Voici le chapitre 3, que je pensais avoir déjà posté, shame on me… L'aventure aux Maldive va se terminer et c'est l'heure de rentrer pour Shion et Dohko. Quant à Seiya, ben il grimpe encore, mais il est presque arrivé.

Shion était en train de faire son balluchon. Il fallait se rendre à l'évidence, son absence du sanctuaire se faisait remarquer et après la belle et énorme bourde de son ami Dohko, il lui fallait rejoindre au plus vite son bureau. L'idée ne l'enchantait guère, mais il était grand pope, il fallait bien s'en accommoder. La vie aux Maldives lui allait bien, et il se promit d'y revenir quand la situation sera revenue à la normale.

Dohko sortit de la douche et vit son ami concentré sur son balluchon.

- Je suis désolé Shion. Mais il fallait bien faire quelque chose.

- Heureusement que Solo, lui, a la tête sur les épaules. Je me demande si je ne vais pas aller le voir.

- Et s'il décide de t'enlever ? Il reconstruit son sanctuaire sous-marin. Et je crois bien que son pilier central est terminé. D'après les plans que j'ai vus, il est plus costaud que le premier.

- Qu'est ce qu'il ferait d'un vieux crouton comme moi ? Solo a oublié d'être idiot.

- Un vieux crouton qui est grand pope tout de même ! S'il t'enlève, c'est la guerre !

- Ce n'est pas ce que tu voulais ?

Voyant la mine déconfite de son ami, il reprit : - Ne t'en fais pas, il ne se passera rien.

- Je viens avec toi.

- Surtout pas ! Je serai rentré avant l'heure du prochain bateau. En attendant, va donc faire un brin de bronzette.

- Je n'ai pas la tête à ça !, se lamenta Dohko.

Shion haussa les épaules et partit vers le repère de Solo en espérant qu'il y soit encore.

Seiya perdait son temps. Cela faisait 2 jours qu'il était revenu. Il ne sentait pas le cosmos bienveillant d'Athéna l'entourer comme avant. Saori l'ignorait complètement, et il se demandait s'il n'aurait pas mieux fait de rester au Japon, tout compte fait. Force était de constater que Shun avait raison. Revenir ici, alors qu'il sortait à peine de l'hôpital, gravir toutes ces marches sous un soleil de plomb, et tout ça pour quoi ?

Il sortit du temple de la balance où il avait passé la nuit, sachant que Dohko était à Jamir, il avait décidé de s'y arrêter et de profiter un peu de l'endroit.

Dohko avait toujours été assez spartiate, il n'avait pas troqué ses vieilles habitudes d'ermite. Il dormait toujours sur une paillasse et s'éclairait encore à la bougie. Il disait que c'était plus intime comme ça.

Il prit le temps de se faire un café avant de repartir vers le palais. Maintenant qu'il était là, il serait stupide de ne pas continuer.

- Les saints me viennent en aide !, s'exclama Julian Solo avec une surprise certaine, le grand pope Shion !

- Lui-même, fit Shion. J'avais peur de ne pas vous trouver là.

- Pourquoi ? Vous me croyiez parti au Sanctuaire enlever ce qui reste de votre déesse ? Je ne sais même pas si elle passerait encore la porte de mon pilier central ! Et que me vaut l'honneur de votre royale présence ?

- Vous présenter des excuses. Je ne sais pas ce qui est passé par la tête de Dohko…

- N'en parlons plus !, le coupa Solo. Ceci étant dit je vous avoue que ça donne à réfléchir. Qui sait, elle a peut-être besoin de ça pour se reprendre en main. Dire qu'elle était si belle avant…

- Vous seriez prêt à risquer une nouvelle guerre sainte ? C'est une blague !

- Vous n'y êtes pas, non, je voulais l'enlever pour de faux. Genre tout le monde le sait, sauf elle, bien sûr.

- Et vous la mettriez au régime ?

- Sans problème. Ma sirène Thétis fera un geôlier parfait et des plus ignobles.

Les yeux de Shion brillaient d'excitation. Cette aide inattendue tombait du ciel, au propre, comme au figuré.

- Je ne pensais pas que vous voudriez nous aider. Mais je vous ferai savoir si on organise cela.

- Pourquoi pas maintenant ?

- Et bien, le chevalier Pégase est au sanctuaire en ce moment, et…

- Ah tiens, Pégase…, fit Julian rêveur.

