OS : Parents à tout prix
En l'absence exceptionnelle de mon épouse c'est moi qui étais chargé des courses au supermarché. Autant dire l'horreur ! Ma fille était installée dans le siège du cadi et elle regardait passer les rayons les uns après les autres.
Tous les enfants de son âge auraient préféré sortir du cadi pour courir partout, mais Romane n'était pas comme ça. Non. Au contraire. Elle était calme, et très attentive au monde qui l'entourait. Chaque fois qu'elle découvrait quelque chose, on pouvait voir ses deux petites prunelles jades, s'illuminer de bonheur et de malice. De malice oui, car Romane n'était pas la dernière pour faire les bêtises. Non, bien au contraire. Une fois, elle a même dessiné sur la tapisserie du couloir, Bella était alors passée par toutes les couleurs de l'arc en ciel.
Ma femme, Bella, et moi essayions, depuis plus de deux ans, d'avoir un deuxième enfant. Elle n'avait plus ses règles depuis environ un mois et quelques nausées pointaient le bout de leur nez. Mais je ne voulais pas m'affoler au risque de perdre mon enthousiasme, s'il s'avérait qu'aucun petit être ne grandissait dans le ventre de mon épouse.
J'avais rencontré Bella alors que j'étudiais à l'université dans le but de devenir architecte. Souhait réalisé, puisqu'aujourd'hui je dirige mon propre cabinet, et que « les gens du monde » ne font appel qu'à moi. Nous nous sommes rencontré donc lorsque nous avions dix neuf ans. Nos diplômes en poche nous menions la belle vie. C'est grâce à Jasper si j'ai pu la rencontrer.
_ Magne toi Edward, ça la foutrait mal d'arriver en retard ! hurla Jasper contre moi.
Alice, sa petite amie, nous attendait dans un café près du campus. Je n'avais pas cours et Jasper m'avait proposé de venir avec lui. Je n'étais pas trop pour au début, tenir la chandelle et tout ça ce n'est vraiment pas mon truc, mais finalement je crois que j'en avais vraiment besoin. Et puis je devais bien rencontrer la fameuse Alice, depuis le temps qu'il m'en parlait…
Bientôt nous arrivions dans le café, et je découvrais stupéfait un visage angélique qui se mit à sourire à Jasper. Se pourrait-elle que Jasper soit avec cet ange brun ? Je la détaillais plus que nécessaire. Elle avait un visage en forme de cœur, des yeux si expressifs qu'ils en étaient d'autant plus incroyables, et d'une couleur chocolat qui ferait fondre n'importe qui, sans mauvais jeu de mot. Ses yeux n'étaient pas maquillés, et sa peau pâle était en parfaite harmonie avec son corps. Mes yeux se mirent à détailler la courbe de son cou, puis le haut de sa poitrine. Et soudait j'eus très chaud. Elle portait un pull à manche trois quart, beige, avec un col en V. Un régale pour mes yeux. Soudain je me rendis compte de ce que j'étais en train de faire. Je détaillais la petite amie de mon meilleur ami. Je n'étais pas loyal. Je n'avais pas le droit d'agir ainsi. Je secouais la tête, pour me remettre les idées en place. Jasper n'avait pas perdu de temps pour s'assoir.
Je tirais alors la chaise et posais mon postérieur sur cette dernière. Le regard de la dite « Alice » passa sur moi. Et d'un seul coup, la température de la pièce augmenta de dix degrés.
_ Edward, je te présente Bella. C'est une amie d'Alice. Et Bella, je te présente mon meilleur ami : Edward.
Oh. Ce n'était pas Alice alors ? La voix est libre ! Me cria ma conscience.
_ Enchanté, me dit-elle d'une petite voix, tout en rougissant.
_ De même, lui répondis-je avec un sourire en coin qui ne fit qu'accroître ses délicieuses rougeurs.
Ahlalala ! Grâce à Jasper j'en avais vécu des trucs. Mais sincèrement Bella est ce qui m'est arrivé de mieux dans la vie, avec ma petite Romane bien évidement. J'errais dans les rayons, la liste à la main, à la recherche de gâteaux pour le goûter de ma fille.
_ Qu'est-ce que tu veux mon cœur ?
Elle me regarda avec ses petits yeux et elle me fit un sourire, large d'où on apercevait ses petites quenottes. Elle tendit sa main, vers le rayon, tout en rougissant.
_ Ça papa !
