OS : Merci Larry !

« La mémoire, c'est comme une valise. On met toujours dedans des choses qui ne servent à rien. » Walter Prévost.

La nuit commence à faire son apparition à Seattle. Les rues sont éclairées, les passants se font plus rares. Les restaurants sont remplis, et les bars également. Un lieu reste encore magnifiquement éclairé : l'aéroport. Je sors tout juste de l'avion, en provenance de Miami. J'avais posé une semaine de congés pour pouvoir rendre visite à ma mère, qui vivait en Floride avec son nouveau mari : Phil. Elle m'avait payé le billet, car je n'avais décemment pas les moyens d'y aller. Cela faisait au moins six mois que je ne l'avais pas vue. Elle m'avait réellement manqué. Et me voici dans cet endroit plus qu'éclairé. Les spots, néons et autres installions m'explosent littéralement les yeux.

Plus loin on peut apercevoir le long tapis roulant, où s'entreposent des milliers de valises, de différentes couleurs, de différents gabarits, de différentes marques. Je me suis assise sur une des chaises argentées qui juxtaposent le tapis. De là je pouvais voir arrivée ma valise. Dans le hall il y avait beaucoup de monde, des femmes, seules ou accompagnées, des hommes, et des enfants. Près de moi, se trouve une jeune femme, aux cheveux blonds, le regard fixé sur le nourrisson qu'elle tient dans ses bras, couvert d'un pyjama vert avec un lapin me semble-t-il sur celui-ci. Ses cheveux tombent et forment un rideau, qui semble vouloir les protéger, elle et son bébé, des dangers du monde extérieur. Je souffle. Moi aussi je voudrais un enfant. Mais pour cela il faut trouver le père. Et ça, c'est plus difficile qu'il n'y paraît.

J'avais eu plusieurs aventures ces deux dernières années. Mais très peu constructives. D'abord il y avait eu Mike, un jeune vendeur du Starbucks de la 82ème. Puis James. Et enfin Sam, un amérindien, tout à fait charmant, mais je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas pu m'attacher à lui. Ces trois étaient de très bons amants, mais je ne pouvais pas les envisager en tant que futurs pères de mes enfants ou futurs maris.

La valise qui arrivait, me coupait dans mes pensées. Je l'attrapais avec un peu de difficulté, elle était vraiment lourde. Je trainais alors mon bagage vers la sortie, et hélais un taxi. Une voiture s'arrêta devant moi et le type, à l'embonpoint plus que visible, sortit du véhicule pour mettre mon bagage dans le coffre. Il avait une calvitie plus que naissante, elle avait déjà fait ses ravages sur le crâne luisant de cet homme. Ses yeux étaient petits mais d'un bleu exceptionnel. Son nez, un peu pâteux, bougeait au fur et à mesure qu'il parlait.

_ Il faut demander à la d'moiselle pour ça.

Je comprenais alors qu'il ne me parlait pas à moi. Je me retournais pour voir un homme habillé en costume noir, la chemise blanche au col ouvert. Je tombais alors sur son visage. Des cheveux cuivrés, une barbe naissante, qui devait datée de trois jours environs, et un regard vert émeraude, à en damner un saint. Il eut un sourire en coin, lorsqu'il surprit mon inquisition.

_ Puis-je prendre ce taxi avec vous ?

Oh mon dieu et sa voix ! Ma petite culotte était en train de se faire inonder.

_ Hum, oui.

Félicitation Bella. Plus cruche que ça tu meures. Néanmoins, il me fit un petit sourire et me glissa un « merci » à l'oreille. Mon dieu. Murmure-moi autre chose qu'un merci à l'oreille ! Hurlait ma conscience.

Le taximan, prit alors son bagage, pendant que je m'installais à l'arrière du véhicule. L'homme en costume me rejoint alors. Nous attendions en silence que notre chauffeur arrive. Je pouvais alors mieux observait l'homme qui m'accompagnait. Il était vraiment très beau. Canon même. Un dieu tombé du ciel. C'était ça. Il était tombé de son nuage, en haut du mont Olympe. Ok. J'arrête de comparer cet homme à Apollon.

Il se racla la gorge, comme s'il était gêné de ce silence. Je jetais un regard par la vitre arrière et voyais notre « homme » au téléphone, nous tournant le dos.

_ C'est un drôle de bonhomme à qui nous avons affaire. Vous ne trouvez pas ?

_ Oui.

Le silence retomba alors. Je ne savais pas quoi lui dire. Me prenait-il pour une idiote finie ? Il n'y avait aucun doute là-dessus. L'homme arriva et s'assit fracas derrière son volant.

_ Salut moi c'est Larry. Où est-ce que je vous emmène.

_ Emmenez d'abord la demoiselle, après tout elle accepte de partager son taxi, je peux lui laisser le choix de la destination.

_ A l'angle de la 15 ème avenue et de la 45 ème rue.

_ C'est près de l'université ça ? demanda Larry.

_ Oui tout à fait. Pourquoi ?

_ Non pour rien.

_ Et vous monsieur ?

_ Emmenez moi là-bas aussi. Ce sera très bien.

_ Bien. Attachez vos ceintures.

Là j'étais légèrement effrayé. Cet homme montait dans le même taxi que moi, descendait au même endroit. Tout ça était très louche. Peut être était-il un bandit ? Un violeur ? Un tueur en série ? Un portable sonna, un doux morceau de piano. L'homme en costard décrocha. Mon regard se porta alors sur le tableau de bord de notre cher ami Larry. Il y avait accroché au rétroviseur central, une tahitienne qui dansait. Un peu plus loin une pomme de pain était bloquée contre la vitre du siège passager. Des stickers étaient collés sur le devant de la vitre. On pouvait voir un autocollant de la ville de Seattle, mais il y en avait trois autres, un de Las Vegas, un autre de Los Angeles, et un dernier de Houston. Une couverture rouge et noire était posée sur le siège avant.

_ Oui Alice. Je sais. Bon j'arrive. Oui. Tu habites bien près de l'université ? Et bien c'est comme si c'était fait.

Il raccrocha en pestant.

_ Excusez moi. Ma sœur… dit-il en soufflant.

_ Ça ne fait rien.

_ Vous avez des frères et sœurs ?

_ Non. Je suis fille unique.

_ Et bien vous en avez de la chance. Ma sœur est un véritable enfer.

