais entre ses doigts et serra pour le rassurer. Il regarda devant lui en silence alors que Flint touchait la tempe ensanglantée d'Oliver avant de lui montrer ses doigts. C'était étrange.
De la lumière brillait au loin alors qu'un fin crachin tombait sur eux. Une maison plutôt grande se dessina entre les arbres, les fenêtres éclairées.
La demeure Zabini, ils était arrivés.
Dean observa l'imposante maison, le cœur battant la chamade. Oliver lui jeta un coup d'œil, tandis qu'il s'avançait pour frapper à la porte, les doigts un peu tremblants.
Un silence de mort s'en suivit à peine troublé par les fines gouttelettes de pluies. Rien ne bougeait aux fenêtres. Dean allait battre en retraite quand la porte s'ouvrit.
Un adolescent se tenait en face de lui. La peau noire, les yeux en amandes et le visage terriblement beau. Dean en eût presque le souffle coupé et pourtant, il n'avait jamais regardé un autre garçon de la sorte.
-Je peux vous aider… ? », demanda l'adolescent en avisant ses trois autres compagnons.
-On voudrait juste… un endroit pour dormir et… pour nous soigner. », répondit Dean.
Le garçon posa son regard de braise sur lui. Il resta un moment immobile avant de s'écarter. Alors, un à un, les travelers entrèrent dans la demeure.
&
L'adolescent avait une démarche élégante. Une certaine aura se dégageait de lui. Il était beau, mais intouchable.
La maison était silencieuse, peinte et décorée dans des tons assez sombres. Tout était élégant, raffiné et sobre à la fois. Le garçon frappa à une porte, une voix féminine lui pria d'entrer et il ouvrit.
Il y avait une femme, assise dans un fauteuil bordeaux près du feu qui brûlait dans la cheminée. Elle était magnifique, peut-être aussi belle que la Reine. Ses cheveux sombres coupés court retombaient souplement autour de son visage légèrement hâlé. Ses yeux étaient clairs, entourés de noir, son nez droit et ses lèvres pleines.
-Qui sont ces gens, Blaise ? »
-Des voyageurs qui demandent un abri pour ce soir. », répondit l'adolescent.
Il s'écarta pour regarder Dean avec un sourire étrange. La femme, Dame Zabini, se leva de son fauteuil pour mieux les observer. A son tour, ses yeux se fixèrent sur Dean.
-Qui vous a conseillé de quérir l'aide des Zabini ? »
-Un garçon… Théodore Nott. »
Quelque chose passa dans le regard de Blaise, mais son visage ne bougea pas d'un cil.
-Je vois. », murmura Dame Zabini « Et bien. Il y a assez de place pour vous ici. Blaise, installes ces jeunes gens veux-tu ? »
-Oui, mère. »
Blaise fit signe aux sorciers de les suivre. Dean s'apprêtait à sortir du salon quand une main se posa sur son épaule, le faisant sursauter.
-Pas vous, jeune homme. J'aimerai vous parler. »
La porte se referma sur le visage inquiet de Seamus.
Dean sentit un frisson remonter le long de dos. Il n'était pas à l'aise.
-Assied toi, je te prie. »
Trois fauteuils étaient disposés près du feu. Dean prit place sur celui qui faisait face à Dame Zabini. La jeune femme le regarda faire avec un sourire énigmatique et un verre de vin rouge à la main ; il ne l'avait même pas remarqué à son arrivé. La Dame le porta à ses lèvres sans le lâcher des yeux. Son regard lui rappelait celui d'un chat, calculateur et rusé.
Dean tourna son visage vers le feu qui crépitait dans la cheminée, mal à l'aise.
-J'ai l'impression d'être retournée des années en arrière. », dit-elle enfin.
Elle possédait ce petit accent assez séduisant que Dean avait déjà remarqué chez Blaise, mais qui était moins prononcé chez l'adolescent.
-Que voulez-vous dire ? »
Un bout de bois craqua dans l'âtre en projetant des étincelles, le faisant presque sursauter.
