Voici venue le temps des ... ah merde je crois que je l'ai déjà faite celle la !
Donc merci encore pour toutes vos reviews ca nous fait trop plaisir ! Merci merci ! Voila trêve de plaisanterie ( enfin presque) continuez on aime ça !
Chapitre 3
Non mais ce n'était pas croyable ! Tous les médecins étaient fous dans cet hôpital ! Après la mère d'Ugly Betty, voilà qu'alors que Castle pensait avoir un médecin digne de ce nom, il s'avérait être aussi cinglé que sa collègue. Instinctivement, il se tournait vers Kate, la regardant d'un air suppliant. Il fallait qu'elle le sorte de là à tout prix. Après tout elle avait avouée qu'elle serait prête à le faire évadé de prison alors de cet asile, cela serait du gâteau en comparaison. Sentant son regard sur elle la jeune femme le regardait à son tour. Elle y voyait de la crainte mais aussi une confiance indéfectible en elle. Son cœur se gonflait de tendresse pour lui, elle voulait le prendre dans ses bras et le rassurer, lui dire que tout irait bien, qu'elle le protégerait envers et contre tous, mais sa raison l'en empêchait, maintenant la bride serrée à ses sentiments grandissants.
« Ne faites pas cette tête Castle, tout ira bien ! Ils ne peuvent pas vous retenir contre votre volonté, allez go ! » lui souriait-elle avec assurance.
« J'ai un mauvais pressentiment Beckett, un très mauvais pressentiment ! » répliquait-il d'un air lugubre et défaitiste.
La jeune femme le regardait, peu habituée à le voir si abattu, lui l'éternel optimiste. En soupirant, elle l'aidait à s'asseoir, réfléchissant à la meilleure façon de le sortir de cet hôpital sans se faire repérer. Connaissant l'expression qu'elle arborait, il la laissait réfléchir en paix, se contentant de l'observer avec inquiétude. Habituellement, il aurait eu un sourire devant ce visage en recherche de solution, ce visage qu'il adorait mais en cet instant une seule pensée lui venait. Terreur, terreur et encore terreur. Il finissait par s'impatienter, ne la laissant pas continuer le cheminement de ses pensées.
« Qu'est-ce que vous faites Beckett ? Ce n'est pas le moment de se reposer ! Ils vont arriver et m'emmener puis me feront subir les pires choses ! » S'exclamait-il tremblant à l'idée de ce qui l'attendait, sa peur prenant le dessus sur sa confiance en sa partenaire.
« Ecoutez Castle le mieux pour passer inaperçus est que j'aille à la recherche d'une blouse de médecin. Quant à vous, allongez-vous sur la table et attendez moi là, je reviens au plus vite. » Déclarait-elle finalement d'un ton assuré qui dissimulait parfaitement l'inquiétude qu'elle ressentait à laisser seul son écrivain, même pour quelques minutes.
Elle allait partir lorsqu'il lui saisissait le poignet, la ramenant brutalement vers lui.
« Faites attention à vous ! » soufflait-il avec des trémolos dans la voix, à croire qu'elle s'apprêtait à franchir les lignes ennemis sous un feu nourrit.
La détective roulait des yeux, amusée par le côté dramatique de son partenaire qui n'avait rien à envier à celui de sa mère.
« Non mais Castle c'est bon ! Je ne vais pas traverser l'autoroute à pieds pendant l'heure de pointe ! C'est juste un hôpital ! » Soupirait-elle en retirant doucement sa main de son emprise sans pour autant s'éloigner, ce qu'il mettait à profit pour reprendre sa main entre les siennes.
« Un hôpital qui embauche deux médecins cinglés dans leur service ! Et s'ils n'étaient pas les seuls ? Les vigils par exemples hein ! Si vous êtes prise en train de voler une blouse et qu'ils vous… » Protestait-il en échafaudant une de ses théories loufoques.
La brunette posait un doigt sur sa bouche, coupant court à ses élucubrations plus loufoques que jamais.
« On ze calme zeune fille z'est très mauvais pour le bébé ! » Ironisait Beckett en étouffant un rire tout en se dégageant, trouvant leur proximité troublante et surtout dangereuse pour sa concentration.
« Ah mais vous avez raté votre vocation détective ! Une grande carrière de comique vous ouvre les bras. » Grommelait-il vexé par la désinvolture de la jeune femme.
Kate riait de la moue boudeuse de son écrivain et en le fixant de son regard tendrement moqueur, s'éloignait à reculons avant de faire volteface et de sortir de la chambre. La porte refermée, elle s'immobilisait, et les sens aux aguets, scrutait les alentours, cherchant à déterminer si le danger rodait dans les parages ou pas. Elle avait beau s'être moquée de Castle, elle n'était malgré tout pas rassurée par ce drôle d'hôpital. Elle trouvait toujours curieux qu'il y ait si peu de personnels dans les couloirs mais finalement cela n'était pas plus mal. Tant qu'elle ne saurait pas à quoi s'en tenir exactement, elle préférait croiser le moins de membre du corps médical possible. Se déplaçant aussi furtivement que possible, elle se lançait dans la recherche de la salle de repos, espérant y trouver une blouse abandonnée là par un médecin négligeant, ce qui vu ce qu'elle avait déjà observée, ne devrait pas poser problème.
Après quelques minutes de recherche infructueuse, elle la débusquait enfin non loin de là, juste en amont. Miracle, les vestiaires se situait juste à côté, et elle remerciait l'architecte de cette bâtisse d'avoir voulu jouer sur le côté pratique. Elle aurait d'autant plus de chance de trouver ce qu'elle cherchait. Lorsqu'elle entrait dans les vestiaires, elle se stoppait devant un homme vêtu d'une camisole. Il avait les cheveux en bataille et semblait hagard, comme s'il luttait contre l'effet des drogues qui lui avaient été administrées. Lorsque ses yeux vitreux se posaient sur Kate, ils s'illuminaient. D'une démarche chancelante, il s'avançait maladroitement vers elle, et ses yeux se fixèrent sur la plaque que la jeune femme portait à la taille.