Je ne répondais rien. Après tout, qui étais-je pour critiquer sa vie, ou ses paroles ? Si on m'avait posé la question, oui j'aurais aimé avoir un frère ou une sœur. Avoir quelqu'un à qui parler, avec qui blaguer, ou avec qui faire les bêtises. Au lieu de ça, ma mère était partie lorsque j'avais à peine deux ans. Nous laissant seuls mon père et moi, à Forks, petite bourgade insignifiante et pluvieuse. Je ne manquais pas d'amour, non, mon père m'offrait tout ce qu'il avait à m'offrir. Sa présence et bien plus encore.

Nous arrivions en bas de mon bâtiment et Larry descendit de son taxi pour me donner mon bagage. Je l'attrapais vite fait et le remercier. Je lui payer la course, dix dollars et ne demandait pas mon reste. Je partis alors.

_ Mademoiselle, laissez moi vous payer la course.

_ Non pas la peine. Je ne veux rien devoir à personne.

_ Mais…

_ Au revoir !

Je partais alors, trainant comme je le pouvais ma valise. C'est bizarre mais elle avait l'air plus légère que tout à l'heure. Sûrement juste une impression. Je quittais alors le bitume pour me retrouver sur le trottoir me menant vers mon immeuble. Il y avait quelques marches à monter avant de trouver la porte. La façade était grise souris, les bas des fenêtres étaient censés être blancs, mais il était évident que personne n'avait réellement lavé les murs ou repeint quoique ce soit, depuis maintenant un certain temps.

Dans le hall, tout transpirait la vieillerie, les appliques des couloirs, n'étaient plus fixés, et tombaient en ruines, les fils électriques, sortaient des prises murales. Les Escaliers grinçaient. Les portes étaient tellement vieilles que le vernis s'écaillait. Pourquoi je vivais ici ? La raison était pour moi, plus qu'évidente : le prix du loyer. Je ne payais pas bien cher cet appartement. Il était petit, vieillot mais je n'avais pas assez d'argent pour me payer quelque chose de mieux. Pour l'instant.

Mes clés étaient au fond d'une de mes poches de blouson, je les attrapais et ouvrait la porte de mon logis. C'était un appartement modeste, comportant, une grande pièce à vivre, pas si grande que ça si on regarde bien, une kitchenette et une salle de bain. Un studio en somme. Mon lit, était un vieux convertible usés, dont la house de protection commençait à rendre l'âme. Ma télévision était un petit poste, avec seulement 4 chaînes de disponibles. J'avais un téléphone, un portable, mon seul excès depuis bien longtemps. Je payais un abonnement par mois de vingt cinq dollars. Je n'avais pas internet, cela coûte trop cher, à la place je pouvais trouver de temps un magazine dans le métro, laissé à l'abandon, alors je le ramassais et l'emportais avec moi à la maison. Je n'avais que quelques livres, posés sur des étagères fixés aux murs. Orgueil et Préjugés de Jane Austen, dont la couverture est jaunie et les bout plus que cornés. Celui d'Emily Brontë n'était pas dans un meilleur état, les hauts de Hurlevent. J'avais également un exemplaire d'Hamlet et de Roméo et Juliette. Puis deux ou trois romans qu'un libraire m'avait donné, car personne n'en voulait.

Mon père Charlie n'était pas très riche, c'est pourquoi je n'osais rien lui dire, quand à la précarité de ma situation. Je n'avais que très peu d'argent, mon salaire de serveuse au bar de Sam ne suffisait pas pour tout payer, alors j'avais pris un job en plus, pour mettre du beurre dans les épinards comme on dit. J'avais fait un an à l'université de Seattle, ce pourquoi je me trouvais dans cette ville, mais faute d'argent, j'avais dû y renoncer. Je travaillais à présent pour un petit hebdomadaire, je rédigeais chaque semaine un petit article, traitant de tout et n'importe quoi. Je n'avais pas vraiment d'axe. Mais ils me payaient assez bien.

Je rentrais alors chez moi, posais ma valise sur mon lit de fortune, avant de me diriger vers mon réfrigérateur. Il y avait un restant de salade verte, deux tomates, trois yaourts, et un bout de fromage restant. Bref je n'avais presque rien. Je regardais dans mon placard juste à côté. Petits poids, haricots verts bon marché, maïs en boîte, et à la surprise générale un paquet de biscuit neuf. Je hais ma vie !

J'attrapais alors le reste de salade de mon frigo, les deux tomates et la boîte de maïs. Je préparais ma sauce de salade et partais m'assoir sur une chaise en paille, à table, avec ce qui serait mon repas ce soir. La lueur de la lumière au-dessus de ma tête vacillait. D'un moment à l'autre elle allait griller. Je soupirais. Encore un achat à faire. Une fois que j'eu fini de manger, je me dirigeais vers ma valise dans l'espoir de ranger mes affaires dans l'armoire que j'avais chiné sur une brocante.

Je tirais le zip de la fermeture éclair, et ouvrit ma valise. Oh merde ! Face à moi, se trouvait des sous-vêtements masculins, un pantalon d'homme, deux chemises d'hommes, des paires de chaussettes, et un polo blanc d'une marque très connue.

On a échangé nos valises.

Je commençais à pester. Pourquoi cela m'arrive à moi ? N'ais-je pas assez de soucis comme ça ? Et bien il semblerait que non, puisque je me retrouve encore dans une situation plus que grotesque.

Je fouillais dans la valise en cherchant un numéro de téléphone, ou une adresse qui pourrait me donner le nom de la personne, une indication pour rendre sa valise à cet homme, et qu'il me rende la mienne. Rien. Que dalle. Nada !

Je reposais violement la tête contre le dossier du canapé. Putin ! Un regard vers mon réveil m'indiqua qu'il était vingt-trois heures et quarante cinq minutes. Il ne m'appellerait pas maintenant… Je poussais alors la valise et la mettais par terre. Tu m'étonnes qu'elle me paraissait moins lourde. Mais y'avait de quoi !

Je dépliais mon canapé, et glissais dans les draps que je n'avais pas enlevés avant mon départ. On verra tout ça demain. Je suis fatiguée. Une bonne nuit de sommeil et je verrais déjà plus clair.