-Vous êtes des… voyageurs, n'est ce pas ? Quel est le mot… des travelers ? »
Dean s'efforça de garder un visage impassible. Si Dame Zabini était une sorcière, c'était peut-être normal qu'elle connaisse leurs existence. La jeune femme était peut-être une voyante, comme Lavande Brown. Ou alors une alchimiste, puisque Flint avait dit qu'elle fournissait des potions au Cavalier.
-Vous avez déjà rencontré d'autres travelers ? »
-En effet. » Elle reprit une gorgée de vin. Son regard se perdit un instant dans le vague avant de revenir se fixer sur Dean. « Est-ce que je me trompe si j'affirme que tu portes le nom de Thomas ? »
Cette fois, les yeux de Dean s'écarquillèrent sous le coup de la stupeur.
-Comment est-ce que vous… ? »
-Richard Thomas. », répondit simplement la femme.
Le nom sonna comme un glas aux oreilles de Dean. Le souffle coupé, il ne vit même pas la Dame déposer son verre sur la petite table à côté de son fauteuil.
Richard Thomas. C'était le nom de son père biologique. Il ne l'avait jamais connu car l'homme était partit alors qu'il n'était encore qu'un bébé et plus jamais ils ne l'avaient revu. Lors de leurs première année, Seamus lui avait expliqué sur les spécialités de chaque sorciers étaient héréditaires. Dean s'était alors douté que Richard Thomas avait été traveler avant lui, mais jamais il n'y avait accordé de seconde pensée. Après tout, c'était pour lui un homme du passé. Son vrai père était celui qui l'avait élevé.
Et là, savoir que cet homme qui lui avait légué son nom était passé par ici des années plus tôt… c'était étrange.
-Vous voulez dire que… vous l'avez vu ? », articula Dean avec difficulté.
-Il se tenait à ta place. Je me rappelle de cette nuit comme si c'était hier. Comment pourrais-je l'oublier… » A nouveau, son regard se fit lointain. Son sourire s'adoucit. « Il pleuvait plus fort. Il a sonné a ma porte, son amie inconsciente sur le dos. Je leurs ai offert le gîte pour la nuit. Après avoir couché son amie, il a prit place sur ce fauteuil et… »
Elle se tu. Dean avait la gorge étrangement sèche. Il pouvait voir la scène se dérouler sous ses yeux, son père accompagné de sa partenaire blessée.
-Tu es son portrait craché. »
Dame Zabini le regardait droit dans les yeux. Son sourire énigmatique était de nouveau là. C'était désagréable.
-Que s'est-il passé ensuite ? Est-ce que vous savez où il est ? »
Ses mains s'étaient mises à trembler. Dean agrippa les accoudoir de son fauteuil pour maîtriser sa réaction. Il n'avait jamais cherché à en apprendre plus sur son père biologique, au grand dam de Seamus qui avait toujours été quelqu'un de curieux. Mais maintenant qu'il se retrouvait devant quelqu'un qui l'avait côtoyé …
C'était un domaine à la fois complètement inconnu et bizarrement familier qui s'ouvrait à lui. Celui de Richard Thomas, cet homme qu'il ne connaissait que par les histoires que sa mère lui avait raconté sur lui.
-C'était il y a 17 ans. Ton père est le seul homme que j'ai aimé. »
Dix sept ans ? Le seul homme qu'elle avait aimé ? Dean ouvrit la bouche, hébété. Quel âge avait Blaise ? Etait-il possible que… ? Des tonnes de questions explosaient dans sa tête.
-Vous… Vous voulez dire que… »
Il déglutit. Sa tête tournait, des tâches noires dansaient devant ses yeux.
-Blaise est un garçon admirable. Mais tu ressembles beaucoup plus à ton père. »
Sa voix était lointaine. Dean avait l'impression d'être sous l'eau. Il allait s'évanouir, il en était quasiment sûr. Sa vision était complètement floue, sa tête lourde et tous ses membres fourmillaient. Il ne sût combien de temps il resta dans cet état second, mais tout redevînt brusquement normal et Dean reprit ses esprits.
Dame Zabini n'avait toujours pas bougé, se contentant de l'observer par-dessus son verre de vin.
'Dean… Dean, qu'est ce que tu as ?', s'exclama la voix de Seamus, alerté.
