The sun just slipped its note below my door

And I can't hide beneath my sheets

I've read the words before so now I know

Time has come again for me

And I'm feelin' the same way all over again

Feelin' the same way all over again

Singin' the same lines all over again

No matter how much I pretend

(Feelin' The Same Way, Norah Jones)

Snivellus

Cela faisait déjà quelques minutes que Remus était éveillé. Il avait mis un moment avant de réussir à se rappeler où il se trouvait et ce qu'il s'était passé la nuit précédente. A présent, il observait Harry, qui dormait encore.

Comme il a l'air paisible… Dans la position où il se trouvait, sa cicatrice était recouverte par une mèche de cheveux. On aurait dit un adolescent comme les autres, sans prophétie ni ennemi mortel pour lui gâcher la vie. Si seulement cela pouvait être vrai ! Remus sourit. Voilà qu'il se mettait à penser comme Sirius: si je pouvais, j'effacerais cette foutue cicatrice, et je le garderais toujours près de moi pour le protéger. Mais comment pouvait-on ne pas vouloir faire n'importe quoi pour Harry ? Une fois qu'on avait gagné sa confiance et son affection, il était prêt à tout donner… Et il avait si peu reçu en retour, jusqu'à présent !

Soudain, un bruit attira l'attention de Remus et le tira de ses pensées. Il y avait du remue-ménage dans le couloir. Quelqu'un semblait s'amuser à ouvrir puis à refermer chacune des portes de l'étage, alors qu'il n'était même pas encore six heures du matin. Cet idiot allait finir par réveiller toute la maison ! Remus était sur le point de se lever pour aller voir ce qu'il se passait, quand sa propre porte s'ouvrit.

Pris par surprise, il n'eut même pas le réflexe de sortir de son lit. Il resta assis, attendant de voir qui allait entrer. Et il ne fut pas déçu: la personne qui pointa le bout de son nez – plutôt proéminent – dans la pièce n'était autre que Severus Snape.

Les deux hommes se fixèrent un moment sans rien dire. Buckbeak, qui s'était réveillé au bruit de la porte, leva la tête, puis la reposa. Enfin, après avoir fait le tour de la pièce des yeux, Snape ouvrit la bouche.

"Lupin", dit-il de son habituel ton méprisant.

"Severus", répondit aimablement Remus. "Que me vaut le –"

"Cela fait une heure que je te cherche, Lupin ! », coupa l'autre comme s'il remettait un élève à sa place. Je te ferai remarquer que je n'ai pas de temps à perdre à chasser le loup-garou dans ce fichu manoir."

"Je te crois sur parole, Severus. Par contre, je ne sais toujours pas pourquoi tu as passé ce précieux temps –"

"Ma parole, Lupin ! Tu as oublié quelle date on est ? Je ne concocte pas de potion Tue-loup pour m'amuser, figure-toi !"

"Ah, c'est ça ! ", s'exclama Remus en se levant enfin. Cela l'aurait tué de le dire tout de suite, je suppose. Il s'approcha de Snape et tendit la main. "Merci, Severus ! Je ne sais pas comment ça a pu me sortir de la tête… ", ajouta-t-il en souriant. Merlin… Pourquoi donc est-ce que je continue à m'aplatir devant lui ? Hein, Padfoot, tu peux me le dire ?

Snape lui rendit un sourire sarcastique, mais ne lui donna aucun flacon. "Personnellement, j'ai ma petite idée…"

Remus ne voyait pas du tout où il voulait en venir. "Comment ?!", s'étonna-t-il en laissant retomber son bras. Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Moi qui pensais m'en être débarrassé…

Snape ricana et tourna la tête du côté de Harry, qui, par miracle, semblait ne pas avoir été réveillé par cette discussion. "Apparemment, tu t'es trouvé une nouvelle occupation… ou devrais-je dire… passion ?"

Remus n'en revenait pas. Qu'est-ce que Snape sous-entendait par là ? "Severus, je ne vois pas –" Espèce de -

"Oh ça va, Lupin ! Ne fais pas l'innocent ! De toute façon, j'ai toujours trouvé louches vos relations, à toi et à ta bande d'inséparables…"

Remus, qui avait gardé son calme jusqu'à maintenant, habitué depuis longtemps à subir les moqueries de Snape, sentait la colère monter. Cela faisait des semaines qu'il avait les nerfs à fleur de peau, et avec l'approche de la pleine lune, le loup n'était jamais très loin de la surface. Et puis zut, ma patience a des limites. Il me cherche, il va me trouver.

