NdA : Et voici enfin le chapitre 4, je vous avais dit que je posterai assez vite, qui termine la première partie de cette histoire. Histoire qui devrait – je dis bien devrait – en compter 3. Vous savez ce que c'est, on trouve toujours des trucs à rajouter…

Vous allez faire la connaissance de Milos, le disciple de Kanon, que j'avais vaguement mentionné dans mon premier chapitre et notre valeureux Pégase arrive enfin jusqu'à Saori.

Bonne lecture !

Chapitre 4

Dohko était reparti avant l'arrivée de Seiya. Non pas qu'il ne voulait pas le voir, mais il se disait qu'il avait bien le temps et puis il devait revoir Kanon. Même s'il était mal reçu, il prendrait ce risque au moins pour le remercier pour les Maldives.

Il prit la direction de la petite maison non loin du village de Rodorio, mais il n'y vit personne. En retournant bredouille en direction du sanctuaire il entendit des voix assez lointaines. Il décida d'aller voir, peut-être tomberait-il par chance sur celui qu'il cherchait. Au détour d'un sentier il tomba sur l'apprenti du deuxième Gémeau. Comme son maître, la politesse n'était pas son fort, il passa devant Dohko sans même lui dire bonjour.

- Et ! Attend !, fit Dohko un peu énervé de ce manque de civilité envers un aîné. Tu vas où comme ça ? On ne t'a jamais appris à dire bonjour ?

- J'vous connais pas, mentit effrontément l'intéressé.

- Ce n'est pas une raison. Et de toute manière tu me connais fort bien !

L'apprenti chevalier d'or fit une profonde révérence en ricanant et disparut comme par enchantement.

- C'est à peine croyable !, hurla Dohko. Et dire qu'il prétend devenir chevalier d'or. Il peut rêver, moi vivant, il n'aura jamais son armure.

- Je n'aimerais pas être à la place de celui pour qui tu dis ça, fit une voix derrière lui.

- Ca tu peux le dire, Kanon, répondit Dohko en se retournant. Je parlais de ton disciple ! Quel sale petit morveux !

- Milos ? Il est adorable, fit Kanon en haussant les épaules.

- Oui, adorable ! Tu devrais aussi lui apprendre les bonnes manières.

- Je ne suis pas sa mère, ok ? Tu me cherchais ?

Dohko ne répondit pas tout de suite, il se contentait de fixer Kanon d'un œil mauvais, dont bien sûr l'intéressé n'avait cure.

- Si c'est à cause de cette vermine d'Aphrodite, il a eu ce qu'il méritait, finit par dire Kanon.

- De quoi tu parles ?

- Laisse tomber…, soupira Kanon en repartant en direction de sa maison.

- Tu as encore battu Aphrodite ?

- Non, seulement une petite fessée comme aux enfants pas sages. Il a l'air d'aimer ça d'ailleurs, il n'a toujours pas compris qu'il ne fallait pas tourner autour de mon frère !

Dohko resta un moment le regarder s'éloigner. Les querelles entre les chevaliers d'or étaient loin d'être terminées, et avec le manque d'activité, elles risquaient de tourner à la guerre interne. Il couru après Kanon essayer d'arrondir les angles.

- Eh, attend moi !

- Quoi encore…

- Je voulais te dire que j'avais vu Solo.

- Ah oui ? Tu es allé aux Maldives ?

- Oui, et merci du cadeau, c'était bien. Shion a beaucoup apprécié.

- Tu l'as amené là-bas voir Solo ?

- Pas exactement, mais ils se sont vus et entendus.

- Là, c'est moi qui ne te suis plus.

- Disons que je suis allé le voir en premier lui parler de ce que tu sais.

- Et ?

- Il a refusé, bien sûr ! Mais Shion est allé le voir ensuite et là, ils se sont entendus.

- Maseltoff ! Alors ? C'est pour quand ?

- Quoi donc ?

- La guerre !

- Pas encore, Solo a proposé de l'enlever, mais seulement pour la mettre au régime d'office.

- Ah, fit Kanon légèrement dépité. Il veut toujours l'épouser ?

- Là je crois que non. Mais il est prêt à enterrer la hache de guerre et à nous aider.

- C'est ce qu'il dit !

- Tu ne le crois pas ?

- Je crois que rien ne l'amuse plus que d'être le cheveu dans la soupe d'Athéna !