'Rien… Ca va, je t'expliquerai plus tard.'
Il sentait que l'Irlandais était inquiet, mais Seamus n'insista pas plus.
-Est-ce qu'il habite ici… », dit doucement Dean.
-Non. », murmura la jeune femme.
Alors il l'avait abandonné elle aussi, tout comme il l'avait fait avec Dean et sa mère. Quel batard, aurait dit Seamus. L'adrénaline retomba, il était presque déçu que son père biologique soit aussi… volatile. Une pendule se mit à sonner, lui arrachant un sursaut.
-Blaise va te conduite à ta chambre. », dit Dame Zabini « Le dîné sera servit dans quelques minutes. »
Dean acquiesça lentement, soudain fatigué. Il se leva et fût à peine surprit de voir Blaise à moitié dans l'ombre, près de la double porte. Tout semblait sortir de nulle part ici. Il le suivit dans les escaliers, longeant des tableaux qui semblaient dater de la Renaissance. Ses yeux dévisagèrent le dos de Blaise. Il ne demanda si le garçon savait qu'ils avaient le même père.
Alors qu'ils atteignaient le premier étage, Blaise fit brusquement volte-face. Dean s'arrêta juste avant de lui rentrer dedans, surpris. Il recula d'un pas lorsqu'il remarqua qu'ils étaient trop proche et plongea ses yeux dans ceux de Blaise qui le jaugeait du regard.
Mis à part leurs couleur de peau et leurs chevelure, il ne voyait pas de ressemblance entre eux deux. Blaise avait la beauté et les traits de sa mère. Ses lèvres s'étirèrent brusquement et Dean remarqua avec gêne qu'il avait également le même sourire.
-C'est ici. »
Il désigna une porte au fond du couloir sombre. Dean eut à peine le temps de le remercier qu'il disparaissait dans les escaliers.
-Alors ? »
Dean fit un bond. Seamus venait d'ouvrir la porte de sa chambre. L'Irlandais le regarda avec amusement avant de lui faire signe d'entrer.
La chambre était relativement spacieuse, décorée dans les même tons sombres que tout le manoir. Le lit à baldaquin semblait terriblement confortable, et les rideaux de la fenêtre avaient été tiré. Ils pouvaient quand même entendre la pluie frapper à grosse goutte contre les carreaux.
-Racontes ! », pressa Seamus en se jetant sur le lit.
Il tapota à côté de lui, l'invitant à l'imiter. Dean se laissa tomber sur le dos.
-Elle… Elle connait mon père. », dit-il finalement avec une voix coincée.
-Tu plaisantes ?! »
Seamus roula sur le ventre, le menton appuyé sur ses mains pour mieux le regarder.
-Il est venu ici. Il est venu et… et Blaise est mon demi-frère. », croissa Dean bouleversé.
-Non !! Tu veux dire que la Zabini et ton père ont… »
Seamus agita ses pieds, les yeux ronds.
-…ont dansé un tango horizontal ? »
-J'ai bien l'impression… »
-Woah… Il a l'a fait avec ta mère et Zabini. Dans la même année. », murmura l'Irlandais sidéré.
-Oh pitié, Seam ! »
-Désolé. »
Dean cacha son visage derrière ses mains. C'était surréaliste. Il se sentait perdu, perdu et confu.
Il sentit Seamus s'installer sur son torse. Son coude meurtrissait ses côtes, Dean l'installa plus confortablement contre lui et ferma les yeux. C'était la façon de son meilleur ami de lui montrer qu'il était là, de le consoler. C'était mieux que des mots et ce qu'il lui fallait à cet instant.
Son pouce caressa distraitement l'épaule de Seamus alors qu'il se laissait envelopper par les sentiments positifs que dégageait l'Irlandais. Cela faisait du bien. Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que Blaise frappe à la porte pour annoncer que le dîné était prêt. Les deux sorciers le regardèrent ensuite disparaître à l'étage du dessous, englouti par les ombres du manoir. Dean en eût la chaire de poule.
-Il ne ressemble pas à tes autres demi-frères… », murmura Seamus.