Je regardais le paquet qu'elle me désignait et tombais sur des Princes. Je me mis à rire en repensant à une conversation que nous avions eu Bella et moi il y a longtemps.
_ Alors comme ça tu ne crois pas au prince charmant ? Avais-je demandé, alors qu'elle venait de me dire qu'elle trouvait le prince charmant des contes pour enfants, affreusement pathétique.
_ Ecoute Edward « Les princes n'existent que par paquet de seize et fourrés au chocolat. ».
Je m'étais mis à rire alors à ce moment là. Provoquant une petite moue boudeuse sur le visage de ma chère et tendre. N'y pouvant plus, je m'étais penché sur elle, et l'avais embrassé. Et nous avions passé la nuit ensemble. Moi à lui prouver que j'étais son prince charmant, et elle à se laisser faire…
Romane me tira de mes songes, en tapant ses petites mains, sur les miennes, qui tenaient le cadi.
_ Papa Papa Papa Papa…
_ Oui ma puce qu'est-ce qu'il y a ?
_ Gâteau papa !
Ah oui ! Un peu plus et j'oubliais les gâteaux de ma fille. J'attrapais le paquet et continuais de faire mes courses. Le chariot était presque remplit à ras bord, et Romane s'amusait de temps en temps à taper le tas pour le faire diminuer. Mon téléphone se mit alors à sonner dans la poche de mon pantalon. Je m'arrêtais en plein milieux du rayon et décrochais.
_ Allô ?
_ Edward, c'est moi, tu es où ?
_ Coucou mon ange, je suis avec Romane au supermarché.
_ Oh… D'accord. Vous en avez pour longtemps ?
_ Non. J'ai fini là. Je trouve une caisse, je paye et je reviens vite à la maison.
_ D'accord à tout à l'heure alors. Je t'aime.
_ Je t'aime aussi Bella.
Je raccrochais, le sourire aux lèvres. Je me penchais et faisais un petit bisou sur la joue de ma fille. Elle eut un mouvement chatouilleux et se mit à rire. Son rire était la plus belle des musiques à mon oreille. Comme un doux carillon qui résonnait dans chaque pièce de la maison. J'attrapais les compotes pour Romane et partais en direction d'une caisse. Je déchargeais tout alors sur le tapis roulant et je ressortais du magasin une fois mes achats payés.
Je ne mis que quelques minutes pour arriver chez moi. Bella était installée dans le canapé et se releva en nous voyant arriver. Elle s'avança, embrassa mes lèvres et prit avec elle notre fille, pour la découvrir. Je ressortais et allais prendre les différents sacs pour tout ranger.
Une fois ma besogne accomplie, je retrouvais ma femme, assise dans le canapé, qui était en train de jouer avec notre petite Romane. Elle lui faisait des chatouilles et des petits bisous un peu partout. Ma femme était une incroyable maman. Bien sûr elle avait eu très peur lorsque nous avions appris qu'un petit bébé avait pris possession de son ventre. Mais la peur avait laissé place à la joie de devenir bientôt mère.
J'étais rentré plus tôt que d'ordinaire ce jour-là. J'attrapais mes clefs pour ouvrir la porte et tombais face à ma femme, qui était blême. Je m'inquiétais alors immédiatement.
_ Bella tout va bien ? Tu es toute pâle ! M'affolais-je.
Elle hocha silencieusement la tête, et me donna un petit bâtonnet. Putin mais qu'est-ce que c'est que ce truc.
_ Sur la notice il est indiqué que s'il y a deux barres bleues le résultat est positif, me dit-elle d'une petite voix.
J'avais de travers et penchais mon regard vers le tube blanc que je tenais entre mes mains. Deux barres bleues. Putin ça veux dire que…
_ Je vais être papa ! Hurlais-je en me jetant sur la femme de ma vie.
Elle se mit à rire, puis à pleurer et me serra fort contre elle. A cet instant, nous étions plus unis que jamais. Bientôt un bébé, parfait mélange de nous deux, verrait le jour.
Délicatement, je passais mes mains sur le ventre encore rond de ma femme, et tout aussi doucement j'approchais mes lèvres. Un baiser pour mon bébé. Mon enfant. Celui qui ferait de moi un père à tout jamais.
Et aujourd'hui, je pouvais observer le doux portrait des deux femmes de ma vie. Romane et Bella. Ma raison de vivre ce sont elles. Et pourtant dieu sait à quel point la petite a été longue avant de vouloir pointer son nez.