"Severus, je ne te permets pas ! Si ton esprit malade ne peut pas comprendre que j'essaie seulement d'aider un gamin qui a perdu la personne la plus proche d'un parent qu'il ait jamais eue…"

L'hippogriffe, dérangé par ces cris, releva à nouveau la tête. Snape ricanait toujours. "Eh bien, mais il semblerait que j'ai réussi à faire sortir le calme Lupin de ses gonds… Tu sais, je me fiche totalement de ce que tu fais de ta vie… et de celle de Potter, d'ailleurs. Mais je remarque quand même que tu passes toujours après Potter senior et Black. N'est-ce pas amusant ? C'était ainsi à Poudlard, et cela continue. Tu n'en as pas marre d'être toujours la cinquième roue du carrosse ?" Puis, comme s'il venait d'y penser: "Note que tu as toujours eu l'avantage sur Pettigrew… Bon, pour ce qu'il est devenu –"

C'en était trop pour Remus. Lui-même se posait déjà suffisamment de questions et se faisait suffisamment de reproches, mais les entendre dans la bouche de Snape… Pour l'une des rares fois de sa vie, l'ancien Maraudeur laissa parler son instinct de loup et se jeta sur le professeur de potions, qu'il empoigna par le col de sa robe. Celui-ci ne s'attendait pas du tout à une telle réaction, et fut d'autant plus surpris que Remus faisait preuve d'une force que son aspect physique ne laissait pas supposer. Néanmoins, il reprit vite contenance et plongea ses yeux dans ceux de Remus. Buckbeak, inquiet pour celui qu'il considérait désormais comme son nouveau maître, s'était levé et grognait en direction de Snape.

"Alors, Lupin, le loup est de sortie, ce matin ?", siffla ce dernier, sans faire attention à l'animal. "Je suis désolé de te décevoir, mais dans ta forme, euh, normale, tu es beaucoup moins impressionnant."

Remus serra ses mains sur le tissu. Tu vas te taire, Snivellus !

"Par contre", poursuivit Snape, "je me demande si je ne devrais pas rapporter cet… incident, à Dumbledore. En effet, je crois qu'il sera intéressé d'apprendre que son jeune protégé est aux mains d'une… bête sanguinaire ?"

L'accès de rage auquel Remus avait succombé disparut aussi vite qu'il s'était déclenché. L'ancien Maraudeur relâcha lentement son emprise, sans savoir que répondre. Les dents serrées, il se contenta de soutenir le regard de Snape. Et voilà. Tu as réussi. Voyant que son maître se calmait, l'hippogriffe fit de même et se recoucha, tout en restant aux aguets. Désolé, Padfoot. Je ne suis pas comme toi…

"Il me semble que tu n'es pas la personne la mieux indiquée pour t'occuper de Potter, Lupin", finit Snape d'un ton qui, pour Remus, aurait tout aussi bien pu signifier son arrêt de mort. Il aurait voulu se défendre, il aurait voulu protester, mais il n'en avait plus la force. Peut-être qu'il a raison, après tout…

"Taisez-vous !"

Surpris, Buckbeak poussa un cri. Remus et Snape se retournèrent d'un seul mouvement. Concentrés sur leur affrontement, ils avaient complètement oublié la présence de Harry. Si ce dernier avait effectivement continué à dormir au début de leur conversation, cela faisait tout de même un moment qu'il était réveillé et les écoutait, horrifié. Il n'avait d'abord pas osé dire quoi que ce soit, mais Snape venait de dépasser les bornes.

"Potter", laissa tomber Snape avec ce sourire sarcastique qui le caractérisait.

"Harry…", souffla Remus, honteux de s'être comporté de la sorte. "Ne te mêle pas de ça…" Oh non. Comment ai-je pu l'oublier ? Qu'est-ce qu'il doit penser, maintenant ?

"Non !", s'exclama Harry. "Je ne peux pas le laisser vous accuser comme ça !"

"Potter. Vous n'apprendrez donc jamais qu'il est impoli d'écouter les conversations des autres sans leur signifier votre présence ?", lâcha Snape. "Mêlez-vous de ce qui vous regarde, pour une fois."

"Mais ça me regarde, justement ! ", répliqua Harry en sortant de son lit. "Il me semble même que vous avez parlé de moi, non ?"