Dean ne répondit pas. Il se demanda si son père était partit pour rejoindre les Zabini. Mais la jeune femme ne semblait pas l'avoir revu. Où était-il partit dans ce cas ? Avait-il une autre frère caché quelque part dans un autre Monde ?
Cette pensée le déprimait.
La chambre qu'occupait Flint était juste en face. Oliver entrouvrit à peine la porte lorsqu'ils toquèrent. Il avait l'air fatigué et parlait à voix basse.
-J'ai pas très faim. Je vais rester ici. »
-Tu es sûr ? », demanda Seamus inquiet.
Oliver acquiesça, appuyé sur le battant de la porte.
-Comment va-t-il ? », dit Dean en regardant par-dessus l'épaule du jeune homme.
-Le fils lui a donné une potion. Pour faire repousser ses dents. Et une autre pour le faire dormir. Je pense que ça va, il a un sommeil plutôt calme. »
-On te remontera quelque chose. Essaye de dormir, on partira demain. »
Le manoir l'étouffait. Les ombres trop présentes, les révélation de Dame Zabini… C'était trop. Il voulait retrouver la quiétude de son Monde, au milieu de ceux qu'il connaissait, loin du Cavalier, de cette Reine et de ces maudites forêts.
'Dean… Tu vas devenir hystérique.'
Seamus prit sa main et la serra. Dean ferma les yeux pour se calmer. Il fallait qu'il reste maître de lui-même. Flint était KO, et Oliver pas loin derrière. Seamus n'allait pas s'en sortir tout seul s'il piquait une crise.
Dean érigea autour de son esprit ce mur de béton qui le protégeait de tout sentiments extérieurs, il reprit ce masque impassible qu'il s'était construit enfant et que Seamus avait eut tant de mal à briser.
-Allez. », dit-il lorsqu'il fût prêt.
Seamus fronça les sourcils mais ne dit rien. Ensemble, ils descendirent les escaliers.
Une faible lumière se dégageait d'une pièce voisine au salon. Dame Zabini était déjà assise au bort d'une table dressée. Une bonne odeur s'échappait des mets fumants. Blaise referma la porte derrière eux et prit place en face de Dean, à la droite de sa mère. Aucune remarque ne fût faite sur l'absence de Flint et Oliver.
-Blaise. Sers nos invités, veux-tu ? »
Le garçon obéit en silence, les gestes mesurés et précis. On aurait dit qu'il avait fait ça toute sa vie alors que pourtant, les Zabini ne devaient pas avoir souvent de visite. Quoi que.
-Connaissez-vous la Reine et le Cavalier ? », demanda t-il subitement.
La jeune femme se mit à sourire, clairement amusée.
-En effet. Mademoiselle Chang me voue une haine intense, nourrie par la peur et la jalousie. »
-Mademoiselle Chang ? », répéta Seamus intrigué.
-C'était son nom, lorsqu'elle n'était encore qu'une simple bourgeoise. »
Blaise se rassit à sa place, signe que le repas pouvait commencer.
-Quant au fils du Roi », poursuivit la Dame en attrapant ses couverts « Il vient de façon quotidienne user de mes services, en élixir et autres breuvages. »
-C'est pour ça qu'il est invincible. », marmonna Seamus.
-C'est exact. Désirez-vous boire quelque chose ? »
La jeune femme n'attendit pas de réponse et se leva, deux verres à la main. Elle se posta devant un buffet caché dans l'ombre, Blaise l'observa du coin de l'œil.
Seamus et Dean, eux, mangeaient en silence, les yeux rivés sur leurs assiettes. Ils remercièrent poliment la Dame lorsqu'elle se rassit à table.
-Qu'arrive t-il aux jeunes qu'on enlève au château ? », demanda Dean.
Sa voix était presque froide. Son meilleur ami s'agita sur son fauteuil avant d'attraper son verre. Il sentait que Seamus était mal à l'aise, un poil contrarié par son attitude mais Dean n'avait pas le choix.
-Vous n'avez jamais assisté à un procès ? »
-Elle l'a condamné à mort. »
-Voilà votre réponse. »
-Et les filles ? »
La Dame eut un léger rire.
-Qu'elle impatience… »
-Mère. »
La voix de Blaise était étrangement plus rauque.
