There are promises broken and promises kept
Angry words that were spoken, when I should have wept
There's a chapter of secrets, and words to confess
If I lose everything that I possess
There's a chapter on loss and a ghost who won't die
There's a chapter on love where the ink's never dry
There are sentences served in a prison built out of lies
(The Book Of My Life, Sting)
Un nouveau départ
Remus se leva. "Bon. Il est encore tôt. Tu devrais te recoucher, Harry. La nuit dernière a été plutôt courte…"
"Non, ça va", lui répondit Harry en se levant lui aussi. "De toute façon, je suis tellement énervé que je serai incapable de fermer l'œil."
"Je comprends. Il faut dire que Snivellus n'a jamais eu un effet bénéfique sur les nerfs de quiconque…", ajouta Remus, le sourire en coin.
Harry pouffa. "C'est bien la première fois que je vous entends l'appeler comme ça…"
Remus sourit. "Toutes ces années à essayer de ne pas se laisser influencer par James et Sirius, et voilà que je m'y mets aussi. A ma décharge, je dirais qu'il m'a vraiment énervé, cette fois. "
"Vous n'avez pas besoin de vous justifier, vous savez. Je vous comprends. "
Remus, qui était en train de faire son lit, resta un instant silencieux, puis reprit : "C'est la première fois que j'ai eu à ce point envie de frapper quelqu'un. Je veux dire… sans être capable de me retenir. Cela m'arrive de temps en temps, surtout aux alentours de la pleine lune, mais en général j'arrive toujours à me contrôler. Je suis désolé de m'être comporté ainsi devant toi…", finit-il d'un ton piteux, les yeux baissés sur sa couverture.
Harry lâcha l'oreiller qu'il tenait. "Mais Remus, il a tout fait pour ! Moi, je crois que je l'aurais massacré, s'il m'avait dit des choses pareilles."
Remus releva la tête. "Hum… Tout de même, j'aurais dû me rappeler qu'il cherchait à me provoquer." Ce qui me fait penser… "En fait, à partir de quand as-tu écouté notre conversation ?"
Harry, gêné, marmonna en baissant les yeux à son tour: "Pratiquement depuis le début, en fait. Je l'ai entendu vous parler de votre… " Il s'interrompit brutalement, et releva des yeux horrifiés. "Remus ? Il vous a donné votre potion ?"
Les yeux de Remus s'agrandirent. Il se mordit la lèvre inférieure et déclara: "Non, Harry. Il est reparti avec…" Voilà autre chose...
"Je suis sûr qu'il l'a fait exprès !", s'exclama Harry, furieux. Sur quoi il courut vers la porte et l'ouvrit en coup de vent.
"Harry ! Où vas-tu ?", demanda Remus en le suivant sur le palier. On court droit à la catastrophe.
"Le chercher ! Il n'est peut-être pas encore parti !"
"Attends, Harry ! C'est à moi de régler ça…", essaya de le retenir Remus. Mais l'adolescent avait déjà dévalé les escaliers.
Arrivé en bas, il inspecta le hall d'entrée, puis, après avoir hésité un instant, se dirigea vers la cuisine. Comme il s'en approchait, il croisa Kreacher qui remontait de la cave. Fort heureusement, il avait d'autres préoccupations en tête et ignora l'elfe. Ce dernier fit de même, mais Harry l'entendit néanmoins murmurer derrière son dos.
Arrivé à l'entrée de la cuisine, l'adolescent eut la joie – une fois n'est pas coutume – d'y trouver son professeur de potions. Ce dernier était installé à table et buvait calmement son thé tout en lisant la Gazette du Sorcier. Sa tranquillité ne fit qu'exaspérer Harry davantage et le décida à entrer brusquement dans la pièce.
"Donnez-la moi !", ordonna Harry sans préambule.
Le professeur de potions ne sursauta même pas, et ne prit pas non plus la peine de lever les yeux de son journal.
"Potter. Il me semble que c'est vous qui m'avez dit de sortir, non ? Je crois donc être parfaitement en droit de vous demander de quitter ces lieux à votre tour…"
"Pas avant que vous me l'ayez donnée !", insista Harry, toujours hors de lui.
Snape se retourna enfin, levant un sourcil légèrement étonné. "Mais de quoi parlez-vous, Potter ?"
