Chapitre 11
Les premiers rayons de soleil éblouirent Natsuki qui se réveilla doucement. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle découvrit avec bonheur que des magnifique mirettes écarlates la regardait.
« Bonjour, mon cœur » déclara Shizuru avant d'embrasser sa belle au bois dormant.
« Bon…jour. » répondit la jeune fille encore à moitié endormie. Et elles restèrent un moment couchées dans leur lit, sans dire un mot, seule les embrassades et les étreintes s'exprimèrent.
Nos deux princesses décidèrent d'aller prendre une douche ensemble, étant donné que cette salle de bain était faite pour deux personnes.
Natsuki frottait timidement le dos de sa partenaire en rougissant.
« Ara, ce n'est pas la première fois que tu vois mon corps. » embêta la brune en se retournant, ce qui fit encore plus rougir notre petite princesse d'Artai.
« Tu veux que j'ai un saignement de nez ou quoi ? » répliqua-t-elle doucement.
« Ara ? Ma Natsuki aurait des pensées perverses à mon égard ? Ecchi ! »
« Mais non ! »
Soudain des mains explorèrent le corps dénudé de Natsuki.
« Hé ! Tu fais quoi là ? »
« Je te savonne voyons. » déclara la brunette en touchant des parties sensibles chez sa fiancée.
« Oh ! Ce n'est pas savonner ça ! »
Shizuru se contenta juste de sourire et de donner un petit baiser à Natsuki. Puis elle lui tourna le dos pour faire face au jet d'eau. Elle voulait dissimuler les larmes qui lui venaient aux yeux.
« C'est dommage que l'on ait pas pu profiter pleinement de cette petite maison pour couple… » articula Shizuru en essayant de cacher ses sanglots.
Natsuki la prit dans sans ses bras et la serra contre elle. Elle embrassa à plusieurs reprises le cou de sa compagne avec beaucoup de délicatesse et de douceur.
« On reviendra ici, je te le promet. Et à ce moment-là, on aura tout notre temps de profiter de cette petite maison. » murmura-t-elle à l'oreille de la brune qui ne pouvait désormais, plus retenir ses sanglots. Mais cela ne surprit pas Natsuki, elle avait sentie la tristesse de la princesse de Fuuka.
L'heure du départ avait sonnée et tout le monde monta dans une grande calèche. Il n'y avait pas assez de place à l'intérieur, alors Nao et Haruka décidèrent de faire le trajet sur le dos d'un cheval. La veuve noire regardait toutes ses amies monter à bord du véhicule. Celles qui n'étaient pas encore montées, étaient nos deux princesses. Nao s'approcha d'elles en tirant son destrier par la sangle et la posa dans la main de Natsuki.
Cette dernière observa son amie aux cheveux rouges avec un regard interrogateur, avant de lui donner un grand sourire.
« Merci, Nao… » commença-t-elle avant de se retourner vers sa fiancée, « Viens, Shizuru »
Sur ces mots, elle prit Shizuru par la taille et la porta sur le dos du cheval et monta derrière elle. Nao sourit chaleureusement avant de monter dans la calèche. Shizuru lui en était infiniment reconnaissante. Et tous commencèrent le voyage vers le palais d'Artai.
Le trajet se fit dans le silence, néanmoins nos deux héroïnes jouissaient tranquillement d'être l'une contre l'autre sur le cheval. Haruka assistait à la scène toute perturbée, elle ne s'était pas encore faite à l'idée que ces deux personnes qui quelques jours auparavant se détestaient, s'aiment désormais. Le destin était bien étrange, se disait-elle. Ce qui l'inquiétait le plus, était le fait que son amie d'enfance soit si triste car jamais, elle ne l'avait vu aussi désemparée.
La blonde rapprocha son cheval de celui des deux jeunes filles : « Arrêtez de broyer du noir, voulez-vous ? » Les deux princesses la regardèrent avec un petit sourire sur les lèvres.
Et Haruka reprit : « On est bientôt arrivée au château. Ca te dit une course, Kuga ? Ou bien cela est devenu trop dur pour le petit cœur doux de notre chère princesse d'Artai ? »
Haruka avait énoncé sa provocation avec un regard de défi qu'elle et Natsuki aimaient s'échanger. Natsuki regarda un instant sa fiancée comme pour lui demander la permission.
« Je n'accepterais pas le fait que ma future femme perde. » répondit Shizuru avec un petit sourire moqueur.
« Suzushiro, prépare-toi à perdre ! » déclara Natsuki et les deux destriers se mirent au galop vers la destination.