« Mon dieu, vous êtes venue ! Libérez moi, ils ont tous pété un câble ! » Déclarait-il d'une voix pâteuse qu'elle avait du mal à comprendre.
Beckett regardait l'individu qui avait les yeux exorbités. Il ne lui inspirait aucune confiance et au vu de sa camisole, il avait dû échapper aux médecins du service psychiatrique. Elle décidait de s'éviter tout retard et rentrait donc dans son jeu. Après tout, comme le disait le dicton, mieux valait éviter de contrarier les fous, cela les énervait, et elle avait assez côtoyée de fous furieux pour le reste de son existence.
« Oui pas de soucis, je vais revenir. Pour l'instant j'ai besoin de cette blouse » répondait-elle en désignant une blouse blanche de médecin.
« Oh oui vous avez raison ! Mieux vaut ne pas éveiller leurs soupçons. Ils sont très dangereux et instables. Se mêler à eux est le meilleur moyen pour réussir à les maîtriser et reprendre le contrôle de cet hôpital. » Approuvait-il en papillonnant des yeux, comme s'il éprouvait des difficultés à rester concentrer.
Kate le toisait surprise par ses propos, puis sans lâcher son regard, de peur qu'il ne tente de se jeter sur elle en comprenant qu'elle ne comptait pas le libérer comme il l'escomptait, s'emparait doucement de la précieuse blouse de médecin et partait à reculons, esquissant un faux sourire rassurant. Elle se faisait la promesse de prévenir la direction de l'hôpital pour leur signaler ce fou échappé lorsqu'elle aurait mis Castle à l'abri, mais pour l'instant son partenaire était son seul objet de préoccupation. Son unique objectif pour le moment était de le sortir de là quoiqu'il lui en coûtait.
De retour dans le couloir, elle hésitait sur la marche à suivre, puis aussi discrètement que possible, verrouillait la porte des vestiaires. Autant ne pas mettre la vie des patients de cet hôpital en danger, même s'il était en camisole de force, mieux valait le garder enfermer ici. La conscience tranquille, elle enfilait la blouse et se hâtait à travers les couloirs pour rejoindre au plus vite son partenaire. Une sourde angoisse lui étreignait la poitrine, et elle voulait être à ses côtés pour s'assurer qu'il allait bien. Se faisant violence pour ne pas se mettre à courir, elle traversait les couloirs à une vitesse impressionnante, priant pour ne pas croiser de membres du personnel. Elle n'avait vraiment pas le temps à perdre en explications, d'autant qu'elle n'était pas certaine de la fiabilité du personnel soignant de cet hôpital.
Un soupir de soulagement lui échappait lorsqu'elle arrivait en vue des salles d'examen. Jetant un œil à sa montre, elle constatait qu'elle ne s'était absentée que sept minutes. Qu'avait-il pu arriver en un lapse de temps si court ? Un sourire étirait ses lèvres en poussant la porte, s'attendant déjà à entendre les récriminations de son écrivain qui lui reprocherait d'avoir été trop longue. Mais ce qu'elle entendait n'avait rien de similaire.
« Ne faites pas ça ! Pour la dernière fois, je ne suis pas une femme, me faire cette injection ne servirait strictement à rien ! » Entendait-elle la voix affolée de Castle.
« Allons zeune fille, zezzez voz enfantillazes ! Vouz allez faire du mal à votre bébé zi vous continuez à vouz aziter de la zorte ! » Soupirait la doctoresse.
Inquiète, Kate se ruait dans la pièce et se figeait en voyant la femme médecin faire une piqûre dans les fesses de son écrivain. Le cri de détresse qu'il poussait lui glaçait le sang, mais elle savait qu'elle ne pouvait plus rien faire maintenant. L'injection avait été réalisée, et le produit anesthésiant ne tarderait plus à faire effet. Comment allaient-ils pouvoir sortir d'ici si Castle était dans l'incapacité de se déplacer ? Jamais elle n'aurait la force de le porter, et le traîner ne serait définitivement pas discret. Peut-être réussirait-elle à mettre la main sur un fauteuil roulant ? Son inquiétude allait crescendo au fur et à mesure que le temps s'égrenait. A ce rythme-là, Castle se retrouverait sur la table d'opération avant qu'ils n'aient le temps de dire ouf. Comment avaient-ils pu se retrouver dans cette improbable situation ? Une chose était sûre, les gars allaient vraiment regretter d'avoir joué cette farce à son écrivain. Elle allait leur en faire baver, et plus jamais ils ne se risqueraient à ce genre de gaminerie. Mais en attendant, elle devait mettre son partenaire à l'abri, et le plus rapidement possible.
« Vous voyez, ze n'était qu'un mauvais moment à pazzer ! » déclarait triomphalement le médecin avant d'ajouter « ze vais vous laizzer vous repozez un peu. L'anezthézie va mettre un petit quart d'heure à faire effet, vouz allez voir »
« Vous êtes complètement folle, totalement bonne à enfermée ! » s'exclamait Rick en tentant de s'écarter de cette femme.
« Allons zeune fille, ne zoyez pas vexzante ! Ze zais parfaitement ze que ze fais ! vous me remerzierez quand vous tiendrez votre zoli petit bébé dans vos bras ! » soupirait-elle en secouant la tête, ses yeux s'écarquillant un peu plus derrière ses verres à double foyers, lui donnant l'air d'un hibou.