-Les manières, mon garçon. », coupa distraitement la Dame « N'interrompt jamais une femme lorsqu'elle prend la parole. »
Blaise ne répondit pas. Ses yeux se rivèrent sur Dean, Seamus, puis sur son assiette. Dean trouva cela bizarre. Il continua d'observer Blaise lorsqu'un pic de douleur le fit presque grimacer. Cela ne venait pas de lui. Alarmé, il se tourna brusquement vers Seamus.
L'Irlandais avait une main sur l'estomac, l'autre crispée sur son verre si fort que ses jointures étaient blanches.
'Seam ! Seam, qu'est-ce que tu as !'
Seamus grimaça de douleur et brusquement, Dean sentit un mur de béton se dresser dans l'esprit de son meilleur ami. Il venait de briser leurs télépathie et de bloquer leurs lien. Un froid glacial agrippa ses tripes alors que son masque volait en éclat.
-Seamus !! »
L'Irlandais hurla de douleur. Il tomba au sol en se tenant l'estomac à pleine main. Le verre se brisa entre ses doigts, du sang de répandit sur le tapis. Dean se jeta sur lui, sa chaise chuta au sol dans un bruit du tonnerre. Il enserra le poigné de la main en sang de Seamus pour l'empêcher de se blessé avec, paniqué.
-Seamus ! Qu'est-ce t'as, réponds-moi ! »
Il n'entendait rien derrière ses sanglots, les yeux fermés dans une grimace de souffrance et des larmes sur les joues. Dean le serrait à s'en faire mal, au bord de l'hystérie.
-Sil vous plait, faites quelque chose ! »
Il se tourna vers Dame Zabini, la respiration saccadée et la gorge serrée, mais la femme le regardait avec son sourire de Joconde et il comprit.
C'était elle. C'était elle !
Une rage noire s'empara de lui mais Seamus sanglota plus fort, ses cris étaient déchirants et Dean eût envie de pleurer parce qu'il ne pouvait rien faire pour le soulager.
-S'il vous plait, faites quelque chose, je vous donnerai tout ce que vous voulez je vous jure ! »
Il regarda Blaise d'un air suppliant. L'adolescent fixait Seamus avec de grands yeux, mais son visage restait fermé.
-Blaise, s'il te plait… ! »
Le regard du garçon se posa sur lui. Ses lèvres s'entrouvrirent, il hésitait. Mais la voix de la Dame s'éleva brusquement.
-Blaise, ramène-le dans sa chambre et laisse-nous seuls. »
L'adolescent se leva. Il contourna la table et se pencha vers Seamus pour le porter. Dean voulu se jeter sur lui pour le lui arracher des mains mais la Dame se remit à parler.
-Je lui donnerai l'antidote. Je te demande une chose en échange… »
Dean serra les poings. Il regarda Blaise disparaître avec Seamus qui gémissait faiblement dans ses bras. Il avait le souffle cour, il était haineux et son cœur battani à tout rompre à cause de la panique. Son sang cognait dans ses tempes, il avait mal à la tête et tremblait de la tête aux pieds.
-Blaise va l'endormir, ne t'en fais pas. »
Il sursauta. La femme s'était rapprochée de lui et se tenait maintenant agenouillée à ses côtés.
-Fait moi revivre cette nuit jusqu'au bout, Dean. »
Sa respiration se coupa. Elle lui demandait de…
Non, non !
Oh, la Dame était magnifique mais Dean ne pouvait pas faire ça… Pas alors qu'il voulait lui arracher la tête !
-C'est tout ce que je souhaite. L'antidote est déjà prêt. »
Elle caressa sa joue et Dean s'empêcha de la repousser avec révulsion pour l'étrangler. Cette femme avait empoisonné Seamus juste pour ça !
-Décides-toi vite. Il ne lui reste que quatre heures à vivre. »
Son sang se glaça.
-Je vais le faire. »
&
Il se sentait vide.
La chambre était silencieuse, simplement éclairée par la lumière de la lune. Il pouvait entendre les cris de Seamus dans sa tête.