A leur arrivée, le roi de Fuuka et la reine d'Artai embrassèrent très fort leurs progénitures. Saeko faisait de son possible pour ne pas fondre en larme devant son unique fille.
« Stupide fille, tu es en retard ! » grommela-t-elle en relâchant son étreinte.
« Moi aussi, je suis contente de te revoir, Oka-San. » répondit simplement Natsuki avec un grand sourire qui avait tant manqué à sa mère.
Soudain, un animal à poil blanc se rua et sauta sur Natsuki.
« Duran ! Oui, toi aussi, tu m'as manqué ! » disait la princesse d'Artai en riant pendant que son fidèle compagnon lui léchait le visage. Elle caressa tendrement son chien avant de partir rejoindre les autres.
« Oka-San » déclara Natsuki une fois qu'elle se retrouva seule avec sa mère, « J'aimerais savoir… » Sans même avoir le temps de finir sa phrase, Saeko se jeta dans les bras de sa fille.
« Gomen, Natsuki, gomen… Mais je n'avais pas le choix… » répondit-elle avec une larme qui perla sur sa joue.
Natsuki fit reculer sa mère et la fixa dans les yeux : « Ne t'inquiète pas… Et c'est pour le bien de mon peuple. C'est mon devoir. » Elle offrit un grand sourire sûr d'elle, celui qui irritait, mais en même temps, réchauffait tellement le cœur de Saeko.
La reine d'Artai se détestait plus que tout au monde. Qu'elle genre de mère enverrait son enfant à la guerre, se disait-elle.
« Le départ est pour quand ? »
« Pour ce soir… » annonça tristement la mère qui essaya de rester forte, « Promet-moi de revenir… » Natsuki embrassa sa mère sur le front.
« Ca va me mettre beaucoup de promesse sur le dos, mais je te le promet. » annonça calmement la jeune fille, « Par contre, ne dis pas à Shizuru à propos de mon départ… »
Kenji Fujino avait l'air totalement abattu lui qui, de coutume, était toujours si enjoué.
« Otou-San ? » demanda son unique fille inquiète. Elle prit la main de son père dans les siennes, « Y a-t-il un problème ? »
Le roi de Fuuka la regarda avec un petit sourire triste et déclara : « Je suis pathétique, ma fille » Il frotta ses mains sur son visage avant de continuer, « J'envoie une enfant à ma place à la guerre, pire encore, j'envoie ta fiancée… »
Shizuru était complètement déchirée, quelque soit la situation, elle ne pouvait qu'en être triste. Comment pourrait-elle choisir entre envoyer son père ou sa fiancée à la guerre, se disait-elle. Elle pensa que le sort était bien injuste et cruelle envers ceux qu'elle aimait.
Le roi et la princesse de Fuuka rejoignirent la reine et la princesse d'Artai. A la vue de son amour, Shizuru couru se jeter dans ses bras.
« Hé, doucement… » murmura Natsuki en caressant les cheveux de la brune.
Saeko et Kenji assistèrent à la scène sans savoir s'ils devraient se réjouir et s'affliger de l'amour que leurs deux filles se portaient enfin.
Un peu plus loin du château, dans les bas quartiers, trois jeunes filles broyaient du noir. Mai serrait très fort Mikoto dans ses bras pour se soutenir moralement. Celle-ci se contenta de ne pas bouger. Quant à Nao, elle regardait le ciel étoilé.
« Wouah ! L'ambiance qui tue ! »
Toutes se retournèrent pour voir qui était l'intrus. Et cette personne ne pouvait être autre que notre petite Natsuki qui s'approcha tranquillement de ses amies.
« Tirez pas ces têtes, s'il vous plait ! » ajouta Natsuki qui s'assit entre Nao et Mai, « Je suis épuisée ! » Et elle se coucha sur le dos, les mains derrières la tête.
Le manque de sérieux de Natsuki dans ce genre de situation, irritait presque Mai. Mais Mikoto et Nao lui firent signe de se calmer.
« Faut trop que la prochaine fois, on se refasse une course, Nao » annonça gaiement la princesse d'Artai.
« Ouais, et cette fois-ci, c'est moi qui gagnerai ! » répliqua Nao sur un ton moqueur. Mai regarda ses deux amies éclater de rire et décida elle aussi, de s'y prendre au jeu.
« Ouh la ! Je vais encore devoir m'occuper de deux jeunes filles mortes épuisées sur le sol une fois de plus, je le sens. » commenta Mai sur un faux ton exaspéré.
« Et après, on ira manger les bon ramen de Mai ! » cria joyeusement Mikoto qui en bavait déjà. Toutes éclatèrent de rire sous la belle lune accompagnée d'étoile.