Sur ces mots, elle tapotait les fesses de Rick, lui tirant un cri de douleur et quittait la pièce avec un sourire vissé au visage. Elle se tourna vers moi avisant ma tenue, elle me regarda de haut en bas, puis me lança :
« Zurveiller zette zeune fille, qu'elle ne nous faze pas faux bon, elle est très azitée ! » Et sur ses paroles, refermait la porte derrière elle.
Beckett se ruait auprès de Rick, plus que jamais inquiète.
« Castle ? Est-ce que ça va ? » S'enquérait-elle en posant une main sur son épaule, se penchant au-dessus de lui.
« Non ! Cette folle m'a anesthésié la partie inférieure du corps ! » S'exclamait-il en se cognant rageusement la tête contre la table. « Je ne peux plus marcher ! »
« Je vais aller chercher un fauteuil. Vous sortir d'ici devient plus que jamais vital » déclarait-elle en lui serrant nerveusement l'épaule.
« Je ne sais pas ce qu'il se passe ici Beckett, mais par pitié, sortez-moi de là ! Je ferais tout ce que vous voudrez si vous empêchez cette folle de s'approcher à nouveau de moi ! » La suppliait-il en s'agrippant à elle.
« Je vais chercher le fauteuil, attendez-moi ici » approuvait-elle en chassant les idées peu catholiques que la proposition de son partenaire avait fait naître dans son esprit.
« Beckett si je pouvais me déplacer seul, je n'aurais pas fait de vieux os ici ! » ironisait-il en lui lançant un regard torve.
« Au moins maintenant je sais comment faire pour vous empêcher de me désobéir lorsque je vous ordonne de rester dans la voiture ! » constatait Beckett avec un petit sourire amusé.
« Hilarant lieutenant vraiment. Quand vous aurez fini de rire à mes dépends, vous irez chercher mon carrosse, la situation devient plus qu'alarmante ! » La rappelait-il à l'ordre d'un ton bougon.
« Désolée Castle, je me dépêche » s'excusait-elle en se mordillant la lèvre pour ne pas rire devant l'expression d'enfant contrarié de son écrivain.
Sur une dernière pression rassurante, elle quittait la pièce et se hâtait de nouveau vers la salle de repos. En s'y rendant tout à l'heure, elle avait aperçu une sorte de réserve dans laquelle plusieurs fauteuils étaient stockés. Tout ce qu'elle espérait, c'était que personne n'avait eu la mauvaise idée de verrouillée celle-ci. Elle perdrait de précieuses minutes si elle devait crocheter la serrure. Mais les dieux devaient être de son côté, parce que la porte était toujours grande ouverte, ce qui lui permettait de s'emparer d'un fauteuil avec facilité. Prestement, elle revenait sur ses pas, priant pour que la doctoresse ne soit pas revenue entre temps pour emmener Castle. Mais il était toujours là et seul à son retour.
« C'est bon Castle, nous allons pouvoir y aller » s'exclamait-elle en laissant la porte ouverte.
« Enfin une bonne nouvelle, mais si vous le permettez, je ne me réjouirais pas avant d'être en sécurité, loin de ces fous ! » répliquait-il en se surélevant sur ses avant-bras.
« Allez Castle, un peu d'optimisme ! » Le réprimandait-elle en plaçant le fauteuil aussi près que possible.
« Je sais, mais dans mon état actuel, j'ai du mal à l'être… » Soufflait-il d'un ton légèrement absent.
« Castle ? Ça ne va pas ? » S'inquiétait-elle en entourant son visage de ses mains pour pouvoir l'observer attentivement.
« Je crois qu'elle a dû forcer sur la dose… je me sens totalement déconnecté… » Marmonnait-il en dodelinant de la tête.
« Hey Castle, ce n'est pas le moment de faire la sieste ! Je vais avoir besoin de votre aide pour réussir à vous mettre dans ce fauteuil ! » Lui rappelait-elle en lui tapotant les joues pour qu'il reste concentré sur elle.
« D'accord… » Approuvait-il en papillonnant des yeux et en se fixant sur son visage avec un léger sourire niait.
« A trois on y va ! » déclarait-elle en passant ses bras autour de sa taille alors qu'il entourait son cou des siens, collant leurs corps l'un à l'autre.
« Vous êtes prêt ? » voulait-elle savoir, chassant le trouble que le corps chaud et viril de son partenaire contre les courbes de son corps éveillait en elle.
« Hummm… » Approuvait-il en laissant sa tête se loger dans son cou.
« Un… deux… trois ! » décomptait-elle d'une voix légèrement rauque.
Raffermissant son étreinte autour de son torse, elle le faisait pivoter avant de le faire s'asseoir dans le fauteuil.
« Bon sang Castle ! Vous êtes lourd ! » Soufflait-elle alors que le poids de son partenaire la déstabilisait et qu'elle se retrouvait assise sur ses genoux.
« Dites tout de suite que je suis gros ! » protestait-il d'un ton qui aurait paru indigné s'il n'avait pas été aussi endormi.
« Non, mais vous mettre au sport ne vous ferait pas de mal ! » remarquait-elle en posant ses mains sur son torse pour se redresser et retrouver une position un peu moins compromettante.
« Mais je veux bien en faire du sport moi ! Surtout si j'ai droit à des séances d'entraînement privé avec vous ! » La défiait-il en tentant de l'empêcher de se relever.
« Arrêtez de dire des bêtises Castle, vous ne survivriez pas à une de mes séances d'entraînement » le provoquait-elle en contournant le fauteuil, un sourire carnassier aux lèvres.
« Je pourrais vous surprendre Kate… » Répliquait-il alors que sa tête dodelinait dangereusement.
« Nous poursuivrons cette conversation lorsque vous serez en état de le faire Castle… » Murmurait-elle en constatant que son partenaire avait du mal à rester éveiller.