Il était vide, et lessivé. Jamais il n'aurait pensé voir Seamus dans cet état. Assister à sa souffrance sans pouvoir l'aider. Il s'était sentit tellement impuissant, terrifié. Incapable de faire quoi que ce soit alors que son meilleur ami souffrait par sa faute.
La porte s'ouvrit doucement. Dean ne bougea pas, assis sur le côté du lit, les yeux rivés sur le tapis de la chambre. Il allait satisfaire cette femme. Il allait attendre que Seamus aille mieux, puis revenir sur ses pas pour la tuer. Peu importait qu'elle connaisse son père ou qu'elle soit la mère de Blaise. Plus rien ne comptait à présent, plus rien sauf son envie de meurtre, brûlante et plus forte que jamais. La tuer pour ce qu'elle avait fait à Seamus.
La femme s'assit près de lui. Il pouvait sentir son souffle sur sa joue. Dean se tourna vers elle.
-GAH ! »
Il fit un bond en arrière, l'arrière de son crâne se cogna contre le montant du lit.
-Je t'ai fait peur. », dit Blaise avec un sourire en coin.
-Qu'est ce que ça veut dire ! », s'exclama Dean.
Blaise le coinça contre le montant avant de s'approcher de lui. La proximité le rendit mal à l'aise, rien à voir avec ce qu'il ressentait auprès de Seamus. Mais Blaise était son demi-frère.
-Est-ce que je dois… est-ce qu'elle t'a envoyé à sa place ? »
Blaise se contenta de sourire d'un air presque félin. Dean aurait voulu mourir sur le champ. Il avait la gorge sèche. Blaise ne pouvait pas être sérieux, il ne pouvait pas… !
-Alors ? »
C'était troublant. Blaise fixa ses lèvres puis plongea son regard dans le sien. Dean s'empêcha de gigoter sur place. Il avait chaud, son visage brûlait. Il s'était préparé à se retrouver avec la Dame, pas avec… lui !
L'image de son meilleur ami s'imposa alors dans son esprit. Qu'aurait-il ressentit si Seamus avait été à la place de Blaise ? Merlin, oh Merlin ! Pourquoi est-ce qu'il pensait à une chose pareille ? Seamus était entre la vie et la morte, il fallait qu'il le sauve ! Il en avait les moyens, il devait juste…
Dean prit une grande inspiration et ferma les yeux avant de s'approcher de Blaise dans une impulsion subite. Ses lèvres touchèrent quelque chose de doux et lisse. Pas une bouche.
Il rouvrit ses paupières pour voir que Blaise avait tourné son visage au dernier moment. Il riait doucement.
-Alors tu es prêt à coucher avec ton propre frère pour le sauver… »
Dean ne sût quoi dire, stupéfait.
-Ne t'inquiètes pas. », dit Blaise la voix rauque « Il ne risque plus rien, je lui ai donné l'antidote. »
-Quoi ? Pourquoi ? »
L'adolescent se tourna vers lui, assis une jambe repliée sur le lit.
-Tu connais notre réputation. »
-L'empoisonneuse. », murmura Dean.
-L'empoisonneuse. », répéta Blaise « Il y a deux raisons à cela. La première, tu la connais. Les poisons n'ont aucun secrets pour nous. La deuxième en revanche… »
Il fit une pause pour le scruter du regard. Dean se détendit peu à peu. Sa respiration se calma. L'adolescent ne lui voulait pas de mal.
-Ma mère a eu sept maris. Tous sont mort en lui léguant leurs part de fortune. »
-Merlin… tu veux dire qu'elle les a tués ? »
Le sourire de Blaise était énigmatique.
-Notre père est le premier et le seul homme qu'elle a aimé. Or tous ceux avec qui elle se lie ont un destin tragique. »
Dean eut un léger sursaut. Comme si Blaise l'avait frappé en plein visage. Il commençait à comprendre… Richard Thomas devait être mort. Et lui l'aurait sûrement été, peu de temps après avoir…
-Pourquoi est-ce que tu es là à sa place, alors ? Tu veux me sauver ? »
-…Ma mère… Etait prête à tuer tout tes amis pour t'avoir. Rien à voir avec tout ce qu'elle m'a appris. Elle a perdu la tête lorsqu'elle t'a vu, capable de n'importe quoi pour revivre ce soir. C'était contraire à nos morales, je ne pouvais pas la laisser faire. »
-Tu l'as tuée ? »
-Tu vois des assassins partout, Dean. », répondit Blaise amusé.
