Give me a minute and I'll tell you the setup for

The worst joke ever, I never

I'll tell you my version of the greatest life story

Don't bore me

(The Worst Joke Ever, R.E.M.)

L'asile de Moldus

Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit, et Remus se trouva face à face avec une grande femme brune et maigre, à l'air peu aimable. La sœur de Lily… Merlin ! Comment est-il possible d'être aussi différente ?

Petunia Dursley lança à son visiteur un regard interrogateur et un sourire vaguement poli, s'attendant certainement à ce qu'il essaie de lui vendre quelque chose ou tente de lui faire signer une quelconque pétition. Puis un éclair de compréhension traversa ses yeux.

« VERNON ! », hurla-t-elle. « Vernon ! Au secours ! »

Tiens, apparemment elle se rappelle m'avoir vu lors du petit incident à King's Cross…

Un homme corpulent se retrouva bientôt derrière Petunia, et posa une main qui se voulait rassurante sur son épaule.

« Qu'y a-t-il Petunia ? », demanda-t-il. « Cet individu t'ennuie ? », ajouta-t-il d'une voix menaçante, en jetant un regard féroce vers l'intrus. Féroce… Pour cet espèce de… morse, oui. S'il croit qu'il me fait peur !

« C'en est un, Vernon ! », chuchota Petunia, non sans que Remus l'entende.

« Un quoi, ma chérie ? »

Effectivement, Vernon Dursley ne me semble pas être le plus intelligent des Moldus. James avait raison !

« L'un des leurs… La gare… Harry… », fut tout ce que sa femme fut capable de répondre.

« Un des… » Remus put distinctement voir la lueur de compréhension s'allumer dans les yeux du Moldu. « Ah, d'accord ! Monsieur, je vous prie de partir de chez moi ! Je ne sais pas ce que ce petit morveux a été vous raconter, mais vous n'avez rien à faire ici ! »

« Harry ne m'a rien raconté du tout, et ne s'est aucunement plaint de son séjour chez vous. Néanmoins, je suis venu ici pour le voir, et je ne repartirai pas avant de l'avoir fait », répondit calmement Remus.

« Je vous interdis d'entrer dans ma maison. Je ne veux pas de gens comme vous chez moi ! »

S'il savait ce qu'il veut dire par "comme vous"…

« Et moi je vous dis que je suis venu rendre visite à Harry, et que je suis fermement décidé à lui parler », insista le Maraudeur, toujours aussi impassible. « Pourriez-vous m'indiquer où se trouve sa chambre ? », ajouta-t-il poliment.

« Vous n'entrerez pas dans cette maison ! Je suis ici chez moi ! Allez-vous en ! »

Est-ce que je me fais des idées, ou est-ce que le morse a un vocabulaire limité ? Enfin. Cet abruti ne me laisse pas le choix. Il va falloir que j'utilise les grands moyens, apparemment… Essayons l'intimidation.

« Bon. Très bien. Je ne veux pas créer de scandale dans votre charmant quartier. Mais je me dois de vous prévenir : si je retourne…d'où je viens… sans pouvoir donner des nouvelles de votre neveu, on renverra quelqu'un d'autre. Et ce quelqu'un pourrait être moins compréhensif que moi… », insinua-t-il.

« C'est ça ! Toujours vos menaces, vos histoires à dormir debout. Harry aussi a essayé ça avec nous : son soi-disant parrain qui voulait savoir si tout allait bien ! Mais oui ! Hé bien on ne l'a jamais vu. Alors vos avertissements, vous pouvez vous les garder ! »

Remus dut faire un grand effort sur lui-même pour garder son calme à l'évocation de son ami. Il n'avait qu'une envie : jeter un sort à ces imbéciles qui avaient pourri l'enfance de Harry, et qui se permettaient encore de critiquer Sirius. Alors que lui, contrairement à eux et malgré le peu d'occasions qu'il avait eues, s'était mis en quatre pour l'adolescent. Le Maraudeur était déjà en train de se dire que leur fils, qui entre-temps était venu voir ce qui se passait et qui tentait en vain de se cacher derrière sa mère, ferait un très bel hippopotame, lorsqu'il se rappela à l'ordre. Il était venu ici pour Harry, et pour remplir sa mission. Hé oui Sirius ! Responsable et sérieux… Une fois de plus je vais obéir aux ordres alors que toi tu aurais rué dans les brancards. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas toi qui avais la meilleure approche des choses.

« Comme vous voulez. Je vous aurais prévenu. Mais Moody n'est pas un cadeau, je vous le dis ! Il a beau avoir un œil en verre et une jambe en bois, ses colères sont mémorables ! »

Il sentit qu'il avait touché juste : Dudley se recroquevilla encore plus derrière sa mère, Pétunia gémit, et Vernon pâlit. Il faut peut-être leur mettre les points sur les i, mais il faut avouer que leur réaction est proportionnelle à l'effort investi.

« Cet homme qui était à la gare avec vous… cet homme à l'air de pirate… c'est lui Moody ? », demanda Vernon d'une voix tremblante.

Bingo le morse ! Remus serra les dents. Il avait très envie d'agresser physiquement cet homme en face de lui, et sentait que son flegme perdait du terrain… Finissons-en avant que je ne perde mon calme. « Exactement ! Et lui ne repartira pas sans avoir parlé à Harry… »

Remus sut qu'il avait gagné : Petunia tira sur le bras de Vernon et lui fit un signe de tête, pendant que Dudley suppliait son père du regard.

« Bon, bon, vous avez gagné ! Le gosse est là haut, dans sa chambre. Il y passe le plus clair de son temps, d'ailleurs, à réfléchir ou je ne sais quoi. Mais je ne veux pas qu'on nous reproche quoi que ce soit, hein ? On ne lui a rien fait. »

« Mais je n'en doute pas… », répondit Remus en s'engageant dans l'escalier. C'est bien ça le problème. « Merci de votre coopération », ajouta-t-il un peu plus fort en s'arrêtant devant une porte, la porte qui correspondait à la fenêtre où il avait vu apparaître Harry un instant plus tôt.

Courage, Moony, courage ! Et il frappa.