« Hummmm…. » Marmonnait-il en tentant de redresser ma tête, mais cela semblait lui demander un effort incommensurable.
« Tenez bon Castle, je vous promets de vous sortir de là » déclarait-elle alors qu'elle pilotait le fauteuil dans les couloirs déserts de cet hôpital fantôme.
Mais rendue méfiante par ses précédentes rencontres, elle décidait de faire quelques détours pour gagner la sortie des ambulances. Mais les dieux avaient dû décider de prendre une pause, parce qu'au détour d'un couloir, ils se retrouvaient nez à nez avec le professeur foldingue et une armée de vigiles qui n'avaient pas l'air commode. Ils lui tournaient le dos, et elle tentait de faire discrètement demi-tour, mais le fauteuil heurtait un chariot de repas qui se renversait dans un fracas assourdissant.
« Ils zont là, vite rattrapez-les ! Il ne faut zurtout pas qu'ils puizzent quitter l'hôpital ! » S'écriait la foldingue d'un ton suraiguë.
Sans attendre, Kate se mettait à courir, poussant Castle de plus en plus groggy devant elle. Le cœur battant à tout rompre, l'adrénaline coulant à flot dans son système nerveux, elle tentait en vain de trouver le moyen d'échapper à ses poursuivants sans faire usage de son arme. Elle ne devait pas oublier qu'il s'agissait de civils, et qu'ils ne faisaient qu'obéir à un médecin. Même si celle-ci était dingue, elle ne pouvait pas l'abattre. Quant aux vigils, dieux seul savait ce qu'elle avait pu leur raconter à leur sujet. Non, décidément, elle ne pouvait pas sortir son arme, même si l'envie la démangeait de plus en plus. Une chose était sûre, elle devait prévenir les gars. Tant pis pour sa crédibilité. Elle préférait être l'objet de leurs moqueries plutôt que de voir cette folle jouer du bistouri sur son écrivain au risque de le lui abîmer.
Au détour d'un couloir, elle se rendait compte, qu'une pente raide se trouvait devant elle, et au lieu de ralentir, elle accélérait encore l'allure et l'abordait à pleine vitesse. Se surélevant à la force des bras, elle laissait le fauteuil filer à toute vitesse à travers les couloirs de la radiologie, souriant en entendant le bruit des pas de leurs poursuivants s'estomper. Mais elle ne pourrait pas conserver cette avance très longtemps. Ils devaient se cacher le temps qu'elle trouve une solution et qu'elle appel à l'aide. Voyant le mur s'approcher à grande vitesse, elle se laissait redescendre et ses pieds touchaient le sol juste à temps pour qu'elle puisse prendre un virage serré et aboutir dans un nouveau couloir qui malheureusement pour elle se terminait en cul de sac.
Faire demi-tour lui ferait prendre le risque de tomber nez à nez avec les vigiles, d'autant qu'elle les entendait approcher à grands pas. Resserrant son emprise sur les poignées du fauteuil, elle scrutait les environs lorsqu'elle se décidait pour une solution peu glorieuse, mais qui devrait les mettre à l'abri suffisamment longtemps pour que leurs poursuivants se lancent à leur recherche dans une autre partie de l'hôpital, leur laissant le temps de s'enfuir. Mais pour que cela fonctionne elle devait agir vite et en silence. Immobilisant le fauteuil, elle s'élançait vers les portes des différentes pièces qui lui faisaient face et tentait de les ouvrir, mais elles étaient toutes soigneusement verrouillées. Evidemment. Elle ne pouvait pas avoir la même chance deux fois dans la même journée. Alors qu'elle s'apprêtait à abandonner, une porte s'ouvrait enfin, et sans même regarder dans quoi elle mettait les pieds, elle rebroussait chemin et d'une forte poussée, envoyait Castle dans la pièce avant de lui emboîter le pas.
Un bruit de choc suivit d'une chute la faisait grimacer, mais elle n'y prêtait pas attention dans l'immédiat, préférant s'assurer d'abord que les vigiles ne pourraient pas entrer dans la pièce. Elle verrait le reste après. Heureusement pour elle, cette pièce possédait un verrou interne qu'elle s'empressait d'actionner. Elle se doutait bien que cela ne freinerait qu'un temps les agents de sécurité de cet hôpital, mais cela devrait lui permettre de mettre en place un plan B, et de prévenir les gars. Et surtout, elle devait s'assurer qu'elle n'avait pas aggravé l'état de Castle songeait-elle en se retournant pour découvrir son partenaire, gisant à terre, le fauteuil encastré dans une étagère.
« Mon dieu Castle, je suis désolée ! » s'exclamait-elle en se précipitant vers partenaire.
S'agenouillant près de lui, elle le retournait délicatement sur le dos, posant sa tête sur ses genoux, et palpait avec douceur son corps, cherchant à déterminer s'il s'était cassé quelque chose. Le fait qu'il ne grogne pas de douleur la rassurait, et fermant les yeux un bref instant, elle remerciait le ciel de ne pas avoir été la cause d'une souffrance supplémentaire pour son ami. Précautionneusement, elle reposait sa tête à terre et se relevant, regardait enfin la pièce dans laquelle ils s'étaient réfugiés. Une buanderie à première vue. Ça aurait pu être pire. Au moins ils côtoyaient des serviettes et des couvertures propres. Ça valait mieux que des balais poussiéreux et des serpillières malodorantes.
« Kate…. » Entendait-elle dans son dos, la faisant se retourner.
