OS : Les fleurs du Bien
_ Bella le livreur à besoin de ta signature !
_ J'arrive deux petites secondes.
Je me hâtais vers la porte arrière du magasin et signais le reçu.
_ Merci Miss Swan. A la semaine prochaine.
Je regardais son badge et lui sourit.
_ A la semaine prochaine Mike.
Son sourire s'agrandit et il rentra dans son véhicule. Je retournais alors dans la boutique et fini de composer mon bouquet. Je ne me suis pas présentée, je suis Isabella Swan, mais mes amis m'appellent Bella, je vis à Seattle et je suis fleuriste. Depuis que je suis toute petite, je rêve de faire ce métier. Lorsque j'avais à peine six ans, je m'amusais à faire des bouquets pour ma mère, qui était malade. Je prenais un immense plaisir à lui confectionner des bouquets uniques.
Aujourd'hui tout à changer. Ma mère n'est plus là, j'ai vingt cinq ans et la vie active m'ouvre ses bras. Mon père vit à Forks, en compagnie de Sue, sa nouvelle femme.
La sonnette de la porte retentit. Je levais mon regard de mon bouquet et aperçu comme chaque lundi, le même homme devant moi. Cela faisait bientôt un an et demi, que chaque lundi, à 9h30 précisément, il franchissait mon magasin. C'était un homme assez grand, les cheveux en bataille, bruns aux reflets cuivrés. Et des yeux… Oh mon dieu, ces yeux là, ne s'oublient pas, ils étaient d'un vert émeraude tout à fait fascinant.
Il regarda dans ma direction et aussitôt je me mis à rougir. Stupides hormones ! Il fit le tour de la boutique et vint me trouver près de la caisse enregistreuse.
_ Bonjour, dit-il d'une voix veloutée. Je voudrais acheter ce bouquet s'il vous plaît.
Il pointa de l'index, le bouquet qui se trouvait derrière moi. Je me retournais et attrapais le bouquet, qui était composé de roses rouges et blanches, de lys blancs et de tulipes blanches et rouges également.
_ Ça vous fera 15 dollars s'il vous plaît.
Il sortit un carnet de chèque de sa poche de veste et je lui tendais un stylo. Nos mains se frôlèrent à peine une seconde, mais j'eue tout de même le temps de ressentir un léger, très léger, picotement. Il me regarda troublé, avant de se reprendre et de signer le précieux sésame.
Il me tendit le chèque. C'était la première fois qu'il me payait en chèque, d'ordinaire c'était en espèce ou avec sa carte bancaire. Je regardais le nom qui se trouvait sur le chèque, avant de le passer dans la machine. Edward Cullen, 268 avenue Kelinghton, Seattle. Son adresse, si c'était bien la sienne, était située à l'autre bout de la ville. Je sortis de mes réflexions et lui tendit le chèque pour qu'il puisse vérifier le montant.
_ C'est parfait merci.
Il prit alors le bouquet et avant de sortir de la boutique il me lança un :
_ Au revoir.
_ Au revoir, monsieur Cullen.
Il se figea près de la porte, il se retourna et me fit un sourire un coin à faire fondre la calotte polaire. Puis il disparut dans la rue, bruyante et animée. Je lâchais un soupir. Cet homme me faisait me sentir étrange.
Le téléphone sonna. Une fois. Puis une deuxième, avant que je ne sorte de ma léthargie. Je décrochais alors et lançait d'une voix joviale :
_ Les Fleurs du bien, bonjour.
_ Bella ? C'est Rosalie.
_ Oh salut Rose comment ça vas depuis hier soir ?
_ Bien. Très bien même. Je t'appelle pour te demander une chose très importante.
_ Je suis toute ouïe Rose.
_ Et bien voilà, tu n'es pas sans savoir que j'ai rencontré Emmett, et je voudrais te le présenter. Il nous invite chez lui ce soir, avec Alice. Dit oui allez s'il te plaît dit oui !
_ Bon très bien. Mais tu viendras me chercher ce soir. Il faut qu'on y soit vers quelle heure ?
_ Vers vingt heures, ce sera parfait. De toute façon il faut que je passe à l'appart' pour me préparer, donc nous irons ensemble, toutes les trois.
_ D'accord. Bon je te laisse j'ai du travail moi !
_ Gnagnagna ! Bisouuuuuuuuuuuuuuuuuuus !
Elle raccrocha en riant à moitié au bout du fil. Voilà trois semaines qu'elle sortait avec ce mystérieux Emmett. Et j'avais plus que hâte de le rencontrer, je voulais vraiment voir si il était fait pour notre retournais alors au travail. Jessica, arrangeait la boutique, pendant que moi je confectionnais mes bouquets de fleurs. Kim était à l'étiquetage et s'occupait également de la caisse, lorsque je ne pouvais pas m'en charger.