_ Putin Edward va chercher un médecin, je veux en finir au plus vite.
_ Mon ange, tu n'es pas suffisamment dilatée. Tu n'en es qu'à trois.
_ Mais j'en ai rien à faire ! Ca fait huit heures que j'attends !
Elle souffla, puis pesta contre moi. Je pris alors le soin de sortir de la chambre. Mariés pour le meilleur et pour le pire… Ouai bah je ne voulais pas ressortir avec un œil en moins, ou pire…
C'est Carlisle qui prit le relais. Etant lui-même médecin, il pouvait aider ma femme, mieux que moi sans doute.
Dans le couloir blanchâtre de l'hôpital, je retrouvais mon beau-père ainsi que ma mère.
_ Comme va Bella ? me demanda Charlie.
_ Elle s'impatiente. Elle n'en est qu'à trois. Et la dilatation se fait lentement. Alors elle râle, finissais-je avec un sourire tendre.
_ La pauvre chérie. Ça ne doit pas être facile pour elle. Me répondit alors Esmée.
_ Mais maman, je n'ai jamais dit le contraire.
_ Bon parlons de choses plus réjouissantes. Avez-vous choisis un prénom ?
_ Oui.
_ Et on peut savoir lequel c'est ? demanda ma mère avec insistance.
_ Non. Bella préfère attendre que la petite soit là. Et puis… C'est mieux de garder un certain suspense. Non ?
_ Mouai… grogna Charlie en tripotant sa moustache.
Et puis finalement Romane était née un matin de mai. Le 13, très exactement. Elle était magnifique. Et elle l'est toujours.
Bella capta alors mon regard sur elle, et me tapota la place à ses côtés. Je ne me fis pas prier pour m'installer auprès de mes deux princesses. J'avais tellement envi qu'elle me dise que les résultats étaient positifs et que nous aurions prochainement un petit gars ou une petite princesse qui courrait après leur sœur.
Je passais alors ma main sur le ventre de Bella. Et la regardais dans les yeux. Elle se mit à rougir furieusement. Une once d'espoir vit le jour en moi. Elle posa alors sa main sur la mienne et hocha la tête. Je me relevais surpris, faisant sursauter Romane.
_ On va avoir un bébé ? Demandais-je à ma Bella.
_ Oui, répondit-elle en souriant.
Je me penchais alors sur ma Bella et l'embrassa tendrement. Devant l'euphorie du moment, Romane se mit à applaudir. Heureuse tout comme nous de cet événement.
_ Tu vas être grande sœur Romane.
Elle sourit et cala son visage contre mon cou. Etais-ce ça le bonheur ? Si oui, je voulais y goûter chaque jour…
3 ans plus tard :
J'attrape le cartable de Romane, puis celui d'Héloïse. Aujourd'hui c'était la rentrée pour mes deux filles. L'une entrait en CP, l'autre à la maternelle. Je stressais comme un dingue de laisser mes filles dans ces écoles, loin de moi. Pendant trois ans, je m'étais consacré à mes filles. Et aujourd'hui… Aujourd'hui l'école me le prenait. J'entendis Bella qui chantonnait dans la salle de bain, tout en finissant de se préparer.
Ok bon vérification de tout le matos ! Bon pour Romane : Cahier de texte, trousse au complet, règle, goûter pour dix heures, et son petit cahier de brouillon. Bon tout est prêt pour elle. Bon maintenant Héloïse : Goûter pour dix heures et son doudou. Merde son doudou il est où ?
Je me mis alors à chercher son doudou partout. Putin mais qu'est-ce qu'elle en a fait ?
_ Héloïse, il est où le doudou ?
_ Pas là papa !
_ Ça je vois bien mon cœur.
Elle se mit alors à me regarder en souriant tout en se dandinant sur ses petits pieds. Bon reste plus que la bonne vieille solution.
_ Bella où as-tu mis le doudou ?
_ Mais je l'ai laissé près de la table à langer ! hurla-t-elle au bout du couloir.
_ Impossible Bella, j'ai retourné toute la maison, il n'est nulle part.
Elle déboula devant moi, les joues rouges. Ce qu'elle est belle… Je la voyais avancer en grognant après moi, et elle se mit à secouer un vieux truc tout marron.
_ Le voilà ! Ouvre les yeux la prochaine fois.
_ Merci mon cœur. Que ferais-je sans toi ? Lui dis-je le sourire aux lèvres.