- Il est enfin sorti de l'hôpital.

- C'est une bonne nouvelle. Et vous croyiez sincèrement que la simple vue de ce garçon va changer quelque chose ? Certes, c'est un guerrier divin, comme me l'a fait remarquer mon fidèle Sorrento tout à l'heure, mais je ne crois pas qu'il ait ce pouvoir là.

- Vous le sous-estimez un peu, je crois, fit Shion, qui commençait à douter que Pégase arrive à un résultat. Saori avait une certaine inclination pour lui…

Shion se doutait bien que ce sujet était épineux, sachant que Solo avait demandé par 2 fois la main de l'intéressée. Mais il fallait bien en parler, même si cela risquait de le froisser. Ce qui n'arriva pas, à sa surprise mais aussi à son grand soulagement.

- Moui je sais cela. J'en ai voulu à Pégase, comme vous vous en doutez. Mais ce n'est plus le cas maintenant.

Seiya arriva dans le temple du scorpion. Son entrain de la veille l'avait quitté et à présent il ne pensait plus qu'à rentrer au Japon faire la fête avec ses vrais amis, ceux qui pensaient à lui, qui s'inquiétaient véritablement pour lui. Le café du matin qu'il avait pris chez Dohko n'avait pas suffit à le réveiller, mais il ne doutait pas de l'hospitalité de Milo ni de son café grec tellement fort qu'il réveillerait un mort. Milo avait toujours aimé les extrêmes.

Le temple venait d'être refait visiblement, il sentait encore la peinture fraîche. Il fit comme chez lui et se dirigea vers la cuisine où il trouva son ami le scorpion en train d'éplucher son quotidien du matin d'un œil distrait. Seiya frappa doucement à la porte pour attirer son attention, mais Milo ne fit même pas mine de lever les yeux.

- Tu es en retard, le café est froid. Fit ce dernier visiblement de mauvaise humeur.

- Tu m'attendais ?, fit Seiya surpris.

Au son de sa voix, Milo leva enfin les yeux. Mais à la tête qu'il faisait en trouvant Seiya sur le pas de sa porte de cuisine, on devinait la surprise.

- Seiya…, commença-t'il hésitant. Seiya ! C'est pas possible !

De joie il s'était levé d'un bon manquant au passage de renverser son bol de café. Il étreignit son ami avec force.

- Qu'est ce que je suis content de te voir !

Seiya était très ému de l'amitié sincère du scorpion. Les larmes lui en venaient presque. Il est vrai qu'à part le silence de Saori, les chevaliers d'or lui avaient témoigné, eux, beaucoup d'amitié sinon de sympathie.

- Tu attendais quelqu'un d'autre peut-être ?, fit Seiya en essuyant l'air de rien une petite larme au coin de son œil.

- Ben Camus, il devrait être là, je ne comprends pas.

- Une panne d'oreiller sûrement. Tu aurais du café pour ton vieil ami qui a eu du mal à fermer l'œil cette nuit ?

- Ah oui bien sûr, je t'en fais du frais, répondit Milo joignant le geste à la parole. Bien fort, hein ? Comme tu l'aimes.

Ce fut ce moment que choisit Camus pour faire son entrée dans la petite cuisine du scorpion.

- Milo !, cria celui-ci en entrant. Tu ne devineras jamais qui est au sanctuaire…

Il s'arrêta net en voyant Seiya qu'il avait presque percuté en entrant et qui lui sourit bêtement, comme pour lui dire « ben oui, je suis là ».

- Seiya a été plus vite que toi ce matin, fit Milo froidement.

- Excuse… panne d'oreiller. Aph' m'a tenu la jambe hier une bonne partie de la nuit.

- Qu'est ce qu'il te veut encore celui-là ?, demanda Milo un éclair de haine dans le regard.

- Il voulait jouer aux échecs. C'est lui qui m'a dit pour Seiya.

Puis se tournant vers l'intéressé :

- Alors, comment tu vas ? Tu as une petite mine.

- Bof, fit Seiya, j'ai mal dormi et je suis fourbu.

- La montée des marches n'est pas faite pour les convalescents, répondit Milo en servant 2 bols de café. Le café est servi.

Seiya et Camus prirent place en face de Milo.

- Quelque chose ne va pas ?, fit Camus après sa première gorgée.