Harry, persuadé que Snape se moquait de lui, bouillait de rage. "Mais arrêtez ! Pourquoi vous cherchez à lui faire du mal comme ça ? Moi qui étais presque désolé pour vous… qui vous comprenais d'en vouloir à mon père et à Sirius… Vous ne valez pas mieux qu'eux, loin de là ! C'est pitoyable, ce que vous faites ! Lamentable ! Je - "
"Harry, calme-toi !", l'interrompit Remus, qui les avait rejoint. J'arrive à point nommé.
L'adolescent se retourna, dérouté. Snape, qui n'avait pas tenté de le faire taire jusqu'à présent, ouvrit enfin la bouche.
"Lupin. Pourrais-tu m'expliquer ce que Potter junior essaie de me dire ? Je ne comprends pas un traître mot de ce qu'il me raconte."
Harry lui fit brusquement face.
"Mais bien sûr ! Franchement -"
Remus posa une main sur son épaule. "Harry", dit-il simplement.
"Mais…", protesta encore l'adolescent.
Remus sourit. "Harry, je crois que Severus n'a vraiment aucune idée de ce dont tu lui parles… Cela fait des mois qu'il me prépare ma potion sans jamais oublier. Je ne dis pas qu'il le fait de gaieté de cœur, non", ajouta-t-il en lançant un coup d'œil à Snape. Ce dernier ne broncha pas. "Mais je suis persuadé qu'il n'a pas volontairement oublié de me la donner." Il se tourna vers son ancien collègue. "N'est-ce pas, Severus ?", l'encouragea-t-il en souriant.
"Pour une fois, Lupin, je te donne raison." Snape plongea la main dans ses robes et en retira un flacon. "Ordre de Dumbledore", lâcha-t-il en se levant.
"Et tu n'as jamais manqué à un de ses ordres…", remarqua Remus en tendant la main.
Snape hocha la tête, lui donna le flacon et tourna les talons.
"Merci, Severus."
Le professeur de potions acquiesça à nouveau sans répondre ni se retourner, puis sortit. Au moment où il passait la porte, il croisa Molly Weasley. Surpris, il leva les yeux et lui fit un signe de tête avant de s'éloigner. Molly, quant à elle, le salua joyeusement, et entra dans la cuisine.
Remus, qui faisait toujours face à la porte, lui sourit. Harry, lui, s'était laissé tomber sur une chaise et fixait le sol.
"Bonjour, vous deux", dit gaiement Molly. "Vous êtes bien matinaux aujourd'hui…"
Tout en parlant, elle avait déjà sorti une poêle et des œufs et s'était mise à préparer le petit déjeuner. Remus s'approcha de Harry, qui n'avait encore rien dit et fixait toujours ses pieds.
Etonnée par ce silence persistant, Madame Weasley se détourna de ses fourneaux. "Qu'est-ce qu'il se passe ? Rien de grave, j'espère ?", s'inquiéta-t-elle.
Remus allait ouvrir la bouche pour expliquer la situation lorsque Harry se leva brusquement. "Il se passe que je viens d'accuser mon professeur de potions adoré de quelque chose dont il n'était pas coupable. Bref, je me suis ridiculisé une fois de plus !"
"Harry –", tenta de le calmer Remus.
"Et de quoi l'as-tu accusé, Harry ?", demanda gentiment Molly.
"Euh… de – de -", bredouilla l'adolescent, en jetant un coup d'œil à Remus.
Ce dernier s'avança. "Severus est venu m'apporter ma potion ce matin. Nous nous sommes tous deux, comment dire… emportés, et il est redescendu sans me l'avoir donnée. Harry a cru qu'il l'avait fait exprès, et il est venu la lui réclamer."
"Comment ?!", s'exclama Madame Weasley. "Mais c'est inadmissible ! Comment allez-vous faire, Remus ?" Elle semblait presque paniquée.
Tiens, tiens… Remus prit un ton rassurant. "Calmez-vous, Molly, tout va bien. Severus avait simplement oublié, il vient de me remettre ce flacon", déclara-t-il en le lui montrant.
Molly regarda le flacon. Je rêve, ou j'ai entendu un soupir de soulagement ? Puis elle leva lentement les yeux vers Remus. " Bien… " Elle hésita. " Remus… Je… Ce n'est pas contre vous, mais - " Elle s'arrêta, incapable de s'expliquer sous le regard calme et patient du loup-garou.