Dehors, la nuit était enfin arrivée, triste et légère la lune formait un drôle de croissant, plus à l'envers qu'à l'ordinaire. Les nuages avaient disparu, il ne restait plus qu'une infinité d'étoiles, plus scintillantes les unes que les autres. Une légère brune les cachait par endroits. Mais rien n'enlever la beauté de ce spectacle.

Le lendemain me paraissait bien terne. Le ciel était gris, nuageux. Le soleil était parti, il avait pris ses valises et avait filé dans les coins les plus beaux de la planète. En parlant de valise, j'espérais sincèrement que l'homme du taxi, allait m'appeler. Je restais dans mon appartement, je ne travaillais pas cette semaine. Sam et Emily avait pris un congé et étaient partis voir les parents de cette dernière. Je descendais alors faire quelques courses, je prenais mon sac à main, rapiécé à plusieurs endroits, et prenais mon portable au cas où.

L'épicerie n'était pas très loin, je n'avais que quelques pas à faire. Je longeais les rayons à la recherche du bonheur nutritif. Je prenais un paquet de pâte, le moins cher, ainsi que trois tomates, cela ferait l'affaire. J'achetais des œufs, ainsi que du jambon et du fromage. Pas les moyens de faire des excentricités. Je payais le tout et repartais chez moi. Bien sûr, l'épicier, Riley, m'avait glissé, comme à son habitude, un petit quelque chose. Riley avait été le premier à m'aider lorsque j'avais été réellement dans le besoin. Mais je me rebiffais souvent contre lui, je n'avais pas besoin d'être traitée comme un petit oiseau fragile. J'avais beaucoup de force morale et de caractère.

Je rentrais chez moi, et rangeais mes achats. Mon téléphone n'avait pas encore sonné. Je commençais à m'inquiéter. Ne voulait-il pas retrouver ses affaires ? Moi si en tout cas. Les minutes s'écoulaient et je commençais à haïr.

Didier Van Cauwelaert a dit : « Les heures de bonheur, on les a pour la vie, mais les heures perdues ne se rattrapent jamais ». Où sont-elles maintenant mes heures de bonheur ? Elles sont parties. Emportant avec elles un flot de souvenir, emportant la magie de la vie. J'avais perdu beaucoup d'heures à l'attendre. Et si il n'avait pas trouvé mon numéro dans cette valise, si je n'avais rien laissé indiquant où j'habitais. Cela expliquerait peut être le fait qu'il ne soit pas encore là. Assise dans ce canapé, où je m'enfonçais plus que de nécessaire, je repartais dans mes pensées. Elles m'emmenaient toujours vers des destinations inconnues, sur des îles désertes, entre plage de sable fin, et palmier, je pouvais nager avec les dauphins. Mais le rêve s'évanouit. Je suis à Seattle, mon téléphone sonne. QUOI ? Mon téléphone sonne ! Je me hâte vers ce dernier, manquant de tomber à plusieurs reprises.

_ Allô ? Répondis-je tout essoufflé.

_ Oui. Hum, je suis Edward Cullen. Nous avons échangé nos valises.

_ Oui, oui bien sûr. J'attendais un coup de fil de votre part.

_ J'ai trouvé votre carnet d'adresse au fond de la valise avec votre numéro. Une chance pour nous. Où puis-je vous restituer votre bien ?

Ok… Il parle vraiment trop bien ce type là. Sale riche va !

_ Vous voyez où le taxi c'est arrêté ?

_ Oui.

_ Et bien j'habite dans l'immeuble avec un 93 écrit en haut de la porte. Je suis dans l'appartement 2B.

_ Très bien. Je peux passer vers 16 heures ? J'ai un rendez-vous très important que je ne peux louper.

_ Oui c'est très bien.

_ Merci beaucoup. A tout à l'heure.

Avant que j'aie pu rajouter quoique ce soit, il avait raccroché. Curieux ce type. Vraiment. Je me mis alors, à le revoir, fière dans un costume noir, très chic. Il devait sûrement être très important. Et si je fouillais dans sa valise ? Non ça ne se fait pas. Oh allez, juste un coup d'œil. J'étais tentée. Après tout, ça ne fera de mal à personne. N'est-ce pas ?

J'ouvrais la valise. Je passais outre ses sous-vêtements et ses autres affaires. Je trouvais un petit carnet avec des photos aux bords blancs collées. Une petite pochette dépassait d'une poche intérieure. Encore des photos. Etait-il photographe ? Des femmes étaient prises en photo, des paysages, des couchers de soleil, des arbres. Un toboggan jaune et rouge. Un ciel remplit de nuage. Une plage. Une femme aux cheveux hérissés était présente souvent sur ses photos. Sa petite amie ? Sa sœur ? Un modèle ? Plus loin on pouvait voir un chien. Un chat. Un poisson rouge dans un bocal. Un lion même qui se faisait les dents sur les barreaux de sa cage. Des fleurs également. Des rouges, des jaunes, des blanches, des violettes et même des bleues. La lumière sur ces photos y était magnifique. Il avait tout simplement un don. Un don inouï.

Seize arriva plus vite que je ne l'aurais pensée. Je n'avais mangé qu'un yaourt ce midi. Je n'avais pas très faim. La porte frémit sous un frappement léger. Je m'empresse d'aller ouvrir. Il est là, face à moi, de larges cernes sous les yeux. La légère barbe de trois jours s'est intensifiée. Ses cheveux sont en bataille et il me regarde étrangement.

_ Je…Bonjour… Je vous ramène ça, il me semble que cela vous appartient.

_ Merci. Entrez, je vais vous donner la vôtre.

Il rentre dans mon petit appartement et regarde ce qu'il l'entoure. J'ai soudainement honte. Il ne doit pas habiter dans ce genre d'endroit lui. Foutu Riche !

Ma valise était encore dans ses mains, la sienne, dans les miennes. J'esquissais un pas vers lui, et lui tendait la sienne. Le silence était encore pesant.

_ Merci beaucoup euh…

_ Bella.

_ Edward. Dit-il en avançant sa main vers moi.

Je lui serrais brièvement, et lui rendait son bagage. Il déposa la mienne, par terre.

_ Je crois que…je vais y aller. Encore merci.

_ D'accord. Merci à vous.

