Chapitre 14

« Tu peux me répéter ça ?! » hurla Natsuki qui ne revenait pas de ce que ses oreilles avaient entendu.

Pour ne pas perturber la fête, notre groupe d'amie se retira en dehors de la salle de réception, dans un lieu un peu plus privé.

« Est-ce que je peux avoir des explications, s'il vous plait ?! » ordonna la princesse d'Artai très irritée.

« Ara, pour faire simple, j'ai mis au monde, deux petites jumelles. » répondit calmement Shizuru.

« Quand ? Comment ? Et pourquoi ?! »

Natsuki ne tenait plus en place et ne cessait de hausser la voix, lorsque Youko décida d'intervenir.

« Nous avons fait un mélange de cellule d'ADN de Shizuru et du tiens pour la rendre enceinte, et pour cela, nous avons utilisés des échantillons de ton sang, ainsi que quelques mèches de tes cheveux. » expliqua tranquillement la femme médecin en essayant de le faire de la façon la plus bref que possible.

« Mais pourquoi on ne m'a pas prévenue ?! » rétorqua Natsuki dans une colère noire, « S'en est trop, j'en ai assez entendue ! » Sur ces mots, la jeune fille quitta la pièce sans même regarder derrière elle. Shizuru ne savait pas pourquoi sa fiancée avait aussi mal réagit à cette annonce, elle qui s'attendait à des retrouvailles chaleureuses. Elle ne pu s'empêcher de fondre en larme. On ne revit pas la jeune fille aux cheveux de minuit de toute la soirée.

***

Le soleil s'était déjà levé et toujours aucun signe de la princesse d'Artai.

Shizuru réfléchissait seule dans sa chambre lorsque deux enfants rentrèrent joyeusement dans la pièce.

« Oka-San ! Oka-San ! Quand est-ce qu'on va rencontrer maman ? » demanda Hitomi en sautillant dans les bras de sa mère.

« Ouais, quand est-ce qu'on la voit ? » répéta Hikari qui imita sa sœur.

Shizuru dissimula sa tristesse devant ses deux petits trésors, elle leur sourit chaleureusement en les serrant très fort.

« Ara, votre maman est comme dirait… malade. Il va falloir attendre avant de la voir, mes petits anges. » déclara la brune qui ne voulait pas que ses deux filles rencontrent Natsuki dans l'état qu'elle était actuellement, « Mais bientôt, vous pourrez la voir… Bientôt… » Elle embrassa tendrement le front de ses deux fillettes.

***

Natsuki était dans les bas quartiers couchée sur son spot préféré, à bouder dans son coin.

« Ah ! Te voilà enfin ! » déclara une jeune fille qui s'assit juste à côté.

« Qu'est-ce que tu me veux, Nao… Je ne suis pas d'humeur là. » répondit la revenue de guerre en fronçant les sourcils.

« Je sais que la nouvelle t'as choquée, mais dis-toi quand même, que ce sont tes filles elles aussi. » commenta la jeune fille aux cheveux rouges.

« Peut-être, mais Shizuru n'avait pas à faire cela ! J'aurais au moins, voulu qu'elle m'avertisse ! » rétorqua Natsuki d'une voix qui commençait à s'énerver petit à petit.

« Et comment ? Il n'y avait pas de moyen de te joindre, je te signale. Et Shizuru se sentait terriblement seule, tu sais. »

« Et moi ? Tu crois que je me suis amusée sur le champ de bataille peut-être ? »

Nao soupira, son amie avait bien changée et ne semblait pas vouloir discuter pour le moment. Elle se releva en décidant qu'il valait mieux laisser son amie d'enfance tranquille. Mais avant de partir, elle déclara : « Shizuru a déprimée pendant des semaines, sans boire, ni manger… Elle avait besoin d'un soutient, quelque chose à laquelle elle pouvait s'accrocher pour vivre. Et ce 'quelque chose', c'est Hikari et Hitomi, tes filles ! »

« Mais… Comment pourrais-je regarder ses petites filles qui sont supposées être les miennes, alors que je ne les connais même pas… » murmura la princesse d'Artai désemparée lorsque son amie était déjà partit plus loin.

***

Shizuru se promenait dans le château dans l'espoir de croiser sa fiancée. Elle avait laissé ses deux petites filles aller jouer dans le jardin avec Duran.

La brune tomba nez à nez avec Youko, la femme médecin de la famille royale.

« Shizuru-San, puis-je te parler un instant ? » demanda cette dernière en montrant une pièce où elles pourront discuter en toute tranquillité.

Les deux jeunes femmes entrèrent dans la pièce et Youko reprit : « Cela ne prendra pas longtemps, Shizuru-San. »

« Ara, qu'avez-vous donc à me dire ? » questionna curieusement la princesse de Fuuka.