Le spectacle qui s'offrait à elle lui serrait le cœur. Castle était d'une pâleur inquiétante et tremblait légèrement. A croire que cette doctoresse de malheur n'avait pas mis qu'un anesthésiant dans sa seringue. Attrapant des couvertures, elle en étalait une à terre avant d'y allonger son partenaire, qu'elle recouvrait d'une seconde. Lorsque les tremblements s'estompaient, elle se relevait et recommençait à faire les cents pas dans la pièce. Ils avaient provisoirement échappés à leurs poursuivants, mais elle savait que ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne soient découverts. Elle regrettait vraiment d'avoir renvoyé les gars au poste. Elle savait qu'elle devrait les appeler en renfort, mais pour leur dire quoi ? Et la prendraient-ils au sérieux ? Elle-même avait eu du mal à croire à cette histoire surréaliste.
Fixant son téléphone, elle imaginait déjà la tête que feraient les gars si elle leur disait :
« Yo Espo ! Viens-nous chercher, Castle et moi avons été obligés de nous enfermés dans une buanderie parce que la doctoresse qui s'est occupée de lui est persuadée qu'il est enceint et veut lui faire subir une césarienne pour que son accouchement se passe bien ! Dépêche-toi, bye ! »
Il croirait à une mauvaise blague. Au mieux il se déplacerait juste pour échapper à la corvée qu'elle lui avait infligée, au pire, il ignorerait son appel. Dans un cas comme dans l'autre, elle revenait au point de départ et devait trouver le moyen de les sortir de là par ses propres moyens. Des bruits de pas accompagnés de voix la faisait se figée et instinctivement, elle portait la main à son arme.
« Vous les avez trouvés ? » s'enquérait un homme.
« Non, mais ils sont forcément dans les parages. Toutes les issues ont été bouclées ! » Déclarait un autre.
« Alors continuer à les chercher, la boss dit que l'opération doit avoir lieux le plus rapidement possible, et vous savez comment elle est quand elle est contrariée ! » lançait un troisième.
Silencieusement, Kate écoutait les pas s'éloignés dans le couloir et attendait de ne plus les entendre avant de se détendre. Voilà qui compliquait singulièrement ses projets d'évasion. Leur fuite avait poussée les médecins à boucler toutes les issues, leur coupant l'herbe sous le pied. Leur situation était peu glorieuse, et elle ne voyait pas vraiment de façon de s'en sortir sans jouer des poings et faire usage de son arme, civils ou pas. Plus elle réfléchissait à leur situation, plus elle se disait qu'ils avaient plongés en pleine Quatrième dimension. C'était comme si tous les médecins avaient été remplacés par des fous en puissance.
« Kate… » Gémissait de nouveau Castle, la faisant se retourner vers lui.
Constatant qu'il s'agitait, comme s'il luttait contre un ennemi invisible, elle se hâtait de le rejoindre, de peur que ses plaintes ne révèlent leur présence à leurs poursuivants.
« Chut Castle… je suis là, tout va bien… » Murmurait-elle en soulevant la tête de son ami qu'elle posait sur ses genoux.
« Kate… » Répétait-il en papillonnant des yeux, luttant contre les effets des drogues qui lui avaient été administrées.
« Tout va bien Castle, reposez-vous… » Le rassurait-elle en lui caressant tendrement les cheveux sans y prendre réellement garde.
« Kate, je suis vraiment désolé, je crois que je ne vais pas tenir, laissez-moi là et partez ! » balbutiait-il faiblement.
Elle le toisait sévèrement, roulant des yeux devant le ton mélodramatique qu'il utilisait.
« Castle c'est bon, vous n'allez pas mourir non plus ! » tentait-elle de le convaincre, même si elle n'en était plus aussi certaine, pas s'il passait sur le billard.
« Mais ils veulent m'opérer pour m'enlever mon bébé ! » protestait-il mollement, son regard vitreux se fixant sur son visage.
La détective le regardait, éberluée par son attitude, puis éclatait de rire. Tout cela était si irréel. Elle avait l'impression d'être dans un bad trip. Elle allait finir par croire qu'elle avait consommée des drogues à son insu.
« Non mais sérieusement Castle la folie est contagieuse ! » soufflait-elle en essuyant du bout des doigts la larme de rire qui perlait à ses paupières.
Il lui prenait la main, la regardant avec une telle intensité qu'elle en était déstabilisée. Elle avait l'impression désagréable qu'il était sur le point de lui faire ses adieux.
« Je suis désolé de vous avoir entraînée dans cette histoire. Je suis vraiment doué pour vous attirer des ennuis » soupirait-il tristement avant de reprendre « Il semblerait que mon destin soit scellé, ne risquer rien pour moi, je ne veux pas que vous soyez vous aussi en danger »
La jeune femme ouvrait puis refermait la bouche, et à nouveau éclatait de rire, se tenant les côtes. Et lui qui était persuadé de n'avoir rien hérité de sa mère. Mais il avait sans aucun doute hérité de son goût pour la théâtralisation du quotidien.
« Ok Cast arrêtons le délire ! On va trouver une solution, en attendant restons là, personne ne pensera à nous rechercher ici. » Décidait-elle en secouant doucement la tête, touchée malgré tout qu'il fasse passer son bien-être avant le sien.
Un silence se faisait entre eux, et jetant un regard à sa montre, Kate constatait que presque trois heures s'étaient écoulées depuis que Uggly Betty senior avait fait cette piqûre à son écrivain. Sentant la pression sur ses jambes se faire plus forte, elle baissait les yeux et constatait que son partenaire avait cédé aux appels de Morphée. Elle ne se rappelait pas de la dernière fois où ils avaient été seuls et aussi proches. Et cette trop grande proximité la rendait nerveuse. Se mordillant la lèvre, elle caressait du bout des doigts les courbes viriles de son visage, arrachant un sourire à Castle qui remuait, sa main venant se positionnée sur la taille de la belle brune. Il ronchonnait quelque peu puis se calait contre son ventre, comme un enfant le ferait avec sa mère.