Il était midi, et les filles avaient pris leur pose déjeuner. Moi je restais, fidèle au poste, derrière mon comptoir à guetter d'éventuels clients. Ce qui fut le cas. Un homme entra dans ma boutique. Il avait le crâne dégarnit, des petites lunettes rondes, qui glissaient le long de son nez. Il portait un costume gris avec une écharpe marron. Il attrapa quelques fleurs disposées dans un vase et me les tendit pour que je fasse un bouquet.
_ Et dépêchez-vous s'il vous plaît je suis assez pressé.
En cinq minutes je lui avais fait son bouquet, il m'avait payé et il s'apprêtait à sortir de la boutique. Un homme entra, au moment où le type au crâne dégarnit voulait partir. Ce dernier pesta contre l'homme qui rentrait et disparu sans demander son reste. Je regarder l'homme qui venait de rentrer et mon sourire s'élargit.
_ Hey Belli-Bella, comment tu vas ?
_ Bien et toi ?
_ Tout roule. Dis moi je vais manger avec Léah là, et j'avais envi de lui faire une surprise en lui apportant des fleurs. Tu pourrais m'aider ?
_ Ouah Jacob qui offre des fleurs à une fille, c'est une première il faudrait marquer ce jour d'une croix rouge sur le calendrier.
_ Ah Ah très drôle, je suis mort de rire. Bon, tu m'aides ou pas ?
_ Mais oui allez viens là.
Il choisit alors des fleurs dans les tons jaunes/orangés, les couleurs que préférées Léah, et je lui fis un joli bouquet pour la somme de 18 dollars.
_ Bon allez tiens ! Je me dépêche ou je vais la louper. Allez à plus tard Belli-Bella !
Je riais alors devant la bonne humeur de mon ami. Jacob… A ce bon vieux Jacob. On avait fait les 400 coups ensemble. C'était le bon vieux temps. Nous habitions tous les deux à Forks, son père, Billy, était le meilleur ami de mon père, Charlie. Il m'avait suivit à Seattle pour y faire ses études. Nous étions sur le campus au départ, puis j'avais rencontré Alice et Rosalie et depuis nous habitions toutes les trois dans un magnifique appartement de trois chambres.
La porte s'ouvre de nouveau, mais sur une femme cette fois-ci. Elle est habillée d'un tailleur blanc, qui doit coûter une petite fortune. Elle s'approche de moi.
_ Bonjour mademoiselle. J'aimerais beaucoup que vous vous occupiez de mon mariage.
_ Euh oui. Pas de problème, vous pouvez me donner des renseignements, sur le choix des fleurs par exemple, le nombre de bouquets que je dois faire etc.…
Elle me parla alors durant plus d'une heure et demie, car lorsque les filles furent de retour, nous n'avions toujours pas fini de régler les détails. C'était un énorme contrat que je venais de décrocher. Et j'étais terriblement fière de moi.
A dix huit heures, je fermais la boutique et montais dans ma voiture, pour rentrer chez moi.
_ Oh mon dieu je suis terriblement angoissée.
_ Du calme Rose, ce n'est pas comme si tu le voyais pour la première fois. Non ?
_ Oui tu as raison. Mais vous allez le rencontrer et votre jugement sur lui est très important pour moi.
Depuis plus de dix minutes maintenant, Rosalie était terriblement mal. Elle avait du mal a respirer. Et même Alice avait stoppé toutes ses activités pour s'occuper de Rosalie.
_ Allez inspire et expire. Inspire et expire, n'arrêtait pas de répété Alice.
Rosalie parvint tout de même à se calmer un petit peu. Je finissais de me préparer. J'avais mis une robe noire qui s'arrêtait au dessus du genou. Je ne m'étais presque pas maquillée. Mes cheveux bouclés, reposaient sur mes épaules.
_ Vous êtes prêtes ? Demandais-je.
_ Oui allons-y je ne veux pas faire attendre Emmett. Répond alors Rosalie qui a l'air de mieux se porter.
Rien que le fait de prononcer son prénom, la rendait heureuse. Son visage s'illuminait de bonheur.
Je prenais ma voiture, Alice se trouvais à l'arrière et Rose faisait office de copilote. Nous arrivions bientôt sur l'avenue Kelinghton, je ne savais pas pourquoi mais cette avenue me disais quelque chose. Le bâtiment qui se trouvais face à moi paressait être à la fois ancien et moderne. Les fenêtres du sixième étage, semblait donner sur des lofts. Mais d'en bas on ne voyait presque rien. Il y avait quelques arbres sur le trottoir. Ils étaient clôturés avec un grillage noir. Les marches, menant à la porte principale de l'immeuble, étaient grises et ternes.