"- mais vous pensez que je représente un danger pour les habitants de ce manoir, même si… je n'en suis pas responsable, c'est ça ? ", termina Remus, sans se départir de son sourire.
Harry, dans un coin de la pièce, se crispa. Les sourcils froncés, il ne quittait pas les deux adultes des yeux. Molly, gênée mais néanmoins soulagée d'avoir été comprise, acquiesça.
" Remus, je suis vraiment désolée – Je pense à Harry, vous savez… Je sais que vous êtes très proches, et - "
" Vous vous demandez si c'est bien raisonnable… Oui, moi aussi… ", laissa tomber le Maraudeur d'un air presque absent.
Harry fit un mouvement, que le regard observateur du loup-garou ne manqua pas de remarquer. Avant que l'adolescent ait pu dire quoi que ce soit, Remus se tourna vers lui et lui sourit tristement.
" Elle a raison, Harry. " Et Snape aussi. De toute façon, je suis fatigué de me battre.
" NON ! "
" Harry… ", tenta Remus.
" Harry… ", dit Molly d'une voix douce et apaisante en lui posant une main sur le bras.
Harry se dégagea, plutôt violemment. Molly le regardait, légèrement choquée. Il lui rendit un regard à la fois peiné et furieux.
" Je - je veux seulement que - qu'il ne t'arrive rien, Harry… ", balbutia Madame Weasley d'un ton d'excuse.
Harry savait bien que la mère de Ron ne voulait que son bien. Tout le monde ne voulait jamais que son bien… sans jamais lui demander son avis sur le sujet.
" Je sais, Madame Weasley. " Il lui fit un petit sourire, un peu honteux de sa réaction. " Mais vous ne pouvez rien faire… "
" Comment ?! ", s'exclama Molly.
" De toute façon, il m'arrivera quelque chose. Personne ne peut rien contre ça. Mais sûrement pas parce que je - A cause de -" Il n'arrivait pas à s'expliquer. " Remus ! Dites quelque chose ! "
Harry se tourna vers son ancien professeur, désespéré. A son grand étonnement, celui-ci hocha lentement la tête de droite à gauche, avant de baisser les yeux.
Si Remus s'était défendu face à Snape, c'est qu'il savait que ce dernier ne cherchait qu'à lui nuire. Molly, elle, cherchait vraiment à protéger Harry : elle ne pouvait donc avoir que raison.
Harry reporta ses yeux sur Molly, qui le regardait tristement. " Mais non ! ", se révolta-t-il. " Non ! ", répéta-t-il en tapant du poing sur la table. Voyant que les deux adultes ne réagissaient pas, il se rassit brusquement, comme vidé de son énergie. Un silence gêné plana quelques minutes dans la pièce. Remus était appuyé contre un mur, insensible à ce qu'il se passait autour de lui. Molly était retournée près du fourneau, mais elle ne faisait que jouer nerveusement avec ses mains. Harry, lui, était plongé dans ses pensées.
Soudain, il se leva, inspira profondément pour reprendre le contrôle de ses émotions, et déclara très calmement :
" Madame Weasley. Je - vous avez fait beaucoup pour moi, et je vous en remercie. Mais – vous n'avez aucune idée de ce qui est bon pour moi. " Molly frémit et se retourna, mais Harry ne lui laissa pas le temps de l'interrompre. " Remus – Il est tout ce qu'il me reste de mon passé ! C'est la seule personne qui puisse me parler de mes parents et de… Sirius. Il me comprend, lui. " Soudain à nouveau découragé, il lâcha, un peu comme s'il abattait sa dernière carte: " De toute façon, c'est peut-être un loup-garou, mais s'il y a un danger dans cette maison, c'est moi ! "
Remus leva brusquement la tête, mais resta sans voix. Molly, quant à elle, évitait de regarder Harry, passablement honteuse. Avant que l'un ou l'autre ait pu réagir, l'adolescent quitta la pièce sans un mot ni un regard en arrière.