« Promis, on fera ça la prochaine fois ! » déclara Nao en se levant et en tendant le point vers ses amies. Mai, Natsuki et Mikoto sourirent et mirent leurs poings, « Promis ! »
Shizuru était dans sa chambre, assise sur son lit. Elle ne voulait pas aller se coucher sachant que trop bien qu'elle ne pourra pas fermer l'œil de la nuit. Pour le moment, elle ne voulait qu'une seule chose, que Natsuki reste près d'elle.
La brune sentit ses larmes lui venir aux yeux. Lorsque quelqu'un frappa à la porte.
« Entrez ! »
Une blonde entra doucement dans la pièce et alla s'assoire à côté de la princesse de Fuuka sur son lit.
« Bonsoir, Haruka » déclara Shizuru sans vraiment la regarder.
« Tu sais… » commença Haruka en se grattant derrière la tête, « Je n'aime pas trop quand tu es dans cet état là. Alors j'ai décidée que moi aussi, je vais partir à la guerre. »
« Mais pourquoi ? » hurla Shizuru en se levant, une réaction aussi brutal de sa part, était rare.
« Tu tiens beaucoup à cette Natsuki, n'est-ce pas ? Et puis, de toute façon, j'avais prévue de m'y engager. » La blonde se leva tranquillement et se dirigea vers la porte, « J'était juste venue pour te le dire. Et aussi te promettre que quoi qu'il arrive, je te la ramènerais ta Natsuki, saine et sauve. » Haruka quitta la pièce sans laisser le temps à une réponse d'intervenir.
« Haruka, toi aussi, tu t'en vas… Merci, mais je préférerais que toi aussi, tu reviennes saine et sauve. » se murmura Shizuru qui éteignit la lumière de sa chambre et qui alla se coucher.
Bien évidemment, le sommeil n'était pas au rendez-vous. Le temps passait, mais notre petite brune n'arrivait toujours pas à s'endormir.
« Tu dors ? » murmura une petite voix dans son oreille.
Le cœur de Shizuru battit très rapidement et elle allait en découdre avec la personne qui s'était introduite dans sa chambre, mais s'arrêta après avoir reconnue la voix.
« Non, je n'arrive pas à dormir. » répondit-elle en regardant dans les yeux émeraudes.
« Je peux peut-être t'aider à t'endormir. » chuchota l'intruse avant de l'embrasser fougueusement. Petit à petit, elle fit glisser les bretelles de la petite robe de nuit de Shizuru.
« Ca au moins, c'est du rapide ! » commenta Natsuki en riant doucement pendant qu'elle admirait les belles courbures de sa compagne.
« Ikezu ! Natsuki porte beaucoup trop de chose sur elle. » ricana Shizuru qui commença à enlever délicatement un par un, les habits que portait Natsuki. Au moment où il ne restait plus que les sous-vêtements à enlever, la princesse d'Artai se rebella et mordit dans le cou de la brune qui ne pu retenir un gémissement.
« Natsuki… » geignit cette dernière en s'offrant entièrement à sa fiancée.
La danse corporelle battit de son plein et après autant de plaisir charnel, Shizuru était bien épuisée. Natsuki était bien plus entreprenante que la première fois, se disait-elle.
Après la jouissance, la brune n'avait plus la moindre force et cela, Natsuki le savait très bien. Elle s'approcha de sa fiancée et l'embrassa chastement sur la bouche. Cette dernière sombrait déjà à moitié dans le sommeil.
« Au revoir, Shizuru… Prend soin de toi » chuchota notre princesse d'Artai qui se releva pour se rhabiller.
« Tu… Tu l'as fait exprès ! » grogna Shizuru désormais en larme, mais qui n'avait pas la force de se lever pour pouvoir prendre sa bien-aimée dans ses bras.
Natsuki essuya délicatement les larmes : « Je reviendrais, ne t'inquiète pas. Attends-moi patiemment. » Après ces mots, la brune sombra dans la profondeur du repos.
Lorsque Shizuru se réveilla, elle se rendit compte que le soleil était levé et surtout, qu'elle était seule dans son lit. Complètement désemparée, elle couru à travers tout le château à la recherche de la jeune fille aux cheveux de minuit, avant de tombé épuisée sur le sol.
Kenji partit immédiatement à la rencontre de sa jeune fille adorée, suivit de Saeko. La princesse de Fuuka était en larme et était prise d'un grand désespoir. Et c'était avec impuissance que les parents assistèrent à la triste scène.