Un petit vent vint briser le moment de quiétude qui nous enveloppé. Alice mit sa veste sur ses épaules et prit la main de Rosalie. Cette dernière commença à taper le code, pour accéder au hall chaud de la bâtisse. Nous arrivions alors aux portes de l'ascenseur, qui ne tarda pas à nous emmener au sixième étage. Rosalie s'avança alors vers la porte et sonna. Un immense colosse vint nous ouvrir. Dès qu'elle l'aperçut, elle lui sauta immédiatement dans les bras. Alice et moi, échangions un regard attendrit devant cette scène. Rose l'aimait réellement, mais est-ce que lui aussi ?
Il lâcha notre amie et elle nous présenta.
_ Emmett, je te présente Alice Brandon et Bella Swan, mes meilleures amies et colocataires.
_ Enchanté les filles ! Moi c'est Emmett McCarty. Rosie m'a beaucoup parlé de vous.
Il lança un regard énamouré à sa « Rosie ». Il avait les yeux qui pétillaient quand il la regardait. Quant à elle, son sourire ne s'évaporait pas. On pouvait presque voir des fils les relier. Ils transpiraient l'amour à plein nez. Le dit Emmett était grand, au moins 1m80, il était tout en muscle. Il faisait presque peur. Non pas qu'il était laid. Non. Bien au contraire. Il avait des yeux absolument magnifiques, d'un ambre qui paraissait irréel. Cependant, son immense carrure pouvait en impressionner plus d'un. Malgré ça, on voyait bien qu'il devait être doux comme un agneau. Il semblait vraiment gentil. Et j'appréciais le fait qu'il rende Rosalie heureuse. Et même plus que ça. Elle était littéralement comblée.
_ On ferait mieux de rentrer, le seuil de la porte ce n'est vraiment pas un endroit convivial pour pouvoir parler. Dit-il en riant.
Son rire faisait presque tremblait les murs. Alice, se retrouva très vite à ses côtés et elle semblait être une lilliputienne aux côtés de Gargantua.
Nous rentrâmes dans l'entrée et on aperçut deux jeunes hommes. Mais nous étions trop loin pour les voir réellement.
_ Tu crois qu'ils sont mignons ? me demanda Alice plus qu'enthousiaste.
_ Je ne sais pas Alice. En tout cas, nous ne sommes pas venues pour ça, nous sommes là pour Rose.
_ Oui, bien sur. Mais rien ne nous empêche de nous amuser un peu.
Alice ne changerait pas. Plus nous nous avancions et plus les visages des deux hommes se révélèrent à nous. L'un était très grand, blond aux yeux bleus. Le deuxième, était… Oh mon dieu ! Le second n'était autre qu'Edward Cullen. Mon client du lundi matin. Lorsqu'il m'aperçut il se mit à rougir et baissa la tête, comme si il était honteux. Emmett s'avança alors vers les deux jeunes hommes, tenant toujours Rosalie par la taille.
_ Les gars je vous présente ma Rosie, ainsi qu'Alice et Bella ses meilleures amies. Les filles voici, Jasper et Edward mes coloc' et amis.
Je scrutais le visage de l'homme que je reconnaissais. Il avait l'air surpris de me voir ici. Tout comme moi.
Alice regarda le fameux Jasper de la tête au pied, avec un sourire qui en disait long sur ses intentions.
_ Ne restez pas debout ! Asseyez-vous ! Nous invitât alors Emmett.
Le fameux Edward Cullen se poussa légèrement sur le côté du canapé. Alice était déjà assise aux côtés de Jasper et Rose, sur les genoux d'Emmett. La seule place qu'il restait était celle à côté de mon client.
Les minutes passèrent, Alice avait déjà entamée une conversation plus que sérieuse avec le blondinet, Rose et Emmett se faisaient de papouille. Alors que moi je restais droite comme un « i » sur le sofa. Edward se passait régulièrement la main dans les cheveux.
_ Alors, euh ça fait longtemps que tu connais Rosalie.
_ Depuis la fac.
_ Oh. Et Alice.
_ Pareil.
Je ne l'aidais pas vraiment. Je le savais. Et pourtant j'avais cet éternel besoin de me protéger derrière cette attitude froide et à la limite de l'incorrection.
_ Et toi ? Emmett ça fait longtemps que tu le connais ?
_ Euh. Oui depuis que je suis tout petit en fait. Nous étions voisins lui et moi.
_ Et Jasper ?
_ Depuis le lycée. Et nous avons presque enseigné la même chose en fac alors… Et puis nous travaillons ensemble maintenant. Me dit-il en souriant
_ Oh. Tu travailles où ?
_ Je suis pédiatre à l'hôpital de Seattle. Jasper, lui, est psychologue. Nous travaillons au même endroit. Et toi ?
_ Moi j'ai fait une fac de lettre car mon père m'y a forcé. Parallèlement j'étudiais l'horticulture. Et maintenant je travaille à mon propre compte, dans la boutique où tu viens chaque lundi.