Seiya parti requinqué en direction des appartements de la princesse. Il faut dire que le pope n'avait pas son pareil pour redonner le moral aux troupes. Il s'approcha, le cœur battant de la lourde porte, la main sur la poignée il hésita. Que lui dirait-elle ? Et lui, qu'allait-il lui dire ? Il hésitait toujours, colla une oreille sur la porte et entendit des voix et de la musique, elle devait regarder la télévision. Il reconnut la musique des « Feux de l'amour » et fit la grimace. Comment pouvait-elle regarder ce machin ? Elle était trop jeune pour avoir seulement vu le début et mourrait sûrement avant d'en avoir vu la fin. Mais peut-être était-ce un simple fond sonore pour passer le temps ?

Bon, il n'allait pas rester là devant cette stupide porte toute la journée ! Il frappa et entra.

...

- Où est Seiya ?, demanda Dohko en entrant sans s'annoncer dans le bureau de Shion.

Shion le regarda sans répondre.

- Ah, excuse-moi, tu veux que je ressorte frapper ?

- Non, maintenant que tu es là, mais penses-y pour la prochaine fois.

- Désolé, je n'ai pas revu Seiya et je le cherchais. Je le croyais avec toi.

- Tu l'as manqué, je l'ai envoyé chez Saori.

- Ah…déjà…

- Il fallait bien le faire ! En attendant qu'il revienne, va donc nous chercher du thé dans la cuisine.

...

Saori regardait les feux de l'amour vautrée sur son divan un mouchoir dans une main et une bonne bière dans l'autre. Il lui fallait absolument ces deux ustensiles pour regarder cette série. Elle n'entendit pas Seiya frapper et se retourna brusquement en entendant la porte de son appartement s'ouvrir en grinçant. Qui osait la déranger pendant sa série fétiche ? En voyant Seiya, la surprise fut telle qu'elle ouvrit la bouche, mais au lieu d'un son intelligible et discret, ce fut un rot bien fort qui en sortit, malgré elle.

Pour Seiya aussi la surprise fut grande. Le choc, serait le mot plus juste. Sa Saori, la jeune fille mince et belle qu'il aimait éperdument, n'était pas cette chose affalée là devant lui, telle une otarie sur le divan, non, cette chose monstrueuse, grosse et laide, les cheveux gras, les joues boursouflées et rouges, qui lui lançait un regard chassieux, désespérant au possible, ce n'était pas SA princesse.

- Seiya ! Mais viens ! Viens t'assoir, fit Saori en éteignant la télévision.

Elle essaya de mettre un peu d'ordre dans sa robe, de se lisser les cheveux et de reprendre son allure royale, mais l'effet fut sans réelle magie sur le malheureux Seiya qui voulait s'enfuir en courant. De son côté, Saori essayait désespérément de faire bonne figure.

- Je ne savais pas que tu étais là. Si je l'avais su, je serais venue t'accueillir, fit-elle en rougissant.

- Je suis là depuis 2 jours, Saori. Et je ne t'ai pas vu non plus à l'hôpital, répondit Seiya sur un ton de reproche.

- Mais je n'aime pas les hôpitaux, tu le sais bien, fit Saori en engouffrant un morceau du moelleux au chocolat qui se trouvait sur la table entre elle et la télévision. Pardon, tu en voulais ?

- Non, je n'en veux pas. Je n'ai pas encore recouvré l'appétit, mentit Seiya qui ne voulait pas l'affubler d'avantage en lui disant qu'elle l'écœurait.

Ce fut un Seiya moitié désabusé et moitié furieux qui déboula dans le bureau de Shion. Il ne dit rien, il se contenta de se laisser tomber dans un fauteuil.

Dohko lui présenta une tasse de thé qu'il prit sans réfléchir.

- Laisse lui un peu de temps pour digérer ce qu'il a vu, conseilla Shion. Il a dû avoir un choc.

- Elle est monstrueuse !, fit soudain Seiya. Et elle ne m'attendait pas du tout, ajouta-t'il à l'adresse de Shion. De la Timidité ? Tu parles, elle s'en fout royalement. Tout ce qui l'intéresse ce sont ses « feux de l'amour » et son moelleux au chocolat !

- Tu dis ça sous le coup de l'émotion, lui dit doucement Dohko.

- Tu crois ça ? et bien non, pas du tout. En ce moment je me demande pourquoi j'ai gâché ma jeunesse avec toutes ces conneries ! Pff, chevalier divin, je t'en foutrais moi des chevaliers divins !