_ Pas grand-chose, j'en ai bien peur, me répondit-elle après avoir poussé un profond soupir.
Elle attrapa son sac à main, puis d'une main attrapait le cosy de notre petit dernier : Tristan. Il avait tout juste six mois aujourd'hui, il était né le 6 avril dernier. Il avait mes yeux, comme ses sœurs, mais également mes cheveux. C'était mon portrait craché.
Nous étions donc tous les cinq en route pour l'école. Tristan regardait ses sœurs à tour de rôle. Peut-être sentait-il que bientôt elle partirait ? Bon elles reviennent ce midi et ce soir, mais bon, ça va me faire bizarre de ne plus les avoir à mes côtés.
Arrivés devant le portail, Romane nous fit rapidement un bisou à chacun et parti rapidement rejoindre sa classe. Bon bah c'est plutôt expéditif… A présent, au tour d'Héloïse. Cette dernière était toute intimidée de franchir le seuil de sa classe. Bella tenait Tristan contre elle, alors que notre fille me tenait fermement la main.
_ A peur papa !
_ Mais non, ma puce tu vas voir tout va très bien se passer. Regarde ! La dame que tu vois là-bas c'est ta maîtresse. Elle a déjà eu ta sœur dans sa classe. Elle est très gentille tu vas voir.
La dite maîtresse arriva alors jusqu'à nous.
_ Bonjour Monsieur et Madame Cullen. Oh mais dites moi qui est cette jolie jeune fille ?
_ Bonjour Madame Hale. Voici Héloïse, la petite sœur de Romane. Elle a un peu peur de l'école.
_ Je comprends ne vous en faîtes pas. C'est normal. C'est un grand pas pour elle. Alors Héloïse, tu veux venir faire un dessin avec moi ? Regarde sur la table là-bas tu as des feuilles et puis des crayons aussi. Je suis sûre que Maman voudra bien venir t'aider à colorier un peu.
_ Oui bien sûr, répondit ma femme.
Elle me donna mon fils et elle partit avec Héloïse main dans la main, vers la petite table indiquée par les soins de l'institutrice.
_ Héloïse est un petit peu timide, désolé.
_ Oh ne vous en faites pas, j'ai connu des cas plus inquiétant. Votre fille, n'a que votre famille en repère. Pas de petits camarades. Il faut juste qu'elle apprenne à vivre en communauté. Mais je ne me fais pas de soucis pour elle. Alors dites moi, c'est le petit dernier celui-ci ?
_ Oui. C'est Tristan.
A l'évocation de son prénom, mon petit garçon se mit à sourire grandement.
L'heure de partir arriva bien trop vite, malheureusement.
_ Allez on dit au revoir à papa et à maman et on leur dit à tout à l'heure. D'accord ?
_ Maman !
Bella se tourna alors vers Héloïse qui couru lui faire un bisou avant de tirer le tissu de mon tee-shirt pour m'en faire un aussi. Une fois cela fait, elle repartit dans la salle et s'installa de nouveau à sa place.
Le cœur gros nous repartions à la maison.
Bella était partie se reposer dans la chambre, pendant que je jouais avec Tristan. La sonnette retentit et je tombais net sur Alice et Jasper, ces derniers un immense sourire aux lèvres.
_ Ça y'est ?
_ Ouiiiiiiiiiiiii ! Hurla Alice !
Le cri poussé par Alice, fit sortir Bella très vite de la chambre. Quand elle les aperçu elle se précipita dans les bras d'Alice. Toutes deux se mirent à pleurer à chaudes larmes. De mon côté, je me mis à féliciter Jasper. Ils en avaient mis du temps, mais finalement ils avaient réussis. Je le pris dans mes bras en lui souhaitant tout le bonheur du monde.
Après tout, je savais de quoi je parlais. J'avais trois enfants, et à chaque fois c'était un bonheur inestimable d'entendre ces quatre petits mots : Tu vas être papa.
Alice se pencha vers mon fils, et lui fit des papouilles partout. Il se mit alors à rire.
La vie est belle. Les instants que nous partageons en famille également. Tout est parfait dans mon monde.
Je captai le regard de Bella et lui fit un sourire ravageur. Grâce à elle, ma vie était plus belle chaque jour. Pour le meilleur et le pire elle est ma femme… A jamais…
Voilà, j'espère que cela vous a plu.
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Bisous et à bientôt
SweetyMarie