_ J'aime beaucoup les compositions que tu fais.
_ Merci répondis-je, le feu aux joues.
Tout le long de la soirée, nous parlions de nos passions et de nos centres d'intérêt. Il aimait jouer du piano, moi j'étais plutôt guitare. Il aimait peindre, j'aimais lire et écrire. Il m'avoua alors, au cours du repas, qu'il excellait dans l'art de la gastronomie. Je riais face à ses plaisanteries. Il était d'une agréable compagnie.
_ Et toi Bella que fais-tu dans la vie ? Me questionna alors Emmett.
Je n'aimais pas particulièrement être au centre des discutions. Je me mis alors à rougir. Stupides réactions !
_ Je…Je…suis…fleuriste.
_ Ne sois pas timide voyons Bella ! lança Emmett d'un air jovial.
_ Bella n'aime pas être le sujet principal des discutions, lança Alice sur le ton de la confidence.
_ Alors comme ça tu es fleuriste ?
_ Oui.
_ Edward est accro aux fleurs. A moins que ce ne soit de la petite fleuriste. Hein mon cochon !
Emmett attrapa la tête d'Edward et lui passa son poing dans les cheveux. Edward se défendait mais devant Emmett personne ne faisait le poids. Il réussit tout de même à se dégager, les cheveux plus en bataille qu'à l'accoutumée, et le visage rougit. Il tentait de reprendre son souffle alors qu'Emmett lui mit une grande tape dans le dos, qui le fit s'époumoner une nouvelle fois.
_ Emmett tu vas lui faire mal, gronda Rosalie.
_ Mais non regarde c'est du solide ça ! Alors Bella où en étions-nous ?
_ Je ne sais plus.
Il fit mine de réfléchir.
_ Ah oui. Alors je te disais qu'Edward était absolument accro aux fleurs. Il en ramène chaque lundi midi.
_ C'est bon Em' on commence à comprendre.
_ Mais non Eddy. Ça doit intéresser Bella puisque ça parle des fleurs.
_ Je ne pense pas que tu cherches à parler d'horticulture là.
_ Mais si au moins tu me disais pourquoi tu allais chaque lundi là bas depuis un an et demi je serais moins frustré.
_ Tu sais quoi Em' ? Va te faire foutre.
Edward quitta la table énervé. Il mit son manteau et sortit de l'appartement en claquant la porte.
_ Je suis désolé pour ça, dit Emmett penaud.
_ Ça ne fait rien mon nounours, il reviendra quand il sera calmé. Le réconforta Rosalie.
_ Bon qui veut du dessert ? Questionna Jasper.
_ Moi ! S'il te plaît. Lui répondit Alice avec un air innocent.
Jasper devenait de plus en plus rouge et Alice ne lui laissait pas une minute de répit. Elle battait des cils face à lui, et il semblait complètement subjugué face à sa technique de séduction.
Je me raclais la gorge, faisant ainsi remarqué ma présence face aux deux couples qui se trouvaient à mes côtés.
_ Oh oui euh. Le dessert. J'y vais. Lança Jasper.
_ Attend je t'accompagne.
Alice sauta de sa chaise, et ils disparurent tous deux dans la cuisine.
_ Ah mon avis on va attendre longtemps avant d'avoir nos desserts.
Rosalie riait alors en cachant sa tête contre l'épaule du géant.
_ Je m'inquiète tout de même pour Edward. Partir comme ça, ça ne lui ressemble pas.
_ Comment ça ?
_ J'y suis allé peut être un petit peu fort avec cette histoire. Mais il faut me comprendre aussi. Ça fait maintenant deux ans qu'il n'est plus sortit avec une fille et que les seuls moments où je le vois sourire c'est quand il revient avec son bouquet le lundi matin ou lorsqu'il le regarde.
_ Oh…
_ Cela fait un an et demi que ça dur. Se lamenta Emmett.
Jasper sortit de la cuisine avec le gâteau en main. Il semblait essoufflé et son visage était aussi rouge qu'une écrevisse. Alice le suivit presque aussitôt. Elle ne marchait pas, elle sautillait.
_ J'espère que vous n'avez rien fait dans ma cuisine, dit-il en lançant un coup d'œil assassin en direction de son colocataire.
Je jetais un œil à mon amie, qui me fit un clin d'œil.
Il était vingt trois heures lorsque je quittais l'appartement. Seule. Rosalie avait voulu rester. Tout comme Alice. Elle semblait bien s'entendre avec Jasper. Sur tous les points. Je rentrais chez moi épuisée. Je me vautrée sur mon lit, incapable d'esquisser le moindre mouvement. J'enlevais péniblement ma robe et me glissais sous les draps.