« C'est à propos de Natsuki… » commença la femme médecin, « Tu as pu remarquer sa réaction hier soir, n'est-ce pas ? »

Shizuru acquiesça lentement la tête avec un visage triste et douloureux.

« Ne la juge pas trop rapidement, je t'en prie. »

« Mais c'est de nos filles que nous parlons là. » rétorqua Shizuru qui ne pouvait accepter le rejet de ses enfants par leur deuxième mère.

« Je le sais, mais n'oublie pas que Natsuki a subit quatre ans infernaux à la guerre. Et cela n'a pas marqué que Natsuki d'ailleurs… » déclara tristement Youko qui soupira, « Haruka et Midori ne s'en sont pas sorties indemne elle non plus… Midori passe ses journées à boire encore et encore, et quant à Haruka, elle passe son temps à frapper avec beaucoup de rage des sacs de sable, elle s'arrête de s'entraîner que lorsqu'elle s'évanouit d'épuisement. »

Youko leva la tête pour regarder Shizuru dans els yeux : « Et je pense que Natsuki ne sait pas comment extérioriser cela. Tu sais comment elle est, elle a toujours tendance à tout garder dans son cœur, mais il faudra bien que cela explose un jour. C'est pour cela qu'il faut que tu la soutienne. »

***

« Stupide fille, comment as-tu pu ? » hurla Saeko en giflant sa fille au visage.

Natsuki ne répondit rien et ne réagit pas à l'offense. Elle se contenta juste de regarder sa mère dans les yeux.

« On m'a raconté ce que tu as dit hier soir. J'ai vraiment honte de toi, tu le sais ça ? » reprit la reine d'Artai dans une colère noire, « Je sais que tu as passé des moments difficiles, mais ce n'est pas une raison pour faire souffrir tes proches, ma stupide fille. »

Intérieurement, Natsuki souriait car le fait d'entendre sa mère la sermonner, l'avait manqué, surtout le 'stupide fille' que sa mère utilisait si souvent.

« Natsuki, tu me fais penser à ton père… » soupira la reine d'Artai en faisant entrer sa fille dans la salle de séjour, pour pouvoir siroter un thé pendant qu'elle corrigeait sa progéniture.

« Mon père ? Pourquoi ? » questionna la jeune fille qui prit enfin part à la discussion.

« Lorsque j'ai annoncé à ton père que j'étais enceinte de toi, il avait presque réagi de la même façon que toi… A croire que c'est génétique. » expliqua Saeko qui demanda à une servante de lui apportait son breuvage. Elle regarda sa fille qui resta silencieuse et mal à l'aise vis-à-vis de la situation.

« Oui, comme je disait » reprit calmement Saeko, « La stupidité est génétique dans cette famille, il suffit de regarder Hikari, ton portrait tout craché. Heureusement que Shizuru est le deuxième parent, cela à sauver au moins, Hitomi de ta bêtise. » ricana la femme qui prit le thé que l'on lui avait apporté dans ses main.

« Mais… Oka-San, je ne sais pas comment réagir devant elles… » murmura doucement Natsuki, « Et je ne suis pas encore prête à vivre ce genre de chose. Tout se bouscule dans ma tête…»

Saeko regarda amèrement son enfant qui avait apparemment subi des séquelles de la guerre. Elle n'était plus la fille rebelle et énergétique qu'elle avait été par le passé.

« Natsuki, tu as encore tout le temps devant toi, pour reprendre un rythme de vie normal. Mais il faut aussi y mettre du tien, stupide fille. » ajouta la reine d'Artai en sirotant son thé.

***

« Allez, viens ! » supplia la petite Hikari à sa sœur.

« Mais on a pas le droit d'y aller. Si on se fait attraper, ça va barder ! » rétorqua Hitomi qui était entrain de jouer avec Duran. Nos deux fillettes se trouvaient dans le jardin de palais.

« Mais on s'ennuie ici ! Allons voir tante Nao dans les bas quartiers ! »

« On n'a pas le droit d'y aller quand il n'y a personne pour nous y accompagner ! »

Hikari était irritée du fait que sa sœur soit aussi sage et qui obéissait à tout ce que les adultes lui disaient.

« Ok ! T'as qu'à rester ici, moi j'y vais. » déclara Hikari sans laisser le temps à la petite brune de répliquer, en courant vers les bas quartiers.

« Baka… » murmura la jumelle en regardant son autre moitié partir à l'aventure.

***

Pendant que Saeko faisait la morale à sa fille, et ce depuis une heure, Shizuru entra dans la pièce, attirée par les braillements.