Il hocha la tête dans ma direction et partis sans rien ajouter. Après tout qu'est-ce que j'attendais de lui ? Rien. Absolument rien. Il est venu me rapporter ma valise. Point final. Je récupérais mon sac et ouvrais ma vieille armoire. Je rangeais méticuleusement tous mes vêtements. Je trouvais bien au fond, mon carnet d'adresse, qui me servait aussi de défouloir sentimental. J'écrivais tout et n'importe quoi dedans. Je l'ouvrais et tombais sur une photo aux bords blancs. Comme celles que j'avais trouvées dans le sac de cet homme aux yeux envoûtants.

Sur la photo une valise, la mienne, y était centrée. Je tournais la photo en souriant et remarquait une inscription. En souvenir de cet échange. Edward Cullen 555-428-137.

Je lâchais la photo. Impossible. Il me donnait son numéro de téléphone ? Mais qui était ce type ? Un maniaque sexuel ? Un fou sorti d'un hôpital psychiatrique ? Un photographe en manque de reconnaissance ? Pourquoi me donnait-il ça ? Aucune idée…

J'attrapais la photo et trouvais un aimant, de libre sur mon frigidaire, et y coinçait la photo. Qui es-tu mystérieux Edward Cullen ?

Comme tous les mercredis, j'allais rendre visite à Madame Dickinson, une petite grand-mère que j'avais rencontré peu de temps après la rentrée universitaire. Elle était perdue sur le campus, et recherchait son petit fils Mike. Malheureusement, elle n'avait pas de petit fils. Elle n'avait plus personne depuis la mort de son mari Gareth. Ah son Gareth. Chaque fois que je venais la voir, elle radotait et me raconter une énième fois, comment s'était déroulée leur rencontre. Ou bien tous les cadeaux qu'il lui avait faits. Une maladie avait été décelée chez elle : Alzheimer. Il était très étrange de la voir faire, elle me reconnaissait chaque fois, mais oublié mon prénom à chacun de mes passages. Personne ne venait lui rendre visite. A part moi. J'étais la seule à m'inquiéter de sa santé. Elle n'avait jamais eu d'enfant. Son mari ne pouvait pas lui en donner.

Chaque fois que je venais, elle me présentait aux autres pensionnaires de la maison de retraite, comme sa petite fille. Les infirmières me regardaient en souriant. La pauvre femme perd la tête, elle en a du courage pour s'en occuper ainsi, cette petite, avait dit l'une d'entre elle une fois. Madame Dickinson était une personne formidable. Je l'avais tout de suite appréciée. Elle était très gentille malgré sa maladie.

J'avançais dans les longs couloirs orange de la bâtisse, connaissant par cœur le chemin, qui me mènerait à cette petite femme, d'un mètre soixante, aux cheveux blancs, toujours attachés en un chignon serré. Elle portait toujours des robes et des chaussures à talons. Elle me disait que lorsqu'elle était jeune, son mari, l'attendait durant des heures, qu'elle daigne enfin sortir de la salle de bain. Elle voulait toujours se faire coquette pour lui. J'admirais cet amour qui n'avait jamais faibli au fil des années.

Je tombais alors sur sa porte. Grande ouverte. Les fenêtres ouvertes. Les draps soigneusement enlevés. La pièce immaculée, avait été vidée. Il n'y avait plus la photo de son mari sur la table de nuit, plus sa trousse à maquillage, en écaille de crocodiles. Il n'y avait plus rien. Seul le vide avait fait la place. La salle de bain était ouverte. Tout avait disparu. Madame Dickinson aussi. Je courrais partout, affolée. Mais où était-elle ? J'arrivais comme une folle à l'accueil. Et les mots tombèrent sur moi, comme une pierre que l'on jette. Elle était morte cette nuit. Je m'écroulais à terre. Ma seule famille ici, venait de disparaitre, me montrant encore une fois que rien n'était vraiment acquis. Les pleurs roulaient sur mes joues. Les autres pensionnaires me regardaient avec peine. Jamais plus je ne reverrais Kate. Plus jamais. Son visage souriant m'apparu derrière mes paupières.

_ On m'a appelé que s'est-il passé avec ma tante ?

Je reconnaissais cette voix. Celle de cet homme qui était venu chez moi, quelques jours auparavant. Une histoire de valise. Je m'en fichais comme de ma première chemise. Tout ce que je ressentais en moi était ce vide que personne ne pouvait combler. Une infirmière me souleva. Elle me donna un verre d'eau. Je pouvais voir les prunelles d'Edward Cullen, braquées sur moi. Mais que me voulait-il à la fin ?

_ Tout va bien mademoiselle ?

C'était quoi cette question ? Je secouais la tête. Impossible de m'arrêter. Les sanglots secouaient mon corps. On m'apporta une chaise. Mais je ne pouvais empêcher les réactions de mon corps. Les secousses qui emportaient mon chagrin. J'avais du mal à respirer. Quelqu'un s'accroupit face à moi, et je fermais les yeux. Une main caressa ma joue. Ce toucher était chaud, doux. Une légère odeur d'un parfum d'homme arriva jusqu'à mes narines.

_ Bella tout vas bien. Calmez-vous s'il vous plaît.

J'ouvris les yeux pour tomber sur ceux, d'un vert étourdissant, de mon inconnu. Plus si inconnu que ça…

_ Pourquoi êtes-vous là ? demanda une infirmière à Edward.

_ Kate Dickinson était ma tante. J'ai appris son décès. J'ai accourus dès que j'ai pu.

_ Le notaire vous attend dans le bureau de la directrice.

_ Venez Bella.

Il m'aida à me lever et m'emmena avec lui. Je ne comprenais pas pourquoi. C'était sa famille de sang. Moi je n'étais rien. La porte d'un bureau s'ouvrit, laissant apercevoir un homme moustachu, et une femme très grande et très mince. Elle portait des petites lunettes rectangulaires, remontées sur son nez crochu et fin.

_ Je suis Maître Gerandy, notaire.

_ Enchanté monsieur. Edward Cullen et je vous présente Bella Swan.

Je lui lançais un regard. Comment savait-il mon nom de famille ? Il ne me regardait pas. Il discutait avec le notaire. La femme devant nous, me scrutait avec ses petits yeux. Elle me faisait presque peur.

_ Asseyez-vous je vous en pris !

Nous nous mettions chacun sur une chaise. Il prit un papier entre ses mains et nous regarda alternativement.

_ Il y a deux personnes nommées sur son testament. Mademoiselle Swan et vous monsieur Cullen.

_ Moi ? Demandais-je étonnée.