Avant de m'endormir, je repensais à l'attitude d'Edward. Serait-il vrai qu'il craquait pour cette fleuriste ? Et donc par conséquent moi ? Je ne pensais pas. Mais malgré tout, cette idée fit jaillir un sourire sur mes lèvres. Je m'endormis ainsi, le sourire aux lèvres, rêvant durant la nuit de ce mystérieux client aux yeux verts.
Un mois entier passa. Nous étions lundi. Il était dix heures. Edward n'était pas encore venu. Il n'avait pas franchit la porte une seule fois depuis que je l'avais vu à l'appartement. Alice et Jasper était ensemble, Rosalie avait toujours son Emmett. Et moi je sortais toujours avec Tyler. Mais malgré ça, les filles me manquaient. Elles étaient toujours fourrées chez les garçons. Elles me rapportaient de temps en temps des nouvelles d'Edward. Apparemment il n'avait pas l'air d'être en très grande forme.
Ce soir là j'avais décidé de fermer plus tôt la boutique, pour faire une surprise à mon petit ami. Il était dix-sept heures, lorsque je quittais mon lieu de travail. Je conduisais alors jusqu'à l'appartement de mon amoureux. C'était un immeuble assez moderne, la façade était d'un blanc pur, et elle était clôturée par un mur en briques rouges. Je montais rapidement les étages et insérais la clé dans la serrure. Je ne fis pas de bruit. Je voulais lui faire la surprise de ma venue. Tyler était ambulancier. Il travaillait de nuit bien souvent, alors je venais quelques fois le retrouver au lit l'après-midi.
Je m'approchais de la chambre mais j'entendais des murmures. Deux voix, mais je n'étais pas assez proche pour les entendre distinctement. Un rire. Puis un deuxième. Une voix féminine. Des bruits de succion. Des gémissements. J'entrouvris alors la porte. Et je pus voir une blonde, qui se tenait à califourchon sur mon ex petit ami. Elle jeta sa tête en arrière et il poussa en elle. Elle hurlait. Moi je pleurais. Je laissais tomber mes clés par terre. Je ne voyais même plus la scène qui se déroulait face à moi. Mes yeux cherchaient à me noyer, sous la tonne de larme, que je déversais.
_ Bella ? C'est pas du tout se que tu crois ?
Putin ! Je frappais un grand coup de poing dans le mur. Je ne ressentais pas la douleur. Je tournais les talons et dévalais les escaliers. Dans la rue, la pluie commençait à tomber. Je me dépêchais de rejoindre ma voiture. Je démarrais et roulais vers une destination inconnue.
Je ne sais combien de temps je restais dehors. Seule dans ma voiture. Essayant de calmer ma peine. Mais à chaque fois que je fermais les yeux, je les revoyais ensemble. Elle sur lui. Lui en elle. Me trompant par la même occasion. Jetant aux orties notre histoire. Avait-elle seulement existé pour lui ?
Je sortais dehors. Je n'en pouvais plus de cet habitacle. J'avais l'impression que j'allais étouffer. Il me fallait de l'air. De l'air frais.
La pluie dégringolait dehors, la nuit régnait en maître sur la ville. Les réverbères n'émettaient qu'une très faible lumière. Et moi j'étais trempée. Comment avais-je pu croire qu'il m'aimait ? Comment avais-je pu simplement penser que je l'intéressais. Il avait été mon univers pendant des mois. Je croyais que notre couple était invincible, indivisible. Je mettais trompée. Encore une fois. Tyler était comme tous les autres. Incapable de dire non face à une belle paire de fesses. Et cette fois-ci je me retrouvais au fond du gouffre. L'eau dégouline le long de mon visage. Mon mascara a du couler, et doit me rendre affreuse. Je suis laide. De l'intérieur comme de l'extérieur. Sinon pourquoi serait-il aller avec elle ?
Mon ventre se tordait. J'avais mal, je souffrais. Je me retrouvais à terre, sans vraiment savoir comment et surtout pourquoi. L'eau stagnait sur la route. Le caniveau était bien trop petit pour pouvoir tout évacuer. Je restais là. Je pataugeais dans mes propres larmes. J'étais épuisée. Moralement comme physiquement. Je suis partie pour l'oublier. Mes yeux se posèrent devant le bâtiment qui se trouvait face à moi. L'immeuble d'Edward. Serait-il trop tard pour aller le voir ? Je titubais légèrement, avant de pouvoir me remettre debout. Je me rappelais du code que Rosalie avait tapé quelques semaines auparavant. Le 3455.
Je glissais avec mes chaussures. Je rentrais dans le hall de l'immeuble. Le sol était inondé à cause de moi. Que vont-ils dire ? Je me posais trop de questions. Je grimpais dans l'ascenseur et sélectionnais machinalement l'étage. La pluie, forma une immense flaque dans la cage de l'ascenseur. J'étais triste. Mais mes larmes se refusaient de couler. Je me retrouvais bien vite sur le palier. Je m'avançais alors vers leur appartement. Le 6 E. Je sonnais à la porte. Mon doigt était comme gelé. Je n'arrivais plus à l'enlever de la sonnette. Il se crispa déjà.