"Harry…", supplia Remus. Nous allons tout droit à la catastrophe. Ils sont aussi têtus l'un que l'autre. Et comme Harry tient à la fois de son père et de Sirius…

"Non, Remus ! Il a toujours critiqué mon père. Ensuite, ça a été au tour de Sirius. J'en ai marre qu'il détruise toutes les personnes qui comptent pour moi."

Remus fit un geste pour essayer de l'interrompre, mais Harry continua: "D'accord, mon père était peut-être prétentieux, et Sirius irresponsable, mais vous, qu'est-ce qu'il a à vous reprocher, hein ?" A mon avis ? D'exister. Puis, se tournant vers son professeur de potions: "HEIN ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ? Vous savez très bien qu'il n'était pour rien dans la farce que Sirius vous a jouée… Vous êtes PATHETIQUE !", hurla-t-il.

"Potter, il me semble que vous oubliez à qui vous parlez. Vous avez toujours eu des problèmes de respect face à l'autorité, mais l'influence de Black semble avoir empiré les choses…"

Harry se planta devant Snape, rouge de colère. "Je – vous – interdis – de – critiquer – Sirius ! Il est MORT, d'accord ! Vous devriez être content, non ? "

Remus observait la scène. Si Padfoot pouvait voir ça ! Il serait fier. D'un côté, il était flatté que Harry se soit mis à le défendre. De l'autre, il trouvait lamentable d'avoir besoin de la protection d'un adolescent. J'ai l'impression de me retrouver en première année, lorsque James et Sirius volaient systématiquement à mon secours quand les Serpentards m'ennuyaient.

"Potter, surveillez votre langage ! Vous n'êtes pas au-dessus des lois ! Je peux vous faire renvoyer, ou en tout cas vous faire échouer à MES examens", menaça Snape.

A ces mots, l'adolescent se mit à rire, mais d'un rire presque hystérique. "Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ? A quoi bon passer des examens quand on va se faire massacrer par… VOLDEMORT !"

Sous le choc, Snape devint muet. Quant à Remus, il sortit de son état apathique. Merlin ! Harry n'avait donc aucun espoir ? Il partait du principe qu'il allait se faire tuer ? Il était à un âge où on était censé faire des plans pour l'avenir… Comme les Maraudeurs en ont fait. Je ne suis vraiment pas le mieux placé pour parler d'avenir.

Harry faisait toujours face à Snape, bouillant de rage, les points serrés, comme prêt à le frapper à la moindre occasion. Snape, lui, s'étant remis de sa surprise, reprenait déjà son sourire sarcastique et se préparait à répliquer. Remus décida d'agir. Un peu de courage, Moony, merde ! Harry a déjà fait la moitié du travail.

"Sors, Severus", dit-il d'une voix ferme.

"Lupin. On se réveille ?"

"J'ai dit: SORS, Severus." Mais c'est pas vrai ?! Ce n'est plus de l'entêtement à ce degré-là, c'est pathologique.

"Lupin, je t'ai déjà dit que –"

"DEHORS !", hurlèrent simultanément deux voix, accompagnées du grognement menaçant d'un hippogriffe passablement énervé.

Snape fut tout aussi étonné que Harry et Remus, mais sentit qu'il n'avait plus aucune chance de victoire. Après leur avoir lancé un dernier regard méprisant, il sortit d'un pas majestueux et claqua la porte. Il faut lui reconnaître ça : il a un certain talent pour sauver les apparences.

Harry resta un moment sans bouger, à fixer la porte, avant de se mettre à trembler. Remus s'avança vers lui et posa la main sur son épaule. L'adolescent sursauta, et ses jambes s'effacèrent sous lui. Remus eut juste le temps de l'attraper par le bras avant qu'il ne s'effondre.

"Hé là, attention ! Il ne faudrait pas que mon sauveur s'évanouisse au moment des remerciements", plaisanta-t-il doucement.

Harry le regarda et lui sourit timidement.

"Allez, viens t'asseoir", ajouta Remus en conduisant l'adolescent vers le lit le plus proche. Une fois qu'il fut installé, le loup-garou s'accroupit devant lui et, en le regardant droit dans les yeux, lui déclara: "Merci, Harry. Je suis très touché par ce que tu viens de faire. Ton comportement est digne de ton père et de Sirius. Eux aussi défendaient toujours les plus faibles. Je ne compte pas le nombre de fois où ils nous ont sorti d'une situation semblable, Peter et moi."

Harry rougit. "M-merci. Mais je ne trouve pas pour autant que vous fassiez partie des faibles…", protesta-t-il d'un ton mi-taquin, mi-sérieux.