Mes larmes avaient séché sur mon visage. Je regardais maintenant mon interlocuteur.

_ Oui vous. Madame Dickinson a préparé son testament après votre rencontre, me semble-t-il. Elle vous aimait beaucoup. Monsieur Cullen, il est inscrit ici que vous êtes le fils du docteur Carlisle Cullen et d'Esmée Cullen, votre grand-mère Elizabeth Masen née Platt était la sœur de madame Kate Dickinson née Platt. Est-ce bien le cas ?

_ Oui.

_ Il est inscrit que vous avez une sœur Alice Brandon, adoptée lorsqu'elle avait quatre ans, par vos parents.

_ Oui c'est exact.

_ Votre tante vous a légué à vous seul sa fortune, laissée par son mari après sa mort.

_ Mais c'est impossible.

_ Vous voulez vérifier ?

Maître Gerandy tendit la feuille à Edward.

_ Mais il est inscrit ici, que mademoiselle Swan a le droit a une somme de mille cinq cents dollars ainsi qu'à un médaillon.

Il sortit de sa mallette en cuir un médaillon en or, en forme circulaire, blanc avec des roses dessus, sur un seul côté. Tout le reste, y comprit la chaîne, était en or. Il me tendait l'objet. Je l'attrapais curieuse. Comment se faisait-il qu'elle m'avait mentionné dans son testament ?

_ Je vous demanderais donc une petite signature ici. Et vous pourrez repartir. Je vous donne encore une fois toutes mes condoléances.

Nous prenions congés. Nous partions Edward et moi. Ensemble. Cela me paraissait dingue. Pourquoi cherchait-on à le mettre absolument sur ma route.

_ Bella…

Je me retournais surprise vers lui. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me parle. Pas après tout ça.

_ Que diriez-vous de prendre un café…avec moi ?

_ Vous voulez dire qu'après tout ça vous voulez boire un café ?

_ Oui. J'aimerais que nous parlions de ma tante. Je ne sais pas avec qui en parler. Vous avez l'air de bien l'avoir connue. Je me disais que… Oubliez. C'était une idée foireuse.

Il commençait à partir, en continuant son monologue.

_ Attendez ! Je veux bien.

_ Quoi ?

_ Je veux bien prendre un café avec vous. Mais avant il faudrait que je me rafraichisse un peu. Je dois être dans un piteux état.

_ Je vous rassure. Vous êtes encore magnifique.

Je rougis face à ses mots.

_ Allons y dans ce cas-là…

Une quinzaine de jours étaient passés. Edward et moi nous étions rendus ensemble à l'enterrement de Kate. Je portais autour de mon cou, le médaillon qu'elle m'avait légué. Après notre café bus ensemble Edward avait voulu devenir mon ami. Mais je n'avais rien répondu. Préférant oublier ce qu'il venait de dire. Il avait de l'argent, et c'était quelque chose qui me gênait. Nous n'étions pas du même monde. Lui semblait s'en foutre comme de l'an 40. Mais j'accordais une certaine importance à ce détail. Il voulait déjà tout me payer. Le café. Puis les roses pour l'enterrement. Je savais à présent que lui montrer où je vivais la première fois était une erreur.

J'avais rencontrée sa sœur : Alice. Elle semblait très gentille. Il m'avait appris, qu'elle était styliste. Son père était un éminent chirurgien et sa mère était décoratrice d'intérieur. Une famille plus qu'aisée. Lui, était bien photographe. Il possédait un atelier en ville. Il m'avait proposé de passer, lorsque je le souhaitais. Je n'avais même pas osé aller dans ce quartier. Voilà maintenant plus d'une quinzaine de jour où je n'avais pas eu de ses nouvelles. Tout simplement parce que j'avais coupé moi-même les ponts.

A vingt deux heures trente je finissais enfin mon travail au bar de Sam et Emily. Le chemin se faisait rapidement. J'avais mal aux pieds. Je ne rêvais que de regagner rapidement mon lit, même de fortune. Je n'avais pas touché à l'argent de Kate. Je payais mes dettes, avec mon salaire du bar. Le journal m'avait licencié. Ils avaient trouvés quelqu'un de plus qualifiés m'avaient-ils dit… J'étais dans une merde noire. Sam, avait compris ma détresse financière. Je ne pouvais même plus me nourrir comme il le fallait. Mes placards étaient complètement vides. Il n'y avait que la poussière sur les étagères qui me tenait compagnie. Il me donnait alors quelques fonds de casseroles des plats du jour qu'il servait le midi.

J'attrapais mes clés, et ouvrait ma serrure. Lorsque j'ouvris ma porte je laissais tout tomber. Mon appartement vide. Plus un meuble. La télé. Disparue. Le canapé. Disparu. La table et les chaises. Disparus. Tout m'avait été enlevé. Il ne restait que mes livres et posée sur le comptoir de ma kitchenette la photo d'Edward. Mes vêtements étaient déposés dans un carton. Il n'y avait plus mon armoire. Plus rien. Collé près de la fenêtre, le mot de l'huissier.

Je m'attrapais les cheveux et m'écroulais par terre. Putin ! Je n'aurais donc jamais la paix ? Je n'avais plus aucune solution. Il ne me restait que le médaillon de madame Dickinson. Je l'attrapais dans ma main et entourait la fine chaine autour de mon doigt. Il n'y aura jamais de lumière qui viendra égayer ma vie. Elle restera toujours noire. Comme une nuit sans lune. Des pas se font entendre dans mon couloir. J'ai oublié de fermer ma porte. On toque doucement contre cette dernière. Deux jambes entrent dans mon champ de vision. Je lève alors la tête et tombe sur le visage d'Edward. Putin décidément.

_ Salut.

_ Salut.

Il regarda, comme la première fois, mon appartement.

_ Tu as vu j'ai décidé de faire un grand ménage de printemps, lançais-je ironiquement.

_ Je vois ça. Bella, je voudrais t'aider.

_ M'aider ?

J'explosais de rire. Ce qui eut le don de l'énerver.

_ Oui. Pourquoi n'acceptes-tu pas que l'on puisse vouloir t'aider ? Pourquoi bordel ?

_ Parce que je ne veux être redevable à personne. Tu m'entends ? A personne !

_ Mais Bella, je veux juste t'aider. T'aider. Je ne supporte pas de te voir ainsi. Obligée de trimer pour t'en sortir.