_ Oui oui minute j'arrive ! Entendis-je derrière la cloison.
_ Putin mais qu'est-ce que…
Edward s'arrêta en pleine phrase. Il me regarda éberlué. J'étais là, trempée, devant lui. Mon doigt était toujours sur la sonnette. Je pleurais.
_ Bella ?
Il s'avança vers moi et les sanglots jusque là silencieux, commencèrent à devenir bruyants. Affreusement bruyant. Un appel au secours, à l'aide. Il était là devant moi et il m'entendait. Si tu savais Edward à quel point j'ai mal en ce moment même. Si tu savais à quel point… Il me prit dans ses bras. Mes bras se serrèrent autours de sa taille et mon corps tressauta sous mon chagrin.
_ Allez vient. Rentrons.
Je ne pouvais plus marcher. Edward passa sa main sous mes genoux et me porta. Il referma la porte grâce à son pied et m'emmena directement dans la salle de bain. Il fit couler l'eau chaude avant de me mettre dans la baignoire. Je ne ressentais plus rien. C'était comme si mon corps était mort. Comme si je n'étais plus qu'une âme en peine, prisonnière dans un corps qui ne m'appartenait plus.
_ Chut c'est fini Bella.
Edward me murmurait des paroles réconfortantes, en me caressant doucement les cheveux. Le froid s'en allait. Il passa son index le long de mon visage, comme s'il cherchait à le garder précieusement en mémoire. Son doigt traça les courbes de mon cou avant de faire sans cesse le contour de mes lèvres. Son geste était doux et tendre. Terriblement tendre. Ses yeux m'hypnotisaient. Je n'avais plus aucune notion du temps. Je ne savais même plus pourquoi j'étais là. Ah si. Cette douleur qui se logeait au niveau de mon cœur était là pour me le rappeler.
_ Bella. Murmura-t-il.
Nos visages étaient très proches. Trop même. Je sentais son souffle contre mes lèvres. La chaleur que celui-ci procurait me faisait perdre la tête. Et si… Je coupais court à mes pensées en sentant les lèvres d'Edward sur les miennes. Elles étaient juste posées. Douce et tendre à la fois. C'était comme si je rêvais ce contact. Je mis alors une des mains derrière sa nuque et je me laissais aller à ce baiser. Je glissais alors mon autre main dans sa chevelure, la rendant humide à cause de l'eau qui coulait encore dans la baignoire. Edward pressa le haut de son corps contre ma poitrine. Nos langues tourbillonnaient et je ne pus me retenir de gémir. Il me relâcha, cherchant son souffle à l'instar de moi.
Il me tendit sa main et m'aida à me remettre debout. Il m'attrapa une serviette blanche et me la donna pour que je puisse m'essuyer. Il regrettait… Je m'avançais vers lui et automatiquement il baissa les yeux.
_ Edward regarde moi.
Il ne le fit pas. Je poussais un soupir d'agacement et entreprit de sortir de la pièce, mais il m'attrapa par la main. Je le regardais sans vraiment comprendre pourquoi il changeait d'humeur comme de chemise. Il me fit un faible sourire. Je m'approchais de lui et posais mes mains contre ses joues. Elles étaient rugueuses, il ne s'était pas raser depuis quelques jours. Il se rapprocha encore plus de moi et nous nous embrassions encore et encore.
Je reculais et mon dos heurta une porte. Je relâchais les lèvres de mon « compagnon » et il l'ouvrit. Je tombais sur sa chambre. Elle était simple et élégante. Mais très masculine. Il se passa une main dans les cheveux. Signe de nervosité ? Je n'en savais rien. Je ne le connaissais pas vraiment. Il semblait gêné que j'observe avec tant d'attention son lieu de vie. Je lui pris la main et y glissa mes doigts entre les siens. Je souriais niaisement. Pourquoi ? Rien que le fait de l'avoir près de moi me faisait ressentir un bien fou.
Il passa une main sur ma joue, l'effleurant juste. Plaçant une de mes mèches de cheveux derrière les oreilles. Je rougissais. Personne n'avait eu ce genre de geste tendre envers moi. Personne. Il était tellement attentionné que ça me faisait mal. Mes vêtements étaient toujours mouillés et ils commençaient à peser. Je ne pus retenir un éternuement qui fit éclater de rire Edward. Un son mélodieux et terriblement sexy. Il commença par me retirer ma veste. Le bruit du froissement des vêtements mouillés me passer partout. Puis ce fut à mon tee-shirt de partir. Mon corps était entièrement trempé. Edward tira sur mon jean et je retirais mes chaussures avec mes pieds. J'étais en sous-vêtements devant lui. Et je ne ressentais aucune gêne. C'était comme si tout cela était « normal ».