Remus détourna les yeux. "Tu crois ?" Moi je ne n'en suis pas si sûr… Comme je ne suis pas persuadé que Snape n'ait pas raison sur certains points…" A mon tour d'être sceptique…

"Qu'est-ce que vous racontez ?!", s'effara Harry. "Tout ce que je l'ai entendu dire, ce sont des bêtises inventées par un type frustré !"

Remus ne put s'empêcher de pouffer. "Intéressante définition de Severus…" Il reprit un air grave. "Néanmoins, Harry, il a raison. Je ne suis peut-être pas la meilleure personne qui soit pour s'occuper de toi."

"Non !", se révolta Harry, une note d'angoisse dans la voix.

"Harry… Réfléchis: même si, grâce à ma potion, je suis moins dangereux pendant la pleine lune, on ne peut pas compter sur moi…"

"Et alors ?", s'entêta Harry.

"Tu mérites mieux que ça, Harry", déclara Remus avec fermeté.

"Non !", protesta l'adolescent. "Non ! Pourquoi est-ce qu'il est toujours obligé de faire ça, hein ? Pourquoi il recommence ? Ça lui a pas suffi de faire la même chose à Sirius ?"

Harry haussait le ton. Remus craignait qu'ils finissent par réveiller toute la maison. C'était déjà une chance qu'ils soient les seuls à occuper cet étage, et que personne n'ait assisté à sa dispute avec Severus. Ce que j'ai à dire à Harry est suffisamment difficile pour qu'on se passe de témoins.

"Harry ! Calme-toi. Il ne s'agit pas de Severus ici, il s'agit de moi. Cela fait longtemps que je me pose cette question, tu sais. Il m'a juste fait reprendre conscience de la réalité…" Pardon, Padfoot. Mais c'est mieux ainsi.

"Mais je m'en fiche, de la réalité ! La réalité, c'est que j'ai perdu mes parents, que j'ai été élevé par des gens qui me détestent, que mon parrain est mort, et –"

"C'est bien ce que je dis: tu mérites mieux." Tellement mieux.

"Je ne veux pas mieux…" Harry s'arrêta, et avala sa salive. "Vous êtes le seul qui me compreniez, vous êtes le seul à qui je fais confiance», finit-il d'un ton suppliant.

Remus soupira. Il n'allait jamais y arriver… Pourtant, il était persuadé que ce qu'il faisait était dans l'intérêt de Harry. Il s'assit à côté de lui, et poursuivit:

"Harry… Cela n'est pas non plus comme si l'on n'allait plus jamais se revoir… Seulement, il me semble qu'un cadre plus… stable serait tout de même un avantage, non ? Comme dans la famille Weasley, par exemple. Tu t'entends bien avec les frères et sœur de Ron, non ? Et tu te plais avec eux ?"

"Oui… Mais c'est la famille de Ron, pas la mienne !"

"Pourtant, Arthur et Molly seraient ravis de prendre soin de toi, tu le sais… Ils te considèrent presque comme un de leur fils, enfin… surtout Molly !", ajouta Remus en souriant.

"Mais je ne suis PAS leur fils ! Ils ont déjà sept enfants, ils n'ont pas besoin de moi." Harry s'arrêta une nouvelle fois. "Moi, je suis tout seul… comme vous", ajouta-t-il d'une voix étranglée. A cela, Remus ne savait vraiment pas quoi répondre. Oui, il était seul. Il était seul depuis bien longtemps… Trop longtemps, justement.

"S'il – s'il vous plaît… J'ai besoin de vous…", murmura Harry d'une voix misérable. Oh Merlin. Comme ça fait du bien…

"Mais j'ai besoin de toi aussi ! Seulement, je n'ai pas envie de te faire du mal non plus…", protesta faiblement Remus.

A ces mots, Harry leva brusquement la tête. Il regarda Remus droit dans les yeux, puis déclara: "M. Moony, dites-moi si je me trompe, mais ne m'auriez-vous pas exposé il y a quelque temps de cela une théorie selon laquelle les amis d'une certaine personne savent à quoi elles s'exposent en restant près de ladite personne ? A l'époque, il me semble que vous étiez totalement convaincu par vos arguments…"

Remus était si déconcerté par ce changement de ton qu'il resta la bouche ouverte, incapable de répondre quoi que ce soit. Il faisait une tête tellement comique que Harry finit par éclater de rire, ce qui eut pour effet de sortir son ancien professeur de sa stupeur.