- Je n'aime pas beaucoup savoir Aphrodite chez toi. C'est un sale fouineur qui sème la zizanie partout où il met les pieds, répondit Milo en croquant rageusement dans son croissant.

- Oui, je suis d'accord avec toi, fit Seiya qui manqua de s'étrangler avec son café trop chaud pour lui et très amer.

- Ah, voilà quelqu'un de censé !, approuva Milo gratifiant Seiya d'un sourire, le premier de la matinée.

- Et que fallait-il faire ?, fit Camus en prenant un croissant avec son flegme habituel, le jeter dehors ? Son temple est plein d'échafaudages. Nous n'avons fait que jouer aux échecs et il m'a fait part des derniers potins en jouant. Il n'a pas cherché à se mêler de mes affaires. Une fois lui a suffit.

Milo approuva du chef. Seiya lui demanda ce qui s'était passé.

- Il voulait savoir la nature exacte de mes relations avec Milo.

- Et ?

- Je me suis arrangé pour qu'il crève de froid dans son temple pendant plusieurs jours.

Seiya manqua d'avaler de travers et se mit à rire.

- Saga non plus ne l'aime pas beaucoup, continua Milo. Mais il se contente de le laisser dire.

- Qu'est ce qu'il dit sur lui ?

- Oh il n'arrête pas de le relancer sur sa folie.

- Sa bipolarité, corrigea Seiya.

- Si tu veux, continua Milo. Ce n'est pas une chose à faire je trouve.

- Et Saga le laisse faire ?

- Oh l'envie de lui manque pas de le galaxian exploser, je pense, répondit Milo en se resservant du café. Mais il craint un peu les conséquences. Il a peur qu'on le renvoie en psychiatrie si jamais il craque.

- Mais c'est terrible, fit Seiya attristé.

- Tu l'aimes bien, hein ? Malgé tout ce qu'il a fait ?

- Il a payé sa dette, comme tout le monde, répondit Seiya. Je trouve stupide de continuer à lui en vouloir pour ce qu'il s'est passé il y a longtemps maintenant.

- C'est une façon de voir les choses, fit le scorpion.

- Il a raison, intervint Camus toujours calmement. Mais ne t'en fais pas pour lui, il y a quelqu'un qui le protège, disons activement.

- Athéna ?, demanda Seiya plein d'espoir.

Camus parut surpris.

- Au début oui, mais maintenant elle oubli tout le monde.

- Ouais fit Milo, elle est bien trop occupée à se goinfrer toute la journée.

- Pardon ?, fit Seiya éberlué. Elle se goinfre ?

- Et le mot est faible ! Sans compter les cannettes qu'elle s'envoie. Elle semble apprécier la bière grecque. Et le vin aussi.

- Sa… Saori boit ?

- Comme un trou, répondit simplement Milo. Quel dommage en y pensant, un si beau brin de fille…

- Mais, Athéna…

- Tu peux oublier Athéna, grinça Milo, elle est repartie en Olympe. Depuis qu'elle a fait la paix avec ses pairs et mit fin aux ambitions de ce fouteur de merde d'Hadès…

- Ah oui… fit Seiya d'une voix faible.

- Oh pardon vieux, je ne voulais pas te rappeler de mauvais souvenirs. Mais bon, voilà l'histoire. Elle préfère surveiller la Terre d'en haut maintenant. Et nous, on se coltine cette grosse dinde au quotidien.

- Mais personne n'a pensé à la faire retourner au Japon ?, demanda Seiya que la bonne humeur avait à présent totalement déserté. Elle a des entreprises à diriger… enfin, toute une fortune !

- Shion y a pensé avant toi, tu penses bien, répondit Camus. Mais elle ne veut rien savoir.

- Je comprends qu'il soit retourné à Jamir, soupira Seiya.

Le soleil implacable de midi frappa Seiya à sa sortie de la maison du scorpion. Toute la matinée avait passé autour de plusieurs bols de café et des croissants frais. Mais il n'avait pas de regrets, il ne s'était jamais senti aussi bien que dans cette petite cuisine.

Shion et Dohko étaient de retour au Sanctuaire. Mu avait tenu la charge de travail pendant l'absence du pope. Il laissait la main avec plaisir. Il avait un peu délaissé son élève ces derniers temps. Kiki l'avait aidé au palais, mais il était apprenti chevalier, pas apprenti pope.