Remus fit un geste pour le suivre, mais se reprit. Cela fait la seconde fois que je manque à ma promesse. Il ne savait pas quoi dire à Harry, et ne savait d'ailleurs même pas si ce dernier voulait encore l'entendre. Soudain, il vit Molly sortir de la pièce en courant. Toujours incapable de se décider à faire quoi que ce soit, Remus s'affala sur une chaise, la tête entre les mains.
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Le 1er septembre… J'en ai, des souvenirs de cette date ! Ceux de toutes mes rentrées à Poudlard, bien sûr, et surtout de la première. Qu'est-ce que je pouvais être fier ! Anxieux, aussi. Et ce n'est pas ma rencontre avec ceux qui allaient devenir mes meilleurs amis qui a arrangé les choses… Je dois même avouer que l'enthousiasme de deux d'entre eux a pratiquement tétanisé le timide loup-garou que j'étais. James, parti trop tôt, Sirius, qui l'a enfin rejoint, et Peter… maudit soit-il !
Remus secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser au rat. Il fallait qu'il positive.
Cherche, Moony, cherche. Tu en as des bons souvenirs, aussi, non ? Allez… Il y a aussi ce premier septembre où, cette fois du côté des professeurs, j'ai revu Harry. Bon, cet idiot de détraqueur a un peu gâché les choses, c'est sûr. Mais il y a également celui de l'année passée, celui où Padfoot nous avait accompagnés à la gare ! C'était un peu comme revenir dans le passé...
Remus sourit : il voyait encore le grand chien noir faire le fou sur le quai, courant le long du train. C'est ainsi qu'il aimait à se rappeler Sirius.
Cette année, le Maraudeur faisait à nouveau partie du groupe chargé d'accompagner les enfants à King's Cross. La tâche s'était révélée plus facile que l'année précédente. D'une part en raison de l'absence de Sirius, de l'autre parce que les jumeaux Weasley, ne retournant eux-mêmes pas à Poudlard, s'étaient montrés moins remuants. Ils avaient bien essayer d'aider, selon leur propre terme, leur frère et leur sœur à faire leurs bagages, mais, par miracle, ils avaient fini par accepter de rester tranquilles, à condition d'avoir le droit de venir eux aussi à la gare. D'après Remus, leur petit groupe avait échappé au pire : il préférait ne pas imaginer ce que Fred et George auraient eu l'idée d'ajouter dans ces malles. Il pouffa. Honnêtement, ces deux-là étaient les dignes héritiers des Maraudeurs. Il faudrait quand même un jour qu'il leur dise qui étaient les créateurs de cette carte…
En ce moment, les jumeaux, cachés derrière une colonne, étaient en train de discuter tête baissée avec des élèves de troisième année. Remus aurait pu jurer qu'ils tentaient de leur vendre quelques-unes de leurs inventions. Non loin de là, il aperçut Harry, accompagné de Ron et Hermione, saluer Dean et Seamus.
Merlin, il va me manquer !
Je me demande quand même ce que Molly et lui se sont dit. Apparemment, il a dû réussir à la convaincre que j'étais " inoffensif ", étant donné qu'elle n'est jamais revenue sur le sujet. Ce qui est étonnant de sa part, il faut bien le dire ! Elle lâche rarement le morceau aussi rapidement, lorsque la sécurité d'un de ses enfants est en jeu. Un de ses enfants… A moins que… Peut-être qu'à présent elle regrette de s'être conduite ainsi avec Sirius… Oui, c'est peut-être ça.
Remus soupira. Après sa fameuse discussion avec Molly, le Maraudeur avait bien cru que Harry ne lui pardonnerait jamais. Et, à son avis, il l'aurait mérité : il s'était montré passablement lâche et n'était franchement pas très fier de lui.
Dire qu'il avait presque l'air plus honteux que moi quand il est revenu dans cette cuisine ! Et que c'est lui qui s'est excusé. Je me demande si l'un de nous a vraiment écouté ce que l'autre lui disait… C'est tout juste si on ne parlait pas en même temps. Enfin, l'important, c'est que tout soit rentré dans l'ordre.
Il était encore ému quand il pensait à la façon dont Harry lui avait fait comprendre qu'il l'aimait tel qu'il était. L'adolescent avait dû s'y reprendre à trois fois avant de parvenir à finir sa phrase, mais il l'avait dit. Remus était resté un peu stupide, incapable de répondre, et s'était contenté de lui ébouriffer les cheveux, ce qui avait permis à Harry de baisser la tête et de dissimuler sa propre émotion.