Le fixant, elle se demandait furtivement s'il dormait vraiment ou s'il profitait honteusement de la situation. Un sourire naissait sur ses lèvres lorsqu'elle entendait un léger ronflement sortir de la gorge de son auteur favori. Rassurée, elle parcourait lentement de ses mains le corps de son partenaire, ami et, elle le savait, bien plus encore. Elle le regardait tendrement. Il était si magnifique, le visage à nouveau serein. Délicatement elle remettait en place une mèche de cheveux rebelle qui tombait sur le visage de son romancier. Le sourire aux lèvres, elle aimait, non, adorait cette proximité même si cela lui faisait peur. Alors que l'amour de sa vie dormait paisiblement, elle retraçait du bout des doigts les traits de son visage, voulant de son touché, s'en imprégner, ignorant quand elle aurait à nouveau une telle occasion.
Elle aimait sa peau, elle était douce et ferme mais on pouvait ressentir, le vécu, les épreuves de la vie. Elle s'attardait sur sa cicatrice se demandant où il avait pu se la faire. Elle souriait, pensant que cela avait dû se faire stupidement, le connaissant. Continuant son exploration, ses doigts s'arrêtaient de nouveau sur une partie de son visage…ses lèvres…tentantes…appétissantes. Elle les avait goûtées une fois. Une seule et unique fois, et avait eu, depuis, envie à plusieurs reprises de les rencontrées de nouveau. Et à cet instant l'envie était si forte que sans s'en rendre compte sa tête s'abaissait d'elle-même. Ancrant une main sur sa joue et l'autre sur le sommet de son crâne, Kate rapprochait dangereusement son visage de celui de son partenaire toujours endormi.
Ce n'était que lorsque leurs souffles se mêlaient qu'elle prenait conscience de ce qu'elle faisait. Mais elle ne voulait plus lutter contre ses envies. Délicatement elle posait ses lèvres sur celles de Rick, les effleurant à peine puis les détachait. La jeune femme observait son ami toujours au pays des songes et de nouveau l'embrassait de façon plus appuyée cette fois. Elle poussait un long râle de contentement au contact des lèvres douces et chaudes de Castle. Mon Dieu ce qu'elle aimait ces lèvres tant désirées. Comment avait-elle pu résister si longtemps à ce plaisir si simple ? Elle l'ignorait mais une chose était sûre. Dès qu'ils sortiraient d'ici, ils s'expliqueraient et mettraient les choses à plat entre eux.
Et alors qu'elle allait se retirer à regret, consciente qu'elle abusait de la vulnérabilité de son partenaire, elle sentait une main sur sa nuque l'inciter à rester. C'est alors que ce qui n'était qu'à peine un baiser devenait un échange passionné. Très vite leurs langues se rencontraient pour une valse amoureuse, leur arrachant à chacun un gémissement de bien-être. Ils n'auraient pu dire combien de temps ce baiser durait, mais ni l'un ni l'autre ne se résolvaient à y mettre un terme avant que l'air ne se raréfie dans leurs poumons. Leurs lèvres se touchaient encore, et ils tentaient de rependre pied avec la réalité mais ils étaient dans leur monde, plus rien ne comptait, tous ce qui était en dehors d'eux avait disparu.
Ils s'observaient sans dire un mot, savourant simplement cette béatitude qui les assaillait encore suite à cet intense échange. Castle se redressait quelque peu pour caresser la joue de Kate, comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas, qu'elle était bien là, et qu'elle venait de l'embrasser. Un sourire commun étirait leurs lèvres lorsqu'elle fermait les yeux de plaisir au contact, et posait sa main sur la sienne. Jamais encore de sa vie un baiser ne l'avait autant chamboulée, la laissant frissonnante et pantelante. Comment s'en passer à présent ? Cela lui semblait tout simplement impossible, et elle était plus que jamais décider à ne plus avoir à le faire.
« Castle, je ne crois pas que… » Commençait-elle, sachant qu'elle devait freiner les choses avant que ça n'ailles trop loin.
« Non Kate, s'il te plaît, pas de retour en arrière ! » l'arrêtait-il en posant les doigts sur ses lèvres, une lueur effrayée et suppliante dans le regard.
« Ce n'est pas ça, c'est juste que ce n'est pas vraiment le meilleur endroit pour ça » le rassurait-elle en embrassant tendrement ses doigts, lui faisant comprendre d'un seul regard qu'elle ne regrettait pas ce qui venait de se passer entre eux.
« Je ne vois vraiment pas ce qui te fais dire ça ! » souriait-il rassuré, l'esprit de plus en plus clair.
« Le fait que nous soyons dans une buanderie ? » tentait-elle, à la fois amusée et rassurée de le voir redevenir lui-même.
« N'importe quel endroit me convient si je suis avec toi » déclarait-il en plantant son regard dans le sien, un tendre sourire sur les lèvres.
« Castle, je…. » Soufflait-elle en se mordillant les lèvres, se retenant de s'emparer à nouveau de celles de son écrivain.
« Kate s'il te plaît, arrête de réfléchir et laisse-toi aller… » L'encourageait-il en laissant ses doigts courir sur sa joue avant de les perdre dans la masse soyeuse de ses cheveux.
« Je ne peux pas, pas alors que tu es en danger ! » protestait-elle en fermant les yeux, comme si elle luttait contre elle-même.
« Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles ! » s'étonnait-il en écarquillant les yeux, prenant son expression la plus innocente avant d'ajouter malicieusement « Ce n'est pas comme si j'avais un docteur fou qui me cherchait pour me faire subir une césarienne ! »
« Tu sais que tu es irrécupérable ? » soupirait-elle en secouant la tête d'un air faussement réprobateur avant de lui ordonner de son ton le plus sévère « Maintenant tais-toi que je réfléchisse »
« Je connais une excellente façon de me faire taire, et qui, en plus, n'est absolument pas dangereuse pour la santé ! » s'exclamait-il après cinq longues secondes de silence, une lueur rieuse au fond des yeux.