Shion trouva donc son bureau bien rangé en rentrant, ce qui au moins rendait son retour un peu moins stressant. Il n'était pas franchement heureux d'être de retour, s'il n'y avait eu que lui, il serait resté aux Maldives. D'ailleurs à sa grande surprise une carte postale des îles l'attendait sur son bureau, Julian Solo lui proposait sa modeste villa sur la plage pour quand il le voudrait.

- C'est charmant de sa part, fit Dohko qui lisait par-dessus son épaule.

- Tu sais que tu lui as fait une drôle d'impression ? Il est prêt à nous aider à retrouver notre Déesse.

- Non ? Il veut l'enlever ?

- En quelque sorte, répondit Shion en se tournant vers son vieil ami. Il m'a proposé de la mettre dans une cellule avec Thétis pour geôlier.

- Tu vois bien que mon idée n'était pas mauvaise en fin de compte. Il faut que j'aille remercier Kanon.

- Attends un peu, rien n'est fait. J'attends Pégase, il ne doit plus être très loin.

Shion n'eut pas à attendre bien longtemps, Seiya arriva, sans se presser en milieu d'après-midi.

- Entre Seiya, ne reste pas dehors, je t'attendais, l'invita Shion.

- Je vous croyais à Jamir, vous êtes rentré plus vite que je ne croyais.

- Je ne pouvais pas rester là-bas indéfiniment, fit Shion qui décida de passer sous silence l'épisode des Maldives. Alors, comment se porte notre convalescent ?

- Physiquement toujours un peu fatigué, je courrai le marathon plus tard !

- Je vois ce que tu veux dire, fit Shion en souriant. La montée des marches jusqu'ici n'a pas due être facile. Il faudra que je te montre les raccourcis.

- Oui, c'est vrai que ce serait bien. Mais d'un autre côté j'ai pu revoir tout le monde et ce n'était pas plus mal.

- Oui, je te comprends, certain d'entre eux me demandaient régulièrement des nouvelles. Et ils ont dû t'apprendre…

- Milo m'en a parlé. Il a été le seul. Saga m'a averti mais à demi-mots et Shaka m'a dit que je verrai par moi-même. Seul Milo y est allé franc-jeu.

- C'est tout lui ça, fit Shion. Les autres ont voulu te ménager je pense, il ne faut pas leur en vouloir.

Seiya fit non de la tête. Il était visiblement très fatigué et un brin découragé. Il faisait peine à voir.

- Vraiment mon garçon, je ne sais pas quoi dire. De mon côté j'ai fait ce que j'ai pu, je crois.

- Je ne l'ai pas encore vue, mais je crois que si elle en est là, elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même.

- Peut-être réagira-t'elle en te voyant ?

- N'espérez pas de miracle, grand pope. Je suis sûr qu'elle sait que je suis arrivé hier, que je suis tout près d'elle là en ce moment, et rien. Pas même un message de bienvenue. Elle n'est jamais venue me voir à l'hôpital quand je me battais pour ma vie. Alors que vous, vous êtes venu, les chevaliers d'or sont venus, même Angelo, c'est dire !

- Je sais ce que tu ressens, mais que cela ne te rende pas amer ! Je suis persuadé qu'elle n'a pas osé et que par timidité elle n'est pas venue à ta rencontre.

- Vous croyez ?, demanda Seiya les yeux brillants.

- J'en suis sûr, affirma Shion. Maintenant va la voir, elle t'attend.

- Oui, vous avez raison.

Une fois Seiya parti en direction des appartements de la princesse, Shion resté seul dans son bureau regarda le ciel de sa fenêtre.

- Par Athéna que ce garçon est naïf ! J'espère qu'il me pardonnera.

Et pour la première fois depuis des mois et des mois de silence il sentit l'aura bienveillante d'Athéna l'entourer et il entendit sa voix douce dans sa tête lui assurer qu'il avait bien fait.

Nota : Je confirme que la bière grecque est bonne, et que la bouteille d'1/2 litre part très bien avec les brochettes ! Ce n'est pas Artémisia qui dira le contraire.

Bref, dans le chapitre 4, que je posterai assez vite car il est déjà prêt, Seiya va revoir sa dulcinée… mais je n'en dirai pas plus, la surprise qui l'attend est aussi la vôtre, après tout.