J'avais froid. Mais je ne disais toujours rien. Je ne voulais pas rompre la magie de l'instant. Je commençais à enlever le tee-shirt gris d'Edward. Il défit sa ceinture et je tirais un grand coup sur son pantalon pour le lui retirer. Nous étions d'égal à égal. Je pouvais voir aisément une bosse qui commençait à déformer son boxer. Ses yeux étaient brûlants de désir. Les miens devaient être identiques.
Lentement il mit ses mains sur mes hanches. Nos lèvres se retrouvèrent et je pu sentir aisément son excitation buter contre ma cuisse. Je ne pus empêcher mes mains de partir à la découverte de son corps merveilleux. Il passa l'une de ses mains sur mon soutien-gorge et je gémis dans sa bouche. Son index glissa sous le tissu et il tritura mon téton de son doigt. A cet instant précis je voulais qu'il me possède. Qu'il me fasse voir le septième ciel. Je passais ma main dans son caleçon, l'entendre gémir et grogner de plaisir me plaisait énormément. Mon bas ventre était en feu, et je me collais encore plus à lui, ma poitrine épousant parfaitement son torse.
Il m'emmena avec lui sur son lit. Nos respirations se faisaient haletantes. Son bassin bougeait contre le mien.
Ma culotte était fichue.
Sa bouche descendit le long de mon cou, il embrassait ma poitrine. Il dégrafa alors mon soutien-gorge et je me mis à rougir plus que de raison. Nous étions arrivés au point de non retour. Mes mains glissèrent d'elles-mêmes sur ses fesses, si ferme, si… Oh mon dieu. Il m'enleva mon dernier vêtement avec une délicatesse sans fin. Sans pouvoir stopper le mouvement de ses lèvres sur ma peau. Je retirais alors son boxer et pu admirer son sexe qui était à son apogée.
Je le vis tiquer. Il semblait mal à l'aise tout d'un coup.
_ Bella, je…je n'ai pas de…préservatif.
_ Oh. Et Emmett ou Jasper n'en n'aurait pas par hasard ?
Il se leva, nu, et partit en courant chercher dans la chambre de ses colocataires. Il revint presque aussitôt avec un paquet neuf en main. Il souriait. Il l'ouvrit alors avec empressement et en tira un. Je lui pris des mains et il vint se repositionner entre mes jambes. Avec mes dents j'ouvrais l'emballage et je lui enfilais la protection. Il me sourit alors, bienveillant, et il m'embrassa avec force et passion. Et sans un mot il me pénétra doucement. Il était doux et tendre.
Nous avions gémis de bonheur, lorsqu'il attint le fond de mon ventre. Il me possédait entièrement. Il me jeta un coup d'œil avant de commencer ses va-et-vient. Une boule commença à se former dans mon bas ventre. Il allait de plus en plus vite. Je criais. Cette boule grossissait, grossissait, jusqu'à se qu'elle explose, aider par le pouce d'Edward qui venait de titiller mon paquet de nerf. Il jouit alors en moi, épuisé il se laissa retomber contre mon corps. Il se retira mais laissa son torse s'appuyer contre le mien. Je ne ressentais pas son poids. Il était parfait.
Il partit jeter la capote dans la salle de bain avant de revenir me voir. Il me donna un baiser sous l'oreille. Il ouvrit les couvertures et nous glissions dans le lit. Il me prit dans ses bras et je m'endormis heureuse et comblée. Il m'embrassa une dernière fois avant de rejoindre les bras de Morphée. Mon cœur face à ce geste se mit à battre d'une manière incroyable. J'avais mal au ventre comme si, quelque chose voulait s'envoler en moi. Etais-je amoureuse ? En à peine quelques heures ? Cela était impossible, presque improbable. Et pourtant… Depuis cette fameuse soirée, où Edward avait quitté l'appartement sans un mot, je n'avais cessé de rêver de lui. Je n'avais cessé de penser à lui.
Le lendemain lorsque je me levais, je trouvais le lit vide. La place d'Edward était encore tiède. L'odeur du café m'arrivait jusqu'à la chambre. La porte s'ouvrit sur Edward qui tenait un plateau jaune, sur lequel se trouvaient deux bols de cafés et des croissants.
_ Petit déjeuner !
Je m'étirais alors comme un chaton après une bonne sieste. Mes muscles étaient tous courbaturés. Il faut dire que j'avais fait du sport hier… Je me mis à rougir en repensant à ce qu'il s'était passé la veille. Tyler, puis Edward.