- Seiya !, dit Shion, tu ne penses pas ce que tu dis. Tu es sous le coup de la colère. Tu es fatigué, tu lui en veux, et tu m'en veux à moi aussi sûrement. Je comprends cela…

Seiya regardait Shion d'un œil vide. Il repensait à Saga dans sa piscine et se disait qu'il irait bien nager. Et il repensa à ce qu'il lui avait dit.

- Vous avez sûrement raison, finit-il par dire. Je sors à peine de l'hôpital et les médecins m'ont dit de me ménager. Si vous n'y voyiez pas d'inconvénients, je vais aller me ressourcer ailleurs… aux Maldives, par exemple.

Shion et Dohko se regardèrent surpris.

- Pourquoi les Maldives ?, demanda Shion avec le plus de neutralité qu'il le put.

- Saga m'a dit que c'était le coin de paradis idéal pour se ressourcer.

- Ah, fit Shion soulagé. Et bien, c'est une bonne idée.

- Je pourrais y aller avec Saga et Kanon ?

Là Shion faillit s'étrangler.

- Pourquoi cela ?

- Saga se fait harceler par Aphrodite et il n'ose pas se défendre sous peine qu'on ne le renvoie en psychiatrie, répondit Seiya du tac au tac.

- Je confirme, dit Dohko. Kanon m'en a encore parlé tout à l'heure. Il va falloir faire quelque chose.

Shion leva les yeux au ciel en se demandant si un jour il aurait la paix.

- Tu proposes quoi ?, demanda-t'il en se doutant bien de la réponse.

- Je… je n'y ai pas encore réfléchis, hasarda Dohko.

Seiya ne revit pas Saori, le courage lui manquait et il retrouvait petit à petit du poil de la bête en pensant à sa future vie d'homme libre. Il refit le chemin en sens inverse pour descendre. Dans ce sens ça allait beaucoup plus vite, repassa chez ses amis leur annoncer son prochain départ en vacances et qu'il reviendrait, bien sûr, pour les voir.

Il arriva chez Saga qu'il trouva en train de fumer en peignoir sur sa terrasse, l'air visiblement défait.

- Saga, est-ce que ça va ?, s'inquiéta Seiya.

- Tiens, Seiya. Je ne m'attendais pas à te revoir si tôt, fit Saga qui essayait de faire bonne figure.

Seiya ne prit pas la peine de lui dire qu'il savait tout.

- J'ai suivi ton conseil, je pars aux Maldives.

- Ah, c'est bien…

- Oui, je trouve aussi. Ta valise est prête ?

- Ma valise ?, fit Saga qui en oublia presque sa cigarette.

- Tu viens aussi, tu ne savais pas ?

- Mais non, je ne peux pas, ma thérapie…

- On s'en fout, tu n'en as pas besoin, crois moi ! Tu ne risques rien à te dorer la pilule sur une plage ! Et puis, ton frère sera là aussi. Allez, fais ta valise, je t'attends.

- Mais… je ne sais pas…

- Moi je sais !, cria presque Seiya que la patience commençait à quitter. Tu as l'autorisation de Shion aussi.

Un sourire commença enfin à se dessiner sur les lèvres du gémeau. En un éclair il disparut et revint avec une valise.

- Et bien c'est du vite fait !, dit Seiya épaté devant autant de rapidité.

- Oh, je n'ai besoin que d'une serviette, d'un peignoir et optionnellement d'un maillot de bain.

- Interdiction formelle de rafler toutes les filles, je te préviens.

- Tu es un peu dur avec moi ! je n'y peux rien si elles sont toutes folles de moi, fit Saga en riant.

- Et bien, enfin un sourire, fit Kanon en arrivant.

Il avait la même petite valise que son frère et portait une hideuse chemise hawaïenne rouge à grosses fleurs, une véritable horreur.

- Un jour il faudra que je t'apprenne à t'habiller, frérot, fit Saga.

- Pas besoin, là où on va !

Et voilà, c'est la fin… de la partie 1. Je vous ai fait peur, hein ? La prochaine partie va se dérouler aux Maldives, je n'y ai personnellement jamais mis les pieds, mais je me suis quand même documentée. Alors pourquoi ces îles ? Une de mes amies y est allée passer des vacances, j'ai vu les photos, et j'ai eu ce qu'on pourrait appeler un grand moment de solitude…