Lorsque Natsuki vit entrer sa fiancée, elle baissa la tête par culpabilité par rapport à sa réaction de hier soir. Shizuru s'assit à côté de cette dernière et posa sa main sur la sienne pour demander à la jeune fille de lever la tête pour voir ses yeux.

« Kannin na, Natsuki… » murmura Shizuru lorsque Natsuki la regarda, « Kannin na… »

« C'est à moi de m'excuser, Shizuru. Je n'aurais pas du réagir ainsi… » répondit lentement la princesse d'Artai.

« Mais non, cela est normal. Après tout, tu es un peu lente du ciboulot. » ricana Shizuru qui ne pu s'empêcher de rire en voyant la visage désemparée de sa fiancée, « C'est une citation de Nao. »

« Je le savais ! » répondit Natsuki avec un petit sourire, « Oi, Shizuru ! Arrête de rire maintenant ! On dirait une dinde qui glousse.»

« Ara ? Mais 'mon fiancé' fronce tellement souvent des sourcils que je me demande souvent, si tu n'es pas constamment constipée. » répliqua joyeusement Shizuru qui éclata de rire encore plus fort qu'avant. Saeko assistait à la scène silencieusement, en sirotant tranquillement son thé.

« On m'as dit que l'une de nos filles te ressemblait… Ben merde, une c'était limite, mais deux… Ca va être la fin du monde, ouais ! » ajouta Natsuki avec un sourire moqueur.

« Ton langage, Natsuki ! » commenta Saeko sans vraiment interrompre la conversation.

« Ara, mais comme tu l'as dit et je cite, l'une de nos filles, mais le plus terrible, c'est que la pauvre Hikari te ressemble, le seigneur a été bien cruel… Pauvre enfant. »

« Oi, Shizuru ! Ce n'était pas gentil ça ! »

« Ara ? »

Les deux jeunes filles éclatèrent de rire sous le regard attentif de la reine d'Artai. Puis, elles s'embrassèrent langoureusement en se prenant l'une et l'autre dans les bras.

« Hum, hum ! » toussa sévèrement Saeko qui demandait un peu de décence dans cette pièce.

Tout d'un coup, Miss Maria fit irruption dans la salle, toute essoufflée.

« Vos altesses, excusez mon interruption. C'est à propos de la petite Hikari! » déclara la vieille femme sans même avoir repris son souffle.

« Ara… » soupira Shizuru en regardant Natsuki comme pour l'accuser.

« Qu'est-ce que ma stupide petite fille a encore fait ? » questionna la reine qui garda son calme, Shizuru et elle avaient l'habitude que la fillette fasse autant de bêtise.

« La petite Hitomi m'a annoncé que sa sœur serait partie seule dans les bas quartiers. » expliqua Miss Maria.

Sans vraiment le vouloir, toutes se retournèrent dans la direction de Natsuki comme si cela était de sa faute.

« Oi… Ne me regardez pas comme ça… » grommela cette dernière en transpirant.

« Et depuis combien de temps est-elle partie ? » interrogea la brune qui était tout de même très inquiète que sa fille soit dans un lieu non sécurisé.

« Hitomi a dit un peu près une heure, je suis venue dès que j'ai appris la nouvelle. » répondit la vieille femme paniquée.

« C'est bon, je vais aller la chercher ! » annonça Natsuki en se levant de son siège.

« Mais comment comptes-tu la retrouver ? » interrogea la reine d'Artai.

« Tu oublies que je connais les bas quartiers comme ma poche et Duran pourra certainement pister son odeur. »

***

Une petite fille se promenait dans les ruelles en regardant à droite et à gauche. Apparemment, l'enfant s'était perdue.

« Oh, non… Je sais plus où se trouve la maison de tante Nao… » fit Hikari qui ne voulait pas céder à la panique. Elle continua son exploration très lentement car ses jambes commençaient contre son gré, à trembler.

Soudain trois hommes mal vêtus et sales, apparurent devant l'enfant avec des visages effrayants.

« Qu'est-ce qu'une si jolie petite fille fait ici ? » demanda le plus gros des trois.

« C'est qu'elle est mignonne en plus ! » déclara le plus petit des trois hommes.

« Vous êtes des sacrés pédophiles, c'est tout ce que j'ai à dire… » ajouta le dernier des trois.

« Tu peux parler, regarde-toi. Tu es tout excité ! » rétorqua le gros monsieur, « Viens par ici, ma petite. On ne te veut aucun mal. »

A leur grande surprise, la petite fille ne se mit pas à pleurer, ce qui les décevait un petit peu.

« Vous me faîte pas peur, bande de sale porc ! » cria Hikari en se rappelant des insultes que Nao lui avait apprises. Et les trois brigands se mirent à rire, sous le regard anxieux de la petite Hikari qui réfléchissait à un moyen de s'enfuir.