_ Ah. Tu veux m'aider ? Et bien mêle toi de tes affaires !

_ Bella, je ne supporte pas cette situation. Je veux juste t'aider. Tu ne seras rien obliger de me rendre. Juste donne toi une chance.

_ Mais tu es bouché ou quoi ?

Je me levais excédée. Je ne voulais pas qu'on se mêle de ma vie. Et c'est ce qu'il était en train de faire.

_ Je te laisse ma carte. Peut être que lorsque tu seras moins bornée, tu accepteras la solution de facilité.

_ Comme tu le dis si bien, c'est une solution de facilité. Je peux me débrouiller seule.

_ En travaillant comme une folle dans un bar, pour un salaire minable ? Tu mérites mieux que ça Bella. Tu mérite mieux que cette vie là.

Il quitta mon appartement le visage rouge, en claquant sa porte. Je savais que je l'avais blessé en refusant tout en bloque. Mais je ne pouvais pas supporter qu'on ait pitié de moi. J'allais me débrouiller. Tant pis. J'utiliserais l'argent de Kate. Peut être que j'aurais un sursis pour payer. Peut être… me nargua ma conscience. Accepte la proposition d'Edward… Non ! Il n'en était pas question…

Je me hâtais vers le comptoir où il avait laissé sa carte. Que faire. Accepter ou Refuser ?

Je n'avais tenue qu'une semaine. La faim, me tenaillait. Je décidais alors d'aller voir son atelier. L'atelier avait les murs blancs et noirs. Des photos en noirs et blancs étaient placées un peu partout. D'autres, sur un mur rouge, étaient en couleurs. Le carillon de la porte le fit sortir d'une pièce. Il parut surpris en me voyant.

_ Tu t'es finalement décidée ?

_ Ne commence pas sinon je m'en vais.

_ Excuse moi. Allez suis moi.

Je le suivais derrière. Il y avait une autre grande pièce, un drap noir accroché. Des accessoires posés dans un coin de la pièce. Un porte-manteau tout en longueur, près d'une coiffeuse, avec miroir, produits de beautés.

_ Tu vas aller t'installer sur la chaise devant le miroir. Je reviens. Je vais chercher mon matériel.

Je fis ce qu'il me dit. Et attendait patiemment qu'il revienne. Il était chargé. Deux appareils photo. Un trépied et des objectifs.

Il avança vers le porte manteau et me donna un pull noir.

_ Tu vas tout retirer. Tu reste pieds nus. Tu retires juste ton soutien-gorge. Tu gardes ta culotte. Tu m'appelle lorsque tu as fini.

J'étais rouge de gêne. Ok. Je serais quasi nue, face à son objectif. Je me hâtais de me déshabiller. Ne pas oubliez mon objectifs à moi : gagner de l'argent pour payer mes dettes.

_ Hum. Tu peux revenir Edward.

Il arriva alors quelques secondes après. Il m'emmena vers son drap noir. Me positionna et alla chercher son appareil photo. Il prit une quantité assez importante de photographies. Je jouais avec mes cheveux, mes cuisses se dénudaient un peu plus à chaque fois. Mais je n'avais pas peur. Ici j'avais l'impression d'être une autre personne.

Une heure plus tard j'étais habillée, et je regardais avec Edward les photos qu'il avait prises. Elles étaient magnifiques. Je ne me reconnaissais même pas. Il me souriait à chaque fois. Puis à la fin de la séance, il me tendit une enveloppe en papier kraft. Je la prenais et la glissais dans mon sac. Il me fit un sourire avant que je ne parte et déposa ses lèvres sur ma joue. Je sortais précipitamment de son atelier, comme si le diable était à mes trousses.

Le mois s'était écoulé. Avec l'argent d'Edward j'avais pu tout payer. J'avais changé d'appartement, j'habitais dans un petit appartement plus propre, je m'étais même achetée un lit avec l'argent de Kate combinée à celui d'Edward. Je ne l'avais presque pas revu. Il m'avait laissé un message la veille, pour m'annoncer qu'il organisait une exposition à son atelier, et il m'invitait là-bas.

Je ne savais plus ce que je ressentais pour lui. Lorsque je fermais les yeux, je revoyais sans arrêt son sourire, ses yeux, ses mains. Tout son être me manquait. Mais j'avais peur de ressentir plus que de l'amitié. Durant tout ce mois, je ne comptais plus le nombre de nuit où je rêvais de lui dans des positions, pas vraiment catholique. Parfois il me prenait par derrière, d'autres j'étais attachée aux barreaux du lit, parfois il me faisait un bien énorme avec sa bouche, parfois… Mais le fantasme est traître. Je me réveillais toujours dans un état second, devant moi-même me soulager. Pourquoi je devais ressentir ce désir pour lui ? Que faire ?

Le soir même, je ne savais pas si j'allais venir à son atelier. Le voir provoquerait encore cette douce chaleur à mon entrejambe. Rien que d'y penser, j'étais déjà toute chose. Une part de moi, voulait qu'en même le revoir. Lui dans un costume, dans toute sa gloire. Aux milieux de ses meilleurs œuvres.

Finalement je me trouvais devant son atelier. Je m'étais décidée à y aller. J'avais troqué mon vieux jeans complètement usé pour une robe noire, avec des ballerines noires également. Il y avait beaucoup de monde dans la petite pièce. J'entrais et repérais rapidement la tignasse cuivrée d'Edward. Celle que je prenais plaisir à torturer lors de mes moments d'égarement la nuit.

_ Tu dois être Bella ? Edward m'a beaucoup parlé de toi.

Une petite brune était devant moi. Le sourire bienveillant et les yeux pétillants. Alice.

_ Je suis bien Bella. Nous nous sommes déjà vu.

_ A l'enterrement de Kate, c'est vrai. Tu es venue pour l'expo ? Viens on va aller trouver Edward.

_ Euh, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.

_ Bien sûre que si. Allez viens.

Elle me fit une petite moue tout à fait adorable. Impossible de résister. Elle me prit par la main et se faufilait entre chaque personne en criant « Pardon, Pardon ! ». Nous arrivions bien vite devant Edward qui riait avec une blonde, à la robe plus que courte, et aux talons vertigineux.

_ Edwaaaard ! Regarde qui j'ai trouvé !