« Qui te dis que m'embrasser ne te terrasserait pas ? » l'interrogeait Kate, le regard provocant.
« Oh mais je veux bien mourir sous le coup de tes baisers moi ! » assurait-il en s'avançant dangereusement vers elle, mais se stoppant à quelques millimètres, comme pour la défier d'aller plus loin.
« Rick ? » l'appelait-elle en secouant doucement la tête, se demandant s'il grandirait un jour, mais espérant bien dans le fond que ce ne serait jamais le cas.
« Hummm ? » s'enquérait-il surpris par l'usage de son prénom.
« Boucle-la et embrasse-moi ! » lui ordonnait-elle, un sourire mutin au coin des lèvres.
« A vos ordres miss Beckett ! » acquiesçait-il avec un grand sourire lumineux.
Se redressant lestement, merci les médicaments, il s'agenouillait devant Kate, une jambe de chaque côté des genoux de la jeune femme. La fixant de son beau regard océan, il l'interrogeait du regard tout en se penchant vers elle, s'attendant à ce qu'elle change d'avis à tout moment. Mais loin de vouloir tout arrêter, Kate trouvait au contraire qu'il n'allait pas assez vite à son goût, et décidant de remédier à la situation, attrapait Rick par sa chemise, et le tirait vers elle, leurs visages se rencontrant avec brutalité, leurs tirant un gémissement passionné. Leurs lèvres se liaient fiévreusement, et ils entamaient une danse au rythme hypnotique qui les entraînait sans ambages dans un monde où le tourbillon de sentiments qui avait grandi en eux depuis leur première rencontre se transformait en un ouragan incontrôlable.
Se mettant à son tour à genoux, Kate laissait ses mains encerclées le cou de son écrivain, accentuant un peu plus le contact entre leurs deux visages. Un gémissement lui échappait lorsque les mains de Rick se posaient sur sa chute de reins, la plaquant violemment contre lui avant de la faire basculer sur le dos, l'emprisonnant sous le poids de son corps massif. En gémissant, Kate pliait la jambe, entourant la taille de Rick afin de le rapprocher d'elle, et se frottait sans vergogne contre lui. Jamais encore elle n'avait désiré à ce point un homme, et ce désir animal qu'il éveillait en elle la faisait agir avec une audace indescriptible. Elle n'était pas prude, mais jamais encore elle n'avait à ce point perdu le contrôle de ses sentiments. Elle n'était plus capable de réfléchir de façon rationnelle, se laissant emporter par ce maelstrom d'émotions.
Dans un grognement bestial qui allumait des flammèches de passion en elle, Rick laissait ses mains partir à la découverte de son corps offert à lui. Ses mains descendaient en une caresse affolante sur sa poitrine, qu'il caressa à travers la soie de son chemisier, lui arrachant un râle de plaisir, avant de poursuivre sa course jusqu'à son ventre, sur lequel il traçait des arabesques imaginaires avant de se faufiler sous le doux tissu, pour effleurer la peau soyeuse de sa partenaire. Ils gémirent de concert, et instinctivement, Kate nouait ses bras autour de sa nuque sans interrompre leur baiser qui semblait durer depuis une éternité. A bout de souffle, Rick s'écartait légèrement et plongeait son regard dans le sien. A la perte des lèvres de Rick sur les siennes, Kate laissait échapper un soupir de déception, et vivement, elle inversait leur position, se retrouvant assise sur les hanches de Rick, souriant triomphalement avant de replonger vers sa bouche.
Elle l'embrassait avec passion tout en le caressant habilement, et un soupir de satisfaction lui échappait lorsque les mains de Rick repartaient à la découverte de son corps et qu'il se mettait à déboutonner son chemisier, caressant chaque centimètre de peau qui se dévoilait à son regard dévorant. Gémissante, Kate se tortillait sur lui sous la torture qu'il lui infligeait et intensifiait son baiser. En réponse, les mains de Rick se refermaient sur sa sublime poitrine et se mettait à la caresser à travers la dentelle. Haletante, Kate rejetait la tête en arrière, les yeux fermés, et Rick en profitait pour s'asseoir et prendre d'assaut son cou qu'il parsemait de baisers et de morsures plus ou moins appuyées.
Trop pris par leur passionnante activité, ils n'entendirent pas la porte de la buanderie s'ouvrir, livrant passage à un des vigiles de l'hôpital, qui observait le spectacle qu'ils offraient avec un intérêt non dissimulé.
« Je les ai trouvés ! » entendait-il soudain à travers la brume de passion qui lui obscurcissait l'esprit aussi efficacement que les médicaments qu'on lui avait administré.
« Et ils se font des bisous tout partout ! » ajoutait la voix avant que la personne éclate d'un rire gras digne d'un ado attardé.
Surpris, il quittait le cou de Kate et tournait la tête, se figeant en découvrant un des vigiles de l'hôpital dans l'encadrement de la porte.
« Nous sommes découverts… » Remarquait-il inutilement en reportant son attention sur Kate.
« Je suis la seule à l'être véritablement je te ferais remarqué ! » rétorquait Kate en refermant prestement son chemisier, remerciant le ciel que Rick ne l'ait pas retiré, et surtout qu'il la protège des regards de cet homme, de par son corps qu'il avait instinctivement positionné comme un paravent à sa semi nudité.
« C'est pas bien ! Ce genre de comportement est interdit par le règlement ! » leur lançait-il alors qu'ils entendaient ses camarades arrivés en courant.