En tout cas, la prochaine fois que je suis dans une phase " je suis une bête monstrueuse, tout le monde me déteste ", il faudra que je tâche de me souvenir de ce qu'il m'a dit ! Dommage que je ne l'aie pas enregistré. Je crois même que les Moldus ont des petits appareils qui font ça… Il faudra que je demande à Arthur.
" Remus ? ", l'interpella Tonks. Le Maraudeur sursauta. Cela faisait dix minutes qu'il fixait le même point - à savoir un mur - et qu'il arborait un sourire rêveur.
Ridicule, je suis positivement ridicule !
" Oui ? ", demanda-t-il après s'être raclé la gorge.
Tonks le regardait d'un air perplexe, mais s'abstint de tout commentaire. " Tu peux venir ? Moody nous refait une crise de parano au sujet du chemin du retour… "
" J'arrive ! " Après avoir jeté un dernier coup d'œil à Harry, Remus rejoignit les membres de l'Ordre.
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" …et alors j'ai pu assister à plein de matchs cet été ! ", racontait Seamus d'une voix excitée. " C'était génial ! Et vous, vous avez fait quoi ? "
Ron et Hermione échangèrent un regard.
" Oh, rien de spécial… ", finit par répondre Hermione. " Harry et moi, on a passé la fin des vacances avec la famille de Ron. " Puis elle poursuivit : " Bien sûr, j'en ai profité pour commencer à étudier le programme de cette année, et je peux vous dire qu'on va voir des choses absolument passionnantes, et que - "
" Pendant ce temps, Harry et moi, on a joué aux échecs ", interrompit Ron. " Mais on s'est bien amusés quand même. "
Harry ne put s'empêcher de pouffer. Hermione leva les yeux au ciel.
" C'est ça, moquez-vous ! Je ne vous conseille pas de me demander à la fin de l'année de vous organiser un programme de révision ! Et ne comptez pas sur moi pour vous prêter mes notes ! "
" Oui, Hermione ", répondirent Harry et Ron en cœur. Ils savaient très bien que Hermione serait incapable de les laisser tomber.
" Oh, voilà Neville ! ", s'exclama Dean. " On va s'installer ? "
" Allez-y, on vous rejoint ", répondit Ron, alors que tous trois agitaient le bras en direction de Neville. Ils voulaient encore faire leurs adieux aux membres de l'Ordre avant de monter dans le train.
Ceux-ci s'avançaient d'ailleurs à leur rencontre. Moody les regarda les uns après les autres d'un œil, tandis que l'autre était fixé sur le train.
" Bon. Pas d'initiative, hein ? Et rappelez-vous : restez toujours sur vos gardes ! "
Les trois adolescents hochèrent la tête. Tonks leur fit un clin d'œil et lança :
" Mais pensez quand même à vous amuser un peu… Histoire de ne pas finir comme lui… "
" Je vous ai entendu, vous savez ? ", grogna Moody.
" Mais je sais bien ! ", répondit-elle négligemment.
Monsieur Weasley serra la main de Hermione et de Harry, et donna une tape sur l'épaule de son fils.
" Avec un peu de chance, vous pourrez revenir à Noël. D'ici là, j'espère que tout se passera bien. "
Madame Weasley embrassa Hermione, puis Ron, et enfin Harry.
" Prenez bien soin de vous ! ", dit-elle d'une voix émue. " Ron, garde un œil sur ta sœur, surtout ! Et, Harry… ", dit-elle en se tournant vers lui, la larme à l'œil, " fais attention à toi ! "
" Promis, Madame Weasley ", répondit-il sincèrement.
Remus les regardait tous trois en souriant.
" Profitez bien de cette avant-dernière année… Vous verrez, ça passe de plus en plus vite ! Et, pour une fois, essayez de ne pas vous promener dans cette forêt, d'accord ? ", plaisanta-t-il.
" On fera de notre mieux ", répondit Ron en riant, au grand désespoir de sa mère.
" A bientôt ! ", lança Hermione en se dirigeant vers le train. Ron lui emboîta immédiatement le pas, afin d'éviter que sa mère ne cherche encore une fois à l'embrasser devant tout le monde.