_ J'espère que ça te vas. Sinon j'ai d'autres choses, comme des biscottes, je peux aussi te…
_ Stop Edward ! Le coupais-je. C'est parfait. Vraiment merci.
Il sourit, mais visiblement il avait l'air mal à l'aise.
_ Je peux te poser une question ?
_ Oui.
_ Hier…Tu…pourquoi tu es venue ici ?
_ Je pensais que j'aurais pu trouver Rose ou Alice. Je… Je suis désolée d'avoir débarquée ainsi.
_ Hey, je ne te reproche rien. Pourquoi étais-tu dans un tel état hier ?
_ Je savais bien que j'allais devoir répondre à ça, dis-je plus pour moi que pour lui.
Je me lançais alors dans un triste monologue. Lui racontant tout depuis le début. Lorsque ça n'allait pas il me prenait dans ses bras et je me laissais alors aller à son contact si chaleureux.
_ Ce n'était pas par dépit que j'ai couché avec toi. Je le voulais vraiment.
_ Mais je…
Je ne le laissais pas finir.
_ Si je te dis ça Edward, c'est parce que j'ai l'impression de déjà te connaître, et j'appréhende déjà tes réactions. Je l'ai fait par envie.
Je l'embrassais pour lui prouver mes dires. Durant toute l'après-midi, nous avions parlé. Il m'avait alors avoué, qu'il m'aimait secrètement depuis un an et demi. Et qu'il avait failli exploser le crâne d'Emmett lorsqu'il l'avait sortit à table. Il aimait mes bouquets, mais ce qu'il préférait par-dessus tout, c'était celle qui les faisait. Moi. Le soir venu, Rosalie et Alice, ainsi que leurs petits amis respectifs, revinrent à l'appartement et furent surprises de me voir dans les bras d'Edward. L'histoire fut de nouveau raconter, et Emmett du canaliser Rosalie qui avait envie d'aller je cite « Castrer cet espèce de chien galeux et de faire un collier avec ses bijoux de famille pour ensuite les lui faire bouffer ».
Je voulais oublier cette histoire et me concentrer sur celle que je débutais avec Edward. Cette nuit là, je restais dormir avec lui, et pour la première fois de ma vie je pus dire je t'aime à une personne qui m'aimait réellement en retour.
_ Pffiou il fait vraiment un temps de chien !
_ Ça tu l'as dit !
Edward était près de la fenêtre, il regardait inlassablement la pluie qui tombait. Cela faisait des jours et des jours que la ville de Seattle n'avait pas vu le soleil.
_ Bon alors qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? Alice et Jasper sont en lune de miel à Cancun, Rosalie et Emmett sont à Rome. On se retrouve tous les deux.
_ Trois chéri.
Il regarda alors à côté de moi.
_ Oui pardon trois. Mais je ne vois pas en quoi notre chien va nous aider à trouver une activité.
_ Hum… Moi j'ai bien une idée mais je ne sais pas si elle va te plaire.
_ Dit toujours…
Je m'avançais vers lui tel un félin, et lui sourit innocemment.
_ Je ne sais pas moi, on pourrait… rester le reste de la journée dans notre chambre…
_ Hum tu as eu une très bonne idée mon ange !
Il m'attrapa et me porta telle une jeune mariée. Roméo se mit à aboyer.
_ Chut ! Coucher !
Il me déposait alors avec la plus grande prudence sur le lit et m'embrassa avec une extrême douceur. Sur notre table de nuit, se trouvait le bouquet qu'il était venu m'acheter Lundi à 9h30 précisément. Nous n'avions pas changé nos habitudes. La tradition perdurait encore.
_ Tu sais Edward pour se dont on a parlé l'autre jour ensemble.
_ Hum de quoi tu parles Bella ?
_ Le fait d'avoir des enfants et tout ça.
_ Oui ?
_ Je voulais te dire que j'y avais réfléchis et que je…
_ Tu es d'accord ? S'exclama-t-il fou de joie.
_ Oui… Enfin seulement si toi tu le veux toujours.
_ Je serais bien fou de vous refuser cela future madame Cullen.
_ Très bien alors… Que dirais-tu de commencer les entraînements bébé, maintenant ?
_ J'en dis que je serais tout à fait heureux de m'atteler à cette tâche !
Nous avions fait l'amour durant toute la journée et toute la nuit. Notre amour ne s'était pas évaporé au fil des années, non, loin de là.
Après trois ans de vie commune, j'avais enfin décidé de céder à Edward et de lui offrir cet enfant qu'il voulait tant. Il était pédiatre et travaillait chaque jour aux côtés d'enfants. Il était bien normal qu'il souhaite en avoir lui aussi.
Neuf mois plus tard, Lola et Gabriel naissaient. Nos jumeaux étaient nés le jour de l'anniversaire d'Edward, le 20 juin. Et en ce monde il n'y avait pas plus heureux que lui.