"M. Pronglet, je suis ravi de voir que vous avez retrouvé votre sens de l'humour. Je regrette toutefois que ce soit à mes dépens. Il est vrai que je vous ai exposé mes vues sur ce sujet, vues que vous avez bien fait de me rappeler." Il sourit à Harry. "Il va falloir que je fasse attention, cela fait la deuxième fois en quelques heures que tu me prends en faute, Harry…"

Ce dernier le regarda malicieusement. "Hé, mais c'est vrai ça ! Doit être l'âge, j'imagine…", ajouta-t-il, le sourire en coin.

Remus fit semblant de prendre un air outré. "Non mais regardez-moi ça ! Pour qui on se prend…" Sur quoi, il attrapa Harry par l'épaule d'une main, et se mit à lui chatouiller les côtes de l'autre. "Alors, on fait moins le malin maintenant, hein, M. Pronglet ?"

Harry gigotait dans tous les sens, essayant de se dégager. Il ouvrit la bouche pour répliquer, mais fut incapable de trouver quoi dire.

"Je suis peut-être plus vieux que vous, M. Pronglet, mais je suis aussi plus grand, ce qui, dans les circonstances présentes, me donne un certain avantage…"

Harry fit une nouvelle tentative pour répliquer, mais échoua lamentablement. Il avait l'air si frustré que ce fut au tour de Remus d'éclater de rire. Ce qui eut pour résultat d'accentuer la frustration de Harry, dont l'expression fit redoubler les rires de Remus. Finalement, Harry abandonna toute lutte, et déclara en riant: "D'accord, je me rends. Vous êtes le plus fort, voilà !"

Remus cessa de le chatouiller, mais ne le relâcha pas pour autant. Et dire qu'il y quelques semaines je n'osais même pas tendre la main vers lui. Je ne me reconnais plus. "Voilà qui fait plaisir à entendre. Est-ce que le jeune Maraudeur évitera à l'avenir de faire des remarques désobligeantes sur l'âge de son aîné ?"

Harry fit semblant de réfléchir profondément. "Peut-être… En fait, j'y mettrai une condition. Que l'aîné en question tienne ses promesses."

Remus sursauta, et, surpris, lâcha Harry. "Ses promesses ? Aurait-il un jour manqué à l'une de ses promesses ?", demanda-t-il en regardant Harry d'un air grave.

Celui-ci secoua la tête. "Non, mais il a failli. Il m'a promis qu'il m'apprendrait à devenir un vrai Maraudeur. Ensuite, il a voulu s'en tirer en utilisant le prétexte idiot qu'il serait un loup-garou dangereux…", expliqua-t-il avec un sourire entendu.

Il a le sens de la formule, ce petit. Remus observa attentivement Harry pour voir si celui-ci parlait sérieusement. Ce dernier le regardait avec des yeux si confiants et pleins d'espoir qu'il ne put en douter.

"Sûr ?", demanda-t-il tout de même, pour se convaincre une dernière fois.

"Sûr", répondit fermement Harry. "La famille qu'il me reste est la bande de Moldus la plus imbécile qui existe, et je ne veux pas faire semblant de faire partie de la famille de mes amis. J'ai bien accepté que mon parrain soit un meurtrier en cavale, je ne vois pas pourquoi je ne voudrais pas d'un soi-disant loup-garou."

Qu'est-ce que je disais ! Remus se dit qu'il aurait encore dû faire un effort pour faire comprendre à Harry ce à quoi il s'exposait, mais il n'en avait aucune envie. Après tout, Pronglet l'avait bien dit: ce qui aurait été raisonnable ne l'était pas pour eux. Leur réalité était loin d'être normale… Et Remus était trop heureux de se sentir encore utile. Et puis zut ! Je ne serai PAS raisonnable et sérieux sur ce coup-là. Point.

"Bien", déclara-t-il. "Je ne protesterai donc plus. De toute façon, la dernière fois que j'ai essayé, à savoir lorsque mes camarades Maraudeurs ont décidé de devenir des Animagi, cela n'a servi à rien. Et vu que tu sembles tenir à la fois de James et de Sirius, je crois que cela ne vaut même pas la peine que j'essaie…", ajouta-t-il.

"Parole de Maraudeur ?", demanda Harry, avec ces yeux auxquels Remus avait compris qu'il ne pouvait pas résister.

"Parole de Maraudeur", répondit gravement ce dernier.