« Ils ont pas été sages, la boss va devoir les punir » lançait un des deux autres vigiles présents en se mettant à rire.
« Oui, ils vont avoir une double ration de médicaments, et ils vont être enfermés dans la chambre des punis ! » ajoutait le troisième en riant comme s'il venait de sortir la blague du siècle.
« C'est moi où ils sont aussi fêlés que les deux autres ? » marmonnait Castle en se penchant vers Kate.
« Et ça t'étonnes ? Tout le personnel de cet hôpital à l'air de débarquer d'un asile ! » Lançait Kate en se levant souplement.
« J'aimerais bien connaître les critères de recrutement de cet hôpital… Enfin ils ont engagés Josh, je ne devrais pas être étonné ! » Marmonnait Rick en se levant à son tour alors que les vigiles s'approchaient d'eux.
« Castle laisse Josh là où il est tu veux ? » répliquait Kate en le foudroyant du regard.
« Allez les amoureux, il est l'heure de recevoir votre traitement ! » lançait une des armoires à glace en attrapant Kate par un bras.
Elle tentait de se dégager, mais était vite maîtrisée par deux autres gros bras qui la soulevaient de terre comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une plume. Deux autres gorilles empoignaient Castle, et ils le traînaient à travers les couloirs pour le ramener dans la salle d'examen qu'il avait fui. Dans son dos, il entendait Kate se débattre, et il se dévissait la tête pour s'assurer que ces grosses brutes ne la brutalisaient pas. Mais il avait beau se contorsionné dans tous les sens, il n'arrivait pas à apercevoir sa muse, ce qui commençait vraiment à le stresser, parce qu'il imaginait le pire en ce qui la concernait, d'autant qu'il percevait un gémissement de douleur qui le rendait fou de colère.
« Lâchez-la espèce de brutes ! Brutaliser un lieutenant de police va vous coûter cher ! » Criait-il en se débattant de plus belle, réveillant la douleur du bas de son dos.
« Non mais écoutez le, l'allumé ! Il veut nous faire croire que la jolie poulette est flic ! » Rigolait l'un d'eux, imité par ses acolytes.
« Il nous prends vraiment pour des demeurés ! » s'exclamait celui qui les avait découverts alors qu'ils arrivaient en vue des salles d'examen.
Plus ils approchaient, plus Rick croyait entendre de la musique. Mais il n'arrivait pas à en saisir les paroles lorsque soudain, le refrain retentissait fortement, comme si quelqu'un avait soudain monté le son, et il reconnut sans mal la chanson de Cheryl Cole, Fight For This Love. Malgré la situation dans laquelle il se trouvait, il ne pouvait s'empêcher de se mettre à fredonner le refrain.
« We gotta fight, fight, fight, fight, fight for this love…»
Mais brutalement, la mélodie se coupait, et il tournait la tête pour découvrir la présence d'un infirmier qui les toisait avec désapprobation. Comme s'il répondait à un signal, les vigiles les posaient à terre, et allaient se poster aux issues, comme s'ils craignaient une nouvelle tentative d'évasion.
« Ce que vous avez fait est très mal. Vous avez perturbé le bon fonctionnement de ce service et pour cela, vous allez être punis » déclarait l'infirmier en s'avançant vers eux avant de se poster devant Rick et de le fixer attentivement.
« Quoi ? J'ai du céleri coincé entre les dents ? » Ironisait-il rendu mal à l'aise par cet examen.
« Cette chanson ne dit pas la vérité. Vous aurez beau vous battre, vous ne gagnerez jamais, ils seront toujours les plus forts » déclarait l'homme en reculant de quelques pas alors que les vigiles revenaient encadrés Castle et Beckett.
« Mais de qui est-ce que vous parlez ? » demandait Kate en échangeant un regard d'incompréhension avec son partenaire.
« Des médicaments. Ils sont censés vous aider à aller mieux, mais c'est tout le contraire. Ils rendent vos peurs plus puissantes, vous font aller plus mal, vous donnent l'impression que vous êtes seuls dans un monde d'obscurité, et vous aller vite vous en rendre compte » lui expliquait-il avec un sourire tordu.
D'un claquement de doigts, il intimait aux vigiles de se saisir à nouveau d'eux et ils étaient entraînés loin l'un de l'autre.
« Arrêtez, lâchez-moi ! » s'écriait Kate en se débattant furieusement.
« Où l'emmenez-vous ! Que comptez-vous faire de nous ? » Criait Castle en se débattant tout autant.
« La jolie poulette va aller dans la chambre des punis où elle recevra le traitement qu'elle mérite pour son vilain comportement. Quant à vous, vous allez retrouver la boss qui vous attend impatiemment pour votre opération » leur révélait-il en éclatant d'un rire démentiel.
« Kate non ! Aide-moi ! » S'écriait Rick avec affolement se débattant si fort qu'il réussissait à se libérer, mais était rapidement maîtriser.
« Castle ! » hurlait Kate en voyant l'infirmier faire une piqûre à son écrivain dont la tête s'affaissait en avant.
« Allez, emmenez-les, la boss est suffisamment en colère comme ça ! » déclarait-il avant de disparaître au détour d'un couloir.
« Lâchez-moi immédiatement ou je vous jure que vous allez le regretter ! » pestait Kate en se débattant comme un beau diable, grimaçant lorsque ces brutes resserraient leur emprise sur ses bras et ses jambes.
Mais elle avait beau hurler, menacer et ruer, elle voyait finalement Castle disparaître derrière une porte alors qu'elle était portée à l'étage inférieure avant d'être jetée sans ménagement dans une chambre. Tout était perdu, elle l'avait perdu, n'avait pas su le protéger. Et alors qu'elle se débattait comme une démente des larmes de rage et de dépit coulaient sur ses joues.
