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Parce que vos abonnements à cette fanfiction m'ont motivée, voici la suite, avec quelques jours d'avance ! :)

Merci beaucoup, et encore une fois, n'oubliez pas de me laisser un petit mot... :)

A bientôt !


Chapitre 2 : Une bouteille à la mer

Bella POV

Il est presque minuit. Devant la fenêtre, je regarde la rue. J'ai pleuré sous la douche, sur le canapé. J'ai ouvert les vannes. J'ai cru mourir tellement je me suis sentie malheureuse. Mon portable à la main, pieds nus, j'ai pris ma décision.

Je me suis rassise dans le canapé, les pieds sur la table basse. Je regarde distraitement la télévision, ne prêtant pas tellement attention à ce débat télévisé. Je n'ai pas sommeil, je n'ai pas faim. Je n'ai plus grand chose.

Edward POV

- Et là, il me dit « et bah elle m'a chiée à la gueule »!, conclut Emmet bruyamment.

Nous éclatâmes de rire tous ensemble. Mon frère venait de raconter comment Rosalie avait (encore) terrorisé un stagiaire dans la concession automobile où ils bossent tous les deux. Alice avait mis fin à sa vengeance de presque quatre heures ayant pour thème « pourquoi Jasper n'est pas là ? ».

- Bon, je la connais ?, cria ma sœur.

- Hein ?

- « Hein ? » ! Celle qui fait que t'es dans cet état de puceau acnéique ?

Rosalie se joint à Alice, ce qui eut pour conséquence une discussion sur ma vie sentimentale, mes foirages affectifs (ouais, Tanya, ça va quoi...), les rencontres amoureuses et les mariages. Emmet me menaça, à quoi je mima un « J'ai RIEN dit ! ».

Je bus une dernière gorgée de bières, me disant que nom de Dieu, j'étais intriguée par une fille dont je ne connaissais même pas le nom. Je désigna mon paquet de clopes, puis m'adressa à Rosalie :

- Toujours dehors ?

- Toujours dehors.

- Aucune pitié !, répondais-je en souriant.

- Comme toi pour tes poumons, rétorqua ma belle-soeur.

Je levais les yeux au ciel, agacé qu'elle ait raison. J'allais profiter de cette pause cigarette pour organiser la fin de ma soirée avec Jasper et quelques potes communs. Une clope entre les lèvres, je me tiens sur le balcon. Je sors mon portable. Un texto est en attente. Un numéro inconnu. Mon estomac se tord presque.

J'ai honte d'avoir pleuré dans tout New-York. Mais « La honte, ça passe quand la vie est longue », disait Sartre. J'ai hésité deux heures.

Bella

Surpris. Le mot est faible. Je ne pensais pas qu'elle ferait ça. Qu'elle m'écrirait ces quelques mots. Mon cœur bat la chamade. « Légume pré-pubère », ouais... J'ai trop lu de bouquins, vu de films. Et là, j'ai l'impression d'être plongé dans un scénario bien foutu.

« Nous n'avons jamais à rougir de nos larmes » dit Dickens. J'ai espéré Bella (c'est joli), plus de deux heures.

Bella. Bien que j'ai mis désormais un nom sur un visage, j'ai l'impression qu'elle n'existe pas. C'est une image furtive dans ma journée, une silhouette fragile. Quelques minutes plus tard, une seconde cigarette allumée. Et l'écran de mon portable qui s'éclaire.

Tu m'as mis du baume au cœur. J'ai un peu moins mal.

Bella POV

Je me sens plus légère. Grâce à « Edward ». Un inconnu. La télé éteinte reflète ma silhouette avachi, le sourire plaqué à mon visage. Mes pas résonnent dans l'appartement silencieux. Dans la salle de bain, je m'assois sur le rebord de la baignoire en me brossant les dents. Peut-être que c'est dangereux de faire ça, de laisser un type nous voir aussi bas. Peut-être que ce sera même douloureux à un moment donné. Mais je m'en contrefiche.

Dans mon lit, tout revint. Comme tous les soirs. Au début, je trouvais ça dingue comme certaines choses pouvaient nous suivre comme des ombres. C'était incroyable la façon dont elles nous résumaient. J'avais l'impression d'avoir tatoué sur mon corps tout entier les jours de douleur, les petites peines et les souffrances trop énormes pour être comprises.

Cette nuit-là, je ferai le même cauchemar que les nuits précédentes.

Edward POV

Le bar était bondé. L'humidité était accompagnée d'une odeur de bière et de sueur. Un groupe de rock faisait danser une foule compacte à ses pieds, comme une énorme vague par temps de tempête.