" Harry, tu viens ? "
Harry avait commencé à les suivre, mais s'était arrêté à mi-chemin.
" Gardez-moi une place, je vous rejoins ! "
Ron s'arrêta à son tour, perplexe.
" Allez, Ron ! ", l'appela Hermione en lui faisant un signe de tête significatif.
Harry se retourna alors vers le petit groupe qui s'éloignait. Au même moment, Remus tourna la tête. Il héla Tonks pour la prévenir avant de faire à son tour demi-tour. Harry s'avançait vers lui, un peu mal à l'aise.
" Je – je voulais juste – " L'adolescent se tut, incapable de poursuivre. Puis soudain il lâcha, comme s'il se jetait à l'eau : " Vous allez me manquer ! "
Merlin. Non, je ne rêve pas, il l'a dit. Il l'a bien dit. " Toi aussi, tu vas me manquer, Harry. Mais tu sais toujours où tu peux me joindre, si tu as besoin de quelque chose. Je ne bouge pas de Grimmauld Place, promis. "
" Vous - Ça ne va pas être trop dur, de rester là-bas ? ", s'inquiéta Harry.
Et en plus il s'inquiète pour moi. Si j'étais Moldu, je pourrais me croire dans un film. " Ça ira. J'y suis habitué, et de toute façon je ne serai pas tout seul. N'oublie pas qu'il y a Buckbeak. Et puis… Sirius semblera moins loin, ainsi. "
Ils se turent un instant.
" Je – Vous – Euh… ", bégaya Harry.
" Oui, Harry ? Tu veux me demander quelque chose ? ", l'encouragea Remus.
" Je me demandais… Vous - vous pensez que vous pourriez venir à Poudlard ou à Pré-au-Lard, de temps en temps ? ", demanda enfin l'adolescent d'une voix hésitante.
" Si je… Mais bien sûr ! ", répondit joyeusement Remus. " Tu - ça te ferait plaisir ? "
Harry lui fit un grand sourire et hocha vigoureusement la tête.
" Il est vrai que je n'ai toujours pas eu l'occasion de te donner ces cours sur l'art du maraudage… Il me semble donc qu'une petite rencontre de temps en temps serait la bienvenue. "
Le train siffla. Remus et Harry se regardèrent.
" Bon. Je crois qu'il faut que tu y ailles, Harry. "
Harry acquiesça, mais ne bougea pas.
" Harry… ", insista Remus en lui tendant la main.
A sa grande surprise, Harry s'avança alors pour se serrer contre lui. Remus ne se fit pas prier pour lui rendre son étreinte. " Au revoir, Moony ", lui parvint la voix étouffée de Harry. Remus lui ébouriffa les cheveux. " A bientôt, Pronglet ! "
Sur ce, l'adolescent se dégagea et courut prendre son train.
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Et moi qui n'osais pas lui faire cette proposition… Moony, mon vieux Moony, il te faut un peu plus de confiance en toi ! En tout cas, ce pauvre Harry ne sait pas à quoi il s'expose : je m'en vais lui concocter un de ces programmes… L'avantage, c'est que ce sera un bon moyen pour lui de réviser ses sorts et de se préparer à - à ce qui l'attend. Mais au moins il s'amusera aussi un peu. Pour le reste, on verra bien le moment venu !
Remus attendit que Harry soit monté dans un wagon avant de se diriger vers la sortie, le sourire aux lèvres.
Padfoot, j'espère que tu es content de moi ! Tu vois, je ne l'ai pas lâché, ton filleul. Je peux d'ailleurs te dire que tu sembles avoir déteint sur lui par certains aspects. Ce qui ne m'arrange pas, pour te parler franchement. Mais ce qui est sûr, c'est que tu peux être fier de Pronglet, Sirius. Oui, tu peux vraiment en être fier. Et toi aussi, James.
Remus avait rejoint les autres membres de l'Ordre, qui l'attendaient pour rentrer au quartier général.
En tout cas, moi, je le suis.
Remus affichait à nouveau ce sourire carnassier caractéristique des Maraudeurs.
Moony et Pronglet… Ça sonne bien, je trouve. Et je jure solennellement que l'autre cadavre ressuscité et sa bande d'imbéciles tatoués n'ont qu'à bien se tenir ! Ils feraient bien de ne pas oublier que nos intentions sont… mauvaises !