Il se tourna alors vers moi et son visage se figea. Finalement ce n'était pas une si bonne idée que ça d'être venue le voir. Je savais que je le regretterais. Sous son regard je m'éclipsais. Qu'est-ce que je pouvais bien espérer en venant ici ? Rien. Absolument rien. Nous n'étions pas du même monde. Comment avais-je pu croire qu'il pourrait ressentir quelque chose pour moi.

Je regagnais presque en courant mon appartement. Je claquais la porte de chez moi. Et allais m'écrouler sur mon lit. Les larmes coulant trop rapidement sur mes joues.

_ Putin mais pourquoi je suis si conne !

Les battements de mon cœur me faisaient mal. Ils cognaient dans tout mon corps. Frappant mes tempes avec.

_ Ne pleure pas à cause de moi.

Je me figeais en entendant cette voix. Je me relevais sèchement.

_ Qu'est-ce que tu fais ici ? Crachais-je.

_ Je suis venu te parler.

_ Casses toi de chez moi.

_ Je suis désolé de ce qu'il vient de se passer. Je…Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes. J'étais complètement sous le choc. Bella…

Il s'approchait de plus en plus de moi. Je sentais alors que mon corps commençait à fléchir. Mes sentiments je les recevais en pleine figure. Il posa sa main contre ma joue, caressant de son index cette dernière. Avec son autre main, il attrapa la mienne. Posant son front contre le mien. Je me sentais paisible en cet instant. Que cherchait-il à faire ? Je relevais alors la tête et essayais de retrouver ses yeux. Son regard si envoûtant. Il me regarda et je vis ses deux émeraudes, briller d'une leur étrange.

Sans crier gare, ses lèvres s'écrasèrent sur ma bouche. Sa main passa de ma joue à ma nuque, me rapprochant encore un peu plus de lui. Je sentais sa langue pousser contre mes lèvres. J'ouvrais lentement ma bouche et sa langue vint trouver la mienne, dans un long ballet langoureux. Mes mains glissèrent sous sa veste. Caressant sa chemise blanche, sous mes doigts. Son cœur battait rapidement sous ma main.

Je retirais avec précaution sa veste, tandis que sa bouche continuait à embrasser la mienne. Je jetais sa veste sur le lit derrière moi. Je caressais ses épaules de mes mains, et Edward me poussait légèrement vers le lit. Je butais contre ce dernier. Edward lâcha mes lèvres, pour explorer mon cou, me faisant gémir encore et encore. Il m'allongea avec délicatesse sur le lit.

Ses mains trouvèrent mes cuisses et mes hanches allèrent d'elles mêmes cogner contre l'envie d'Edward. Mes mains s'accrochaient aux barreaux du lit, lorsqu'il eut la brillante idée de retrousser ma robe, et d'embrasser l'intérieur de mes cuisses. Le feu grandissait en moi. De plus en plus. Je relâchais les barreaux et allait retirer les boutons de sa chemise.

Edward ne cessait pas de me regarder. Les yeux verts, coulant de désir. Il défit ma robe et l'envoya valser à travers la pièce. Il ne me restait plus que mon ensemble en dentelle, noir. Je retirais tant bien que mal sa chemise et il se dépêcha de retirer ses chaussures et ses chaussettes. Je défaisais alors la boucle de sa ceinture et ses hanches cognaient contre les miennes.

Nous gémissions de bonheur. Son pantalon rejoint bientôt le reste de nos affaires à terre. Il ne restait plus que son boxer, déformé par une bosse énorme. Il emmena sa bouche contre la mienne, avant de venir téter mon sein à travers mon vêtement.

_ Hum Edward !

_ Patience ma douce !

Putin si j'ai bien un défaut c'est le fait d'être impatiente !

Je glissais mes mains dans ses cheveux, j'en avais tellement rêvé ces derniers temps. Ils étaient doux, soyeux. Et… Oh putin ! Il venait de glisser deux doigts en moi. Ils glissaient tellement bien. Son pouce trouvait rapidement mon clitoris. Je couinais contre lui, gémissais son prénom. Il était obligé de me maintenir les jambes, tellement j'étais impatiente.

_ Edward !

Il retira ses doigts de ma culotte et l'arrache, en grognant. Je criais surprise. Il retirait rapidement mon soutien-gorge, et sans plus de cérémonie me pénétra rapidement. C'était doux et lent. Tantôt rapide et brutal. Mais le plaisir y était. Tout en moi crépitait. Le feu entre mes jambes ne s'apaisait pas, bien au contraire. Il grandissait de seconde en seconde.

_ Edwaaard !

_ Bellaaaa !

Il continuait ses va-et-vient, allant toujours plus loin en moi. Nos peaux, claquaient l'une contre l'autre. Dans la chambre, nos bruits de respirations de gémissement et le mouvement de notre activité retentissaient. La lumière de ma table de chevet était allumée. La lune nous regardait. Edward était en sueur. Sa mâchoire était contractée. Il n'avait jamais été aussi beau. Il glissa sa main entre nous et cajola mon petit bouton de plaisir.

_ Je vais… Edwaaaaaaaard !

_ Bellaaaaaa !

Il se rependit en moi avant de s'écrouler à mes côtés. J'éteignais la lampe. D'un geste distrait, je dessinais des arabesques sur son torse. La lumière de la lune, rendait Edward encore plus beau. Ses cheveux étaient en batailles. Il avait un sourire bloqué sur son visage. Et sa main, câlinait ma hanche. Je reposais ma tête contre son épaule. Il m'embrassait le front. Je m'écartais de son corps pour remonter la couette sur nous.

Aucun son ne sortait de nos bouches. Regrettait-il ? Il regardait sans arrêt par la fenêtre. Je sentis quelque chose me tomber dans l'estomac, et ma gorge était nouée. Je me détachais de lui et me tournais sur le flanc. Il se retourna lui aussi et me prit dans ses bras. Je ne savais pas si je devais être heureuse ou inquiète. Je m'endormais rapidement, épuisée de toutes ses émotions.

Six ans plus tard :

J'attrapais les assiettes et les couverts et allais installer la table dans le jardin. Mon mari ne tarderait pas à arriver maintenant. Les enfants jouaient dans le jardin. Ils se poursuivaient avec des pistolets à eau. La porte claqua. Combien de fois devrais-je lui dire qu'une porte s'ouvre et se ferme normalement ?

_ Chérie ?

_ Ici !

