Chapitre 1
La salle de réception était presque comble, malgré sa taille gigantesque. Beaucoup de noble de Fuuka et d'Artai étaient présents. Les ennemis de hier étaient devenus les alliés d'aujourd'hui. Il était donc nécessaire que la grande noblesse se réconcilie entre elle.
Toute la salle se tut à l'arriver du roi et de la princesse de Fuuka. Tous fixaient et étaient ébahis par la ravissante héritière. Les bavardages reprirent le dessus, puis un second silence vint lorsque ce fut la reine et la princesse d'Artai qui firent leur entrée dans la grande salle. Natsuki ne fit pas le même effet à son arrivée que Shizuru. A la différence de cette dernière qui portait une belle robe violette, Natsuki portait un costume de noble bleu et avait attaché ses cheveux en une mini queue de cheval, ce qui lui donnait un air de garçon manqué. Néanmoins, les gens étaient frappés par sa beauté masculine et son visage ferme lui donnait une certaine classe.
A présent que les personnes les plus importantes de la soirée étaient là, la fête put commencer. Apres le grand festin, les adultes dansaient ou discutaient à table, tandis que les enfants allaient jouer un peu plus loin.
Natsuki était avec Mai, sa meilleure amie. Toutes deux faisaient une petite visite des lieux, rester avec les adultes étaient bien trop ennuyeux pour elles.
« C'est grand et beau, ici ! » fit Mai en regardant tout autour d'elle.
« Mouais, je préfère quand même chez moi. » rétorqua Natsuki qui essayait de calmer l'enthousiasme de son amie.
« Hé, vous là ! Vous n'avez pas le droit d'être ici ! » hurla une voix derrière nos deux petites filles. Lorsqu'elles se retournèrent, elles virent une petite blonde s'approcher.
« Et peut-on savoir qui vous êtes ? » demanda poliment Mai.
« Je suis Haruka Suzushiro ! » rétorqua la fillette.
« Je vais où je veux et quand je veux ! » rétorqua Natsuki sur un ton agacé.
« Hé, toi ! Comment oses-tu ? Alors que tu n'es même pas chez toi ! »
Une petite fille intervint : « Haruka-Chan, fait attention à ce que tu dis, c'est quand même la princesse d'Artai. »
« Et alors ? Ca lui donne tous les droits ? Toi, aussi t'es une princesse je te signale ! T'es la princesse d'Airries, Yukino. »
Lorsque Mai vit Yukino et Shizuru arriver, elle fit poliment la révérence et elle fut saluer en retour. Quant à Natsuki elle ne bougea pas d'un poil, elle fixait froidement la blonde qui osait lui donner des ordres.
« Oi, Natsuki… » murmura Mai à son amie en lui envoyant des petit coup de coude pour lui rappeler qu'elle était en présence de deux autres princesses.
Notre petit garçon manqué fut irrité de ce comportement et se tourna vers les deux jeunes filles en leur faisant la révérence d'un homme.
« Voilà, contente ? » fit-elle en fixant Mai.
« C'est quoi cette arrogance, pour qui tu te prends ?! » exclama furieusement Haruka.
« Ta gueule, front large ! »
Tous écarquillèrent les yeux faces au langage de la princesse d'Artai.
« Natsuki ! » répliqua Mai en faisant face à son amie. Avant qu'elle ne put dire un mot elle fut interrompu.
« Ara, même si vous êtes ma fiancée, je ne peux vous permettre d'insulter mes amies. » fit Shizuru en s'avançant gracieusement vers Natsuki.
Natsuki envoya son 'regard de la mort qui tue' vers la petite brune. Décidemment, notre petite héroïne était de bien mauvaise humeur ce soir. Ne voulant pas laisser qui que ce soit prendre le dessus sur elle, elle déclara : « Oi, toi ! Sois honorée que je sois ta fiancée parce que je ne vois pas qui voudrais d'un boudin comme toi ! » Et voilà, les hostilités étaient envoyées.
« Ara ? Voyez un peu qui parle. En fait, vous êtes un homme ou une femme ? » rétorqua Shizuru avec un sourire démoniaque, elle était bien décidée à ne pas se laisser faire.
Les deux princesses se fixèrent avec un regard de défi. Avant que les choses de s'enveniment plus. Mai décida d'intervenir : « Veuillez nous excuser, on ne savait pas qu'on n'avait pas le droit de venir ici. » Elle s'inclina poliment et tira Natsuki avec elle.
« Oi, Mai ! » rétorqua Natsuki. Puis tout en marchant, elle envoya un regard noir vers Shizuru.
« Natsuki, qu'est-ce qui t'as pris ? » demanda Mai une fois qu'elles étaient assez éloignées des autres fillettes.