Dean referma sa bouche, embarassé et… il se sentit bizarre lorsqu'il se rendit compte que l'adolescent l'avait appelé par son prénom.
-J'ai versé un somnifère puissant dans son verre. Elle ne l'a même pas remarqué, un autre signe qu'elle n'était plus maîtresse d'elle-même. »
Blaise se leva et fit signe de le suivre.
-Quelqu'un va vous conduire dans un endroit plus sûr. Ton ami est dans cette chambre. Va chercher les autres et rejoint moi en bas. »
Dean se retrouva seul. Un peu secoué, il pénétra dans la chambre qu'avait désignée Blaise et se précipita vers le lit. Il était fébrile, l'adrénaline lui montait à la tête. Il porta Seamus inconscient sur son dos et ressortit.
Lorsqu'il déboula dans la chambre de Flint, Oliver était là et faisait les cents pas l'air hagard.
-Qu'est ce qu'il se passe ? », demanda le jeune homme.
-Je t'expliquerai plus tard, on doit partir. Tu peux porter Flint ? »
Oliver acquiesça, un peu perdu. Il hissa se partenaire sur le dos en grimaçant.
Les deux travelers dévalèrent les escaliers. Son cœur battait tellement fort que Dean avait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine. Et si c'était un autre piège ? Et si Blaise les menait directement à la Reine ?
Il rejoignit ce qui semblait être une petite cuisine, guidé par la lumière tremblotante d'une bougie allumée là-bas. Blaise se tenait contre l'encadrement d'une petite porte ouverte qui donnait sur l'extérieur. Quelqu'un d'autre était lui une lanterne à la min. Ils arrêtèrent leurs conversation à voix basse lorsque les deux sorciers entrèrent dans la pièce. L'inconnu releva alors son visage et Dean ne pût s'empêcher de le dévisager les yeux ronds.
-Théodore ? »
-Bonsoir. »
-C'est le type qui… », chuchota Oliver.
Dean hocha du chef.
-Theo va vous emmener à l'abri. », dit Blaise « L'antidote que j'ai donné à tes amis va mettre du temps à agir, alors ils devraient être inconscient pendant un moment. »
-Compris. »
Theodore remit sa capuche sur sa tête et échangea un regard avec Blaise avant de revenir sur Dean.
-Il faut qu'on se dépêche. Le jour ne va pas tarder à se lever et des troupes du Château sillonnent les forêts à votre recherche. »
-Oliver, passe devant. », dit doucement Dean.
Le jeune homme obéit et sortir à l'extérieur, Flint sur le dos.
-Blaise… »
Dean le regarda dans les yeux. Que pouvait-il lui dire ? Il venait de trouver un frère qui lui sauvait la vie, et il devait déjà le quitter. Et si la Dame le tuait pour ce qu'il avait fait ?
-Ne t'inquiètes pas pour moi. », dit Blaise comme s'il avait lu dans ses pensées.
-…Merci. », murmura Dean.
Devant, Théodore lui faisait signe de se dépêcher.
-Blaise… »
-Est-ce que tout les frères sont aussi collants ? »
Dean faillit s'étrangler avec sa salive, surpris, puis il se mit à rire doucement.
-Tu sais que nous sommes des sorciers… Pas de ce Monde. Tu peux venir avec nous, tu sais… »
Blaise détourna son regard. Son sourire en coin s'adoucit un peu.
-Si tu reviens me chercher… Peut-être que j'y repenserais. »
TBC
(Et voilà ! Pfiouh. J'espère que personne n'est mort en cour de route ! x'D Bon alors le prochain chapitre va aussi mettre du temps à arriver je sens... Mais non, partez pas ! :D Bon j'espère que c'était un chapitre compréhensible. Dans le prochain... Deux nouveaux Pairs vont apparaître, et on aura Ze final Battle ! Plus un bon Marucs/Oliver, et la signification des couleurs ! Voila, tchouss !)