J'avais quitté l'appartement de Rosalie et Emmet à peine une heure plus tôt. Jasper m'avait harcelé pour que je vienne, pour, je cite, pouvoir draguer la copine de la fille qui me fera de l'œil.

Une main s'abattit brutalement sur mon épaule.

- Hey mec ! cria Jasper. Tu as raté Amanda, un beau sept.

- Six et demi, mais bon, c'est la première, continua Isaac, son colocataire.

En temps normal, j'aurais joué à ce petit jeu très masculin, que les filles trouvent dégueulasse. Jeu qui consiste à noter les filles selon 10 critères : cheveux, yeux, bouche, seins, cul, bouche, charme général, jambes, rire et voix. Classe, oui. Mais je ne suis qu'un homme, qui traîne avec des potes.

Ce soir, je n'avais pas tellement envie. Toutes n'auront pas la moyenne, face au pouvoir d'attraction de cette fille...

Jasper revenait avec des bières, visiblement content de lui.

- J'ai croisé la nana de l'autre jour, tu sais, la plantureuse grande blonde !

- Celle qui venait de Miami ?, s'informa Isaac.

- Non, celle qui avait les dents du bonheur, et putain Edward, Miami ?

- Mouais..., répondis-je, peu fier de cette conquête. Elle avait un tatouage sur la fesse...

- Meeeeerde, soupirèrent mes deux potes.

La soirée se déroula comme toutes les soirées new-yorkaise. J'ai un peu trop bu, pas tellement répondu aux avances de filles elles aussi presque saoules. Jasper était lui non plus pas très entreprenant avec la gente féminine. Et quelque chose me disait que malgré tout, il y avait du Alice Cullen là-dessous.

Isaac raccompagna une certaine Deborah. Je partis avec Jasper fumer une cigarette à l'extérieur. Assis sur les marches d'un immeuble, on regardait la rue déserte. Jasper brisa le silence, sans le moindre tact :

- Elle s'appelle comment, au juste ?

- Bella...

La seule évocation de son prénom me rappela son visage, sa voix. Sa jolie main essuyant quelques larmes. Ses cheveux qui dansaient dans son dos quand elle marchait. Les quelques mots qu'on avait échangé, puis ses messages insouciants, hors du monde.

- Tu as son numéro ?

- On peut dire ça comme ça...

Je m'apprêtais à tout lui raconter, sans me soucier de l'éventuel début d'une analyse de sa part.

- Je ne l'ai pas seulement croisé à la librairie... Je l'ai vu avant, dans le métro. Mais quand je te dis « vu », c'est vraiment vu, tu vois ?

- Pas vraiment, non, me coupa-t-il, sceptique.

- Tu vas dire que je suis le roi des cons... Je pense qu'on voit les gens sans les voir, surtout dans cette ville. Cette fille, quand je l'ai vu, j'ai l'impression d'avoir respiré un peu de son âme...

- Putain...

- Ouais, « putain », comme tu dis. Je dois être un putain de taré.

- C'est pas ce que je voulais dire. Enfin si, un peu. Je trouve que d'une, ce genre de phrase, tu la sors à une fille et elle chiale à tes genoux mec, et de deux, t'es un couillon romantique qui a comme qui dirait eu un...

Il hésitait, cherchant visiblement la bonne expression.

- Le COUP DE FOUDRE.

- Wow wow wow, Alice sort de ce corps !

- Laisse Alice où elle est, tu sais très bien que j'ai raison...

On jeta nos cigarettes dans le caniveau. Je soupira en passant la main dans mes cheveux.

- Quoiqu'il en soit, elle est venue à la librairie... Elle avait l'air mal, vraiment mal. Pas le genre chagrin passager, tu vois. Ça avait l'air profond et angoissant. Et puis j'ai fait un truc dingue...

- Tu lui as filé ton numéro, quoi ! C'est pas la première fois que tu fais ça !

- Nan, mais c'est la façon dont je l'ai fait... J'ai mis une phrase de Beauvoir... Et elle a fini par m'envoyer un texto quelques heures plus tard.

Les sourcils froncés, il regardait le trottoir d'en face. Puis sérieusement, après avoir pris une inspiration :

- Il faut absolument que tu la revois.

J'éclatais de rire.

- Merci du conseil Doc', ça fera combien ?

- Pfff... Pauvre con...

Il se releva, rajusta sa veste et jeta un œil à la rue.

- 100 dollars.

C'est ainsi que le lendemain matin, tôt, trop tôt pour être raisonnable, j'écoutais la première tonalité du numéro de Bella.