Mon époux arriva, avec des classeurs sous les bras. Il les posa, en passant, sur le canapé, avant de me rejoindre dans le jardin. Il avait un sourire aux lèvres. Ses lèvres se posèrent sur les miennes avant de descendre vers mon cou.

_ Les enfants sont ici.

_ Hum.

_ Edward ! Rigolais-je en le frappant gentiment.

Nos enfants couraient en lançant à tout vas des jets d'eau. La voisine d'à côté, une vieille bigote, criait de voir nos enfants lancer de l'eau.

_ Ils sont encore petit, disait Edward.

_ Ce n'est pas une raison !

Nos petits vinrent en courant vers Edward, qui s'accroupit pour les intercepter.

_ Vous faisiez quoi ?

_ On jouait à Robin des Bois.

_ Ah oui ?

_ Oui. Moi je suis Robin des bois, je vais voler les riches et je les redonne aux pauvres.

_ Oh. Et Victoria tu faisais qui toi ?

_ Et bah moi je fais la princesse papa.

Elle cachait son visage contre le cou de son père. Edward lui embrassait les cheveux et passait sa main dans ceux de Jaden, notre fils.

_ Retourner jouer les enfants. On vous appellera pour manger.

Ils firent chacun un bisou sur la joue de leur père et repartirent en criant. Edward m'attrapa et me prit dans ses bras.

_ Ça m'a manqué ça ce matin.

Il prit mon visage en coupe et m'embrassa. J'entendais distinctement la vieille bigote qui s'étouffait derrière la haie.

_ Comment va-t-il ?

_ Ça peut aller aujourd'hui il est calme.

Edward souleva légèrement mon tee-shirt et embrassa mon ventre arrondi. Il revint m'embrasser. Me murmurant des mots d'amours.

_ Je t'aime.

_ Je t'aime aussi Edward.

La journée s'était parfaitement bien passée. Edward avait joué avec Jaden et Victoria, pendant que je me reposais. J'étais enceinte de sept mois maintenant. Nous ne savions pas quel était le sexe de notre enfant. Mais tout cela importait peu. Je ne pouvais pas être plus heureuse qu'en ce moment même. Edward était mon âme sœur. Grâce à lui, j'avais une vie superbe, des enfants magnifiques et un mari merveilleux. J'étais à l'abri du besoin et nous nous aimions comme aux premiers jours.

Flash Back :

J'ai la peau moite. Un corps chaud contre moi. L'air s'est engouffré dans la chambre. Le soleil cogne déjà de si bon matin. Je respire. L'odeur si masculine d'Edward à remplit la pièce. Edward… Alors tout ceci était vrai.

Il se retourna et posa sa main contre mon ventre. Ses lèvres atterrirent dans mon cou, me chatouillant légèrement.

_ Bonjour jolie Bella.

_ Bonjour…

J'avais tellement eu peur la veille. Ne pas savoir ce qu'il se passait dans sa tête était énervant. Je ne savais pas s'il regrettait, ou si c'était tout le contraire.

_ Bella ?

Je vis la main d'Edward passer devant mes yeux.

_ Pardon je réfléchissais.

_ Et à quoi ? me demanda-t-il en embrassant l'épaule.

_ A ce qui s'est passé hier soir…

_ Tu regrettes ?

Je me relevais. Et m'asseyais face à lui. Je remontais le drap sur moi et le fixais. Il semblait nerveux tout à coup.

_ Non. Je ne regrette pas. C'est juste que…

_ Oui ?

_ On a fait ça comme ça. Sans discuter avant.

_ Tu veux qu'on discute maintenant ? proposa-t-il.

_ Je voudrais juste savoir.

_ Bella. Tu te souviens de la première fois qu'on s'est vu ? Cette histoire de valise était tellement irréelle. Puis l'histoire avec tante Kate. J'avais l'impression qu'on te ramenait vers moi à chaque fois. Il fallait que je comprenne pourquoi. Et puis… Tu as pris de plus en plus de place dans ma tête mais aussi dans mon cœur. Je ne pouvais pas t'oublier. Et… Je t'aime Bella. Je t'aime vraiment. Je veux juste que tu le sache. Je ne t'abandonnerais pas. Jamais.

Les larmes glissèrent le long de mes joues. Des promesses. On m'en avait déjà donné. Personne ne les avait tenues.

_ Bella. Oh non je ne voulais pas te faire pleurer. Pardon.

Il me serrait dans ses bras. Je voulais qu'il me serre encore un peu plus. Qu'il m'étouffe de son amour. Je ne respirais qu'avec lui. Il me tirait la tête hors de l'eau. Je l'aimais moi aussi.

_ Tout…le monde…lance des…promesses en…l'…l'air.

_ Pas moi Bella. Pas moi. Je t'aime et je te veux. Pour toujours.

Il m'allongea sur le dos avant de m'embrasser une nouvelle fois.

_ Je t'aime aussi !

Il me regarda avec tendresse et amour, avant de m'embrasser une nouvelle fois.

Aujourd'hui nous étions mari et femme, parents d'un petit Jaden de cinq ans et d'une petite Victoria de trois ans et demi. Et bientôt un troisième enfant viendrait faire son apparition dans notre petite famille. Je ne pouvais pas rêver mieux. Edward était un amant formidable, un père et un mari dévoué. Je l'aimais.

_ Tu viens avec nous mon cœur ?

_ Oh voui maman viens !

Victoria sortit de la piscine qu'Edward leur avait installée après manger. Je m'étais changée pour bronzer un peu. Mais Victoria en avait décidée autrement. Elle prenait ma main et tirait de toutes ses forces pour que je la suive. Je montais après elle sur la petite échelle et rentrait dans l'eau. Jaden était sur les épaules d'Edward et essayais de couler son père. Victoria, elle, prenait son petit poupon et le baladait dans l'eau.

Des jours comme ceux-là j'en voulais. Pour le reste de ma vie. Entourée des gens que j'aime. Entourée de ma famille. De mes enfants.

Je remerciais chaque jour, le bon dieu d'avoir mis Larry sur notre route. Ce petit chauffeur de taxi, qui s'était trompé en nous donnant nos valises, identiques, et qui avait fait de ma vie un véritable compte de fée.

*o*o*o*

Jaden et Victoria Cullen

Sont heureux de vous présenter :

Mia Alice Cullen,

Leur petite sœur née le 13 avril 2011 à Seattle.

Edward et Bella, parents comblés.