« Tsss ! » répondit simplement son amie.
« Et où est-ce que tu as appris un langage aussi grossier ? »
« Ne me dis pas que c'est Nao qui te l'a appris, si ? » fit Mai d'une voix désemparée.
« Oui et alors ! » rétorqua brutalement Natsuki.
« Si ta mère apprenait que tu as encore trainé dans les bas quartiers, ça va chauffer ! »
« Elle n'en saura rien ! Et tu devrais venir avec moi la prochaine foi, Nao m'a présenté une de ses amie, Mikoto. Je suis sûr que tu l'apprécierais. » répondit fièrement Natsuki.
Mai soupira, elle savait qu'elle ne fera pas changer d'avis son amie et elle devait se l'avouer, allez jouer avec Natsuki et Nao en ville est tellement plus amusant que de rester cloîtrée au château.
La soirée fut terminée et tous les convives rentrèrent chez eux, mis à part la reine d'Artai et sa fille qui étaient invitées à rester un jour de plus.
Le jour s'était levé, et tous les servants et servantes étaient entrain de nettoyer la salle de réception. Natsuki marchait tranquillement dans les couloires, encore décidée à finir sa visite du château. Elle s'arrêta lorsqu'elle entendit le son d'un violon. Elle se dirigea vers la source de la mélodie et entra dans une pièce où elle découvrit à son grand malheur que c'était la princesse de Fuuka qui jouait avec l'instrument.
Shizuru avait commencé le violon il y a à peine quelques mois. Elle n'appréciait pas particulièrement jouer de cet instrument, mais cela était le désire de son père.
« Tes accords son faux ! » Shizuru s'interrompit et regarda qui avait parlé.
« Ara, ne serait-ce pas 'mon fiancé' ? » fit la brune sur un ton moqueur.
« C'est pas ma faute si tu sais pas jouer. Et je suis une fille ! » rétorqua Natsuki.
« Pourtant, je ne crois que ce que mes yeux voient. »
Natsuki sentit son sang lui monter à la tête. Elle vit que dans la pièce, il y avait un piano. Elle s'avança vers celui-ci et s'installa devant. Elle regarda Shizuru avec un sourire machiavélique.
« Je vais te montrer ce que sais de jouer de la musique ! » fit cette dernière.
Natsuki commença sa mélodie sur le piano, c'était du Mozart et elle le jouait parfaitement bien. Natsuki était considérée comme une virtuose du piano, elle avait commencé à apprendre à en jouer à l'âge de cinq ans. Une fois le morceau terminé, Natsuki fixa victorieusement la princesse.
« Au moins, 'mon fiancé' sait faire quelque chose. » rétorqua Shizuru avec un regard de défi.
« Ouais, ben quand tu sauras jouer d'un instrument correctement, tu me dis ! »
« Quand vous serez devenue une femme, vous me le diriez ! »
« Sale boudin ! »
« Garçon manqué ! »
Il ne fallut pas une seconde de plus pour que nos deux héroïnes ne se jettent dessus. Evidemment, ce fut Natsuki qui prenait le dessus car elle avait l'habitude de se battre lorsqu'elle et Nao étaient dans les bas quartiers d'Artai. Une servante alertée par les cris arriva dans la pièce et fut choquée de ce qu'elle vit. Elle appela immédiatement Miss Maria qui était la gouvernante de Shizuru. Celle-ci sépara les deux enfants et rien qu'avec un regard, elle calma net les deux jeunes filles.
La reine d'Artai et sa fille étaient dans leur calèche, sur le chemin du retour.
« Natsuki, j'ai honte de toi ! A notre retour, tu seras punie ! » réprimanda sévèrement la mère. La petite fille ne répondit rien. Et la mère reprit : « Shizuru est ta fiancée ! Tu te dois de bien t'entendre avec elle ! »
Natsuki garda le silence et boudait en regardant par la fenêtre. Elle ne voulait en aucun cas revoir sa soi-disant 'fiancée'.
« Shizuru, tu me déçois énormément ! » déclara le roi de Fuuka sur un ton affligé.
« Mais Otou-San, ce n'est pas moi qui ait commencée ! » expliqua la fillette.
« Je ne veux pas savoir ! Que cela ne se reproduise plus jamais ! »
« Ai, Otou-San… » fit Shizuru en déclarant forfait.
« Sache que cela est pour le bien de ton peuple, ma fille ! » Ces mots résonnèrent dans la tête de nos deux héroïnes.
Après cet évènement, Kenji et Saeko décidèrent de ne plus faire fréquenter leurs filles pendant un certain temps. Ils pensèrent qu'en mûrissant, leurs filles prendraient plus au sérieux le rôle important de leur engagement.
